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6 avril 2025
PLUS DE 2.500 CALEBASSES DE SOLIDARITE DENOMBREES A TRAVERS LE PAYS
Le Sénégal compte « plus de 2.500 calebasses de solidarité », un concept dédié à la promotion de processus d’autonomisation dirigés par les communautés locales
Le Sénégal compte « plus de 2.500 calebasses de solidarité », un concept dédié à la promotion de processus d’autonomisation dirigés par les communautés locales, a-t-on appris du ministre de la Microfinance et l’Economie sociale solidaire.
Alioune Dione, présidant mardi à Thiès la Journée nationale de la Calebasse de solidarité (CDS), a fait état de « plus de 2.500 calebasses de solidarité dans 13 régions, avec plus de 80. 000 membres, constitués de 95% de femmes ».
Le ministre de la Microfinance a insisté sur l’importance de la Journée de la Calebasse de solidarité, un évènement qui, dit-il, a fini de s’inscrire dans les traditions de son département, qui la parraine depuis sa première édition.
« Les principes sur lesquels repose la calebasse, à savoir la transparence, l’équité, la confidentialité et la solidarité, sont pleins de leçons », a relevé souligné le Alioune Dione.
Il a précisé que la Calebasse de solidarité est un outil visant à créer un filet de sécurité et à promouvoir des processus d’autonomisation dirigés par les communautés locales.
Les membres d’une Calebasse de solidarité accumulent un fonds commun, dont les ressources sont utilisées pour aider les plus démunis à se nourrir, se soigner et à s’éduquer à travers des prêts solidaires sans intérêt.
Selon Alioune Dione, la Calebasse de solidarité se base au Sénégal sur « 272 réseaux de proximité, 67 réseaux communaux, 15 réseaux fédéraux formalisés en sociétés de coopératives de consommation ».
Au vu des résultats produits par ce concept, le ministre de la Microfinance et de l’Economie sociale solidaire s’est engagé soutenir cette initiative à un niveau institutionnel.
« Je me charge d'(en) assurer le portage institutionnel, pour que vos initiatives d’économie sociale et solidaire fassent tache d’huile au Sénégal », a-t-il promis.
LA SORTIE DE SONKO CONTRE L’AFFAIRISME D’ETAT AU MENU DES QUOTIDIENS
Les parutions de ce mercredi sont focus sur la sortie du Premier ministre Ousmane Sonko contre « l’affairisme d’Etat » et la décision du ministre de l’Intérieur d’arrêter, jusqu’à nouvel ordre, la couverture sécuritaire des combats de lutte.
La sortie du Premier ministre Ousmane Sonko contre « l’affairisme d’Etat » fait la une des quotidiens parvenus mercredi à l’APS dont certains reviennent dans le même temps sur la décision du ministre de l’Intérieur d’arrêter, jusqu’à nouvel ordre, la couverture sécuritaire des combats de lutte.
M. Sonko, présidant mardi l’ouverture de la 4e édition du Forum de la PME-MPI, a assuré de son gouvernement est déterminé à mettre fin à certaines pratiques comme celle permettant à une partie du secteur privé de « s’enrichir grâce à des surfacturations sur des marchés attribués sans transparence, en entretenant des relations privilégiées avec les pouvoirs publics », rapporte Le Soleil.
« Cette époque est révolue », a-t-il déclaré dans des propos rapportés par le même journal. « L’affairisme d’Etat, c’est terminé dans ce pays », a insisté Ousmane Sonko, tout en dévoilant l’agenda du gouvernement « visant à faire des PME-PMI un moteur du développement ».
Comme Le Soleil, la plupart des quotidiens sont revenus sur cette sortie et ont mis en exergue cette phrase-choc du Premier ministre. L’As par exemple note que le chef du gouvernement « a profité du forum des PME-PMI pour siffler la fin de la récréation », concernant « le clientélisme et le népotisme sur les marchés publics ».
« Ousmane Sonko a annoncé dans la même veine un nouveau paradigme économique. Pour y parvenir, le chef du gouvernement mise sur le secteur privé », écrit L’As. « Sonko sonne la fin de ‘l’affairisme d’Etat' », affiche le quotidien Libération.
Le privé local veut un changement dans ses rapports avec le pouvoir
Le quotidien Les Echos assimile la sortie du Premier ministre à une mise en garde au secteur privé, avant de reproduire les propos suivants du Premier ministre : « Nous combattrons ceux qui s’enrichissaient à coups de surfacturations et de marchés grassement accordés ».
Il n’y a cependant pas que des mises en garde dans les déclarations du chef du gouvernement. Ousmane Sonko a également promis soutien à « tous les acteurs privés qui veulent travailler sérieusement et honnêtement », selon le quotidien L’info.
« Le vrai secteur privé, celui qui veut et sait entreprendre, aura tout le soutien, l’encadrement et la protection de l’Etat », a-t-il insisté dans d’autres déclarations relayées par la même publication. Un message qui semble avoir été bien entendu, si l’on en croit la réaction, en quelque sorte, du président de la Confédérations nationale des employeurs du Sénégal (CNES), Adama Lam, lors du même forum.
« Nous ne sommes pas de petits bras », a soutenu ce dernier, cité par Walfquotidien, selon lequel le secteur privé local « veut un changement dans ses rapports avec le pouvoir ».
Et le même quotidien de rapporter que Adama Lam a soutenu, lors de cette rencontre, que les acteurs du privé, « s’ils sont unis, […] peuvent soulever des montagnes et réaliser de grandes choses, notamment exécuter les programmes du gouvernement ».
De ce dialogue, Vox Populi tire la conclusion que le Premier ministre est « sur la même longueur d’ondes que ‘le vrai secteur privé national' », d’autant que le chef du gouvernement « a manifesté le choix […] de faire de la préférence nationale » dans la conduite des projets de développement et l’exploitation des ressources minières du pays.
»Vagues de licenciements » dans certaines entreprises et agences
D’autres quotidiens, dont Enquête, reviennent sur la décision du ministre de l’Intérieur, Jean-Baptiste Tine, « de ne plus assurer la couverture sécuritaire des combats de lutte ». Décision « motivée par les manquements » du comité national de gestion de la lutte et des acteurs impliqués, relativement aux scènes de violence notées le week-end dernier, explique ce quotidien.
Tribune pointe le non-respect des horaires de démarrage des grands combats de lutte, lesquels sont souvent suivis d’actes de vandalisme, d’agressions et de destructions de biens publics. La police, en conséquence, « décide d’arrêter, jusqu’à nouvel ordre, la couverture sécuritaire des combats [de lutte] », signale Vox Populi.
« La police ‘quitte’ l’arène », renchérit à ce sujet le quotidien Les Echos, en évoquant à son tour des violences »avant, pendant et après les combats de lutte ». »Plus de couverture sécuritaire, plus de combat de lutte », lit-on à propos à la une du quotidien Libération.
Le journal Le Quotidien s’intéresse plutôt à l’exploitation du gisement de gaz dénommé Grand Tortue Ahmeyim (GTA), situé à la frontière avec la Mauritanie et développé par le britannique BP, avec l’américain Kosmos Energy, la Société mauritanienne des hydrocarbures (SMH) et Petrosen (Société Pétrolière du Sénégal).
« Le Premier ministre a indiqué hier [mardi] que l’ancien régime avait pris l’option de ‘liquéfier presque tout ce gaz là et de l’exporter, en nous laissant dans une situation [incitant] à continuer à importer des hydrocarbures pour alimenter nos centrales’. Une option que son régime ne va pas suivre », écrit ce quotidien. Mais, selon Le Quotidien, « les données de la politique énergétique du temps de Macky Sall ne donnent pas raison à Ousmane Sonko ».
Sud Quotidien traite des »vagues de licenciements » dans certaines entreprises et agences, « avec l’activation de plans sociaux dans certains cas. Ce qui met en péril l’avenir des travailleurs dans un contexte difficile ». Le journal cite le cas du Grand Théâtre national, du Port autonome de Dakar et du ministère de l’Energie.
UNE ADAPTATION THEATRALE DE L'AVENTURE AMBIGÜE AU MENU
Célébration des 60 ans du Théâtre national Daniel Sorano - La Compagnie du Théâtre national Daniel Sorano s’associe à l’Association Globe pour présenter une adaptation théâtrale du roman L’Aventure Ambigüe de Cheikh Hamidou Kane.
La Compagnie du Théâtre national Daniel Sorano s’associe à l’Association Globe pour présenter une adaptation théâtrale du roman L’Aventure Ambigüe de Cheikh Hamidou Kane. Cette pièce, qui explore avec subtilité les questions d’identité et de migration, sera jouée le 8 mars 2025 dans la salle du Théâtre national Daniel Sorano, à l’occasion des 60 ans de cette institution culturelle emblématique.
L’Aventure Ambigüe, considéré comme un classique de la littérature sénégalaise et africaine, retrace le parcours initiatique de Samba Diallo, un jeune Sénégalais tiraillé entre l’héritage traditionnel de son pays, le pays des Diallobés, et les attraits de la modernité occidentale. Ce roman, qui aborde des thèmes universels tels que la quête d’identité, le choc des cultures et la migration, a été salué pour sa profondeur et sa finesse d’analyse.
Cheikh Hamidou Kane, l’auteur du roman, a exprimé sa joie de voir son œuvre adaptée pour la scène. Cette adaptation théâtrale promet de redonner vie à ce texte fondateur, tout en offrant une réflexion contemporaine sur les défis culturels et identitaires auxquels sont confrontées les sociétés africaines et occidentales. La représentation de L’Aventure Ambigüe s’inscrit dans le cadre de la célébration des 60 ans du Théâtre national Daniel Sorano, un lieu phare de la culture sénégalaise. Cet événement est également l’occasion de mettre en lumière les relations culturelles entre Dakar et le nord du Sénégal, ainsi qu’entre le Sénégal et la France, dans le cadre d’un programme de valorisation du patrimoine immatériel de la Vallée du Fleuve et de développement par la culture.
La troupe de théâtre s’est rendue dans le Fouta, région natale de Cheikh Hamidou Kane, pour s’imprégner de l’esprit du roman et mieux comprendre le terroir qui a inspiré l’auteur. Cette immersion a permis aux comédiens et au metteur en scène de donner une dimension authentique et profondément ancrée dans la réalité sénégalaise à cette adaptation.
NOUS DEVONS TRAVAILLER POUR CES 5 PROCHAINES ANNEES A CE QUE LE SENEGAL PARTICIPE A TOUTES LES CAN ET COUPE DU MONDE
D’après Mayacine Mar, Directeur Technique National de la Fédération Sénégalaise de Football (FSF), le Sénégal est l’un des cinq pays sélectionnés par la FIFA dans le cadre de son projet pilote de programme de développement des talents (TDS).
Le Sénégal est l’un des cinq pays sélectionnés par la FIFA dans le cadre de son projet pilote de programme de développement des talents (TDS). Un séminaire de deux jours sur le ‘’système d’académies’’ de la Fédération internationale de football (FIFA) a démarré cet effet depuis hier, à Dakar. Après une analyse approfondie du football sénégalais entre 2021 et 2023, le pays entre désormais dans une phase d’accompagnement et de structuration visant à optimiser la formation des jeunes talents.
D’après Mayacine Mar, Directeur Technique National (DTN) de la Fédération Sénégalaise de Football (FSF), ce projet s’appuie sur les conclusions d’une étude approfondie menée parla FIFA sur le football local, la formation des entraîneurs, les académies, les talents et les compétitions de jeunes. À l’issue de cette analyse, cinq pays ont été sélectionnés dans le monde, dont le Sénégal et le Maroc pour l’Afrique, ainsi que trois pays dans d’autres continents. L’objectif principal est d’accompagner et structurer les académies pour en faire des pôles d’excellence capables de produire des joueurs de haut niveau. “Nous devons gagner des Coupes du Monde, aussi bien en seniors qu’en petites catégories, et cela passe par une formation adaptée”, explique Mayacine Mar. « Les académies jouent un rôle clé dans ce processus, car, elles offrent des infrastructures modernes, un suivi éducatif et médical, ainsi qu’un encadrement technique de qualité ». L’un des axes forts du projet est l’amélioration de la compétitivité des joueurs, aussi bien à travers le financement des compétitions que par le renforcement de la qualité de la formation des éducateurs. La FIFA prévoit également de structurer et d’améliorer les académies existantes afin que certaines d’entre elles puissent être labellisées FIFA, devenant ainsi des académies internationales de référence. Dans cette optique, il est primordial de définir clairement ce qu’est une académie et de mettre en place un système de catégorisation adapté au Sénégal. Le séminaire permettra aux acteurs du football sénégalais d’échanger sur cette question cruciale.
VERS UNE STRUCTURATION ET VISION COMMUNE SUR L’IDENTITÉ DE JEU SÉNÉGALAISE ET COMPÉTITION DES JEUNES
Outre la formation, la structuration des compétitions est un enjeu majeur. A l’issue des échanges, la DTN souhait établir un cadre clair pour les compétitions entre académies, en déterminant les catégories d’âge les plus stratégiques. « Il y a aussi l’aspect compétition. Que faut-il faire pour mettre en place comme tournoi entre les académies ? Sur quel format U13, U14, U15 ou U16 ? Sachant aujourd’hui que la Coupe du Monde se jouera tous les 4 ans donc la Coupe d’Afrique, notre priorité est de travailler sur les U14 et U16 pour avoir une relève et être prêt chaque année. On échangera avec les académies pour connaitre les priorités. Nous devons travailler pour ces 5 prochaines années à ce que le Sénégal participe à toutes les CAN et la Coupe du Monde. C’est possible parce que nous avons les joueurs, les formations, et les structures de qualité » a souligné le patron des techniciens du football sénégalais
L’un des défis de la DTN est de créer une synergie entre la Fédération et les académies afin d’établir un programme de formation commun. “Nous devons travailler ensemble, entraîneurs, directeurs d’académies et la DTN, pour définir une identité de jeu propre au Sénégal. Quel type de joueur voulonsnous former ? Quel est notre ADN footballistique ?”, s’interroge le DTN qui en fait un débat prioritaire dans les échanges lors du séminaire. L’idée est de bâtir une philosophie de jeu cohérente et uniforme, qui permettra aux jeunes joueurs sénégalais de s’intégrer plus facilement dans les équipes nationales et de rivaliser avec les meilleures nations du monde.
L’INTÉGRATION DU FOOTBALL FÉMININ DANS LES ACADÉMIES
Le projet de la FIFA ne concerne pas uniquement le football masculin. La FSF souhaite également favoriser le développement du football féminin en intégrant des équipes féminines dans les académies, à l’image de Dakar Sacré-Cœur. “Si nous appliquons aux filles les mêmes méthodes qu’aux U15 et U17 garçons, nous pourrons assurer une relève compétitive pour les futures compétitions”, affirme Mayacine Mar.
Grâce au soutien de la FIFA, le Sénégal dispose aujourd’hui d’un cadre stratégique clair pour renforcer son football de formation. Ce projet ambitieux, basé sur l’amélioration des académies, la structuration des compétitions et la définition d’une identité de jeu nationale, pourrait faire du pays une référence en matière de développement des jeunes talents. L’objectif ultime est d’assurer une présence constante du Sénégal sur la scène internationale, tant en catégories jeunes qu’en seniors.
(AVEC WIWSPORT.COM)
L’AFFAIRISME D’ETAT, C’EST TERMINÉ
Ousmane Sonko avertit le secteur privé. Que les rentiers du secteur privé sénégalais se le tiennent pour dit
Que les rentiers du secteur privé sénégalais se le tiennent pour dit. Le Premier ministre, Ousmane Sonko qui plaide pour le patriotisme économique, avec l’adoption prochaine d’une loi visant à promouvoir et à protéger l’économie nationale, a déclaré que « l’affairisme d’état, c’est terminé ! »
«L affairisme d’Etat, c’est terminé dans ce pays ! », tonne le Premier ministre, Ousmane Sonko qui présidait hier, mardi 18 février la cérémonie d’ouverture la 4eme édition du forum de la Pme sénégalaise placé sous le thème : « Pme et innovations, leviers de souveraineté »
Et le chef du gouvernement de poursuivre : « Nous soutiendrons tous les acteurs privés qui veulent travailler honnêtement et sérieusement. Nous combattrons et nous mettrons fin aux pratiques que nous avons retrouvées ici. Une bonne partie de ce secteur privé s’enrichissait à coup de surfacturation de marchés gracieusement accordés en accointance avec les pouvoirs publics »
« Le vrai secteur privé, celui qui sait entreprendre et qui veut entreprendre dans la rigueur et le patriotisme aura tout le soutien de l’État », prévient-il.
Il faut noter que le gouvernement, sous la direction et les orientations du Président de la République, a déjà travaillé à élaborer le projet de loi sur le patriotisme économique qui sera incessamment soumis à l’Assemblée nationale pour mieux protéger et mieux promouvoir notre économie. C’est ce qu’a fait savoir le Premier ministre Ousmane Sonko qui présidait hier, mardi 18 février le forum surla Pme sénégalaise. « Nous sommes à l’ère du patriotisme. Le patriotisme est le moteur qui cimente et qui fait fonctionner toutes les nations et tous les États. Qu’il soit revendiqué ou pas, chaque pays, chaque État a pour mission principalement de promouvoir et de travailler à ses intérêts et les intérêts de son peuple. Le patriotisme se différencie du nationalisme puisse qu’il n’est pas exclusif. Il peut se décliner sous plusieurs formes parmi lesquelles le patriotisme économique », indique-t-il
Selon lui, le secteur privé national ne doit pas être un figurant. « Il nous faut travailler à capter les investissements venant de partout, mais qui implique fondamentalement notre secteur privé. Il faut aussi que ce secteur privé se hisse à la hauteur des attentes », a laissé entendre le Premier ministre.
Par ailleurs, Ousmane Sonko met en garde les acteurs sur certaines pratiques « malsaines » qui, selon lui, se faisaient avant l’accession du nouveau régime au pouvoir.
RÉPLIQUE DE ADAMA LAM DU CNES : « NOUS NE SOMMES PAS DE PETITS BRAS »
De son coté, Adama Lam, président de la confédération nationale des employeurs du Sénégal a invité l’Etat à changer de méthode et d’approche par rapport à sa collaboration avec le privé national. « Il faut que les méthodes changent. Il faut que l’approche et la perception que nous avons du secteur privé particulièrement le secteur privé local changent profondément. Nous ne sommes pas de petits bras. Nous avons individuellement de petits moyens mais réunis, nous pouvons soulever des montagnes. Il faudrait que l’on mette la personne à la bonne place et qu’on essaie d’arrêter définitivement cet affairisme qui a gangrénée notre pays et qui nous a précipité au bord du gouffre », lance-t-il.
DEVELOPPEMENTDES PME-PMI - Le Premier ministre annonce des réformes
Le Premier ministre, Ousmane Sonko a présidé hier, mardi 18 février la cérémonie d’ouverture la 4eme édition du forum de la Pme sénégalaise qui est placé sous le thème : « Pme et innovations, leviers de souveraineté ». A cette occasion, il a annoncé que des réformes nécessaires seront engagées par le gouvernement pour améliorer la gouvernance du secteur et le climat des affaires.
Les réformes nécessaires seront engagées pour améliorer la gouvernance du secteur et l’environnement des affaires. L’annonce a été faite par le Premier ministre, Ousmane Sonko qui présidait hier, mardi18févrierla cérémonie d’ouverture la 4eme édition du forum de la Pme sénégalaise. Selon lui, ces réformes consistent à rendre accessibles les facteurs de productions, à mettre en place des mesures d’incitations fiscales plus adaptées et à renforcer la politique du contenu local en vue de favoriser le développement de nos entreprises.
Le gouvernement s’engage ainsi pour la mise en œuvre accélérée des programmes de financements massifs et sécurisé des Pme-Pmi dont l’objectif est de porter l’encours crédit accordé par les institutions financières au Pme-Pme de 600 milliards en 2024 à 3000 milliards Fcfa en 2028.
Par ailleurs, Ousmane Sonko s’est réjoui de la signature dans le cadre de ce programme du pacte de financement de 1000 milliards destinés à financer les Pme-Pmi pour cette année 2025. Il invite donc toutes les parties signataires du pacte de financements au respect des engagements souscrits pour que les 1000 milliards annoncés soient effectivement décaissés au profit des Pme-Pmi et soient surtout judicieusement utilisés en faveur de l’économie. Le Premier ministre a salué la pertinence du thème de cette édition : « Pme et innovation, leviers de souveraineté » qui est parfaitement lié avec es enjeux de l’heure et l’agenda national de transformation
« L’innovation est un moyen de renforcer la compétitivité de notre économie. Les Pme-Pmi, en particulier, celles qui investissent dans la recherche et le développement peuvent contribuer à des avancées technologiques significatives en collaborant avec les institutions académiques et les centres de recherche. Elles peuvent développer des innovations qui améliorent non seulement les produits mais renforcent également les capacités technologiques du pays », soutient-il.
Cependant, il a souligné la nécessité pour le Sénégal d’aller plus loin en définissant les standards qui correspondent à nos aspirations en labellisant le made in Sénégal.
Le Premier Ministre a réaffirmé la disponibilité du Gouvernement à demeurer aux cotés des entrepreneurs pourles accompagner et les apporter des solutions nécessaires afin qu’ils puissent jouer pleinement leur rôle dans la transformation systémique de notre cher Sénégal.
LES TRAVAILLEURS EN SURSIS
Grand Théâtre national, Port autonome de Dakar, ministère de l’Energie…, les licenciements se multiplient depuis quelques mois au Sénégal, avec l’activation de plans sociaux dans certains cas
La crise sociale s’accentue au Sénégal. Grand Théâtre national, Port autonome de Dakar, ministère de l’Energie…, les licenciements se multiplient depuis quelques mois au Sénégal, dans certains cas avec l’activation de plans sociaux. Ce qui met en péril l’avenir des travailleurs dans un contexte de vie difficile.
Alors que le coût de la vie devient de plus en plus cher au Sénégal, la situation économique et sociale risque de s’aggraver face à la perte d’emplois. Pour cause, depuis quelques mois, les vagues de licenciements se multiplient dans plusieurs structures particulièrement publiques. Pour des motifs économiques, structurels, politiques ou encore en raison des contrats arrivés à termes, elles sont en tout cas loin d’être bien accueillies. La dernière en date concerne des travailleurs du Grand Théâtre national Doudou Ndiaye Coumba Rose.Dans une note, l’établissement évoque de « sérieux problèmes organisationnels et structurels» mais aussi des « raisons économiques très difficiles pour la structure ». Cette séparation avec les travailleurs intervient après le rejet de l’offre faite pour un départ négocié. Au Commissariat à la Sécurité alimentaire et à la Résilience, on parle de dix travailleurs licenciés, parmi lesquels des titulaires de contrat à durée indéterminée. Au Port autonome de Dakar (Pad), la vague de licenciements y est intervenue depuis la fin de l’année. Des centaines de travailleurs ont été remerciées par la Direction générale.
«Ce sont plus de 700 jeunes qui ont été renvoyés. Ce qui se passe au Port de Dakar est un drame social. En réalité, ce ne sont pas 700, mais 781 personnes qui se retrouvent actuellement sans emploi», a précisé représentant du syndicat des agents du PAD Abdoul Ndiaye vendredi dernier, lors du grand rassemblement des centrales syndicales. Autre structure qui a mis fin à sa collaboration avec certains de ses travailleurs, c’est bien sûr le Fonds de Garantie d’Investissement Prioritaire (Fongip).
Au ministère de l’Energie, du Pétrole et des Mines, 44 agents ont été licenciés en octobre dernier. « Il s’agit d’un problème de finances. Mes prédécesseurs ont signé des contrats avec des personnes qui, pour les payer, ont eu recours à un fonds dénommé caisse d’avance pour payer ces agents alors que ce fonds était destiné à autre chose. Pour les 298 personnes qui ont été recrutées, leurs salaires en 2023 étaient estimés à 1, 052 milliard FCFA. Ce qui signifie qu’on a dépassé le fonds de la caisse d’avance et pour payer le reste des 234 millions, ils sont allés puiser un autre fonds », avait expliqué le ministre de l’Energie, du Pétrole et des mines, Birame Soulèye Diop.
Toujours dans le cadre du départ des agents, dans d’autres structures publiques, il est proposé un plan social aux agents. C’est le cas par exemple de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) et à l’Agence nationale de sécurité routière (Anaser). Ce n’est pas seulement le secteur formel qui est impacté. Depuis la suspension des travaux de construction dans les régions de Dakar et de Thiès, par exemple, par les nouvelles autorités, une crise sociale s’installe. Des milliers d’ouvriers, maçons, ferrailleurs et manœuvres, majoritairement issus du secteur informel, se retrouvent sans emploi. Faute de revenus, ces travailleurs peinent à subvenir aux besoins de leurs familles, aggravant la précarité dans les foyers. Certains tentent de se reconvertir dans d’autres activités, tandis que d’autres s’endettent pour survivre. L’arrêt brutal des chantiers impacte aussi les commerces liés au secteur, comme les vendeurs de matériaux et les transporteurs de sable et de ciment.
De leur côté, les promoteurs immobiliers et les propriétaires de chantiers en arrêt expriment leurs inquiétudes face aux pertes économiques. Si la situation perdure, elle pourrait freiner l’ensemble du secteur du bâtiment, moteur de l’économie nationale.Ne dit-on pas « quand le bâtiment va, tout va ? »
Par Vieux SAVANE
LA HONTE !
"Il s’appelle Thiam. Quand tu quittes le Sénégal pour venir en Côte d’Ivoire, tu vas sauter d’abord un pays…le nom de Thiam est de quelle région de la Côte d’Ivoire ?" Ces propos ignobles sont indignes d’une Côte d’Ivoire résiliente
« Il s’appelle Thiam. Quand tu quittes le Sénégal pour venir en Côte d’Ivoire, tu vas sauter d’abord un pays…le nom de Thiam est de quelle région de la Côte d’Ivoire? » Pénible résurgence d’une histoire récente douloureuse tournée autour de cette « identité meurtrière » que symbolise « l’Ivoirité »
Immondes, indignes, insoutenables sont les propos de Célestin Serey Doh, ministre délégué auprès du ministre des Transports chargé des affaires maritimes de Côte d’Ivoire, prononcés le 8 février dernier, à Tacourably, à l’ouest du pays dans la région des Dix-huit Montagnes.
Ces propos ignobles sont indignes d’une Côte d’Ivoire résiliente, qui sort péniblement de longues années de guerre civile et fait la fierté de beaucoup d’Ivoiriens et d’Africains pour son dynamisme économique.
Tidjane Thiam est un digne fils de l’Afrique, un digne fils de Côte d’Ivoire, de Guinée, Du Cameroun, du Ghana, d’Ethiopie, du Congo, etc. Par son cursus, il est une fierté africaine. On ne peut que s’étonner du fait que le président de la République dont le serment en fait le garant de la cohésion nationale ne l’ait pas débarqué illico presto ou suspendu de son poste.
En attendant, un citoyen a saisi le Procureur de la République pour exiger l’ouverture d’une enquête et l’application des sanctions pénales prévues par la loi notamment en son article 227 qui punit d’une peine d’emprisonnement d’1 à 2 ans et d’une amende de 500.000 à 2.000.OOO FCFA », toute personne qui se « rend coupable de racisme, de xénophobie, de tribalisme ou de discrimination ».
Par Mamadou Abdoulaye SOW
MULTIPLE PHOTOS
ET SI ON PARLAIT DES LETTRES DE CONFORT ?
La dette cachée nuit à l’économie. Une meilleure législation en matière de divulgation peut contribuer à limiter le préjudice
«La dette cachée nuit à l’économie. Une meilleure législation en matière de divulgation peut contribuer à limiter le préjudice».
Le Gouvernement sortant a-t-il contracté des prêts auprès des banques locales de façon non transparente comme l’avait affirmé l’actuel Gouvernement ? La réponse est sans équivoque si on se réfère au rapport d’audit de la Cour des comptes sur la situation des finances publiques des gestions 2019 au 31 mars 2024 (pages 37 à 42, § 2.7 du chapitre II). En effet, ledit rapport d’audit révèle l’existence d’une importante dette bancaire contractée hors circuit budgétaire. Le même rapport révèle également l’existence de remboursements d’emprunts en 2023 sur le compte de dépôt n° 3683047 « CAP/Gouvernement » d’un montant de 305 943 167 977 francs CFA (voir le détail par banque au tableau en annexe établi par nos soins). Or, une dette contractée conformément à la loi organique relative aux lois de finances (LOLF) ne doit pas être remboursée sur un compte de dépôt de fonds particuliers au Trésor, de surcroit sans lien avec la gestion de la dette publique.
La présente contribution revient sur l’utilisation des lettres de confort comme procédé d’emprunt ou d’octroi de garantie de l’Etat, étant précisé d’emblée que plusieurs paragraphes de la première partie des développements qui suivent sont extraits du rapport du FMI n° 19/34 de janvier 2019 sur l’évaluation de la transparence des finances publiques au Sénégal 2. Nous examinerons d’abord la pratique des lettres de confort puis la question des garanties données par lettre du ministre chargé des Finances en marge de toute légalité.
LA PRATIQUE DES LETTRES DE CONFORT
Qu’entend-on par lettres de confort ? Selon le rapport précité du FMI (§ 53), « Les lettres de confort permettent d’effectuer le paiement d’une dépense auprès d’un tiers alors même que cette dépense n’est pas inscrite dans le budget de l’année ou que cette dépense excède le cadre annuel. »
Les lettres de confort visent donc à combler une insuffisance de la programmation budgétaire, pour prendre en charge des dépenses qui n’avaient pas été prévues et qui ne peuvent pas être supportées par la réserve de gestion.
Au moment du décaissement, l’Etat demande à la banque de payer directement son fournisseur, l’argent ne transitant pas par le Trésor ; l’Etat rembourse directement la banque sur les crédits destinés au projet une fois les crédits mis en place dans les budgets suivants. Dans ce cas , les lettres de confort constituent in fine de véritables opérations d’emprunt pour financer des dépenses qui ne sont pourtant pas retracées comme telles dans le PLF (projet de loi de finances). Les lettres de confort peuvent également être utilisées pour accorder une garantie de l’Etat à un opérateur pour l’obtention d’un financement auprès d’un établissement de crédit »3.
Il existe quatre catégories de lettres de confort : la lettre de couverture budgétaire (ou financière), la lettre de domiciliation bancaire, la lettre de confort stricto sensu et les lettres de garanties. L’encadré 2.1 ci-dessous de la page 37 du rapport du FMI définit leur objet.
2.1. LA PRATIQUE DES LETTRES DE CONFORT
« Les lettres de confort » constituent une appellation générique qui recouvre différents types de situations: • La lettre de couverture budgétaire (ou financière) : il s’agit d’une lettre adressée par le Ministre chargé des finances au Directeur de la direction centrale des marchés publics, dans le cadre de la procédure d’instruction d’un marché pluriannuel soumis au contrôle a priori. La lettre de couverture budgétaire est en réalité un engagement du Ministre à inscrire les crédits qui permettront de financer un projet ; • La lettre de domiciliation bancaire : il s’agit d’une lettre adressée par le Ministre chargé des finances au Directeur général d’une banque, par laquelle il s’engage de manière ferme et irrévocable à domicilier dans un compte ouvert au sein de ladite banque les paiements découlant d’un projet inscrit au Budget. La banque à qui elle est adressée est en général celle qui lui fournit les financements lui permettant d’exécuter le marché dont il est attributaire ; • La lettre de confort stricto sensu : il s’agit d’une lettre adressée par le Ministre chargé des finances au Directeur général d’une banque, par laquelle il sollicite le financement d’une opération déterminée, à rembourser sur des crédits budgétaires à venir (dans le cadre d’une prochaine loi de finances en général) ; • Les lettres de garanties : l’Etat se porte garant pour un opérateur aux fins d’obtention d’un financement auprès d’un établissement de crédit. » Source : services du FMI
Les crédits relatifs aux lettres de confort ne sont pas recensés dans le bulletin statistique trimestriel de la dette publique publié par la Direction de la Dette publique.
D’après le rapport du FMI, « le Sénégal ne répond pas au niveau de pratique élémentaire qui exige que les rapports financiers couvrent la trésorerie, les dépôts et toutes les dettes. Si des données sur les actifs et passifs financiers sont produites, elles sont fragmentées et contiennent des lacunes » (§ 10, page 19). Ainsi, le bulletin statistique trimestriel de la dette publique publié par la Direction de la dette publique ne tient pas compte notamment des crédits relatifs aux lettres de confort.
En outre, le rapport souligne : « Si le budget de l’administration centrale est relativement exhaustif, l’absence d’information relative aux lettres de confort contribue à affaiblir l’unité budgétaire en ne donnant pas une image complète de la dette publique 4 ».
Les montants des lettres de confort auraient dû être recensés dans la rubrique « Autres financements bancaires » de la situation de la dette intérieure
Le FMI a constaté l’absence de mécanismes budgétaires appropriés pour retracer et encadrer ces opérations relatives aux lettres de garanties alors qu’elles ont un impact conséquent pour les finances publiques.
En effet, « Qu’elles permettent de garantir le financement d’une dépense ou d’un projet, ou d’accorder une garantie, les outils budgétaires devraient permettre de retracer les implications des lettres de confort pour le budget »
« Dans le premier cas, les montants des lettres de confort devraient apparaitre dans la partie relative aux emprunts (ex. autres financements bancaires). Également, l’engagement global de l’Etat sur l’intégralité du projet (et non uniquement sur la tranche annuelle de remboursement qui doit apparaitre en loi de finances) doit être retracé dans les documents budgétaires (…) »5.
Enfin, le rapport du FMI (page 51) recommandait, entre autres, de « Renforcer la sincérité budgétaire et refléter de manière exhaustive dans le budget tous les engagements de l’Etat » en :
• « (alignant) le traitement des lettres de confort avec les règles comptables et budgétaires issues de la LOLF et refléter celles-ci au sein de la dette publique (nous mettons en gras et soulignons) ;
• (en appliquant) les dispositions de la LOLF relative aux provisions pour les garanties accordées par l’Etat (y compris celles attribuées via lettres de confort) ».
En résumé, rappelons que l’article 133 du décret n° 2020978 du 23 avril 2020 portant Règlement général surla Comptabilité publique (RGCP) dispose :« Aucune dette de l’Etat ne peut être contractée sous forme de souscription de rente perpétuelle, d’emprunt à court, moyen et long termes, ou sous forme d’engagements payables à terme ou par annuités, aucune opération de conversion de la dette publique ne peut être opérée, qu’en vertu de la loi de finances »
« Les conditions et modalités d’émission des emprunts de l’Etat sont fixées par décret pris sur le rapport du Ministre chargé des Finances. » (article 134 RGCP). L’article 135 du RGCP précise que les créances résultant d’un emprunt de l’Etat donnent lieu soit à la remise d’un titre au souscripteur ou bénéficiaire soit à une inscription au crédit d’un compte courant de titres dans les conditions fixées par décret pris sur proposition du ministre chargé des Finances
L’OCTROI DE GARANTIES PAR CONVENTION OU LETTRE DU MINISTRE CHARGÉ DES FINANCES EST UNE VIOLATION DE LA LOLF
Par définition, une garantie est un « accord en vertu duquel le garant s’engage à verser la totalité ou une partie du montant dû au titre d’un instrument d’emprunt en cas de défaut de paiement de l’emprunteur 6 ».
Quant à l’emprunt garanti, il se définit comme un « emprunt bénéficiant d’un engagement contractuel d’un tiers de répondre de la défaillance du débiteur 7». On peut dire que les garanties accordées par l’Etat sont en quelque sorte à la frontière de la dette publique. A préciser que le Gouvernement sortant avait décidé en 2020 que « les passifs conditionnels liés aux garanties ou aux contrats de partenariat public-privé intégreront le champ de la dette pour une meilleure appréciation du risque de surendettement » (cf. exposé général des motifs de la loi n° 2019-17du 20 décembre 2019 portant loi de finances de l’année 2020).
Par ailleurs, dans le Document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle (DPBEP) 2023-2025 (page 102), il est rappelé : « L’émission de garanties constitue une source de risque budgétaire, en cas d’appel pour le remboursement des prêts adossés aux garanties» (…). « Également, le recours croissant aux PPP, attendu dans le cadre de la mise en œuvre des prochains programmes d’investissements du PAP2A, devrait accroitre les garanties y afférentes et induire une plus grande exposition budgétaire ».
Le régime des garanties et avals donnés par l’Etat est régi par les articles 42 et 44 de la LOLF de 2020.
1°/ L’autorisation de l’Assemblée nationale est un préalable à l’octroi par l’Etat de sa garantie ou de son aval
Dans sa seconde partie, la loi de finances de l’année autorise l’octroi des garanties et avals accordés par l’Etat (article 44 LOLF).
2°/ La loi de finances de l’année fixe la variation nette de l’encours des garanties et avals (article 44 LOLF)
3°/Les garanties et les avals sont donnés par décret (article 42 LOLF)
Le même article précise : « Les conditions d’octroi des garanties doivent respecter les dispositions du Règlement portant cadre de référence de la politique d’endettement public et de gestion de la dette publique dans les Etats membres de l’UEMOA ».
A rappeler que le DPBEP de 2022-2024 (page 69) avait retenu que « concernant les garanties, l’émission des lettres de confort et de garanties pourrait se faire par la prise d’un décret, pour permettre une meilleure transparence des garanties de l’Etat … »
En passant, nous avons remarqué que le Gouvernement sortant, comme celui en place, a accordé par décrets des garanties souveraines dans le cadre du contrat de fourniture de service de stockage et d’achat d’électricité. Nous nous étonnons que les rapports de présentation de ces décrets de garanties soient signés par le ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération. Au surplus, on s’interroge sur le texte qui autorise ce dernier à administrer directement une partie de la dette garantie (Cf Tableau n° 3.1 du § 2.6 de la page 36 du rapport d’audit de la Cour des comptes) alors qu’il revient au ministre chargé des Finances de gérer les comptes de garanties et d’avals
4°/ Les engagements de l’Etat résultant des garanties financières accordées par l’Etat doivent être retracés dans les comptes de garanties et d’avals de la comptabilité générale de l’Etat
Lorsqu’une garantie accordée par décret est appelée, elle est enregistrée dans un compte spécial du Trésor. Le montant des garanties accordées par lettres de confort aurait dû être provisionné dans le compte spécial du Trésor retraçant les avals et garanties.
Rappelons qu’en application de l’article 42 de la LOLF, « la dotation portant sur les crédits destinés à couvrir les défauts de remboursement ou appels en garantie intervenus sur les comptes d’avals et de garanties (…) est provisionnée au minimum à hauteur de dix pour cent (10%) des échéances annuelles dues par les bénéficiaires des garanties et avals de l’Etat. Or, « le montant provisionné en loi de finances est un montant forfaitaire qui est très en-dessous de la provision nécessaire pour couvrir toutes les garanties existantes, y compris les lettres de confort 8».
En conclusion, on se pose la question suivante : en avril 2024, « des passations de service détaillées (ont-elles) été organisées loyalement et (ont-elles) permis entre les deux gouvernements, entrant et sortant, de consigner explicitement les dossiers d’une relève voulue précisément transparentes sur les aspects du travail gouvernemental dans les différents ministères 9».
1 Rhoda Weeks-Brown , Source IMF BLOG, 2 avril 2024
2 Suite à une requête du Ministre de l’Economie, des Finances et du Plan de l’époque (M. Amadou Ba,) formulée au cours des assemblées annuelles du FMI en 2017, une mission du département des finances publiques du FMI s’était rendue à Dakar du 5 au 17 avril 2018 afin de mener une évaluation de la transparence des finances publiques du Sénégal.
3 Sénégal. Evaluation de la transparence des finances publiques, Rapport du FMI n° 19/34, janvier 2019, p.36. Nous mettons en gras et soulignons.
4Ibidem, § 53, pp.35-36. Nous soulignons.
5 Ibidem, § 54, pp. 36-37.
6 Cf. REGLEMENTN°09/2007/CM/UEMOA portant cadre de réference de la politique d’endettement public et de gestion de la dette publique dans les Etats membres de l’UEMOA 7 Ibidem.
8 Rapport du FMI n° 19/34, p. 37. Nous soulignons.
9 Mamadou Lamine Loum, “Le Sénégal au 1er avril 2001, p.233.
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MATINALE IRADIO AVEC ALASSANE SAMBA DIOP DU 18 FEVRIER 2025