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6 avril 2025
LA GUINÉENNE QUEEN RIMA, LAURÉATE 2025 DU PRIX DÉCOUVERTES RFI
Le choix du jury s’est porté sur cette artiste qui s’illustre dans le registre dancehall et qui participait pour la troisième fois à la finale de la compétition.
La chanteuse guinéenne Queen Rima, Marie Tolno de son vrai nom, a été désignée lauréate 2025 du Prix découvertes RFI, a-t-on appris mardi du jury de ce concours présidé cette année par la chanteuse béninoise Angélique Kidjo.
Ce prix, institué en 1981, met en avant les talents musicaux du continent africain. Le nom de la lauréate de l’édition 2025 du Prix découvertes RFI a été dévoilée le même jour, au cours de l’émission matinale de Radio France internationale. Le choix du jury s’est porté sur cette artiste guinéenne qui s’illustre dans le registre dancehall et qui participait pour la troisième fois à la finale du Prix découvertes RFI.
Angélique Kidjo, a salué le talent et la qualité des musiques proposées par les dix finalistes, ce qui, dit-elle, n’a pas facilité le travail du jury. « Cela me rassure que la relève est là », a ajouté la star béninoise. La lauréate 2025 du Prix découvertes RFI va recevoir un prix doté de 10.000 euros, soit plus de 6 millions de francs CFA, sans compter qu’elle va bénéficier d’une tournée africaine dans différents instituts français du continent. La lauréate va aussi se produire sur une scène parisienne.
LES CINQ PRÉSUMÉS PARTISANS DE FARBA NGOM RELAXÉS
Dahirou Diallo, Yagouba Ka, Seydou Thiam comparaissaient ce mardi pour actions diverses. Ils ont nié avoir pris part à une manifestation pour contester contre les démêlés judiciaires du député et soutenu qu’ils vaquaient à leurs occupations respectives.
Arrêtés jeudi dernier aux alentours de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad) dans la matinée de l’audition de l’ancien député Farba Ngom, devant le Pool judiciaire financier, cinq individus ont été relaxés par le tribunal des flagrants délits de Dakar.
Ils comparaissaient il y a quelques minutes pour actions diverses. Les mis en cause Dahirou Diallo, Yagouba Ka, Seydou Thioye,Hamdiatou Ba et Saïkou Demba Gaye sont videur dans une boîte de nuit, agents de sécurité au Centre des Œuvres et Universitaires deDakar (Coud) et au Port autonome de Dakar (Pad).
Ils ont nié avoir pris part à une manifestation pour contester contre les démêlés judiciaires de Farba Ngom et soutenu qu’ils vaquaient à leurs occupations respectives.
La représentante du parquet a requis l’application de la loi pénale. Mes Alassane Cissé et Abdou Djaly Kane de la défense ont plaidé et obtenu la relaxe pure et simple.
L'APPEL D'OUSMANE SONKO POUR LE REMBOURSEMENT DES PRÊTS DE LA DER-FJ
En marge du forum des PME, le Premier ministre a dénoncé le faible taux de remboursement des prêts accordés par la DER-FJ. Avec un taux d’impayés de 38%, il appelle au patriotisme et à une gestion plus rigoureuse des financements.
Ousmane Sonko s’est adressé, ce mardi, aux mauvais payeurs de la Der-fj. Car, seules 38% remboursent leur prêt. Ce qui ne plait pas du tout au chef du gouvernement.
« J’ai interpellé madame la déléguée générale pour voir. Elle me dit qu’en juin 2024 on était à 46% de taux d’impayés. Aujourd’hui on est à 38%. Comment voulez-vous que le financement se perdure et se perpétue si les crédits ne sont pas remboursés », s’est offusqué Ousmane Sonko.
Le chef du gouvernement, qui présidait le forum des Pme, appelle au patriotisme et à l’introspection : «Nous en appelons au patriotisme de certains. Autant au niveau du pouvoir politique il nous faut une gestion sérieuse, rigoureuse, seine et patriotique, autant dans tous les segments de la société, nous devons tous faire notre introspection.»
L’ÉTAT D'URGENCE DES PRISONS SÉNÉGALAISES
Environ 14 000 détenus se partagent 10 000 places. Les détentions provisoires peuvent durer jusqu'à six ans. Une situation explosive qui, selon l'ONU, "peut entraîner des conséquences dramatiques"
(SenePlus) - Une poudrière qui menace d'exploser. C'est le constat alarmant dressé par Alice Jill Edwards, rapporteuse spéciale des Nations unies sur la torture, à l'issue de sa mission d'inspection des prisons sénégalaises menée du 3 au 14 février, rapporte Jeune Afrique. Le tableau qu'elle dépeint est sans appel : une surpopulation carcérale atteignant 40%, des conditions de détention qualifiées d'inhumaines et un système pénitentiaire au bord de la rupture.
Les chiffres sont éloquents : environ 14 000 détenus se partagent 10 000 places dans 37 établissements pénitentiaires à travers le pays. Une situation explosive qui, selon la rapporteuse spéciale citée par Jeune Afrique, "peut entraîner des conséquences dramatiques, telles que des émeutes, des violences ou la propagation soudaine et incontrôlable de maladies infectieuses ou transmissibles."
Le problème est d'autant plus grave que les normes d'occupation sont parfois définies selon des critères budgétaires plutôt que sur la base du nombre de lits disponibles. Certains détenus ont confié à la rapporteuse qu'ils avaient "l'impression d'être détenus dans des conditions proches de l'esclavage".
Seydi Gassama, directeur exécutif d'Amnesty International Sénégal, confirme à JA la vétusté des installations : "Héritées de l'époque coloniale, celles-ci sont vétustes et surpeuplées." La construction de nouvelles prisons reste exceptionnelle, comme à Fatick ou à Sébikotane, la tendance étant plutôt à la rénovation des bâtiments existants.
Face à cette situation, la rapporteuse de l'ONU suggère de s'inspirer d'autres pays qui ont vendu leurs anciennes prisons coloniales pour les transformer en hôtels, utilisant les fonds pour construire des établissements modernes.
L'enquête révèle également des dysfonctionnements majeurs dans le système judiciaire. La détention provisoire peut s'étendre jusqu'à six ans dans l'attente d'un procès. Selon Seydi Gassama, cité par Jeune Afrique, cette situation s'explique en partie par "la culture punitive du ministère public", les procureurs requérant presque systématiquement la détention, même pour des infractions mineures liées aux réseaux sociaux.
Le manque de magistrats aggrave le problème en rallongeant mécaniquement la durée des instructions. La rapporteuse préconise des mesures radicales, notamment la réduction automatique de 20% des peines pour les condamnations de plus de trois ans et la libération des détenus en attente de jugement depuis plus d'un an, sauf pour les crimes les plus graves.
Depuis l'alternance politique récente, Jeune Afrique note quelques évolutions positives : "De plus en plus de délinquants présumés sont jugés en flagrant délit" et les peines prononcées sont souvent assorties du sursis ou relativement courtes, selon Seydi Gassama. Le gouvernement montre également sa volonté d'agir, avec la construction en cours d'une nouvelle prison de 2 500 places et le développement d'alternatives à l'incarcération, comme le bracelet électronique.
Toutefois, ces mesures semblent insuffisantes face à l'ampleur du défi. Le système carcéral sénégalais nécessite une réforme en profondeur pour sortir de cette situation que l'ONU qualifie d'inhumaine, conclut le magazine panafricain.
LES MISSILES DU COLONEL ABDOURAHIM KEBE
Présence militaire étrangère au Sénégal, gel de l’aide américaine, suites judiciaires du rapport de la cour des comptes, son engagement dans le Pastef…le Colonel à la retraite aborde plusieurs questions liées à l’actualité
Interview réalisée par Abou SY |
Publication 18/02/2025
C’est un enfant de troupe départi de son obligation de réserve qui caractérise la grande muette qui s’est confié à L’As. Dans cet entretien, le Colonel à la retraite, Dr Abdourahim Kébé, aborde plusieurs questions liées à l’actualité. Il accuse la France d’avoir monnayé la position stratégique de Dakar avec d’autres puissances dans les conflits majeurs avant d’applaudir la « traque » des crimes financiers de la présidence de Macky Sall suite à la publication du rapport de la Cour des comptes.
Vous vous faites un peu rare dans l'espace politique depuis la prise de pouvoir par le Pastef. Qu'est-ce qui justifie ce choix ?
Ce constat me semble biaisé quand vous parlez de choix. Le terme est négativement chargé car il renvoie à une volonté délibérée, une décision personnelle de rester à l’écart. Ce qui n’est pas le cas. Certes, je ne suis plus aussi visible que je l’étais quand Pastef était dans l’opposition dans la mesure où je suis absent sur les plateaux de télévision, et même sur les réseaux sociaux. Donc, vous n’avez pas tort de constater que je suis moins visible, voire audible dans l’espace politique. Mais cela ne relève pas d’un choix délibéré.
Il y a quelques facteurs explicatifs dont mes absences répétées du territoire national mais surtout, la volonté des nouvelles autorités de dissocier le parti de l’État, faisant du slogan ‘la patrie avant le parti’ une réalité. Une conséquence de ce choix est l’affaiblissement des membres du bureau politique de Pastef qui ne sont pas dans l’appareil étatique. On ne communique pas de la même manière quand on est au pouvoir ou dans l’opposition. Un opposant peut s’autosaisir d’une question et la traiter selon l’angle qu’il juge pertinent pour son discours. Celui qui est au pouvoir a besoin d’une approche experte en matière de communication pour parvenir aux résultats escomptés. Il s’agit de transmettre des informations factuelles, précises et claires aux populations. Pour ce faire, il est important que la personne qui veut être crédible dans sa communication pour défendre, expliquer ou informer sur les actions gouvernementales puisse disposer de l’information à la source et à temps réel. Donc si je parle, c’est parce que je suis investi de l’autorité et de la légitimité pour le faire. Toutefois, je voudrais rassurer tous ceux qui s’inquiètent de ce qu’ils croient être un retrait ou un gel de mes activités dans Pastef en leur disant que mon engagement dans le parti est toujours aussi fort qu’avant et qu’il n’y a aucun nuage dans mes relations avec le Président Faye ou avec le Premier ministre.
Comment évaluez-vous globalement les 10 mois de gouvernance du duo Diomaye-Sonko ?
Le récent rapport de la Cour des comptes est venu nous rappeler la situation catastrophique dans laquelle se trouvait le Sénégal avant l’arrivée du Président Faye au pouvoir : un pays exsangue et anémique. Non seulement le régime de Macky Sall a procédé à la dilapidation de nos ressources (financières, foncières, minières, etc.) mais aussi, il a entrepris des actions de sabotage en procédant à des recrutements massifs, des augmentations de salaires et des octrois d’indemnités au moment de quitter le pouvoir et ce, en dehors de toute légalité. Tout cela, dans le seul but de gêner le nouveau pouvoir et de le mettre en mal avec les populations. Mais c’était sans compter avec la détermination des nouvelles autorités de ne jamais laisser la barque Sénégal tanguer. C’est pourquoi en seulement dix mois dans la gestion des affaires de la cité, le Président Faye et son Premier Ministre Sonko ont réalisé un véritable exploit qui nous permet d’affirmer avec force que l’arrivée de Pastef au pouvoir est une chance pour le Sénégal.
Malgré un lourd héritage lié à des défis économiques, financiers, budgétaires et sociaux ainsi que les obstacles sciemment posés sur son chemin, le nouveau régime a garanti le paiement des salaires sans discontinuité et pris des décisions importantes pour soulager nos braves agriculteurs et les ménages qui étaient en situation de précarité extrême. Tout programme ambitieux a besoin de fondamentaux solides pour sa réalisation et sa durabilité. Ainsi, la première phase de l’agenda de transformation concerne le retour à l’orthodoxie ou la phase redressement qui couvrira ce premier quinquennat 2024-2029. Le parcours sera long et difficile mais le succès est au bout. Tout redressement implique inévitablement et nécessairement de faire des sacrifices. À ce titre, les sénégalais de tout bord doivent comprendre les enjeux et accompagner le Gouvernement en acceptant les rigueurs du redressement. À la lueur des révélations de la Cour des comptes sur le carnage financier opéré par le régime de Macky Sall, la décence et l’esprit civique voudraient que les revendications salariales syndicales et corporatistes prennent en compte la situation difficile que traverse notre pays. Que l’union sacrée soit faite autour du PR et de son PM pour leur conférer la liberté d’action qui leur est nécessaire pour emmener le pays à bon port. Il est clair que rien ne sera plus comme avant avec des autorités étatiques qui portent en bandoulière le souci de la transparence, la stabilité de leur parole et la crédibilité de leur engagement.
La crédibilité étatique est actée avec un président de la République et un Premier ministre qui disent ce qu’ils font et font ce qu’ils disent. Pastef avait promis de rompre avec les méthodes des anciens présidents qui cumulaient la charge de président de la République et de chef de parti. C’est chose faite. Dire la vérité au peuple quel qu’en soit le coût est le crédo des autorités. Les caciques de l’ancien pouvoir ont rué sur les brancards lorsque le Premier ministre Ousmane Sonko a informé les Sénégalais sur la situation catastrophique des finances publiques en révélant la roublardise des autorités de l’ancien régime qui manipulaient à leur guise les chiffres de la dette publique et du déficit budgétaire. Le tout récent rapport de la Cour des comptes confirme que le Premier ministre avait communiqué juste et vrai. Ce qui renforce un pilier essentiel de la démocratie : la confiance du peuple. Enfin, avec Pastef au pouvoir, on assiste à une réconciliation de la justice avec le peuple. Tout cela explique la paix que nous vivons au Sénégal depuis la dernière alternance et nous conforte dans l’idée que le meilleur est à venir pour le Sénégal et les sénégalais.
L'actualité, c'est la publication du rapport d'audit de la Cour des comptes sur la gestion des finances publiques entre 2019 et 2024. La juridiction financière relève ainsi des manquements et des irrégularités scandaleuses. et d'aucuns soutiennent qu'il faudrait traduire Macky Sall devant la haute cour de justice pour haute trahison. Êtes-vous d'accord ?
L’audit du rapport de la Cour des comptes sur la situation des finances publiques pour les gestions de 2019 à mars 2024 a mis à nu le carnage financier opéré par des pontes du régime de l’ancien président Macky Sall. Il est simplement effarant. Il s’agit de crimes graves, inacceptables et intolérables et il est heureux que le ministre de la justice ait annoncé la traque de ces crimes financiers de la présidence de Macky Sall qui a publiquement avoué avoir mis le coude sur les dossiers des corps de contrôle incriminant des proches ou des alliés. De la périphérie, tout peut converger vers le centre. Faisons confiance à la Haute Cour de Justice et au Pool judiciaire financier déjà mobilisés pour les enquêtes approfondies et de probables poursuites judiciaires. La reddition des comptes est une demande sociale.
En tant que des souverainistes, les leaders du nouveau régime ont décidé de mettre fin à la présence militaire française au Sénégal. Pensez-vous que c'est une bonne politique avec l'insécurité grandissante au Sahel ?
Il est clair qu’aucun pays ne peut se dire souverain quand une force militaire étrangère s’impose sur son territoire. La présence militaire française au Sénégal et dans d’autres pays de l’Afrique de l’Ouest et du Centre nous rappelle que malgré nos indépendances nationales, les liens de dépendance et de domination coloniale ne sont pas encore rompus. Le nouveau pouvoir avait promis de rendre au Sénégal sa souveraineté économique, monétaire et militaire et c’est dans ce contexte qu’il faut situer la décision des nouvelles autorités du pays de mettre fin à la présence militaire française au Sénégal. L’expérience a montré que la présence militaire française en Afrique noire a plutôt été source de problèmes car pour maintenir son influence dans ses ex colonies, la France n’a jamais hésité à utiliser l’arme de la déstabilisation en favorisant des coups d’État ou des rébellions armées.
Outre des clauses secrètes signées avec les «pères des indépendances» qui garantissaient à la France la primauté sur nos ressources, le pays de Marianne a longtemps exploité nos militaires dans le contexte des opérations de maintien de paix. En ce qui concerne le Sénégal, en effet, de l’indépendance en 1960 jusqu’à la première alternance démocratique en l’an 2000, la France habillait les troupes, assurait leur transport, fournissait les munitions et même leur alimentation, pour ensuite se faire rembourser à prix d’or au niveau des Nations unies. En outre, la position stratégique de Dakar était monnayée directement par la France avec d’autres puissances dans les conflits majeurs
L’Alliance des États du Sahel(AES) ne se porte pas plus mal après le retrait des forces françaises qui s’adonnaient à un jeu trouble dans la lutte contre le terrorisme au Sahel, même s’il est vrai que les pays concernés ont vite remplacé l’ancienne métropole par la Russie etl’Iran dans une moindre mesure. Pour le Sénégal, la présence de l’armée française n’a pas été décisive en termes d’opérations militaires. Elle n’est jamais intervenue aux côtés des Forces armées sénégalaises dans ses opérations de combat. Les chefs militaires sénégalais ont toujours assuré leur total leadership en termes de défense et de Sécurité et le départ des 300 Éléments Français du Sénégal ne change rien à la donne
Par ailleurs, et c’est là où la décision du président de la République est à saluer, la plupart des pays d’Europe et les États-Unis sous-traitaient directement des aspects de leur coopération militaire avec le Sénégal par l’entremise de la France. Comme quoi, ils nous considéraient toujours comme une colonie de la France. C’est dire que la fin de la présence militaire française affectera aussi son influence dans le monde.
À partir de 2025, il ne devrait plus y avoir de bases militaires étrangères au Sénégal. Sur quoi devrait reposer la nouvelle doctrine en matière de défense et de sécurité ?
Le Président Faye a demandé au ministre des Forces armées de lui proposer une nouvelle doctrine de coopération en matière de défense et de sécurité. Attendons les propositions du MFA pour en connaître les contours. Notons toutefois que malgré la présence des EFS, le Sénégal a réussi à diversifier sa coopération militaire avec des pays comme l’Allemagne, l’Italie, l’Angleterre, la Turquie, le Brésil, les États-Unis, le Maroc, etc. À l’occasion de son investiture à la date du 2 avril 2024, le Président a appelé à «plus de solidarité » entre pays africains pour relever les défis sécuritaires. Cette dimension sera certainement prise en compte dans l’élaboration de la nouvelle doctrine de coopération militaire.
Par ailleurs, comment comprenez-vous le gel de l'aide étrangère des États-Unis (Usaid) avec l'arrivée de Trump ?
À l’instar des nouvelles autorités sénégalaises, le président Donald Trump a opté pour le souverainisme et la stratégie gagnant-gagnant, illustrés par le slogan «America first» (Amérique d’abord). C’est dans cet esprit qu’il faut comprendre son décret sur le gel de l’USAID pendant 90 jours, le temps de procéder à l’audit et de voir éventuellement comment réorienter l’agence dans le cadre de la nouvelle politique étrangère des États-Unis. Désormais, toute aide américaine doit être motivée par une contrepartie pour le peuple américain. Cette décision de Trump, vocalisée par Elon Musk, a un impact mondial dans la mesure où l’USAID est connue comme le plus grand donateur bilatéral du monde. Mais même les États-Unis ne sont pas épargnés car la décision coûte des milliers de dollars aux fermiers américains. Toutefois, il convient de signaler que de nombreux décrets signés par Trump dont celui de l’USAID sont contestés et restent bloqués en justice. Mais pour l’heure, Trump ne pense pas reculer marche arrière.
UN SOUS-OFFICIER DES DOUANES ET SON EPOUSE DEVANT LA BARRE
Traduits en justice pour faux et usage de faux, exercice illégal de commerce, association de malfaiteurs et escroquerie, le douanier N. Ndiaye et son épouse N. F. Kane ont été déclarés coupables et condamnés en première instance à deux ans de prison ferme
Le sous-officier des Douanes N. Ndiaye, en service au fret de l’aéroport international Blaise Diagne (Aibd), et son épouse N. F. Kane ont fait face hier au juge de la Cour d’appel de Dakar, pour escroquerie, association de malfaiteurs, faux et usage de faux au préjudice de Djily CSB et autres. Le parquet général demande l’application de la loi. Les mis en cause seront fixés sur leur sort le 3 mars prochain.
Traduits en justice pour faux et usage de faux, exercice illégal de commerce, association de malfaiteurs et escroquerie, le douanier N. Ndiaye et son épouse N. F. Kane ont été déclarés coupables et condamnés en première instance à deux ans de prison ferme. Ils avaient interjeté appel. Hier, les mis en cause ont comparu devant la barre de la Cour d’appel de Dakar. Le gabelou renseigne qu’il a divorcé de son épouse mais ils étaient mariés au moment des faits. Il clame son innocence dans ce dossier. «Je suis toujours un agent des douanes. Dans ce problème, j’ai cherché à aider ma femme. Je n'ai absolument rien à voir avec ça», s’est-il défendu. Le juge lui fait savoir que les plaignants ont eu confiance en lui et lui ont remis leurs marchandises parce qu’il s’est présenté en sa qualité de douanier. «Tu ne devais même pas être dans la douane. Ce que tu as fait est grave», a indiqué le magistrat à qui le prévenu a confié qu’il est toujours en fonction.
Sa co-prévenue, N. F. Kane soutient avoir interjeté appel parce qu’elle estime n’avoir pas commis les faits qui lui sont reprochés. «N. Ndiaye était mon mari. À l’époque, ma mère était dans sa dernière phase de maladie. Elle avait un cancer. C’est ainsi que j'ai dit à mon mari que je vais arrêter le travail puisque je ne pouvais plus allier les va et vient de l’activité de commerce et l’hôpital. Il m’a demandé de le laisser gérer mon commerce puisqu’il voulait faire un business parallèle. Il ne m’a jamais financée comme il l’a dit à la barre», s’est dédouanée N. F. Kane.
L’une des parties civiles, Djily, renseigne qu’à l’époque, N. Ndiaye était l'époux de N. F. Kane. «Son mari est venu me voir en se présentant comme douanier. Il avait brandi sa carte professionnelle, une décharge et un chèque sans provision. C’est sur ces déclarations que je me suis basé pour accepter la commande de marchandises qu’il avait faite auprès de moi. À date échue, je l’ai appelé mais il m’a renvoyé auprès de sa femme. Et quand j’ai contacté celle-ci, elle m’a dit aussi de retourner vers lui pour recouvrer ma créance», dit-il.
Me Khadim Kébé, avocat de N. F. Kane, soutient que sa cliente n’a jamais eu de problèmes avec ses fournisseurs. «Quand elle était sur le point d’accoucher et malade, elle a dit à son mari qu’elle comptait arrêter. Mais N. Ndiaye s’est immiscé dans son commerce. Et quand il est allé pour la première fois auprès des fournisseurs, il y est allé avec son épouse. Mais les autres fois, il y allait seul pour faire les commandes. Et pour leur mentir, il leur montrait sa carte professionnelle tout en leur disant qu’il est un colonel des douanes, en leur laissant des chèques de garantie avant d’encaisser les téléphones portables. Ainsi, je demande la relaxe de ma cliente», a plaidé l’avocat
Me Ousseynou Gaye, conseiller de N. Ndiaye, déclare que toute la plaidoirie de son acolyte a consisté à charger son client alors qu’ils oublient qu’ils étaient mariés. «La posture deN. Ndiaye, c’était juste de lui venir en aide puisqu’elle était dans un coma diabétique. Il lui est reproché des faits d'association de malfaiteurs, complicité d’escroquerie et d'exercice illégal de commerce. C’est un agent de constatation des douanes. Ndiaye a constaté que sa femme avait des problèmes etil est venu faire un engagement avec sa carte professionnelle pour donner son engagement. Raison pour laquelle je demande la relaxe», plaide Me Gaye. Le parquet général a requis l’application de la loi. Délibéré le 3 mars prochain.
Les personnels des universités décrètent 48 h de grève
La tension ne baisse pas dans les universités publiques sénégalaises. Après les enseignants du supérieur et les étudiants, c'est au tour des personnels administratif, technique et de service des universités publiques, des centres des œuvres universitaires et établissements d'enseignement supérieur du Sénégal (PATS) d’entamer un mouvement d’humeur. A l'issue de leur assemblée générale hier, ils ont décrété 48 heures de grève totale à partir d’aujourd’hui. Les travailleurs revendiquent en entre autres points l'application des accords de santé dans les universités, la revalorisation de la pension de retraite, la réintégration de la convention du secteur de la presse à l'université Iba Der Thiam de Thiès, l'augmentation des budgets des universités qui sont restés les mêmes malgré l'augmentation de nombre d’étudiants et des charges et la finalisation des chantiers dans les universités et centres des œuvres. L'intersyndicale dénonce également le dilatoire et l'absence de réaction de la tutelle et demande à tous les travailleurs de se mobiliser pour la satisfaction des doléances précitées.
Chanvre indien dans un véhicule
Pape Coumba Ndoffène Diouf et son ami Assane peuvent se vanter d'avoir de la veine. Arrêtés lors d'un contrôle routier en plein cœur de Touba, après que les flics ont découvert dans leur véhicule un kilo et demi de chanvre indien, ils ont été relaxés au bénéfice du doute hier, par le tribunal des flagrants délits de Diourbel. Ceci, parce que les mêmes policiers qui les ont interpellés ont déclaré soupçonner des individus ayant fui du véhicule lors de la fouille.
Problématique de l'emploi à Taiba Ndiaye
L'emploi des jeunes est une véritable problématique nationale, avec la sortie massive chaque année de nombreux diplômés qui investissent le marché du travail. Malgré la présence massive d'industries extractives dans son périmètre, la commune de Taiba Ndiaye dans le département de Tivaouane n'échappe pas à cette règle. Selon le Maire Assane Ndiaye, les industries ne peuvent pas donner du travail à tout le monde, mais il faut nécessairement qu'elles investissent d'autres pistes, à l'image du Parc Eolien de Taiba Ndiaye (PETN). En effet, il renseigne qu'il a exploré la piste du développement des chaînes de valeur agricole, qui va permettre le retour des jeunes vers l'agriculture. Après avoir formé des agriculteurs, il a aidé à la création de coopératives et a aussi doté les périmètres de forages alimentés grâce au solaire. Si toutes les entreprises empruntent cette voie, pour développer l'exploitation familiale, l'artisanat, la transformation des fruits et légumes, une réponse appropriée peut ainsi être apportée à cette problématique de l'emploi. Il a tenu ces propos en marge de la finale de la Coupe du Maire qui s'est jouée ce week-end et remportée par l'ASC Ndomor sur l'ASC Yaakaar de Thiale sur la marque de 2 buts à 0. L'équipe gagnante a empoché une enveloppe de 750 000 Fcfa contre 500 000 Fcfa pour l'équipe perdante, compte non tenu des trophées et des équipements.
L’Intersyndicale du secteur primaire renonce à sa grève
L’Intersyndicale du secteur primaire (agriculture, pêche, élevage) a suspendu son mot d’ordre de grève générale de 72h qu’elle avait annoncé à partir de mercredi prochain. Seulement, elle a renoncé au mouvement d’humeur à l’issue de son assemblée générale d’information tenue ce lundi 17 février à la Sphère ministérielle de Diamniadio. Toutefois, les travailleurs maintiennent le port de brassards rouges ce mardi. Selon les secrétaires généraux de SATES, SNTE, CNTS, SYTRAPAS, SYNTTAS et SMVS, cette décision fait suite à la rencontre tenue avec le directeur général de la Fonction publique et son staff mercredi dernier qui leur ont assuré que le gouvernement travaille activement à la satisfaction de leurs revendications. En réponse à cet engagement et dans un esprit d’ouverture au dialogue, disentils, l’intersyndicale a décidé d’accorder une suspension temporaire de son mouvement. Toutefois, les syndicalistes préviennent qu’ils resteront vigilants quant à la mise en œuvre effective des engagements pris.
Agression mortelle de Babacar Diagne
Babacar Diagne a été agressé dimanche dernier lors du combat de Frank contre Ama Baldé. Grièvement blessé, il a finalement rendu l'âme. Selon nos sources, le jeune sur sa moto avait été lapidé à coups de briques par un groupe de malfrats qui ont pris l'engin avant de détaler. Babacar grièvement blessé a été évacué à l'hôpital Dalal Jamm de Guédiawaye où il a rendu l'âme. Une nouvelle qui a ameuté le quartier Mounawara Ainoumane de Djidah Thiaroye Kaw où il réside. Une information confirmée par le député Matar Sylla de Djidah Thiaroye Kaw qui, dans un post, a regretté les circonstances du décès de Babacar Diagne militant du Pastef réputé loyal, dévoué et travailleur.
Ardo Gningue saisit l’OFNAC
L’activiste Ardo Gningue passe à l’acte. Il a saisi hier «l’OFNAC pour enquête sur des faits présumés de détournement de deniers publics et enrichissement illicite, en violation du principe de transparence des finances publiques». Cette plainte concerne plus précisément le compte d’un ancien dignitaire de l’ancien régime crédité à 1000 milliards dont parlait Ousmane Sonko aux dernières élections législatives. Pour Ardo Gningue, «il est impératif que toute suspicion de gestion irrégulière des deniers publics fasse l’objet d’une enquête approfondie». Dans la note, l’activiste a demandé à Serigne Bassirou Guèye et Cie de diligenter une investigation afin de faire toute la lumière sur cette affaire et d’identifier les responsabilités éventuelles.
Fonctionnement des institutions de l'OHADA
A l’ouverture de la 58e session, la secrétaire exécutive de la commission nationale OHADA du Sénégal a exprimé sa gratitude envers le ministre de la Justice et Garde des Sceaux du Sénégal pour son soutien indéfectible à la continuité de la présidence sénégalaise de l'OHADA. Elle a particulièrement salué l'engagement du comité d'organisation de la 58e session. Hélène Sarr Camara a également profité de l'occasion pour adresser des remerciements aux institutions de Ouagadougou, aux partenaires techniques et financiers, et aux membres du comité des experts pour leur collaboration tout au long de la mandature sénégalaise. Elle a souligné l'importance capitale du comité des experts dans le processus décisionnel de l'OHADA, notamment en formulant des recommandations essentielles aux ministres. Enfin, elle a souligné que les deux jours de délibérations seraient consacrés à des sujets cruciaux, notamment les activités et le fonctionnement des institutions de l'OHADA, les dossiers financiers et le recrutement de personnel, des tâches qu’elle a jugées ardues mais essentielles pour le bon avenir de l’organisation.
Abdourahmane Diouf annonce la création de nouveaux CRE
Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation a effectué hier une tournée dans les trois Centres de Recherche et d’Essai (CRE) de la région de Thiès (Pout, Tivaouane et Thiès). Dr Abdourahmane Diouf a constaté l’ingéniosité des jeunes talents et des femmes entrepreneures sénégalais tout en saluant les innovations dans divers domaines stratégiques : la transformation de produits céréaliers, la fabrication de produits de nettoyage et la réparation de drones, le tout conçu à partir de matériaux locaux. Il a particulièrement salué le projet des sourds-muets spécialisés dans la réparation d’ordinateurs, soulignant leur résilience et leur contribution à l’économie du savoir. Il promet de renforcer le soutien aux CRE et aux jeunes innovateurs, en vue de favoriser l’essor de l’écosystème de la recherche et du développement technologique. Dr Diouf annonce la création prochaine de nouveaux CRE dans les localités qui n’en disposent pas encore.
Attentat à la pudeur avec violence et tentative de viol
La police de Zac Mbao a déféré au parquet le tailleur Y. Dièye pour attentat à la pudeur avec violence et tentative de viol. Tout est parti d’une visite du tailleur au domicile de la dame dans l’espoir d’avoir des tissus à coudre. Le calme plat qui régnait sur les lieux a poussé le tailleur à sauter sur la dame pour la tenir en respect. Il enlève les boutons de la chemise de la victime pour téter son sein. La victime prise de panique repousse de toutes ses forces Y. Dièye avant de le mordre. Mais c’était compter avec la détermination de ce dernier qui voulait satisfaire sa libido. Le mis en cause étrangle la dame tout en la sommant de satisfaire sa demande sous peine de représailles. Elle change de stratégie, elle demande poliment à son bourreau de se lever pour qu’elle puisse fermer la porte. Ce qu’accepte le tailleur. Alors elle crie au secours et ameute le voisinage. Le tailleur qui craignait d’être lynché prend la fuite a eu le toupet d’envoyer, selon nos sources, un émissaire pour présenter ses excuses à la dame qui s’est retrouvée avec des blessures au cou, à l’avantbras et à la cuisse. Elle se rend alors au Commissariat de Zac Mbao pour porter plainte contre Y. Dièye. Sans tarder, les hommes du Commissaire Ba interpellent le tailleur dans son atelier à Zac Mbao. Devant les limiers, il déclare que la victime était sa copine et qu'ils entretenaient souvent des relations sexuelles. Le tailleur dit avoir agi vigoureusement ce jour face au refus de la dame. Y. Dièye est placé en garde à vue avant d’être déféré au parquet.
Usurpation de l’identité de RFI à des fins politiques au Sénégal
Au Sénégal, selon un rapport de la Cour des comptes publié mercredi dernier, des anomalies ont été décelées dans la gestion des comptes publics entre 2019 et 2024. Ce document est publié après que le régime du président Macky Sall a été accusé d'avoir falsifié les chiffres des finances quand il était au pouvoir. Dans ce climat, une infox usurpant l’identité de RFI a circulé le 16 février. Après vérification, cette contrefaçon radiophonique n’a jamais été produite par la chaîne d'information, renseigne l’organe de presse. L’infox prend la forme d’un enregistrement de 4 minutes 17 secondes, dans lequel un commentateur critique les conclusions du rapport et la méthodologie de la Cour de comptes. Sur les réseaux, X, Facebook et TikTok, un visuel a été détourné, en apposant le logo de la radio et celui de la chaîne d’information France 24 qui appartiennent au même groupe. À Dakar, l’envoyée spéciale de RFI, et les correspondants de la radio, ont rapidement reçu des appels pour savoir si ce document sonore était authentique. Il ne l’est pas, la direction du service Afrique de RFI l’a clairement affirmé dimanche à une équipe de fact-checkers sénégalais. Les auteurs de l’infox ont visiblement voulu tromper le public, en cherchant à tirer profit de la notoriété des chaînes du groupe France Médias Monde.
Les victimes des violences politiques payées cette semaine
Le paiement des aides aux victimes des violences politiques survenues lors des manifestations entre 2021 et 2024 débute cette semaine. Cette annonce a été faite par le Secrétaire du ministère de la Famille et des Solidarités, El Hadj Ndiogou Diouf a précisé les modalités de ce processus, renseigne Le Soleil.sn. Selon lui, les réclamations des ayants droit omis sur la première liste ont été examinées. Mais en réalité, il n’y a pas d'omission. 2 172 victimes ont été recensées, dont 79 cas de décès. Les blessés bénéficient d’un suivi médical quotidien. Cependant, il a ajouté que certains citoyens viennent régulièrement présenter des réclamations, en affirmant avoir été victimes de violences. Pour ces personnes, il a indiqué qu’on leur demande de fournir des éléments de preuve. Une procédure rigoureuse est alors mise en place pour valider la véracité de ces affirmations.
Par Demba Moussa Dembélé
UN RAPPORT ACCABLANT !
Le rapport publié le 12 février 2025 sur l’audit des finances publiques est une véritable bombe, par la gravité et l’ampleur des révélations qu’il contient. On est effaré par la désinvolture avec laquelle le régime de Macky Sall a géré les finances ...
Le rapport publié le 12 février 2025 sur l’audit des finances publiques est une véritable bombe, par la gravité et l’ampleur des révélations qu’il contient. On est effaré par la désinvolture avec laquelle le régime de Macky Sall a géré les finances publiques du pays pendant plusieurs années. On découvre ainsi un pillage à grande échelle des deniers publics par un groupe d’individus qui n’avaient aucun respect pour le bien public. Des dizaines de milliards ont disparu sans laisser de trace. Des mensonges ont été servis aux « partenaires » et aux marchés financiers sur le niveau du déficit budgétaire et le plafond de la dette publique.
Confirmation des alertes du nouveau régime
On notera que les chiffres du rapport vont au-delà de ceux que le Premier ministre Ousmane Sonko avait révélés le 26 septembre 2024. Lors de cette sortie, il disait que le régime de Macky Sall avait menti au peuple et aux partenaires et maquillé les chiffres des finances publiques pour présenter « une image économique différente de la réalité ». Le président de la République Bassirou Diomaye Faye avait lui aussi alerté sur l’état catastrophique des finances publiques du pays constaté après la prise du pouvoir. Les défenseurs de l’ancien régime et leurs mercenaires tapis dans certains médias avaient contesté leur diagnostic et parlé de manipulation.
Le rapport de la Cour des comptes vient de leur clouer le bec en révélant une réalité qui dépasse largement ce que le régime avait annoncé. Parmi les chiffres maquillés on notera surtout ceux du déficit budgétaire et de la dette publique dont les niveaux sont de très loin supérieurs à ceux fournis par l’ancien régime. En effet, le déficit budgétaire se situe à 12,3% contre 4,9% et le ratio de la dette publique frôle 100% du produit intérieur brut (PIB), comparé à 74% !
Au vu de l’ampleur du maquillage des chiffres révélée par le rapport, on ne peut manquer de poser la question sur les raisons qui ont poussé le régime précédent à mentir au peuple et aux « partenaires ».
Raisons du maquillage des chiffres
Ces rasions sont à rechercher dans l’obsession de Macky Sall visant à présenter aux marchés financiers et aux « partenaires » internationaux une bonne image de la gestion économique du pays. En effet, on avait souvent entendu le président Macky Sall et ses ministres se vanter de la « qualité de la signature » du Sénégal auprès des marchés financiers, chaque fois qu’il émettait avec succès des « eurobonds ».
De même, dans ses rapports avec la Banque mondiale et le FMI, le régime de Macky Sall avait coutume de dire que les relations avec ces deux institutions étaient basées sur la confiance qu’elles avaient dans les politiques « macroéconomiques saines » du pays, c’est-à-dire sur des déficits budgétaires jugés « raisonnables » et une dette publique jugée « soutenable ». L’on peut se demander comment la Banque mondiale et le FMI ont pu être bernés pendant des années par le régime de Macky Sall. Question légitime quand on sait que ces institutions ont leurs représentants-résidents à Dakar qui travaillent étroitement avec les ministères en charge de l’Economie et des Finances. Comment se fait-il qu’avec cette proximité et les moyens dont elles disposent qu’elles n’aient pas pu déceler les fraudes sur les chiffres ? Ou bien auraient-elles une certaine complicité dans la manipulation de ceux-ci ?
En ce qui concerne l’UEMOA, on se rend compte que le régime de Macky Sall n’a pas respecté les normes édictées par l’institution communautaire, notamment un déficit budgétaire ne dépassant pas 3% du PIB et un niveau de dette publique ne dépassant pas 70% du PIB.
Donc, à la lecture du rapport de la Cour des comptes, on sait maintenant que le régime précédent avait utilisé le mensonge et la manipulation des chiffres dans ses rapports avec les marchés financiers et ses « partenaires africains et internationaux !
Que faire ?
Après la publication du rapport de la Cour des comptes, le nouveau régime aura fort à faire pour restaurer l’image du pays à l’extérieur et même au sein de l’UEMOA. Il y aura toujours un petit soupçon qui subsistera dans la tête de certains des « partenaires ».
Pour lever ces doutes et la méfiance, il faudra prendre des mesures drastiques, tant au niveau des procédures de décaissements et de contrôle qu’au niveau des personnes responsables de ce que certains appellent un « carnage financier ».
En effet, il est impératif d’identifier toutes ces personnes et engager des poursuites contre elles. Il faudra saisir cette occasion pour éradiquer la culture de la complaisance, du mensonge et de la manipulation des chiffres dans la gestion des ressources du pays. Il faut mettre fin à la culture de l’impunité en trainant en justice tous ceux qui ont eu une part de responsabilité dans la gestion scandaleuse des finances publiques et leurs complices, dans l’administration et le secteur privé.
Le Président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko ont dit et répété qu’ils diront toujours la vérité au peuple sur la réalité économique et sociale du pays. Ce rapport leur donne l’occasion rêvée d’aller plus loin dans cette voie, en combattant le mensonge et l’opacité dans la gestion des affaires publiques et en instaurant une culture de la transparence et du respect du bien public. Ce sera un signal fort de rupture d’avec le système qu’ils ont combattu avec acharnement. Car on ne peut pas obtenir des résultats différents avec le même système.
La rupture doit également s’appliquer aux relations avec les « partenaires », en se débarrassant de la culture de la dépendance. Le Président Diomaye et le Premier ministre Sonko doivent mettre l’accent sur la nécessité pour le Sénégal de compter d’abord sur lui-même par la mobilisation de ses propres ressources et la transformation structurelle de son économie.
VERS LE RENFORCEMENT DE LA COOPERATION JUDICIAIRE
Le président du ministère public marocain Mohamed Abdennabaoui a reçu, lundi 17 février 2025 le premier président de la Cour Suprême du Sénégal Mahamadou Mansour Mbaye.
Le président du ministère public marocain Mohamed Abdennabaoui a reçu, lundi 17 février 2025 le premier président de la Cour Suprême du Sénégal Mahamadou Mansour Mbaye.
Le procureur général du Roi près la Cour de Cassation, président du ministère public, El Hassan Daki, a reçu, lundi à Rabat, le premier président de la Cour suprême du Sénégal, Mahamadou Mansour Mbaye, qui effectue une visite au Royaume à la tête d’une délégation de haut niveau.
Lors de cette rencontre, El Hassan Daki a donné un aperçu sur l’indépendance du pouvoir judiciaire vis-à-vis du pouvoir exécutif dans le Royaume, en tant que l’un des principaux gages de la consolidation de l’État de droit.
El Hassan Daki a, par la même occasion, passé en revue les rôles et les missions du ministère public et des parquets généraux des différents tribunaux du Royaume et leur rôle fondamental dans la protection des droits et des libertés des citoyens, en collaboration avec les autres institutions nationales.
Les deux parties ont par ailleurs examiné les moyens de renforcer la coopération judiciaire bilatérale, tout particulièrement au niveau du ministère public, à travers l’échange des expertises et des expériences.
La délégation sénégalaise était composée de Jean-Louis Paul Toubane, procureur général près de la Cour suprême, Omar Kaye, président de Chambre, Jean Aloise Ndiaye, directeur du cabinet du président de la Cour suprême et de Hadji Biram Faye, chargé des relations internationales à la Cour suprême sénégalaise.
VERS L'ABROGATION DE LA LOI D'AMNISTIE
En décembre, le Premier ministre Ousmane Sonko avait annoncé l’intention de son gouvernement de rapporter la loi d’amnistie votée en mars 2024, à quelques jours de la présidentielle ayant porté au pouvoir Bassirou Diomaye Faye, le candidat qu’il a choisi
En décembre, le Premier ministre Ousmane Sonko avait annoncé l’intention de son gouvernement de rapporter la loi d’amnistie votée en mars 2024, à quelques jours de la présidentielle ayant porté au pouvoir Bassirou Diomaye Faye, le candidat qu’il a choisi.
Le député non inscrit Thierno Alassane Sall a annoncé lundi 17 février 2025 le dépôt d’une proposition de loi visant à abroger la loi d’amnistie de mars 2024.
Cette nouvelle démarche parlementaire cible la loi d’amnistie adoptée le 6 mars 2024 sous le régime de l’ancien président Macky Sall -lorsque son parti détenait la majorité à l’Assemblée nationale -, aujourd’hui dans l’opposition. Le texte avait alors été voté par 94 députés contre 49 et 3 abstentions, couvrant les infractions criminelles et correctionnelles commises lors des manifestations politiques entre 2021 et 2024.
Le député Thierno Alassane Sall, qui déposera son texte mardi 18 février à 16 heures, estime que « les atrocités commises au Sénégal ces dernières années s’inscrivent dans la catégorie des crimes qui ne peuvent rester impunis« .
Cette initiative fait écho à l’annonce du Premier ministre Ousmane Sonko qui, le 27 décembre 2024, avait déjà exprimé son intention de faire abroger cette loi d’amnistie adoptée par ses anciens adversaires politiques. Il avait alors précisé qu’il ne s’agissait pas d’une « chasse aux sorcières » mais d’une question de « justice« .
La loi d’amnistie de mars 2024, présentée par l’ancienne ministre de la Justice Aissata Tall Sall, aujourd’hui présidente du groupe parlementaire de l’opposition, avait notamment permis la libération de plusieurs détenus politiques, dont Ousmane Sonko lui-même et Bassirou Diomaye Faye. Elle prévoyait également un mécanisme d’indemnisation pour les victimes des manifestations.