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6 avril 2025
DIOMAYE VEUT RÉTABLIR TRANSPARENCE ET RESPONSABILITÉ
Le président a réagi au rapport de la Cour des comptes portant sur la gestion des finances publiques du Sénégal entre 2019 et mars 2024. Le bilan dressé par l’audit est alarmant, avec des manquements jugés « d’une gravité inouïe »...
Le Président Bassirou Diomaye Faye a réagi au rapport de la Cour des comptes portant sur la gestion des finances publiques du Sénégal entre 2019 et mars 2024. Le bilan dressé par l’audit est alarmant, avec des manquements jugés « d’une gravité inouïe », notamment un endettement massif qui a freiné plusieurs initiatives économiques.
Dans sa déclaration, à son retour d’Addis-Abeba (Ethiopie), le Président a souligné que son gouvernement a hérité d’une situation financière difficile, marquée par une dette colossale et des ressources limitées pour relancer l’économie. Il a également rappelé que les ambitions du Sénégal restent grandes, malgré la situation actuelle.
Face à ce constat préoccupant, Bassirou Diomaye Faye a réaffirmé sa détermination à rétablir la transparence et la rigueur dans la gestion de l’État. Selon lui, la publication de ce rapport est une occasion de remettre de l’ordre, en situant les responsabilités et en prenant des mesures concrètes pour assurer une gestion saine des finances publiques.
Le Chef de l’État met l’accent sur une gestion transparente, responsable et respectueuse des principes de l’État de droit, dans l’espoir de redresser la situation économique du pays.
Il a ainsi multiplié ses engagements, promettant des solutions innovantes et durables pour sortir le pays de cette impasse. L’assainissement des finances publiques, pour Bassirou Diomaye Faye, est avant tout une question de justice et de responsabilité. Il a réaffirmé que son gouvernement agit dans le respect strict des lois et des textes en vigueur, soulignant que cette démarche relève d’un devoir de responsabilité, et non d’un geste extraordinaire.
LE PROJET DE MOBILISATION DES RESSOURCES EN EAU DU NIANIJA BOLONG LANCE À KOUNGHEUL, LE 21 FÉVRIER PROCHAIN
Le président de la République présidera le lancement officiel du Projet de Mobilisation des Ressources en Eau du Nianija Bolong (PROMOREN), le 21 février 2025, à Koungheul, dans la région de Kaffrine
Le président de la République du Sénégal, Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar Faye, présidera le lancement officiel du Projet de Mobilisation des Ressources en Eau du Nianija Bolong (PROMOREN), le 21 février 2025, à Koungheul, dans la région de Kaffrine, informe un communiqué du ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement.
Le PROMOREN, qui se déploie sur le bassin versant du Nianija Bolong, a pour objectif principal d’améliorer la disponibilité des ressources en eau de surface. Ce projet s’inscrit dans une démarche de développement durable, visant à renforcer la résilience des écosystèmes face aux défis des changements climatiques tout en créant les conditions favorables au développement des activités agro-sylvo-pastorales.
Le projet prévoit de mobiliser annuellement 46,6 millions de mètres cubes d’eau douce, ce qui contribuera à stopper l’intrusion des eaux salées en provenance du fleuve Gambie. Cette initiative permettra également de valoriser 12.000 hectares de terres chaque année, avec la création attendue de 30.000 emplois directs et indirects, contribuant ainsi à la dynamisation de l’économie locale.
Le PROMOREN, dont le coût total est estimé à 36 milliards de F CFA, est financé à 92% par un prêt de la Banque Islamique de Développement (BID), tandis que l’État du Sénégal assure la contrepartie de 8%. Ce financement va permettre la réalisation de plusieurs travaux d’infrastructures, dont la construction d’un nouveau barrage anti-sel, le dragage et le surcreusement du cours d’eau, ainsi que la réhabilitation d’ouvrages hydrauliques. Des digues seront également construites et des efforts de restauration des écosystèmes seront déployés pour garantir la durabilité de l’ensemble du projet.
Le projet PROMOREN s’inscrit dans le cadre des orientations du référentiel « Sénégal Vision 2050 », un plan stratégique visant à renforcer la sécurité alimentaire et à améliorer la gestion des ressources naturelles. Par cette initiative, le gouvernement sénégalais met un accent particulier sur la souveraineté alimentaire, avec l’ambition d’assurer la disponibilité de l’eau brute en quantité suffisante et de qualité, essentielle pour le développement des activités agricoles et pastorales.
ÉLIMINATOIRES MONDIAL 2026 : LE LIEU DU MATCH SOUDAN-SÉNÉGAL PAS ENCORE OFFICIEL
Alors que plusieurs médias annoncent que le Sénégal affrontera le Soudan en Libye dans le cadre des éliminatoires de la Coupe du Monde 2026, la Fédération sénégalaise de football (FSF) dément toute confirmation officielle à ce sujet.
Alors que plusieurs médias annoncent que le Sénégal affrontera le Soudan en Libye dans le cadre des éliminatoires de la Coupe du Monde 2026, la Fédération sénégalaise de football (FSF) dément toute confirmation officielle à ce sujet.
Selon une information relayée par le desk sport de la RTS, Maître Augustin Senghor, président de la FSF, a précisé qu’aucun courrier officiel n’a été reçu confirmant la tenue de cette rencontre à Benghazi le 22 mars 2025.
Il rappelle que ce match de la 5ᵉ journée des qualifications n’a pas encore été inscrit dans la programmation officielle de la Confédération africaine de football (CAF).
Cette clarification intervient après que certaines sources médiatiques ont indiqué que, malgré les démarches entreprises par les autorités sénégalaises pour éviter un déplacement en Libye, la rencontre aurait été maintenue dans ce pays.
D’EVENTUELLES MESURES D’AUSTERITE AU MENU DE LA PRESSE
La livraison de mardi déborde de spéculations sur un éventuel plan d’austérité que le gouvernement compterait mettre en œuvre, pour prévenir les difficultés économiques pouvant résulter du déficit public
La livraison de mardi de la presse quotidienne déborde de spéculations sur un éventuel plan d’austérité que le gouvernement compterait mettre en oeuvre, pour prévenir les difficultés économiques pouvant résulter du déficit public révélé par un rapport de la Cour des comptes.
Le gouvernement « a décidé de prendre des mesures fortes pour apporter des solutions à la situation sombre des finances publiques », parmi lesquelles « il y a la réduction des salaires de certains fonctionnaires, la suppression des subventions et des exonérations », croit savoir Sud Quotidien.
Le journal, citant des économistes, soutient que « ces mesures vont avoir des impacts négatifs sur les Sénégalais notamment le niveau de consommation des ménages ».
Mais alors que « le front social est déjà en ébullition, l’annonce d’un plan d’austérité est venue mettre de l’huile sur le feu », souligne Les Echos, qui rapporte que les organisations syndicales « ont décidé de faire face par tous les moyens » à cette situation.
L’Observateur, analysant cette situation, juge que le « clash » entre l’Etat et les centrales syndicales est inévitable, d’autant que « tous les secteurs d’activité sont touchés. Des grèves sont décrétées, des préavis déposés, des brassards rouges fièrement arborés par les centrales syndicales ».
« Les Sénégalais vont souffrir dans les années à venir »
Concernant précisément le « projet de baisse des salaires » des fonctionnaires évoqué par plusieurs quotidiens, Source A, citant le Bureau d’information gouvernementale, affirme que la baisse des salaires « concerne uniquement les ministres et les directeurs généraux, pas les autres fonctionnaires ».
De même, la suppression des subventions de l’électricité et de l’eau « va concerner uniquement les plus riches (industries et services) », ajoute le même journal, assurances toutefois contrebalancées par les inquiétudes exprimées par l’ancien Premier ministre Abdoul Mbaye.
« Ce que j’ai vu n’augure rien de bon. Les Sénégalais vont davantage souffrir dans les prochaines années », prédit-il dans des propos rapportés par Source A, lequel quotidien ajoute que l’ancien Premier ministre « propose la vente de l’avion présidentiel et siffle la fin de la pagaille dans la finance publique ».
Le leader de l’Alliance pour la citoyenneté et le travail (ACT) va plus loin dans les colonnes de Walfquotidien. M. Mbaye y appelle à « des sanctions sévères contre les personnes et les banques épinglées par le rapport de la Cour des comptes », intitulé « Audit du rapport sur la situation des finances publiques – Gestions de 2019 au 31 mars 2024 ».
Ce rapport a confirmé les prévisions alarmantes du Premier ministre, Ousmane Sonko, qui faisait état d’un déficit public plus important que celui rendu public, concernant la période 2019-2023. La Cour des comptes y relève une marge de manœuvre financière quasi inexistante pour l’État du Sénégal et des dettes colossales à rembourser.
L’info, sur le même sujet, donne la parole à l’ancien directeur des Moyens généraux de la présidence de la République, Cheikh Oumar Diagne. La situation du Sénégal « ne nécessite pas un plan d’austérité », assure ce dernier, avant d’ajouter : « Il nous faut de nouveaux instruments pour redynamiser l’économie, accroître la marge de manœuvre de l’Etat ».
Les pôles territoires, pour développer les régions les plus reculées
Si le train de vie de l’Etat est « un levier sur lequel il faudra faire quelque chose, un salaire est sacré [et] il faut respecter le pouvoir d’achat des travailleurs », poursuit Cheikh Oumar Diagne.
Le journal Le Quotidien apporte sa contribution au débat en interrogeant l’administrateur civil Macodou Sène, ancien directeur de l’administration générale et de l’équipement de la Primature.
« Il me semble nécessaire et urgent de redynamiser la commission d’évaluation des agences », suggère Macodou Sène, auteur d’un livre intitulé « L’administration d’Etat au Sénégal face au défi de la transformation, ces réformes incontournables ».
Sur un tout autre sujet, le quotidien Libération annonce que le député Thierno Alassane Sall va déposer ce mardi une proposition de loi portant abrogation de la loi d’amnistie relative aux manifestations politiques enregistrées au Sénégal entre 2021 et 2024.
Le quotidien L’As revient sur cette information et laisse entendre que le député motive sa proposition de loi par le fait qu' »aucun acte concret n’a été visiblement posé par l’actuel régime » sur cette question.
« Les atrocités commises au Sénégal ces dernières années font partie de ces crimes qui ne peuvent rester impunis. Une nation ne peut avancer que si elle s’appuie sur la vérité et la justice », écrit Thierno Alassane Sall dans un message posté sur X et relayé par le quotidien Enquête.
Le Soleil s’intéresse sur la mise en place des pôles territoires, une approche qui « devrait permettre de développer économiquement les régions les plus reculées du pays en se basant sur les opportunités et richesses de chaque terroir ».
L’ANAMO OUTILLE DE JEUNES ARTISANS
Fabrication du mobilier local - L’Agence nationale de la maison de l’outil (Anamo) poursuit son engagement en faveur de la formation et de l’insertion professionnelle des jeunes artisans.
Par Alioune Badara CISS (Correspondant) |
Publication 18/02/2025
L’Agence nationale de la maison de l’outil (Anamo) poursuit son engagement en faveur de la formation et de l’insertion professionnelle des jeunes artisans. Une cérémonie de remise d’attestations s’est tenue à la Maison de l’outil de Mbour, marquant la fin d’une session de formation axée sur la fabrication de mobilier, l’infographie, la vidéo surveillance et le géo-béton.
Ces sessions de formation, qui se déroulent dans plusieurs maisons de l’outil à travers le pays, notamment à Mbour, Fatick et Kolda, visent à renforcer les capacités des jeunes artisans. Selon Demba Dioum, Directeur général de l’Anamo, ces formations permettent non seulement de développer des compétences techniques, mais aussi de contribuer à la production de mobiliers locaux de qualité. «Nous voulons développer le mobilier national. C’est une des raisons pour lesquelles nous avons organisé cette formation, afin que nos artisans puissent fabriquer du mobilier comparable à ceux importés», explique M. Dioum.
L’Anamo compte assurer une insertion professionnelle durable aux bénéficiaires de ces formations. «Nous ne nous contentons pas seulement de former des jeunes, nous les accompagnons également vers l’emploi. Les initiatives mises en place comprennent, notamment, des chantiers-écoles où les apprenants conçoivent et réalisent des mobiliers, ainsi que la création d’incubateurs pour les métiers de l’infographie, de l’informatique bureautique, du câblage réseau informatique et de l’installation de caméras de surveillance», affirme le Directeur général.
Par ailleurs, il a indiqué que l’utilisation du géo-béton pour la construction d’espaces polyvalents s’inscrit dans une dynamique d’innovation et de durabilité. «L’un des aspects majeurs de ce programme est son accessibilité. Toutes les formations sont gratuites et les maisons de l’outil sont équipées en matériel adéquat pour garantir un apprentissage de qualité. Ces différents projets permettent non seulement de renforcer les capacités des professionnels, mais aussi de leur offrir des opportunités de revenus», conclut Demba Dioum.
L’Anamo continue ainsi sa mission en offrant aux jeunes artisans des outils concrets pour une insertion réussie sur le marché du travail, tout en valorisant le savoir-faire local.
UNE CARRIÈRE DÉDIÉE AU PATRIMOINE
Ancienne directrice du Centre de recherche et de documentation du Sénégal (Crds) rattaché à l’université Gaston Berger de Saint-Louis, Fatima Fall Niang, est nouvellement admise à faire valoir ses droits à la retraite
Ancienne directrice du Centre de recherche et de documentation du Sénégal (Crds) rattaché à l’université Gaston Berger de Saint-Louis, Fatima Fall Niang, nouvellement admise à faire valoir ses droits à la retraite, est une figure incontournable quand on parle de Saint-Louis et de son patrimoine, pour avoir joué un rôle capital dans l’inscription de la ville tricentenaire sur la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco en 2000.
«Le jour où l’information a été donnée, j’étais à Dakar avec l’ancien directeur du Crds, Abdoul Kadir Haidara. Quand je lui ai dit que Saint-Louis était sur la liste du Patrimoine mondial, il n’en croyait pas ses oreilles et je lui dis que ce n’est pas une blague, le quotidien national Le Soleil en avait fait ses choux gras», se souvient-elle. Mme Niang se rappelle la synergie qui a prévalu à l’époque entre les acteurs culturels à Saint-Louis pour obtenir ce résultat. «Il y avait entre les acteurs du tourisme et les autorités, une synergie mais aussi une complicité, et les gens se faisaient confiance dans le travail qui nous a pris deux ans. Mais cette inscription nous avait tous surpris», se remémore-t-elle. Pour Fatima Fall Niang, cette surprise s’explique par l’omission du volet communication. «Il fallait sensibiliser les propriétaires des maisons anciennes, les autorités», explique-t-elle, reconnaissant avoir trouvé une oreille attentive auprès de l’ancien maire de Saint-Louis de 1984 à 2001, le défunt Abdoulaye Chimère Diaw (1922-2021). Pour la conservatrice, ce ne sont pas tous les maires qui peuvent avoir cette sensibilité pour le patrimoine.
En 2016, l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture avait menacé de retirer Saint-Louis de la liste du Patrimoine mondial après la destruction de maisons historiques. Le gouvernement de l’époque, notamment le ministre de la Culture Mbagnick Ndiaye, avait annoncé des mesures prises par les autorités pour remédier à cela. Fatima Fall Niang pense que pour maintenir Saint-Louis sur cette liste, il faut se rapprocher des autorités et les sensibiliser, car, dit-elle, «parfois comme les propriétaires, elles aussi peuvent ignorer l’importance de ce patrimoine». «Beaucoup de travail a quand même été entamé depuis l’inscription, malheureusement à un moment donné, cela s’est estompé ou bien complètement arrêté, ce sont toutes ces questions qu’il faut reprendre», indique-t-elle.
La passionnée du patrimoine a aussi participé au travail sur l’inscription du Ceebu Jën (riz au poisson) [plat national du Sénégal] sur la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco en décembre 2021. Elle a pris part à beaucoup d’activités pour sensibiliser les restaurateurs, les femmes, par rapport à l’utilisation nocive des bouillons, au type de riz, etc. Fatima et ses autres collègues ont aussi bénéficié de l’accompagnement des agents de la Saed, d’Africa Rice [Centre du riz pour l’Afrique], de l’Isra, des chercheurs de l’Ugb, etc. Elle a co-écrit un livre intitulé Ceebu Jën -un patrimoine bien sénégalais, avec le professeur Alpha Amadou Sy. L’ouvrage a reçu le premier prix aux Gourmand Awards 2023 en Suède, dans la catégorie «Patrimoine immatériel-livres et magazines».
Destinée à ses débuts à l’enseignement
Sa présence dans la conservation du patrimoine est comme elle le dit, «un cheveu dans la soupe», car Fatima Fall Niang était destinée à ses débuts à l’enseignement qu’elle a exercé pendant deux ans au Lycée Diéry Fall à Bambey, en tant que professeure d’art sous l’encadrement du célèbre éducateur Ibrahima Fall. Son entrée au Centre de recherche et de documentation du Sénégal a été possible à la faveur du départ à la retraite du Doyen Adama Sylla. Elle ne cesse d’ailleurs de le remercier pour lui avoir signalé la vacance du poste, l’incitant à postuler parce que persuadé de ses capacités à exercer le métier de conservateur. A son arrivée, Fatima trouvera un terrain favorable et évoluera sous l’aile protectrice de l’ancien directeur Abdoul Kadir Haidara et du Dr Thilmans. Des années plus tard, elle succédera à M. Haidara. Elle reconnaît avoir beaucoup profité de l’entregent de ces derniers pour trouver des bourses de formation et se perfectionner dans ce métier. Ce qui lui a permis «de beaucoup voyager pour se renforcer». «J’ai beaucoup voyagé à travers le monde. J’ai fait presque quatre continents sur les cinq», révèle Fatima Fall Niang.
Elle a été aussi à l’origine du jumelage entre les communes de Saint-Louis et Douala Premier au Cameroun. Ces retrouvailles entre les deux communes autour de leur patrimoine ont été sanctionnées par des déplacements du maire de Saint-Louis au Cameroun et du maire de Douala Premier dans la Vieille ville. Fatima Fall Niang a ainsi exploré, à côté de la conservation, d’autres créneaux en s’essayant à la médiation culturelle, à la communication, au management appris à l’Institut sénégalais de management et à l’enseignement qu’elle continue à exercer à l’Ecole du patrimoine africain au Bénin.
Une retraite à l’Ecole du patrimoine africain du Bénin
C’est d’ailleurs au pays du Président Patrice Talon qu’elle continuera à faire valoir ses compétences, car elle a accepté un poste de conservatrice d’un musée d’art contemporain de Cotonou en 2023, après une première sollicitation repoussée en 2018. «Je n’étais pas disponible, j’avais des engagements, le Crds était en chantier, il y avait beaucoup de choses à finir, il fallait chercher des ressources et les laisser sur place», souligne Mme Niang, soucieuse de la continuité au Crds. Selon elle, d’autres actions sont attendues cette année pour renforcer cette coopération. «Au-delà du Bénin et du Cameroun, je peux apporter ma contribution, mon expérience en Afrique et ailleurs, comme en France, en Allemagne, en Espagne.» Aps
Par Abdoul Aly KANE
LA NOUVELLE LOI BANCAIRE ET LES PME
L’état du Sénégal est en passe de voter, à l’Assemblée nationale, de nouveaux aménagements de la loi bancaire s’appliquant aux établissements de crédit exerçant leur activité sur le territoire de l’Union monétaire ouest-africaine.
L’état du Sénégal est en passe de voter, à l’Assemblée nationale, de nouveaux aménagements de la loi bancaire s’appliquant aux établissements de crédit exerçant leur activité sur le territoire de l’Union monétaire ouest-africaine.
Encore une réformette de l’Umoa serions-nous tenté de dire, dans un contexte de rejet, par la jeunesse, du système économique et monétaire actuel dont la particularité, après 70 années de fonctionnement, est son échec à impulser un développement économique créateur d’emplois.
Ces pays sont enfoncés dans le classement des pays les moins avancés ou à faible indice de développement humain selon l’organisme en charge de la classification.
Les Etats sont caractérisés par des performances de croissance économique erratique et généralement à 1 chiffre n’ayant pas d’effet d’entraînement notable sur la transformation structurelle des économies.
Une politique monétaire axée sur un franc Cfa fort, du fait de son arrimage à l’euro, n’a pas impulsé le développement des économies africaines en 75 années, faute de compétitivité sur le plan international, les spécialisant dans l’importation tous azimuts et l’exportation de produits primaires non transformés.
Faute de consistance des revenus des produits de base exportés et sans aucune maîtrise sur leur prix de marché, nos pays sont dans l’impossibilité de faire face aux déficits budgétaires, encore moins au remboursement de la dette extérieure, ce qui les classe en général parmi les «pays pauvres très endettés de la planète».
De surcroît, la sous-valorisation des produits de base exportés contraint les Etats à «emprunter pour payer la dette» (cavalerie financière) et à faire l’impasse sur des dépenses budgétaires essentielles de santé et d’éducation, faute de revenus exports suffisants.
Les principaux aménagements de cette nouvelle loi que nous avons identifiés à l’appui de cette contribution, sont : la création de nouvelles dispositions encourageant les établissements de crédit à financer les Pme et les particuliers, la mise en application rigoureuse des normes règlementaires «prudentielles» issues de Bâle II et III afin de rendre le système bancaire plus «robuste», la mise en place d’un dispositif préventif de gestion des crises bancaires, et enfin la régulation des entreprises de technologie financière (Fintech) et de monnaie électronique.
Rappelons que le Comité de Bâle a été créé en 1974 par les dix principaux pays industrialisés, avec comme objectif de renforcer la solidité du système financier mondial par une surveillance bancaire régulière via des normes prudentielles appliquées à leurs activités et à leur structuration propre, dans le souci de prévenir les faillites de banques.
La question transversale qui nous interpelle d’emblée, est de savoir comment concilier la volonté de renforcement de l’actuel dispositif règlementaire (Bâle 1, 2, 3 et bientôt 4) appliqué aux banques de la zone F Cfa et l’accès des Pme au crédit dont on sait qu’elles sont évincées du fait même de ces dispositions ?
Le dispositif prudentiel était déjà considéré comme oppressif pour les banques en matière de distribution de crédit ; l’application stricte des normes de Bâle 2 et 3 non seulement ferait apparaître des cas de non-conformité nécessitant des restructurations en fonds propres, mais encore se traduirait par la diminution du volume global des crédits «risqués» comme ceux accordés aux Pme.
Bâle 4 serait en préparation pour être appliqué aux banques européennes en 2025.
Ses dispositions, particulièrement en matière de renforcement du capital des banques (estimé à près de 50% de leur niveau actuel), pourrait conduire à la rareté de la création de banques, mais surtout à la disparition de banques africaines ne disposant pas d’un actionnariat solide ou alors non affiliées à des groupes susceptibles de leur fournir un «back up financier» solide pour leur mise en conformité.
Pour notre part, nous considérons que la règlementation de Bâle est une course-poursuite entre les banques européennes exposées aux risques inhérents aux marchés financiers et un surveillant bancaire (le Comité de Bale) soucieux de veiller à l’intégrité du système bancaire exposé aux risques de faillite.
Des crises bancaires systémiques se sont produites depuis 2008 (crise des subprimes, faillite de la Silicon Valley Bank et du Crédit Suisse racheté in extremis par l’Union des banques suisses), induisant davantage de normes de surveillance en réaction.
Ces normes tournent essentiellement autour du renforcement des fonds propres de banques en vue de l’absorption éventuelle des pertes générées par l’octroi de crédits non performants ou des opérations sur titres hasardeuses.
Pour ce qui concerne la zone Uemoa, le marché financier étant peu profond, l’exposition à ces risques sont réduits avec la surveillance étroite exercée par la Commission bancaire sur les banques.
En effet, depuis le milieu des années 80, il n’a pas été enregistré de faillite de banque à notre connaissance.
Toutefois, les taux de croissance économique enregistrés dans la zone depuis cette période n’ont pas impulsé un développement économique qu’aurait permis la transformation structurelle des économies.
A notre sens, cette volonté de s’ancrer dans les règles de Bale, tout en apportant des aménagements à la loi bancaire, montre en réalité que la Bceao est au centre d’objectifs divergents.
Mettre en œuvre une politique monétaire visant la stabilité du couple F Cfa/Euro sur le marché des changes, appliquer des normes de rigueur aux banques dont l’effet est de circonscrire le risque de crédit Pme et de pousser les banques à s’orienter vers les opérations sur titres ou de trésorerie, privilégient assurément la stabilité monétaire au détriment du développement économique.
Après avoir encouragé la création d’institutions de microfinance et d’établissements de crédits généralistes voilà 30 ans (1995), les nouveaux aménagements semblent indiquer un retour au secteur bancaire pour financer les Pme.
Il a été établi par des audits que le faible développement des institutions de microfinance dont les mutuelles constituent la majorité (en nombre), tient à des questions de gouvernance dans les organes de direction (Conseil d’administration, crédit, contrôle), mais aussi à la faible capacité de ces institutions à couvrir les besoins financiers exposés par les Pme, et enfin au déficit de contrôle de la part de la tutelle (ministère chargé des Finances).
Au total, ces institutions n’ont pas connu, depuis 30 années, de développement en termes de volumes de crédits distribués, et semblent de plus en plus orientés vers les «micro-entreprises» centrées dans des activités à faible revenus, relevant davantage de la «lutte contre la pauvreté».
Les autres établissements financiers à caractère bancaire pêchent pour la plupart par une stagnation de leur portefeuille commercial, à relier à leur taille (réseau), à la faible diversité des services qu’ils fournissent à leur clientèle, mais aussi à l’absence d’affiliation à un actionnariat ou groupe pouvant assurer du refinancement.
Paradoxalement, ces établissements sont concurrencés par les banques commerciales qui les supplantent dans la «chasse» aux dépôts d’épargne du secteur informel (cuir, maroquinerie, chaussure, bijouterie, tissus transformés etc.).
Alors, quels types d’institutions financières spécifiques aux Pme ?
Les banques commerciales classiques sont exclues du schéma.
Après 3 générations de normes prudentielles renforcées, les banques commerciales s’éloignent progressivement des secteurs des prêts à risque, pour privilégier l’immobilier, les opérations de prêts aux banques sur le marché monétaire et aux Etats sur le marché financier des titres publics.
Les normes prudentielles appliquées aux banques, calquées sur l’Europe, poussent les banques à octroyer des crédits à une clientèle sûre, couverts par des garanties indiscutables (même les garanties foncières ne suffisent plus avec la gestion qu’impose la Banque centrale en matière de traitement comptable des adjudications d’immeubles) et surtout à faire des opérations de trésorerie sans risque.
On le constate d’ailleurs à la lecture des comptes d’exploitation bancaires, à travers lesquels on voit bien que la composition de la marge bancaire globale est de plus en plus dépendante des opérations de trésorerie (opérations sur le marché monétaire interbancaire et sur le marché des titres publics), au détriment du corps de métier originel (transformation des dépôts des clients en prêts à d’autres clients générant une marge d’intermédiation).
Les banques commerciales (ou banques de dépôts) sont des entités privées qui agissent, en définitive, dans l’intérêt de leurs actionnaires, soucieux d’un retour sur capital investi via des dividendes substantiels.
Si la robustesse des banques vantée en Umoa se limite à leur santé financière pour la satisfaction d’actionnaires privés en attente de dividendes substantiels, le développement économique via les Pme n’y trouve pas son compte.
Les Etats, de plus en plus orientés par la Bceao sur ce marché des titres, les intègrent comme «levier» pour leurs levées de fonds sur le marché international (financements des infrastructures publiques, couverture des déficits budgétaires et «reprofilage» de leur endettement extérieur global), participent de la rareté du crédit aux entreprises.
Dans un contexte de surveillance stricte de l’évolution de la masse monétaire en circulation, cette éviction, de fait, des entreprises du crédit bancaire au profit de l’Etat devrait, à notre sens, inspirer de nouvelles réformes de l’institut concernant les Pme, leur accompagnement aux plans financier et organisationnel doit être du ressort des Etats, et par conséquent se traduire par la création d’une banque publique à statut particulier et d’institutions spécialisées en aval pour garantir l’efficacité des concours à accorder en priorité dans les secteurs de l’artisanat de production, d’art et de culture, du digital, au niveau desquels notre pays possède des avantages comparatifs indéniables.
Le gouvernement du Premier ministre Ousmane Sonko nous paraît avoir pris la mesure du contexte institutionnel dont la Bceao est l’institution faîtière, et des enjeux du financement des Pme.
En perspective de la tenue du Forum de la Pme, le Secrétariat d’Etat au développement des Pme-Pmi, l’Agence de développement et d’encadrement des petites et moyennes entreprises (Adepme), des structures de l’administration publique concernées et des institutions financières ont pris l’initiative de constituer un fonds de 3000 milliards de F Cfa à l’horizon 2028 dédié au financement des Pme.
Au-delà de ces partenaires, l’Etat pourrait mobilier le soutien en termes de subventions et de lignes de crédit, d’institutions financières internationales confiantes dans le potentiel des industries artisanale et créatives.
L’organisme de gestion de ces fonds gagnerait à être précisé quant à sa nature et son mode de fonctionnement.
En définitive, les réformes de la Bceao ne sont pas anodines, l’institution supranationale étant le pilier du système économique et monétaire des Etats membres. Dans un monde où les Etats, structurellement déficitaires en ressources budgétaires, sont livrés aux marchés financiers pour leurs besoins de refinancement courts et longs, les Pme n’y trouvent pas leur compte.
La Bceao et les banques soumises à sa réglementation d’une part, et la monnaie F Cfa de l’autre, ne sont pas en rapport dichotomique, mais constituent l’envers et le revers d’un même système monétaire et financier qui n’a pas réussi à transformer structurellement les économies concernées, faute de soutien aux Pme, seules capables d’innovation continue et de création d’emplois décents.
Aussi, la création de banques commerciales tous azimuts venant participer à la collecte des dépôts à vue, à terme et d’épargne doit connaître un terme dans la zone, au profit de l’émergence d’institutions financières tournées vers le développement économique.
C’est la raison pour laquelle nous estimons que l’Etat du Sénégal doit assurer le leadership de la définition d’une autre politique monétaire dans la zone, combinant «stabilité des prix» et «développement économique».
Abdoul Aly KANE
LA SANTE PARALYSEE AUJOURD’HUI ET DEMAIN
Le Syndicat autonome des médecins du Sénégal (Sames) a décrété une grève de 48 heures qui débute aujourd’hui. Le non-respect de leur plateforme revendicative est à l’origine de cette grève décidée par les médecins intervenant dans les hôpitaux publics.
Le Syndicat autonome des médecins du Sénégal (Sames) a décrété une grève de 48 heures qui débute aujourd’hui. Le non-respect de leur plateforme revendicative est à l’origine de cette grève décidée par les médecins intervenant dans les hôpitaux publics.
«Devant l’absence d’action concrète du gouvernement dans le sens d’un dialogue et d’un consensus pour solutionner nos revendications, le Sames est au regret de poser ce jour le premier acte de son plan d’actions qui consiste en une grève générale de 48 heures, avec respect strict des urgences sur tout le territoire national, les 18 et 19 février 2025», a annoncé Diabel Dramé, Sg adjoint Sames chargé des affaires médicales, lors d’une conférence de presse tenue dans les locaux de l’Ordre national des médecins. Les 14 rencontres que la Sames a eues avec l’Etat, n’ont abouti à rien selon les responsables syndicaux qui ont rencontré le ministre de la Santé le jeudi dernier. «Aujourd’hui, en faisant l’analyse de ces 14 rencontres, on se rend compte que l’Etat du Sénégal n’a jusqu’à présent rien arrêté avec nous de concret. Aucune proposition concrète sur ces revendications n’a été apportée par l’Etat du Sénégal. C’est ce qui motive d’ailleurs la démarche d’aujourd’hui. Donc jusqu’à présent, on n’a pas avancé d’un iota. L’Etat a réaffirmé, à travers les différentes rencontres, le bienfondé des revendications que nous posons sur la table, mais aucune solution, aucune proposition concrète n’a été apportée», précise par ailleurs Dr Mamadou Demba Ndour, Sg du Sames.
Leur plateforme revendicative, qui remonte à décembre 2023, «embrasse 84 points de revendication»,mais le Sames«apris sur lui l’initiative, dès le début, en décembre, de synthétiser et de se focaliser sur six points essentiels, voire sept».
Les revendications tournent essentiellement autour «du recrutement des médecins pharmaciens et chirurgiens-dentistes dans la Fonction publique pour soulager les structures sanitaires, la gestion démocratique des ressources humaines à travers un appel à candidatures lors des nominations à des postes de responsabilité». D’ailleurs, ils disent que le secteur de la santé, ayant des ressources de qualité, pourrait être le précurseur de cet appel à candidatures prôné par les nouvelles autorités. L’autre point concerne le régime indemnitaire qui, selon eux, «souffre d’une incohérence et d’une injustice notoires au détriment des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes».
La construction progressive de nouveaux hôpitaux au niveau des départements pour rapprocher les soins de qualité des populations ainsi que l’accélération de la mise en œuvre de la Couverture sanitaire universelle, en passant par le remboursement de la dette de la Cmu due aux structures sanitaires, sont contenus dans la plateforme revendicative du Sames.Ce syndicat exige la matérialisation du statut des médecins en spécialisation et des internes des hôpitaux qui tarde à être faite, ce qui rend ces derniers très vulnérables sur le plan socio-professionnel.
LE SAMES REJETTE TOUTE IDEE DE BAISSE DES SALAIRES
Les responsables de ce syndicat estiment qu’au vu du traitement qui leur est réservé en matière salariale, ils méritent plus d’être revalorisés que de se faire appliquer une baisse.
Le Sames n’est pas prêt à accepter la baisse des salaires annoncée par les membres du gouvernement. Les responsables de ce syndicat estiment qu’au vu du traitement qui leur est réservé en matière salariale, ils méritent plus d’être revalorisés que de se faire appliquer une baisse.
La baisse des salaires évoquée par des membres du gouvernement ne concerne pas le Sames, affirment les responsables du Syndicat autonome des médecins et chirurgiens-dentistes du Sénégal. Ils estiment même que leur traitement salarial devrait être revu à la hausse, au lieu de faire l’objet d’une diminution.
«Au niveau du Sames, on aura une revalorisation de notre rémunération parce que c’est une rémunération qui a été assez catastrophique pendant des décennies, et cela plombe la qualité des services qui sont offerts par les structures de santé», affirme Mamadou Demba Ndour, Sg du Sames, qui intervenait hier, lors de la conférence annonçant la grève de 48 heures. Cette baisse de salaire doit être appliquée, selon le Sames, à d’autres salariés beaucoup mieux lotis que les médecins.
«Cette baisse de salaire concerne les corps de l’Etat qui ont toujours été choyés, qui ont toujours été favorisés par rapport aux autres. C’est à ceux-là qui profitent d’avantages que l’Etat leur a conférés, avantages ne répondant ni à leur niveau d’études, ni à la pénibilité de leur travail, ni à la charge de leur travail, d’être les premiers dans l’austérité», avance le Sg du Sames.
Quid de l’appel de l’Etat à se serrer la ceinture à cause d’un contexte de crise économique ? Le Sg du Sames l’écarte de la main.
«La position du Sames est claire. Le pays vit une situation économique, d’après le gouvernement, qui laisse à désirer. Donc, il faudrait, dans les mesures, relancer l’économie du pays. Pour cela, il faut des bras valides. Et pour que les bras soient valides, il faut qu’ils soient en bonne santé. Donc, dans les secteurs qui doivent faire un effort en termes de report de certaines revendications, la santé n’en fait pas partie. La santé est unsecteur sur lequel ondoit s’appuyer pour relancer l’économie du pays. Et sur cette base, on ne peut pas demander à ceux qui ont subi des injustices depuis fort longtemps, injustices connues de toutes les personnes informées dans ce pays, de concéder encore des sacrifices supplémentaires», défend Dr Mamadou Demba Ndour. Les sacrifices devraient concerner les plus nantis qu’eux en matière de traitement salarial. «C’est à ceux-là qui étaient favorisés par ce régime de rémunération dans la Fonction publique de faire des sacrifices, et c’est à eux qu’est destiné ce message. En tout cas, nous, du côté du Sames, estimons que le message du Secrétaire général du gouvernement ne nous est pas adressé.»
Panne de la radiothérapie de Dalal Jamm : les solutions du Sames
La panne de la radiothérapie de l’hôpital Dalal Jamm de Guédiawaye a été évoquée hier par le Sames. Les responsables de ce syndicat s’en désolent et disent avoir établi depuis longtemps le diagnostic pour que ce genre de chose ne se produise plus au Sénégal. «Le diagnostic, nous l’avions posé depuis longtemps. La qualité de la santé fait intervenir plusieurs déterminants, parmi lesquels l’infrastructure et l’équipement. C’est pourquoi le Sames, dans sa plateforme revendicative, a inséré ce renforcement de la carte sanitaire. Il est inconcevable que dans un pays comme le Sénégal, une seule machine de radiothérapie soit en panne et que les patients utilisateurs de ce service se retrouvent dans le désarroi. Parce qu’aujourd’hui, quand on fait le point au niveau national, la redondance n’existe qu’à Touba au niveau de l’hôpital Cheikhoul Khadim, ce qui est assez préoccupant pour la prise en charge de ces pathologies», regrette le Secrétaire général du Sames. «Donc, globalement, le Sames reste dans sa position de principe, qui est le renforcement de la carte sanitaire à travers de meilleurs équipements, à travers la construction d’infrastructures décentralisées, mais aussi à travers le volet ressources humaines pour une meilleure distribution de la santé.»
LE DISCOURS DE LA MÉTHODE
Macoudou Sène, administrateur civil, auteur du livre L’Administration d’Etat au Sénégal face au défi de la transformation, ces réformes incontournables, partage sa haute expérience de ces questions qui ont été remises sur la table par les autorités actuel
Propos recueillis par Bocar SAKHO |
Publication 18/02/2025
Macoudou Sène, administrateur civil, auteur du livre L’Administration d’Etat au Sénégal face au défi de la transformation, ces réformes incontournables, partage sa haute expérience de ces questions qui ont été remises sur la table par les autorités actuelles. Dans cet entretien, il donne les pistes pour la rationalisation des services publics. Dage de la Primature de 2019 à 2024, il est revenu sur la circulaire du Premier ministre relative aux missions à l’étranger dans le cadre de la rationalisation des dépenses publiques.
Vous avez publié un livre intitulé L’Administration d’Etat au Sénégal face au défi de la transformation, ces réformes incontournables. Que proposez-vous pour une administration plus performante ?
Vaste question d’actualité englobante, s’il en est ! Dès lors, avant d’y répondre, permettez-moi de circonscrire le domaine de mon ouvrage qui porte uniquement sur l’Administration d’Etat.
L’Administration d’Etat comprend, d’une part, les services centraux, et d’autre part, les services déconcentrés ou extérieurs.
Autrement dit, le champ de mon ouvrage exclut les démembrements de l’Etat que sont les collectivités territoriales (départements et communes) et le secteur parapublic, qui disposent de leur propre administration.
La seule exception concerne les agences et structures assimilées, au titre des nouvelles tendances de l’Administration sénégalaise.
Cela dit, pour en revenir à votre question, mes propositions, les principales, pour une administration plus performante, portent sur l’Administration d’Etat au double plan central et déconcentré.
S’agissant de l’Administration centrale, il est proposé une réduction supplémentaire du nombre de départements ministériels, qui est bien réalisable. Le Président Macky Sall y était parvenu à son arrivée au pouvoir en 2012, faisant passer le nombre de ministères de trente-cinq (35) à vingt-quatre (24), avant de le faire repasser à trente-quatre (34), en octobre 2013. Aujourd’hui, le Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye a ramené cette taille à vingt-cinq (25). Toutefois, ce nombre pourrait être davantage réduit par un regroupement de certains ministères actuels : ministère de l’Economie, des Finances et du Plan, ministère de la Fonction publique et du Travail, etc. Il y a aussi une rationalisation des agences et structures assimilées dont le nombre dépasse quatre-vingts (80).
Dans mon ouvrage, j’ai proposé une évaluation de ces structures, à l’effet d’identifier les doublons, les chevauchements. Ce travail déboucherait sur une suppression de certaines structures, une fusion d’autres ou encore une mutation de statut pour le reste.
J’ai également suggéré un respect strict des textes en la matière, qui imposent une étude d’opportunité et d’impact préalable à toute création d’agence. De même, l’avis du Bureau organisation et méthodes (Bom) est requis à cet effet. Dans le même ordre d’idées, il me semble nécessaire et urgent de redynamiser la Commission d’évaluation des agences, créée depuis juillet 2020, aux fins d’un meilleur encadrement de ces structures ; une rationalisation du rattachement ou de la tutelle des structures par la présidence de la République, la Primature et les ministères, dans le respect des vocations et attributions des organes d’administration générale. Cette mesure devrait aboutir à une réduction du nombre de structures rattachées à la Primature ou la présidence de la République.
Au titre des services déconcentrés ou extérieurs, il s’agit de revoir le découpage administratif en régions, départements et arrondissements, dont le nombre a connu une forte hausse. A titre d’exemple, le nombre de régions est passé de sept (7) en 1960, à huit (8) en 1976, dix (10) en 1984, onze (11) en 2002, et quatorze (14) en 2008 ; de renforcer les ressources humaines, financières et matérielles des services dont l’état d’indigence est évident ; de renforcer la déconcentration des pouvoirs des ministres au profit, notamment des chefs de circonscription administrative (gouverneur, préfet et sous-préfet), à l’effet de rapprocher davantage l’administration des administrés.
Concernant mes propositions détaillées, je renvoie vos lecteurs à mon ouvrage, dont vous avez bien voulu rappeler le titre plus haut.
On parle souvent d’un système obsolète. A votre avis d’Administrateur civil et haut fonctionnaire, pourquoi l’Administration ne s’est pas adaptée aux mutations sociétales et numériques très rapidement.
A mon avis, notre Administration s’adapte certes, mais peut-être pas, au rythme souhaité par ses usagers. A cet égard, il me plait de rappeler certains acquis en matière d’utilisation des technologies de l’information et de la communication (Tic) au sein de certaines administrations, notamment en termes de dématérialisation des procédures, telles que l’obtention d’une autorisation de construire, l’enregistrement d’un contrat de travail, le retrait de diplôme.
De même, la Direction générale des impôts et des domaines (Dgid) ainsi que la Direction générale de la comptabilité publique et du trésor (Dgcpt) ont obtenu d’importants résultats en matière de facilitation aux usagers s’agissant des procédures de paiement des impôts et taxes. Néanmoins, il faut davantage de diligence dans ce domaine, en vue d’une dématérialisation des cinquante (50) procédures inscrites au plan d’actions prioritaires du Programme d’appui à la modernisation de l’Administration (Pama). A terme, il est souhaitable d’arriver à une dématérialisation de toutes les procédures administratives.
Le Président Sall avait initié aussi le Programme d’appui à la modernisation de l’Administration. Dans le même sillage, le Président Faye a initié la première édition de la Conférence des administrateurs et managers publics (Camp), tenue le 20 janvier 2025 au Cicad. Cette conférence a été suivie du lancement des concertations nationales sur la réforme du service public, par le ministre chargé de la Fonction publique, le 23 janvier 2025. Pourquoi, il y a cette impression que les choses ne bougent pas comme on le souhaiterait ?
Je voudrais rappeler que les initiatives que vous venez de citer, ainsi que les précédentes ont, toutes, pour objectifs la modernisation de l’Administration.
Déjà, dans sa Déclaration d’investiture, prononcée devant l’Assemblée nationale, en septembre 1960, l’ancien Président du Conseil, feu Mamadou Dia, évoquait une réforme et une adaptation des structures administratives.
A mon goût, le sentiment de lenteur dans la mise en œuvre des réformes résulte de ce que les résultats obtenus ne sont pas à la hauteur des attentes légitimes des usagers de l’Administration.
En effet, les questions évoquées fort opportunément par le président de la République à l’occasion de la première édition de la Camp ne sont guère nouvelles. Qu’il s’agisse de la rationalisation des structures, du renforcement de la déconcentration ou encore de la réforme de la décentralisation.
Et le Premier ministre, M. Ousmane Sonko, ne s’y est pas trompé, en identifiant l’application des réformes comme le principal défi à relever pour en assurer le succès. C’était à l’occasion de la cérémonie de clôture de la première édition de la Camp.
J’ajouterai à ce défi, d’autres préalables à la réussite des réformes : volonté politique affirmée, pilotage à un niveau interministériel élevé, implication effective des agents et des usagers du service public, mobilisation des ressources nécessaires.
Permettez-moi d’insister sur la déconcentration, dont l’efficacité requiert sa nécessaire corrélation avec la décentralisation, notamment en ce qui concerne l’approbation des délibérations en matière domaniale et l’autorisation de lotir.
S’agissant du pouvoir d’approbation des délibérations en matière domaniale prises par le conseil municipal, il devrait être, à nouveau, conféré au sous-préfet, comme ce fut le cas avant 2020, dans un souci d’efficacité.
Par exemple, relève aujourd’hui de la compétence du gouverneur l’approbation des délibérations portant sur une superficie égale ou supérieure à cinquante (50) hectares, assortie de l’obligation de faire enregistrer l’arrêté y relatif au Secrétariat général du Gouvernement à Dakar.
Or, l’accomplissement de cette formalité, si jamais il aboutit, se déroule sur des mois, voire des années !
Il en est de même de l’autorisation de lotir relevant de la compétence du ministre chargé de l’Urbanisme, qu’il conviendrait, pour les mêmes raisons de diligence, de déconcentrer au profit des gouverneurs de région, conformément au régime juridique en rigueur jusqu’en 1988.
En ma qualité de maire de Niakhar, je suis persuadé que ces réformes sont de nature à prévenir les lenteurs notées dans ce domaine, favorisant des occupations irrégulières de l’espace.
Il s’agit là d’un plaidoyer pro domo porté par les maires du Sénégal, ainsi qu’il ressort des débats lors de leur l’atelier sur la gestion du foncier, tenu les 09 et 10 décembre 2024 à Dakar.
Ces questions s’inscrivent dans le cadre des réformes annoncées par le chef de l’Etat comme celle en vue de la décentralisation, notamment par l’instauration de pôles territoires. Que vont changer les pôles territoires surtout qu’on a déjà un système décentralisé très localisé ?
J’indiquais plus haut que la pléthore de circonscriptions administratives et de collectivités territoriales, notamment les communes, était synonyme d’émiettement, de découpage du territoire en entités peu viables au plan économique. (14 régions et 557 communes).
Dès lors, l’idéal serait de procéder à une fusion de certaines entités. Toutefois, vous vous en convenez avec moi, il s’agit là d’une question très sensible.
Ainsi, l’instauration de pôles territoires, qui constitueraient de grands espaces, pourrait être un remède à l’émiettement du territoire. Par exemple, le pôle centre regrouperait les régions de Fatick, Kaffrine et Kaolack, c’est-à-dire l’ancienne région du Sine-Saloum.
Ces pôles, au nombre de huit (8), seraient des aires géographiques disposant de centres majeurs et polarisant des réseaux de centres secondaires stratégiques, assurant leur animation économique.
Peut-on s’acheminer vers la suppression des postes de gouverneur comme en France, si l’on se souvient que le Président Wade l’avait évoqué avec son idée de provincialisation ?
En France, il existe plutôt des préfets de région qui assurent la coordination et la supervision de l’action des préfets de département, à l’exception de certaines matières telles que la sécurité.
A mon avis, aussi longtemps qu’il existera des régions composées de départements, administrés par des préfets, il y aura besoin d’une autorité chargée de la coordination de leur action, quelle qu’en soit l’appellation.
Aujourd’hui, tout le monde admet la nécessaire rationalisation de la pléthore de structures de l’administration (agences et structures assimilées, etc.), source de doublons, de chevauchements de compétences, pouvant déboucher sur des conflits. Cela doit être aussi une réforme majeure ?
Bien évidemment ! Cette rationalisation constituerait une réforme majeure pour deux (2) raisons principales. D’abord, elle permettrait de supprimer les doublons et chevauchements, gage d’efficacité de l’action administrative.
Ensuite, elle serait une source d’économies budgétaires substantielles, au regard du volume important des transferts annuels de l’Etat au profit des agences d’exécution et structures assimilées, au titre de leur fonctionnement, qui se chiffrent à plusieurs milliards de F Cfa.
C’est pourquoi, je voudrais saluer la décision du Premier ministre, annoncée lors du Conseil des ministres du 12 février 2025, tendant à une relance de la Commission d’évaluation des agences d’exécution (Ceae), dans le cadre de la rationalisation des dépenses publiques. Quid maintenant du sort des directeurs généraux dont les agences seraient supprimées et qui seraient de grands responsables politiques ?
Vous avez été Directeur de l’Administration générale et de l’équipement de la Primature. Quelle lecture faites-vous de la circulaire n⁰ 20/Pm/Msgg/Dage du 22 janvier 2025 relative aux missions à l’étranger dans le cadre de la rationalisation des dépenses publiques ?
Cette circulaire, à l’instar de tous les autres textes réglementant les missions à l’étranger, vise à rationaliser les dépenses y afférentes. A ce titre, il convient de s’en féliciter. En ma qualité d’ancien Directeur de l’Administration générale et de l’Equipement (Dage) de la Primature en charge de ce dossier, je reste convaincu que certaines innovations de la circulaire du 22 janvier 2025, sous réserve d’une application stricte, pourraient contribuer à une rationalisation des dépenses consacrées aux missions à l’étranger. Il s’agit, notamment de la planification trimestrielle des missions et formations, susceptible de modification mensuelle, le cas échéant (Ce calendrier doit faire l’objet d’une autorisation du Premier ministre) ; de l’allongement du délai de dépôt à la Primature des demandes d’ordres de mission de dix (10) à quinze (15) jours ; de la réduction de la taille des délégations de dix (10) à trois (3) membres.
Il est évident que cette planification des déplacements pourrait permettre de réaliser des économies budgétaires par l’acquisition de titres de transports bien avant les départs en mission, dont le coût serait moins élevé.
Toutefois, le principal défi, ici, reste toujours celui de l’application des dispositions de la circulaire, notamment aux agents du secteur parapublic, auxquels s’applique la règlementation sur les missions à l’étranger. Il faut éviter absolument que les dérogations deviennent la règle, comme c’est souvent le cas au Sénégal, hélas ! A cet effet, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique devrait donner des instructions fermes à la police des frontières de l’aéroport, à l’effet de refouler tout agent qui ne serait pas muni d’un ordre de mission dûment signé par l’autorité compétente.