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26 février 2025
par Madiambal Diagne
DIOMAYE-SONKO, QUE TOUT LE MONDE MONTRE SES DOSSIERS FONCIERS
La suspension des travaux sur la Corniche est un signal dissuasif pour les investisseurs. Diomaye accepte pour Atépa ce que Diouf, Wade et Macky lui avaient refusé. Je suis totalement à l’aise sur ce sujet
Diomaye accepte pour Atépa ce que Diouf, Wade et Macky avaient refusé. L’homme d’affaires, Pierre Goudiaby Atepa, a annoncé le dimanche 28 avril 2024, une décision du président Bassirou Diomaye Faye de suspendre tous les chantiers privés en cours d’exécution sur la Corniche de Dakar. A quel titre Atepa annonce-t-il, à la place du gouvernement et des autorités compétentes, d’aussi importantes mesures, dans son propre secteur d’activités où il a des concurrents et sans doute quelques petits comptes à régler ? La dame Aby Ndour peut davantage craindre pour son petit business sur la Corniche ! N’aurait-il pas été plus décent de laisser le soin à un officiel de faire une telle annonce ! Quid des constructions qui ont fini d’être réalisées et dont certaines l’ont été avec l’implication directe de Pierre Goudiaby Atepa ? Ne faudrait-il pas les détruire pour être justes et équitables ? Voilà un parfait signal dissuasif pour tous les investisseurs qui détiennent des titres de propriété irrévocables et qui ont levé des financements auprès des banques et/ou ont recueilli l’argent d’acheteurs qui attendent le respect des délais de livraison convenus ! Au cas où l’Etat du Sénégal se risquerait à dédommager les victimes, que le budget national ne suffirait pas pour cela ! A titre d’exemple, l’Etat avait été obligé, en dépit des protestations du Président Macky Sall, de payer un terrain de 6000 m2 au prix de 9 milliards de francs, pour y ériger l’usine de dessalement d’eau de mer sur le flanc du Phare de Dakar ! Cela peut donner une idée du coût de dédommagements sur plusieurs kilomètres carrés de superficie de terrains !
Le Directeur général des Impôts et domaines (Dgid), Abdoulaye Diagne, a publié un avis indiquant les zones ciblées par la mesure de suspension des travaux. Soit dit en passant que je ne possède aucun chantier en cours dans les secteurs ciblés. On constate, à la lecture du document, qu’il y transparaît une certaine indignation sélective. En effet, pourquoi sévir seulement sur les affectations foncières postérieures à l’année 2020 ? Il aurait été plus exhaustif de passer au peigne fin toutes les affectations foncières sous le régime de Macky Sall et même de Abdoulaye Wade. Ainsi, on saurait le rôle joué par les uns et les autres comme par exemple celui de Pierre Goudiaby Atepa dans la première opération de morcellement des terres de l’aéroport Léopold Sédar Senghor ou du terrain jouxtant l’hôtel Terrou Bi de Dakar et abritant partiellement le nouvel hôtel Azalai ou encore les affectations dont avaient pu bénéficier des cadres du parti Pastef et du syndicat des agents des impôts et domaines ? Quel est l’impact économique et social de l’arrêt des chantiers ?
Ce sont des dizaines de milliers d’ouvriers et de techniciens du bâtiment qui gagnent leur vie en passant leurs journées dans ces chantiers. Qui va leur assurer des revenus ? On prendra également en compte les nombreuses personnes qui leur vendent à manger ou des boissons aux heures de travail. Et les familles qui dépendent du revenu journalier ramené par ces ouvriers ? Et les autres commerces et activités de production, de vente de ciment et de matériaux de construction, et les activités des cabinets de notaires ? L’adage dit bien que «quand le bâtiment va, tout va». En arrivant au pouvoir en 2012, Macky Sall avait agi de même que le tandem Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, en bloquant des chantiers du lotissement de l’aéroport Léopold Sédar Senghor avec les cités Mbackiou Faye et Cheikh Amar, entre autres. L’évaluation faite par les services du ministère des Finances indiquait que plus de dix mille travailleurs gagnaient leur vie dans ces chantiers, à raison d’une dizaine d’ouvriers par villa. En septembre 2013, le gouvernement a laissé les chantiers se poursuivre pour ne pas faire souffrir davantage l’économie du pays.
Par ailleurs, au-delà de l’impact négatif que cela provoquera sur l’environnement des affaires et la cote du Sénégal au «Doing business», il y aurait fort à craindre qu’avec cette opération, le gouvernement fasse des milliers de victimes innocentes qui ont acquis des terrains par le circuit le plus légal. On peut bien s’imaginer que les pontes qui bénéficieraient d’affectations foncières les mettent immédiatement sur le marché. Dans sa note, le Dgid ouvre une brèche pour envisager l’examen des situations au cas par cas par un Comité ad hoc dont la domiciliation ou la composition n’est pas encore précisée. Reviendra-t-il au Premier ministre de s’occuper des discussions ou autres négociations, au cas par cas ?
Je suis volontaire pour être le premier client d’une enquête sur le foncier
L’occasion est donnée pour clarifier toutes les accusations portées, çà et là, contre des citoyens. Je n’ai eu de cesse de dire, sur tous les plateaux de radio et de télévision, et sur tous les tons, que je n’ai jamais bénéficié d’une affectation d’un seul mètre carré de foncier de la part de l’Etat. Tout patrimoine que j’ai pu acquérir dans ce secteur, l’a été par le truchement d’une transaction foncière stricte, avec des personnes privées et selon les procédures claires et transparentes, et tous les droits et taxes ont été dûment acquittés. Le nouveau gouvernement dispose de tous les leviers pour en avoir le cœur le net, d’autant qu’un responsable du parti Pastef, Abdou Gning, vient d’être nommé à la tête du service des Domaines. Dans un texte du 22 novembre 2022, publié dans ces colonnes et intitulé : «Je ne cède pas au chantage au smartphone», j’indiquais «qu’on a immanquablement des amis et des ennemis.
Des amis pour nous apprendre notre devoir, des ennemis pour nous obliger à le faire». J’espère fortement qu’une enquête exhaustive sera ouverte sur le foncier et ce sera une opportunité pour faire la lumière et faire taire des accusations fallacieuses et gratuites qui alimentent quelques causeries. On peut se consoler et rendre grâce à Dieu de faire partie des propriétaires et non pas de cette foule hystérique de délateurs, «livers» et autres promeneurs avec le smartphone à la main, qui prétendent dénoncer on ne sait quel scandale. On devra d’ailleurs nous dire si la propriété privée licite, pour un Sénégalais de surcroît, qui n’a jamais géré des fonds publics, n’a jamais occupé d’emplois publics ou n’a jamais bénéficié d’un contrat avec l’Etat, est prohibée dans ce Sénégal de Ousmane Sonko et de Bassirou Diomaye Faye ! Dominique Strauss Kahn, excédé par des reproches ou des quolibets de ses «amis» de la gauche sur sa richesse, avait pu dire un jour : «Devrait-on s’excuser d’être quelque peu riche ?» Encore une fois, personnellement, je suis totalement à l’aise sur ce sujet et cela m’avait permis de m’insurger contre les prédations foncières, avec un article retentissant titré «Finalement, ils ont fait pire que les Wade avec nos terres», en date du 8 juin 2020. Aussi, j’évoque très largement et on ne peut plus librement le sujet dans mon livre «Macky Sall, derrière le masque», publié en septembre 2023. Certains partisans du Président Sall, courroucés, avaient espéré en vain pouvoir me confondre avec des attributions foncières. Mal leur en a pris !
Mon audition que je souhaite tant, devant une structure d’enquête sur les questions foncières, sera le lieu, documents à l’appui, de montrer que depuis que je commençais à construire des maisons et des immeubles ou que j’achetais des terrains, en 1998 (cela fait 26 ans déjà, certains lanceurs d’alerte n’étaient pas encore nés !), Abdoulaye Wade était encore opposant, que Macky Sall était chef de division à la société Petrosen ou que Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye étaient étudiants à l’université de Saint-Louis et à l’université de Dakar. Mon audition comme celles de nombreux autres Sénégalais, permettront de fournir des preuves sur des attributions et autres transactions foncières, impliquant de hauts responsables du parti Pastef et portant sur des terrains dont ils ont pu bénéficier, au gré de multiples opérations de morcellement. En effet, cela permettrait également de débusquer des patrimoines fonciers opportunément occultés dans certaines déclarations de patrimoine. Et, croyez-moi, le parjure ne sera pas loin ! Il y a généralement des sujets qu’il vaudrait mieux ne pas soulever si on veut sauvegarder l’image de certaines hautes personnalités de l’Etat.
Par Hamidou ANNE
MOTS ET MAUX DE LA PRESSE NATIONALE
La Rts est une plaie pour la démocratie sénégalaise et cela ne risque guère de changer…Il y a trop de mots à poser sur la presse sénégalaise, mais panser ses plaies ne semble être une urgence pour grand monde.
J’ai eu la surprise de me retrouver, ce lundi, à la Une du quotidien Le Peuple… Le média, n’ayant pas pris la peine de me solliciter pour une interview, a repris l’une de mes anciennes chroniques, plus précisément celle publiée le 26 mars 2024 dans les colonnes du journal Le Quotidien, sans précision aucune, créant ainsi une confusion possible chez le lecteur...
Je dois, avant de poursuivre, faire une précision qui, en temps normal, ne serait pas opportune. Mais, je connais un tant soit peu notre pays, l’esprit de cour qui le caractérise, les confusions actuelles, les manipulations hâtives, les parties prenantes de notre espace public singulier, les retournements de veste fréquents et les gages que d’aucuns donnent à chaque nouveau régime pour rentrer dans ses bonnes grâces. Je pense être suffisamment aguerri dans la conversation publique pour ne pas dire que je maintiens tout ce que j’ai écrit dans cette chronique dont le titre est intitulé «Faire face». Je pense tout ce que j’y ai dit aujourd’hui plus qu’hier. Là n’est pas le souci. Le problème réside dans la manière cavalière de faire, qui hélas devient de plus en plus fréquente dans la presse de notre pays.
Cet épisode m’a mené à une réflexion sur l’état dans lequel se trouve la presse nationale. Elle donne l’air d’un vaste champ de ruines où la médiocrité côtoie l’indélicatesse en matière d’éthique et de déontologie. Un observateur averti et un minimum honnête sait que la presse sénégalaise, dans ses larges pans, fait face à une crise qui a sérieusement entamé sa réputation. Et je ne vois pas surgir ne serait-ce que le début d’une remise en question, premier pas avant les prémices d’une éventuelle mais ô combien nécessaire rectification.
Il est illusoire de penser arriver à une maturité démocratique sans une presse libre, exigeante, de qualité et fidèle à la promesse initiale de ce secteur. Dire la vérité, sacraliser les faits, faire preuve d’équilibre dans le traitement de l’information, voilà, dans les grandes lignes, ce qui est attendu du «quatrième pouvoir» dont ne peut se passer toute démocratie vitale.
Si le Sénégal reste, malgré les alternances politiques, une démocratie de faible intensité, la presse en porte une responsabilité. A l’aune des méthodes, des pratiques et du positionnement d’une partie du corps journalistique, se remarque une maladie sénégalaise dans le traitement et la diffusion de l’information.
Au micro de TV5, au lendemain de la Présidentielle de 2019, je pointais le danger qui nous guettait -en vrai il était déjà présent- relativement au positionnement de deux grands groupes audiovisuels, qui avaient chacun pris fait et cause l’un pour la majorité et l’autre l’opposition. Les choses se sont dégradées ensuite et nous avons eu droit à une vraie entreprise de manipulation, de diffusion sans complexe de mensonges et de fake-news et de promotion d’un nouveau type de sénégalais, le chroniqueur télé. Sorti de nulle part souvent, il accumule les mensonges et les propos diffamatoires, excelle dans l’art de conter des histoires invraisemblables et est parvenu à s’infiltrer dans le cœur de l’espace public avec, comme arme efficace, la contrevérité. Certains, c’est un secret de polichinelle, sont rétribués au prorata des énormités qu’ils sortent, des propos tendancieux et salaces qu’ils colportent sur d’honnêtes citoyens. Mais notre société est devenue si perméable et permissive au mensonge que rien ne semble arrêter ce cheptel de menteurs à visage découvert et sans complexe aucun qui inondent nos médias et en sont devenus les têtes de gondole.
Je suis au regret de dire qu’il m’est devenu impossible de lire la plupart de nos journaux ou de regarder certaines télévisions car y sévissent journalistes et animateurs médiocres, incapables de tenir un propos cohérent et substantiel dans aucune langue et surtout téméraires parce qu’ignorants et incultes. Nous voyons tous le niveau de dégradation dans la presse et nous semblons nous complaire de cet état de fait, qui est devenu un danger pour notre démocratie et pour le vivre-ensemble.
L’autre problème sérieux auquel nous faisons face est relatif au caractère partisan d’une partie de la presse, notamment les chaînes YouTube qui, parce que leur modèle économique fonctionne sur la base du nombre de «vues», normalisent l’outrance, le discours antirépublicain et les atteintes à la dignité humaine. Insultes, propos complotistes, accusations graveleuses, diffamations, mensonges éhontés forment une machine à faire du buzz au préjudice de la responsabilité éditoriale et de l’éthique tout court. J’avais fait remarquer à une journaliste d’une web tv que sur ses vingt-deux dernières émissions, elle avait invité seize personnes membres ou sympathisants d’une seule formation politique. Elle a assumé violer allègrement les règles qui régissent son métier au nom du buzz. Car, me disait-elle, avec eux, j’ai une audience plus large.
Le mal est général et très profond, car le service public, composé de journalistes talentueux et professionnels, ne fait pas mieux dans le respect des règles d’équilibre et de pluralisme. La Rts est une plaie pour la démocratie sénégalaise et cela ne risque guère de changer…Il y a trop de mots à poser sur la presse sénégalaise, mais panser ses plaies ne semble être une urgence pour grand monde.
LA MONTÉE DE L'INQUIÉTUDE
Avec la suspension des travaux décidée sur plusieurs zones sensibles, c'est tout un secteur de l'économie qui est fragilisé, nourrissant craintes des ouvriers et réactions contrastées des populations concernées
Après l’annonce de la suspension des travaux au niveau de la corniche-Ouest et de la Bande des filaos, entre autres localités ciblées par les autorités, les ouvriers et les promoteurs sont dans une attente fragile et se projettent avec anxiété sur l’avenir.
Les autorités ont-elles cédé aux pressions des «livers» ? Depuis le début de la nouvelle alternance, des vidéos sur les supposés biens immobiliers, qui appartiendraient à des privés et des investisseurs, font le tour la toile. Depuis vendredi, le président Bassirou Diomaye Faye a pris la décision d’arrêter toutes les constructions sur la Corniche de Dakar et d’autres zones du pays. Et c’est pour une vérification de documents qui permettent à ces propriétaires d’hôtels, d’immeubles et villas de luxe de construire. Si la corniche-Ouest commence au Cap Manuel, s’étend sur Terrou-bi, la mosquée de la Divinité, l’hôtel King Fahd Palace, la plage de la Bceao jusqu’à celle de Diamalaye, la corniche-Est s’étend du Cap Manuel jusqu’à la plage longeant la route de Rufisque, en passant par la résidence de l’ambassade de France, le Palais présidentiel et le Port. Alors que la Bande de filaos s’étend de la zone de Malibu jusqu’à Malika, en passant par le rond-point Gadaye.
Sur place, les ouvriers sont au pied des murs. Au lendemain de l’annonce de la mesure, les maçons sont présents, en pleine manœuvre au niveau des différents chantiers où poussent des bâtiments à usage d’habitation, des infrastructures publiques comme le nouveau Palais de justice de Pikine-Guédiawaye niché sur la Vdn 3, où les lampadaires sont en train d’être installés par les techniciens. «C’est un site bien loti et la distance règlementaire des 100 m est bien respectée. C’était sur la demande des goorgoorlous, des pères de famille qui habitent dans les 5 communes de Guédiawaye. Il y a aussi des conseillers qui avaient sollicité un déclassement de cette bande, d’autant plus qu’il y avait toujours des agressions et des meurtres. Même les maisons environnantes étaient dans une insécurité totale. Ce site nous revient, c’est notre patrimoine. La majeure partie des gens vulnérables sont propriétaires d’une parcelle ici sur le littoral de la Vdn 3. Il ne faut pas oublier que la ville grandit et que Guédiawaye regorge du monde», renseigne le vieux Assane Diop, trouvé sur le site. A propos de la déclassification de cette Bande de filaos, les avis sont partagés. «Ce qui nous fatigue c’est qu’il y a des activistes mécontents qui ne sont pas bénéficiaires, qui cherchent avec ce nouveau régime à faire des règlements de comptes. Parce qu’ils savent qu’actuellement le régime en place est sensible aux problèmes et veut plaire à tout le monde. Ce qui n’est pas possible. Et nous osons croire que l’Etat va diligenter ce problème avec prudence. Car vouloir arracher un bien pour le donner à un autre est injuste parce qu’il y a beaucoup de personnes qui sont en train de se prononcer sur le littoral alors qu’elles ne maîtrisent même pas ce dossier», renseigne Pape Hann, trouvé sur le site de Gadaye. Selon lui, «ce littoral doit être animé parce qu’il s’étend jusqu’à Saint-Louis. Des infrastructures sont prévues. Il doit être animé et éclairé. Malheureusement, il y a des activistes qui veulent tout diaboliser en demandant à ce que ce que l’occupation du littoral de la Vdn 3 soit annulée. Quelle méchanceté».
Il faut savoir que toute cette zone fait partie du programme du Plan d’urbanisme de détails (Pud) approuvé et rendu exécutoire par un décret de l’ancien chef de l’Etat Macky Sall qui a été réparti pour un espace (150, 58 ha) comme suit : «43, 92% de la superficie totale du Pud sont réservés à l’habitat, 21, 01% aux voiries et réseaux divers, 35% aux équipements.»
Sur place, quelques filaos dansent sous l’effet du vent. Alors que les ouvriers poursuivent leurs corvées. A Malika, la situation est la même où l’occupation du foncier divise les différentes parties. Les jeunes de la commune, à travers une association locale, réclament 1500 parcelles à l’Etat. En plus d’exiger que le décret qui affecte la zone à certaines personnalités soit annulé, ils demandent au Président Faye l’octroi de ces parcelles à usage… sur le même site. «On ne demande pas de détruire tout ce qui est en train d’être fait ici avec le programme Pud. Ce n’est pas sérieux que les gens le fassent. Mais nous voulons que notre terre nous revienne parce que qu’elle est occupée par des gens qui n’habitent même pas la localité et qui bénéficient des ha. Tout le monde a droit à une parcelle. L’Etat devra faciliter l’octroi d’une parcelle aux enfants de la localité», explique Bachir Paye, détenteur d’une buvette de café Touba au niveau de la plage de Malika.
«J’espère que les autorités savent ce qu’elles font…»
Au niveau de la corniche-Ouest de Dakar où poussent des immeubles, des hôtels, des sites en situation de terrassement, les travaux se poursuivaient hier. Les ouvriers mettent la dernière main sur certaines finitions pour embellir leurs chantiers. Si certains n’ont pas le temps de disserter sur les lendemains qui risquent d’être moins enchanteurs à cause de l’arrêt des travaux, d’autres ont du mal à imaginer la suspension de leurs «contrats» de travail le temps que les audits soient achevés par les services domaniaux et cadastraux. «Que voulez-vous que je vous dise. Nous sommes venus travailler, mais je ne sais pas si demain (aujourd’hui) il sera possible de le faire. Du jour au lendemain, on va se retrouver dans la précarité», note un ouvrier, accroché au pied d’un immeuble. «J’espère que les autorités savent ce qu’elles font, surtout que Diomaye et Sonko sont des inspecteurs des impôts. On ne peut rien obtenir ici sans autorisation», ajoute un autre, qui hume cet effluve marin envoyé par la grande bleue qui gronde à quelques mètres de son lieu de travail. De l’hôtel Azalai, ouvert il y a quelques mois, jusqu’aux Mamelles, les interrogations et les inquiétudes se superposent sur les visages des travailleurs et des promoteurs après cette décision de suspension des procédures domaniales et foncières prise par Faye et Sonko.
ÉMIGRATION, DE NOUVEAUX CANDIDATS INTERPELLÉS PAR LA BASE NAVALE NORD À SAINT-LOUIS
À en croire la Dirpa qui a donné l’information à travers le réseau X, parmi ces candidats à l’émigration, on compte 37 Sénégalais, 8 Gambiens et 2 Guinéens.
Un groupe de 47 candidats à l’émigration irrégulière ont été interpellés par la Base navale Nord dans la nuit du 29 au 30 avril 2024.
À en croire la Dirpa qui a donné l’information à travers le réseau X, parmi ces candidats à l’émigration, on compte 37 Sénégalais, 8 Gambiens et 2 Guinéens qui ont été arrêtés sur la plage avec une pirogue contenant notamment 40 bidons de 30 litres d’essence.
La même source révèle qu’ils ont été remis à la Gendarmerie.
Par DIAGNE Fodé Roland
NOTE SUR LA TACTIQUE A PORTEE STRATEGIQUE DANS LE CAMP SOUVERAINISTE
Notre camp souverainiste a gagné l’étape de la prise du pouvoir par les urnes suite à une résistance et une lutte contre l’État hors la loi qui a exigé de la détermination
Bés Bi le Jour |
DIAGNE Fodé Roland |
Publication 30/04/2024
Notre camp souverainiste a gagné l’étape de la prise du pouvoir par les urnes suite à une résistance et une lutte contre l’État hors la loi qui a exigé de la détermination, de l’ingéniosité, de l’inventivité adaptative au rapport évolutif des forces et qui a subi des martyrs, des handicapés, des blessés, des prisonniers politiques.
Le camp souverainiste se compose et se divise en trois tendances politiques représentants des classes sociales aux intérêts de classes spécifiques :
- Tendance libérale mondialiste représentant la bourgeoisie et la petite bourgeoisie nationale qui considère le privé comme principal voire seul pourvoyeur d’emplois ainsi que l’industrialisation et bénéficiaire des renégociations des «accords de coopération» soixantenaire et des contrats léonins sur les richesses minières ;
- Tendance conservatrice libérale mondialiste représentant la petite bourgeoisie et la bourgeoisie et/ou les propriétaires terriens féodaux qui partagent le même économisme mondialiste mais y associent une opposition aux diktats sociétaux (féminisme colonial assimilationniste sur l’égalité homme/femme, la parité, la polygamie, l’homosexualité, etc.) des impérialistes ;
- Tendance révolutionnaire de gauche et/ou communiste représentant les classes laborieuses, principalement ouvrière œuvrant à ce que ces classes populaires, qui sont les forces sociales réelles et la base des luttes souverainistes, ne soient pas que des forces d’appui et d’appoint mais soient participatives.
Le vote du 24 mars 24 a une portée d’étape dans la marche historique du peuple vers l’obtention de la souveraineté nationale. Mais l’État dont a hérité le pouvoir souverainiste est néocolonial et fortement intégré dans la mondialisation libérale hégémonique de l’Occident impérialiste US/UE/OTAN.
Comment accompagner le nouveau pouvoir pour briser l’État hors la loi et réformer l’État néocolonial dans la direction de l’État souverain ?
Nous devons lutter pour obtenir une égale dignité d’expression sur la base de «l’unité, critique, unité» au sein du camp souverainiste et dans ce cadre :
- œuvrer à l’expression des besoins des masses laborieuses pour favoriser l’expression transparente de la mal-gouvernance néocoloniale des gouvernants passés, notamment de l’État hors la loi qui a été chassé dans les urnes et favoriser, y compris par des propositions, la résolution progressive des revendications populaires;
- Ce travail militant et législatif permet de maintenir la liaison du camp souverainiste avec les masses, liaison indispensable pour lutter à la fois contre des impatiences qui peuvent être manipulées par le néocolonialisme et les conscientiser sur la nécessité qu’elles soient actrices du changement en cours ;
- Ce travail militant et législatif doit aussi favoriser, tout en préservant le «nous sommes ensemble» des trois courants souverainistes, la réémergence progressive d’une avant-garde ouvrière et populaire qui sera l’expression politique de «notre différence» dans l’unité de notre camp souverainiste ;
- Concrètement la pratique de «l’unité, critique, unité» doit centrer son objectif actuel afin d’obtenir le 1er congrès et de fusion de Pastef/Les Patriotes pour préparer les législatives prochaines, remettre au centre du processus démocratique le parti front avant les législatives et réduire à terme le présidentialisme dominant y compris dans notre camp souverainiste ;
- Le congrès avant les législatives est important pour éviter «l’Etat-parti» parce que sans être le «parti-Etat», c’est le parti qui doit être le lieu pour décider si on y va seul ou en coalition et pour décider sur la base de la démocratie interne les candidats départementaux et la liste nationale qui doit refléter proportionnellement les trois tendances et les partis fusionnants, ce qui fait, au vu de la réalité évolutive aujourd’hui, que 10 % de députés révolutionnaires du camp souverainiste est raisonnable ;
- Dans cette étape de consolidation de la victoire présidentielle, l’expérience militante et législative inédite au Sénégal d’être à la fois dans le camp souverainiste et porter les revendications populaires pour contribuer à assainir, consolider la victoire dans l’État et contrôler l’action gouvernementale, exige qu’il faut expliquer, expliquer, expliquer pour convaincre les militants et les populations en plus des victimes d’hier dont nous portons les revendications ou dont on organise les luttes à la fois de la patience à avoir et de leur rôle d’intervention autonome responsable dans la vie publique ;
- Nous devons expliquer que ce n’est pas contre mais pour consolider la victoire présidentielle en aidant par l’action militante et législative ou celles des masses à assainir l’appareil d’Etat au-delà de sa structure, de son essence néocoloniale en plus et au-delà des audits et exhumations des rapports des corps de contrôle de l’État (OFNAC, Cour des Compte, IGE, IGF, etc.) en cours ;
- Il est clair que les forces défaites par notre victoire ne vont pas rester les bras croisés.
Par exemple, va se poser à termes dans les «renégociations des contrats», dans «l’UEMOA/CEDEAO» des contradictions et des tensions entre l’orientation souverainiste portée par notre nouveau pouvoir et les 600 entreprises impérialistes françaises qui contrôlent notre économie et les pouvoirs néocoloniaux de l’UEMOA/CEDEAO.
- Nous devons par cette liaison avec les masses, notamment à travers les structures de base, les mouvements jeunes, femmes, etc., de Patesf/Les Patriotes, nos députés mais aussi les OSC, syndicats où sont engagés nos militants dans le respect de leurs instances démocratiques de décision, être en capacité de réaliser, si besoin, l’exploit du peuple du Niger, lequel pendant plus de 6 mois à encercler les bases militaires et l’ambassade français à Niamey mobilisant plus d’un million de Nigériens à tour de rôle. Cette action citoyenne démontre que c’est le peuple qui exige leur départ au-delà mêmes des nouvelles autorités d’État de la Transition ; Voyant cela, les USA viennent d’accepter de faire partir leurs bases de drones au Rwanda.
Toutes les tendances de notre camp souverainiste doivent se convaincre que sans le peuple, sans son implication, sa participation, sa mobilisation, nous ne pourrons atteindre l’objectif de rendre véritablement souverain notre pays. Tout se fera avec et pas sans le peuple, la tâche est donc de rendre permanente la liaison avec les classes laborieuses, avec le peuple tout en s’érigeant force de propositions vis-à-vis de notre pouvoir souverainiste. Tels sont les axes principaux du travail d’étape à gérer à la fois avec fermeté et souplesse au-delà des incompréhensions suscitées par ci par là en raison de l’originalité de notre action de soutien critique et parfois des adversités à traiter dans le cadre des contradictions secondaires, voire actuellement non antagonistes dans notre camp souverainiste.
LE PRÉSIDENT N'A PAS LE POUVOIR… D'ORDONNER L'ARRÊT DE CONSTRUCTIONS, SELON ME DOUDOU NDOYE
Pour justifier sa position, il a indiqué que le président de la République n’est pas la loi. Selon lui, chaque décision doit être fondée sur les prescriptions de la loi.
Suite à la décision du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, d’arrêter toutes les constructions au niveau du littoral, Me Doudou Ndoye a donné son point de vue sur la question. Sur les ondes de Iradio, l’avocat a indiqué que « le président de la République n’a pas le pouvoir, par sa seule voix, en dehors des formes prévues par les lois et règlements, d’ordonner l’arrêt de constructions… ».
Après les révélations de l’architecte Pierre Goudiaby Atépa, selon lesquelles le président de la République Bassirou Diomaye Faye, a fait arrêter toutes les constructions sur la corniche, Me Doudou Ndoye a réagi sur la question, sur les ondes de Iradio. Selon l’avocat, «le président de la République n’a pas le pouvoir, par sa seule voix, en dehors des formes prévues par les lois et règlements, d’ordonner l’arrêt des constructions, légalement autorisées dans le cadre de lois et règlements».
Pour justifier sa position, il a indiqué que «le président de la République, comme je disais du temps du Président Macky Sall, n’est pas la loi. Chaque décision doit être fondée sur les prescriptions de la loi. Ce n’est pas une question de personne, c’est une question de respect la démocratie et de l’état de droit». Sur la question fondamentale de l’occupation du littoral, Me Doudou Ndoye a indiqué que cela a été soulevé maintes fois.
«L’Etat du Sénégal a pris des dispositions qui ont conduit à la catastrophe écologique de notre littoral. Alors, pour remédier à cela, il nous faut encore, une fois de plus, réétudier les lois du Sénégal et les conditions de leurs applications, pour arriver aux changements équitables que réclame notre pays», a-t-il suggéré. Il a par ailleurs indiqué qu’il y a lieu d’étudier toutes les lois du Sénégal qu’on a eu dans l’occupation du sol, notamment de notre littoral et faire en sorte que les droits fonciers des individus, de la collectivité, les droits relatifs à l’écologie et que tous les droits qui se trouvent dans nos très nombreuses lois, soient mieux connus et bien appliqués, conformément à la constitution.
Sur le décret déclassifiant la bande des filaos, l’avocat a indiqué qu’il cela est un épiphénomène dans l’ensemble des énormes problèmes que posent la gestion et l’administration de nos terres. «J’ai dit en 2013, sous le régime du Président Macky Sall, qu’il était possible de faire un changement profond dans le droit des terres du Sénégal et nous étions en train de le faire, malheureusement pour des raisons que je connais bien, cette histoire a été arrêtée», a révélé Me Doudou Ndoye. Mais tient-il, à rassurer, «il est encore temps de faire ces réformes foncières qui ne s’appliquent pas seulement à la bande de filaos, mais qui s’appliquent à tout le Sénégal».
DES PAS, DES MOUVEMENTS ET DES EXPRESSIONS CORPORELLES
Célébration de la Journée internationale de la danse - La culture sénégalaise a été représentée sous toutes ces formes à travers différentes compagnies de la danse. Du ballet au mbalax, du hip-hop en fredonnant des rythmes sérères, halpulaar, mandingue, l
Bés Bi le Jour |
Adama Aïdara KANTE |
Publication 30/04/2024
La culture sénégalaise a été représentée sous toutes ces formes à travers différentes compagnies de la danse. Du ballet au mbalax, du hip-hop en fredonnant des rythmes sérères, halpulaar, mandingue, lébou, etc. Ce sont ces rythmes et expressions corporelles qui ont ponctué la Journée internationale de la danse (Jmd) au Centre culturel régional Blaise Senghor de Dakar qui a abrite la cérémonie d’ouverture.
«Danseurs un jour, danseurs pour toujours», tel est le maître-mot des acteurs de cet art qui transcende les frontières et les cultures. «Elle est une expression ultime de la liberté et du mouvement, bien plus qu’une simple série de pas», estime la directrice du Centre régional Blaise Senghor de Dakar, Fatou Sène. Le sanctuaire de la culture, Blaise Senghor, a été rythmé hier, à l’occasion de la Journée internationale de la danse par des pas, des mouvements et des expressions corporelles.
Le tapis rouge a été déroulé pour accueillir les invités dans l’arrière du centre où est installée une grosse scène. Au fond flotte une affiche avec des écritures en gros caractère : Jmd. Une tribune bien dressée pour les autorités, notamment la directrice du Centre culturel, Fatou Sene, la directrice des Arts Khoudia Diagne, sous la présidence du Secrétaire d’Etat à la Culture, aux industries créatives et au patrimoine historique, Babacar Sarr. Des artistes, une forte présence des jeunes élèves venant du Centre Aminata Mbaye, de Grand Yoff, de Blaise Diagne et de John F. Kennedy. Parce que cette célébration est placée sous le signe de l’éducation des jeunes à la culture.
Le Comité national a décidé de faire passer des compagnies de ballet dans une seule et même performance. Quand bien même leurs expressions n’étaient pas les mêmes. C’est la troupe «Phare des Mamelles» qui a ouvert le bal. Des artistes habillés en noir et blanc, dans un mouvement d’ensemble, qui séduit le public généreux en ovations et sifflements de joie. Après cette performance moderne, place au ballet «Kibarou Balliya» (la Nouvelle vous est parvenue) où la culture mandingue a été bien représentée par les sonorités, des pas de danse endiablés par le djembé et des chants avec des messages instructifs. La compagnie «Kondiof» aussi était présente. Depuis 1999, date sa création, elle se distingue dans la promotion de la culture sérère à travers le monde, par sa participation à diverses manifestations. Le ballet «Bakalama de Thionck Essyl», à force d’investir toutes les expressions artistiques du pays, a été rebaptisé le «Bakalama du Sénégal». Enfin, le «Power Crew», qui a représenté les cultures urbaines, a bouclé les prestations. Ce groupe a été quatre fois champion du Sénégal et deux fois médaillé d’argent aux Jeux de la francophonie.
APR, MACKY SALL REMOBILISE SES TROUPES
Macky Sall n’a pas lâcher son parti. Une délégation de l’Alliance pour la République (APR), va se rendre samedi 04 mai, dans les régions de Kolda, Kaffrine et Tamba, en son nom.
Macky Sall n’a pas lâcher son parti. Une délégation de l’Alliance pour la République (APR), va se rendre samedi 04 mai, dans les régions de Kolda, Kaffrine et Tamba, en son nom. «Malgré son absence du pays, Macky Sall mobilise ses troupes. Il ne veut pas laisser l’APR mourir avec la perte du pouvoir», a rapporté L’AS dans son édition du jour.
Le journal précise qu’il s’agira pour les émissaires du président des Marron-Beige «de remobiliser et remercier les militants et sans doute les préparer aux combats futurs». Le journal ajoute que «la délégation de Macky Sall va le représenter au Daaka de Médina Gounass. Elle va transmettre le message de l’ancien chef de l’État au khalife».
KEUR MASSAR SE CLOCHARDISE
L'emballement démographique et l'absence d'urbanisme ont transformé la localité en une lieu où règnent le désordre et la loi du plus fort. Reportage au cœur de cette commune confrontée à une crise d'aménagement aigüe
Devenu le département le plus populeux de la banlieue dakaroise, la ville de Keur Massar pouponne. Avec un boum démographique, couplé à une occupation anarchique, cette ville se clochardise davantage. La preuve par l’espace public aménagé sous l’autopont qui est devenu un souk. Marchands ambulants et conducteurs de motos Jakarta et sans-abris se disputent les places dans une insécurité qui inquiète les riverains.
A l’entrée de la ville, tous les axes sont bloqués. Des queues de véhicule à perte de vue occupent le tapis goudronné de la ville. Des sacs d’ordures sont exposés tout le long de la chaussée. Sur l’autopont, des fils d’embouteillage se dessinent. A la station de Keur Massar, le temps semble suspendu. Ici, personne ne bouge. Même pas les motos qui ont souvent la malice de se faufiler entre les véhicules. Sur l’axe Keur Massar- Tivavone Peul, le décor est le même. Le désordre est le maître-mot. Même les passages piétons sont occupés.
Il est 12h à Keur Massar, un ciel ensoleillé couvre la ville. La place publique aménagée sous l’autopont est prise d’assaut par les tabliers, les conducteurs de motos Jakarta et les marchands ambulants. Les riverains, impuissant, en pâtissent. Une situation que déplore Ramatoulaye Dièye. Debout dans sa tenue traditionnelle, les nu-pieds très stylés avec des languettes. Une pierre rouge minutieusement taillée est juste placée sur le nœud de la chaussure. La dame a le visage trempé de sueur. Le maquillage s’effondre sous l’effet de la chaleur. «Vous trouvez ça normal ? Que la petite place aménagée sous l’autopont soit occupée par des commerçants et des conducteurs de moto. C’est du n’importe quoi», s’étrangle-t-elle de colère. Ce sentiment de désolation est largement partagé par les usagers. «Il est temps que les autorités prennent à bras le corps la situation chaotique de Keur Massar. Ce n’est pas possible ! Les commerçants, après avoir occupé les chaussées, veulent aussi occuper la place publique réservée aux populations», déplore Moussa Sène étudiant à l’université Cheikh Anta Diop qui attend désespérément un bus.
Les sans-abris ont dénaturé l’espace sous l’autopont
Il est 1h du matin. Des sans-abris campent le décor. Ils ont étalé à même le sol des cartons sur lesquels ils passent la nuit. Fourré dans un blouson sombre, Fallou Diop, jeune clochard de 22 ans, a déposé un sachet plastique rempli de d’habits juste à côté. «Bro, j’ai ma famille à Malika montagne. Dans ma maison familiale, il n’y a que deux chambres. J’ai trois petites sœurs donc je ne peux pas partager la chambre avec eux», raconte le jeune homme au visage cicatrisé. De l’autre côté du pont, vers la voie qui mène à la grande surface de la ville. Un autre Sdf est en train d’aménager sa petite surface. Le jeune ne parle ni la langue wolof ni le français. «Je travaille dans une société de la place mais je n’ai pas de quoi louer une chambre. Il y a moins de deux que j’ai commencé à travailler. Mais tu sais avec cette histoire de caution de trois mois c’est vraiment difficile pour moi. Je suis originaire d’un village dans la région de Tambacounda», retrace S. Camara. Le jeune homme n’ignore pourtant pas l’insécurité dans le 46e département. «J’étais victime de vol et depuis lors, je mets mon argent dans mes parties intimes. On m’avait volé mes 5000 francs. Ce n’est qu’à mon réveil que je me suis rendu compte que l’on m’a volé mon argent», raconte-t-il.
L’insécurité sous l’autopont et l’appel aux autorités
Des groupes de jeunes commerçants arpentent les couloirs du rond-point de la station de Keur Massar. Ils occupent l’espace aménagé sous l’autopont. Un véritable marché noir. Ils vendent toutes sortes de produits. Des portables, des chaussures, des bijoux et autres matériels électroniques. Certains ont étalé leurs marchandises à même le sol. D’autres ont fabriqué des tables sur lesquelles sont exposés les produits. Sur les lieux, une jeune dame, accompagnée de sa petite fille, attend quelqu’un. Elle s’indigne du décor : «Comment les autorités peuvent-elles laisser ces commerçants transformer Keur Massar en un marché noir. Nous n’avons plus un espace de vie !» Dans la foulée, un passager raconte une histoire qui a failli tourner au drame : «Dans la semaine, un jeune homme a été poignardé au couteau pour une banale histoire de portable. Si les autorités ne réagissent pas à temps, j’ai peur que l’irréparable se produise parce que l’insécurité est palpable.»
JO PARIS 2024, L’ESCRIMEUSE NDÈYE BINETA DIONGUE QUALIFIÉE
L’épéiste sénégalaise a remporté l’épreuve individuelle du tournoi d’Alger, en battant en finale l’Algérienne Charline Tchikaya Boukhalifa. Avec cette qualification, Ndèye Bineta Diongue va participer à ses deuxièmes Jeux olympiques.
Dakar, 30 mars(APS) – L’escrimeuse sénégalaise, Ndèye Bineta Diongue, a obtenu le week-end dernier sa qualification aux Jeux olympiques Paris 2024, au terme du tournoi de qualification olympique continentale d’Alger (Algérie).
L’épéiste sénégalaise a remporté l’épreuve individuelle du tournoi d’Alger, en battant en finale l’Algérienne Charline Tchikaya Boukhalifa. Avec cette qualification, Ndèye Bineta Diongue va participer à ses deuxièmes Jeux olympiques.
Elle avait déjà participé aux Jeux olympiques de Tokyo (Japon) en 2021. L’épéiste, sept fois championne du Sénégal et plusieurs fois médaillée aux Jeux africains, rejoint la liste des cinq autres athlètes sénégalais qualifiés pour Paris 2024, prévu du 26 juillet au 11 août.
Il s’agit, entre autres, de Louis François Mendy (athlétisme), Babacar Diop (taekwondo), Combe Seck, Yves Bourthis (canoë-kayak) et Idrissa Keita (para-taekwando).