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4 avril 2025
Société
par Boubacar Mohamed Sy
LA FEMME AU CENTRE DE LA STRATÉGIE POUR L’ÉDUCATION DES MASSES
Le tollé qu’a suscité la note de service du Directeur Général du Port Autonome de Dakar aménageant les horaires de travail en faveur des femmes et pour le Ramadan mérite une attention particulière, tant il renseigne sur la complexité de notre société
Amkoullel, l’enfant peulh : « Un enfant peut désobéir à son père mais jamais à sa mère ».
Le tollé qu’a suscité la note de service du Directeur Général du Port Autonome de Dakar aménageant les horaires de travail en faveur des femmes et pour le Ramadan mérite une attention particulière, tant il renseigne sur la complexité de notre société.
Mieux, il renseigne sur une certaine difficulté à mettre sur la besace à idées quelques problématiques de fond dont le traitement permettrait de combattre quelques freins au développement.
Par exemple : en tant qu’écrivain et intellectuel qui se nourrit de controverses scientifiques, je suis (excusez l'emploi du je) déjà très en avance aussi bien dans la réflexion que dans la rédaction d’un essai politique qui traitait de la place de la femme dans notre société.
Le titre choisi, assez complexe, est le suivant : La place de la femme dans la société sénégalaise : entre conformisme ou modernité. (Titre qui pourrait évoluer)
Il reste évident, au demeurant, que traiter le présent sujet serait comme se positionner sur une ligne de crête surtout quand, subséquemment, on veut réfléchir sur ce qui pourrait concourir à une vraie éducation des masses, au Sénégal. Problématique ; à savoir précisément l’absence d’éducation des masses, qui demeure un parmi d’autres des vrais obstacles au développement du Sénégal.
La solution, à cet effet, pourrait être de replacer la femme au centre même de la stratégie pour aboutir à une société ou l’éducation est socle de toute démarche des membres qui la composent.
En vérité, superficiellement, il est difficile pour un pays de se développer avec une grande partie de la population mal éduquée, mal instruite et qui considère l’argent comme la seule valeur à considérer.
Cela justifie l’expansion et la puissance du paraitre outrageusement soigné à « ndoumbelane » et érigé en passe-droit un peu partout.
Venons-en à l’absence d’éducation des masses.
Manifestation de l’absence d’éducation comme frein au développement
L’absence d’éducation dans la société a engendré au Sénégal beaucoup de tares. Lesquelles appréciées aussi bien au niveau des citoyens que des hommes politiques.
En effet, le Sénégal est un pays où chacun peut faire ce qu’il veut. C’est un pays où le respect est mort malgré les discours moralisateurs, à longueur de journée, sur la politesse et sur tout ce qui s’y apparente.
Un pays ou celles et ceux qui essaient de rester sur le droit chemin et qui font preuve de rectitude dans la démarche dérangent. Il est une société où le mensonge est généralisé et banalisé, où la corruption est un recours usité insolemment.
Le mensonge, l’impolitesse, la ruse et la corruption sont-ils devenus les arguments du citoyen qui ne se gêne plus d’en user abondamment dans sa vie courante ?
Le citoyen sénégalais pense que la voie de la réussite passe par l’emprunt des voies de contournement et non par le travail. Ainsi, est-il noté le point de départ de la course, sans règles établies et par toutes sortes de pratiques, vers l’obtention de la richesse.
Ce qu’il y a lieu de comprendre, en réalité, est que tous les problèmes liés au développement comme la mal gouvernance, la gabegie, le népotisme ou l’utilisation à des fins politiques de l’administration découlent ou s’expliquent par une mauvaise éducation.
Il est évident qu’une personne qui a vécu dans des valeurs de partage, de solidarité, de respect du bien d’autrui, du « Ngor, diom et fouleu » aura toujours un comportement exemplaire.
La personne qui reste dans les valeurs constitue une référence absolue et un exemple pour tous. C’est à ce niveau de responsabilité que sont appréciées éducation et instruction. L’éducation est un travail de base sur la personnalité de l’enfant. C’est cela qui subsiste pour dire vrai.
Prenons l’exemple des débats politiques au Sénégal. Le débat politique qui devait être civilisé et didactique n’est qu’étalage, la majeure partie du temps, de médiocrité et d’indiscipline.
Combien de fois, au Sénégal, des militants de partis politiques, du pouvoir comme de l’opposition, se sont montrés en exemple de la pire des manières en ne s’écoutant pas, en s’insultant, au pire, copieusement sur les réseaux sociaux et même ailleurs ? On ne se gêne pas de s’insulter pour exprimer nos désaccords.
Restons toujours sur les réseaux sociaux. Aucune possibilité de débat contradictoire. Des discussions viles et sans réel contenu. Le constat d’une attraction pour les débats sur les personnes, sur la nudité, sur la vie d’autrui, et quelques fois par le fait de quelques presses en ligne, constituant une violation du droit à la vie privée et frisant la majeure partie du temps une atteinte illégale à l’honneur et à la réputation de tiers distingués. Quant aux débats scientifiques, ils sont sanctionnés par leur audience quasi inexistante.
Sur un autre aspect, la vérité « Mbedoum-Bour » est l’expression la plus parlante et la plus évidente d’une conception rétrograde de la société.
Elle témoigne, par ailleurs, d’une absence d’éducation et d’inculture réelles dans notre société. Comment considérer la rue comme un dépotoir d’ordures pour n’importe lequel sénégalais s’il est suivi le sens très précis du “Mbedoum-Bour”.
Un autre exemple des plus illustratifs pour comprendre l’indiscipline au Sénégal reste l’irrespect total du code de la route et l’intolérance sur la route entre chauffeurs. Il suffit d’observer la circulation pour se donner une idée du Sénégal et de ses pathologies impossibles à dissimuler.
Pour terminer sur les manifestations de l’absence d’éducation des masses, chacun peut constater aujourd’hui que l’insulte est banalisée. Le discours racé et policé est de moins en moins constaté contrairement aux années 60 ou il était l’apanage du plus grand nombre.
Quelle décadence !
Quelles sont les causes de cette absence d’éducation des masses ? Les causes de la situation étant multiples. On peut citer, entre autres : la pauvreté, la désertion des parents (mari comme femme) du foyer conjugal pour une quête de vie quotidienne meilleure, la désagrégation de l’enseignement public, la télé et la presse qui font plus du marketing et du busines en offrant plus que du ludisme que du didactique. Le ludisme, en ce sens, est devenu l’opium du peuple.
Jadis, l’éducation et l’instruction des masses étaient un travail communautaire. Elles étaient partagées par différents acteurs à savoir les parents, la famille élargie, les voisins, l’Etat à travers les écoles et pour finir le monde de l’audiovisuel et de la presse.
Il faut revenir, en conséquence, aux fondamentaux à savoir une société normalisée ou chacun jouera traditionnellement son rôle. C’est là où le sujet traité est intéressant puisqu’il insiste sur une mission essentielle dévolue à la femme à savoir l’éducation d’une nation.
Revenons aux causes de la désertion des parents, mari comme femme, du domicile familial. Ce qui traditionnellement fait obstacle à la tâche d’assurer l’éducation des enfants.
Le constat qu’il est possible de faire est que, désormais, homme comme femme se rendent au travail. Cela n’est pas sans conséquence sur la construction de la personnalité de l’enfant dont la responsabilité incombe aux parents.
Plusieurs causes, d’une inégale importance, expliquent la nouvelle situation qui devient une règle. Parmi ces causes, deux des plus significatives restent la dure réalité dans les ménages qui fait que l’homme ne peut plus lui seul, conformément aux préceptes de l’islam et à la vérité culturelle, assurer la dépense quotidienne mais aussi, et dans bien des cas, le mimétisme qui amène la femme africaine à se comporter comme la femme occidentale. Il s’y ajoute le manque d’éducation citoyenne qui fait de l’argent la seule valeur à considérer.
La vérité retient, aussi bien dans les traditions africaines que dans les civilisations islamiques, que jusqu’à un certain âge bien défini, sept ans pour les uns, douze ans pour les autres, l’éducation de l’enfant relève de la femme qui doit lui inculquer les valeurs de base de la famille ainsi que celles de la société.
Pour ce faire, il est vrai, la femme est appuyée par la totalité des membres de la maison y compris les parents proches, les voisins. Quant au père, bien que souvent absent, il n’est jamais exempté de contribuer drastiquement à l’éducation des enfants. La base de l’éducation reposait sur un travail communautaire.
Au terme de l’âge requis, l’enfant est placé entre les mains de l’école qui assurait sa réelle mission. Par ailleurs, au plan historique, en France, la famille appartenait au père qui en détenait la responsabilité.
La raison de la généralisation du travail des femmes en Europe est à chercher dans les effets et conséquences des deux guerres mondiales qui ont décimé l’essentiel de la population jeune qui constituait les soldats.
À la fin de la Seconde Guerre mondiale, les femmes, veuves pour la grande majorité d’entre-elles, se sont vues dans l’obligation de sortir pour travailler, nourrir leurs enfants en bas âge et se nourrir.
Il s’agit d’une situation objective pour répondre à un besoin réel de survie. D’ailleurs, il ne faut pas oublier que le droit de vote accordé aux femmes n’est intervenu que récemment en France.
Dans ce pays, alors que les hommes ont obtenu le droit de vote universel en 1848, il s’est écoulé presque un siècle pour que les femmes obtiennent ce droit. C’est en 1944 qu’elles l’ont eu et n’ont pu, finalement, l’exercer qu’en 1945, juste après la Seconde Guerre mondiale.
La réalité vécue par les femmes africaines est tout autre et fort différente. Elle mérite d’être connue pour faire ressortir la position appréciable et très enviable que l’Islam et les traditions africaines offrent à la femme.
Pour illustration, le proverbe africain ne dit-il pas que « Les pantalons exécutent le jour ce que les foulards ont décidé la nuit » ? Ainsi, la place accordée à la femme, dans ces civilisations, est-elle d’importance.
En vérité, la femme est au centre de tout. Elle est, à la limite et à juste raison, vénérée. Proverbe = Sagesse des nations. Ce que les nations ont sécrété pour en faire vérité.
Aussi, accentuer ce mimétisme alors même que les vécus sont différents, pour affirmer que la femme doit forcément travailler et le faire comme à l’européenne, peut-il se traduire au résultat, par des effets pas si favorables que cela au développement de l’Afrique.
Il est, soit dit en passant, possible d’alerter sur la loi sur la parité qui doit être revue. Elle doit faire l’objet d’une étude sérieuse pour en déterminer les résultats, notamment en termes d’effet et d’impact sur le développement du pays.
Pour terminer avec la France où on a importé presque tout au mépris de nos vérités traditionnelles et sans recours à la tropicalisation, la parité, quoique semblablement obligatoire, reste optionnelle pour les formations politiques.
Au Sénégal, par exemple, même les conseils municipaux ont l’obligation de respecter intégralement la parité. Ce qui sape quelques fois à l’établissement d’un conseil performant.
La question à trouver réponse est de savoir comment les femmes sénégalaises puissent-elles s’épanouir intellectuellement tout en continuant à jouer pleinement leur rôle dans le foyer et notamment celui d’inculquer à l’enfant une éducation de base la plus solide qui passe même plus important que les considérations de préparation de ndogou ?
NB : L’insertion professionnelle des femmes ne répond plus contextuellement à leur seul désir d’épanouissement intellectuel ou à une volonté de contribution significative et incontestable au développement du pays mais une nécessité, pour beaucoup d’entre elles et au même titre que les hommes, de contribuer financièrement dans la maison pour une vie plus aisée. Elle n’est donc et ne sera jamais remise en question.
En définitive, la réponse à la question permettrait de bâtir et de mettre en pratique une politique d'éducation répondant à nos valeurs culturelles et cultuelles.
Boubacar Mohamed Sy est Juriste spécialisé en droit du numérique, des technologies avancées et de la cybersécurité, Conseiller Municipal / Commune de Patte d’oie.
REPRISE DES LIGNES AÉRIENNES MILITAIRES DESSERVANT PLUSIEURS RÉGIONS
Opérationnels tous les mercredis, ces vols assurent un service essentiel pour les militaires, leurs familles et les civils dans un contexte marqué par la fermeture temporaire des aéroports de Ziguinchor et Kolda.
L’État-major général des Armées, en collaboration avec l’Armée de l’air, a annoncé la reprise des lignes aériennes militaires desservant les zones militaires n°2, 4, 5 et 6.
La direction de l’information et des relations publiques des armées précise que les lignes aériennes relient désormais Saint-Louis à Ourossogui, Tambacounda à Kédougou et Cap Skirring à Sédhiou.
Il souligne également que les vols sont programmés tous les mercredis, offrant ainsi une régularité et une fiabilité indispensables pour les populations locales et les forces armées.
Cette reprise intervient dans un contexte où les aéroports de Ziguinchor et Kolda sont temporairement fermés.
Un service vital pour les populations et les militaires
Ces lignes aériennes militaires jouent un rôle crucial dans le désenclavement des zones isolées.
Elles permettent non seulement le transport de personnel militaire, de leurs familles , mais aussi des civils.
La DIRPA informe par ailleurs que les candidats souhaitant bénéficier de ces vols peuvent s’inscrire auprès des bureaux de garnison des zones militaires concernées dans la limite des places disponibles.
PRÈS DE 300 SÉNÉGALAIS DÉTENUS AU MAROC
Parmi eux, 38 ont demandé à être transférés au Sénégal pour purger le reste de leur peine, en vertu d’une convention signée en 2004 entre les deux pays. Les autorités sénégalaises et marocaines étudient ces demandes.
Dakar, 10 mars (APS) – Presque 300 Sénégalais sont emprisonnés au Maroc pour diverses violations des lois de ce pays d’Afrique du Nord, dont l’immigration clandestine, le trafic de drogue et l’association de malfaiteurs, 38 d’entre eux ayant demandé à être transférés dans leur pays pour y purger le restant de leur peine, a-t-on appris, lundi, du BIG-GOUV, le bureau chargé de l’information et de la communication du gouvernement du Sénégal.
‘’Les détenus sénégalais répertoriés au Maroc sont au nombre de 299’’, précise-t-il.
Les consulats du Sénégal à Casablanca et Dakhla sont chargés du suivi des dossiers judiciaires de ces ressortissants sénégalais, soit 160 pour le consulat cité en premier lieu et 139 pour le second, selon un document du BIC-GOUV.
L’immigration clandestine, le trafic de drogue, l’escroquerie, la falsification de la monnaie, l’association de malfaiteurs et la participation à des crimes sont les faits pour lesquels ils sont poursuivis en justice, selon la même source.
Elle affirme que 38 détenus sénégalais souhaitent être transférés au Sénégal pour y purger le restant de leur peine, conformément à une convention signée en 2004 par les gouvernements marocain et sénégalais en matière d’assistance des personnes placées en détention et de transfèrement des personnes condamnées.
Les détenus souhaitant un transfèrement au Sénégal sont emprisonnés dans différentes villes du Maroc, dont Bouizakarne, Es-Smara, Kénitra, Khouribga, Laâyoune, Nador et Safi Central.
‘’Parmi eux, 10 purgent des peines allant de trois à vingt-cinq ans’’, précise le document reçu du BIC-GOUV.
En 2024, ajoute-t-il, 1 115 des 3 004 Sénégalais rapatriés de plusieurs pays provenaient du Maroc, soit 37,16 % des retours enregistrés.
En 2025, cette tendance s’est accentuée, 180 Sénégalais ayant déjà été ramenés du Maroc, sur un total de 184, soit 97,8 % des retours survenus depuis le début de l’année, indique le BIC-GOUV.
Il ajoute que les autorités sénégalaises et celles du Maroc veulent examiner les demandes de transfèrement des détenus.
‘’Ces chiffres soulignent l’importance de la convention de 2004 entre le Sénégal et le Maroc sur l’assistance aux détenus et le transfèrement des personnes condamnées, qui vise à faciliter la réinsertion sociale des Sénégalais en conflit avec la loi à l’étranger’’, explique le bureau chargé de l’information et de la communication du gouvernement.
Le 22 janvier 2025, le Conseil des ministres du Sénégal a examiné un projet de décret autorisant le président de la République à ratifier cette convention.
Ce texte a ensuite été adopté, le 3 mars dernier, par la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale.
Il sera examiné par les députés réunis en séance plénière, mardi 11 mars.
THIERNO LO DÉMENT L’ACQUISITION D’ARMES PAR LES EAUX ET FORÊTS POUR 45 MILLIARDS
L’ancien ministre de l’Environnement a rappelé que seul l’armée gère ces équipements. Selon lui, les besoins réels en armement du corps étaient estimés à trois milliards de francs CFA, loin du montant avancé.
Thierno LO, ancien ministre de l’Environnement et ancien ministre du Tourisme sous le régime d’Abdoulaye Wade, était l’invité de Challenge New Media (CNM). Lors de son intervention, il a apporté des précisions sur le rôle des Eaux et Forêts en matière d’armement et a fermement contesté les allégations concernant une supposée acquisition d’armes pour un montant de 45 milliards de francs CFA. Selon lui, le corps des Eaux et Forêts n’a aucune autorité pour commander des armes. Il s’agit d’un corps paramilitaire dont l’armement est strictement réglementé.
Les armes utilisées par ce corps sont mises à disposition par des officiers et sous-officiers détachés de l’armée et affectés à la direction des Eaux et Forêts. Ces armes sont fournies par l’armée au Ministère de l’Environnement, chaque pièce étant numérotée et chaque balle soigneusement comptabilisée. Les officiers et sous-officiers en charge veillent à leur contrôle rigoureux et rédigent des rapports adressés à l’armée. L’ancien ministre a rappelé que les besoins en armement du corps des Eaux et Forêts étaient estimés à trois milliards de francs CFA, un montant bien inférieur aux 45 milliards avancés dans cette affaire. « Je sais de quoi je parle. J’étais là-bas et mes anciens collaborateurs servent toujours au Ministère de l’Environnement », a-t-il affirmé.
Thierno LO a insisté sur le fait que le Ministère de l’Environnement n’a pas vocation à commander des armes. « L’armement au Sénégal est exclusivement géré par l’armée. L’armée n’a rien à voir avec cette histoire de 45 milliards destinés à l’armement des agents des Eaux et Forêts », a-t-il déclaré avec fermeté. Au cours de son magistère, l’ancien ministre affirme n’avoir jamais procédé à l’achat d’armes. Ses acquisitions se limitaient à l’achat de camions destinés à la lutte contre les feux de brousse, lesquels sont toujours en service.
Il a toutefois déploré certaines irrégularités, notamment l’achat de véhicules qui, loin d’être neufs, étaient en réalité d’anciens modèles simplement repeints. Ces véhicules, désormais hors d’usage, sont aujourd’hui entreposés dans les différentes directions du Ministère de l’Environnement.
PLUS DE 97 KG DE CHANVRE INDIEN SAISIS
La Direction générale de la police nationale a annoncé l’arrestation de cinq individus lors d’une opération menée par l’OCRTIS entre Dakar et Ziguinchor au cours du week-end.
La Direction générale de la police nationale (DGPN) a annoncé, dimanche, la saisie de plus de 97 kilogrammes de chanvre indien et l’arrestation de cinq individus lors d’une opération menée entre Dakar et Ziguinchor au cours du week-end.
Selon la DGPN, cette intervention a été réalisée par les agents de la division opérationnelle de l’Office central de répression du trafic illicite des stupéfiants (OCRTIS). « Les agents ont mené une opération majeure ce week-end, qui a permis de saisir 97,5 kg de chanvre indien et d’appréhender cinq individus », précise un message publié sur le réseau social X.
Cette saisie s’inscrit dans le cadre de la lutte contre le trafic de drogue et les réseaux criminels opérant sur le territoire national. Les suspects arrêtés ont été placés en garde à vue et seront déférés devant les autorités judiciaires compétentes.
Les forces de sécurité réaffirment leur engagement à lutter contre le trafic de stupéfiants, un fléau qui menace la jeunesse et la stabilité sociale du pays.
DJIBELOR DANS L'EXTASE
Fondé avant l’indépendance du Sénégal, l’ancien Village de reclassement social de Djibélor (VRS) qui, jadis, accueillait les patients atteints de la lèpre, constitue de nos jours une seule et unique famille de plus de 400 personnes.
Fondé avant l’indépendance du Sénégal, l’ancien Village de reclassement social de Djibélor (VRS) qui, jadis, accueillait les patients atteints de la lèpre, constitue de nos jours une seule et unique famille de plus de 400 personnes. Ce patelin qui retrouve aujourd’hui la joie de vivre est longtemps resté séparer des autres contrées de la commune de Niaguis et de Ziguinchor.
Djibélor ! Quand on évoque ce nom, les pensées vont directement au village de reclassement social. Une localité très connue de tous pour la spécificité de ces habitants. Il fut un moment, souffle-t-on, certains avaient même peur de prononcer ce nom.
De loin, le village de reclassement social de Djibélor créé vers les années 1950 donne l’impression d’une petite cité qui refuse de grandir. Mais, sur place, on se rend compte de l’immensité du site. Bâti sur un titre foncier (obtenu le 1er août 1950) d’une superficie de trois hectares et ceinturé par de géants manguiers, ce village qui accueillait les malades touchés par la lèpre s’agrandit chaque année.
A peine entrés dans cette localité jouxtant la route nationale qui mène à Cap Skirring, nous faisons face à la petite chapelle (église) qui se dresse juste à côté de l’école publique élémentaire de Djibélor. Pour pénétrer dans ce village où règne un calme en cette soirée du lundi, nous avons affronté une petite ‘’descente’’ latéritique distante de moins d’un kilomètre. Elle sépare la RN des habitations.
Sur place, on découvre un village en plein essor. Et des occupants guéris de leur maladie qui retrouvent la joie de vivre. Les efforts consentis par les services de l’État, notamment le service régional de l’Action sociale de Ziguinchor sautent à l’œil. Outre toutes ces infrastructures à leur bénéficie, les habitants tiennent à verger horticole où ils développent le maraîchage.
Ici, les occupants n’ont rien à envier aux autres villageois. Ils ont de l’eau potable, de l’électricité et leurs enfants vont à l’école dans les mêmes conditions que les autres. Le seul hic, selon l’adjoint au chef du village de reclassement social de Djibélor, Mamadou Coly, c’est le fait qu’ils ne disposent pas de poste de santé et de maternité. Pour se soigner révèle-t-il, ils sont obligés de parcourir une distance de 5 à 7 km pour se rendre au dispensaire de Brin ou à Ziguinchor.
Aussi, s’est-il réjoui, ‘’le village de reclassement social de Djibélor qui a tant souffert de son enclavement et isolement, a aujourd’hui retrouvé le même statut qui régit le fonctionnement des autres villages du Sénégal’’.
‘’Djibélor d’aujourd’hui et Djibélor d’hier, c’est totalement différent. Hier il n’y avait que des malades. Le village a évolué’’, a salué Mamadou Coly.
‘’Nous avons vécu une situation très compliquée. Les gens nous fuyaient. Nous étions très mal traités par nos propres concitoyens. C’était trop difficile. Les gens avaient peur de nous ; parce qu’ils ne savaient pas que la lèpre était une maladie non transmissible. Nous avions été isolés du reste des populations. Dieu merci les choses ont évolué’’, a-t-il ajouté.
L’étroitesse des maisons décriée
‘’Nous n’avons pas assez d’espace où habiter. Nous sommes-là serrés comme des sardines. Nos maisons sont étroites’’, fait observer Mamadou Coly.
‘’Dans ce village nous avons un problème de foncier. Aujourd’hui la population a des problèmes pour avoir un logement adéquat. Le village s’est peuplé mais n’avons pas assez de terres’’, indique le président de la jeunesse du village de reclassement social de Djibélor, Ibrahima Diédhiou qui a aussi plaidé pour un approvisionnement correct en eau, l’électrification de route nationale menant vers Cap-Skirring et la construction d’un dispensaire.
‘’Nous demandons plus d’aide venant de l’Etat. Ici, l’évacuation des malades pose problème, faute d’ambulance. Nous invitons l’Etat à davantage appuyer moralement et financièrement les lépreux afin de leur permettre de subvenir à leurs besoins quotidiens’’, a insisté M. Diédhiou.
‘’Je suis originaire de Suelle et je vis présentement à Djibélor. Au départ, quand nous étions entre nous malades, c’était très difficile. Aujourd’hui notre condition d’existence s’est améliorée. Néanmoins, nous avons besoin de soutien, nous ne mangeons pas à notre faim, l’accès est difficile, nos maisons sont exiguës, car nous y vivons cloîtrés. On aurait souhaité avoir plus d’espace pour construire de nous nouveaux habitats pour y être à l’aise avec nos enfants’’, confie Aïssatou Badiane, ancienne malade.
‘’Certains de nos enfants ont déjà fait une formation professionnelle et jusqu’à présent ne travaillent pas. Nous n’avons pas le soutien de l’état, qui doit notamment nous accompagner’’, a-t-elle regretté.
La décision de supprimer les villages de reclassement social saluée
Dans cet ancien village de reclassement social, la volonté de l’ex-gouvernement d’en finir avec les VRS , selon l’adjoint au chef de village de Djibélor, Mamadou Coly, a complétement changé le cours de leur vie et celle de leurs enfants et petits-enfants. Pour lui, ‘’il n’y a plus de malades dans leur village’’.
‘’Nos enfants sont nés ici. Ils ne connaissent que ce village. Si on nous demandait de partir un jour, j’en suis persuadé que personne ne quittera ce village. Certes, la maladie nous a laissé des séquelles. Mais je puis vous assurer que nous sommes tous guéris. Nos enfants et petits-enfants sont en bonne santé’’, a dit l’adjoint à l’ancien chef du village Moussa Faye, décédé le mois de janvier dernier.
Pour Lamine Goudiaby, un habitant du village, ‘’Djibélor n’est plus comme avant où on fuyait les malades’’. ‘’Au début, les malades étaient majoritaires dans ce village. Maintenant on peut les compter. De 1976 à aujourd’hui, la population a fortement augmenté. Nous avons un problème d’espace’’, a fait observer M. Goudiaby.
Il a ainsi invité le régime actuel à davantage accompagner les enfants des malades de Djibélor en leur octroyant des bourses sociales pour des formations ou études. Pour lui, ‘’après avoir supprimé les villages de reclassement social, il faut un accompagnement des anciens malades’’.
Des projets et programmes pour les deux VRS de Ziguinchor
À l’instar des veuves, enfants et personnes âgées, les familles des villages de reclassement social de Teubi (Niamone) et Djibélor (Niaguis) bénéficient des projets et programmes de l’Etat que met en œuvre à travers la Direction régionale de l’action sociale (DRAS) le Programme pour l’Autonomisation des Personnes atteintes de Lèpre et Familles (PAPALF).
Et grâce à ce programme tout un dispositif est actif pour la prise en charge global des populations qui aussi sont des handicapées à cause de la lèpre, a expliqué le directeur régional de l’action sociale de Ziguinchor, Seydou Nourou Thiam. Ces anciens malades a-t-il dit, ‘’ont également bénéficié de la carte d’Égalité des Chances (CEC), qui leur donne droit à la bourse de sécurité familiale’’.
‘’Ces villages ont pour aussi bénéficié de kits scolaires pour les enfants (jardin jusqu’au lycée), de la formation des jeunes, d’un bloc maraicher sans oublier la construction de maisons’’, a fait valoir le directeur régional de l’action sociale.
Mamadou Coly, adjoint au chef de village, attaché à Djibélor
Il est des gens qui quittent leur village d’origine pour diverses raisons et qui ne veulent plus y retourner. C’est le cas du vieux Mamadou Coly, l’un des tous premiers occupants du village de reclassement social de Djibélor. Il souhaite mourir sur ces terres et y être inhumé.
Quand il quittait Suelle, son village natal situé dans l’arrondissement de Sindian pour rejoindre le VRS de Djibélor, il ne savait pas qu’il allait être guéri de la lèpre et fondé sa propre famille. Mais, par la grâce de Dieu, tout s’est concrétisé. Étant malade, il a dû se battre. Bien qu’il soit affaibli par la maladie, Mamadou Coly veut toujours rester lui-même.
Il entend se battre jusqu’à son dernier souffle pour protéger les intérêts du village qui l’a vu grandir. Il a vécu un épisode douloureux dans sa vie à cause de cette maladie qui a déformé les membres de son corps. Né le 31 décembre 1934, Mamadou Coly se souvient encore du jour où il quitta sa famille pour un endroit qu’il ne connaissait pas. La séparation avec ses proches est toujours une onde de choc.
”C’était trop compliqué, relate-t-il. Je me rappelle que, quand je quittais mon village, mon papa me disait que j’allais mourir de faim à Djibélor parce qu’il ne devrait y avoir personne pour s’occuper de moi. Il ne voulait pas que je sois interné à Djibélor. J’étais encore jeune. Moi, je n’avais peur de rien. Parce que je savais que j’allais y trouver d’autres patients’’, raconte-t-il.
‘’A l’époque, cette maladie était très méconnue des populations. Certains disaient même qu’elle était contagieuse. J’avais alors, cette envie de protéger les autres. Voilà pourquoi j’avais décidé de partir. Aujourd’hui, je ne regrette rien du tout’’, lance avec assurance, Mamadou Coly.
Serait-il prêt un jour à rentrer dans son village ? Le vieux Coly répond par la négative. Pour lui, c’est Djibélor qui l’a couvé et, c’est ici où il veut être inhumé. Son souhait le plus ardent, c’est d’être aux côtés de ceux-là avec qui, il a eu à partager les pages les plus sombres de sa vie.
‘’Quelqu’un, ajoute-t-il, a une fois essayé de me faire retourner au village. En contrepartie, il a proposé de m’installer une boutique. Mais, j’ai dit non. Je préfère rester ici. Les gens nous ont stigmatisés, rejetés et traités de tous les noms. Je me rappelle que, quand les mangues tombaient les gens de Ziguinchor refusaient de les consommer par peur d’être contaminés. Tout ça, c’est fini maintenant. Et je ne souhaite pas quitter cet endroit même si on me proposait des millions de francs CFA’’, souligne celui qui fait partie de la première vague de patients à être internés au VRS de Djibélor.
La stigmatisation, le vieux Mamadou Coly en a vu de toutes les couleurs. Un jour, renseigne-t-il, ”quelqu’un m’a fait savoir que si je mourais il n’y aurait personne pour s’occuper de ma dépouille parce que j’étais malade de la lèpre”.
Agé aujourd’hui de 90 ans, Mamadou Coly se bat aux côtés des siens pour l’extension de leur village. Un projet qui leur est si cher et freiné par un grand trou situé à l’extrême nord du village. Aujourd’hui, le vieil homme et tous les villageois veulent que ce site soit remblayé au grand bonheur des habitants et gage d’un développement endogène.
VIDEO
UNE VIE DEDIÉE À L’ÉGLISE ET UN PARCOURS INSPIRANT
Invité de l’émission Entretien Avec… sur la RTS, Monseigneur Benjamin Ndiaye est revenu à cœur ouvert sur sa prochaine retraite, son parcours pour devenir prêtre, la nomination de son successeur, Monseigneur André Gueye, et son enfance.
Invité de l’émission Entretien Avec… sur la RTS, Monseigneur Benjamin Ndiaye est revenu à cœur ouvert sur sa prochaine retraite, son parcours pour devenir prêtre, la nomination de son successeur, Monseigneur André Gueye, et son enfance.
Depuis deux ans, ayant atteint la limite d’âge prévue par la loi canonique, il a demandé au Pape François d’être déchargé de ses fonctions. Il explique que les dispositions de l’Église prévoient qu’à l’âge de 75 ans, les évêques soient libérés de leur charge, qui peut s’avérer lourde. Selon lui, cet âge respectable permet de prendre un temps de répit avant de rejoindre le Seigneur. Il estime même qu’à 70 ans, dans le contexte africain, cette mesure pourrait être appliquée, tant la mission est exigeante. Pour lui, au terme d’un service rendu, il est important de pouvoir prendre du repos.
La nomination de Monseigneur André Gueye comme son successeur a été une attente de plusieurs mois, depuis qu’il a présenté sa démission en octobre 2023. Il se réjouit de l’issue de cette décision et du choix porté sur Monseigneur André Gueye, ancien évêque de Thiès, qui dispose d’une solide expérience pastorale. Il est convaincu que son successeur saura mettre son intelligence, sa force et sa dimension apostolique au service de l’archidiocèse de Dakar, qui, bien que modeste en superficie, est l’un des plus importants du pays par sa population et sa position. « Je veux lui assurer de ma communion dans la prière pour un apostolat fécond. Il possède un excellent bagage qui plaide en faveur du choix qui a été fait », confie Monseigneur Ndiaye.
Abordant les attentes vis-à-vis des pasteurs, il rappelle que les populations, toutes confessions confondues, ont une grande estime pour leurs prêtres et leurs évêques. En retour, ces derniers doivent se donner entièrement au service des fidèles. La région de Dakar, en particulier, présente de nombreuses demandes, notamment dans les banlieues, où une étude sociologique réalisée avec un professeur de l’Université de Dakar a mis en lumière des besoins apostoliques urgents. Il insiste sur la nécessité d’être proche des populations, de prier avec elles et de les accompagner dans les services sociaux tels que l’éducation, la santé et la promotion humaine.
Concernant sa retraite, Monseigneur Ndiaye l’envisage comme un temps de recueillement, de lecture et d’écriture. Passionné par l’histoire, il prévoit d’approfondir ses recherches sur Léo-Paul Diouf, un prêtre sénégalais du siècle dernier originaire de Gorée, dont le parcours l’interpelle. Motivé par l’annonce de l’Évangile et soucieux des problèmes de son époque, ce prêtre a traversé des moments difficiles qui méritent, selon Monseigneur Ndiaye, d’être étudiés de plus près.
Interrogé sur son non-élévation au cardinalat, il exprime sa sérénité et son absence de regrets. Il rappelle que c’est Dieu qui fait son œuvre à travers la médiation du Pape, qui choisit ses cardinaux en fonction de leur capacité à l’aider dans la gouvernance de l’Église. Il affirme comprendre que son profil ne correspondait peut-être pas à ce choix et accepte avec humilité la vocation qui a été la sienne : « L’appel que Dieu m’a donné, je crois l’avoir accompli en devenant archevêque de Dakar, ce que je n’avais jamais imaginé. Je lui rends grâce pour ce que j’ai pu faire. »
Revenant sur son enfance, il raconte avoir grandi à Fadiouth, une île au sein d’une famille chrétienne très pratiquante. Dès son plus jeune âge, il était attiré par la foi et aimait reproduire à la maison les gestes du curé pendant la messe. Il entra au petit séminaire à 11 ans, poursuivit sa formation à Ngazobil jusqu’à l’obtention de son BEPC en 1967, puis au collège des Maristes à Dakar, où il obtint son baccalauréat en 1970.
Cependant, son engagement spirituel connut des remises en question, notamment en 1968, marqué par les bouleversements de Mai 68. Contestataire, il passa trois jours en prison après avoir été interpellé à Thiès pour violation du couvre-feu. Cette période fut pour lui une phase de doutes sur sa vocation. Il envisagea même de faire des études universitaires avant d’intégrer pleinement le séminaire.
Monseigneur Thiandoum, alors archevêque de Dakar, lui rappela fermement que son chemin devait le mener directement à Sébikhotane s’il voulait poursuivre sa vocation sacerdotale. Lors d’une visite à Sébikhotane, il envisagea d’abandonner son engagement. Mais une rencontre marquante avec un homme nommé Amadou Sarr changea sa décision. Ce dernier, voyant son trouble, lui dit simplement : « Si Dieu vous appelle, vous devez répondre oui. » C’est ainsi qu’il retourna à Dakar et reprit sa formation en octobre suivant.
Avec humilité et reconnaissance, Monseigneur Benjamin Ndiaye s’apprête à clore son service actif au sein de l’Église, laissant derrière lui un parcours inspirant et un engagement indéfectible au service de la foi et des fidèles.
CHEIKH TIDIANE DIEYE ANNONCE LE DÉMARRAGE BARRAGE DE SAMBANGALOU
Le chantier du barrage de Sambangalou, une composante clé du projet énergétique de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Gambie (OMVG), connaît une avancée significative.
Le chantier du barrage de Sambangalou, une composante clé du projet énergétique de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Gambie (OMVG), connaît une avancée significative. En visite sur le site ce week-end, le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Cheikh Tidiane Dièye, a assuré que les travaux allaient bientôt démarrer de manière effective, sous un « dispositif de suivi très serré » afin d’atteindre les objectifs fixés.
« Il y aura rapidement un démarrage de ce chantier important, et les experts nous ont déjà donné un certain nombre de repères et de dates. On peut considérer que le démarrage est déjà effectif et cette visite est une sorte de déclencheur », a déclaré Cheikh Tidiane Dièye.
Le ministre effectuait cette visite en compagnie de ses homologues de Guinée-Bissau, Malam Sambou (Ressources naturelles), et de Guinée, Aboubacar Camara (Énergie, Hydraulique et Hydrocarbures). Le ministre gambien de l’Environnement et des Ressources naturelles, Rocky John Manjang, était également présent, aux côtés du haut-commissaire de l’OMVG, Demba Diallo, et de la gouverneure de la région de Kédougou, Mariama Traoré.
Lors de cette visite, les échanges entre les experts et les entreprises en charge du projet ont permis d’aboutir à de nouvelles décisions visant à améliorer la mise en œuvre des travaux.
« Les experts ont bien travaillé avec les entreprises. Des décisions ont été prises en termes d’engagement et de rediscussions parce qu’on s’est beaucoup entendu sur la façon de changer certaines choses pour aller de l’avant et faire mieux », a précisé Cheikh Tidiane Dièye.
Le ministre a insisté sur le respect des engagements pris, notamment en matière de gestion des aspects économiques et financiers.
Le chantier du barrage de Sambangalou représente une opportunité d’emploi pour de nombreux jeunes de la région de Kédougou, et le ministre a tenu à les rassurer sur leur réintégration dans le projet.
« Le responsable de l’entreprise vient de nous montrer tout le matériel déjà sur place, et à très brève échéance, la remobilisation du personnel se fera. Beaucoup de jeunes de Kédougou vont sans doute reprendre leur travail », a affirmé Cheikh Tidiane Dièye.
Avec cette relance, le projet de Sambangalou franchit une étape décisive pour l’amélioration de l’accès à l’énergie et au développement des infrastructures hydrauliques dans la sous-région.
PLUS DE 2 MILLIARDS DE FRANCS CFA EN BILLETS NOIRS SAISIS PAR LES DOUANES SÉNÉGALAISES
Dans le cadre de la lutte contre le faux monnayage, les Douanes sénégalaises ont mené des opérations conjointes qui ont abouti à la saisie de billets noirs d’une contrevaleur de plus de 2 milliards 284 millions de francs CFA
Dans le cadre de la lutte contre le faux monnayage, les Douanes sénégalaises ont mené des opérations conjointes qui ont abouti à la saisie de billets noirs d’une contrevaleur de plus de 2 milliards 284 millions de francs CFA. Ces interventions ont été réalisées par les subdivisions des Douanes de Dakar-Extérieur et de Louga, avec l’appui de la Direction régionale des Douanes Ouest et Nord.
Les opérations ont été déclenchées le 28 février 2025, à la suite d’un renseignement signalant des activités suspectes de fabrication et de lavage de billets noirs dans la zone périurbaine de Dakar.
C’est ainsi que la Brigade mobile n° 2, relevant de la subdivision des Douanes de Dakar-Extérieur, est passée à l’action en suivant de près les membres du réseau ciblé. Le même jour, un premier individu a été appréhendé à Mbao en possession de 4 300 billets noirs, représentant une contrevaleur de plus de 282 millions de francs CFA.
L’enquête s’est poursuivie et, le 2 mars, deux autres individus ont été arrêtés à Gandigal avec des billets noirs d’une valeur estimée à plus de 1 milliard 967 millions de francs CFA.
Dans la même dynamique, une intervention de la Brigade mobile des Douanes de Louga a permis d’intercepter un dernier suspect dans une maison située à Louga. Ce dernier détenait 549 coupures de billets de cent dollars, déjà lavés, d’une contrevaleur de plus de 34 millions de francs CFA.
Les quatre individus interpellés ont été remis au Parquet financier pour les besoins de l’enquête, qui se poursuit afin d’identifier d’éventuelles complicités et ramifications du réseau.
L’Administration des Douanes a réaffirmé sa volonté de lutter activement contre la criminalité économique et financière, en particulier le faux monnayage, qui constitue une menace pour la stabilité financière et économique du pays.
Par Fatou Warkha SAMBE
L’ILLUSION D’UN PRIVILÈGE
Ces aménagements d’horaires ne sont pas des faveurs, mais des confirmations institutionnalisées du rôle que la société assigne aux femmes. Elles rappellent que peu importe leur fonction ou leurs ambitions, le foyer doit toujours primer sur leur travail
Au début de chaque Ramadan, nos pratiques basées sur nos réalités socioculturelles mettent en lumière les dynamiques de genre profondément ancrées dans notre société. Si cette période est un moment de recueillement, de partage et de solidarité, elle révèle aussi une répartition inégale des responsabilités domestiques, qui ne cesse d’être renforcée par des décisions institutionnelles. Derrière les discours de bienveillance qui justifient certaines mesures, la réalité est bien plus pernicieuse : ces aménagements d’horaires ne sont pas des faveurs, mais des confirmations institutionnalisées du rôle que la société assigne aux femmes. Elles rappellent, avec insistance, que peu importe leur fonction, leur statut ou leurs ambitions, le foyer doit toujours primer sur leur travail.
Le choix de réorganiser les horaires de travail dans certaines entreprises, publiques comme privées, telles que le Port autonome de Dakar et La Poste, pour ne citer que ceux-là, autorisant les femmes à quitter le travail plus tôt que les hommes pour préparer le «ndogou», illustrent à quel point ces inégalités sont institutionnalisées.
Peu importe depuis quand ces mesures sont reconduites ou si elles ont été formulées à la demande des femmes, elles ne font que réaffirmer une perception genrée du rôle des femmes dans la société : celle du foyer, de la cuisine et du travail invisible.
Ces mesures posent problème car elles supposent que la charge domestique revient naturellement aux femmes, comme si leur travail professionnel devait toujours s’adapter à cette responsabilité. En libérant uniquement les femmes, ces institutions valident une répartition inégale des tâches et renforcent l’idée que leur rôle premier est de nourrir et de servir. Peu importe leur grade ou leurs responsabilités : aux yeux de ces décisions, préparer le «ndogou» est plus essentiel que tout autre travail.
Certaines personnes disent que ces décisions ne sont que la réponse à une demande des femmes elles-mêmes. Mais cette demande n’est elle pas le reflet d’un problème plus profond ? Si les femmes demandent à partir plus tôt, c’est parce qu’elles sont enfermées dans un schéma où la gestion du foyer repose exclusivement sur elles. Ce n’est pas un choix, mais une contrainte sociale normalisée. Elles savent que si elles ne préparent pas le «ndogou», personne d’autre ne le fera à leur place. Cette demande ne témoigne donc pas d’un besoin d’aménagement, mais d’une répartition inégalitaire du travail domestique qui reste un fardeau invisible.
Celles qui rient aujourd’hui, pensant profiter d’un «privilège», oublient que chaque concession faite au nom du «rôle naturel de la femme» renforce une assignation à des tâches qu’elles n’ont jamais choisies. Elles confondent soumission et confort, acceptant que leur disponibilité pour le foyer soit un critère de respectabilité sociale. Ce sont ces mêmes normes qui, demain, leur reprocheront d’avoir sacrifié leur carrière, qui les rendront coupables de ne pas «assez» se consacrer à leur famille, ou qui feront d’elles des employées moins considérées parce qu’on leur suppose des «obligations domestiques prioritaires».
Le problème n’est pas de descendre plus tôt, mais ce que cela signifie : un système qui ne laisse pas d’autres choix aux femmes que d’endosser des responsabilités que les hommes, eux, peuvent se permettre d’ignorer. Ces mesures contribuent à renforcer une inégalité professionnelle structurelle. A long terme, elles alimentent la perception selon laquelle les femmes sont moins disponibles pour des postes à responsabilités, ce qui justifie leur exclusion progressive des espaces de décision. Cette discrimination indirecte s’ajoute aux nombreux obstacles qui freinent déjà leur progression dans le monde du travail, notamment les écarts salariaux, les préjugés sur leur capacité à gérer des charges élevées et la surcharge des tâches domestiques.
Plutôt que d’interroger les déséquilibres dans la gestion des tâches au sein des foyers, ces institutions préfèrent renforcer la norme patriarcale selon laquelle les femmes doivent jongler entre emploi et responsabilités domestiques, pendant que les hommes restent entièrement déchargés de ces obligations.
Cette normalisation ne remet jamais en question l’absence des hommes dans ces responsabilités. Pourquoi ces mesures ne concernentelles pas aussi les hommes ? Pourquoi ne pas envisager une flexibilité qui permette à tous les travailleurs, sans distinction de sexe, de s’organiser en fonction de leurs responsabilités familiales ? En limitant cette mesure aux femmes, ces institutions entérinent l’idée que les hommes ne sont pas concernés par le travail domestique et que le seul rôle des femmes, audelà de leur fonction professionnelle, est d’assurer le bien-être du foyer. Pire encore, en institutionnalisant cette norme sexiste, elles rendent toute remise en question de la répartition des tâches encore plus difficile.
Comparer cette mesure au congé de maternité est une tentative absurde de détourner le débat. Le congé de maternité est une mesure de protection médicale et physiologique nécessaire après un accouchement, qui vise à assurer la santé de la mère et du nouveau-né. Il ne repose pas sur un rôle socialement imposé, mais sur un besoin biologique indiscutable. A l’inverse, descendre plus tôt pour cuisiner ne répond à aucun impératif biologique, mais découle d’une norme sociale imposée par le patriarcat, qui assigne les femmes au travail domestique et au soin des autres.
Assimiler ces deux réalités revient à confondre une nécessité médicale avec une injonction sexiste. Le congé de maternité n’est pas un privilège, mais une protection. En revanche, libérer les femmes plus tôt pour préparer le «ndogou» revient à officialiser leur rôle de cheffes de la cuisine, perpétuant ainsi une inégalité structurelle. De plus, cette comparaison masque un problème fondamental : si le congé de maternité existe pour protéger les femmes, où sont les mesures équivalentes pour alléger la charge domestique qu’elles portent en permanence, y compris au travail ?
Dans un pays où l’égalité des sexes est un principe constitutionnel, ces mesures sont une contradiction flagrante. L’article 1er de la Constitution sénégalaise affirme que «la République du Sénégal garantit l’égalité devant la loi de tous les citoyens, sans distinction d’origine, de race, de sexe ou de religion». De plus, l’article 25-1 précisait que «les hommes et les femmes ont les mêmes droits en matière d’emploi et de travail». Dès lors, toute mesure qui assigne un rôle spécifique aux femmes dans la sphère domestique, en les différenciant des hommes dans l’organisation du travail, constitue une violation directe de ces principes fondamentaux. Le milieu du travail doit être neutre, équitable et inclusif, et non renforcer les stéréotypes en dictant des pratiques basées sur des rôles genrés archaïques. En instaurant des horaires de travail différenciés selon le sexe, ces décisions institutionnalisaient une inégalité structurelle qui allait à l’encontre des engagements du Sénégal en matière de droits humains et d’égalité des sexes.
Ces décisions ne passaient pas seulement inaperçues aux yeux de certains, elles étaient même défendues par ceux et celles qui voyaient dans ces mesures une faveur à apprécier plutôt qu’une inégalité à dénoncer. Pourtant, revendiquer une égalité réelle ne signifie pas vouloir effacer les spécificités individuelles ou les besoins réels des travailleurs et travailleuses, mais bien remettre en question les injustices systémiques qui perpétuent l’oppression des femmes. Les féministes ne demandaient pas que le Ramadan soit plus difficile pour elles, mais que les responsabilités du foyer soient équitablement partagées.