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3 avril 2025
Éducation
par Amy Niang
AMADOU-MAHTAR M’BOW, HUMANISTE
À une époque où l’Afrique semble avoir perdu son initiative souveraine et sa vision géopolitique, où tous les acteurs majeurs, à l’exception de l’Afrique elle-même, semblent avoir un projet pour le continent, que sa mémoire nous guide
Amadou-Mahtar M’Bow est décédé à l’âge de 103 ans, laissant derrière lui un héritage défini par son désir d’un monde juste et équitable. On se souviendra de lui pour son engagement en faveur du savoir et du multilatéralisme et pour la diplomatie, à la fois condition de liberté et instrument nécessaire pour un avenir meilleur. D’abord ministre de l’Éducation du Sénégal, puis directeur général de l’Unesco, M’Bow a défendu des causes et créé des programmes pour le XXe siècle. Parmi ces causes figurent la nécessité de créer des liens humains par l’accès aux moyens d’information et aux technologies connexes, la corrélation entre l’universel et le patrimoine humain collectif, ainsi que la restitution à l’Afrique de son histoire et sa reconnaissance comme composante essentielle de la trajectoire humaine. Au-delà de tout cela, M’Bow avait un attachement indéfectible à une éthique humaniste de sollicitude, d’engagement, d’inclusion et de respect de l’autre.
Aujourd’hui, le terme « leadership visionnaire » est galvaudé. Pourtant, peu de personnalités du XXe siècle l’incarnent aussi pleinement qu’A.-M. M’Bow. Sa vie a suivi une trajectoire extraordinaire, portée par la prise de conscience précoce qu’il faisait partie de quelque chose de bien plus grand que lui-même. Il a grandi à une époque où l’idéalisme n’était pas cet objet de mépris qu’il est aujourd’hui.
Le monde sortait alors de deux guerres mondiales successives, déclenchées par ceux qui prétendaient détenir les clefs du salut de l’humanité. Dans le même temps, ces prétendus sauveurs asservissaient d’immenses populations coloniales, tout en se proclamant hérauts de la liberté. Les deux guerres mondiales ont révélé l’ironie de la prétention selon laquelle le monde abriterait des maîtres savants et des sujets ignorants. Afin de se défaire des dilemmes qui en découlaient, des individus, des peuples et des États, tant établis qu’émergents—en particulier ceux qui avaient longtemps exercé le pouvoir—se sont engagés en faveur d’un nouvel ordre mondial aspirant à l’universalité, à la justice et à l’équité.
Chez certains anciens « maîtres du monde », cet engagement affiché relevait souvent du cynisme, visant à préserver, sous de nouvelles formes, leur domination sur les autres. Mais pour des figures telles que M’Bow, ce nouveau monde offrait de nouvelles perspectives à défendre, protéger et faire prospérer. Sa mission de toute une vie fut de veiller à la reconnaissance, la préservation et l’épanouissement, sur la scène mondiale, des voix, des savoirs et des contributions des nations marginalisées et en développement. Cette quête reposait sur la conviction que le potentiel humain et la créativité sont universellement partagés, et qu’aucune nation ou groupe ne détient le monopole du savoir. Son éthique était profondément humaniste.
Une carrière prolifique
Beaucoup se demandent comment une personnalité comme M’Bow a émergé dans le contexte de l’Afrique coloniale et postcoloniale. D’où lui viennent son savoir encyclopédique, sa connaissance du monde et sa compréhension incisive des enjeux historiques ? M’Bow n’était pas seulement un érudit et un enseignant ; il était également un fonctionnaire, un ancien combattant et un pilote stagiaire. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il a combattu en France et en Afrique du Nord et a servi dans l’Armée de l’air française, avec les Forces françaises libres.
M’Bow fut un acteur politique de premier plan, engagé dans les mouvements anticoloniaux et dans l’histoire postcoloniale du Sénégal. Il occupa plusieurs hautes fonctions au sein de l’État, dont à deux reprises le ministère de l’Éducation. De 1967 à 1971, il présida l’Association panafricaine d’archéologie, poursuivant ainsi son combat pour la valorisation du patrimoine et des savoirs africains. Fondateur de la prestigieuse Fédération des étudiants africains en France, fer de lance de la lutte contre le colonialisme, il incarna un engagement indéfectible en faveur de l’émancipation des peuples. Dernier pilier du triumvirat fondateur du Parti du Regroupement Africain (PRA), aux côtés de ses compagnons de toujours, Abdoulaye Ly et Assane Seck, il demeura inébranlable face aux tentatives d’instrumentalisation politique et à l’attrait du pouvoir.
Le dernier engagement public de M’Bow fut la présidence des Assises nationales du Sénégal ainsi que celle de la Commission de réforme des institutions sénégalaises. En 2008, à l’âge de 87 ans, il accepta de présider l’initiative du Front Siggil Sénégal. Pendant près d’un an, cette démarche rassembla les principaux partis d’opposition au gouvernement du président Abdoulaye Wade, ainsi que des dizaines d’organisations, de responsables politiques, de membres de la société civile et d’acteurs de bonne volonté venus de tous horizons à travers le pays. M’Bow disposait de l’autorité morale et de la sagesse indispensables pour mener à bien un processus délicat, destiné à formuler des propositions en vue d’un modèle de gouvernance alternatif et inclusif. Hélas, il ne vécut pas pour voir la réalisation de la Charte de consensus.
Les années Unesco (1953-1987) : remise en question de l’ordre mondial
Le mandat de M’Bow en tant que directeur général de l’Unesco (1974-1987) demeure l’un des plus transformateurs de l’histoire de l’organisation. Premier noir et africain à diriger une agence des Nations unies, il bouleversa l’ordre établi en contestant, au nom du Sud global, l’hégémonie eurocentrée dans les domaines du savoir et des échanges culturels. Son plaidoyer en faveur du Nouvel ordre mondial de l’information et de la communication (NWICO) visait à contrer la domination des médias et des systèmes de communication occidentaux, œuvrant pour un flux d’informations plus équilibré à l’échelle mondiale. Cette initiative s’inscrivait dans un projet plus vaste de refonte des dynamiques de production des connaissances, affirmant la nécessité d’une diversité culturelle et d’une inclusion véritables.[1]
M’Bow a plaidé pour une réforme des systèmes éducatifs du monde entier, afin que les programmes reflètent la diversité de l’expérience humaine. Il fut un acteur majeur de la reconstruction et de la systématisation des histoires et des contributions culturelles africaines, œuvrant à leur affranchissement de la bibliothèque coloniale, du prisme anthropologique et des représentations racistes. Le projet Histoire générale de l’Afrique (HGA) illustre cette ambition : ses huit volumes restituent la richesse et la complexité du passé africain, rompant avec des siècles d’occultation et de distorsion. Dans les années 1960, 90 % de l’histoire enseignée dans les universités occidentales était, de manière disproportionnée, centrée sur cinq nations : la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne, l’Italie et les États-Unis tandis que l’histoire africaine était réduite à une annexe de récits des activites européennes en Afrique, exaltant les explorateurs, missionnaires et administrateurs coloniaux dans leur prétendue « mission civilisatrice ». Grâce au projet Histoire générale de l’Afrique, des trésors méconnus du génie créatif africain ont été mis en lumière : chefs-d’œuvre et artefacts témoignant de millénaires d’histoire florissante au sein d’États majeurs tels que Kush, Aksum, le Mali, Songhaï, le Grand Zimbabwe, le Royaume du Kongo, ainsi que dans d’autres formations politiques moins connues. M’Bow reconnaissait une vérité fondamentale : la connaissance est un levier d’émancipation.
Parmi les dernières volontés de M’Bow figurait la création d’une Fondation des savoirs endogènes. Tout au long de sa vie, il n’a cessé de plaider pour que les Africains et les peuples du Sud global se réapproprient leur histoire et s’appuient sur leurs propres récits pour façonner leur avenir. Ses idées et sa vision demeurent des principes fondamentaux qui guident le travail d’institutions telles que le CODESRIA, nourrissant leur engagement à la fois comme méthodologie et comme guide éthique.
La lutte pour l’équité
La vision d’Amadou-Mahtar M’Bow s’étend au-delà de la représentation culturelle pour s’inscrire dans une lutte plus large pour un accès équitable à la technologie et au savoir. Sa position sur le transfert de technologies était claire : il ne s’agissait pas d’aide ou d’assistance, mais d’accès équitable aux outils qui façonnent et transforment les sociétés. Il a très tôt reconnu que quiconque contrôlait la technologie contrôlait l’avenir et il a veillé à ce que les pays du Sud ne soient pas laissés pour compte dans cette course :
La technologie n’est ni le privilège de quelques nations ni un outil de domination. Elle doit être partagée équitablement, afin que tous les peuples puissent participer à la construction de leur avenir[2].
Il est important de noter que dans les années 1970, Henry Kissinger était occupé à commander des rapports visant à réduire la population africaine et à contrôler les ressources du continent. M’Bow a identifié les risques profonds d’une expansion technologique incontrôlée, son potentiel à saper les valeurs spirituelles et culturelles qui constituent le fondement des sociétés. Il se méfiait du monopole occidental sur la technologie et de son utilisation comme outil de renforcement des structures de pouvoir existantes. Son plaidoyer ne portait pas uniquement sur les connaissances techniques, mais également sur la garantie que la technologie servirait à améliorer la dignité humaine, plutôt qu’à l’éroder.
M’Bow estimait que l’histoire et les contributions des nations non occidentales, en particulier celles de l’Afrique, avaient été systématiquement reléguées à l’arrière-plan. Son plaidoyer en faveur du rapatriement des objets culturels spoliés durant la colonisation revêtait une portée révolutionnaire. Dans un discours historique prononcé en 1978, il affirmait que ces objets n’étaient pas uniquement des œuvres d’art ; mais constituaient des éléments essentiels de l’identité et de la conscience historique des nations auxquelles ils avaient été arrachés :
La restitution de biens culturels aux pays auxquels ils ont été confisqués ne se résume pas à la restitution d’objets matériels ; il s’agit de rendre l’histoire et l’identité à des peuples qui ont été privés de leur passé[3].
La pensée politique de M’Bow
Comment M’Bow appréhendait-il les défis auxquels l’Afrique fut confrontée à l’issue de la colonisation ? À l’instar de figures éminentes telles que Cheikh Anta Diop et Kwame Nkrumah, il nourrissait la conviction qu’au-delà de sa diversité, un lien essentiel unissait le continent, ancré dans une histoire et des aspirations communes.
Les traditions intellectuelles de l’Afrique sont riches et diverses, profondément enracinées dans les philosophies de l’interdépendance, de l’humanisme et de l’équilibre. Il ne s’agit pas simplement d’idées du passé, mais de cadres puissants pour relever les défis actuels du développement, de la gouvernance et de la paix[4].
Ces intellectuels ont compris que l’ère postcoloniale exigeait une redéfinition de l’identité africaine, fondée sur la valorisation de son histoire et de son patrimoine culturel, tout en déconstruisant les stéréotypes persistants hérités des récits coloniaux. Leur vision de l’Afrique reposait sur l’idée d’une unité dans la diversité, prônant une identité collective qui célèbre la richesse de ses cultures et traditions. M’Bow et Diop ont dénoncé les structures néocoloniales perpétuant l’asservissement du continent, insistant sur l’impératif d’autonomie, d’autosuffisance économique et d’émancipation éducative. Ils aspiraient à une Afrique souveraine, capable de réaffirmer sa place sur la scène mondiale, tout en cultivant un esprit de solidarité et de coopération entre ses nations dans la construction d’un avenir prospère affranchi de toute domination extérieure.
M’Bow a brisé un tabou majeur à une époque où les Africains, bien que formellement intégrés aux institutions et aux mécanismes de gouvernance multilatérale après les indépendances, évoluaient encore dans une temporalité décentrée. Dans l’espace impérial, la parole d’un Africain ne pouvait être perçue que comme subversive, toute idée de réciprocité étant d’emblée écartée. Sa critique, d’une grande acuité, a mis en lumière la persistance de la spoliation des ressources culturelles et matérielles de l’Afrique et du Sud global. Il a démontré que le colonialisme n’a pas seulement facilité l’extraction de la main-d’œuvre, mais aussi l’appropriation des richesses culturelles et immatérielles, consolidant ainsi les récits de supériorité civilisationnelle européenne et occidentale. Cette spoliation se manifeste encore aujourd’hui à travers les archives, les artefacts et le patrimoine culturel conservés dans les institutions culturelles et académiques européennes.
Peu de gens auront vécu une vie aussi longue, aussi exaltante et aussi marquante que celle de M’Bow, une existence jalonnée d’événements historiques majeurs. Il nourrissait une soif insatiable de savoir, alimentée par son immersion précoce dans les traditions intellectuelles soufies et par sa conviction que l’histoire africaine était un trésor à dévoiler. L’engagement de M’Bow à découvrir et à partager cette richesse de connaissances a profondément marqué ses contributions au monde, faisant de lui une figure emblématique dans le débat sur le patrimoine multidimensionnel africain.
Selon son gendre, Amadou Kane, l’un des derniers souhaits de M’Bow était que sa prière mortuaire ait lieu à la mosquée omarienne de Dakar, où il avait été baptisé en 1921. Si cela n’était pas possible, il voulait, au moins, que son corps passe par ce lieu. Le lien de M’Bow avec les traditions soufies était profond, enraciné dans son histoire familiale. Il était l’héritier intellectuel d’une riche tapisserie de pensée, tissée à travers les siècles et les continents, reliant l’Afrique au monde arabe, à l’Europe, à l’Asie et aux Amériques, nourrie par des influences allant de Cheikh Ahmed Tidjani à Omar Tal, d’Ibn Rushd à Montesquieu. Son éducation lui avait inculqué des valeurs profondément ancrées, façonnées par l’éducation et la culture.
La position de M’Bow était sans équivoque : la culture n’est ni un luxe ni un divertissement, et les Africains n’ont jamais existé en dehors du monde, ou dans un « monde extérieur » (Außenwelt, au sens schmittien du terme). Sa critique du cadre déséquilibré de l’accès à l’information et à la technologie et donc au savoir soulevait des questions plus profondes sur un universalisme fondé sur une hiérarchie des cultures et des civilisations. Il estimait que la capacité humaine à créer et à penser était répartie de manière égale, inistant sur l’importance d’un accès équitable pour tous. Pour M’Bow, la réalisation de l’idéal universel exigeait des échanges culturels, qui ne pouvaient être réalisés qu’en rééquilibrant l’accès au savoir et à l’information. Cependant, l’Afrique se voyait systématiquement privée de sa contribution légitime à cet effort collectif. Par conséquent, les acteurs africains saisissaient pleinement l’élan qui les incitait à remettre en question leurs conditions sociales et à repenser les bases de leur engagement avec l’Occident.
M’Bow a activement participé aux débats mondiaux sur la technologie, à l’Onu notamment sur le transfert de technologies. Il a plaidé pour le renforcement du travail et de la mission de la Cnuced, une organisation intergouvernementale dédiée à la défense des intérêts commerciaux du monde en développement. Il critiquait un système où le contrôle technologique était concentré entre les mains de quelques acteurs, leur permettant de concevoir et d'imposer une vision du monde commune à tous. Ses préoccupations, toujours d’actualité, touchaient des questions fondamentales: qui détient le pouvoir sur la technologie ? À quoi ressemblerait l’ordre mondial si l’Afrique en était exclue ?
L’idée selon laquelle la contribution d’intellectuels africains comme M’Bow a été marginalisée ou invisibilisée découle en grande partie de la manière dont nous avons souvent perçu la nature du savoir provenant d’Afrique. Le manque de reconnaissance de ces contributions témoigne d’un problème plus vaste de limitation des perspectives sur la pensée africaine. M’Bow a grandi et a été éduqué à la croisée de diverses cultures et traditions intellectuelles à l’aube d’un monde qui émergeait du contexte colonial. Son envergure intellectuelle démontre la créativité et l’adaptabilité avec lesquelles les Africains ont toujours répondu aux défis de leur temps. En somme, M’Bow incarne l'intellectuel dans sa forme la plus complète.
Avec le décès de M’Bow, nous perdons l’un des penseurs et acteurs politiques les plus influents du XXe siècle. Son immense curiosité intellectuelle, son esprit ambitieux et son profond humanisme se reflètent dans son œuvre prolifique.[5]
En intervenant dans les débats mondiaux à une époque où les voix africaines en étaient souvent exclues, des penseurs comme M’Bow ont affirmé un principe de parité intellectuelle. En effet, la simple présence de la pensée africaine dans le domaine public était considérée comme intrinsèquement subversive. L’engagement et l’intégrité inébranlables de M’Bow lui ont permis de remettre en question et de renverser des structures d’oppression bien ancrées, révélant des possibilités qui avaient longtemps été occultées.
En résumé, les contributions intellectuelles de M’Bow ont été profondément imprégnées par son identité à multiples facettes — sénégalais, africain, musulman et citoyen du monde. Son insatiable curiosité et sa résilience morale ont guidé son engagement dans la gouvernance mondiale et la politique africaine. Il est resté ferme dans ses principes, inflexible face aux défis. M’Bow était, en effet, l’arc qui demeura toujours droit.
A.-M. M’Bow était une légende vivante. Nous avons perdu une figure rassurante, une passerelle entre le XXe et le XXIe siècle. Cependant, alors qu’il rejoint le monde des ancêtres, nous sommes enrichis par son héritage de sagesse, de courage et de force morale. À une époque où l’Afrique semble avoir perdu son initiative souveraine et sa vision géopolitique, où tous les acteurs majeurs, à l’exception de l’Afrique elle-même, semblent avoir un projet pour le continent, que sa mémoire nous guide vers l’autodétermination, l’unité et un sens renouvelé de notre mission.
Notes
[1] Voir le rapport MacBride, connu sous le nom de « Plusieurs voix, un seul monde : vers un nouvel ordre mondial de l’information et de la communication plus juste et plus efficace », commandé par l’Unesco. https://unesdoc.unesco.org/ark:/48223/pf0000372754
[2] Discours sur la technologie et le développement global, 1982.
[3] A.-M. M’Bow, 1978, “A Plea For The Return Of An Irreplaceable Cultural Heritage To Those Who Created It: An Appeal par Mr. Amadou-Mahtar M'Bow, irector General of UNESCO”, The UNESCO Courier: a window open on the world, XXXI, 7, p. 4-5, illus.
– 1974, ‘Enquête préliminaire sur le village de Gaya, et les villages de Sénoudébou et Dembakané, 1955– 1956’, L’UNESCO et l’avenir. Paris : UNESCO.
– 1976, Le monde en devenir (réflexions sur le nouvel ordre économique international), Paris : UNESCO.
– 1977, L’UNESCO et la solidarité des nations—L’esprit de Nairobi. Paris :UNESCO.
– 1979, L’UNESCO et la solidarité des nations—De la concertation au consensus. Paris : UNESCO.
– 1981, L’UNESCO et la solidarité des nations—Entreprendre l’avenir. Paris : UNESCO.
– 1982, Le Temps des Peuples, Paris : Editions Laffont Paris.
– 1982, Aux Sources du Futur. Paris : UNESCO.
– 1984, Choisir L’Espoir, Paris : UNESCO.
– 1986, L’UNESCO: universalité et coopération internationale. Paris : UNESCO.
Amadou-Mahtar M’Bow passed away at the age of 103, leaving behind a legacy defined by his desire for a just and equitable world. He will be remembered for his commitments to knowledge and multilateralism, and to diplomacy as both a condition of freedom and a necessary instrument of a better future. First as Minister of Education in Senegal and then as Director-General of UNESCO, M’Bow championed causes and laid agendas for the twentieth century. These included the necessity for human connection through access to the means of information and related technologies; the relatability of the universal to the collective human heritage; and the restitution to Africa of its history and its recognition as an essential component of the human trajectory. Underneath it all, M’Bow had an unwavering attachment to a humanistic ethos of solicitousness, engagement, inclusion and respect for the other.
Today, the term ‘visionary leadership’ is often overused. However, few twentieth-century figures embody it as fully as A-M M’Bow. His life followed an extraordinary trajectory, shaped by an early understanding that he was part of something far greater than himself. He came of age in an era when idealism was not the object of scorn it often is today. The world had emerged from two successive world wars, instigated by those who professed to possess the means for human salvation. These so-called saviors were subjugating vast colonial populations, all while proclaiming themselves champions of freedom. The two world wars revealed the irony of the pretence that the world contained knowing masters and unknowing subjects. To extricate themselves from the associated dilemmas, individuals, peoples, and both established and emerging states—especially those who had long wielded power pledged themselves to a new world order: one that aspired to universality, justice, and equity.
For some former ‘masters of the world’, this professed commitment was often an exercise in cynicism, designed to maintain their ascendency over others in new guises. But for the likes of M’Bow, the new world offered new possibilities to be defended, protected and nurtured. His lifelong mission became to ensure that the voices, knowledge and contributions of marginalised and developing nations were recognised, preserved and allowed to flourish on the global stage. This was grounded in the belief that human potential and creativity are universally distributed and no single nation or group holds a monopoly on knowledge. His ethos was deeply humanistic.
A Prolific Career
Many wonder how a figure like M’Bow could emerge in the context of colonial and postcolonial Africa. What informed his encyclopedic knowledge, his worldliness and his incisive understanding of historical stakes? M’Bow was not only a scholar and teacher but also a civil servant, a war veteran and a trainee pilot. He fought in World War II in France and North Africa and served in the French air force, where he was involved with the Free French Forces.
M’Bow was a political actor who was active in anticolonial movements and in the postcolonial history of Senegal. He held several positions in Senegal, including serving twice as minister of education. He also served as President of the Pan-African Archaeological Association from 1967 to 1971. M’bow was the founder of the famous Federation of African Students in France, which was very active in the anticolonial struggle. M’Bow was the last standing pillar of the triumvirate that co-founded the PRA (Parti du regroupement africain), which included his lifelong companions Abdoulaye Ly and Assane Seck. He resisted political intoxication and cooptation and he did not succumb to the allure of power.
M’Bow’s last public engagement was to chair the Assises nationales du Senegal—Senegal’s national dialogue—as well as the Commission on the reform of Senegal’s institutions. In 2008, at the age of eighty-seven, he agreed to preside over the initiative led by the Siggil Senegal Front, which for nearly a year brought together the main parties in opposition to President Abdoulaye Wade’s government and dozens of various organisations across the whole country. M’Bow commanded the moral authority and the wisdom to mediate a strained process that was meant to generate propositions for an alternative and inclusive model of governance. He did not live to see the fulfillment of the Consensus Charter he managed to spearhead by bringing together politicians, civil society and people of good will from all walks of life.
The UNESCO Years (1953–1987): Challenging the Global Order
M’Bow’s tenure as Director-General of UNESCO (1974–1987) stands out as one of the most transformative in the organisation’s history. He was the first Black and African person to lead a United Nations agency, and during his time M’Bow shook the established order by challenging Eurocentric dominance in knowledge and cultural exchange on behalf of the Global South. His advocacy for the New World Information and Communication Order (NWICO) aimed to counter the dominance of Western media and communication systems and ensure a more equitable global flow of information. This initiative exemplified his broader effort to redefine global knowledge production, emphasising cultural diversity and inclusivity.[2]
M’Bow advocated for reform in educational systems worldwide, ensuring that curricula reflected the global diversity of human experience. He spearheaded efforts to reconstruct and systematise African histories and cultural contributions and to free them from the colonial library, the anthropological account and racist gaze. The General History of Africa (GHA) project is a testament to this mission—comprising eight volumes that reflect Africa’s rich and complex history. In the 1960s, 90 per cent of the history that was taught in Western universities was disproportionately centred on five countries—Britain, France, Germany, Italy and the United States. African history was reduced to accounts about European activities in Africa, the trials and triumphs of explorers, missionaries and colonial administrators in the ‘civilising mission’. The General History of Africa project helped uncover masterpieces and artifacts of creative genius that reflect millennia of rich history across significant polities such as Kush, Aksum, Mali, Songhai, Great Zimbabwe and the Kingdom of Kongo, as well as lesser-known political formations. M’Bow recognised a fundamental truth: knowledge is a means to emancipation.
His last will included the establishment of a Foundation of Endogenous Knowledges. Throughout his life, he tirelessly advocated for Africans and people of the Global South to reclaim and rely on their history and their own narratives. M’Bow’s insights and vision remain foundational principles guiding the work of institutions like CODESRIA, shaping both their methodology and ethical framework.
The Fight for Equity
Amadou-Mahtar M’Bow’s vision extended beyond cultural representation to a broader fight for equitable access to technology and knowledge. His stance on the transfer of technology was clear: it was not about aid or assistance but about equitable access to the tools that shape and transform societies. He recognised early on that whoever controlled technology controlled the future and he sought to ensure that the Global South was not left behind in this race:
Technology is not the privilege of a few nations, nor should it be a tool of domination. It must be shared equitably, so that all peoples can partake in the shaping of their futures.[3]
It is important to note that the 1970s was a time when Henry Kissinger was busy commissioning reports aimed at reducing African populations and controlling the continent’s resources. M’Bow identified the deeper risks posed by unchecked technological expansion—its potential to undermine the spiritual and cultural values that form the bedrock of societies. He was wary of Western monopoly over technology and its use as a tool to reinforce existing power structures. His advocacy was about not just technical knowledge but ensuring that technology could be used to enhance human dignity, rather than erode it.
M’Bow believed that the histories and contributions of non-Western nations, particularly Africa, had been systematically suppressed. His call for the repatriation of cultural artifacts looted during colonialism was groundbreaking. In a historic speech in 1978,[4] he argued that these objects were not just art but essential elements of identity and historical consciousness for the nations from which they were taken:
The restitution of cultural property to the countries from which it was taken is not simply a matter of restoring material objects; it is about returning history and identity to peoples who have been deprived of their past.
M’Bow’s Political Thought
How did M’Bow perceive the challenges that Africa faced in the wake of colonisation? What he shared in common with other prominent figures of the time, such as Cheikh Anta Diop and Kwame Nkrumah, was the belief that there was something fundamental that connected all of us in our diversity.
The intellectual traditions of Africa are rich and diverse, deeply rooted in the philosophies of interconnectedness, humanism and balance. These are not simply ideas from the past but powerful frameworks for addressing today’s challenges of development, governance and peace.[5]
These intellectuals understood that the postcolonial era necessitated a re-evaluation of African identity, that they emphasised the continent’s rich history and cultural heritage while rejecting the lingering stereotypes imposed by colonial narratives. Their vision for Africa encompassed the idea of unity amidst diversity, advocating for a collective identity that celebrated the myriad cultures and traditions of the continent. Both M’Bow and Diop critiqued the neocolonial structures that continued to impede Africa’s progress; they insisted on the need for autonomy, economic self-sufficiency and educational empowerment. They envisioned an Africa that could reclaim its agency, fostering a sense of solidarity and collaboration among its nations to build a prosperous future free from external domination.
M’Bow broke a significant taboo at a time when Africans still operated within a configuration of time that was devolved, despite having been ‘admitted’ into institutions and spaces of multilateral governance following independence. Across the imperial space, the utterance of an African could only be seen as subversive, as the very assumption of reciprocity itself was suspended. M’Bow’s critique was profound; he illuminated the ongoing continuities in the extraction of cultural and physical resources from Africa and the Global South. He argued that colonialism not only facilitated the extraction of labour but also enabled the appropriation of cultural and immaterial resources, thereby perpetuating narratives of European and Western civilisational superiority. This extraction is evident in the archives, artifacts and cultural heritage that remain withheld in European knowledge and cultural institutions.
Few have lived a life as long, as exhilarating and as impactful as M’bow’s, encompassing significant historical events. He possessed an insatiable thirst for knowledge, heightened by his early exposure to Sufi intellectual traditions and the belief that African history was a treasure trove waiting to be explored. M’Bow’s commitment to uncovering and sharing this wealth of knowledge shaped his profound contributions to the world, making him a pivotal figure in the discourse surrounding African multidimensional heritage.
According to his son-in-law, Amadou Kane, one of M’Bow’s last wishes was for his mortuary prayer to be held at the Umarian Mosque in Dakar, where he was baptised in 1921. If this was not possible, he wanted his body at least to be taken past it. M’Bow’s connection to Sufi traditions ran deep, rooted in his family history. He was the intellectual heir to a rich tapestry of thought, spanning centuries and continents, linking Africa to the Arab world, Europe, Asia and the Americas, with influences ranging from Cheikh Ahmed Tidjani to Umar Tal, from Ibn Rushd to Montesquieu. His upbringing instilled in him deeply held values, shaped by education and culture.
M’Bow’s stance was unequivocal: culture was neither a luxury nor mere entertainment and Africans had never existed outside of the world or in a ‘world-outside’ (Außenwelt, in the Schmittian sense). His critique of the imbalanced framework of access to information and technology—and thus to knowledge—raised deeper questions about a universalism predicated on a hierarchy of cultures and civilisations. He believed that the human ability to create and think is evenly distributed, hence the importance of equitable access for all. For M’Bow, the realisation of the universal ideal required cultural exchange, which could be achieved only by rebalancing access to knowledge and information. Yet Africa was being denied its rightful contribution to this endeavour. Consequently, African actors keenly understood the nature of the impetus driving them to challenge their social conditions by reshaping the terms of engagement with the West.
M’Bow engaged with the global discourse on technology, notably in UN debates on technology transfer. He was in support of strengthening the work and mission of UN Trade and Development (UNCTAD), an intergovernmental organisation dedicated to defending the trade interests of the developing world. He was critical of a system that concentrated technological control in the hands of a few and allowed them to engineer life and shape meaning for everybody. His concerns centred on questions that remain relevant today: Who controls technology? What would the world order look like if Africa were excluded?
The idea that the contribution of African intellectuals like M’Bow have been margnalised or invisibilised stems largely from how we have often thought about the nature of knowledge coming out of Africa. The lack of engagement with such contributions speaks to a broader issue of limiting perspectives on African thought. M’Bow grew up and was educated at the intersection of diverse cultures and intellectual traditions at the dawn of the world that was coming out of the colonial script. His intellectual breadth demonstrates the creativity and adaptability with which Africans have always responded to the challenges of their time. In short, M’Bow was an intellectual in the fullest sense of the word.
With the passing of M’Bow, we have lost one of the most influential thinkers and political actors of the twentieth century. His immense intellectual curiosity, aspirational spirit and deep humanism are reflected in his prolific body of work.[6]
By intervening in global debates at a time when African voices were often excluded, thinkers like M’Bow asserted a principle of intellectual parity. For the very presence of African thought in the public domain was seen as inherently disruptive. M’Bow’s unwavering commitment and integrity allowed him to challenge and reverse entrenched structures of oppression, revealing possibilities that had long been obscured.
In summary, M’Bow’s intellectual contributions were profoundly shaped by his multilayered identity—as a Senegalese, an African, a Muslim and a global citizen. His insatiable curiosity and moral resilience guided his involvement in global governance and African politics. He stood firm in his principles, unyielding in the face of challenges. M’Bow was, indeed, the bow that was never bent.
A-M M’Bow was a living legend. We have lost a reassuring figure who bridged the twentieth and twenty-first centuries. Yet, as he transitions to the realm of ancestorhood, we are enriched by his legacy of wisdom, courage and moral fortitude. At a time when Africa seems to have lost sovereign initiative and geopolitical vision, when every major actor but Africa itself seems to have a vision for the continent, may his memory guide us back to self-determination, unity and a renewed sense of purpose.
Notes
[1] First published on March 24, 2025 in the CODESRIA Bulletin (CODESRIA Bulletin, Nos 5&6, 2024 , pp.27-30)
[2] See the MacBride Report, a popular name for ‘Many Voices, One World: Towards a New More Just and More Efficient World Information and Communication Order’,commissioned by UNESCO. https://unesdoc.unesco.org/ark:/48223/pf0000372754
[3] Speech on Technology and Global Development, 1982.
– 1974, ‘Enquête préliminaire sur le village de Gaya, et les villages de Sénoudébou et Dembakané, 1955– 1956’, L’UNESCO et l’avenir. Paris : UNESCO.
– 1976, Le monde en devenir (réflexions sur le nouvel ordre économique international), Paris : UNESCO.
– 1977, L’UNESCO et la solidarité des nations—L’esprit de Nairobi. Paris :UNESCO.
– 1979, L’UNESCO et la solidarité des nations—De la concertation au consensus. Paris : UNESCO.
– 1981, L’UNESCO et la solidarité des nations—Entreprendre l’avenir. Paris : UNESCO.
– 1982, Le Temps des Peuples, Paris : Editions Laffont Paris.
– 1982, Aux Sources du Futur. Paris : UNESCO.
– 1984, Choisir L’Espoir, Paris : UNESCO.
– 1986, L’UNESCO: universalité et coopération internationale. Paris : UNESCO.
LE DIRECTEUR DU CESTI DÉNONCE DES DÉRIVES INQUIÉTANTES
Mamadou Ndiaye dénonce des tentatives d'intimidation venant du ministère de l'Enseignement supérieur après ses critiques sur la communication institutionnelle. Une affaire qui interroge les limites de la liberté d'expression dans le milieu universitaire
(SenePlus) - D'après une interview publiée le 1er avril 2025 dans le journal L'Observateur, Mamadou Ndiaye, Directeur du Centre d'études des sciences et techniques de l'information (CESTI) de l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar, s'inquiète de la détérioration de la communication institutionnelle au Sénégal.
Cette interview fait suite à un message publié la veille sur Facebook par l'intéressé dans lequel il dénonçait déjà des pressions exercées à son encontre. Dans ce post intitulé "De la liberté d'expression au Senegal : MESRI, je n'ai pas peur !", il révélait avoir été contacté de manière discourtoise par des proches du ministre de l'Enseignement supérieur et un membre de son cabinet suite à ses critiques sur la communication institutionnelle.
"Un monsieur manifestement inculte m'a appelé un jour de korité pour me reprocher de faire le marketing du CESTI et de critiquer mon ministère de tutelle publiquement", écrivait-il, tout en défendant sa légitimité en tant que "professeur assimilé en Sciences de l'information et de la communication" à pointer des pratiques s'apparentant selon lui à de la "propagande politique".
Face à ces pressions, le directeur du CESTI concluait fermement son message : "Vos menaces ne m'ébranlent pas. C'est peine perdue."
Dans son entretien à L'Observateur, M. Ndiaye développe ces accusations, dénonçant ce qu'il considère comme des pratiques proches de la "propagande politique" de la part de certains éléments du MESRI (Ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation).
"Si ce sont des éléments du Mesri qui se comportent ainsi, la liberté d'expression est menacée", déclare-t-il en titre, pointant du doigt les problèmes qui gangrènent la communication institutionnelle au Sénégal.
Mamadou Ndiaye critique notamment l'instrumentalisation politique des institutions, citant des exemples concrets : "On voit régulièrement des ministres s'exprimer sur des réseaux sociaux, pas des questions techniques ou scientifiques d'innovation et de leur département, mais pour critiquer l'opposition politique."
Interrogé sur d'éventuelles solutions, le directeur du CESTI propose la formation comme remède principal : "Le Cesti, conscient de sa mission d'excellence par l'UNESCO, propose une formation pratique aux métiers de la communication avec des Certificats pratiques en communication, y compris la production audiovisuelle."
L'universitaire conclut en rappelant que si la liberté d'expression est effectivement menacée dans l'espace public sénégalais, le combat n'est pas perdu, particulièrement dans le domaine scientifique et académique.
ABRIS PROVISOIRES, LA PLAIE DU SECTEUR ÉDUCATIF
Selon le directeur des constructions scolaires, 2 662 abris ont déjà été résorbés, mais il reste encore un long chemin à parcourir avant l'horizon 2029 fixé par le Premier ministre Ousmane Sonko
La question des abris provisoires est devenue au fil des ans la grande plaie de l’école sénégalaise, un gros point noir résultant de la difficulté de calibrer les moyens de plus en plus limités par rapport à des besoins toujours plus grands. Un programme mis en place par le Sénégal tente de remédier à ce problème, dans la mesure du possible.
Selon le dernier recensement du Programme de remplacement d’abris provisoires et d’ouvrages annexes (PRORAP) de décembre 2024, au total 7 122 abris provisoires sont encore recensés sur l’ensemble du territoire national.
Faisant office de salles de classe, ils doivent être résorbés d’ici 2029, a réaffirmé le Premier ministre Ousmane Sonko, lors de sa déclaration de politique générale le 27 décembre 2024.
Dans un entretien avec l’APS, le directeur des constructions scolaires du ministère de l’Education nationale précise qu’à ce jour 2 662 abris provises ont été d’ores et déjà résorbés. Mais le programme en question ne remplace pas que des abris provisoires, précise Pape Abdou Dia.
”Le projet ne remplace pas que des abris provisoires, les blocs d’hygiène ou les blocs administratifs peuvent aussi être remplacés. Dans certaines écoles, ce sont les murs de clôture”, renseigne-t-il.
Le programme est subdivisé en quatre volets. Il doit aussi prendre en charge 4 032 blocs administratifs (BA), 2 498 blocs d’hygiène (BH) et 241 500 mètres linéaires de mur de clôture (MC).
Le quatrième volet concerne 1 462 salles de classe, 1 093 blocs administratifs, 554 blocs d’hygiène et 54 000 mètres linéaires de mur de clôture.
”Ce quatrième volet n’a à ce jour pas reçu de financement, et n’a donc pas encore démarré” signale le directeur des constructions scolaires.
”En dépit de l’importance quantitative des abris provisoires et de leur éparpillement à travers le territoire, il est permis d’espérer voir le Sénégal en finir un jour avec les abris provisoires si certains préalables sont satisfaits”, croit savoir Pape Abdou Dia.
Dans cette perspective, il dit miser sur les retombées du partenariat avec le ministère des Forces armées, à l’image des Lycées nation-armée pour la qualité et l’équité (Lynaque).
Des programmes de réhabilitation des lycées annoncés
Concernant la mise à niveau des infrastructures scolaires, Pape Abdou Dia signale que sa direction est en train de finaliser le plan d’action de méthodologie et la stratégie pour le Programme d’urgence de mise à niveau des infrastructures scolaires et l’amélioration de l’environnement d’apprentissage.
Des efforts significatifs ont été faits avec l’exécution de la première phase de réhabilitation des anciens lycées (Galandou Diouf, Blaise Diagne, De Lafosse etc.). Le Directeur des constructions scolaires a annoncé qu’une deuxième phase, portant sur la réhabilitation des anciens lycées, va se poursuivre au cours des cinq prochaines années.
S’agissant des collèges et lycées de proximité, partie intégrante du Programme décennal de l’éducation et de la Formation (PDEF) lancé en 2000, M. Dia rappelle que ce volet compte plusieurs leviers, dont les infrastructures et les équipements.
Dans ce cadre, la Direction des constructions et équipements scolaires (DCES) était chargée de dérouler à l’échelle du territoire national, de vastes programmes de constructions de salles de classe pour l’élémentaire, de collèges d’enseignement général dénommés collèges de proximité et de lycées départementaux ou communaux d’enseignement général.
L’objectif recherché était de rapprocher les structures d’enseignement- apprentissage des élèves, dans un souci de démocratisation et d’équité, base de la ”politique d’accès pour tous, à des écoles et établissements scolaires de qualité, équipés et fonctionnels”.
Pape Abdou Dia assure que cette option sera poursuivie et renforcée dans le cadre de la mise en œuvre des programmes et projets qui ont succédé au PDEF, dont le Programme d’amélioration de la qualité, de l’équité et de la transparence (Paquet), référentiel de la politique éducative de l’État du Sénégal.
Les obstacles à la résorption des abris provisoires
Il est revenu sur les nombreux problèmes rencontrés par la DCES, évoquant la difficulté d’obtenir les titres de créances et de certification et causant un ralentissement du rythme des travaux, voire à terme un abandon des chantiers.
Il y a aussi les coupes budgétaires sur les investissements exécutés par l’État (33,23 % en 2023, 23,70 % en 2024), lesquelles réduisent naturellement le volume des investissements à réaliser.
S’y ajoute la longueur des procédures (4 à 5 mois) dans la passation des marchés, qui font que certains chantiers sont réalisés à cheval sur 2 ou 3 années budgétaires.
Il signale qu’en dépit du maillage de l’ensemble des régions et départements en ressources humaines de qualité à travers les coordonnateurs techniques régionaux (CTR) et départementaux (CTD), ”le suivi-supervision régulier des chantiers n’est pas assuré ”.
Cela s’explique, selon lui, par l’insuffisance des moyens logistiques, voire leur absence totale dans la plupart de nos académies, telles que Fatick, Kédougou, Kolda, Louga, Matam, Saint-Louis, Tambacounda, Ziguinchor.
”L’insuffisance des crédits pour la prise en charge des missions de supervision et de suivi impacte également la régularité des visites de chantiers avec comme conséquence une récurrence des malfaçons dans l’exécution des travaux”, a également déploré le directeur des constructions scolaires.
STABILISATION DU CALENDRIER UNIVERSITAIRE, LE COMPTE À REBOURS EST LANCÉ
Le gouvernement ambitionne de normaliser l’année universitaire d’ici 2026 grâce à un plan d’urgence incluant infrastructures, recrutements et rationalisation des financements.
Dakar, 28 mars (APS) – La situation est encourageante pour arriver à une stabilisation de l’année académique mais cela exige ‘’une vigilance accrue’’, ‘’bien que certaines facultés accusent encore un retard important, des progrès notables sont enregistrés’’, a soutenu, vendredi, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Dr Abdourahmane Diouf.
Prenant l’exemple de l’UFR Lettres et Sciences Humaines de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis (UGB) où le premier semestre 2024-2025 s’achève ce mois d’avril, le ministre a souligné que c’est ‘’la preuve que la normalisation est possible quand tous les acteurs jouent leur partition’’.
Cependant, dans certaines facultés, les cours n’ont même pas encore démarré, les cinq années de retard cumulé constituent un goulot d’étranglement extrêmement serré, a dit Dr Abdourahmane Diouf dans un entretien accordé à l’APS sur cette question. ‘’C’est une situation (le chevauchement) inacceptable qui doit cesser parce que certains départements n’ont pas encore entamé leur année académique, accumulant jusqu’à cinq années de retard. Pour ces cas critiques, le gouvernement prévoit des mesures spécifiques d’accompagnement’’, a-t-il relevé.
Mais pour le ministre ‘’globalement, en 2026, nous serons normalement en mesure d’avoir une année académique normée d’octobre à juin-juillet’’. Pour ‘’rattraper le temps perdu et stabiliser l’année académique’’, le ministère de l’Enseignement supérieur de la Recherche et de l’Innovation a mis en place ‘’des mesures d’accompagnement ciblées’’.
Une volonté politique forte et des actions concrètes
Dr Abdourahmane Diouf a évoqué des ‘’actions concrètes’’ pour ”accélérer” la normalisation, ajoutant que le gouvernement, ”conscient des défis à relever”, a déployé une série de mesures pour garantir un retour à un calendrier académique normal. Parmi celles-ci, il a cité la finalisation des infrastructures avec plusieurs chantiers en cours afin de fournir aux universités des espaces adaptés à leurs besoins croissants.
Il a évoqué également le ‘’renforcement des ressources humaines’’, avec un plan ambitieux de recrutement de Personnel d’Enseignement et de Recherche (PER) et de Personnel Administratif, Technique et de Service (PATS) qui est en cours. Il est question également, pour aller vers la normalisation, de la ‘’rationalisation des financements’’, a souligné le ministre, ajoutant : ‘’Malgré la tension budgétaire, le Président de la République Bassirou Diomaye Faye et le Premier Ministre Ousmane Sonko accordent une attention particulière à la situation des universités. Un plan d’urgence est en préparation en collaboration avec le ministère des Finances et du Budget’’.
Depuis plusieurs années, le chevauchement des années académiques est une problématique majeure dans l’enseignement supérieur. Ce retard coûte chaque année à l’État plus de 40 milliards de FCFA en gaspillage de ressources, avait dit le ministre en juin 2024, lors du séminaire national sur la question, qui avait réuni les acteurs du secteur universitaire. Un délai de 16 mois avait été fixé pour parvenir à une stabilisation du calendrier universitaire.
Le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation s’est engagé dans un processus de stabilisation du calendrier universitaire, avec l’objectif d’aboutir à une année académique normée d’ici 2026.
par Seydou Barham Diouf et Ahmeth Fall Thioune
ABDOURAHMANE THIAM, BÂTISSEUR DE L’AUTONOMIE
EXCUSIF SENEPLUS - Doté d'une vision audacieuse et d'une passion indéfectible pour l'enseignement et la recherche, il a su guider le département de sciences politiques de l'Ucad avec une sagesse et une détermination exemplaires
Seydou Barham Diouf et Ahmeth Fall Thioune |
Publication 28/03/2025
Dans le paysage académique des sciences politiques, certaines personnalités se démarquent non seulement par leur savoir, mais surtout par leur capacité à inspirer et à transformer. Le Professeur Abdourahmane Thiam incarne cette rare combinaison de qualités qui définit un véritable leader. Doté d'une vision audacieuse et d'une passion indéfectible pour l'enseignement et la recherche, il a su guider le département de sciences politiques de l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar avec une sagesse et une détermination exemplaires.
Sa pédagogie innovante, associée à une écoute attentive des préoccupations des étudiants, a créé un climat académique propice à l'épanouissement intellectuel. Le Professeur Thiam se distingue également par sa capacité à établir des liens solides entre théorie et pratique, encourageant les étudiants à se confronter aux réalités du monde contemporain. Sa rigueur académique est accompagnée d'une empathie profonde, ce qui lui permet d'être non seulement un enseignant respecté, mais aussi un mentor engagé pour les étudiants du département.
Par-delà les murs académiques,
L’histoire des institutions académiques est souvent marquée par des figures qui, par leur engagement, leur vision et leur détermination, façonnent leur devenir. Le département de Sciences Politiques de la Faculté des Sciences Juridiques et Politiques de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad) a connu, au cours des dernières années, une transformation remarquable sous la direction du Professeur Abdourahmane Thiam. «L’éducation est l’arme la plus puissante pour changer le monde », disait Nelson Mandela. Cette maxime résume bien à elle seule son impact sur des générations d’étudiants au sein de ce département. Elu en 2020, à un moment charnière où le département de sciences politiques venait juste d’acquérir son autonomie, il a su, en quelques années seulement, poser les bases d’une structure académique solide et pérenne.
Pour la consolidation d’une autonomie affirmée !
L’autonomisation du Département de Sciences Politiques par rapport à celui des Sciences Juridiques n’était pas une simple réorganisation administrative. Il s’agissait d’un processus complexe, impliquant des défis structurels, académiques et organisationnels. Un département nouvellement autonome doit se doter de sa propre gouvernance, structurer son offre pédagogique, renforcer son corps professoral et créer des espaces d’échange et d’apprentissage adaptés aux besoins des étudiants.
Tel un architecte minutieux, le Professeur Thiam a su poser les pierres angulaires d’une institution en quête d’indépendance. Sous son magistère, le Département a connu une métamorphose sans précédent. En cinq ans seulement, le nombre d’étudiants s’est vu exploser. Là où on comptait des centaines d’étudiants pour tout le département, on en compte aujourd’hui des milliers. N’est-ce pas là un véritable signe éclatant de l’aspiration collective vers l'excellence et la pertinence d’une discipline en parfaite évolution dans un univers où elle est presque méconnue.
S’inspirant des grands penseurs tels que Pierre Bourdieu, qui affirmait que « chaque institution est une œuvre collective », le Professeur Thiam a su mobiliser l’intelligence collective. Son engagement envers le développement des ressources humaines a été notable. Le recrutement de plusieurs professeurs assistants a enrichi l'équipe pédagogique, permettant une diversité de perspectives et un renforcement des compétences académiques. Chaque nouveau membre de cette équipe a contribué à cette symphonie d'idées, insufflant ainsi un nouvel élan propice à l’épanouissement intellectuel au département.
Vers une effervescence intellectuelle !
« La plus grande réussite d'un leader est de créer un avenir qui perdure au-delà de lui », disait Nelson Mandela. Le Professeur Abdourahmane Thiam a incarné cet idéal avec une détermination exemplaire. Son mandat n'a pas seulement été marqué par une gestion administrative, mais par une véritable vision stratégique pour le département de science politique, une vision qui non seulement a transformé le paysage académique, mais a également posé les bases d'un avenir prometteur pour les générations futures.
Sous l'impulsion du Professeur Thiam, chaque maquette de cours, de la licence 1 au Master 2, a été rigoureusement révisée et enrichie, reflétant l'évolution des sciences politiques et les enjeux contemporains. De nouveaux programmes de Master ont été conçus avec une attention particulière, visant à offrir des parcours diversifiés et adaptés aux besoins du marché du travail. Et le nombre de mémoires soutenus au cours de ce mandat a considérablement augmenté. Cela témoigne d'une dynamique de recherche revitalisée au sein du département. Cette évolution n'est pas anecdotique ; elle marque un tournant décisif dans la culture de production de savoir.
Cette effervescence intellectuelle a ouvert de nouvelles voies pour la réflexion critique. Le département ne se contente pas de former des étudiants passifs ; il engendre des penseurs, des innovateurs, des dirigeants qui sont prêts à relever les défis d'une société en pleine mutation. En cultivant un esprit d'analyse et d'évaluation critique, le département, à sa tête le Professeur THIAM, a su préparer ses étudiants à devenir des acteurs éclairés, capables de naviguer dans un monde complexe et interconnecté.
Et la mémoire du chapiteau…
Debout devant le parking de la faculté depuis 2020, le chapiteau n’a accueilli d’étudiants que pendant une courte durée avant d’être réduit en cendres lors des douloureux évènements de juin 2023. Un coup dur ! Mais un jalon marquant le mandat du Professeur Thiam a été la reconstruction du chapiteau en si peu de temps. Grâce à son leadership éclairé, cet espace de vie et d’échanges d’idées est aujourd’hui complètement réhabilité et pourra accueillir encore des étudiants à la prochaine rentrée. Quel bonheur de se retrouver sous le toit de ce bâtiment, symbole de résilience et d’une détermination collective à transcender les défis.
Jokanjaal Professeur !
Diriger, c’est anticiper, orienter et bâtir. Mais diriger un département naissant, c’est aussi poser les fondations d’une institution, tracer des sillons durables et affronter l’incertitude avec détermination. Le Professeur Abdourahmane Thiam l’a fait durant tout son mandat, avec engagement et rigueur, en tant que chef du Département de Science Politique de la FSJP de l’Ucad. Aujourd’hui, alors qu’il passe le flambeau au Professeur Boubacar Kante, il laisse derrière lui un département totalement métamorphosé, avec des réalisations, visibles et palpables, qui ne sont que la face émergée de l’iceberg. Derrière elles, il y a eu des heures de travail, des négociations, des combats parfois silencieux pour faire avancer le département et lui donner sa pleine autonomie.
Une nouvelle page s’ouvre aujourd’hui avec l’arrivée du Professeur Boubacar Kanté à la tête du département, il est alors essentiel pour nous, étudiants de ce coin de la fac, de rendre hommage à celui qui a posé les jalons de cette ascension. Jokanjaal, Professeur Abdourahmane Thiam ! Merci pour votre engagement, votre dévouement et votre vision. Soyez assuré que votre contribution à ce département reste gravée en lettres d’or dans l’histoire de la faculté des sciences juridiques et politiques de l'Ucad.
Les auteurs sont étudiants en deuxième année de Master en Science Politique à l’Ucad.
UN AN APRÈS L’ALTERNANCE, LE G7 DÉNONCE DES DYSFONCTIONNEMENTS DANS L’ÉDUCATION
Un an après le changement de pouvoir, les syndicats du G7 tirent la sonnette d’alarme sur la gestion du secteur éducatif. Ils pointent l’absence de dialogue social, le retard des réformes et la non-application des accords signés.
Un an après la troisième alternance politique, les syndicats du G7 déplorent un manque de rigueur dans la gestion des dossiers de l’éducation et de la formation. Lors d’une conférence de presse tenue ce vendredi, ils ont pointé une série de dysfonctionnements compromettant la stabilité du secteur.
Le principal grief soulevé concerne le gel du dialogue social. Les syndicats rappellent que l’arrêté 17094, régissant les élections de représentativité syndicale, est resté lettre morte. En témoigne l’absence de réponse à leur demande d’audience avec le président de la République, ainsi que la non-effectivité d’une rencontre avec le Premier ministre annoncée par le MFPFSP.
Autre point de tension : le retard dans la mise en œuvre des réformes structurelles. Cet immobilisme, selon le G7, freine une transformation qualitative du système éducatif. Les syndicats s’alarment également des lenteurs dans l’application des accords signés, notamment sur la revalorisation salariale des enseignants, toujours marquée par des inégalités.
Dans ce contexte tendu, la méthode du gouvernement est pointée du doigt. Le G7 dénonce une tentative d’exclusion des syndicats lors de la Grande Rencontre Tripartite du 27 février 2025, ainsi que l’absence des ministères concernés lors des rencontres sectorielles. Ces évictions sont perçues comme un mépris envers les acteurs de l’éducation et un frein à la pacification du climat scolaire.
Face à ces manquements, les syndicats annoncent le boycott de la rencontre prévue ce vendredi 28 mars, estimant qu’elle ne serait qu’un énième exercice dilatoire du gouvernement. Ils exigent des préalables clairs pour reprendre les discussions, notamment :
Le respect des dispositions sur les élections de représentativité syndicale ;
L’intégration des revendications éducatives dans l’agenda des rencontres ;
La participation effective des ministères concernés aux discussions sectorielles ;
L’implication des organisations de la société civile dans le dialogue.
Le G7 rappelle enfin que seul le respect des protocoles d’accord signés avec l’État et l’ouverture de négociations sur les nouvelles revendications garantiront la stabilité du secteur de l’éducation.
LES ENSEIGNANTS NE SERONT PAS RESPONSABLES SI L'ANNEE UNIVERSITAIRE EST COMPROMISE
Le Syndicat autonome des enseignants du supérieur (SAES) dégage ‘’toute forme de responsabilité’’ si l’année universitaire venait à être compromise, prévient son secrétaire général, David Célestin Faye
Le Syndicat autonome des enseignants du supérieur (SAES) dégage ‘’toute forme de responsabilité’’ si l’année universitaire venait à être compromise, prévient son secrétaire général, David Célestin Faye, dans un entretien avec l’APS.
Le syndicaliste constate que ‘’beaucoup de propositions faites n’ont pas été prises en compte pour régler le chevauchement des années académiques’’.
Si l’année venait à être compromise, déclare-t-il, ce ne serait pas la faute des enseignants qui ont alerté plusieurs fois.
Le SAES a fait des propositions pour régler le problème des années académiques qui se chevauchent, mais celles-ci n’ont pas été prises en compte, regrette David Célestin Faye.
En 2019, à l’issue d’un séminaire financé sur fonds propres, le syndicat avait listé un ensemble de préalables à respecter pour la mise en œuvre de la décision de l’Etat d’orienter tous les bacheliers dans le public, a-t-il rappelé.
‘’Des propositions rangées dans les tiroirs alors qu’elles auraient permis, à l’époque, d’éviter tant soit peu ce décalage-là’’, déplore le syndicaliste.
Ce travail a été fait par le SAES depuis 2019, a-t-il rappelé. Il a indiqué que le syndicat a évalué, avec tous les chiffres à l’appui, les besoins par section et par faculté en termes d’enseignants et de salles de classe.
‘’Le ministère a tous les chiffres, donc tout ce qu’on demande, c’est la mise en œuvre. C’est nous qui sommes au quotidien dans les salles de classe au contact des étudiants et nous connaissons la réalité mieux que quiconque’’, a soutenu David Célestin Faye.
Il déclare que le SAES est ‘’un syndicat de dialogue’’ et que ‘’toutes les revendications’’ qu’il porte ‘’vont dans le sens de stabiliser l’année académique’’. ‘’Tout ce que nous demandons concourt à aider le gouvernement pour la stabilisation de cette année académique’’, a-t-il insisté.
Evoquant le projet de Pacte social soulevé lors de la rencontre tripartite avec le gouvernement, les syndicalistes et le patronat, David Célestin Faye assure que le SAES ne refuse pas de le signer.
‘’Le respect des accords est le vrai pacte’’
‘’Mais avant de souscrire à un pacte de stabilité social, il faudra d’abord connaître le contenu du pacte et ce n’est pas le cas à ce jour. Le vrai pacte qu’on devrait avoir, c’est le respect du protocole d’accord pour pouvoir aller vers la stabilisation de l’année académique’’, a-t-il précisé.
‘’Avec l’assurance d’avoir le respect des protocoles, je ne vois pas l’utilité d’un pacte. Il ne faut pas que les gens aient peur jusqu’à se museler dans des pactes’’, estime-t-il.
Selon lui, ‘’la question qu’on se pose aujourd’hui, c’est ce que vaut le sceau de la République apposé sur les documents de négociation avec des syndicats, parce qu’il y a des signatures qui engagent le gouvernement et qui sont là depuis des années’’. Il pense qu’’’au nom de la continuité de l’Etat, on devrait les prendre en charge’’.
‘’Le protocole d’accord est un pacte et le premier pacte à respecter avant d’en signer un autre’’, a ajouté le syndicaliste.
S’il veut régler les problèmes, le gouvernement n’aura pas besoin de s’enfermer dans des pactes, estime le syndicaliste.
Pour David Célestin Faye, ‘’il faudra juste qu’il y ait un dialogue continu pour trouver les mécanismes, les voies et moyens de résoudre les problèmes au lieu de s’enfermer dans des pactes’’.
LES CHANTIERS A L'UASZ BIENTÔT LIVRÉS
L’Université Assane Seck de Ziguinchor (UASZ) s’apprête à franchir une étape décisive dans son développement. Après près de dix ans d’attente, les chantiers entamés en 2015 dans le cadre du Programme de gouvernance et de financement de l’enseignement ....
L’Université Assane Seck de Ziguinchor (UASZ) s’apprête à franchir une étape décisive dans son développement. Après près de dix ans d’attente, les chantiers entamés en 2015 dans le cadre du Programme de gouvernance et de financement de l’enseignement supérieur (PGF-SUP) sont sur le point d’être réceptionnés. Une avancée majeure qui devrait permettre une rentrée académique 2024-2025 dans de meilleures conditions, selon le recteur de l’établissement, le Pr Alassane Diédhiou.
Des infrastructures modernes pour améliorer les conditions d’apprentissage
Lors d’une visite de terrain effectuée hier, le Pr Diédhiou a pu constater l’état d’avancement des nouveaux bâtiments, notamment ceux de l’Unité de Formation et de Recherche (UFR) des Sciences et Technologies (ST) et de l’UFR des Sciences Économiques et Sociales (SES). Ces nouveaux espaces pédagogiques comprennent 46 bureaux, un amphithéâtre de 500 places entièrement équipé, ainsi que plusieurs amphithéâtres de 150 places en cours d’aménagement. À cela s’ajoutent des salles de travaux dirigés (TD) et de travaux pratiques (TP), toutes dotées de climatisation, de connexion Wi-Fi et de mobilier flambant neuf.
Le recteur s’est dit satisfait de la qualité des équipements déjà installés et a affirmé que les derniers ajustements, notamment la mise en place des équipements restants dans les amphithéâtres de 150 places, seront finalisés avant la reprise des enseignements.
Un enjeu clé pour la stabilité universitaire
Depuis plusieurs années, le retard dans la livraison des infrastructures est au cœur des revendications des partenaires sociaux et des étudiants, entraînant des tensions et des mouvements de grève. La mise en service imminente de ces nouveaux bâtiments pourrait donc contribuer à un apaisement du climat universitaire et à une meilleure qualité de formation.
Le Pr Diédhiou a également précisé que l’occupation des locaux avait été retardée par des problèmes d’alimentation électrique. Ce blocage a récemment été levé grâce à l’installation de deux transformateurs fournis par le ministère de l’Énergie. « L’une des principales revendications des étudiants est désormais réglée. Avant la rentrée du 7 avril, nous allons réceptionner tous ces bâtiments et trois UFR pourront démarrer leurs cours dès ce mois », a-t-il affirmé.
Une rentrée sous le signe du renouveau
Avec ces nouvelles infrastructures, l’UASZ entend améliorer les conditions de travail des étudiants, du corps professoral et du personnel administratif. La réception des bâtiments permettra également de combler un déficit en espaces pédagogiques et d’accueillir les étudiants dans un cadre plus adapté aux exigences académiques.
Le recteur a réitéré l’engagement de son administration à poursuivre les efforts pour offrir un cadre de vie optimal aux étudiants. « La livraison de ces infrastructures marque une avancée significative pour notre université. Nous mettons tout en œuvre pour assurer une rentrée dans les meilleures conditions », a-t-il conclu.
CONSECRATION POUR LES CHERCHEURS DE L'UCAD
Des chercheurs de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar ont été distingués par la Communauté des communes de Retz en Valois (CCRV), en France, en reconnaissance de leur contribution à la transmission de l’histoire des Tirailleurs sénégalais...
Des chercheurs de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar ont été distingués par la Communauté des communes de Retz en Valois (CCRV), en France, en reconnaissance de leur contribution à la transmission de l’histoire des Tirailleurs sénégalais ayant participé à la Première Guerre mondiale.
Un hommage solennel à Villers-Cotterêts
Le vendredi 21 mars 2025, la Cité Internationale de la langue française à Villers-Cotterêts a accueilli la cérémonie de lancement de l’ouvrage « Autour des tirailleurs sénégalais de 14-18. Mémoire locale, Mémoire globale ». Cet événement, présidé par Alexandre de Montesquieu, président de la CCRV, a rassemblé les maires des 54 communes concernées, ainsi que des présidents de sociétés historiques et de nombreuses personnalités académiques et scolaires.
Un projet franco-sénégalais pour raviver la mémoire des Tirailleurs
L’ouvrage résulte d’un projet commun entre des chercheurs de l’UCAD et la CCRV, initié dans le cadre de l’appel à projet FRACTAL (Francophonie, Collectivités Territoriales, Acteurs Locaux), porté par l’Organisation Internationale de la Francophonie. Son objectif : valoriser la mémoire des Tirailleurs sénégalais qui ont combattu aux côtés des troupes françaises pendant la Grande Guerre.
Sélectionné en 2022 et financé par le ministère français des Affaires étrangères, le projet « Mémoire locale, Mémoire globale, la Petite histoire rejoint la Grande » propose une approche originale, en abordant ces thématiques sous des angles variés et parfois peu explorés. L’ouvrage inclut également des résumés destinés aux jeunes lecteurs, notamment les élèves des écoles de la CCRV et de plusieurs localités du Sénégal, telles que Thiaroye-sur-Mer, Khombole et Ngoundiane.
Un hommage aux chercheurs sénégalais engagés
Jean Michel Rouyer, coordonnateur de l’équipe française, a tenu à rappeler l’importance de ce travail mémoriel et l’engagement des sept chercheurs sénégalais impliqués, qui ont bénévolément contribué à la réalisation du projet.
Le Professeur Mor Ndao, coordonnateur de l’équipe sénégalaise, a exprimé sa gratitude envers la CCRV et ses partenaires, soulignant la participation de l’École doctorale ETHOS de l’UCAD, qui a permis à trois doctorants et un étudiant en master d’être intégrés au projet afin de se former à la recherche par la recherche.
LES ÉTUDIANTS DE L’UASZ DÉNONCENT LA DISSOLUTION DE LEURS INSTANCES REPRÉSENTATIVES
À l’approche de la rentrée universitaire 2024-2025, ils jugent cette situation inacceptable et interpellent les autorités pour un rétablissement immédiat de leurs structures représentatives.
La Coordination des Étudiants de l’Université Assane Seck de Ziguinchor (CE-UASZ) exprime son inquiétude face à la dissolution des Amicales et de la Coordination des Étudiants, effective depuis le 27 novembre 2024. À l’approche de la rentrée universitaire 2024-2025, les étudiants dénoncent une situation inacceptable et interpellent les autorités pour un rétablissement immédiat de leurs instances représentatives.
La Coordination des Étudiants de l’Université Assane Seck de Ziguinchor (CE-UASZ), "seule structure" habilitée à défendre les intérêts matériels et moraux des étudiants, alerte l’opinion publique ainsi que les autorités académiques et gouvernementales sur la dissolution des amicales et de la coordination des étudiants depuis le 27 novembre 2024. Cette mesure injuste, prise en réponse à une mobilisation légitime pour de meilleures conditions d’études, a laissé les étudiants sans représentation officielle, malgré la quasi-satisfaction de leurs revendications.
Malgré les accords conclus avec le recteur, notamment sur la question de la session unique imposée aux étudiants, ces engagements n’ont jamais été respectés. Les représentants étudiants ont pourtant privilégié le dialogue et la responsabilité afin d’éviter toute escalade des tensions,selon un communiqué.