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3 avril 2025
Santé
RAPPORT MONDIAL SUR LE SIDA, L'ONUSIDA RÉVÈLE LES PROGRÈS ET LES DÉFIS AU SÉNÉGAL ET DANS LA RÉGION
"Si nous limitons les ressources ou restreignons les droits humains, la pandémie continuera à se développer, ce qui coûtera des millions de vies supplémentaires", a alerté Berthilde Gahongayire.
Le Bureau régional de l’Onusida pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre a présenté ce mardi à Dakar le rapport mondial sur la maladie dans la région. Demba Koné, Directeur pays de l’Onusida pour le Sénégal, a fait le point sur les dernières statistiques concernant le pays. Selon lui, la situation du sida au Sénégal est globalement sous contrôle. « Le Sénégal est l’un des rares pays à avoir maintenu un contrôle régulier de l’épidémie depuis son apparition. Nous sommes passés de 2,6% de prévalence à 0,3% aujourd’hui », a-t-il révélé.
M. Koné a souligné les efforts considérables réalisés grâce aux financements et programmes mis en place par le Sénégal. Cependant, il a également mentionné des difficultés récentes. « Nous avons constaté une augmentation des nouvelles infections chez les jeunes. Cela est dû à une réduction des programmes de prévention et de la communication de masse, au profit des traitements médicamenteux. Les grandes zones urbaines sont les plus touchées », a-t-il alerté.
Demba Koné a également évoqué les défis concernant les enfants nés de mères séropositives. « Le nombre d’enfants infectés diminue globalement, mais la mise sous traitement reste problématique. Les mères cachent souvent leur séropositivité, ce qui empêche les enfants d’accéder aux traitements. Notre objectif est d’avoir une génération sans sida, même pour les enfants nés de mères séropositives », a-t-il expliqué.
Le VIH pédiatrique, I 'urgence du moment en Afrique de l'Ouest et du Centre
La directrice régionale du Bureau régional de l’Onusida pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Berthilde Gahongayire, a axé sa présentation sur le VIH pédiatrique. « Avec seulement 35% des enfants vivant avec le VIH recevant un traitement en Afrique de l’Ouest et du Centre, il est crucial d’agir maintenant. L’engagement politique, le soutien financier et la mobilisation communautaire sont essentiels pour garantir un avenir sain à chaque enfant touché par le VIH », a-t-elle plaidé.
Elle a également souligné que la situation du VIH pédiatrique dans la région est alarmante et nécessite une action immédiate. « Le faible taux de traitement pédiatrique est inacceptable, surtout quand 76% des personnes âgées de plus de 15 ans vivant avec le VIH ont accès au traitement antirétroviral. Plus de 20% des femmes enceintes vivant avec le VIH dans le monde résident dans notre région, et plus de la moitié d’entre elles ne suivent pas de traitement antirétroviral, augmentant ainsi le risque de transmission verticale du VIH à leurs enfants », a-t-elle ajouté.
Berthilde Gahongayire a attribué cette situation critique à plusieurs facteurs, notamment des infrastructures médicales inadéquates et le manque de ressources spécifiques pour les enfants, ainsi que la persistance de la stigmatisation et de la discrimination.
Le rapport mondial de l’Onusida de 2024 indique que les ressources allouées à la lutte contre le VIH dans notre région sont en nette diminution, accentuant la dépendance vis-à-vis des donateurs et remettant en question la viabilité à long terme de la réponse au VIH.
Cependant, tout n’est pas sombre. Le nombre annuel de nouvelles infections à VIH en Afrique de l’Ouest et du Centre a diminué de 46% entre 2010 et 2023. Des progrès significatifs ont été réalisés dans l’accès au traitement. Le nombre d’adultes recevant un traitement contre le VIH a plus que doublé depuis 2015. Aujourd’hui, 81% des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut, 76% reçoivent un traitement antirétroviral, et 70% ont une charge virale supprimée.
Enfin, des pays comme le Burundi et la RDC sont proches d’atteindre les objectifs 95-95-95 pour le dépistage et le traitement du VIH parmi les adultes. Entre 2010 et 2023, le nombre de décès liés au sida a diminué de 55% en Afrique de l’Ouest et du Centre.
Les décisions prises cette année par les dirigeants détermineront si le sida cessera d’être une menace pour la santé publique d’ici 2030. « Si nous limitons les ressources ou restreignons les droits humains, la pandémie continuera à se développer, ce qui coûtera des millions de vies supplémentaires et portera atteinte à la sécurité sanitaire mondiale », a alerté Berthilde Gahongayire.
Le Bureau régional de l’Onusida pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre a présenté ce mardi à Dakar le rapport mondial sur la maladie dans la région. Demba Koné, Directeur pays de l’Onusida pour le Sénégal, a fait le point sur les dernières statistiques concernant le pays. Selon lui, la situation du sida au Sénégal est globalement sous contrôle. « Le Sénégal est l’un des rares pays à avoir maintenu un contrôle régulier de l’épidémie depuis son apparition. Nous sommes passés de 2,6% de prévalence à 0,3% aujourd’hui », a-t-il révélé.
M. Koné a souligné les efforts considérables réalisés grâce aux financements et programmes mis en place par le Sénégal. Cependant, il a également mentionné des difficultés récentes. « Nous avons constaté une augmentation des nouvelles infections chez les jeunes. Cela est dû à une réduction des programmes de prévention et de la communication de masse, au profit des traitements médicamenteux. Les grandes zones urbaines sont les plus touchées », a-t-il alerté.
Demba Koné a également évoqué les défis concernant les enfants nés de mères séropositives. « Le nombre d’enfants infectés diminue globalement, mais la mise sous traitement reste problématique. Les mères cachent souvent leur séropositivité, ce qui empêche les enfants d’accéder aux traitements. Notre objectif est d’avoir une génération sans sida, même pour les enfants nés de mères séropositives », a-t-il expliqué.
Le VIH pédiatrique, I 'urgence du moment en Afrique de l'Ouest et du Centre
La directrice régionale du Bureau régional de l’Onusida pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Berthilde Gahongayire, a axé sa présentation sur le VIH pédiatrique. « Avec seulement 35% des enfants vivant avec le VIH recevant un traitement en Afrique de l’Ouest et du Centre, il est crucial d’agir maintenant. L’engagement politique, le soutien financier et la mobilisation communautaire sont essentiels pour garantir un avenir sain à chaque enfant touché par le VIH », a-t-elle plaidé.
Elle a également souligné que la situation du VIH pédiatrique dans la région est alarmante et nécessite une action immédiate. « Le faible taux de traitement pédiatrique est inacceptable, surtout quand 76% des personnes âgées de plus de 15 ans vivant avec le VIH ont accès au traitement antirétroviral. Plus de 20% des femmes enceintes vivant avec le VIH dans le monde résident dans notre région, et plus de la moitié d’entre elles ne suivent pas de traitement antirétroviral, augmentant ainsi le risque de transmission verticale du VIH à leurs enfants », a-t-elle ajouté.
Berthilde Gahongayire a attribué cette situation critique à plusieurs facteurs, notamment des infrastructures médicales inadéquates et le manque de ressources spécifiques pour les enfants, ainsi que la persistance de la stigmatisation et de la discrimination.
Le rapport mondial de l’Onusida de 2024 indique que les ressources allouées à la lutte contre le VIH dans notre région sont en nette diminution, accentuant la dépendance vis-à-vis des donateurs et remettant en question la viabilité à long terme de la réponse au VIH.
Cependant, tout n’est pas sombre. Le nombre annuel de nouvelles infections à VIH en Afrique de l’Ouest et du Centre a diminué de 46% entre 2010 et 2023. Des progrès significatifs ont été réalisés dans l’accès au traitement. Le nombre d’adultes recevant un traitement contre le VIH a plus que doublé depuis 2015. Aujourd’hui, 81% des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut, 76% reçoivent un traitement antirétroviral, et 70% ont une charge virale supprimée.
Enfin, des pays comme le Burundi et la RDC sont proches d’atteindre les objectifs 95-95-95 pour le dépistage et le traitement du VIH parmi les adultes. Entre 2010 et 2023, le nombre de décès liés au sida a diminué de 55% en Afrique de l’Ouest et du Centre.
Les décisions prises cette année par les dirigeants détermineront si le sida cessera d’être une menace pour la santé publique d’ici 2030. « Si nous limitons les ressources ou restreignons les droits humains, la pandémie continuera à se développer, ce qui coûtera des millions de vies supplémentaires et portera atteinte à la sécurité sanitaire mondiale », a alerté Berthilde Gahongayire.
L’OMS INQUIETE POUR L’ATTEINTE DES OBJECTIFS DE 2030
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) est inquiète quant à la prise en charge des enfants vivant avec le VIH Sida.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) est inquiète quant à la prise en charge des enfants vivant avec le VIH Sida. Hier, lundi 22 juillet, à Genève, elle a souligné que seule la fourniture urgente et accélérée de services de lutte contre le VIH permettra de tenir la promesse de mettre fin au sida chez les enfants d’ici 2030. Cependant, malgré des progrès importants dans de nombreux pays, elle a estimé que des lacunes critiques continuent de saper les efforts visant à mettre fin au sida chez les enfants.
Malgré les progrès réalisés dans la réduction des infections à VIH et des décès liés au sida chez les enfants, un nouveau rapport publié hier, lundi, par l’Alliance mondiale pour en finir avec le sida chez les enfants d’ici 2030, montre qu’il est urgent d’intensifier les services de lutte contre le VIH dans les pays les plus touchés par la pandémie afin de mettre fin au sida d’ici 2030. Le rapport intitulé Transformer la vision en réalité, a montré que les programmes ciblant la transmission verticale du VIH à savoir celle de la mère et de l’enfant , ont permis d’éviter 4 millions d’infections chez les enfants âgés de 0 à 14 ans depuis 2000. À l’échelle mondiale, les nouvelles infections à VIH chez les enfants âgés de 0 à 14 ans ont diminué de 38 % depuis 2015 et les décès liés au sida ont diminué de 43 %.
Parmi les douze pays de l’Alliance mondiale, plusieurs ont atteint une forte couverture du traitement antirétroviral à vie chez les femmes enceintes et allaitantes vivant avec le VIH, l’Ouganda approchant les 100 %, la République-Unie de Tanzanie 98 % et l’Afrique du Sud 97 %. Le Mozambique a atteint une couverture de 90 %, la Zambie à 90 %, l’Angola à 89 %, le Kenya à 89 %, le Zimbabwe à 88 % et la Côte d’Ivoire à 84 %.
Selon la directrice exécutive de l’Onusida, Winnie Byanyima, malgré les progrès réalisés, ni le monde, ni les pays de l’Alliance mondiale ne sont actuellement en voie d’atteindre les engagements liés au VIH en faveur des enfants et des adolescents, et le rythme des progrès dans la prévention des nouvelles infections à VIH et des décès liés au sida chez les enfants a ralenti ces dernières années. Face à cette inquiétude, Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé a souligné : « accélérer la fourniture et l’utilisation des services de lutte contre le VIH pour les enfants et les adolescents est une obligation morale et un choix politique ». Et d’ajouter : « douze pays démontrent qu’ils ont fait ce choix, mais des défis importants demeurent. Bien que nous ayons fait des progrès dans l’amélioration de l’accès des femmes enceintes au dépistage et au traitement pour prévenir la transmission verticale du VIH, nous sommes encore loin de fermer le traitement pédiatrique brèche. Nous devons renforcer davantage la collaboration et la portée de l’Alliance mondiale, et nous devons faire ce travail avec détermination, détermination et solidarité avec toutes les mères, tous les enfants et tous les adolescents touchés ».
Aujourd’hui, l’OMS estime à environ 120 000 les enfants âgés de 0 à 14 ans infectés par le VIH en 2023, dont environ 77 000 dans les pays de l’Alliance mondiale. Les décès liés au sida chez les enfants âgés de 0 à 14 ans se sont élevés à 76 000 dans le monde, les pays de l’Alliance mondiale représentant 49 000 de ces décès inutiles. Les taux de transmission verticale restent extrêmement élevés dans certaines localités, en particulier en Afrique de l’Ouest et centrale, avec des taux supérieurs à 20 % dans des pays comme le Nigeria et la République démocratique du Congo.
Il est préoccupant de constater selon l’Oms que l’écart de traitement entre les adultes et les enfants continue de se creuser. « Seulement 57 pour cent des enfants vivant avec le VIH reçoivent un traitement vital, contre 77 pour cent des adultes », a déclaré Anurita Bains, Directrice adjointe de l’UNICEF pour le VIH/sida. « En 2023, il y a eu 210 000 nouvelles infections dans le monde chez les jeunes femmes et les filles âgées de 15 à 24 ans (130 000 dans les pays de l’Alliance mondiale), soit quatre fois plus que l’objectif fixé de 50 000 pour 2025. La prévention des nouvelles infections dans ce groupe d’âge est essentielle à la fois pour protéger la santé et le bien-être des jeunes femmes et réduire le risque de nouvelles infections chez les enfants » a renseigné ledit rapport. Pour rappel, l’Alliance mondiale pour mettre fin au sida chez les enfants d’ici 2030 a été lancée en 2022 par l’OMS, l’UNICEF et l’ONUSIDA pour redynamiser l’agenda pédiatrique du VIH. Douze pays en sont membres dont l’Afrique du Sud, Angola, Cameroun, Côte d’Ivoire, Kenya, Mozambique, Nigéria, Ouganda, République-Unie de Tanzanie, République démocratique du Congo (RDC), Zambie et Zimbabwe.
par Mohamed Lamine Ly
LES DÉFIS DE LA COMMUNICATION POUR LA SANTÉ
Si la communication pour la santé a longtemps reposé sur une approche descendante, elle doit désormais encourager la participation communautaire. Seule une implication citoyenne peut contrer défiance et rumeurs dans un contexte de crises sanitaires
Les media de notre pays jouent un rôle grandissant dans la communication sur la santé. En effet, que ce soit au niveau de la presse écrite avec ses rubriques santé, qu’à celui de l’audiovisuel, les problématiques sanitaires font l’objet de traitement, sinon quotidien, tout au moins très fréquent et régulier, avec la participation décisive des professionnels de la Presse.
Parmi les stratégies pour lutter contre les problèmes prioritaires de santé, les moyens de communication sont largement utilisés par les gouvernements, les partenaires techniques et financiers, ainsi que les acteurs de la société civile et autres organismes à but non lucratif, pour amener la population à adopter des comportements favorables à la santé.
La communication pour la santé pourrait se définir comme l’étude et l’utilisation des stratégies de communications interpersonnelles, organisationnelles et médiatiques, visant à informer et à influencer les décisions individuelles et collectives propices à l’amélioration de la santé.
Sur le plan des contenus, il ne fait aucun doute, que le volet préventif occupe une place appréciable dans les émissions et articles de presse dévolus à la santé. C’est ainsi que divers thèmes y sont abordés, tels que la santé de l’enfant (vaccination, nutrition…), l’alimentation saine et équilibrée des adultes, la pratique régulière d’activités physiques, la santé reproductive, la sensibilisation sur les maladies non transmissibles y compris sur la prévention du diabète, de l’hypertension artérielle et de divers cancers (tabagisme, dépistage des cancers du sein, du col de l’utérus…etc.)…
Néanmoins, la prise en compte des déterminants sociaux de la santé laisse encore à désirer, du fait que la participation communautaire à la santé et aux autres secteurs de développement (hydraulique, agriculture, habitat, hygiène, assainissement, microfinance...) ne réussit pas encore à s’émanciper totalement de la tutelle des techniciens.
De fait, les communautés, souvent réduites au rôle d’auxiliaires ou de faire-valoir, ne s’impliquent pas encore suffisamment dans les questions comme l’identification et la priorisation des besoins, ainsi que sur celles portant sur la gouvernance et la redevabilité.
On ne peut manquer de signaler certains aspects négatifs liés à la publicité faite sur les médias, relatifs aux bouillons de cuisine, à la dépigmentation artificielle, sans oublier celle au profit de certains charlatans, qui mettent en danger la vie des sénégalais, compromettant les efforts faits pour la revalorisation ou la réhabilitation de notre médecine traditionnelle.
Au début, la communication pour la santé était considérée comme suffisante pour atteindre les objectifs sanitaires et on doit admettre qu’ils ont été de puissants moteurs de promotion de la santé.
Des progrès tangibles ont été notés dans divers domaines comme la santé de la mère et de l’enfant (vaccinations, surveillance nutritionnelle et pondérale, prise en charge intégrée des maladies de l’enfance, suivi pré et postnatal, accouchement assisté, planning familial…) et la lutte contre les maladies courantes, particulièrement, celles ciblées par le Fonds Mondial (paludisme, tuberculose et sida), sans oublier les maladies non transmissibles.
Mais les décideurs de la Santé ont fini par se rendre compte des limites de la communication pour la Santé, qui devrait participer d’un contexte global, où la santé devient l’affaire de tous.
Faute d’une véritable responsabilisation des communautés de base dans la gestion de leur santé et à cause de l’implication intempestive de fondations prétendument philanthropiques dans la Santé globale, l’émergence de puissants mouvements complotistes a sévèrement desservi les acteurs de communication pour la Santé.
Une des illustrations les plus caractéristiques de cet état de fait a été l’essor, dans les pays développés, de vastes mouvements anti-vaccins, ayant conduit, il y a quelques années, à la résurgence de maladies virales comme la rougeole aux USA. On a également observé, dans des pays comme le Pakistan, l’Afghanistan ou le Nigéria, une hostilité exacerbée envers les campagnes d’éradication de la poliomyélite, avec des répliques de moindre envergure, dans certains autres pays africains (dont le nôtre) ou asiatiques.
Mais le sommet de la défiance contre la santé globale a été atteint lors de la pandémie de Covid-19, venant couronner un cycle ayant débuté en 2002, avec l’apparition du SRAS en Chine, suivi par plusieurs autres maladies émergentes, à fort potentiel épidémique voire pandémique (comme la grippe aviaire à A/H5N1, la grippe A/H1N1, le MERS-CoV, la grippe aviaire A/H7N9).
De par son ampleur, sa gravité avec une mortalité élevée chez les personnes âgées et ses conséquences dramatiques sur le plan économique, la pandémie de Covid-19 s’est dédoublée en une infodémie, c’est-à-dire une pandémie de fake-news allant du déni pur et simple de la maladie à des accusations d’arrière-pensées mercantilistes sur la commercialisation des vaccins ou de médicaments onéreux.
Ces rumeurs sont d’autant plus difficiles à combattre, qu’elles empruntent principalement le canal digital préféré aux media institutionnels, devenus moins crédibles, du fait qu’elles sont souvent les porte-voix des puissances d’argent. D’où l’impérieuse nécessité pour les pouvoirs publics de se démarquer de la cupidité, des intérêts privés de Big Pharma et de se réapproprier des informations sanitaires basées sur des données fiables et probantes, pour servir le bien commun.
Pour cela, il faut permettre aux intervenants de mettre en œuvre une communication des risques et de l’engagement communautaire (CREC), en vue de co-construire avec les communautés des stratégies pour prévenir l’exposition, stopper la transmission et amoindrir l’impact de l’épidémie.
Il faudrait, en outre, dans le cadre de la santé digitale, outiller les professionnels de la communication dans le domaine de la santé, pour qu’ils puissent tirer parti des connaissances sociales et comportementales, en vue de concevoir, mettre en œuvre et évaluer les communications digitales en matière de santé.
Ils apprendront ainsi à développer et à mettre en œuvre des campagnes de santé réussies sur les médias sociaux, et à évaluer leurs performances et leur impact sur les comportements liés à la santé.
Dr Mohamed Lamine Ly est spécialiste en santé publique.
Dans le Sahel, en Afrique de l’Ouest, plus de 33 millions de personnes, réparties dans six pays, ont besoin urgemment d’une aide humanitaire d’importance vitale
Chaque année, la Région africaine est confrontée au plus grand nombre de situations d’urgence sanitaire dans le monde. En novembre 2023, elle fait face à plus de 130 épidémies de maladies. Dans le Sahel, en Afrique de l’Ouest, plus de 33 millions de personnes, réparties dans six pays, ont besoin urgemment d’une aide humanitaire d’importance vitale
La gestion des situations d’urgence est une vraie préoccupation en Afrique confrontée régulièrement à des épidémies. Pour apporter des réponses à ces questions, l’Organisation mondiale de la santé (Oms) a ouvert à Pointe Sarène, la réunion inaugurale du groupe consultatif technique du Bureau régional pour l’Afrique sur la préparation et la riposte aux situations d’urgence. Cette rencontre a pour mission de donner des orientations stratégiques sur toutes les questions relatives à la préparation et à la riposte aux urgences de santé publique. «Composé de 16 experts distingués, sélectionnés selon un processus de candidature rigoureux, plus de 600 experts avaient présenté leurs candidatures, le groupe contient une richesse de compétences interdisciplinaires. Le but est de générer des recommandations spécifiques et réalisables sur des sujets de préoccupation urgente dans le cadre de la préparation et la réponse aux urgences sanitaires», souligne le représentantrésident de l’Oms au Sénégal.
Il a également déclaré que la Région africaine a connu, ces dernières années, une recrudescence des épidémies de maladies évitables par la vaccination. «Parmi les 131 urgences et épidémies en cours, 52% sont évitables par la vaccination, notamment des maladies telles que le choléra, la poliomyélite, la rougeole, la fièvre jaune et la diphtérie. Lorsqu’une urgence est déclarée et qu’elle est évitable par la vaccination, il est essentiel que les programmes d’intervention d’urgence et de vaccination soient alignés, travaillant en étroite collaboration, avec un objectif commun : arrêter l’épidémie et réduire la morbidité et la mortalité», indique JeanMarie Vianny Yameogo. Selon Dr Abdou Salam Guèye, directeur régional des Urgences en Afrique, le rôle de ces experts africains est de venir conseiller la directrice régionale en matière d’urgence. «Quand on parle d’urgence, c’est la prévention, la préparation, la réponse et le recovery en cas d’urgence. Ils vont travailler sur des thématiques qui n’englobent pas bien sûr toutes les urgences car c’est difficile de le faire, mais ça va englober les ressources humaines en matière d’urgence, ça va englober ce qui concerne la préparation en matière d’urgence et surtout ça va englober les aspects de financer des urgences. Et ce sont des conseils qui seront remis à notre directrice régionale pour que ça soit mis en œuvre», dit-il.
Interpellé sur la situation des urgences en Afrique, Dr Abdou Salam Guèye soutient que l’Afrique a beaucoup de situations à gérer. «Une partie de ces urgences est liée à des épidémies, c’est-à-dire à des maladies, il y a d’autres parties qui sont liées à des catastrophes. Que ce soit des catastrophes naturelles ou des catastrophes créées par des êtres humains. L’Afrique représente plus de la moitié des urgences dans le monde, et aussi comme on sait que l’Afrique n’a pas beaucoup de ressources, le rôle de l’Oms devient beaucoup plus important quand on est en Afrique. On travaille avec nos 47 pays membres pour les accompagner dans la détection des urgences, dans la préparation des urgences et dans la réponse des urgences. La plupart du temps, 80% des urgences en Afrique sont des urgences liées à des maladies et 20% sont des urgences qui sont liées aux catastrophes», estime Dr Guèye.
L’exemple du Cous
Face à ces situations, que faire ? Il cite l’exemple du Sénégal. «Il y a beaucoup d’urgences qui sont liées aux maladies, si nous regardons les 20 dernières années dans les études qui ont été faites. Mais ceci ne détermine pas seulement que le Sénégal est plus vulnérable, mais qu’il a un système de détection des urgences qui est assez efficace et des laboratoires comme l’Institut Pasteur qui est très efficace, il permet de détecter toutes les urgences», explique-t-il.
Le ministre de la Santé et de l’action sociale, Ibrahima Sy, qui présidait l’ouverture des travaux, attend des recommandations fortes, réalistes, innovantes et mesurables pour prendre en charge cette problématique sanitaire. «Quand on parle aujourd’hui des urgences sanitaires en Afrique, la question qui se pose est : est-ce que nos systèmes de santé sont très bien préparés ? Est-ce que nos populations sont bien informées ? Est-ce que nos personnels de santé sont bien sensibilisés par rapport à cette question pour réagir à temps ? Parce que souvent la question des urgences sanitaires est gérée à un niveau qui est central, alors qu’aujourd’hui, quand on parle de la riposte, elle doit se faire au niveau local. Ces recommandations pourraient être intégrées dans notre dispositif de gestion des urgences parce qu’au Sénégal, on a le Centre des opérations d’urgences sanitaires (Cous)», assure M. Sy. Pour lui, il faut être sûr que cela fonctionne au niveau local. «Il faut s’assurer qu’on a tout le dispositif, le personnel de santé qui maîtrise très bien le protocole, les procédures et toutes les techniques qui permettent de réagir à temps et d’éviter des risques beaucoup plus importants pour les populations. Cela se fera surtout avec l’aide de nos partenaires techniques et financiers dont l’Oms, mais aussi une bonne prise en charge des besoins des structures de santé dont les postes de santé, les centres de santé qui sont dans le domaine des soins de santé primaires. Il faut que les urgences intègrent cette dimension soins de santé primaires, qui concernent à peu près 65% de la population», rappelle le ministre de la Santé et de l’action sociale
TERRE DE TOUTES LES URGENCES
Le continent africain représente plus de la moitié des urgences sanitaires dans le monde, a révélé Dr Abdou Salam Guéye, directeur régional des urgences en Afrique de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
Mbour, 18 juil (APS) – Le continent africain représente plus de la moitié des urgences sanitaires dans le monde, a révélé Dr Abdou Salam Guéye, directeur régional des urgences en Afrique de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
‘’L’Afrique représente plus de la moitié des urgences dans le monde et comme on sait, l’Afrique n’a pas beaucoup de ressources’’, a souligné Abdou Salam Guéye.
Il prend part à la rencontre du Groupe Consultatif technique des urgences et à la table ronde sur la gestion des situations d’urgence sanitaire de l’OMS, ouvertes mardi à Pointe Sarène (Mbour, Ouest).
Selon lui, ‘’ 85% des urgences sont liées à des maladies et les 20 % sont liées aux catastrophes naturelles” ou des phénomènes causés par l’homme, a ajouté l’officiel.
Le ministre de la Santé et de l’Action sociale Ibrahima Sy a dit attendre de cette rencontre ‘’des recommandations fortes, réalistes, innovantes et mesurables’’.
‘’Quand on parle aujourd’hui des questions d’urgence sanitaire en Afrique, la question qui se pose c’est est-ce que nos systèmes de santé sont très bien préparés, est-ce que nos personnels de santé sont bien sensibilisés par rapport à cette question pour réagir à temps’’, a dit Ibrahima Sy.
Selon lui, “la question des urgences sanitaires est souvent gérée à un niveau central, alors qu’aujourd’hui quand on parle d’urgence, la riposte doit se faire au niveau local’’.
”On doit s’assurer qu’au niveau local, on a tous les dispositifs (le personnel de santé qui maîtrise très bien le protocole, les procédures et toutes les techniques), qui permettent de réagir à temps et d’éviter des risques beaucoup plus importants pour les populations’’, a indiqué M. Sy.
Abdou Salam Guéye a rassuré que ‘’l’OMS travaille avec les 47 pays membres pour accompagner (les pays africains), dans la détection, la préparation et la réponse aux urgences’’.
LE SENEGAL CONSERVE LE BON NIVEAU
« Le niveau est bon concernant la qualité des résultats rendus dans les laboratoires biomédicaux » ; c’est l’avis du Professeur Babacar Faye, chef de service de la parasitologie médicale à la Faculté de médecine de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar.
« Le niveau est bon concernant la qualité des résultats rendus dans les laboratoires biomédicaux » ; c’est l’avis du Professeur Babacar Faye, chef de service de la parasitologie médicale à la Faculté de médecine de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar. Ce dernier s’exprimait hier, lundi 15 juillet, lors de l’atelier de partage des résultats d’évaluation externe de la qualité pour les analyses en bactériologie et parasitologie, organisé par la Direction nationale des laboratoires.
La Direction nationale des laboratoires dirigée par le Professeur Amadou Moctar Dièye a tenu hier, mardi, un atelier de partage des résultats d’évaluation externe de la qualité pour les analyses biomédicales. Même si le Pr Dièye n’a pas voulu entrer dans les détails de cette restitution devant la presse, il a fait savoir : « pour les laboratoires qui sont performants, nous les félicitons, nous les encourageons. Ceux qui sont moins performants, nous identifions les causes de cette non-performance et nous essayons de mettre en place un dispositif pour corriger ces lacunes et combler les différents gaps, afin que les résultats qui sortent de nos laboratoires soient les plus fiables possibles ».
Pour sa part, le professeur, Babacar Faye, chef de service de la parasitologie médicale à la Faculté de médecine de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar, soutiendra : « Globalement, nous pouvons dire que le niveau est bon mais il faut toujours améliorer et se maintenir à niveau et c'est dans ce cadre qu'avec la Direction des laboratoires, il y a un accompagnement régulièrement au niveau de ces structures pour la qualité des résultats mais aussi la qualité globale du laboratoire ».
Pour mesurer la qualité des résultats, environ 58 laboratoires ont été enrôlés et ils sont dans les établissements publics de santé, dans certains centres de santé et dans les laboratoires de biologie médicale privée. « Ce sont des analyses importantes par rapport à la prise en charge des patients. Il s'agit d'envoyer des échantillons à différents laboratoires du Sénégal. Nous connaissons d’avance les résultats par rapport à ces échantillons et nous allons voir, après analyse, quels sont les laboratoires qui sont très performants, quels sont les laboratoires qui sont moins performants », a souligné le Professeur Dièye sur la démarche pour mesurer la performance de ces laboratoires.
L'objectif de cet atelier est sans nul doute de partager des résultats qui sont issus du contrôle de qualité effectué par la Direction des laboratoires, mais aussi de rendre performants ces laboratoires de sorte à ce que les résultats qu'ils rendent soient ceux qui reflètent la réalité. Ceci dans le cadre du processus de qualité qui est mis en œuvre dans chaque structure sanitaire particulièrement dans les laboratoires. « Il peut arriver que certains laboratoires se trompent dans le diagnostic d'une pathologie particulière et cela peut entraîner des conséquences. Donc il faut faire en sorte que cela ne se passe pas et que les résultats rendus soient de qualité », a fait savoir le chef de service de la parasitologie médicale à la Faculté de médecine de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar, le Pr Faye.
Et d’ajouter : « les analyses biologiques constituent une part importante dans la prise en charge médicale, nous pouvons dire que dans 90% des cas, un patient qui sort d'un cabinet de consultation a un bilan biologique à faire pour diagnostiquer ou confirmer ou voir si le patient est guéri. Donc, l'importance des laboratoires n'est plus à souligner et cela nécessite beaucoup de moyens, du matériel et des réactifs, du personnel qualifié et nous pensons que l'accompagnement se fera pour permettre à nos structures sanitaires d'être performantes dans leurs activités au quotidien ».
Les défis rencontrés au niveau des laboratoires demeurent entre autres des gaps de moyens en termes d'équipements. « Vous savez que la biologie évolue très rapidement. Le matériel et les appareils aussi d'une année à une autre. Nous devons essayer de suivre au maximum cette évolution. Des efforts sont en train d'être faits mais il faut encore les augmenter pour permettre à nos laboratoires d'être au niveau optimum que nous souhaitons pour le bien-être de nos populations » a souligné Pr Faye.
L'ÉDITORIAL DE RENÉ LAKE
DÉCOLONISER LA JUSTICE
EXCLUSIF SENEPLUS - Dans un État démocratique et de droit, la séparation des pouvoirs entre l'exécutif, le législatif et le judiciaire est fondamentale pour assurer le bon fonctionnement et l'indépendance de chaque institution
Aller chercher le savoir jusqu’en…Chine ! Cette recommandation de bon sens est une invite à aller au-delà des frontières de la vieille métropole coloniale pour chercher les meilleures pratiques (best practices), surtout quand, dans un domaine particulier, celle de l’ex-colonisateur n’est pas le meilleur exemple pour la bonne gouvernance à laquelle les Sénégalaises et les Sénégalais aspirent. S’il y a bien un domaine où la France n’est pas une référence à l’échelle mondiale, c’est bien celui de la Justice dans son rapport avec l’Exécutif.
Dans un État démocratique et de droit, la séparation des pouvoirs entre l'exécutif, le législatif et le judiciaire est fondamentale pour assurer le bon fonctionnement et l'indépendance de chaque institution. Au lendemain de la remise au président Diomaye Faye du rapport général des Assises de la justice qui se sont tenues du 15 au 17 juin 2024, ce texte a l’ambition de mettre en lumière l'importance de cette séparation et pourquoi il est critiqué que le président de la République soit également le président du Conseil Supérieur de la Magistrature.
Prévention de l'abus de pouvoir. La séparation des pouvoirs empêche la concentration excessive de pouvoir entre les mains d'une seule personne ou d'un seul organe. Chaque branche agit comme un contrepoids aux autres, ce qui limite les abus potentiels et favorise la responsabilité.
Indépendance judiciaire. En particulier, l'indépendance du pouvoir judiciaire est essentielle pour garantir des décisions impartiales et justes. Les juges doivent être libres de toute influence politique ou pression externe afin de pouvoir appliquer la loi de manière équitable. En de bien nombreuses occasions, tout le contraire de ce que l’on a connu depuis plus de 60 ans au Sénégal et qui a culminé pendant les années Macky Sall avec une instrumentalisation politique outrancière de la justice.
Fonctionnement efficace du législatif. Le pouvoir législatif doit être libre de proposer, examiner et adopter des lois sans interférence de l'exécutif ou du judiciaire. Cela assure la représentation démocratique des intérêts de la population et la formulation de politiques publiques diverses et équilibrées.
Le président de la République et le Conseil Supérieur de la Magistrature -
Le Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM) est souvent chargé de la nomination, de la promotion et de la discipline des magistrats. Dans de nombreux pays démocratiques, il est critiqué que le président de la République soit également le président de cet organe pour plusieurs raisons notamment celle du conflit d’intérêt potentiel et de la menace pour la séparation des pouvoirs.
En occupant simultanément ces deux fonctions, le président peut influencer directement les décisions judiciaires et les nominations de magistrats, compromettant ainsi l'indépendance judiciaire. Cette perversion n’a été que trop la réalité de la justice sénégalaise depuis les années 60 avec une accélération sur les deux dernières décennies avec les régimes libéraux arrivés au pouvoir après une alternance politique.
Cette situation a fortement affaibli la séparation des pouvoirs au Sénégal en concentrant trop de pouvoir entre les mains de l'exécutif, ce qui a régulièrement mené à des décisions politiquement motivées plutôt qu'à des décisions basées sur le droit.
La crainte d’une République des juges -
Les acteurs sociaux favorables à la présence du chef de l’État dans le CSM invoquent régulièrement la crainte d’une "République des Juges". Cette idée d'une "République des juges" où le pouvoir judiciaire dominerait les autres branches gouvernementales, n'est pas pertinente dans un système démocratique où il existe de multiples recours et des contrepoids aux potentiels abus des juges. Cette idée relève plus du fantasme jacobin que d’un risque réel dans une démocratie bien structurée, où il existe plusieurs niveaux de recours judiciaires permettant de contester les décisions des juges. Ces recours assurent que les décisions judiciaires peuvent être réexaminées et corrigées si nécessaire.
Par ailleurs, le pouvoir législatif a le rôle crucial de créer des lois et de superviser l'exécutif. En dernier ressort, le législatif peut modifier des lois pour contrer toute interprétation judiciaire excessive ou inappropriée, assurant ainsi un équilibre des pouvoirs.
Enfin, l'indépendance judiciaire signifie que les juges sont libres de rendre des décisions impartiales, mais cela ne signifie pas qu'ils sont au-dessus des lois ou qu'ils ne sont pas responsables. Les juges doivent toujours interpréter et appliquer les lois dans le cadre des normes constitutionnelles établies par le législatif.
La crainte d’une République des juges est un chiffon rouge agité en France depuis longtemps pour justifier un système judiciaire bien plus attaché à l’Exécutif que dans les autres démocraties occidentales.
Historiquement, le président de la République française a été le président du Conseil Supérieur de la Magistrature. Cette pratique a été critiquée pour son impact potentiel sur l'indépendance judiciaire. Actuellement, la réforme de 2016 a réduit le rôle direct du président dans le CSM, mais des questions persistent sur l'indépendance réelle.
De son côté, le système américain illustre une stricte séparation des pouvoirs, où le président n'a qu’un rôle indirect dans la nomination des juges fédéraux. Dans ce processus le président est chargé uniquement de nommer et seul le Sénat américain détient le pouvoir de rejet ou de confirmation. Cela vise à maintenir une certaine distance entre l'exécutif et le judiciaire.
L'Allemagne pour sa part maintient également une séparation rigoureuse des pouvoirs avec des organes distincts pour l'exécutif, le législatif et le judiciaire, évitant ainsi toute concentration excessive de pouvoir et préservant l'indépendance du pouvoir judiciaire.
Le modèle progressiste sud-africain -
L'Afrique du Sud offre un cas fascinant de respect de la séparation des pouvoirs, essentielle pour la stabilité démocratique et la protection des droits constitutionnels depuis la fin de l'apartheid. Suit une exploration de la manière dont la séparation des pouvoirs est respectée dans le système judiciaire sud-africain.
La Constitution sud-africaine, adoptée en 1996 après la fin de l'apartheid, établit clairement les pouvoirs et les fonctions de chaque institution de l’État : l'exécutif, le législatif et le judiciaire. Elle garantit également les droits fondamentaux des citoyens et définit les principes de gouvernance démocratique.
La Constitution insiste sur l'indépendance du pouvoir judiciaire, affirmant que les tribunaux sont soumis uniquement à la Constitution et à la loi, et ne doivent pas être influencés par des intérêts politiques ou autres pressions externes. Les juges sont nommés de manière indépendante, et leurs décisions ne peuvent être annulées que par des procédures juridiques appropriées, garantissant ainsi leur autonomie dans l'interprétation et l'application de la loi.
La Cour constitutionnelle est la plus haute autorité judiciaire en matière constitutionnelle en Afrique du Sud. Elle est chargée de vérifier la constitutionnalité des lois et des actions du gouvernement, de protéger les droits fondamentaux des citoyens, et de maintenir l'équilibre entre les pouvoirs. La Cour constitutionnelle a le pouvoir de rendre des décisions contraignantes pour toutes les autres cours, garantissant ainsi l'uniformité et la primauté du droit constitutionnel.
En plus de la Cour constitutionnelle, l'Afrique du Sud dispose d'un système judiciaire complet avec des tribunaux inférieurs qui traitent des affaires civiles, pénales et administratives à différents niveaux. Chaque niveau de tribunal joue un rôle spécifique dans l'administration de la justice selon les lois applicables.
La Cour constitutionnelle a souvent été appelée à vérifier la constitutionnalité des lois adoptées par le Parlement sud-africain. Cela démontre son rôle crucial dans le maintien de la séparation des pouvoirs en s'assurant que les lois respectent les normes constitutionnelles et les droits fondamentaux.
Les juges en Afrique du Sud sont nommés sur la base de leur compétence professionnelle et ne sont pas soumis à des influences politiques directes. Cela garantit que leurs décisions sont prises en fonction du droit et non de considérations partisanes ou externes.
La séparation des pouvoirs renforce la protection des droits fondamentaux des citoyens en permettant au pouvoir judiciaire d'agir comme un contrepoids aux actions potentiellement inconstitutionnelles ou injustes du gouvernement ou du législateur.
En respectant la séparation des pouvoirs, l'Afrique du Sud renforce la confiance du public dans le système judiciaire, crucial pour la stabilité politique, économique et sociale du pays.
Se référer aux bonnes pratiques –
La Fondation Ford a joué un rôle significatif et historique dans le processus d'élaboration de la Constitution sud-africaine de 1996. Franklin Thomas, président de cette institution philanthropique américaine de 1979 à 1996, a été un acteur clé dans ce processus. Avant les négociations constitutionnelles officielles qui ont conduit à la Constitution de 1996, l’institution philanthropique américaine a soutenu financièrement des recherches approfondies et des débats critiques sur les principes et les modèles constitutionnels. Cela a permis de jeter les bases d'une réflexion constructive et informée parmi les diverses parties prenantes en Afrique du Sud.
Des rencontres et des dialogues ont été facilités entre les leaders politiques, les juristes, les universitaires, ainsi que les représentants de la société civile et des communautés marginalisées. Ces forums ont joué un rôle crucial en encourageant la participation démocratique et en favorisant la compréhension mutuelle nécessaire à la construction d'un consensus constitutionnel.
Par ailleurs, plusieurs organisations de la société civile en Afrique du Sud ont joué un rôle actif dans les négociations constitutionnelles. Cela comprenait des groupes de défense des droits humains, des organisations communautaires et des instituts de recherche juridique.
En encourageant des initiatives visant à promouvoir la justice sociale, l'équité raciale et les droits fondamentaux, ces efforts ont contribué à ancrer ces valeurs dans le processus constitutionnel sud-africain. Cela a été essentiel pour contrer les héritages de l'apartheid et pour établir un cadre constitutionnel solide basé sur les principes de l'État de droit et de la démocratie.
Le rôle de ces initiatives dans l'élaboration de la Constitution sud-africaine a laissé un héritage durable de liberté et de justice en Afrique du Sud. La Constitution de 1996 est largement reconnue comme l'une des plus progressistes au monde, protégeant une vaste gamme de droits et établissant des mécanismes forts pour la protection de la démocratie et de l'État de droit.
L'expérience sud-africaine a souvent été citée comme un modèle pour d'autres pays en transition ou confrontés à des défis de consolidation démocratique ou de rupture systémique. Elle démontre l'importance du partenariat entre les acteurs nationaux dans la promotion de la bonne gouvernance et des droits humains.
Nécessité d'une transformation systémique au Sénégal –
Avec l'arrivée au pouvoir du mouvement Pastef, il est crucial pour l’administration Faye-Sonko de ne pas tomber dans le piège des petites réformes qui maintiennent intact le système ancien mais d'envisager une réforme judiciaire qui s'inspire des meilleures pratiques internationales, telles que celles observées en Afrique du Sud.
Décoloniser et émanciper la justice au Sénégal implique de repenser et de réformer le système judiciaire de manière à renforcer l'indépendance, la transparence et l'efficacité. S'inspirer des meilleures pratiques internationales tout en adaptant ces modèles au contexte spécifique du Sénégal est essentiel pour promouvoir une gouvernance démocratique solide et durable, répondant aux aspirations des citoyens pour une justice juste et équitable. L’instrumentation politique de la Justice doit devenir une affaire du passé au Sénégal.
Réformer la Justice pour assurer la Rupture au Sénégal ne peut se concevoir que dans un cadre plus général de refondation des institutions. L’éditorial SenePlus publié sous le titre “Pour une théorie du changement“ développe cet aspect de manière explicite. L’ambition pastéfienne de sortir le Sénégal du système néocolonial est partagée par l’écrasante majorité des Sénégalais et des jeunesses africaines. Cette ambition doit cependant être exprimée dans la présentation d’un cadre général clair, discuté et élaboré avec les citoyens. Le processus doit être réfléchi, inclusif et sérieux. Cela aussi, c’est la Rupture exigée par les Sénégalaises et les Sénégalais le 24 mars 2024.
AVC, UN NEUROLOGUE ALERTE SUR LES CAS D’HOSPITALISATIONS DE SUJETS DE PLUS EN PLUS JEUNES
"La moitié des malades que nous hospitalisons en neurologie à Fann pour AVC n’ont pas 50 ans", a révélé le Pr Diop.
Dakar, 14 juil (APS) – Le chef de service de neurologie de l’hôpital de Fann a alerté, samedi, sur l’ampleur des Accidents cardiovasculaires (AVC) chez les sujets jeunes dont l’âge est en dessous de 50 ans.
‘’L’âge de ceux qui font les AVC est de plus en plus jeune. La moitié des malades que nous hospitalisons en neurologie à Fann pour AVC n’ont pas 50 ans’’, a déclaré le neurologue par ailleurs Directeur général de la recherche et de l’innovation au ministère de l’Enseignement supérieur.
Il prenait part au 5e congrès de l’association sénégalaise de neurologie qui se tient du 11 au 15 juillet à Dakar sur le thème ”Troubles du mouvement et maladies neurologiques’’.
Selon le spécialiste, les thèmes abordés durant cette rencontre vont permettre de rassembler des chercheurs, des neurologues à travers le monde avec une bonne masse critique qui vient de l’Afrique pour recueillir les données les plus récentes en termes de connaissance et de prise en charge.
”Ces thèmes sont extrêmement difficiles”, a-t-il reconnu.
”Chaque jour, la maladie que l’on reçoit, c’est l’AVC, il y’en a beaucoup. Au moins, la moitié des lits de nos services est occupée par les AVC”, a expliqué le professeur Diop.
Interpellé sur les causes de l’augmentation des cas d’AVC, le chef de service de neurologie de l’hôpital de Fann a indexé l’alimentation et la sédentarité, entre autres.
”La 2e maladie” neurologique, c’est l’épilepsie, a t-il relevé, soulignant que ”près de 75% des enfants qui souffrent d’épilepsie, quand on les reçoit très tôt et qu’ils soient sous traitement, au bout de 5 voire 15 ans de traitement, ils peuvent guérir de leur épilepsie’’.
Pr Diop a également cité d’autres maladies notamment les migraines et les maux de tête.
”L’une des raisons est due au manque de sommeil, la pollution de la ville qui fait que lorsque l’oxygénation n’est pas bonne, cela donne des maux de tête. A côté des maux de tête qui n’ont rien de physique, il y en a qui sont liés au stress du mal être et aux difficultés de la vie. Les gens, au moindre petit problème, le cachent dans leur corps et dans la tête, ce qui va générer des insomnies et entrainer des maux de tête”, a t-il expliqué.
”Il y a tout un ensemble de maladies où les gens ont des problèmes de marche soit parce qu’ils ont des problèmes de nerfs à cause des effets du diabète qui détruit les nerfs sans aucun signe. Et quand ils viennent chez nous, les nerfs sont très souffrants; soit ils ont des problèmes lombaires parce qu’ils ne font pas suffisamment de sport ou ils ont eu des traumatismes en soulevant des charges très lourdes”, a énuméré le spécialiste.
Le Sénégal dispose de deux services de neurologie, celui de l’hôpital Fann créé depuis 1957, et un autre à l’hôpital de Pikine, mis sur pied 10 ans après le premier.
AMADOU GALLO DIOP CHARGE LES CHERCHEURS
Déficit des données factuelles dans l’élaboration des décisions politiques publiques. Une barrière qu’il impute la responsabilité aux chercheurs et scientifiques.
Le directeur de la recherche et de l’innovation au ministère de l’enseignement supérieur a présidé hier, jeudi 11 juillet 2024 au nom du ministre Abdourahmane Diouf, l’atelier sous-régional (Afrique de l’Ouest) du réseau francophone international en conseil scientifique (RFICS. Pr Amadou Gallo Diop, a profité de cette occasion pour souligner le déficit des données factuelles dans la formulation des décisions politiques publiques. Une barrière qu’il impute la responsabilité aux chercheurs et scientifiques.
L a complexité et la multi dimensionnalité des processus de décisions, notamment étatiques, rendent la prise en compte des preuves scientifiques et données probantes fondamentales. Toutefois, selon Amadou Gallo Diop, directeur de la recherche et de l’innovation, «il se trouve que l’élaboration des décisions politiques publiques souffre d’un énorme déficit en données factuelles venant de la recherche passant par les processus scientifiques vérifiés et solides. »
Une barrière linguistique entrave aussi la prise de décision éclairée par les preuves scientifiques au sein des gouvernements. Sur ce point précis, il impute la responsabilité aux chercheurs et scientifiques : « Ce sont les universitaires, les scientifiques, les chercheurs qui ne savent pas, qui ils sont, qui ne savent pas ce qu’ils représentent, qui sont dans l’autosatisfaction d’avoir produit de puissants travaux scientifiques et des articles sortis dans les plus grands journaux du monde. Visitez chacun de nos bureaux, nous les enseignants du supérieur, vous allez trouver des centaines de thèses, de mémoires, de copies d’articles dans toutes les langues dont personne n’a connaissance et qui n’a aucun impact dans la vie des populations ou dans la prise des décisions », a soutenu le directeur de la recherche et de l’innovation.
Et le PrAmadou Gallo Diop d’indiquer pour le regretter : « Nous sommes considérés comme des gens compliqués, avec un langage incompréhensive, qui se parlent entre eux, qui considèrent le reste de la population comme de simples ignorants qui n’ont un seul intérêt, c’est d’écouter et d’appliquer ce qu’on leur dit. »
C’est à ce titre exhorte-il, «il faudrait que, l’atelier serve de manière puissante à l’autocritique de la communauté scientifique et sa déconnexion des populations et son interconnexion absolument désastreuse avec les pouvoirs politiques quelle que soit la pensée politique et ça dure depuis très longtemps. Ça ne doit pas continuer. »
GESTION DE LA SANTE ET DE L’ACTION SOCIALE, DES LENTEURS DANS LES DECISIONS
La mayonnaise tarde à prendre dans le secteur de la santé. Après trois mois de prise de fonction, le ministre de la Santé et de l’action sociale, Dr Ibrahima Sy se cherche.
Depuis quelques jours, des établissements de santé semblent retrouver le souffle avec le remboursement de la dette de l’Etat dans le programme de la couverture universelle sanitaire. A cet effet, une enveloppe de 10 milliards avait été décaissée par le ministère de la Famille pour solder une grande partie de cette dette. Cependant, au sein des programmes, les nominations ont suscité des controverses. L’attente de la population sur la promesse du nouveau régime de mettre les postes en compétition semble être rangée dans les tiroirs.
La mayonnaise tarde à prendre dans le secteur de la santé. Après trois mois de prise de fonction, le ministre de la Santé et de l’action sociale, Dr Ibrahima Sy se cherche. Ce dernier a pris du temps pour mettre en place son équipe devant l’accompagner durant toute sa gestion. Cependant, dans cette démarche, certaines de ses nominations ont suscité moult tensions. Les syndicats se sont levés pour dire non à la nomination du nouveau chef de la division Sida. Aujourd’hui, ils sont très nombreux à décrier le management du ministre de la Santé et de l’action sociale. Si ce dernier semble privilégier l’approche inclusive en étant proche des populations, certains acteurs pensent que ce rôle ne fait que l’enfoncer. « Le ministre est un manager. Il a des représentants dans chaque département qui doivent l’accompagner dans la mise en œuvre de la politique de santé de l’Etat. Il doit refuser d’être toujours au-devant de la scène pour certains sujets » a déclaré Amadou Sylla, expert en sciences sociales. M. Sylla fait allusion à la sortie du ministre de la Santé lors du retour des pèlerins sur la terre sénégalaise, en rapport à la flambée des cas de Covid. « C’est une situation qui devait être gérée par le Directeur de la prévention ou encore la cellule de communication et non par lui. Tout le monde sait que la Covid est endémique au Sénégal et à chaque retour de la Mecque, il y a une augmentation des cas de grippe. Normal qu’une hausse des cas de Covid soit notée », a-t-il fait savoir. Un autre problème décrié demeure la gouvernance. Selon le syndicaliste Cheikh Seck, le ministère de la Santé ne manque pas de moyens mais plutôt un problème de management qui se pose ainsi que l’utilisation efficiente des ressources. « Depuis que le ministre est là, les négociations sont au ralenti. Les travailleurs des collectivités locales sont toujours en grève. Il y avait des engagements du ministère pris sur le suivi des accords mais rien n’est fait » a-t-il fait savoir.
Au-delà de la rupture vendue à la population sénégalaise par le nouveau régime, la mise en compétition des postes a été rangée aux oubliettes en faveur des nominations. Malgré ces quelques points gris, les établissements hospitaliers ont cependant retrouvé le souffle avec le remboursement d’une grande partie de la dette dans le cadre de couverture universelle sanitaire pour une valeur de 10 milliards de nos francs.