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3 avril 2025
Éducation
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UNE LEÇON DE CRÉATION AVEC MOHAMED MBOUGAR SARR
Au Festival du livre africain de Marrakech, l'auteur de "La plus secrète mémoire des hommes" s'est livré sur sa conception de la littérature, son processus créatif et l'importance du dialogue culturel entre les différentes régions d'Afrique
Dans un entretien accordé à Afrique Magazine lors de la 3ème édition du Festival du livre africain de Marrakech organisé du 30 janvier au 2 février 2025, Mohamed Mbougar Sarr, lauréat du Prix Goncourt 2021 pour "La plus secrète mémoire des hommes" (traduit en 38 langues), livre une réflexion profonde sur la littérature africaine et le processus créatif.
L'écrivain sénégalais s'est d'abord exprimé sur l'importance du festival, né d'une initiative de Mai Binbin face au constat d'un paradoxe : le peu d'échanges entre auteurs subsahariens et maghrébins. Ce qui était au départ une démarche individuelle s'est transformée en un événement culturel majeur, créant un espace de dialogue entre écrivains et artistes du continent.
Revenant sur son parcours personnel, Sarr évoque l'influence déterminante des contes de sa grand-mère et de la littérature dans sa formation. Ces récits ont nourri sa quête précoce de réponses aux questions existentielles qui l'habitaient, établissant un pont entre la fiction et la vie réelle.
Pour l'auteur, la littérature offre une exploration unique de la complexité humaine. Les romans, contrairement aux jugements hâtifs du quotidien, invitent à une réflexion plus nuancée et à une introspection nécessaire. Cette expérience de lecture, distincte de celle des médias modernes, crée selon lui une temporalité particulière qui engage différemment notre cerveau et cultive l'empathie.
Sarr conclut en dévoilant sa méthode d'écriture, qu'il compare à l'exploration d'un labyrinthe. Sans plan préétabli, guidé par des intuitions parfois vagues, il s'engage dans une création où coexistent risques et découvertes. C'est cette approche qui a notamment donné naissance à "La plus secrète mémoire des hommes", transformant l'acte d'écriture en une aventure aussi périlleuse que fascinante.
MAMADOU NDOYE RAPPELLE POURQUOI IL A CRÉÉ LE CORPS DES VOLONTAIRES DE L’EDUCATION
‘’En 1995, on m’a demandé de prendre l’enseignement primaire. J’ai regardé son évolution et je me suis rendu compte qu’on était en train de perdre au moins 1 point de scolarisation par an. Généralement, cela n’arrive que dans des pays en conflit’’
L’ancien ministre de l’Éducation de base et des Langues nationales, Mamadou Ndoye, est revenu, avec l’APS, sur les origines et les objectifs du corps des volontaires de l’éducation qu’il a créé en 1995, une initiative qui a contribué, selon lui, à augmenter le taux de scolarisation de 2 à 3 % par an, sans altérer la qualité des enseignements
‘’En 1995, on m’a demandé de prendre l’enseignement primaire. J’ai regardé son évolution et je me suis rendu compte qu’on était en train de perdre au moins 1 point de scolarisation par an. Généralement, cela n’arrive que dans des pays en conflit’’, a rappelé M. Ndoye dans une interview à paraître dans le prochain numéro de Vitrine, le mensuel de l’APS. ‘’Je m’étais dit que c’était inacceptable. Or, le problème venait du blocage du recrutement des enseignants. À l’époque, avec les ressources financières disponibles, nous ne pouvions recruter que 560 enseignants par an’’, a-t-il dit, se souvenant avoir été critiqué pour cette innovation.
Trois cents des 560 enseignants dont le pays avait besoin devaient être remplacés, certains étant décédés, d’autres ayant pris leur retraite, selon l’ancien ministre. ‘’Il restait donc 260 nouveaux enseignants qui ne pouvaient pas couvrir le taux de croissance démographique de la scolarisation, lequel était de 3 % par an sur la population scolarisable. C’est à cause de cela qu’on perdait 1 point par an.’’
‘’J’ai donc décidé de lancer un service civique national dénommé ‘les volontaires de l’éducation’. Il s’agissait de demander aux jeunes d’aider leur pays à redresser la scolarisation, en contrepartie d’une bourse mensuelle de 50.000 francs CFA. C’est comme cela qu’on appelait cette contrepartie’’, s’est souvenu Mamadou Ndoye.
LA CONFEMEN ANNONCE DES REFORMES IMPORTANTES
Face à la crise de l’apprentissage qui frappe les systèmes éducatifs africains, un forum international sur l’amélioration des apprentissages au primaire en Afrique s’est tenu à Dakar du 28 au 30 janvier 2025.
Face à la crise de l’apprentissage qui frappe les systèmes éducatifs africains, un forum international sur l’amélioration des apprentissages au primaire en Afrique s’est tenu à Dakar du 28 au 30 janvier 2025. Organisé par la CONFEMEN et soutenu par la Fondation Gates, le ministère de l’Éducation nationale du Sénégal et l’ADEA, cet événement a rassemblé plus de 120 experts, ministres et partenaires internationaux pour proposer six axes de réforme afin de transformer l’éducation sur le continent.
Selon l’étude PASEC2019, seulement 11 % des élèves de 3e année maîtrisent la lecture. En conséquence, ce constat alarmant révèle une crise profonde de l’apprentissage en Afrique. En en sens, un Forum s’est tenu à Dakar, rassemblant plus de 120 experts, ministres et partenaires internationaux. En effet, les évaluations menées par le PASEC indiquent que seuls 23,5 % des élèves atteignent le niveau attendu en lecture et 29,5 % en mathématiques.
Ainsi, l’enseignement actuel présente de nombreuses lacunes, notamment en raison du manque d’enseignants formés et de ressources pédagogiques adaptées. De surcroît, la crise sanitaire liée à la COVID-19 a considérablement aggravé cette situation. Lors de son intervention, le Secrétaire Général de la CONFEMEN, Professeur Abdel Rahamane Baba-Moussa, a rappelé que cette situation ne peut être ignorée : « Nous ne pouvons pas accepter que tant d’enfants africains quittent l’école sans avoir acquis les compétences fondamentales en lecture et en mathématiques », a-t-il déclaré.
SIX RECOMMANDATIONS ANNONCEES LORS DU FORUM POUR TRANSFORMER L’APPRENTISSAGE
Le forum a permis d’identifier six axes majeurs pour remédier à cette crise éducative dont le renforcement des évaluations des apprentissages car il est indispensable de mettre en place des systèmes d’évaluation harmonisés à l’échelle nationale et internationale. Il est aussi question de «participer et contribuer activement aux efforts régionaux et continentaux visant à développer un cadre commun d’évaluation des apprentissages pour l’Afrique ; de promouvoir des pratiques pédagogiques efficaces : orienter les pratiques pédagogiques vers l’utilisation des pédagogies efficaces ; de promouvoir un enseignement l’enseignement explicite centré sur la correspondance graphème-phonème pour la lecture doit être généralisé, tout comme des approches adaptées en mathématiques». De plus, « l’utilisation des données d’évaluation pour piloter les réformes, les résultats des évaluations doivent être diffusés et exploités pour adapter les réformes éducatives».
Selon la CONFEMEN, il importe aussi de «Renforcer la formation et l’encadrement des enseignants : la nécessité d’améliorer la formation initiale et continue des enseignants, en insistant sur l’analyse des pratiques pédagogiques ». Il en est de même de « la mise à l’échelle des meilleures pratiques : la généralisation des bonnes pratiques et la mise à disposition de manuels scolaires adaptés sont essentielles ».
Enfin, il urge d’arriver à « la pérennisation et l’institutionnalisation des programmes par l’appropriation par des acteurs de l’éducation, notamment les praticiens à tous les niveaux (classe, école, inspection, local et central). D’autre part, le forum a également mis en exergue l’importance d’un engagement politique fort. Ainsi, le Professeur Baba-Moussa a appelé à ce que les gouvernements africains, ainsi que l’Union Africaine, placent l’éducation au cœur de leurs priorités. Par conséquent, il a souligné la nécessité de mobiliser des financements conséquents pour soutenir les réformes éducatives.
LES UNIVERSITES PUBLIQUES EN EBULLITION
Cette semaine a été marquée par des perturbations dans les universités publiques sénégalaises avec des grèves des enseignants mais aussi des étudiants.
Cette semaine a été marquée par des perturbations dans les universités publiques sénégalaises avec des grèves des enseignants mais aussi des étudiants. D’année en année, ces troubles se poursuivent et se répercutent sur le bon fonctionnement des établissements d’enseignement supérieur et sur les résultats. Et pourtant, dès l’installation du nouveau régime, les autorités s’étaient fixées comme objectif d’instaurer un calendrier stable et prévisible.
Dans un contexte où l’Etat du Sénégal est confronté à des contraintes budgétaires majeures, laissant très peu de marges de manœuvres financières, selon le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, le front social intensifie ses contestations dans le sous-secteur de l’enseignement supérieur. La nouvelle grève du Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (Saes) observée hier, vendredi 14 et avant-hier, jeudi 13 février, a de nouveau paralysé le déroulement des cours dans les universités publiques sénégalaises. Le Saes dénonce « la non-réversion, depuis bientôt 5 ans, des pensions de retraite aux ayant-cause des enseignants-chercheurs et chercheurs décédés, en violation de la loi sur le code des pensions civiles et militaires » ; « le non-respect du protocole d’accord Saes-gouvernement du 6 janvier 2023 » ; « l’inertie totale d’une tutelle dépassée, face à un système d’enseignement supérieur à la dérive, malgré les efforts des enseignants-chercheurs et chercheurs ».
Avant les enseignants, c’était au tour des étudiants de perturber le fonctionnement des enseignements-apprentissages.
A l’université Iba Der Thiam de Thiès (Uidt) par exemple, il y a trois jours, les étudiants se sont fait entendre en observant une grève et en s’affrontant avec des jets de pierres aux forces de l’ordre qui répliquaient par des gaz lacrymogènes. La Conférence des amicales d’étudiants de l’Uidt annonce d’ailleurs, dans un communiqué, qu’un étudiant a perdu un œil dans les affrontements. Les étudiants de l’Uidt fustigent les conditions de vie et d’études de plus en plus difficiles. Parmi les principales revendications, les étudiants dénoncent le manque de ressources pédagogiques, les retards de paiement de bourses et les préoccupations relatives à l'insuffisance des infrastructures universitaires. Mieux, ils s'inquiètent aussi de l'afflux d'étudiants qui exacerbe les problèmes à l'université Iba Der Thiam. C’est pourquoi, ils n’ont pas manqué d’interpeller les autorités compétentes, notamment le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (Mesri) quant à l’accélération des travaux sur le campus.
Les étudiants de l’Université du Sine Saloum El Hadj Ibrahima Niasse n’ont pas été en reste dans la paralysie du sous-secteur de l’enseignement supérieur. Jeudi dernier, ils ont manifesté en brûlant des pneus et en érigeant des barricades sur la route nationale pour dénoncer des mauvaises conditions d’études. Les étudiants déplorent la non-réaction des autorités malgré leurs multiples interpellations.
A l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad), ce sont les étudiants de Master qui réclamaient le paiement de leurs bourses. Leur mouvement d’humeur a été freiné par l’annonce de paiement de la Direction des bourses. Il faut dire que ces grèves et manifestations perturbent le bon fonctionnement des universités publiques sénégalaises. Ce qui risque d’hypothéquer la stabilisation du calendrier universitaire malgré la détermination du Mesri à en faire son cheval de bataille après sa prise de fonction.
LE CROUS DE SAINT-LOUIS DÉMENT LES RUMEURS SUR UN DEUXIÈME DÉCÈS À L’UGB
Le Centre Régional des Œuvres Universitaires a tenu à rassurer la communauté universitaire et le public en général, affirmant qu’il n’y a eu aucun autre décès d’étudiant récemment.
Le Centre Régional des Œuvres Universitaires de Saint-Louis (CROUS) a publié un communiqué de presse aujourd’hui pour démentir « formellement » les rumeurs circulant sur les réseaux sociaux concernant un deuxième décès d’étudiant à l’Université Gaston Berger (UGB).
Le CROUS a tenu à rassurer la communauté universitaire et le public en général, affirmant qu’il n’y a eu aucun autre décès d’étudiant récemment.
Face à la propagation de fausses nouvelles, le CROUS appelle à la responsabilité et au discernement.
Il souligne, en outre , l’importance de vérifier les informations auprès de sources officielles avant de les partager, afin d’éviter de semer la confusion et l’inquiétude au sein de la communauté.
Toutefois, le directeur du CROUS, Dr Babacar Diop, a réitéré l’engagement du centre à assurer le bien-être des étudiants et à fournir des informations fiables.
Il a également, appelé à privilégier les sources officielles pour toute information concernant l’université.
CE QUE RECLAMENT LES ETUDIANTS APRÈS LE SUICIDE DE MATAR DIAGNE
Le rapport d'autopsie de l'étudiant de l'Université Gaston Berger de Saint-Louis, confirme la thèse du suicide. Bouleversée par cette nouvelle, la Coordination des Étudiants de Saint-Louis appelle les autorités à mettre en place ...
Le rapport d'autopsie de l'étudiant Matar Diagne, de l'Université Gaston Berger (UGB) de Saint-Louis, confirme la thèse du suicide. Bouleversée par cette nouvelle, la Coordination des Étudiants de Saint-Louis appelle les autorités à mettre en place un accompagnement psychologique au sein du campus pour prévenir de tels drames.
Un rapport d’autopsie sans équivoque
Le rapport final de l’autopsie, communiqué aux étudiants, confirme que Matar Diagne s’est donné la mort dans sa chambre. Cette conclusion, bien que difficile à accepter, met fin aux spéculations sur les causes du décès.
Un appel à un soutien psychologique
Face à cette tragédie, Alpha Issaga Diallo, président de séance de la Coordination des Étudiants de l’UGB, insiste sur la nécessité d’un suivi psychologique pour les étudiants afin d’accompagner les jeunes en détresse et éviter d’autres drames similaires.
Un drame évitable ?
Pour la Coordination des Étudiants, ce décès aurait pu être évité si un dispositif d’écoute et d’accompagnement avait été en place. Ce triste événement met en lumière la nécessité d’une meilleure prise en charge du bien-être mental des étudiants, souvent confrontés à une forte pression académique et sociale.
Vers des actions concrètes ?
Les étudiants espèrent que cet appel sera entendu et que des mesures seront rapidement mises en place pour renforcer l’accompagnement psychologique au sein du campus.
FURIEUX ET SUREXCITES, LES ETUDIANTS BLOQUENT LA CIRCULATION SUR LA NATIONALE 1
Le pire a été évité de justesse hier, mercredi 12 février 2025, au campus de l’universitaire du Sine-Saloum El Hadji Ibrahima Niasse (Ussein) de Kaolack. Entre les Forces de défense et sécurité et les étudiants, ça a bien chauffé.
Le pire a été évité de justesse hier, mercredi 12 février 2025, au campus de l’universitaire du Sine-Saloum El Hadji Ibrahima Niasse (Ussein) de Kaolack. Entre les Forces de défense et sécurité et les étudiants, ça a bien chauffé. Les étudiants qui ne peuvent plus continuer à accepter les mauvaises conditions d'études qu'on leur fait subir, se sont encore une fois soulevés contre le ministère de l'Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (Mesri).
Les incidents ont débuté dès les premières heures de la matinée. Sortis de tous les bords de leur campus, les étudiants déchainés ont envahis tous les espaces bordant littéralement leur campus jusqu'à la hauteur de la route nationale n°1 (Rn1) qu'ils ont ensuite bloqué pendant plusieurs heures, incendiant ainsi des pneus, pour maîtriser la situation et rendre plus confuse la circulation à hauteur de ce temple de leur université.
Très remontés contre le ministère de l'Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, les étudiants dénoncent ce qu’ils qualifie de «promesses non tenues» du ministre Abdourahmane Diouf au sujet de leur transfert vers les nouveaux locaux du campus de Mbadakhoune, situé non loin de Sing-Sing, à environ une dizaine de kilomètres un peu plus loin à l'Est. Ces étudiants, en plus de cette revendication, refusent de recevoir dans leur université les 1800 et quelques jeunes bacheliers de la 7ème promotion nouvellement orientés à l'Ussein. Et ceci pour combattre la promiscuité qui sévit dans le campus social. Une réalité qui est constatée, avec les effectifs d'étudiants aujourd'hui présents dans cette université qui ne cessent de croître d'année en année. Certes un mouvement d'humeur incontrôlable, mais qui se justifie aussi par le non-paiement des bourses à une partie des étudiants qui attendent toujours de rentrer dans leurs fonds. Il y a aussi par le retard observé dans le démarrage des cours pour certains de leurs camarades et ce depuis la rentrée universitaire. Ces étudiants ont par la suite été dispersés par la Police, à coups de bombes lacrymogènes. Parmi eux, certains ont été interpellés et conduits au Commissariat central de Kaolack où ils sont en garde-à-vue.
Selon les membres de la Coordination des Amicales du campus, cette situation risque de perdurer, car rien n'est encore mis sur table pour redonner confiance aux étudiants et apporter des solutions appropriées à cette crise ; ce bras de fer est loin de connaître son épilogue. Déjà, depuis plusieurs mois, les germes de cette instabilité sociale se manifestent (de plus en plus) dans le campus de l'Ussein. Car chaque semaine, les agitations ambiantes des étudiants se multiplient soit par des marches de contestation à travers les rues de Kaolack ou des rassemblements devant le Rectorat, soit par des séries d'assemblées générales dégénérant parfois et conduisant à des incidents aux proportions inquiétantes.
LE SAES EN GREVE, CE JEUDI 13 ET VENDREDI 14 FEVRIER
Les perturbations se poursuivent dans le sous-secteur de l’enseignement supérieur. Après les étudiants, c’est au tour des enseignants d’entamer un mouvement d’humeur.
Les perturbations se poursuivent dans le sous-secteur de l’enseignement supérieur. Après les étudiants, c’est au tour des enseignants d’entamer un mouvement d’humeur.
L e Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (SAES) a, en effet, décrété un mot d’ordre de grève de 48 heures aujourd’hui, jeudi 13 et demain vendredi 14 février 2025, rapporte un communiqué rendu public hier, mercredi 12 février. En cause, la question de la «réversion des pensions depuis plus de deux ans». «Le Bureau National du SAES, à l’expiration du préavis de grève du 13 janvier 2025, constate : la non-réversion, depuis bientôt 5 ans, des pensions de retraite aux ayant-cause des enseignants-chercheurs et chercheurs décédés, en violation de la loi sur le Code des pensions civiles et militaires ; le non-respect du protocole d’accord SAES-Gouvernement du 6 janvier 2023 ; l’inertie totale d’une tutelle dépassée, face à un système d’enseignement supérieur à la dérive, malgré les efforts des enseignants-chercheurs et chercheurs», lit-on dans le communiqué.
Outre la grève, le SAES demande aux militants de «surseoir, en plus des activités pédagogiques (cours, soutenances, délibérations), à toute participation à des activités administratives et réunions» ; «suspendre les formations payantes». Le Syndicat autonome de l’enseignement supérieur annonce «qu’il dégage ses responsabilités quant aux conséquences, sur les années académiques 2023-2024 et 2024-2025, qui découleront de la violation flagrante et constante des droits des familles des enseignants-chercheurs et chercheurs décédés». Non sans lancer «un appel à tous les camarades à la mobilisation pour exiger l’application sans délai du protocole d’accord ainsi que la restauration de la dignité des familles de nos défunts camarades».
Pour rappel, le SAES avait observé deux jours de grève, les lundi 13 et mardi 14 janvier dernier pour exiger «au nom de la continuité de l’État, l’application du décret modifiant le Décret n°2020- 1788 du 23 septembre 2020 portant création d’une allocation spéciale de retraite au profit des enseignants et chercheurs titulaires des universités».
REPENSER L’ÉDUCATION POUR UN MEILLEUR ACCÈS À L’INFORMATION
L’accès à l’information exige une refonte des approches éducatives en Afrique, selon Tchanlandjou Kpare. Il cite une étude du Bureau international du travail indiquant que seulement 30 % des jeunes ont des informations claires sur leurs opportunités.
Dakar, 12 fév (APS) – Le secrétaire général de la Conférence des ministres de l’Éducation des États et gouvernements de la Francophonie (CONFEMEN), Abdel Rahamane Baba Moussa, a insisté mercredi sur la nécessité de réformer les systèmes éducatifs africains pour mieux répondre aux défis de l’employabilité des jeunes.
‘’Nos systèmes éducatifs doivent impérativement relever les défis de l’employabilité. Il est essentiel de repenser l’éducation et la formation pour offrir aux jeunes des compétences adaptées aux mutations du monde du travail ‘’, a-t-il déclaré.
Il s’exprimait à l’occasion du Sommet des acteurs du changement, placé sous le thème co-créer des solutions innovantes, systémiques et durables sur les questions d’éducation, de formation et d’employabilité organisé par Ashoka-Sahel au Sénégal.
Soulignant l’urgence d’adapter l’éducation aux mutations du marché du travail, il a insisté sur la nécessité de solutions innovantes, systémiques et durables.
‘’En 2004, 21,2 % des jeunes Africains étaient inactifs, tandis que 5 % des 15 à 35 ans étaient au chômage. Si rien n’est fait, cette situation pourrait s’aggraver de manière exponentielle ‘’, a-t-il averti, citant des données de l’Agence de développement de l’Union africaine.
Il a rappelé que la 60e session ministérielle de la CONFEMEN, tenue en avril dernier, a formulé plusieurs recommandations, parmi lesquelles l’adoption de financements innovants pour la formation technique et professionnelle, le renforcement des filières scientifiques et technologiques et l’intégration de l’entrepreneuriat dans les cursus scolaires.
Le Pr Moussa a également plaidé pour une meilleure interaction entre les secteurs de l’éducation et de l’emploi afin de bâtir un écosystème éducatif performant.
‘’Il est temps de dépasser le modèle où l’école formait sans se soucier de l’adéquation avec le marché du travail ‘’, a-t-il conclu, saluant l’initiative d’Ashoka-Sahel pour avoir réuni divers acteurs engagés dans cette transformation.
Dans ce même sillage , le directeur régional d’Ashoka Sahel, Tchanlandjou Kpare, a souligné l’importance d’une éducation innovante et adaptée aux réalités du marché du travail.
Selon lui, environ 60 % des jeunes Sénégalais âgés de 15 à 24 ans sont sans emploi, un chiffre aggravé par un manque d’accès à des informations fiables sur les opportunités de formation et d’emploi.
‘’Le défi de l’accès à l’information doit nous amener à repenser notre approche éducative ‘’, a-t-il insisté, en citant une étude du Bureau international du travail révélant que seulement 30 % des jeunes disposent d’informations précises sur ces opportunités.
M.Kpare a également appelé à une meilleure intégration des technologies de l’information et de la communication dans l’enseignement, ainsi qu’à une approche plus interactive de l’apprentissage. ‘’L’éducation ne peut plus se limiter à la transmission de savoirs académiques. Elle doit former des citoyens critiques, créatifs et acteurs du changement ‘’, a-t-il affirmé.
Toutefois, il a estimé que les efforts des Etats africains doivent être renforcés par des politiques plus inclusives et une coopération accrue entre le secteur public, le privé et la société civile.
‘’L’innovation sociale doit être reconnue comme un levier essentiel de transformation’’, a conclu Tchanlandjou Kpare, appelant à une action collective pour bâtir un avenir plus inclusif et équitable pour les jeunes du continent.
KAOLACK, LES ÉTUDIANTS DE L’USSEIN BLOQUENT LA RN1
Ils dénoncent leurs mauvaises conditions d’études et exigent des améliorations. Pour se faire entendre, ils ont brûlé des pneus et érigé des barricades, perturbant fortement la circulation.
Des étudiants de l’Université du Sine-Saloum El Hadji Ibrahima Niass (USSEIN) ont bloqué la route nationale numéro 1 (RN1) ce mercredi matin à Kaolack. Ils dénoncent leurs mauvaises conditions d’études et exigent des améliorations.
Pour se faire entendre, ils ont brûlé des pneus et érigé des barricades, perturbant fortement la circulation. Les forces de l’ordre sont intervenues avec des grenades lacrymogènes pour les disperser, mais les tensions persistent.
Les étudiants affirment avoir alerté les autorités depuis plus d’un mois sans réponse. La semaine dernière, ils avaient déjà organisé une marche pacifique, sans succès. Face à cette situation, ils promettent de poursuivre leur mobilisation jusqu’à obtenir satisfaction.