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5 avril 2025
LE JAZZ AFRICAIN A L’HONNEUR
Mettre en avant les instrumentistes et valoriser le jazz africain : c’est l’un des objectifs de la 6ème édition du Dakar music expo (Dmx) qui se tiendra du 20 au 23 février 2025 à Dakar.
Mettre en avant les instrumentistes et valoriser le jazz africain : c’est l’un des objectifs de la 6ème édition du Dakar music expo (Dmx) qui se tiendra du 20 au 23 février 2025 à Dakar. Placé sous le thème : «L’essor du jazz africain entre racines et innovation», l’événement amène des directeurs de festival pour apprendre, découvrir et donner l’opportunité aux jeunes artistes d’exporter la musique sénégalaise et africaine à l’international..
Le salon professionnel de la musique de Dakar, le Dakar music expo (Dmx), démarre ce jeudi. Un rendez-vous professionnel de la musique africaine et internationale à l’initiative de Doudou Sarr qui a convié producteurs, chanteurs, managers, distributeurs et directeurs de festival, entre autres, pour apprendre, découvrir et donner l’opportunité aux jeunes artistes d’exporter la musique sénégalaise et africaine à l’international. Showcases, concerts, ateliers seront au cœur de cette édition qui met en lumière le jazz africain sous le thème : «L’essor du jazz africain entre racines et innovation.»
Promoteur du Dmx et expert de l’industrie musicale africaine, Doudou Sarr insiste sur l’importance d’un tel événement. «Le Dakar music expo (Dmx) est un événement structurant pour l’industrie ou l’écosystème musical. Il permet aux acteurs de la filière de se rencontrer : producteurs, chanteurs, agents, distributeurs, directeurs de festival. Et comme on parle de musique, la finalité, c’est de montrer de la musique. Et c’est ce qu’on fait à travers le Dmx», a-t-il expliqué lors d’une conférence de presse organisée hier à l’Institut français. A l’en croire, le Dmx joue également un rôle important dans l’exportation de la musique africaine. «Le Dmx se passe tous les ans au mois de février et on invite des délégués internationaux, des directeurs de festival, des programmateurs, des tourneurs. L’idée derrière ça, c’est de pouvoir accompagner certains de nos artistes pour exporter la musique sénégalaise et la musique africaine», précise Doudou Sarr.
Et pour cette édition, le jazz sera au centre des discussions, et pour plusieurs raisons. D’abord, un hommage aux instrumentistes, souvent éclipsés par les chanteurs. «Jazz parce qu’on veut mettre en exergue les instrumentistes. C’est aussi une manière de rendre hommage à Jimmy Mbaye, une icône de la musique sénégalaise qui nous a quittés récemment. Jimmy jouait de la guitare. Et sa guitare complétait la voix de Youssou. Et là, j’ai voulu honorer nos joueurs d’instruments, d’où le jazz», confie Doudou Sarr. Ensuite, il s’agit de redonner au jazz africain une place sur la scène internationale. «En Europe, à part l’Afrique du Sud et l’Afrique centrale, on ne parle pas beaucoup de jazz africain. Pourtant, on a de très grands musiciens de jazz au Sénégal et enAfrique francophone», regrette-t-il. Selon Doudou Sarr, cette volonté d’internationalisation du jazz africain trouve un écho à Bremen, en Allemagne, où se tient le plus grand marché jazz au monde, Jazzahead, comme le fameux titre de Miles Davis, Miles Ahead. «On a aussi réussi à Bremen, une ville en Allemagne, où se trouve le plus grand marché jazz au monde, à avoir une place et un stand pour tous les artistes qui font du jazz en Afrique. Le salon s’appelle Jazzahead, comme le fameux titre de Miles Davis, Miles Ahead. Et le directeur de ce salon fait partie des membres de la délégation qui arrive cette année. Donc, on a une délégation très riche de 60 personnes», a annoncé Doudou Sarr, manager international de Youssou Ndour.
«Le jazz peut changer le monde»
Hugues Kieffer, directeur du Marseille Jazz des cinq continents, souligne l’évidence de sa présence à Dakar. «L’Afrique est au premier plan puisque c’est dans les rythmes africains que le jazz a pu naître aussi, même si l’Afrique ne le sait pas toujours», fait-il savoir, tout en soulignant l’importance du dialogue entre les acteurs africains et européens du jazz. «Le jazz peut changer le monde. Et il est fondé sur deux choses : l’expression de soi et la capacité à jouer collectif. Cette double injonction, d’être libre et d’être attentif à l’autre, c’est le jazz. Et cette attitude, c’est une des attitudes qu’il faut pour rassembler les peuples en harmonie», explique-t-il. De son côté, Jules Guèye, trompettiste et professeur de musique, a pointé du doigt le manque de visibilité du jazz au Sénégal.
Formé au Conservatoire national des arts et métiers de Dakar, Jules Guèye estime que si le jazz africain regorge de talents, sa visibilité reste un défi. «Porter un choix sur le jazz, ce n’est pas du tout évident parce que nous avons une musique à dominante axée sur la danse. Et le jazz, c’est beaucoup plus l’écoute et la réflexion. C’est un genre discret, souvent relégué dans l’ombre, alors que nous avons d’excellents musiciens comme Habib Faye, Cheikh Tidiane Tall ou Hervé Samb, et de grandes formations de jazz comme le Xalam 2», a-t-il regretté, avant de conclure : «Le Dmx, c’est un marché pour les artistes, pour présenter leur travail, et c’est hyper important pour leur visibilité.»
Par Momar Dieng
LE GENOCIDE DE 1994 AU RWANDA EST AU COEUR DES EVENEMENTS ACTUELS EN REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO
L’évolution des relations entre la République démocratique du Congo et le Rwanda a eu un point de chute : la prise de Goma par les rebelles du M23. Une situation nouvelle susceptible de causer de véritables bouleversements... Entretien avec B.Boris Diop
À voir ce qu'il se passe aujourd'hui entre le Rwanda et la République démocratique du Congo, avec la prise de Goma par les forces du M23, on a envie de dire qu'il y a encore un drame pour l'Afrique. Est-ce votre perception ?
Je dirais plutôt que c'est un drame de plus à un moment où de la Syrie à l'Ukraine en passant par Gaza, le Yémen et le Sud-Soudan, le feu est partout. Quant à la prise de Goma par le M23, c'est une nouvelle page de l'histoire récente de l'Est du Congo et chacun essaie d'en déterminer les causes profondes. C'est ainsi qu'on parle beaucoup ces jours-ci du découpage colonial des frontières et en particulier de la Conférence de Berlin entre 1884 et 1885 où le Rwanda a été amputé de plusieurs parties de son territoire au profit de l'Ouganda, de la Tanzanie et de l'actuelle République Démocratique du Congo.
L'Afrique a été découpée comme on l'aurait fait d'un zoo gigantesque, la mentalité raciste des élites européennes de l'époque les empêchant tout simplement de comprendre qu'ils avaient affaire à de véritables êtres humains.
Il y a eu d'autres ajustements territoriaux entre pays européens après la Première guerre mondiale mais pour l'essentiel c'est de Berlin qu'il faut parler. L'Afrique a été découpée comme on l'aurait fait d'un zoo gigantesque, la mentalité raciste des élites européennes de l'époque les empêchant tout simplement de comprendre qu'ils avaient affaire à de véritables êtres humains. Il faut bien dire, quitte à se faire accuser de convoquer les fantômes du passé, que le continent africain souffre aujourd'hui encore, notamment dans l'Est du Congo, de cet aveuglement impérialiste.
Doit-on comprendre que pour vous le Rwanda peut légitimement revendiquer certaines parties du territoire actuel de la RDC ?
Absolument pas. En trois décennies d'affrontements d'une intensité variable, je n'ai jamais entendu le Rwanda revendiquer les territoires dont il a été privé à la fin du dix-neuvième siècle et au début du vingtième. Kagamé est beaucoup trop rationnel pour caresser une telle idée et par ailleurs dans cette affaire il s'agit surtout d'appeler au dialogue au lieu de jeter de l'huile sur le feu comme le font certains. Mais au-delà de cet héritage colonial, il faut souligner que ce qui se passe au Congo est aussi une conséquence directe du génocide de 1994. En effet lorsque les génocidaires ont été vaincus, l'Opération Turquoise les a aidés à se replier en RDC où ils ont créé les Forces démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR). L'important ici est de rappeler que ces gens sont les auteurs de toutes les atrocités commises au Rwanda et que leurs exploits ont été très précisément documentés par des livres, des films et des dizaines de rapports.
Pourtant beaucoup d'experts, tout en admettant que les FDLR se sont effectivement repliés en territoire congolais, reprochent au Rwanda d'exagérer cette menace pour justifier son appui direct au M23.
Les avis sont partagés. Pour certains de ces experts, les FDLR ont vu leurs effectifs faiblir au fil du temps alors que pour d'autres elles sont plus fortes que jamais après s'être fondues dans une vaste coalition anti-Rwanda et gagné en expérience en se battant aux côtés de l'armée régulière congolaise. Elles ont pu souvent compter sur l'appui du groupe armé Nyatura, composé de Hutu congolais et acquis à l'idéologie génocidaire. Cela étant dit, dans l'imaginaire des Rwandais qui savent dans leur chair ce que signifie le mot génocide, un seul FDLR c'est un génocidaire de trop.
Dans l'imaginaire des Rwandais qui savent dans leur chair ce que signifie le mot génocide, un seul FDLR, c'est un génocidaire de trop.
Nous ne parlons donc pas ici d'une menace normale d'un groupe armé normal. Il existe une certaine tendance à juger des événements actuels en faisant comme si le génocide n'a jamais eu lieu et je pense que cela condamne à raisonner dans le vide. Le génocide est la chair vive de ce qui se passe dans l'Est du Congo car en interrogeant l'histoire on décèle d'inquiétantes similitudes entre la discrimination contre les Tutsi après la prétendue Révolution sociale Hutu dans le Rwanda des années cinquante et le véritable apartheid dont sont victimes les rwandophones du Congo, une discrimination nourrie par des discours de haine nauséeux et marqué par des tueries à petite échelle mais au faciès, en attendant le nettoyage ethnique généralisé.
Vous pressentez le pire ?
Non. Je ne dis pas qu'un nouveau génocide anti-Tutsi est une fatalité mais le simple fait qu'il soit une possibilité devrait nous alerter. Je suis récemment tombé sur un document d'archive datant de 1965 et déjà en ce temps-là il n'était pas permis aux Congolais rwandophones de prendre part à des élections. Plus près de nous, ils ont été purement et simplement interdits de participation à la "Conférence nationale souveraine" du Zaïre puisqu'étant considérés comme des étrangers dans le seul pays où ils avaient jamais vécu. Et ces dernières années, quand la tension est montée entre le Rwanda et la RDC, il y a eu en plus des violences habituelles des scènes publiques de cannibalisme. Il suffit de se mettre un instant à la place des Rwandais qui voient ou entendent de telles horreurs depuis Kigali, Kibuye ou Butare pour comprendre leur effroi. Connaissant bien leur histoire récente, ils prennent tout cela très au sérieux, ils ont toutes les raisons de se dire que c'est reparti contre les leurs dans un pays voisin et qu'on ne les y reprendra plus.
Cela suffirait-il à justifier l'existence du M23 ?
Les choses ne peuvent pas être aussi simples mais il est certain que beaucoup de jeunes combattants du M23 se considèrent en état de légitime défense. Et la plupart de ceux qui les critiquent actuellement ont détourné le regard quand on tuait les Tutsi en 1994.
Le fait est qu'après en avoir été chassé en 2012 et 2013, le M23 est de retour dans cette partie du territoire congolais qu'il occupe aujourd'hui. On accuse directement le Rwanda d'être le parrain du M23. Est-ce que pour vous c'est quelque chose d'avéré ?
Même s'il est bien difficile d'être affirmatif en étant aussi loin du théâtre des opérations, la présence militaire du Rwanda au Congo ne fait à mes yeux aucun doute. Du reste, Kigali lui-même ne la dément que très mollement. Après tout, le Rwanda a depuis la fin du génocide une tradition d'intervention directe au Congo, c'est au vu et au su de tous que le général James Kabarebe a chassé Mobutu de son palais pour y installer le père Kabila. Cela étant dit, il ne faut pas non plus l'exagérer au point de laisser croire que le M23 n'existe pas pour de vrai, qu'il sert simplement de paravent à l'armée rwandaise. Rien n'est plus faux.
Voulez-vous dire, en pointant ainsi l'aspect géopolitique, que le Rwanda est dans une logique de guerre préventive contre d'éventuelles attaques à partir du territoire congolais ?
Face aux menaces répétées de Thisekedi d’attaquer le Rwanda, ce pays a mis en place un système de défense aérien. Il s'agit aussi pour lui d'empêcher d'éventuelles infiltrations des FDLR prêtes à tout pour le déstabiliser. Je pense que l'intérêt stratégique du Rwanda, c'est la pacification de sa frontière avec le Congo, il ne peut vivre en permanence en état d'alerte. Et à un moment donné d'ailleurs, on a pu penser que Kagame et Thisekedi étaient en train de se rapprocher d'une sorte de modus vivendi, tant leur relation personnelle semblait cordiale.
Pour Kagame la meilleure réponse au génocide c'est de s'efforcer de résoudre les problèmes de santé et d'éducation de son peuple, entre autres défis de société.
Rien n'a jamais laissé supposer une quelconque tentation expansionniste de la part du Rwanda comme je vous l'ai dit il y a un instant. De toute façon à notre époque celle-ci montrerait très vite ses limites. Quand on observe bien ce qui se passe dans ce pays on se rend bien compte que pour Kagame la meilleure réponse au génocide c'est de s'efforcer de résoudre les problèmes de santé et d'éducation de son peuple, entre autres défis de société.
Mais le Rwanda peut ne pas vouloir un affrontement armé direct et soutenir une guerre par procuration.
Je vois bien ce que vous voulez dire mais si l'influence du Rwanda sur le M23 est indéniable il ne faut pas non plus, encore une fois, en faire une montagne. Qu'on les aime ou pas, les rebelles du M23 sont des citoyens qui exigent précisément la reconnaissance de leur nationalité congolaise mais aussi que leur seule identité ne soit plus passible de la peine de mort. En fin de compte l'appui de Kigali au M23 ne doit pas être l'arbre qui cache la forêt, le vrai problème c'est la présence des FDLR au Congo et leurs efforts pour banaliser l'idéologie génocidaire dans l'ensemble de ce pays, pas seulement dans sa partie orientale.
La prise de Goma, la capitale du Sud-Kivu, est-ce pour vous le début de quelque chose dans cette région des Grands Lacs ?
Il est tout d'abord étonnant que Goma soit tombée si vite, en quelques heures à peine, presque sans combat. Même en supposant que toute l'armée rwandaise ait été engagée dans cette bataille cela resterait incompréhensible puisqu'en face vous aviez une douzaine d'autre armées dont les plus en vue étaient celles d'Afrique du Sud et du Burundi, sans parler des fameux mercenaires blancs... Quant à la chute de Goma elle-même, elle pourrait constituer à terme un tournant politique majeur. Certains vont jusqu'à évoquer désormais la possibilité d'un partage du pouvoir consacrant la victoire du M23. Mais au-delà d'éventuels arrangements tactiques, il est probable qu'à Kinshasa le ton se fera de moins en moins guerrier.
Qu'entendez-vous par là ?
Je fais allusion au fait qu'on a eu ces derniers temps l'impression que Thisekedi s'imaginait, avec une certaine candeur, pouvoir se débarrasser du M23 en écrasant militairement le Rwanda. Pour mettre toutes les chances de son côté il a recruté des centaines de mercenaires européens, mis à contribution nombre de groupes armés dont les génocidaires assumés des FDLR et convaincu d'autres pays africains de se joindre à sa soi-disant Mère des Batailles. Tout cela a dû coûter extrêmement cher, en pure perte. Même si Goma venait aujourd'hui à lui être restituée, le pouvoir central de Kinshasa a sans doute bien compris que la confrontation militaire avec Kigali est une affaire bien plus compliquée qu'elle n'en a l'air. Et au plan politique interne, Thisekedi est plus que jamais sous le feu des critiques, on lui impute la responsabilité de la défaite et cela fait vaciller son pouvoir.
Ce qui frappe dans ce conflit, c'est l'isolement dans lequel semble être Thisekedi. Presque personne parmi les autres leaders politiques ne l'a soutenu publiquement.
C'est de bonne guerre, il est tombé dans son propre piège et ses rivaux le laissent se débrouiller tout seul. Il était réellement persuadé de pouvoir tirer profit d'une victoire facile sur le Rwanda et on l'a entendu multiplier les menaces, déclarer sur un ton théâtral qu'il n'hésiterait pas à "demander aux deux chambres réunies l'autorisation de déclarer officiellement la guerre au Rwanda" etc.
Ma conviction est qu'il y aura un avant et un après Goma 2025.
Et il semblait même flirter avec l'hypothèse d'une sorte de guerre zéro mort à partir du ciel. Quand on y pense bien, c'aurait été de toute façon complètement fou d'un point de vue géopolitique. Ça n'a pas marché non plus. Il y a eu autour de lui un semblant d'union sacrée cimentée par un ressentiment tenace et quasi irrationnel à l'égard du Rwanda. Au rythme où évolue la situation, il ne restera bientôt plus rien de ce front de la haine. Ma conviction est qu'il y aura un avant et un après Goma 2025.
Peut-on envisager une solution fédérale pour la République démocratique du Congo, vu l'étendue de ce pays ? Cela serait-il souhaitable aussi bien pour le Congo que pour l'Afrique ?
Sauf erreur, le seul pays où on a osé remettre en question les frontières héritées de l'époque coloniale, c'est le Soudan et la partition n'a pu se faire qu'avec la bénédiction de l'administration Obama. Le Congo n'est pas le Soudan, car tout en étant un colosse aux jambes d'argile où tout peut vite déraper, il reste le pays de Lumumba qui représente tant dans l'imaginaire des luttes de libération nationale. Malgré toutes les précautions qu'il faudrait sans doute prendre, la taille du Congo donne du sens à la tentation fédérale mais personne ne peut savoir mieux que les Congolais eux-mêmes quelle formule leur convient.
Ce grand pays qu'est la RD du Congo a besoin d'un dirigeant de la trempe de Nyerere (Julius Nyerere, premier président de la Tanzanie, NDLR) ou Mandela.
On doit toutefois souligner, sans vouloir les offenser, que c'est à cause de la faiblesse de l'Etat central que tant de groupes armés y sévissent pour le rendre ingouvernable afin de mieux le piller en toute impunité. Les femmes et les hommes de bonne volonté ne manquent pas au Congo et c'est cela que l'on doit leur dire en toute honnêteté et en toute amitié pour qu'ils se décident à un nécessaire examen de conscience. Ce grand pays - et pas seulement par la taille a besoin d'un dirigeant de la trempe de Nyerere ou Mandela. Il suffit d'écouter son actuel président pour bien voir qu'il n'est pas à la hauteur des enjeux historiques de l'heure. Ce n'est pas en réveillant les démons de la haine qu'on peut se donner une chance de refermer la funeste page ouverte en janvier 1961 par l'assassinat de Patrice Lumumba.
On parle beaucoup des ressources naturelles qui seraient à l'origine des violences perpétrées dans l'Est du Congo par des centaines de groupes armés. Qu'avez-vous à dire là-dessus ?
Les groupes armés au Congo n'ont cessé de se multiplier et il y en aurait près de 200 à l'heure actuelle. La chose intéressante, c'est qu'on a fini par croire qu'il n'y en a qu'un, le M23. Je crois que l'un des aspects les plus fascinants de notre époque, c'est que plus les outils d'information s'affinent moins nous sommes en mesure d'accéder à la connaissance des faits réels. On ne sait presque jamais à quoi s'en tenir et depuis que l'intelligence artificielle s'en est mêlée nous ne pouvons même plus nous fier à nos yeux et à nos oreilles. C'est sans doute ce qui fait dire à certains que nous sommes à l'ère de la post-vérité...
Comment cela se traduit-il dans le cas qui nous occupe ?
Je veux dire par là que ce qui se passe au Congo paraît si compliqué pour les gens qu'ils ont tendance à le simplifier à outrance pour espérer s'y retrouver. Ça donne à peu près ceci : un pays qui ne demande qu'à vivre en paix voit sa partie orientale agressée par un voisin retors et belliqueux s'appuyant sur un mouvement rebelle dans le seul but de piller ses richesses minières. L'avantage d'un tel récit c'est qu'il marque avec netteté la frontière entre les Bons et les Méchants. Je caricature à dessein mais ce tableau n'est pas si éloigné que cela de la réalité.
Quand on s'en tient aux faits, la RDC est malheureusement le terrain des jeux les plus malsains du monde entier et il est difficile de comprendre pourquoi on singularise le Rwanda.
Ce qui est frappant ici ce sont les silences et les vertigineux trous de mémoire. D'abord quand on s'en tient aux faits, la RDC est malheureusement le terrain des jeux les plus malsains du monde entier et il est difficile de comprendre pourquoi on singularise le Rwanda. Lors de ce qu'on a appelé la Grande Guerre africaine du Congo, le Zimbabwe, l'Ouganda, le Malawi, l'Angola pour ne citer qu'eux ont participé à sa mise en coupe réglée. Et aujourd'hui l'Afrique du Sud y est surtout retournée pour sécuriser les exploitations minières de ses ressortissants au Katanga et dans une moindre mesure dans le Kivu.
Une fable occulte brosse le portrait de jeunes gens remuant sous le chaud soleil les entrailles de la terre afin d'en extraire illégalement pour le compte du M23 - et donc du Rwanda - le coltan et d'autres minerais précieux.
Je n'ai pas parlé des grandes compagnies minières chinoises ou occidentales ou encore de tous ces aventuriers qui "travaillent" directement avec des généraux ou des ministres influents. Dans son manichéisme, la fable occulte tout cela et nous brosse le portrait de jeunes gens remuant sous le chaud soleil les entrailles de la terre afin d'en extraire illégalement pour le compte du M23 - et donc du Rwanda - le coltan et d'autres minerais précieux. On les imagine tellement occupés à cette besogne qu'on se demande à quel moment ils mènent leur guerre de libération.
Pour vous l'accusation de voler les ressources minières du Congo ne reposerait donc que sur ces clichés ?
Oui, et ces clichés finissent par abrutir l'opinion. À force de les entendre on en vient inconsciemment à les prendre pour argent comptant. Et la question supposée clouer le bec aux rares sceptiques leur est toujours posée sur un ton narquois et triomphal : "comment expliquez-vous que le Rwanda, qui ne produit pas de coltan, en soit exportateur ?" Ça marche à tous les coups parce que peu de gens savent que le Rwanda est un des principaux producteurs de coltan au monde. Il en est même le deuxième, après la RDC, mais devant le Brésil, le Nigeria et... la Chine ! Le Rwanda qui a aussi de l'or et de l'étain et où on a découvert il y a un mois d'importants gisements de pétrole du côté de la frontière avec le Burundi est loin d'être ce désert absolu évoqué par ceux qui veulent en donner l'image d'un pays ne réussissant à survivre que grâce aux ressources du Congo voisin.
Si la plupart de ceux qui critiquent le Rwanda et Kagame le font en toute sincérité, les mercenaires du clic sont une minorité agissante et très efficace.
"Le Rwanda, pays exportateur de minerais sans en être producteur", c'est une de ces phrases entendues sur les réseaux sociaux de la bouche d'influenceurs chargés de l'enfoncer dans le crâne de citoyens d'autant plus faciles à mystifier qu'au fond ils ont d'autres chats à fouetter. On ne peut qu'appeler à la vigilance car si la plupart de ceux qui critiquent le Rwanda et Kagame le font en toute sincérité, les mercenaires du clic sont une minorité agissante et très efficace. Ce serait bien qu'un grand travail d'enquête journalistique focalise le débat sur les enjeux miniers dans l'Est du Congo, cela permettra de savoir qui exploite ces ressources et avec quelles complicités dans l'appareil politique et militaire congolais. (A SUIVRE...)
SONKO SUR LE MAUVAIS PIPELINE
Le Premier ministre accuse l'ancien régime d'avoir prévu d'exporter tout le gaz, laissant le pays dépendant des importations d'hydrocarbures. Cette justification d'une nouvelle politique gazière, contredit pourtant les plans établis sous Macky
Le Premier ministre du Sénégal a indiqué hier que l’ancien régime avait pris l’option de «liquéfier presque tout ce gaz là et de l’exporter, en nous laissant dans une situation à continuer à importer des hydrocarbures pour alimenter nos centrales». Une option que son régime ne va pas suivre. Néanmoins, les données sur la politique énergétique du temps de Macky Sall ne donnent pas raison à Ousmane Sonko.
Le Sénégal, sous Macky Sall, avait l’ambition de «liquéfier presque tout ce gaz-là et de l’exporter, nous laissant dans une situation à continuer à importer des hydrocarbures pour alimenter nos centrales». C’est ce que le Premier ministre a affirmé hier devant un parterre de diplomates, lors de la cérémonie d’ouverture de la 4ème édition du Forum de la Pme. Ousmane Sonko, voulant vendre son nouveau plan concernant l’utilisation du gaz issu de Gta, a déclaré «initier très tôt, avec nos partenaires, des discussions pour pouvoir capter le maximum du gaz à travers un pipeline à construire et alimenter le marché national dans le cadre du gaz to Power», tout en fustigeant «l’option trouvée» après le départ de Macky Sall. Faut-il le rappeler, le Sénégal avait très tôt pris la décision d’utiliser le gaz pour réduire de manière drastique sa dépendance au pétrole. C’est dans ce cadre que la Senelec avait entamé un changement de ses équipements en vue de basculer sur le gaz. Cela entre dans le cadre de la stratégie du gaz to power. Mais ce n’était pas le seul point du plan de l’ancien régime.
Pour éviter de vivre le même scénario que le Nigeria qui vend ses hydrocarbures et achète les produits finis, le Sénégal avait décidé de satisfaire d’abord son marché intérieur, avant d’envisager une exportation. C’est dans cette logique que Petrosen a été mandatée par l’Etat pour construire une usine d’urée. Qui est essentiellement composée de phosphates et de gaz. Le site devant accueillir l’usine a été déjà identifié. Il s’agit de Ndayem. Et c’est l’ingénieur Fary Ndao qui pilote le projet. Le Sénégal avait même décidé de s’attaquer au marché local de consommation du gaz domestique. L’objectif étant de mieux gérer le marché en permettant à Petrosen de commercialiser le gaz butane. Un prototype avait même déjà été présenté. L’objectif n’est pas de concurrencer les multinationales présentes sur le territoire, mais de consolider le marché pour éviter toute rupture de stock. Même le pipeline dont parle le Premier ministre était un projet de l’ancien régime. L’objectif est de fournir en gaz les industries du Sénégal, tout en ayant un lien avec le gazoduc qui doit être construit entre le Maroc et le Nigeria. A terme, ce gazoduc doit permettre au Sénégal de vendre le reste de son gaz sans problème à l’Europe. C’est dans ce cadre que le Chancelier Olaf Scholz avait été reçu par Macky Sall aux premières heures du boycott du gaz russe.
Le Premier ministre semble également avoir oublié que la centrale à charbon de Sendou devait déjà commencer sa mutation afin de pouvoir se convertir en usine à gaz, pour produire de l’énergie propre, dans le cadre du «Mix énergétique» mis en place par le régime de Macky Sall. On se demande comment le Premier ministre a pu faire l’impasse sur toutes ces informations. Sans doute qu’il a été mal informé. Ce qui ne serait pas étonnant, si l’on tient compte de la réponse du ministre de l’Industrie et du commerce, qui était ministre-conseiller de l’ancien régime. «Notre décision est claire : Nous avons opté pour le gas to industry pour en faire de l’urée», dit-il.
«Tout cela était prévu par l’ancien régime», lui a rétorqué le journaliste. A quoi Serigne Diop réagit : «Non. Non. L’autre c’est le gas to power et le 3ème c’est le gas to industry», a-t-il déclaré avec une gêne perceptible quand il reformule la question du journaliste en ces termes : «Vous voulez parler de l’exploitation du gaz.»
BIRAHIM SECK EN DEFENSEUR DE LA COUR DES COMPTES
Le coordonnateur du Forum civil, Birahim Seck, se pose en défenseur de la Cour des comptes, après la publication du rapport sur la gestion des Finances publiques, de 2019 à 2024
Le coordonnateur du Forum civil, Birahim Seck, se pose en défenseur de la Cour des comptes, après la publication du rapport sur la gestion des Finances publiques, de 2019 à 2024. Il appelle aussi ses concitoyens à s’ériger en bouclier de l’institution de contrôle «contre toute tentative de manipulation politicienne».
Birahim Seck a salué la publication du rapport de la Cour des comptes sur la gestion des Finances publiques de 2019 à 2023. Dans une déclaration, le coordonnateur du Forum civil a analysé cet exercice de transparence du gouvernement. Pour lui, ce rapport constitue «un outil citoyen de lutte contre les flux financiers illicites». De ce fait, Birahim Seck soutient qu’il «appartient, donc, aux citoyens d’exiger du gouvernement et de la justice successivement des réformes et des poursuites».
Dans son document, Birahim Seck estime que «le citoyen doit être le bouclier de la Cour des Comptes contre toute tentative de manipulation politicienne en exigeant des clarifications sur l’ensemble des constations effectuées par la Cour en matière de recettes, de dépenses budgétaires, de gouvernance des Comptes spéciaux du trésor et en matière de mauvaise gouvernance dans la gestion de la trésorerie et de l’endettement».
Poursuivant ses propos, M. Seck fait remarquer que «contrairement aux idées qui sont véhiculées par les détracteurs de la Cour des comptes, le rapport publié le 13 février 2025 n’épargne personne dans la chaîne de responsabilité pour la période de gestion 2019 à mars 2024».
De l’avis du coordonnateur du Forum civil, ce rapport «s’adresse aux décideurs politiques, aux décideurs techniques, aux banques, aux tiers, à l’Assemblée nationale, etc.» Ainsi, affirme-t-il, «si un travail complémentaire et approfondi est réalisé par les juridictions compétentes, les résultats peuvent éclabousser des tenants du régime actuel». C’est pourquoi, prévient-il : «Les citoyens doivent s’investir pour que la lumière soit faite sur les zones d’ombre présentées dans le rapport de la Cour des comptes.» Et de lancer un appel aux autorités : «A ce niveau, nous comptons sur l’engagement du président de la République et de son Premier ministre. Ils ne doivent protéger personne.»
Répondant certainement à ceux qui disent que la Cour des comptes s’est dédit, Birahim Seck fait savoir qu’elle «est restée fidèle à sa démarche». Et d’expliquer : «En matière de recettes du budget général, la Cour des comptes est loin de se dédire. Il est facile de le constater à la page 10. La Cour des comptes dit : «L’analyse des recettes fait ressortir une concordance entre les données sur les recettes retracées dans le rapport et les lois de règlement/projets de lois de règlement 2023. En effet, les montants globaux des recettes de 2019 à 2023 tels que présentés au «tableau n°1» du rapport sur la situation des Finances publiques sont conformes à ceux arrêtés par les lois de règlement sur la même période».» Dans sa déclaration, Birahim Seck souligne aussi que «le rapport de la Cour des comptes montre que les rapports sur les dépenses fiscales 2022 et 2023 ne sont pas encore mis à la disposition du public». Et cette obligation, fait-il remarquer, «incombe ainsi au nouveau régime au vu des retards enregistrés».
Au regard de ces constatations, le coordonnateur du Forum civil se demande si on va «succomber devant le brouhaha politicien pour garder sous silence la perte de centaines de milliards ?».
Plaidant pour que cette affaire soit élucidée, il soutient que «l’Etat doit rester fort et déterminé pour identifier les responsabilités». «C’est aussi valable pour les constatations de la Cour en matière de dépenses publiques.» En matière de dépenses du budget général, la Cour des comptes a aussi «fait ressortir une concordance entre les montants figurant au tableau n°7… du rapport sur la situation des Finances publiques et ceux arrêtés par les Lr/Plr», a-t-il martelé.
Par Baba DIENG
REFLECHIR AU MILIEU D’UN CHARIVARI
Au Sénégal, personne ne peut prendre le pouvoir par les armes. Pastef et les cerbères de son «Projet» imaginaire le savent, car, malgré tous les appels à l’insurrection du chef, c’est le vote qui a eu le dernier mot.
J’aimerais commencer cette toute première chronique en remerciant Le Quotidien -une lumière d’excellence dans cette grande pénombre de médiocrité galopante qu’est en train de devenir le journalisme sénégalais qui m’a toujours ouvert ses portes, en publiant régulièrement mes opinions. J’ai exprimé mes opinions une vingtaine de fois dans ce périodique. Et je puis témoigner toute ma satisfaction, à chaque fois, d’émettre des opinions peu ou prou pertinentes pour le progrès économique et social du Sénégal - ce beau pays que nous avons en partage. Je saurais gré à toute la rédaction de ce merveilleux canard, particulièrement à M. Mohamed Guèye, d’avoir bien voulu m’associer à la liste de leurs talentueux chroniqueurs. C’est un très grand honneur pour moi.
Tenir une chronique, c’est essayer d’être un témoin de l’Histoire ; c’est, comme l’écrit Camus dans La peste, dire : «Ceci est arrivé.» Après tous les événements dramatiques qui se sont succédé dans ce pays, nous avons besoin d’entreprendre, et très sérieusement, un travail de mémoire, qui pourra conjurer à jamais nos traumatismes. Des gens d’une irresponsabilité innommable, pour leurs ambitions, le pouvoir, se sont résolument engagés à torpiller les soubassements de notre République. La démocratie, et fort heureusement, a réhabilité ces frondeurs, en les propulsant à la tête du pays, par le truchement et la magie de l’élection. Au Sénégal, personne ne peut prendre le pouvoir par les armes. Pastef et les cerbères de son «Projet» imaginaire le savent, car, malgré tous les appels à l’insurrection du chef, c’est le vote qui a eu le dernier mot.
Il devient de plus en plus difficile d’opiner dans ce Sénégal bipolaire et manichéen. Nous vivons dans ce que mon ami Ibrahima Malick Thioune, brillant juriste et universitaire courageux, appelle la «politique de l’adversité», qui est tout simplement la banalisation de la rhétorique guerrière et la recherche de l’ennemi. Il écrit : «Pour de nombreux politiciens, l’adversaire devient une nécessité incontournable pour refaçonner le paysage politique. Leur identité et leur positionnement se construisent autour de l’opposition, et sans celle-ci, ils semblent perdre leur pertinence […]. Les leaders qui se définissent par le conflit exploitent la dynamique de groupe, où l’ennemi commun renforce la cohésion des partisans. En créant une image de défenseur face à un oppresseur, ils mobilisent des émotions puissantes telles que la peur et l’indignation, qui galvanisent le soutien […]. Le discours et la rhétorique utilisés dans le débat public jouent également un rôle crucial. Un langage agressif, qui emploie des métaphores de guerre et des expressions clivantes, peut exacerber les conflits, tandis qu’un langage inclusif et conciliant peut contribuer à les apaiser.»
Notre pays est devenu un grand embrouillamini populiste dont les chefs d’orchestre, déifiés par de vaillants hussards, ont la manifeste mission d’annihiler la pensée sous toutes ses coutures. Je ne me lasserai jamais de dénoncer la versatilité de nos «intellectuels» pétitionnaires, jadis si déterminés pour la préservation de la démocratie et ses avantages. Il fallait donc signer des pétitions pour défendre un homme et ses turpitudes, et se taire quand l’Université Cheikh Anta Diop (Ucad) a été incendiée par des vandales. Des pilleurs-incendiaires. La nouvelle manie de ces intellectuels -ou ceux considérés ainsi- consiste désormais à se transformer en thuriféraires et bien-pensants pour s’attirer les vivats de la nouvelle orthodoxie. L’apocalypse n’a jamais été si proche : céder au totalitarisme de Pastef.
Je reste convaincu, hier comme aujourd’hui, que la désertion de la parole sera fatale pour nous tous. Il faut parler, et toujours parler. Ne pas se taire, c’est ce qui nous sauvera. Dans «Nous serons tous des Moustapha Diakhaté», tribune en date du 5 décembre 2023 que j’avais publiée dans ces colonnes pour dénoncer l’incarcération arbitraire de ce «républicain ombrageux», j’écrivais ceci : «Quand des gens qui n’aiment pas votre parole dissidente vous attaquent, c’est parce que ce que vous dites est intéressant, dérangeant, même à peine audible.»
Devant les insanités et les invectives -devenues le sacrement de notre espace public depuis l’intrusion de ces fascistes dans notre démocratie- de ces roquets et leurs maîtres, il ne faut jamais courber l’échine ou donner l’impression d’être effarouché par leurs billevesées. Il faut rester debout, pour un front républicain. Et vite ! La parole est fondamentale dans cette entreprise salvatrice pour notre si belle et grande République.
Ce n’est pas notre défaite si ce populisme dévastateur, qui s’est emparé de notre pays pour le détruire, est aujourd’hui dans une logique de remettre en cause nos acquis démocratiques, avec les foucades autoritaires du «meilleur Premier ministre de tous les temps». Même les Etats-Unis, avec leurs innombrables prix Nobel, ont succombé, à deux reprises, aux assauts d’un exceptionnel avatar du populisme comme Donald Trump. Toujours est-il que, pour nous, l’échec sera de ne pas faire face, de ne pas dresser des balustrades pour arrêter les saillies populistes de ces chantres d’un souverainisme forcené et anachronique.
Des chiffres bardés de fards ? Nous sommes désormais dans un pays où certains fonctionnaires, dans un passé très récent, auraient fardé nos chiffres pour édulcorer les désastres d’un régime et ses prédateurs financiers. Mille et une questions se posent. Autant de réponses. Attention à celles qui irriteraient Ousmane…
En tout cas, Diomaye et sa bande de «vertueux» peuvent se rassurer d’une chose : si l’obsession de se partager nos maigres ressources titille leur sobriété, ils pourront compter sur ces maquilleurs sans scrupules, déjà rompus à la forfaiture, pour colmater les brèches. Pour duper le Peuple.
Le Pmos, lui, va bientôt s’extirper de sa cachette pour fêter sa nouvelle victoire, celle d’avoir raison, d’avoir toujours raison, d’avoir vilipendé le Sénégal. Son honorabilité et sa geste précédent la crédibilité du pays de Senghor…
Par Momar Dieng
LA SARABANDE DES CRAPULES EN VASE CLOS !
Au lendemain du point de presse résolument accusatoire du gouvernement tenu le 26 septembre 2024 et consacré à la « falsification » de certains comptes publics de l’Etat par Macky Sall et ses acolytes, un ami m’interpelle pour faire part de ses doutes.
Au lendemain du point de presse résolument accusatoire du gouvernement tenu le 26 septembre 2024 et consacré à la « falsification » de certains comptes publics de l’Etat par Macky Sall et ses acolytes, un ami m’interpelle pour faire part de ses doutes. Ma réponse : attendons de voir. Mais une chose me semble certaine : aucun Président de la République ou Premier ministre au monde ne prendrait la responsabilité de livrer à une presse locale et internationale des faits d’une gravité aussi extrême sans avoir eu, en amont, la certitude de leur authenticité et véracité.
Un peu moins de cinq mois plus tard, le 12 février 2025, on se rend compte que le chef du gouvernement ne nous avait servi qu’un bref mais déjà gravissime avant-goût des œuvres malveillantes d’un groupuscule de crapules sans scrupules qui, dans l’intimité et l’opacité de leurs connexions mafieuses, ont presque mis à genoux l’Etat, au moins dans ses marges et capacités budgétaires régaliennes. La réalité du désastre révélé par les magistrats de l’institution de contrôle atteint des proportions giga-industrielles au regard de la dimension de notre pays.
Ce que le Rapport de la Cour des comptes sur les finances publiques entre 2019 et le 31 mars 2024 nous dit dans toute sa solennité, c’est la détermination absolument maléfique qui peut animer des personnes de toutes origines dans leur soif de capturer l’Etat et ses démembrements pour assouvir des envies grotesques : domination, jouissance, prévarication, vols, détournements, substitution, le tout avec le Sceau d’une impunité totale garantie par la plus haute autorité de l’Etat ou par ses chambellans ou, comme souvent, par l’instinct collectif de protection qui peut animer un groupe.
Les principales conclusions de la Cour des comptes, au nombre d’une dizaine, sont factuelles. Elles recensent une panoplie d’actes et de pratiques j’men-foutistes avec lesquels une administration d’Etat non corrompue et républicaine ne saurait se rendre complice. En fin de compte, la Cour ouvre à l’Etat et aux autorités en place l’immense chantier de reconstruction ou de réforme d’une bureaucratie de hauts fonctionnaires happés par la politique politicienne, souvent peu courageuse pour dénoncer la patrimonialisation de l’Etat et de ses instruments de gouvernance.
On se rend compte aujourd’hui que les Sénégalais n’avaient pas assez pris au sérieux la dimension cumulativement loufoque et tragique des propos de l’ancien président Macky Sall lorsqu’il plaisantait - presqu’avec le sourire malin - sur son « coude » qui protégeait plusieurs de ses amis, collaborateurs et fonctionnaires contre la traque judiciaire qu’ils auraient méritée, selon lui. Ses successeurs ont un boulevard légitime devant eux…
Macky Sall n'était pas seulement un parrain dans l'assassinat de plusieurs dizaines de personnes sous son règne de douze ans. Il était également un trafiquant de nos maigres ressources publiques.
CARREFOUR-CITOYENS ALERTE
Le Mouvement Carrefour-Citoyens exprime son indignation face à l’arrêt des travaux de bitumage de la route Baba Garage-Mékhé et aux lenteurs constatées sur le chantier Bambey-Baba Garage-Touba Toul.
Le Mouvement Carrefour-Citoyens exprime son indignation face à l’arrêt des travaux de bitumage de la route Baba Garage-Mékhé et aux lenteurs constatées sur le chantier Bambey-Baba Garage-Touba Toul. Dans un communiqué, les responsables interpellent les plus hautes autorités pour une reprise rapide des travaux, soulignant l’inquiétude grandissante des populations concernées
Le mouvement carrefour-citoyens alerte sur l'arrêt inexpliqué des travaux de bitumage de la route Baba Garage-Mékhé ainsi que sur la lenteur préoccupante des travaux en cours sur l'axe Bambey-Baba Garage-Touba Toul.
Dans un communiqué officiel, les responsables du mouvement dénoncent cette situation qui plonge les populations locales dans une profonde inquiétude. Ils rappellent l’importance cruciale de ces infrastructures pour le développement économique et la mobilité des citoyens.
Face à cette interruption injustifiée, Carrefour-Citoyens appelle les autorités compétentes à prendre des mesures urgentes pour relancer ces chantiers. « Il est hors de question d’abandonner ces citoyens », ont martelé les membres du mouvement dans le document transmis à IGFM.
Ils exhortent les pouvoirs publics à tenir leurs engagements en matière d’infrastructures et à garantir la transparence dans l'exécution des projets. Le mouvement reste vigilant et mobilisé jusqu’à la reprise effective des travaux.
Par Pape Seen
DIOMAYE ET SONKO N’ONT, POUR L’INSTANT, PAS TROUVE DE SOLUTIONS POUR REPONDRE AUX ATTENTES
Diviser les travailleurs et le peuple, en jetant en pâture les syndicats, n’a rien de progressiste. Ce n’est pas de gauche. C’est à l’encontre de l’héritage des combattants dont Guy Marius Sagna se revendique
Ce message de Guy Marius Sagna me laisse sans voix. Faudrait-il donc cesser de défendre les intérêts des fonctionnaires, vacataires, étudiants, bénéficiaires des bourses familiales et travailleurs licenciés sous prétexte que Pastef est au pouvoir ? Les revendications syndicales ont toujours été les mêmes. Sous Senghor, Diouf, Wade, Macky.
La réalité est brutale : Diomaye et Sonko n’ont, pour l’instant, pas trouvé de solutions pour répondre aux attentes des travailleurs et des masses laborieuses. Ils ne savent pas comment faire pour donner de la vigueur à l’économie. Bon Dieu, avaient-ils vraiment fait un quelconque diagnostic ? Avaient-ils des solutions face aux gigantesques défis du Sénégal ? C’est de cela qu’il faut débattre.
Ces 4 dernières années, la conversation politique a été étouffée par un clivage politique binaire et facile. Renforcé par une violence symbolique omniprésente - insultes, dénigrements, instrumentalisation des algorithmes pour faire taire ou dire.
Ce schéma antidémocratique continue. Diviser les travailleurs et le peuple, en jetant en pâture les syndicats, n’a rien de progressiste. Ce n’est pas de gauche. C’est à l’encontre de l’histoire des luttes fondamentales du Sénégal et de l’héritage des combattants dont Guy Marius Sagna se revendique.
LE CNG DE LUTTE REAGI À LA SUSPENSION DE LA COUVERTURE SECURITAIRE DES COMBATS
Le Comité national de gestion de la lutte a réagi à la décision de la police nationale de suspendre, jusqu’à nouvel ordre, la couverture sécuritaire des combats de lutte
Le Comité national de gestion de la lutte (CNG) a réagi à la décision de la police nationale de suspendre, jusqu’à nouvel ordre, la couverture sécuritaire des combats de lutte.
"Le règlement dit que sans sécurité policière, il n'y a pas de combat de lutte", a déclaré dans le journal L'Observateur, Moustapha Kandji, ancien promoteur et porte-parole du CNG. Et ce dernier de rappeler que les textes du CNG stipulent que la présence policière est obligatoire, que ce soit pour l’arène ou lors des simples face-à-face.
Pour rappel, de graves violences ont marqué le combat entre Franc et Ama Baldé. Des jets de pierres, des véhicules saccagés et des maisons endommagées ont été signalés dans le quartier de Golf Sud. Ces incidents ont tragiquement coûté la vie à Babacar Diagne, victime d’une violente agression.
Dans son communiqué d'hier soir, la Police a relevé des manquements du CNG de lutte. "Suite à cet énième manquement du Comité national de Gestion de la Lutte (CNG) et des acteurs impliqués, aux injonctions et recommandations à eux faites, notamment au sujet du respect des horaires, de l’observation de la jauge et de la définition d’itinéraires offrant moins de risques de confrontations entre groupe de supporters, le Ministre de l’Intérieur et de la sécurité publique a décidé de l’arrêt jusqu’à nouvel ordre de la couverture sécuritaire des combats de lutte sur toute l’entendue du territoire national."
GREVE DU SAMES, TIVAOUANE DANS LA DANSE
La section du Syndicat autonome des médecins du Sénégal (SAMES) de l’Hôpital Mame Abdou Aziz Sy Dabakh de Tivaouane a largement suivi le mot d’ordre de grève, lancé par cette formation syndicale mardi, au premier jour de ce mouvement prévu pour deux jour
La section du Syndicat autonome des médecins du Sénégal (SAMES) de l’Hôpital Mame Abdou Aziz Sy Dabakh de Tivaouane a largement suivi le mot d’ordre de grève, lancé par cette formation syndicale, mardi, au premier jour de ce mouvement prévu pour deux jours, a appris l’APS, des grévistes et de l’administration de l’établissement sanitaire.
« Au niveau de la chirurgie, il n y a pas de consultation. C’est une grève bien menée, nos collaborateurs ont bien suivi, car généralement si les médecins sont en grève, tout le monde suit », a indiqué à l’APS, la représentante du SAMES, Docteure Maïmouna Ndiaye.
Elle se réjouit de l’observation du mouvement, tout en précisant que ses collègues de la chirurgie et du bloc sont en alerte, au cas où une urgence serait signalée, conformément à la loi.
Sur les 38 médecins que compte l’établissement public de santé, 33 ont observé la grève, a fait remarquer le médecin.
Selon le directeur de l’hôpital, Yoro Diagne, 87% des agents syndiqués sont en grève.
« Côté services non-fonctionnels, nous avons les consultations externes », a-t-il relevé, ajoutant qu’ « en revanche, la prise en charge des urgences est totale ».
Parmi les « services au ralenti », il a cité la chirurgie et le bloc opératoire.
Selon le chef de l’établissement, l’Hôpital Mame Abdou Aziz Sy Dabakh « fonctionne à 40% de ses capacités ».
Selon Dre Ndiaye, le SAMES proteste contre la « persistance de mauvaises conditions de travail et l’absence de réponses concrètes du gouvernement » à leurs revendications.
Le syndicat déplore également l’ »absence de dialogue réel » et accuse les autorités de « négliger les doléances des médecins ».
En outre, le SAMES exige un recrutement massif de médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes dans la fonction publique afin de désengorger les structures de santé et d’améliorer la couverture sanitaire.
Le syndicat réclame aussi une « gestion plus transparente et démocratique des ressources humaines, notamment à travers des appels à candidatures pour les nominations aux postes de responsabilité ».
La question du régime indemnitaire est également un « point central de la plateforme revendicative », selon la syndicaliste.
Une autre doléance est la « revalorisation des pensions de retraite » des médecins, dont la « précarité » une fois à la retraite, est pointée par le SAMES.