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3 avril 2025
Santé
VARIANT OMICRON : MACKY EXPRIME SA SOLIDARITE A L'AFRIQUE DU SUD
Le président Macky Sall a lancé les travaux de la 7ème édition du forum international de Dakar sur la paix et la sécurité. Mais dans son discours, le chef de l'Etat qui a évoqué la présence du variant Omicron au Sénégal
iGFM - (Dakar) Le président Macky Sall a lancé les travaux de la 7ème édition du forum international de Dakar sur la paix et la sécurité. Mais dans son discours, le chef de l'Etat qui a évoqué la présence du variant Omicron au Sénégal, s'est offusqué de la stigmatisation dont fait aujourd’hui l’Afrique du Sud, pays fortement touché par le variant Omicron.
"On doit arrêter de faire
peur à l’humanité toute entière..."
«Président Ramaphosa je vous réitère tout mon soutien contre toute forme de discrimination ou d'isolation du fait du nouveau variant Omicron. Ce n’est pas acceptable et nous n’allons pas l’accepter. D’ailleurs en parlant d’Omicron, il est aussi là au Sénégal, depuis quelques jours. Il est partout et nous devons arrêter de nous faire peur.
Nous devons respecter les gestes barrières, nous devons continuer la vaccination, mais je crois qu’on doit arrêter de faire peur à l’humanité toute entière sur des sujets sur lesquels nous n’avons pas la pleine maitrise."
L'isolement de l'Afrique du Sud
«Et comme l’a clairement indiqué l’Oms, isoler un pays qui a séquencé un nouveau variant et qui a fait preuve de transparence, est non seulement discriminatoire mais aussi contreproductif. Parce que c’est inciter les autres à ne pas publier les résultats réels de leurs investigations. Et c’est là le danger.
Donc il faut que nous continuions à travailler ensemble dans la solidarité. Cette pandémie qui frappe tous nos pays doit nous rassembler sur le front solidaire de la riposte au lieu d’ajouter un nouveau clivage entre pays riches et pays pauvres.»
PROPAGATION DU VARAINT OMICRON L’OMS APPELLE A UNE GESTION LUCIDE DE LA SITUATION
Face à sa propagation inquiétante, de nombreux Etats pourraient prendre de nouvelles mesures de restrictions en limitant les déplacements ou en fermant les frontières
Trois cas de personnes infectées à l’Omicron ont été dé- couverts au Sénégal. L’information a été hier relayée par les instituts en charge de détecter les cas de Covid-19 dans le pays. Et cela coïncide avec une forte propagation de ce nouveau variant dans le monde. Pour autant, l’Organisation mondiale de la Santé (Oms) appelle au calme et à une gestion lucide de la situation
Il ne fait plus de doute que la Covid-19 a été gérée à ses débuts dans la réactivité, sans le recul nécessaire, par la plupart des Etats. Les fortes mesures de restrictions prises à l’époque ont presque plongé le monde et particulièrement les pays pauvres dans le chaos économique. A l’heure de la relance, un nouveau variant, Omicron, présenté comme plus sévère est apparu.
Face à sa propagation inquiétante, de nombreux Etats pourraient prendre de nouvelles mesures de restrictions en limitant les déplacements ou en fermant les frontières. Mais l’Organisation Mondiale de la Santé (Oms) a déjà pris les devants par rapport à la gestion qui pourrait être faite de cette situation. Elle a demandé aux autorités publiques de ne pas paniquer, même s’il faut se préparer à une propagation probable. L‘agence sanitaire des Nations Unies indique qu’il faudra encore deux semaines avant d’en savoir plus sur son degré de transmissibilité et de dangerosité.
S’exprimant à Genève, vendredi dernier, le porte-parole de l’Oms, Christian Lindmeier, a indiqué que les données suggérant qu’Omicron était hautement transmissible n’étaient que pré- liminaires. Il a également réitéré les conseils de l’Oms contre les interdictions générales de voyager, sauf pour les pays dont les systèmes de santé ne sont pas en mesure de résister à une recrudescence des infections. «Il est bien plus préférable de préparer votre pays, votre système de santé à l’arrivée éventuelle de nouveaux cas, car nous pouvons être à peu près sûrs que cette variante Omicron va se propager», a-t-il déclaré. Le porte-parole de l’Oms a également mis en garde contre les réactions réflexes aux rapports indiquant qu’Omicron avait continué à se propager. «Ne nous laissons pas décourager pour l’instant. Obtenons d’abord le plus d’informations possibles pour faire une évaluation correcte des risques en fonction des informations que nous aurons et passons ensuite à autre chose», a-t-il recommandé. Poursuivant, l’Oms a demandé de ne pas s’inquiéter complètement ou de ne pas se laisser embrouiller par des informations individuelles qui sont toutes individuellement importantes, mais qui doivent être rassemblées afin d’être évaluées ensemble.
DETECTION D’OMICRON : LES PAYS INVITES A SEQUENCER ENTRE 75 ET 150 ECHANTILLONS PAR SEMAINE
Par ailleurs, il est noté que cette évolution intervient alors que l’Oms a annoncé l’envoi d’une équipe technique d’appoint dans la province sud-africaine de Gauteng pour surveiller Omicron et aider à la recherche des contrats, dans un contexte de recrudescence des réinfections par le coronavirus. Au cours des sept jours précédant le 30 novembre, l’Afrique du Sud a signalé une augmentation de 311% des nouveaux cas par rapport aux sept jours précédents, a indiqué l’Oms jeudi. «Dans la province de Gauteng, où se trouve Johannesburg, les cas ont augmenté de 375% d’une semaine à l’autre. Les admissions à l’hôpital y ont augmenté de 4,2% au cours des sept derniers jours par rapport à la semaine précédente. Et les décès liés à la Covid-19 dans la province ont fait un bond de 28,6% par rapport aux sept jours précédents», relève l’agence sanitaire des Nations unies. En annonçant le déploiement de l’équipe d’intervention, Dr Salam Guèye, directeur régional des urgences de l’Oms pour l’Afrique, informe que seuls 102 millions d’Africains, soit 7,5 % de la population du continent, sont aujourd’hui entièrement vaccinés et que plus de 80% de la population n’a même pas reçu une seule dose. «C’est un écart dangereusement important», a-t-il déclaré.
En collaboration avec les gouvernements africains pour accélérer les études et renforcer la réponse à la nouvelle variante, l’Organisation Mondiale de la Santé (Oms)invite les pays à séquencer entre 75 et 150 échantillons par semaine. «La détection et la déclaration en temps utile de la nouvelle variante par le Botswana et l’Afrique du Sud ont fait gagner du temps au monde entier», a déclaré la Docteure Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l’Oms pour l’Afrique. «Nous disposons d’une fenêtre d’opportunité, mais nous devons agir rapidement et intensifier les mesures de détection et de prévention. Les pays doivent adapter leur riposte à la Covid-19 et empêcher une recrudescence des cas de balayer l’Afrique et de submerger des établissements de santé déjà surchargés», a-t-elle ajouté.
LE VARIANT OMICRON GAGNE DU TERRAIN
Après l’iressef, l’Institut Pasteur vient d’annoncer, ce dimanche, dans le cadre de la surveillance génomique du SARS-CoV-2, l’identification de ses deux premiers cas d’infection au variant #Omicron (B.1.1.529)
Dakar, 5 déc (APS) - Après l’iressef, l’Institut Pasteur vient d’annoncer, ce dimanche, dans le cadre de la surveillance génomique du SARS-CoV-2, l’identification de ses deux premiers cas d’infection au variant #Omicron (B.1.1.529) chez deux voyageurs sortants de Dakar.
Sur son compte twitter, l’Institut précise qu’il s’agit ’’d’un homme de 28 ans, ayant séjourné à Scat Urbam, prélevé le 23 Nov 2021 et en partance pour un pays de la sous-région, ainsi que d’une femme de 29 ans qui se trouvait dans un hôtel de la place, testée positive le 01 Déc 2021 dont la destination était l’Afrique Australe’’.
L’Institut Pasteur ajoute par ailleurs que ’’sur les 22 séquences obtenues pour la période le variant delta reste majoritaire 20/22’’.
Désigné par l’Organisation Mondiale de la Santé et Africa CDC comme laboratoire de référence pour la surveillance génomique du virus de la COVID-19, L’Institut assure qu’il ’’poursuivra le séquençage aussi bien au niveau national que sous-régional’’.
’’Dans un contexte de circulation des variants et des effets que cela pourrait entrainer pour la gestion de la pandémie’’, les responsables de Pasteur exhortent ’’les populations au respect strict des mesures barrières’’.
L’Institut de recherche en santé, de surveillance épidémiologique et de formation (IRESSEF) a annoncé, samedi, la découverte au Sénégal d’un premier cas du variant Omicron.
’’Le Sénégal enregistre son premier cas positif au variant Omicron L’Iressef grâce à son laboratoire de génomique a détecté le premier cas positif au variant Omicron ce vendredi 03 Décembre 2021 chez un voyageur sortant’’, a rapporté l’instititut sur son compte twitter.Retour ligne manuel.
L’Institut de Recherche en Santé, de Surveillance Épidémiologique et de Formations (IRESSEF) dirigé par le Pr Souleymane Mboup est très engagé dans la lutte contre le coronavirus.
Le ministère de la Santé et de l’Action sociale a recensé, samedi, 11 nouvelles infections de Covid-19, ce qui porte à 34 le nombre de patients sous traitement, une hausse comparée aux semaines précédentes.
Vendredi, face aux députés, le ministre de la Santé et de l’Action sociale, Abdoulaye Diouf Sarr, a déclaré que la vaccination reste ’’la meilleure préparation’’ face au variant Omicron qui gagne du terrain à travers le monde.
’’La vaccination reste la meilleure préparation donc je vais demander à tous les Sénégalais de se faire vacciner. Les vaccins sont disponibles partout dans le pays’’, a dit le ministre qui défendait son budget 2022 devant les députés.
Il a d’ailleurs invité les élus à participer à la sensibilisation et à la communication pour amener les populations à se rendre dans les centres de vaccination.
Le ministre a assuré que ’’toutes les dispositions sont prises pour ne pas être surpris par le variant Omicron aussi bien dans la prise en charge que dans la surveillance des frontières’’.
’’Nous nous préparons au niveau du Conseil national de gestion des épidémies et du Centre des opérations d’urgence Sanitaire(COUS)’’, a-t-il expliqué, en répondant aux multiples interrogations des députés sur le variant Omicron.
PREMIERS CAS DU VARIANT OMICRON AU SÉNÉGAL
Le pays a détecté ses trois premiers cas du variant Omicron du coronavirus chez des voyageurs qui se préparaient à se rendre dans des pays d'Afrique
Le Sénégal a détecté ses trois premiers cas du variant Omicron du coronavirus chez des voyageurs qui se préparaient à se rendre dans des pays d'Afrique, ont annoncé des laboratoires de recherche.
Un premier cas a été détecté vendredi chez un homme de 58 ans arrivé au Sénégal le 22 novembre par un vol en provenance d'un pays de la sous-région, selon un communiqué publié samedi soir par l'Institut de recherche en santé, de surveillance épidémiologique et de formation (Iressef). L'homme avait été vacciné le 13 avril avec AstraZeneca et le 25 juin avec Pfizer, a précisé l'institut. "Il a séjourné à Dakar dans un hôtel et a participé à une manifestation qui a regroupé près de 300 personnes de plusieurs nationalités. La manifestation s'est déroulée du 24 au 25 novembre", ajoute le communiqué. L'institut de recherche précise que le cas a été isolé en quarantaine et suivi dans un centre spécialisé. "A la date du samedi 4 décembre, il ne présente aucun symptôme", ajoute l'institut.
L'Institut Pasteur de Dakar a de son côté annoncé dimanche dans un communiqué avoir identifié deux autres cas d'infection au variant Omicron. L'un est un homme de 28 ans prélevé le 23 novembre à Dakar et en partance pour un pays d'Afrique de l'Ouest. L'autre est une femme de 29 ans qui se trouvait dans un hôtel de Dakar et qui se rendait en Afrique australe, précise-t-il.
Le Sénégal a enregistré au total 74.024 cas de Covid-19 et 1.186 décès depuis le début de la pandémie. Le gouvernement a lancé une campagne de vaccination en février, mais le taux de vaccination est faible en raison notamment des réticences des populations. Jusqu'ici, 1.328.633 personnes ont été vaccinées sur une population d'environ 17 millions d'habitants.
Avant le Sénégal, le Nigeria, pays le plus peuplé d'Afrique, le Ghana et le Botswana ont annoncé leurs premiers cas de ce variant découvert fin novembre en Afrique du Sud. L'annonce de la découverte du variant Omicron survient à la veille d'une visite du président sud-africain Cyril Ramaphosa à Dakar, dernière étape d'une tournée ouest-africaine qui l'a conduit au Nigeria, en Côte d'Ivoire et au Ghana.
COVID-19, TROIS DOSES DE VACCIN ENVISAGES
Ailleurs dans le monde, une troisième dose de vaccin contre la covid-19 est administrée aux populations. Ici au Sénégal cela n’est pas écarté, indique le ministre de la Santé.
iGFM - (Dakar) Ailleurs dans le monde, une troisième dose de vaccin contre la covid-19 est administrée aux populations. Ici au Sénégal cela n’est pas écarté, indique le ministre de la Santé.
"On a l’impression que l’engouement vers la vaccination a beaucoup baissé. Ce qui est incohérent puisque nous nous attendons à avoir d’autres vagues. Et pour se protéger de cela, il faut se vacciner.
Donc nous demandons aux sénégalais d’aller se faire vacciner pour être dans une situation de non risque en cas de l’arrivée du variant Omicron (…)
Par rapport à la troisième dose nous sommes en train de l’étudier. C’est envisageable que nous puissions avoir une troisième dose de vaccin."
MALADIES TROPICALES NEGLIGEES, PLUS DE 650 000 PERSONNES SOUFFRENT DE FILARIOSE LYMPHATIQUE
Parmi les 20 Mtn ciblées par l’Organisation Mondiale de la Santé (Oms) dans la région africaine, 13 sont endémiques au Sénégal
Les Maladies Tropicales Négligées (Mtn) sont un ensemble diversifié de 20 maladies et groupes de maladies avec un point commun. Elles ont un impact sur les communautés appauvries, touchent plus d’un milliard d’individus dans le monde. Parmi les 20 Mtn ciblées par l’Organisation Mondiale de la Santé (Oms) dans la région africaine, 13 sont endémiques au Sénégal. Elles sévissent principalement en Afrique et en Amérique latine dans des zones où les conditions d’hygiène et d’assainissement sont précaires. Elles peuvent coexister chez une même personne ou dans une même zone et seraient à l’origine de 534 000 décès par an, selon l’Oms. Elles entraînent des handicaps de longue durée, des difformités, des retards de croissance chez les enfants, des grossesses à complications et une baisse du rendement scolaire et de la productivité. Au Sénégal, les Mtn à chimiothérapie préventive sont endémiques dans toutes les régions du pays avec des niveaux de co-endémicité différents d’une région à une autre.
Ainsi, dix régions seront ciblées pour la campagne de Distribution de Masse de Médicaments (DMM) contre les MTN, prévue du lundi 6 au vendredi 10 décembre, pour réduire la charge de morbidité et les complications liées à ces affections. La campagne va se dérouler dans les régions de Fatick, Kaolack, Kédougou, Kolda, Louga, Matam, Saint-Louis, Tambacounda, Thiès et Ziguinchor. Elle va concerner les maladies comme la filariose lymphatique, la bilharziose, l’onchocercose et les vers intestinaux. Selon la coordonnatrice du Programme National de Lutte contre les Mtn, Dr Ndèye Mbacké Kane, il est temps de mettre fin à cette négligence, car ces maladies peuvent être éliminées.
A l’en croire, la Dmm est une stratégie efficace de lutte contre les MTN. Et les personnes âgées de plus de 5 ans en sont les principales bénéficiaires. Revenant sur la prévalence de ces maladies, Dr Ndèye Mbacké Kane indique que pour la filariose lymphatique, la population exposée est estimée à 650 656 personnes. «Et nous avons des prévalences très élevées dans les régions du bassin arachidier et du fleuve Sénégal. Et dans 24 districts, nous avons des prévalences qui dépassent plus de 50%», renseigne-t-elle.
Poursuivant, elle révèle que l’onchocercose est endémique dans certains districts des régions de l’est, notamment à Kédougou et Tambacounda. «Et pour le trachome, ce sont surtout les régions du centre notamment à Diourbel, Fatick, Kaolack et Kaffrine qui ont une prévalence beaucoup plus importante que les autres régions», explique Dr Ndèye Mbacké Kane qui estime que ces maladies sont souvent considérées comme honteuses et que les victimes peuvent cacher durant des années. «Nous organisons souvent des camps de chirurgie dans certaines régions pour aider la population, mais il faut intégrer ces interventions chirurgicales dans les soins», plaide-t-elle.
SANTE MATERNELLE, DES AGENTS DE SANTE OUTILLES A KAOLACK
Quatorze agents de santé de six régions (Fatick, Kaffrine, Thiès, Louga, Saint-Louis et Kaolack) ont bouclé, jeudi, à Kaolack, une formation axée sur l’alimentation et la nutrition de la femme enceinte, du nourrisson et de l’enfant
Kaolack, 2 déc (APS) – Quatorze agents de santé de six régions (Fatick, Kaffrine, Thiès, Louga, Saint-Louis et Kaolack) ont bouclé, jeudi, à Kaolack, une formation axée sur l’alimentation et la nutrition de la femme enceinte, du nourrisson et de l’enfant, a constaté l’APS.
"Cette activité promue par le programme santé communautaire +Corps de la paix américain+ a pour objectif de contribuer à la réduction de la mortalité maternelle néonatale et infantile avec beaucoup d’indicateurs dont ceux sur la nutrition", a expliqué à des journalistes l’assistant formateur dans le programme santé communautaire du "Corps de la paix Sénégal", Pape Famara Camara.
La formation qui a duré trois jours (mardi, mercredi et jeudi) était axée sur le thème : "L’alimentation et la nutrition de la femme enceinte, du nourrisson et de l’enfant, quelle approche et changement de comportement pour une meilleure santé ?".
M. Camara a indiqué que cet atelier de formation a permis de voir ’’comment faire la promotion des bons comportements et surtout lutter contre les mauvais comportements qui sapent le développement nutritionnel de l’enfant’’.
Avec l’avènement de la Covid-19, a-t-il fait observer, "les volontaires du Corps de la paix sont retournés aux Etats unis après 57 ans de service au Sénégal".
Il a rappelé que "ces volontaires américains étaient sur le terrain et faisaient des activités avec les infirmiers, les sages-femmes pour la promotion de la santé dans toute sa diversité".
En leur absence, le "Corps de la paix Sénégal" a changé de stratégie d’interventio, d’où l’importance de la tenue de cet atelier, a expliqué Camara.
"Cette formation (...) devra être réutilisée par ces participants pour ajouter une certaine valeur à leurs actions sur le terrain au bénéfice des communautés", a indiqué l’assistant formateur.
Il a déploré "une résurgence de la malnutrition et d’autres types de maladies au Sénégal" avec la crise sanitaire liée au Covid-19.
Des infirmiers-chefs de poste, des sages-femmes, des relais communautaires et des matrones des régions de Fatick, Thiès, Kaolack, Kaffrine, Louga et Saint-Louis ont pris part à cet atelier de formation.
Ils ont abordé des thèmes relatifs à la bonne nutrition et à l’inter-générationalisation de la malnutrition.
TRAITEMENT DU SIDA, LES ENFANTS, LES AUTRES OUBLIES DES SYSTEMES DE PRISE EN CHARGE
La prise en charge des enfants atteints du Sida est très faible au Sénégal. L’alerte est du Conseil national de lutte contre le Sida, au moment où le monde célèbre aujourd’hui la Journée internationale de lutte contre le Sida.
La prise en charge des enfants atteints du Sida est très faible au Sénégal. L’alerte est du Conseil national de lutte contre le Sida, au moment où le monde célèbre aujourd’hui la Journée internationale de lutte contre le Sida.
C’est aujourd’hui que le monde célèbre le 33ème anniversaire de la Journée mondiale de lutte contre le Sida. Au Sénégal, si des efforts sont réalisés, les résultats de la prise en charge des enfants atteints du Vih restent «très faibles», selon un communiqué du Conseil national de lutte contre le Sida. Par exemple, sur une estimation de 3900 enfants infectés par le Vih, «seulement 1400 enfants ont été testés et traités, et 71% des enfants nés de mère séropositive n’ont pas bénéficié de diagnostic précoce», déplore le Cnls, qui juge «alarmante» la situation des enfants face au virus. L’organe, en charge de la lutte contre le Sida, affiche des chiffres qui font froid dans le dos. «2 enfants sur 3 ne sont pas dépistés et ne bénéficient pas de traitement. Les décès sont 2 fois plus élevés chez les enfants que chez les adultes. Sans traitement, 1 enfant sur 3 risque de ne pas fêter son premier anniversaire», alerte le Cnls.
Au regard de cette situation, la prise en charge des enfants vivant avec le Vih représente une double problématique car, signalent encore les services de Dr Safiétou Thiam Thiam : «Trop peu d’enfants ont accès aux médicaments. Trop d’enfants manquent de moyens pour se rendre à l’hôpital. Trop d’enfants ne prennent pas leurs traitements, parce qu’ils ne mangent pas à leur faim. Trop d’enfants meurent du Sida.» Pour combattre cette injustice, le Cnls a lancé une campagne de mobilisation des fonds pour la prise en charge sociale des enfants, en 2019. Malheureusement, elle a été fortement impactée par la pandémie du Covid-19. La campagne 2021 «takhawou khaléyi», une relance de celle de 2019, sera l’occasion, pour le Cnls et ses partenaires, de mobiliser des ressources afin d’accélérer la prise en charge complète des enfants.
Toutefois, le Sénégal, à l’instar de la communauté internationale, s’inscrit dans la dynamique de mettre fin à l’épidémie du Sida en 2030. A cet effet, le Cnls considère que des «des efforts énormes ont été engagés» et des «résultats encourageants ont été obtenus en 2020». Il s’agit de 87 % des personnes diagnostiquées vivant avec Vih, 89 % d’entre eux ayant reçu une thérapie antirétrovirale (Tarn) et 84,2 % sous Tarv ayant supprimé leur charge virale. Rappelons que c’est depuis 1988 que la communauté internationale célèbre la Journée mondiale de lutte contre le Sida. Célébration à l’échelle internationale, qui a été décidée à l’issue du Sommet mondial des ministres de la Santé sur les programmes de prévention du Sida.
LE PRÉSIDENT SUD-AFRICAIN DÉNONCE UN APARTHEID SANITAIRE
Il a à nouveau jugé "regrettable, injuste et contraire à la science" l'interdiction de voyager en Afrique du Sud et en Afrique australe imposée par un grand nombre de pays, les appelant à revoir "d'urgence" leur position
Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a dénoncé jeudi à Abidjan "toute forme d'apartheid sanitaire" dans la lutte contre la pandémie de Covid-19, en particulier son variant Omicron initialement détecté par son pays qui est depuis en partie isolé du reste du monde.
"Bien que nous respections le droit de chaque pays à prendre des mesures pour protéger sa population, la coopération mondiale et durable dont nous avons besoin pour venir à bout de la pandémie nécessite que nous soyons guidés par la science", a dit M. Ramaphosa à l'issue d'une rencontre avec son homologue ivoirien Alassane Ouattara. L'Afrique du Sud est "fermement opposée à toute forme d'apartheid sanitaire dans la lutte contre la pandémie", a-t-il ajouté. Le président Ramaphosa a affirmé être avec son homologue ivoirien "préoccupé que l'Afrique et le reste du monde en développement continue à se battre (contre la pandémie) en ayant un accès limité aux vaccins si nécessaires pour sauver des vies".
Il a à nouveau jugé "regrettable, injuste et contraire à la science" l'interdiction de voyager en Afrique du Sud et en Afrique australe imposée par un grand nombre de pays, les appelant à revoir "d'urgence" leur position. Il a en outre estimé que cette décision d'isoler son pays était "une gifle à l'expertise et l'excellence africaines", puisque ce sont "nos propres scientifiques qui ont les premiers détecté le variant Omicron". M. Ramaphosa a tenu à remercier Alassane Ouattara d'avoir fait preuve de "solidarité" en permettant que dans ces circonstances, sa visite d'Etat en Côte d'Ivoire - la première d'un président sud-africain depuis l'établissement de relations diplomatiques entre les deux pays en 1992 - puisse se tenir. "Je salue les mesures efficaces que vous avez prises pour lutter contre la pandémie de la Covid-19, ainsi que pour votre engagement en faveur de la vaccination", a de son côté déclaré le président Ouattara.
Il a exprimé sa "solidarité avec le gouvernement et le peuple sud-africains pour cette période difficile marquée par l'apparition du nouveau variant Omicron et l'incompréhension que nous avons notée chez certains pays".
En Afrique du Sud, où a été annoncée l'identification du variant Omicron la semaine dernière, et où moins d'un quart de la population est vaccinée, les autorités ont décrit devant le Parlement une propagation "exponentielle" du virus. Le nouveau variant, manifestement très contagieux, étant déjà dominant. La variant Omicron a pour l'instant été signalé dans quatre pays africains (Afrique du Sud, Ghana, Nigeria, Botswana).
VIH : UNE BAISSE DE PLUS DE 70% DES NOUVELLES INFECTIONS
La secrétaire exécutive du Conseil national de lutte contre le sida fait le point de la lutte contre le VIH/Sida au Sénégal. Si les avancées sont certaines, il y a de nombreux défis, notamment les moyens dans un contexte de COVID-19 et la séro-ignorance
Très engagé, le Sénégal a fait des pas de géant dans la lutte contre le VIH/Sida en obtenant une baisse de 70% des nouvelles infections et étant tout proche des objectifs fixés par l’ONUSIDA en 2020. Mais la pandémie de la COVID-19, dans sa frénésie, est venue freiner ce bel élan. En effet, avant la survenue de la COVID-19, le VIH avait toute l’attention de beaucoup de partenaires financiers, notamment du Fonds Mondial, mais depuis deux ans, le VIH est peu ou prou délaissé au profit du SARS-Cov-2, devenu l’urgence de l’heure. Conséquences immédiates, les ressources qui étaient destinées au Sida, au paludisme et à la tuberculose sont presque toutes réorientées vers la COVID-19. Ce qui crée une tension financière sur le budget de la lutte contre le Sida et qui reste un duo malfaisant avec la tuberculose et de la pression sur les services de santé. Dans cet entretien Exclusif avec Infomed, la Secrétaire Exécutive du Conseil national lutte contre le Sida (CNLS), le Dr Safiatou Thiam, expose la situation : les avancées dans la lutte, les défis, les nouvelles stratégies du Sénégal mais aussi les espoirs. Malgré la COVID-19, elle plaide pour la remobilisation de tous les partenaires autour du VIH et souhaite surtout que la question de la COVID-19 soit résolue. ENTRETIEN
Dr Safiatou Thiam, quelle évaluation faites-vous des différentes stratégies qui ont été mises en œuvre au Sénégal pour freiner la propagation du VIH/Sida ?
Pour comprendre les stratégies mises en œuvre, il faut comprendre la situation du VIH au Sénégal. Toutes les stratégies répondent justement à cette situation. Au Sénégal, nous avons une épidémie qui est concentrée. Elle est basse dans la population générale avec un taux de prévalence de 0,3% mais très élevée dans certains groupes comme le groupe des hommes qui ont des relations avec d’autres hommes (27%). C’est plus de 50 fois le taux de prévalence dans la population générale. Chez les consommateurs de drogue, le taux est au-dessus de 5% et chez les professionnelles du sexe féminin, il tourne autour de 6%.
Cela veut dire qu’il faut une stratégie stratifiée qui cible spécifiquement chacun des groupes ?
Nous avons bâti une stratégie pour contrôler l’épidémie qui consiste à lutter contre de nouvelles infections en travaillant avec les femmes enceintes pour éliminer la transmission mère-enfant, en mettant en place des stratégies pour les groupes que j’ai cités pour, justement, limiter la propagation du VIH. Nous avons également mis en place une stratégie de traitement pour tout le monde : accélérer le dépistage en allant chercher les personnes séropositives de ces groupes qui restent une cible difficile à atteindre. En plus de ces groupes, nous essayons aussi d’aller chercher les personnes intermédiaires. Il s’agit des populations mobiles, les personnes vivant avec un handicap, qui sont aussi les groupes dans lesquels la prévalence peut atteindre jusqu’à 5 fois et même plus que la population générale. Donc notre stratégie est bâtie pour répondre à cette spécificité du VIH au Sénégal.
Depuis des décennies le taux de prévalence au Sénégal était estimé à 0,5% dans la population générale, en l’occurrence chez les 15 à 49 ans. Manifestement, ce taux est en baisse. Quelle est la situation aujourd’hui ?
Le VIH au Sénégal baisse. Nous avons depuis 2005 à maintenant observé une baisse de plus de 70% des nouvelles infections. Le taux de prévalence est également est en baisse. On est parti de 0,7% en 2005 à 0,3% maintenant. Ce qui démontre le plus cette baisse, c’est la situation des nouvelles infections. Ces dernières baissent et le nombre de personnes sous traitement augmente. Donc aujourd’hui, il y a de plus en plus de personnes qui sont sous traitement. Plus de 70% des personnes vivant avec le VIH sont sous traitement. Le grand défi aujourd’hui ce sont ces populations difficiles à atteindre. Il faut les trouver, les dépister et les mettre sous traitement.
Si l’on vous comprend, c’est un plutôt un succès. Qu’est-ce qui a été à la base de ce succès du Sénégal dans la lutte contre cette épidémie?
Je pense qu’il y a beaucoup de facteurs. Le premier, c’est la précocité de la réponse au Sénégal. On a mis en place le programme de lutte contre le Sida dès l’apparition du premier cas. Un autre facteur qui peut expliquer le succès du Sénégal en la matière, c’est l’engagement constant des autorités depuis le début. Ensuite, il y a eu l’engagement des communautés, les associations, les ONG, les religieux, les jeunes et les femmes. D’ailleurs, ils sont encore nostalgiques de cette période de mobilisation. Ils nous disent : «Docteur, avant il y avait une grande mobilisation parce que tout le monde parlait du Sida. C’était une époque où il n’y avait même pas de traitement et il fallait miser sur la mobilisation communautaire pour faire passer les messages. En plus de cette mobilisation, maintenant il y a de l’expertise médicale qui a été mise en place, l’accompagnement des partenaires et toutes les ressources qui ont été mises dans la lutte contre le Sida. Je pense que ce sont tous ces facteurs réunis qui expliquent, effectivement, ce succès dans la lutte contre le Sida au Sénégal.
Il y a un succès, mais la bataille est loin d’être gagnée. Quels sont les défis qui se posent au Sénégal dans la lutte contre le sida ?
Il y a énormément de défis. Le plus grand défi c’est que la riposte au sida au Sénégal est financée à 80% par des ressources extérieures. Ce n’est pas une riposte durable. Il faut qu’on ait une riposte qui repose sur des ressources nationales pour pouvoir parler de succès à ce niveau. Nous analysons finement nos résultats. Ils sont certes bons chez les adultes mais chez les enfants, l’accès au traitement reste faible. Il n’y a que la moitié des enfants qui devraient être soignés qui sont aujourd’hui sous traitement. Donc il y a beaucoup de choses à faire sur ce plan. Nous avons aussi remarqué la baisse des nouvelles infections partout sauf dans la tranche d’âge des 19-24 ans, c’est à dire les jeunes. Donc il y a la remobilisation à ce niveau. C’est pourquoi cette année, nous avons placé la journée mondiale de lutte contre le Sida sous le sceau des jeunes pour un peu remobiliser les jeunes et peut-être réapprendre avec les jeunes comment parler aux jeunes pour prévenir la transmission. En d’autres termes, il s’agit de développer des services de prévention qui répondent réellement aux besoins des jeunes parce que les jeunes manquent de connaissance.
L’information pourtant est aujourd’hui plus accessible qu’elle ne l’était 20 ou 30 ans plus tôt grâce à l’avènement d’Internet.
Quand nous faisions nos études chez les jeunes, nous constatons que les connaissances sont faibles chez les jeunes, notamment jeunes filles, ou c’est encore plus faible. Donc il y a des efforts à faire chez les jeunes filles et les jeunes hommes. L’autre défi le plus important c’est un environnement favorable pour travailler avec des populations. Dans le contexte culturel de nos pays africains, ce n’est pas facile de mettre en place un service pour les homosexuels, pour les toxicomanes ou pour les professionnelles du sexe. Cela pose la problématique du respect des droits de ces personnes, du respect du droit à la santé pour tous pour que ces personnes puissent avoir confiance en nos services, venir se faire dépister et se faire soigner quand ils en ont besoin.
Le Sénégal connaît une baisse de 70% de nouvelles infections comme vous l’avez mentionné. Peut-on dire que globalement les gens sont de plus en plus conscients de l’existence du VIH/Sida et du coup, font attention pour ne pas s’infecter ?
Je ne peux pas dire cela parce que la population est vraiment très large et diverse. Mais je pense que la communication positive qu’on fait pour montrer que le VIH est une maladie qui peut se soigner même si on ne peut pas guérir définitivement, a rassuré les personnes qui se sont traitées. On a découvert que le traitement empêche la transmission du Sida. Quand on prend ses médicaments, on peut avoir une bonne espérance de vie. Nous avons beaucoup travaillé pour que les gens aient accès à ce traitement. Je pense que c’est ça qui a fait que la transmission a reculé. Il faut continuer à travailler sur l’information et la communication à l’endroit des populations en général.
D’aucuns pensent que si le paludisme a longtemps fait des victimes sans qu’un vaccin ne fût trouvé plus tôt, si ce n’est récemment, cela est dû au fait que c’est plus en Afrique que cette maladie sévit. Peut-on faire la même réflexion à l’endroit du VIH ?
On ne peut pas dire que la communauté internationale ne s’est pas mobilisée contre le Sida. Je pense qu’avant la COVID-19, c’est la maladie pour laquelle le monde s’est le plus mobilisé. C’est aussi une maladie pour laquelle le monde a le plus mobilisé de ressources et justement, c’est cette mobilisation autour du VIH qui a permis de mettre en place le Fonds mondial. En mettant en place le Fonds mondial, on s’est dit que le VIH non seulement tue, mais est aussi lié à la tuberculose. Donc on a inclus la tuberculose dans ce Fonds. Le VIH et la tuberculose tuent certes, mais en Afrique c’est plus le paludisme qui tue. Aujourd’hui, le Fonds Mondial est le plus grand instrument de financement qui existe dans le monde pour financer la lutte contre ces trois maladies. Par conséquent, la mobilisation contre le VIH n’avait jamais faiblit jusqu’à l’avènement de la COVID-19, où les priorités ont été réorientées vers le SARS-Cov_2. C’était une urgence comme au début du VIH qui faisait peur à tout le monde.
Justement, on imagine que vous acteurs de la lutte contre le Sida avez été soudainement sevrés avec l’avènement de la COVID qui probablement aspire une bonne partie des ressources. C’est bien cela ?
Effectivement, les ressources qui étaient mobilisées ont été réorientées vers la COVDI-19. Le risque est toujours là. C’est pourquoi il faut régler rapidement le problème de la COVID-19, surtout que c’est une maladie aiguë, un virus plus facile à gérer que le virus du VIH. Pour le paludisme comme pour le VIH surtout, il y a eu beaucoup d’investissements dans la recherche. Au moins une vingtaine d’essais cliniques sont en cours pour trouver un vaccin. Justement cette technique d’ARN messager qu’on utilise aujourd’hui pour la COVID-19 est en train d’être étudiée pour qu’elle puisse être utilisée éventuellement dans le cadre du VIH. Il faut comprendre que le virus SARS-Cov-2 est différent du virus du VIH. Le virus du VIH est un virus qui mute régulièrement. Il y a de milliers de virus du VIH. C’est ça qui rend difficile la mise au point d’un vaccin. Il y a toutefois des candidats vaccins qui sont prometteurs. On espère que si la mobilisation ne faiblit pas on va continuer à soutenir la recherche pour avoir un vaccin contre le VIH.
Dr Thiam pour être plus directe, y-a-t-il de la tension dans votre trésorerie parce que la COVID-19, urgence de l’heure, a capté tous les fonds ?
Nous avons effectivement eu des tensions parce que des ressources ont été reprogrammées pour la COVID-19. Déjà, on n’a pas toutes les ressources dont nous avons besoin pour lutter contre le Sida. Nos besoins sont couverts à peut-être 60%. Ce que nous avions comme budget, n’est pas suffisant. On est même en train de vouloir définir des priorités pour voir ce qu’on fait et ce qu’on ne fait pas. En ce moment, il y a la COVID-19 or nous puisons tous à la même source. Ceux qui financent le VIH ce sont eux qui financent la COVID-19, même les gouvernements. Donc nous avons reçu moins de ressources même si le Fonds mondial a mobilisé des ressources dans le cadre de son programme C19RM. Donc ce sont des ressources qui étaient là pour les 3 maladies qu’on a été obligé de réorienter vers la COVID-19. Donc effectivement la COVID-19 va créer des tensions financières, mais aussi au niveau des services de santé. C’est surtout le plus important parce que les services qui vont prendre en charge les patients du VIH, de la tuberculose et du paludisme, ce sont les mêmes qui vont prendre en charge les malades de la COVID-19. Et comme la COVID-19 est beaucoup plus urgente, les prestataires sont orientés vers cette urgence. Ces trois maladies qui étaient prises en charge ajoutées à la COVID-19, ça pèse davantage sur le système de santé.
La stigmatisation des personnes vivant avec le VIH est une réalité. Comment votre structure combat cette injustice ?
Nous développons avec les associations des personnes vivant avec le VIH des activités de sensibilisation. Nous les poussons également à sortir pour donner un visage humain au VIH parce que souvent ceux qui stigmatisent les personnes infectées c’est parce qu’ils ne connaissent pas de personnes vivant avec le VIH dans leur environnement. Les gens ont gardé en tête l’image de personnes rachitiques -les premières images des personnes vivant avec le VIH-qu’on montrait et qui représentaient les personnes vivant avec le VIH. Aujourd’hui, les personnes vivant avec le VIH/Sida ont une vie normale, ont leur famille, leur travail. Mais elles ne sortent pas assez pour montrer qu’elles ont une vie normale. Donc sur ce plan, ça reste un peu surtout dans nos pays où on a de faibles prévalences. Quand on va dans d’autres pays où le taux de prévalence est très élevé, où tout le monde connaît une personne qui a le VIH comme en Ouganda, il y a moins de stigmatisation des personnes vivant avec le VIH/Sida.
Mais ici il y a très peu de personnes qui s’affichent. C’est une personne par génération qui accepte de dire devant le grand public, à la télé qu’elle vit avec le VIH. Donc il y a une auto-stigmatisation des personnes vivant avec le VIH. En ce qui concerne la discrimination, on y a travaillé, Le Sénégal a voté une loi qui protège les personnes vivant avec le VIH/Sida. On ne peut pas les discriminer dans le travail. Beaucoup d’efforts qui ont été faits. Mais je pense que ce combat, ce sont les personnes vivant avec le VIH elles-mêmes qui peuvent le gagner.
Il y a une nouvelle stratégie de prévention qui est la prophylaxie-pré-exposition. Pouvez-vous expliquer en quoi consiste-t-elle ?
La prophylaxie préexposition ou la Prep, c’est le fait de donner des médicaments à une personne séronégative pour que cette personne ne contracte pas le VIH. Je donne un exemple, on peut avoir un couple ou l’un des conjoints est séropositif. Ils veulent avoir des enfants et décident donc ne pas utiliser le préservatif. On donne ce médicament à la personne séronégative. C’est comme s’il y a une clé qui ferme la serrure où le VIH peut passer pour rentrer chez ce conjoint ou cette conjointe. Comme ça, elle ne va pas contracter le VIH.
Cela veut dire que cette stratégie de ne concerne que les couples ?
Oui, c’est aussi les personnes qui vont prendre le risque, je veux dire les couples établis. De toutes les façons, pour qu’il y ait transmission, il faut que le couple se forme même si c’est de façon éphémère. Donc il y a des personnes qui sont sûres qu’elles prennent des risques. C’est le cas d’un couple qui n’est pas forcément marié. Une personne qui sort avec quelqu’un ou qui fréquente des personnes à risques, se sait à risques, donc elle peut venir demander ce traitement pour se protéger contre le VIH. Nous pensons qu’en combinant le traitement des personnes séropositives et celui des personnes séronégatives qui prennent des risques, on peut arrêter la transmission du VIH. Un autre exemple de cette prophylaxie ce sont les enfants qui naissent de mères séropositives. L’enfant on n’a pas encore son statut, mais il faut qu’on commence tout de suite son traitement. C’est quelque chose qu’on a l’habitude de faire, même si on ne l’appelait pas PreP. C’est un peu comme un vaccin oral aussi. Donc tu prends un comprimé tous les mois et tu peux ne pas contacter le VIH.
Où en est le Sénégal avec l’étape intermédiaire des trois 90%, pilier central vers le cap fixé par l’ONUSIDA visant à mettre fin à l’épidémie du Sida d’ici 2030 ?
En 2020, l’ONUSIDA a estimé qu’on peut mettre fin à l’épidémie du Sida à l’horizon 2030. Mais on ne va pas attendre l’échéance pour faire l’évaluation. On s’est dit qu’on se fixe des étapes, des fenêtres d’opportunités. Ce sont ces fenêtres d’opportunités que traduisent les trois 90% auxquels vous faites allusion. La Covid-19 est même venue chambouler un peu cela. L’objectif c’est que 90% des personnes séropositives soient dépistées et connaissent leur statut sérologique. Sur ces 90% de personnes séropositives, les 90% devraient prendre le traitement ARV (Ndlr : Antirétroviral) et sur les 90% qui prennent des ARV, les 90% devraient avoir une charge virale indétectable, c’est à dire qu’ils ne devraient plus transmettre le VIH. Ce sont les trois 90%, objectifs intermédiaires, que l’ONUSIDA avait fixé et qui ont d’ailleurs été révisés en trois 95% d’ici 2025. Nous pensons que si on arrive à traiter 95% des personnes, on arrêterait la transmission du VIH.
Peut-on dire que le Sénégal est sur la bonne voie?
Au Sénégal, sur les trois 90%, nous nous sommes respectivement à 85, 89 et 84. Nous pensions atteindre au moins les 2 derniers 90% parce que c’est la mise sous traitement de toutes les personnes dépistées. On les met sous traitement sans attendre. Pour le deuxième 90%, nous sommes à 89% de l’objectif. Pour le troisième 90%, c’est renforcer le système de laboratoire pour pouvoir tester les personnes sous traitement et démontrer qu’elles ne transmettent plus le VIH parce qu’elles ont une charge indétectable. Mais pour le premier 90%, nous sommes à 85%. C’est le plus difficile parce qu’il s’agit d’aller chercher des personnes qui sont chez elles et qui n’ont peut-être pas décidé de faire le dépistage du VIH parce qu’elles ne se sentent pas encore malades. Elles prennent des risques de manière conscientes ou pas, mais n’ont pas envie qu’on découvre pourquoi elles sont à risque.
Alors qu’on ne peut rien leur imposer non plus…
C’est tellement complexe qu’il faut qu’on fasse justement des efforts pour aller chercher ces personnes et faut les chercher parmi les populations-clés, leurs partenaires féminins ou masculins et leurs enfants. Il nous faut développer vraiment des stratégies différenciées en direction de ces populations pour pouvoir les dépister et les mettre sous traitement.
En 2019, l’ex- directrice de l’Institut de Santé et Développement, (Ised), le Professeur Anta Tal Dia, s’est émue de ce que le taux de prévalence soit passé de 18 à 20 % chez les homosexuels alors que l’utilisation du préservatif a augmenté. Est-ce que le CNLS a trouvé la réponse à ce paradoxe ?
Il faut voir dans quel groupe l’utilisation du préservatif a augmenté. Si on prend l’utilisation du préservatif de manière générale, on l’utilise pour la double protection pour se protéger des infections dont le VIH mais aussi contre les grosses non désirées. Donc ce sera difficile de comparer l’utilisation de préservatifs chez les homosexuels. Justement nous, nous avons remarqué que dans ce groupe-là, ce sont les jeunes qui sont le plus à risques. Il s’agit des jeunes qui démarrent leur vie affective qui n’ont pas beaucoup d’informations, qui peut-être connaissent le préservatif mais ne l’utilisent pas correctement. En tout cas, nous savons qu‘il y a beaucoup de risques pris au sein de cette population. Je pense que ce sont tous ces comportements dont la non utilisation du préservatif qui les exposent. C’est clair quand une personne utilise le préservatif, normalement cette personne ne contracte pas le VIH.
Votre dernier mot Dr Safiatou Thiam
Le VIH est un problème qui n’est pas encore fini. Nous avions franchi de grandes étapes mais la COVID-19 est venu remettre en question tout ce qui avait été fait comme avancées. Aujourd’hui, il faut remobiliser tout le monde, remobiliser les communautés, la communauté internationale, les chercheurs sur la lutte contre les maladies de manière générale, sur la lutte contre les épidémies. La Covid-19 nous a creusé les inégalités. Elle nous a enseigné que le grand challenge c’est d’avoir un système sanitaire fort pour toutes les urgences sanitaires. Donc, il faut faire énormément d’efforts pour renforcer les systèmes de santé dans nos pays, il faut protéger les communautés et s’occuper de la santé de tout le monde, ne laisser personne sur le bord du chemin. C’est la meilleure façon de lutter contre les inégalités en santé et c’est aussi la meilleure manière de réussir la lutte contre le Sida.