L'armée ougandaise a déclaré mardi avoir envoyé des troupes dans la ville de Bunia, dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), un déploiement justifié par des "massacres de la population par des milices".
Ce déploiement survient alors que le groupe armé antigouvernemental M23, allié à des troupes rwandaises, s'est emparé dimanche de la ville de Bukavu, capitale provinciale du Sud-Kivu, après une progression éclair dans l'est de la RDC qui les a vus prendre fin janvier Goma, grande ville et nœud économique du Nord-Kivu.
Bunia, non loin du lac Albert et de l'Ouganda, est régulièrement le théâtre d'attaques de groupes armés, notamment du M23 et des Forces démocratiques alliées (AFD), à l'origine des rebelles ougandais majoritairement musulmans.
"Oui, nous avons déployé nos troupes à Bunia", a déclaré à l'AFP le porte-parole de la défense ougandaise, Felix Kulayigye. "Il y a eu des massacres commis par des milices et nous avons convenu avec nos homologues congolais de mener des opérations conjointes pour sauver des vies", a-t-il poursuivi.
Samedi, le chef des forces armées ougandaises Muhoozi Kainerugaba avait donné 24 heures "à toutes les forces de Bunia pour rendre leurs armes". "S'ils ne le font pas, nous (...) les attaquerons", avait aussi averti sur X le fils du président Yoweri Museveni, réputé pour ses publications incendiaires.
L'armée ougandaise (UPDF) avait annoncé fin janvier qu'elle allait "renforcer ses défenses" dans l'est de la RDC contre les groupes armés, sans détailler combien d'hommes y seraient envoyés. Selon des sources militaires, des milliers de soldats ougandais sont déployés en Ituri.
Les ADF ont tué des milliers de civils et multiplient des pillages et meurtres malgré le déploiement de l'UPDF aux côtés des forces armées congolaises (FARDC) dans le cadre d'une opération appelée "Shujaa", lancée fin 2021.
Le déploiement à Bunia fait partie de cette opération et n'accroît pas les effectifs ougandais en RDC, selon Felix Kulayigye. L'Ouganda a été accusé par des experts de travailler aussi contre les intérêts de la RDC en soutenant le M23, lui permettant d'utiliser le territoire ougandais comme voie d'approvisionnement – des accusations que le pays a fermement rejetées.
Des analystes craignent que l'escalade dans l’est de la RDC ne conduise à une répétition de la situation de 1998, lorsque l’Ouganda et le Rwanda soutenaient des groupes rebelles dans la région. Cela a déclenché ce que l’on a appelé la deuxième guerre du Congo, qui a duré jusqu’en 2003, impliquant de nombreux pays africains et entraînant des millions de morts dus à la violence, aux maladies et à la famine.
UNE SOCIÉTÉ QUI JUGE PLUS QU'ELLE N'ÉCOUTE
Le psychologue Ngor Dieng analyse les enjeux et les responsabilités de la famille, de l’université et de la société dans la prise en charge du bien-être mental.
Le suicide présumé d’un étudiant à l’UGB, accompagné d’une lettre bouleversante, remet sur la table la question de la santé mentale et du mal-être profond qui touchent une partie de la jeunesse sénégalaise. Dans une société où l’accompagnement psychologique reste marginalisé, quelles leçons tirer de ce drame ? Le psychologue conseillé Ngor Dieng analyse les enjeux et les responsabilités de la famille, de l’université et de la société dans la prise en charge du bien-être mental.
Que vous a inspiré, en tant que psychologue-conseiller, la lettre de l'étudiant qui se serait suicidé à l'UGB, la semaine dernière ?
Cette lettre, si elle est authentique, est une sorte de confession renversante, bouleversante ; un récit de vie glaçant, symptomatique de toute la souffrance physique et mentale de son auteur, mais surtout du désespoir extrême qui a marqué ses derniers instants de vie sur terre.
C’est une lettre-confession qui semble laisser apparaitre en filigrane les causes profondes de son suicide. Sa lettre a le mérite d’interpeller nos consciences, d’inviter les vivants que nous sommes à faire une introspection sur nos comportements et attitudes de tous les jours vis-à-vis de nous-mêmes, de notre entourage immédiat et des autres. Elle met à nu notre capacité à accorder de l’attention, voire de l’importance à autrui, de lui prêter une oreille attentive, d’être tout simplement bienveillant autour de nous et avec nos semblables. Cette lettre pose une réflexion profonde sur le sens de la vie, sur l’espoir qui doit aussi la sous-tendre.
Enfin, pour moi, cette lettre pose la problématique générale de la santé mentale, un sujet jusque-là tabou dans notre société qui a tendance à mettre l’accent plus sur le paraître, l’apparence que sur le véritable bien-être mental, dans un contexte de pressions sociales sur les familles et surtout sur les jeunes.
On a tendance à considérer que l’accompagnement psychologique, c’est plus pour les autres. Pensez-vous que notre société prend suffisamment en charge cette problématique ?
Nous vivons dans une société qui n’a pas toujours la culture d’aller voir le psychologue en cas de difficultés, même si c’est une tendance qui commence à se renverser aujourd’hui. Pour preuve, beaucoup de Sénégalais préfèrent se confier à un “voyant” avec ses cauris plutôt que de solliciter l’expertise d’un psychologue, d’un thérapeute ou d’un coach. On associe souvent consultation psychologique à folie telle qu’on la connaît, de manière populaire, dans notre société.
Mais ce n’est pas toujours le cas. Souffrir mentalement ne veut pas toujours dire perdre carrément la tête et traverser les rues en haillons. Notre société est une société qui exerce une pression sur les gens que tout le monde n’est pas prêt à supporter. C’est une société où le stress, l’anxiété, la déprime, la dépression, bref la détresse psychologique sont monnaie courante. Elle laisse peu de bouffées d’oxygène à ses différentes composantes.
Ces segments traditionnels d’assistance sociale et mentale, que sont la famille traditionnelle, l’arbre à palabres, les groupes de pairs, la case de l’homme, les rites traditionnels, les sagesses ancestrales, se sont effrités, laissant la place aux déballages de la vie privée et des secrets de famille et de couples dans les médias et réseaux sociaux et/ou à la solitude et à l’isolement total, au rejet et à la stigmatisation de l’autre, à la vindicte populaire. Notre société actuelle met plus l’accent sur la course aux richesses que sur l’exploration des chantiers de l’humain. Elle est plus dans le jugement, la stigmatisation, la marginalisation, l’isolement, la mauvaise foi, l’hypocrisie que dans l’intercompréhension, la bienveillance et le soutien psychosocial.
Pouvez-vous revenir sur l’importance de cette prise en charge psychologique et qui en a besoin ?
La prise en charge psychologique ou psychosociale est fondamentale dans une société. La vie, n’étant pas un exercice facile, est faite de hauts et de bas. L’individu étant aussi solide qu’il est fragile a, par moments, besoin d’accompagnement psychosocial pour traverser des périodes difficiles qui peuvent lui arriver dans sa vie.
Le besoin de parler et d’être écouté est naturel, mais faudrait-il que l’écoute soit une écoute active pour comprendre et pas pour juger, pour soutenir et pas pour faire des secrets partagés une arme. Souvent, on peut ignorer le cri d'un appel au secours, rester sourd à une voix intérieure qui nous parle. L’accompagnement psychologique est un besoin pressant dans notre société où la communication interhumaine est aujourd’hui plus virtuelle que réelle avec les Tic et Internet.
C’est d’autant plus important que la vulnérabilité de la famille est devenue une réalité dans ce contexte de vitesse et de modernité accélérée, et que les instances d’écoute et de partage sincères se sont considérablement réduites, voire quasi inexistantes maintenant et l’attention tournée vers des faits divers et le buzz.
Qu’en est-il de l’accessibilité des spécialistes, sur les plans géographique et financier, mais aussi en nombre ?
Il faut d’abord noter, comme je l’ai dit plus haut, que notre société n’a pas la culture de la consultation chez le psychologue. À cela s’ajoute, ensuite, le fait que les psychologues ne sont pas assez nombreux au Sénégal, surtout en ce qui concerne certaines spécialités. À côté de ces considérations, il y a l’aspect financier de la consultation et du suivi psychologique dont le coût n’est pas toujours à la bourse de tout le monde. La consultation chez le psychologue est aussi associée, dans notre imaginaire collectif, à la folie, à l’internement à Fann, à l’hôpital psychiatrique de Thiaroye ou à Dalal Xel et, par conséquent, parfois mal vue dans notre société.
Mais c’est un créneau qui doit être davantage exploré au profit d’une population confrontée aux dures réalités de la vie, aux problèmes de santé mentale et de bien-être mental et affectif. Et pourtant, l’un des enseignements majeurs qu’on devrait tirer de la crise de la Covid-19, c’est la nécessité pour nos pays de renforcer ou repenser leurs systèmes de santé en y intégrant la dimension psychologique ou psychosociologique et en valorisant davantage les “métiers de la relation d’aide”.
Quid du rôle de l’université et de la famille ? Quel rôle devrait être les leurs pour éviter ce genre de drame ?
La famille avant, la famille maintenant et la famille après ! Le premier pilier de l’être humain, c’est la cellule familiale. Dans le cadre familial, on doit renforcer la confiance en soi de nos enfants en adoptant une parentalité bienveillante, en les respectant et en les écoutant exprimer leurs émotions positives comme négatives, poser leurs questions et faire leur questionnement. La famille doit être le premier réconfort de la personne. Elle doit être soucieuse de chacun de ses membres et pour cela, il faudrait qu’elle accorde plus de temps, mais aussi d’attention à ces derniers. La communication au sein de la cellule familiale est fondamentale. C’est un élément essentiel de socialisation et d’intériorisation des valeurs. Elle permet d’exprimer ses émotions et d’extérioriser ses sentiments et/ou ressentiments.
Quant à l’université sénégalaise, elle n’est que le réceptacle des réalités de la société sénégalaise. Elle doit plus tenir compte de la dimension psychosociale dans les enseignements-apprentissages. La réussite dans les études n’a pas pour préalable que l’aspect pédagogique. Elle tient compte, en particulier, de l’aspect psychosocial, c’est-à-dire des dispositions mentales et des réalités sociales dans lesquelles baignent les apprenants et leurs enseignants.
C’est pourquoi il est nécessaire de réfléchir sur la création de services dédiés à la prise en charge psychosociale des étudiants dans chaque université publique avec un personnel qualifié, c’est-à-dire un psychologue, un assistant social, bref un spécialiste de la relation d’aide et de l’accompagnement au bien-être. Ces services vont jouer le rôle d’alerte et de veille, pour anticiper et éviter ce genre d'événement dans l’espace scolaire et universitaire. Et c’est bien possible au Sénégal avec la volonté politique et l’appui des autorités étatiques.
CHEIKH DOUDOU MBAYE APPELLE À UN CHANGEMENT DE CAP POUR LE SÉNÉGAL
Dans une contribution intitulée Buu Noox Tuuro, il interpelle le gouvernement sur l’urgence de restaurer la cohésion nationale, de rationaliser les dépenses publiques et de relancer les grands chantiers économiques.
Le Sénégal traverse une période de turbulences politiques, économiques et administratives qui préoccupent de nombreux observateurs. Parmi eux, Cheikh Doudou Mbaye, Sénégalais installé à Bruxelles et acteur du secteur de la santé, interpelle directement le président Bassirou Diomaye Faye et son gouvernement sur la nécessité d’un changement de cap. Dans une contribution intitulée Buu Noox Tuuro, il dresse un constat sévère des neuf premiers mois du régime et propose des pistes pour une gouvernance plus efficace.
Selon Cheikh Doudou Mbaye, le Sénégal est dans une impasse. Il estime que le pays a atteint un niveau de division inédit et qu’il est urgent de restaurer la cohésion nationale. Pour lui, la solution réside dans un dialogue inclusif avec toutes les forces politiques et les compétences disponibles, y compris celles qui ne partagent pas la même vision que le duo Bassirou Diomaye Faye – Ousmane Sonko.
« Il ne sert à rien de vouloir foncer dans le mur en klaxonnant. Consultez toute la classe politique, discutez de la situation et prenez leurs avis et conseils », martèle-t-il, regrettant certaines décisions hâtives du gouvernement, notamment la publication d’un pré-rapport non certifié qui, selon lui, a fermé des portes diplomatiques et économiques au pays.
L’un des points majeurs de sa critique concerne la gestion des finances publiques. Il appelle à une réduction drastique des dépenses de l’État, notamment à travers la diminution de la taille du gouvernement et des cabinets ministériels, la réduction des cortèges officiels et des voyages à l’étranger, la baisse du budget de l’Assemblée nationale, de la Présidence et de la Primature, une réduction des salaires des hauts fonctionnaires, y compris celui du président, de 50 %, ainsi que la suppression des agences et directions jugées inutiles, comme l’ASP, l’ANPEJ, le FHS ou encore l’Asepex.
« Pourquoi y avoir nommé d’autres responsables au lieu de suspendre leurs dépenses en attendant leur dissolution ? », s’interroge-t-il, estimant que ces nominations contradictoires alimentent la frustration.
Au-delà des coupes budgétaires, Cheikh Doudou Mbaye plaide pour une réforme en profondeur de l’administration et une meilleure cohérence dans la gestion des institutions. Il propose notamment de fusionner plusieurs agences et structures étatiques pour éviter les doublons et améliorer l’efficacité. Parmi les regroupements suggérés figurent la fusion de l’Ageroute et des Autoroutes du Sénégal, celle de CDC Habitat, SN HLM et SICAP, ou encore celle du FONSIS, FONGIP et APIX sous une Haute Autorité des Investissements. Dans le même élan, il recommande de séparer la Direction des Impôts de celle des Domaines, source de nombreux conflits et de blocages économiques.
L’arrêt des grands chantiers de l’État est une autre source d’inquiétude pour Cheikh Doudou Mbaye. Il alerte sur l’impact de cette décision sur le secteur du BTP, avec une chute de 25 % de la consommation de ciment et la perte de près de 10 000 emplois. Selon lui, cette situation est directement imputable aux choix du Premier ministre Ousmane Sonko, qu’il accuse d’avoir précipité une crise en suspendant brutalement les projets en cours. De même, le blocage des titres fonciers affecte le secteur privé, car ces documents servent souvent de garantie pour les prêts bancaires permettant aux entrepreneurs de financer leurs activités.
Au-delà des critiques, Cheikh Doudou Mbaye insiste sur la nécessité de recréer un climat de sérénité pour relancer le pays. Il appelle au dialogue, au pragmatisme et à l’unité : « Vous avez voulu bien faire, mais nous avons eu dix mois de politique, de tâtonnements et de désordre institutionnel. Il est temps de rassembler les Sénégalais, car chaque main, chaque intelligence et chaque conseil vous seront utiles. »
Pour lui, la refondation de l’État ne doit pas être un simple slogan, mais une mission concrète menée avec audace et détermination. « Unis pour bâtir », vous aviez promis, il est temps de passer aux actes. »
LA POLICE SUSPEND JUSQU’À NOUVEL ORDRE SA COUVERTURE SÉCURITAIRE DES COMBATS
Cette décision fait suite aux nombreux débordements et manquements constatés lors du combat entre Franc et Ama Baldé, mettant en cause le Comité national de Gestion de la Lutte et les autres acteurs du secteur.
La Division Communication et des Relations Publiques de la Police nationale a annoncé, mardi, l’arrêt, jusqu’à nouvel ordre, de la couverture sécuritaire des combats de lutte au Sénégal. Cette décision fait suite aux graves incidents survenus lors du combat entre Franc et Ama Baldé, tenu le dimanche 16 dernier à l’Arène nationale.
Selon le communiqué de la police, ce jour-là, de nombreux amateurs, malgré l’achat de leurs billets, ont été empêchés d’accéder au stade en raison de l’atteinte de la jauge maximale. Face à ce risque de débordement, les forces de l’ordre ont procédé à la fermeture des portes.
Cependant, cette mesure n’a pas empêché un déchaînement de violences après le combat, entraînant des actes de vandalisme, la destruction de biens publics et privés, ainsi que des agressions. Le drame a culminé avec l’agression mortelle d’un jeune dans la banlieue dakaroise.
Selon le communiqué de la police, ces incidents sont la conséquence de l’« énième manquement » du Comité national de Gestion de la Lutte (CNG) et des autres acteurs impliqués. La police leur reproche notamment le non-respect des consignes relatives aux horaires des combats, à la jauge de spectateurs et aux itinéraires des supporters pour éviter les affrontements.
Face à cette situation, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique a pris la décision radicale de suspendre la couverture sécuritaire des combats de lutte sur toute l’étendue du territoire national.
LA CRISE CONGOLAISE VUE PAR BOUBACAR BORIS DIOP
De la Conférence de Berlin au génocide des Tutsi, en passant par les discriminations contre les Congolais rwandophones, l'intellectuel sénégalais remonte le fil d'un conflit aux racines profondes
(SenePlus) - Dans un entretien accordé au journaliste Momar Dieng d'Impact.sn, l'écrivain et intellectuel sénégalais Boubacar Boris Diop, décrypte les enjeux complexes du conflit qui secoue l'Est de la République démocratique du Congo (RDC), offrant une perspective historique et géopolitique rarement mise en lumière.
La prise récente de Goma par le M23 s'inscrit, selon l'analyste, dans une longue histoire de tensions régionales dont les racines remontent à la fin du XIXe siècle. La Conférence de Berlin (1884-1885) constitue un point de départ crucial, ayant redessiné arbitrairement les frontières africaines. "L'Afrique a été découpée comme on l'aurait fait d'un zoo gigantesque", souligne l'écrivain, pointant du doigt la mentalité raciste des élites européennes de l'époque qui a conduit à ces décisions aux conséquences durables.
Le Rwanda, amputé alors de plusieurs territoires au profit de l'Ouganda, de la Tanzanie et de l'actuelle RDC, ne cherche pourtant pas à reconquérir ces terres, précise Boubacar Boris Diop. Il décrit le président Kagame comme "beaucoup trop rationnel pour caresser une telle idée", soulignant que les enjeux actuels sont ailleurs.
L'héritage du génocide de 1994 constitue, selon l'intellectuel, une clé de compréhension essentielle du conflit. La présence en RDC des Forces démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR), composées d'anciens génocidaires ayant fui grâce à l'Opération Turquoise, représente une menace existentielle pour le Rwanda. "Dans l'imaginaire des Rwandais qui savent dans leur chair ce que signifie le mot génocide, un seul FDLR c'est un génocidaire de trop", explique-t-il avec force.
La situation des Congolais rwandophones constitue un autre aspect critique du conflit. L'écrivain révèle qu'en 1965 déjà, ces populations étaient privées du droit de vote, et plus récemment exclues de la "Conférence nationale souveraine" du Zaïre. Cette discrimination systématique, couplée à des violences ethniques, fait écho aux événements qui ont précédé le génocide rwandais, créant une inquiétude légitime à Kigali.
Concernant le soutien présumé du Rwanda au M23, Boubacar Boris Diop adopte une position nuancée. S'il reconnaît une présence militaire rwandaise en RDC, il refuse de réduire le M23 à un simple instrument de Kigali. "Les rebelles du M23 sont des citoyens qui exigent précisément la reconnaissance de leur nationalité congolaise", affirme-t-il, ajoutant que "beaucoup de jeunes combattants du M23 se considèrent en état de légitime défense".
La chute rapide de Goma pourrait marquer un tournant décisif dans la région. L'auteur de "Murambi" souligne l'échec de la stratégie du président Tshisekedi, qui aurait misé sur une victoire militaire rapide contre le Rwanda en s'appuyant sur des mercenaires étrangers et diverses forces armées. "Ma conviction est qu'il y aura un avant et un après Goma 2025", prédit-il.
L'intellectuel s'attaque également aux idées reçues concernant les ressources minières de la région. Contrairement aux allégations répandues, le Rwanda est le deuxième producteur mondial de coltan, après la RDC mais devant le Brésil, le Nigeria et la Chine. Il appelle à un travail d'enquête journalistique approfondi pour identifier les véritables acteurs de l'exploitation minière dans l'Est du Congo.
Quant à l'avenir de la RDC, Boubacar Boris Diop évoque la possibilité d'une solution fédérale, tout en soulignant que cette décision appartient aux Congolais eux-mêmes. Il insiste sur la nécessité d'un leadership fort, comparable à celui de figures historiques comme Nyerere ou Mandela, pour surmonter les défis actuels. "Ce n'est pas en réveillant les démons de la haine qu'on peut se donner une chance de refermer la funeste page ouverte en janvier 1961 par l'assassinat de Patrice Lumumba", conclut-il.
L'intellectuel appelle à une approche plus nuancée et moins manichéenne du conflit, soulignant que la RDC est "le terrain des jeux les plus malsains du monde entier" où interviennent de nombreux acteurs internationaux, bien au-delà du seul Rwanda.
LA QUESTION DES RÉPARATIONS POUR L’AFRIQUE EST RELANCÉE
EXCLUSIF SENEPLUS - Le 38ème Sommet de l'UA pose clairement la question des réparations coloniales, avec un soutien international grandissant incluant l'ONU. Il reste aux sociétés civiles africaines de s’en saisir
Le 38ᵉ Sommet de l'Union africaine (UA) a effectivement discuté de la question des réparations en mettant un accent particulier sur le thème annoncé « Justice pour les Africains et les personnes d'ascendance africaine grâce aux réparations ».
« Le Conseil économique, social et culturel de l'UA (ECOSOCC) a affirmé que « les réparations sont le sujet brûlant à Addis-Abeba ». Le général-major Dr. al-Tayeb Abdul Jalil, professeur soudanais de droit international, a élaboré une carte des réparations, estimant que Londres doit 700 milliards de dollars au seul Soudan en raison des pertes subies durant la domination coloniale britannique.
Dr. al-Tayeb Abdul Jalila indiqué qu’il ne parlait pas au nom du seul Soudan mais de plusieurs pays africains, ajoutant : « La compensation matérielle n'est pas une tentative de mesurer les souffrances en argent, mais une opportunité de consacrer ces fonds au développement de nos pays. »
La Première ministre de la Barbade, Mia Motley a quant à elle lancé un appel passionné en faveur des réparations, en demandant à l’Europe et aux USA de commencer par reconnaître leurs torts historiques.
"Dites pardon. Dites pardon et soyez sincères. Et après avoir dit pardon, reconnaissez que l'avenir du monde n'est pas possible sans la stabilité de l'Afrique et de sa diaspora", a-t-elle souligné.
La Première Ministre Mottley a souligné la nécessité d'actions tangibles telles que la création de ponts aériens et maritimes pour faciliter les voyages et les échanges entre l’Afrique et les Caraïbes.
Le Secrétaire de l’Organisation des Nations Unies, M. Antonio Guterres a pour sa part pris position très clairement an faveur des réparations en déclarant notamment devant l’Assemblée Générale, au cours de son allocution du 15 février 2025 :
« Le monde ne doit jamais oublier que l’Afrique est victime des effets conjugués de deux injustices colossales. Tout d’abord, les profonds ravages du colonialisme et de la traite transatlantique des esclaves. C’est un mal dont les racines remontent à plusieurs siècles et dont les Africains et les personnes d’ascendance africaine continuent de pâtir aujourd’hui encore…La décolonisation, en elle-même, n’a pas été une panacée. L’indépendance politique n’a pas débarrassé les pays des structures fondées sur l’exploitation et des décennies de sous-investissement économique, social et institutionnel. Il est grand temps de mettre en place des cadres de justice réparatrice… »
Ainsi la question des réparations de la part de l’Europe et des Etats Unis en faveur de l’Afrique a été relancée par le 38eme Sommet de l’Union Africaine.
Il reste aux sociétés civiles africaines de s’en saisir et de faire sorte que les chefs d’Etat posent des actes concrets, en direction de l’ONU notamment pour la réalisation des engagements pris au cours de ce 38eme Sommet.
Image d'illustration: Alwihda Info
PERTURBATIONS DE LA DISTRIBUTION D’EAU À DAKAR
La société nationale de distribution d’eau annonce des interruptions temporaires en raison de travaux d’entretien sur plusieurs forages de Dakar. Plusieurs quartiers, dont Sicap Foire et HLM Grand-Yoff, seront affectés entre le 17 et le 21 février.
La société nationale de distribution d’eau annonce, à travers un communiqué, la perturbation de la distribution allant à des coupures à partir du lundi 17 février 2025.
La note indique que, compte tenu des travaux d’entretien de certains forages sur le territoire de Dakar ville prévus du lundi 17 février au vendredi 21 février, «des perturbations de la distribution d’eau dans les zones desservies par les ouvrages », seront notées.
Il s’agit de Sicap Foire, cité SOCABEG à la date du 17 février; Nord Foire, Keur Damel, le 18 février. Cité Léopold Sédar Senghor pour le mercredi 19 février, Nord Foire, Keur Damel pour le jeudi 20 février et HLM Grand-Yoff, Keur Yoff, Cité Ataya et Mixta pour le vendredi 21 février.
Le communiqué précise que ces travaux ont pour objectif d’améliorer la qualité de service.
MADIAMBAL DIAGNE CONTESTE SA CONDAMNATION, FACE À L’ABSENCE DE TÉLIKO
Condamné en première instance pour diffamation à l’encontre du magistrat Souleymane Téliko, le journaliste a dénoncé des irrégularités dans la procédure. Devant la cour, il a affirmé avoir agi en défense de l’institution judiciaire.
Madiambal Diagne a été condamné en première instance pour diffamation à l’encontre du magistrat Souleymane Téliko. L’affaire trouve son origine dans des déclarations faites par M. Diagne lors d’une émission, au cours de laquelle il a évoqué un rapport des Chambres africaines mentionnant des indemnités indûment perçues par Téliko.
Selon Madiambal Diagne, ses propos visaient à défendre l’institution judiciaire et étaient fondés sur des preuves. À la barre, il a affirmé que cette affaire n’aurait jamais dû arriver en jugement. ‘’Les parties s’étaient initialement mises d’accord, mais la partie civile s’est rétractée par la suite’’, a-t-il expliqué. Il se considère comme une victime, ayant agi par souci de justice. ‘’J’ai défendu l’institution judiciaire. Si cette posture doit me valoir une condamnation, je l’accepte’’, a-t-il déclaré.
Madiambal Diagne a également dénoncé des irrégularités procédurales : ‘’Je n’ai pas été cité régulièrement, mes droits ont été bafoués et on m’a refusé la parole lors de l’audience. La partie civile m’a insulté, mais ces propos n’ont pas été consignés dans le plumitif.’’ Il a intenté une procédure contre Téliko, mais celle-ci a été rejetée en raison de l’absence de traces écrites des insultes.
Maitre Abdou Dialy Kane, avocat de Madiambal Diagne, a souligné que son client ne pouvait être poursuivi que comme complice et non comme auteur principal. ‘’La procédure est viciée. La citation initiale ne respecte pas les règles et la cour ne peut pas requalifier les faits en matière de délit de presse. La décision de première instance n’est pas fondée en justice’’, a-t-il plaidé, demandant l’annulation des poursuites.
Maitre Arona Basse, un autre avocat de la défense, a ajouté que la citation était nulle, car elle ne mentionnait pas les textes visés.
Le représentant du procureur général a pris la parole, bien que le parquet n’ait pas fait appel. Il a estimé que le jugement de première instance était régulier et bien motivé, demandant sa confirmation. Maitre Mbaye Sène, avocat de la partie civile, a défendu Téliko, décrivant ce dernier comme un ‘’digne magistrat’’ dont les qualités ont justifié sa nomination. ‘’Les faits diffamatoires sont là et leur auteur les a reconnus’’, a-t-il affirmé, insistant sur la gravité des accusations portées contre son client.
La cour rendra sa décision le 3 mars prochain.
OUSMANE SONKO FACE AUX DÉPUTÉS VENDREDI
Cet exercice, inscrit dans le cadre du contrôle parlementaire, permet aux députés d’interpeller l’exécutif sur les grandes orientations politiques et les préoccupations des citoyens.
Le Premier ministre Ousmane Sonko est attendu à l’Assemblée nationale ce vendredi 21 février 2025 à partir de 9h, dans le cadre de la séance des Questions d’actualité au Gouvernement, informe un communiqué officiel.
Cet exercice, inscrit dans le cadre du contrôle parlementaire, permet aux députés d’interpeller l’exécutif sur les grandes orientations politiques et les préoccupations des citoyens.
Le président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, avait annoncé la prochaine comparution du Premier ministre et de son gouvernement devant les députés pour l’exercice des questions au gouvernement.
« Je tiens à informer que nous travaillons activement sur le prochain passage du premier ministre et de son gouvernement qui se sont soumettrons à l’exercice des questions au gouvernement », avait-t-il le 11 février lors du vote des deux projets de loi sur la réglementation bancaire et la microfinance.