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26 février 2025
DE TALIBÉ À INGÉNIEUR, L’EXTRAORDINAIRE PARCOURS D’ALY SILEYMANE LY
Le livre « Diambars, une école de la vie » est paru mardi 07 novembre au Sénégal, trois semaines après sa sortie en France. Le journaliste Ndiassé Sambe raconte l’histoire d’Aly Sileymane Ly, ancien talibé, pensionnaire qui n’a pas été retenu par Diambars
Le livre « Diambars, une école de la vie » est paru mardi 07 novembre au Sénégal, trois semaines après sa sortie en France. Le journaliste Ndiassé Sambe raconte l’histoire d’Aly Sileymane Ly, ancien talibé, pensionnaire qui n’a pas été retenu par l’Institut de football Diambars, et aujourd’hui ingénieur dans le Nord de la France.
« Pour ceux qui se posent la question, ce n’est pas un livre sur l’institut Diambars qui forme des jeunes footballeurs, mais un livre sur un Diambars, Aly, un guerrier de la vie, explique d’emblée Ndiassé Sambe, journaliste à RFi. Aly, c’est un destin exceptionnel, une force mentale extraordinaire, une leçon de vie, qui pourrait inspirer beaucoup de jeunes sénégalais. »
Dans cet ouvrage, Aly Sileymane Ly raconte sa vie, son parcours à Ndiassé Sambe avec qui il a coécrit le livre. Les deux compères ont partagé beaucoup d’heures de travail durant lesquelles Aly se confiait, et Ndiassé écrivait. C’est un aboutissement pour les deux amis surtout pour l’ex-talibé qui tenait à partager ce parcours, si particuliers. « Je voulais adresser un message aux jeunes sénégalais pour leur dire : « lorsqu’on a un objectif, on se donne les moyens de l’atteindre. Avec l’envie, la détermination, rien n’est impossible », confie aujourd’hui Aly Sileymane Ly, le natif de Thialma, dans la région de Saint-Louis.
Pour Patrick Vieira, un des fondateurs de Diambars, Aly est une fierté, un exemple. « Partir de si loin pour accomplir tout ce qu’il a accompli révèle son intelligence, mais surtout sa volonté, sa foi et son désir ardent d’aller toujours plus haut. Il faut tout ça pour se (re) construire sur les ruines d’un rêve brisé de devenir footballeur professionnel, plus encore quand on n’a pas fréquenté l’école jusqu’à l’âge de 13 ans », écrit l’ancien capitaine de l’équipe de France de football qui signe la préface du livre.
Pour les besoins de la promotion de l’ouvrage, les deux auteurs seront à Dakar au salon du livre Jeunesse, du 15 au 20 novembre, au stand Saaraba qui a édité le livre disponible dans les librairies sénégalaises au prix de 5 000 FCfa.
LE CANDIDAT DU PUR LANCE UN APPEL AUX JEUNES
Aliou Mamadou Dia, le candidat du Parti pour l’unité et le rassemblement (PUR) à l’élection présidentielle du 25 février 2024, a invité les jeunes Sénégalais, mardi à Joal (ouest), à rester dans leur pays.
Joal, 15 nov (APS) – Aliou Mamadou Dia, le candidat du Parti pour l’unité et le rassemblement (PUR) à l’élection présidentielle du 25 février 2024, a invité les jeunes Sénégalais, mardi à Joal (ouest), à rester dans leur pays et à le construire, au lieu de s’adonner à l’émigration irrégulière.
‘’Mon message aux jeunes : ne partez pas. Restez ici, car nous avons besoin de vous pour construire notre pays. Nous avons besoin de vous pour faire de notre pays un pays émergent, très rapidement’’, a dit M. Dia à la fin d’une tournée de cinq jours dans le département de Mbour (ouest).
‘’Nous ne pouvons pas nous permettre de laisser notre jeunesse disparaître au fond de l’Atlantique. Ce n’est pas possible !’’, a-t-il martelé en demandant aux jeunes se livrant à l’émigration irrégulière d’‘’arrêter cette tragédie’’.
Il a dénoncé, par ailleurs, l’‘’agitation de la question du report de l’élection présidentielle’’ par des leaders politiques.
‘’Je condamne fermement cette agitation qui vient semer la confusion dans la vie politique et dans l’esprit des Sénégalais’’, a soutenu M. Dia, faisant valoir qu’‘’il n’y a jamais eu de report de l’élection présidentielle au Sénégal depuis l’indépendance’’.
VALERIA FALASCHI ÉVOQUE LES RAISONS DE L’ACCROISSEMENT DES FLUX MIGRATOIRES
Les répercussions socio-économiques de la pandémie de Covid-19, combinées à l’augmentation de l’insécurité alimentaire et aux effets des changements climatiques, constituent des facteurs ayant dernièrement accentué le phénomène migratoire.
Dakar, 15 nov (APS) – Les répercussions socio-économiques de la pandémie de Covid-19, combinées à l’augmentation de l’insécurité alimentaire et aux effets des changements climatiques, constituent des facteurs ayant dernièrement accentué le phénomène migratoire, a souligné, mercredi, à Dakar, la cheffe de mission de l’OIM au Sénégal, Valeria Falaschi.
‘’Les répercussions socio-économiques de la pandémie de Covid-19, la forte augmentation de l’insécurité alimentaire, les effets du changement climatique sont parmi les facteurs qui seraient à l’origine des tendances à la hausse de la migration irrégulière », a-t-elle notamment déclaré.
Elle intervenait lors de la signature de la deuxième phase du projet de consolidation des acquis en matière de réintégration des personnes migrantes de retour au Sénégal à travers un appui intégré aux micros et petites entreprises.
Le projet financé par le gouvernement de la République Tchèque, doté d’une enveloppe de 642 millions de francs CFA, sera mis en œuvre dans la région de Kolda, devenue celle qui compte le plus grand nombre de migrants de retour au Sénégal depuis 2017, a souligné la responsable de l’Organisation internationale pour les migrants.
Il s’agit dans le cadre de la mise en œuvre du projet de former 200 jeunes et migrants de retour de cette région dans le secteur de l’agro-alimentaire pour une durée de trois à six mois, a expliqué Valeria Falaschi.
Elle a insisté sur le fait que ce programme vise à prévenir la migration irrégulière, renforcer et développer l’autonomie économique des jeunes.
L’humanitaire considère que ‘’la lutte contre les facteurs défavorables des mouvements migratoires passe notamment par la création d’opportunités économiques accessibles et d’emplois productifs et durables ».
De son côté, l’ambassadeur de la République Tchèque au Sénégal, Marek Skolil, a rappelé que ce programme faisait partie des projets dits ‘’aide sur place’’ financés par le gouvernement tchèque.
Ces interventions n’ont pas pour finalité de barrer la migration irrégulière, mais d’arriver à aider les jeunes à ne pas risquer leur vie, a fait valoir le diplomate.
Le directeur général d’appui aux Sénégalais de l’extérieur, Amadou François Gaye, a salué le travail abattu sur le terrain par l’OIM, en estimant également que les actions menées par l’Etat du Sénégal montrent qu’il est possible de créer des emplois.
‘’Des jeunes partis et revenus grâce à l’OIM ont des activités qui leur permettent aujourd’hui de subvenir à leurs besoins ainsi que ceux de leurs familles’’, a-t-il affirmé.
UN PROGRAMME D’INVESTISSEMENTS DE 1000 MILLIARDS DE FCFA ANNONCÉ À KAOLACK
Macky Sall a annoncé, mercredi soir, un programme d’investissements prioritaires (PIP) de mille milliards de francs CFA en faveur de la région de Kaolack (centre) sur la période 2024-2026.
Kaolack, 15 nov (APS) – Le président Macky Sall a annoncé, mercredi soir, un programme d’investissements prioritaires (PIP) de mille milliards de francs CFA en faveur de la région de Kaolack (centre) sur la période 2024-2026.
»Nous pouvons retenir, pour ce programme d’investissements prioritaires 2024-2026, une enveloppe de mille milliards de francs CFA pour la région de Kaolack. Ce programme a l’avantage de refléter les priorités consensuelles’’, a-t-il notamment déclaré à l’issue d’un Conseil présidentiel sur le développement de la région de Kaolack.
Macky Sall en tournée dans la région a demandé au ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération ainsi qu’à celui en charge des Finances et du Budget de réarticuler le volet jeunesse et inclusion pour renforcer les enveloppes notamment dans le secteur du sport et des activités informelles, en particulier l’activité de mototaxis communément appelées ‘’Jakarta’’ à Kaolack.
»(…) Kaolack a une histoire avec la moto et cette activité a pris naissance au Sénégal à partir de la ville de Kaolack. Aujourd’hui, plus de sept mille jeunes travaillent dans cette activité. Il nous faut les accompagner, les organiser pour en faire un véritable métier, en organisant le secteur, leur donner les moyens, les équipements, le port de casques, de gants, de genouillères, des coudières et leur donner l’assurance maladie et l’assurance retraite’’, a indiqué Macky Sall.
Selon le chef de l’Etat, il faut organiser tous les acteurs du secteur informel pour les accompagner.
Dans le domaine du sport, Macky Sall est d’avis que Kaolack devra avoir aussi un stade aux normes.
Pour ce qui est de la santé, ‘’il ne s’agira pas pour nous de réhabiliter l’actuel centre hospitalier régional El Hadji Ibrahima Niass qui, selon M. Sall est ‘’déjà fatigué’’. Il faut continuer cette réhabilitation, mais aussi »construire un hôpital neuf de niveau 3 à Kaolack dans les prochains mois’’, a-t-il insisté.
Il s’agit, selon lui, d’un volet important, Kaolack étant un carrefour, avec une forte densité démographique. Il faut un hôpital qui répond à toutes les normes, avec tous les plateaux technico-médicaux requis, a dit M. Sall.
Pour le président de la République, il faut améliorer la maintenance de l’actuel hôpital régional de Kaolack ainsi que la modernisation des centres, postes et cases de santé dans l’ensemble du périmètre régional, achever le centre de santé de Gandiaye et programmer la construction des centres de santé de Ndoffane et de Wack Ngouna, entre autres.
Le Conseil présidentiel a retenu d’accentuer le développement de la carte sanitaire, éradiquer les abris provisoires dans les lycées et en milieu rural et accélérer la montée en puissance de l’Université du Sine Saloum El Hadji Ibrahima Niass (USSEIN), qui donne une nouvelle vocation académique et agricole à la région de Kaolack et même au-delà notamment aux régions de Fatick et Kaffrine.
Sur la question de l’assainissement, »Kaolack est une ville qui souffre de la nature de ses sols qui sont argileux et salés », a rappelé le chef de l’Etat.
»Donc, l’assainissement des eaux usées et des eaux pluviales devra prendre une part importante. Il faut réactualiser les enveloppes pour prendre en charge, de manière durable cette problématique de l’assainissement à Kaolack’’, a dit Macky Sall.
Au titre des décisions prioritaires de ce Conseil présidentiel, il a été retenu l’amélioration du cadre de vie des populations des communes de la région qui doivent bénéficier d’un ‘’programme spécial d’urgence d’amélioration du cadre de vie’’, ‘’de façon définitive et durable’’, a dit le président de la République.
»Il faut également renforcer le programme des +100 000 logements+ à Kaolack. Il nous faut alors trouver les assiettes foncières qui pourront permettre de développer ce programme, parce que Kaolack a cette capacité’’, a-t-il relevé, préconisant le renforcement de la sécurité dans le cadre de ce programme d’investissements prioritaires.
Il s’agira aussi, dans ce programme, de renforcer la mise en œuvre des programmes agricoles et de l’élevage dans une maitrise du foncier.
»On va restituer 150 hectares à la commune de Mbadakhoune et pour l’aéroport aussi, 200 hectares seront repris pour pouvoir alléger les agriculteurs et les populations concernés’’, a annoncé le président Sall qui promet aussi l’accompagnement en matériel agricole dans la région, ‘’parce qu’au-delà du bassin arachidier, Kaolack est un bassin agricole et horticole’’.
L’amélioration de l’approvisionnement de la région, en veillant à la qualité des eaux, à la réhabilitation et à l’extension des ouvrages hydrauliques notamment les forages et autres châteaux d’eau ainsi que la défluorisation des eaux a été retenu lors de ce Conseil présidentiel.
OUSTAZ OUMAR SALL PLACÉ EN GARDE À VUE
Le célèbre prêcheur est dans la tourmente. Il a été arrêté et placé en garde à vue par la Division spéciale de cybersécurité de la police nationale.
Le célèbre prêcheur est dans la tourmente. Il a été arrêté et placé en garde à vue par la Division spéciale de cybersécurité de la police nationale. C'est suite à la plainte de la confrérie tidiane. Il est accusé d’avoir dénigré des pratiques cultuelles de la confrérie des tidianes, dont la Wazifa et l’Hadaratoul Jummah.
Il est poursuivi pour diffamation et insulte commises par le biais d’un système informatique envers un groupe de personnes se distinguant par la religion et provocation par un moyen de diffusion publique, d’actes d’intolérances entre des personnes de sectes religieuses différentes. Ainsi selon Seneweb, le parquet a-t-il confié l’enquête au commissaire Aly KANDE, le patron de la Division spéciale de cybersécurité.
C’est dans ce cadre que le limier en chef de cette unité d’élite de la police nationale a convoqué ce mercredi le prêcheur. À l’issue de son interrogatoire, Oustaz Oumar SALL a été placé en garde à vue. Oumar SALL avait critiqué certaines pratiques de la confrérie tidiane en disant ceci : “Le Prophète n’a jamais enseigné de scander le nom d’Allah à la fin de la prière », a-t-il notamment affirmé, faisant ainsi allusion à la Wazifa et l’Hadaratoul Jummah propres à la confrérie tidiane.
BACHAR AL-ASSAD DANS LE VISEUR DE LA JUSTICE FRANÇAISE
Premier mandat d'arrêt international contre le président syrien. La justice française le soupçonne d'être impliqué dans les attaques chimiques ayant fait plus d'un millier de morts il y a 9 ans
Brice Folarinwa de SenePlus |
Publication 15/11/2023
Selon des informations obtenues auprès de l'Agence France-Presse (AFP), la justice française a émis un mandat d'arrêt international contre le président syrien Bachar al-Assad. Ce mandat a été annoncé le 15 novembre par des plaignants qui accusent le dirigeant syrien de complicité de crimes contre l'humanité pour les attaques chimiques perpétrées à l'été 2013 en Syrie.
Une source judiciaire a confirmé à l'AFP l'émission par la justice française de quatre mandats d'arrêt, dont un vise Bachar al-Assad. Sont également visés son frère Maher al-Assad, chef de la Quatrième division de l'armée syrienne, ainsi que deux généraux, Ghassan Abbas et Bassam al-Hassan. Tous sont accusés de complicité de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre pour les attaques au gaz sarin du 21 août 2013 dans la Ghouta orientale, qui auraient fait plus de 1 000 morts selon les renseignements américains.
Depuis avril 2021, des juges d'instruction du pôle crimes contre l'humanité du Tribunal judiciaire de Paris enquêtent sur ces attaques imputées au régime syrien, dans le cadre de la compétence extraterritoriale de la justice française. L'enquête a été ouverte à la suite d'une plainte déposée par le Centre syrien pour les médias et la liberté d'expression (SCM), Open Society Justice Initiative (OSJI) et Syrian Archive.
"Cette décision constitue un précédent judiciaire historique", a déclaré Mazen Darwish, directeur du SCM, cité dans un communiqué. Il souligne que la plainte s'appuyait sur "des témoignages de première main de victimes" et "des centaines de documents".
Le régime syrien fait l'objet de plusieurs procédures judiciaires en Europe, dont un premier procès qui se tiendra à Paris du 21 au 24 mai 2022 concernant la mort de deux Franco-Syriens. Après plus de dix ans de conflit en Syrie, le nombre des victimes est estimé à plus d'un demi-million de morts.
par Jacques Habib Sy
QUELQUES REPÈRES DANS LA PENSÉE POLITIQUE DE CHEIKH ANTA DIOP
EXCLUSIF SENEPLUS - La question coloniale en Afrique noire française est, quant au fond, une question paysanne. Le phénomène de l'aliénation culturelle est une donnée effroyable caractéristique des élites africaines de l'après-guerre (2/5)
Dans les colonies, ayant à peine formulé une ligne d'action toute tournée vers la satisfaction des "besoins matériels et moraux" de ses adhérents, le syndicalisme autochtone est pris au piège du réformisme qui gangrène la conscience de classe et la combativité des syndicats métropolitains. Les syndicats africains ne sont en général qu'une excroissance, plus précisément l'appendice des syndicats métropolitains dont ils épousent les mots d'ordre et les priorités stratégiques.
La Confédération Générale des Travailleurs (CGT) contrôlée par le PCF parraine la création d'unions territoriales syndicales qui lui sont affiliées. Presque immédiatement après, la Confédération Française des Travailleurs Croyants (CFTC) voit le jour. Force Ouvrière impose sur le terrain la création d'un syndicat (CGT-FO) qu’il contrôle étroitement. L'enjeu de ce formidable jeu de quilles sur l'échiquier syndical, c'est l'encadrement, autant dire la tentative de récupération et parfois de manipulation d'une centaine de milliers de militants en Afrique Occidentale Française. Sur ce total, et devant la faiblesse chronique de l'industrialisation légère mise sur pied dans les colonies, la classe ouvrière proprement dite ne représente qu'environ 25 000 personnes, cependant que les "fonctionnaires" ou employés de l'administration en constituent l'écrasante majorité. La perte de vitesse enregistrée par les partis politiques rend alors d'autant plus aiguë la nécessité de la radicalisation de la lutte et la question du rôle de l'avant-garde prolétarienne dans la lutte de libération nationale.
Dans les années 1950, les syndicats manifestent pour leur autonomie vis-à-vis des centrales syndicales métropolitaines. Sékou Touré se fait leur chantre avec succès non seulement en Guinée mais dans la plupart des territoires de l'Union. Convoquée en 1957, la Conférence syndicale de Cotonou consacre l'avènement de l'Union Générale des Travailleurs d'Afrique Noire (UGTAN).
Aux origines du panafricanisme
Sur le plan africain, la décennie des années cinquante est marquée par l'entrée en scène de nouvelles nations qui arrachent leur indépendance à l'hydre colonial. La Lybie est eh tête (1951), suivie par l'Égypte (1954), la Tunisie et le Soudan (1956), le Maroc (1956) et le Ghana dont l'année d'indépendance (1957) coïncide avec la tenue de la Conférence Afro-asiatique de Bandœng, un événement d'une portée considérable pour les peuples du Tiers monde.
Le non-alignement s'impose à l'échelle internationale comme une force imposante face à la montée des périls engendrée par la Guerre Froide et la bipolarisation de relations internationales désormais dominées par les Etats-Unis et l'Union Soviétique. La réalité du capitalisme et l'essor du camp socialiste deviennent les variables-clé à partir desquelles se définissent le développement économique et les alliances internationales contrôlées par deux géants du monde occidental. L'existence du Rideau de Fer consacre la fracture de l'Europe en deux entités satellisées à l'ombre des superpuissances.
Entre les années de l'après-guerre et la fin des années 1950, le schisme au sein du mouvement communiste international, particulièrement dans le mouvement ouvrier, s'aggrave. La Troisième puis la Quatrième Internationales sont profondément divisées au sujet des questions stratégiques relatives à la nature de l'impérialisme et des forces qui doivent en venir à bout. Staline et Trotski croisent déjà le fer avant la mort de Lénine. En Allemagne, Kautsky, déjà mis au banc des accusés du temps de Lénine, a eu le temps de jeter les germes de la discorde au sein du mouvement ouvrier. En Espagne, la guerre civile finit de consacrer la défaite du mouvement ouvrier espagnol qui joue perdant devant Franco et le fascisme décadent européen. En France, Marius Moutet, un socialiste, préside aux destinées du ministère de la France d'Outre-Mer et inscrit à l'ordre des priorités une forte reprise en main de la situation potentiellement explosive dans les colonies. Le conflit sino-soviétique met à nu les "contradictions au sein du peuple" et les relations entre partis communistes aux aspirations et aux stratégies fondamentalement différentes. Mao prêche l'encerclement des villes par les campagnes, une hérésie féconde qui sape les fondements du dogme stalinien basé sur l'affirmation intangible que le moteur de la révolution socialiste reste pour tous les pays la lutte des classes à l'initiative de l'avant-garde prolétarienne ouvrière unie à la petite-bourgeoisie des villes et des campagnes.
Au Sénégal, les chances de création d'un ensemble fédéral africain sont dilapidées dès octobre 1946 lorsque, se soumettant aux injonctions des socialistes et des forces réactionnaires de la métropole, Léopold Sédar Senghor et Lamine Guèye boycottent le Congrès de Bamako qui devait sceller l'unification des forces politiques en Afrique noire. Dans une "autocritique" rendue publique au Congrès constitutif de la Convention Africaine (janvier 1957), Senghor reconnait que son "tort a été d'obéir à des ordres qui (lui) étaient imposés de l'extérieur". La section sénégalaise du RDA s'active dans les rangs de l'Union Démocratique Sénégalaise (UDS) animée par Doudou Gueye, Abdoulaye Gueye et la délégation permanente du R.D.A. à Dakar que dirigent Gabriel d'Arboussier, Charles Guy Etcheverry, un Français propriétaire de l'hebdomadaire "Réveil" devenu par la suite l'organe officiel du RDA., et des communistes français comme Jean Suret-Canale qui s'opposera violemment par la suite aux thèses de Cheikh Anta.
Malgré son échec et en dépit des succès idéologiques incontestables parmi les jeunes surtout, l'UDS pose déjà dès 1948 les fondements d'une véritable doctrine politique s'inspirant des valeurs africaines. Dans un ouvrage intitulé "Forces politiques en Afrique Noire", Bakary Traoré souligne le rôle précurseur de l'UDS. qui affirme dans un Manifeste d'Union, "la justesse du principe selon lequel la lutte ne peut se mener efficacement contre le colonialisme qu'au sein d'une organisation spécifiquement africaine rigoureusement indépendante de tout parti métropolitain unissant toutes les couches de nos populations contre leur oppresseur commun".
Cette prise de position sans équivoque n'est pourtant pas vraiment originale. Elle émane après tout des structures du RDA qui s'est mobilisé durant ses années les plus combatives, et, à travers son aile la plus radicale, autour d'un programme similaire. Bakary Traoré identifie comme suit les prémices idéologiques à partir desquelles se développe le RDA :
"Du fait du retard économique considérable des territoires africains, le prolétariat de ces pays est extrêmement faible. Par conséquent, plus encore que dans les autres pays coloniaux, la question coloniale en Afrique noire française est, quant au fond, une question paysanne. De plus (...) toutes les classes, y compris la jeune bourgeoisie de nos pays, et les cadres traditionnels, supportent plus ou moins impatiemment le joug impérialiste qui pèse sur eux.
"D'où, en Afrique noire, les objectifs essentiels actuels sont communs à toutes les classes et couches de la société.
"De plus, il ne serait pas juste de vouloir imposer au Mouvement de libération anticolonialiste une organisation ferme et une discipline stricte.
"Ces considérations justifient pour la réalisation des objectifs actuels des masses africain :
"a. L'organisation de l'union de toutes les classes, et non d'un parti politique, expression de telle ou telle classe ;
"b. La création d'un mouvement de masse très large qui soit à la fois l'expression de la masse et la masse elle-même et non d'un parti politique d'avant-garde.
« La finalité de la lutte anticoloniale réside dans l'émancipation des divers pays africains du joug colonial par l'affirmation de leur personnalité politique, économique, sociale et culturelle, et l'adhésion librement consentie à une union de nations et de peuples, fondée sur l'égalité des droits et des devoirs".
Cette prise de position programmatique constitue en soi déjà une source potentielle de rupture avec le Parti Communiste Français auquel est apparenté le RDA pendant quelques années. Elle constitue un regard lucide posé sur l'avenir africain dans une arène internationale marquée par la domination bipolaire des Super-Grands et la montée des égoïsmes nationaux.
Instruit par les échecs de la plupart des partis communistes dans les pays anciennement sous tutelle coloniale, et face au dogmatisme marxisant, le RDA fonde son analyse sur les réalités profondes du terroir africain. L'importance de la paysannerie comme force principale du mouvement de libération nationale est affirmée sans compromission.
La jonction des masses et des cadres des villes constitue l'autre axe de la tactique de lutte du RDA Toutes les classes ont intérêt au changement dans la phase de lutte pour le Salut national. Dans ces conditions, il est parfaitement illusoire de vouloir rééditer en Afrique la création de partis politiques rigides, dirigés selon les principes organisationnels d'un autre âge et d'un contexte socio-culturel fondamentalement différent.
La problématique de la lutte des classes et son corollaire, la nécessité de la création de l'avant-garde prolétarienne révolutionnaire, est en fait au cœur du débat. Les marxistes africains de cette période érigent le problème ainsi posé en un axiome, une donnée intangible, une notion irréfragable. Le Parti Africain de l'indépendance, créé en 1957, et l'un des partisans du "Non" au référendum organisé par le Général de Gaulle, hérite de cette maladie infantile du communisme qu'est le dogmatisme sous forme de gauchisme.
Aujourd'hui encore, plus d'une génération après ces instants privilégiés de l'histoire anti-impérialiste africaine, le débat reste posé dans son principe mais selon de nouveaux termes instruits par le virage chinois dans la voie du capitalisme, la décrispation albanaise, la politique de "restructuration" et d’« ouverture » des nouveaux maîtres du Kremlin, l’essoufflement du modèle Nord-coréen enlisé dans un culte prononcé de la personnalité, etc.
Quoi qu'il en soit, le RDA reste marqué, sur la notion de lutte de classes ainsi d'ailleurs que sur celle d'indépendance des territoires d'Outre-Mer, par le parlementarisme petit-bourgeois de leaders comme Félix Houphouët Boigny. Après la rupture avec les communistes français, le discours du RDA est franchement hostile au principe de la lutte de classes en tant que moteur de la révolution. En outre, la question de l'indépendance nationale ou dans le cadre d'une fédération africaine totalement indépendante de la France reste une pomme de discorde dont l'impact ira s'élargissant au fil des ans.
Partisan de l'union avec la France et ouvertement hostile au principe de l'indépendance en dehors de l'ensemble fédéré aoefien et aefien, le RDA reste encore confus sur des problèmes aussi graves pour le destin des peuples africains. Mais le caractère progressiste du Rassemblement et son impact organisationnel dans les différents territoires de l’“Union” en fait une force politique majeure sinon la plus importante de son temps.
C'est vers lui que vont tourner leurs regards les jeunes étudiants africains en France. Ce faisant, le RDA va assister à la radicalisation de sections importantes de ses militants sur l'indépendance immédiate, l'analyse des contradictions de classe au sein de la société coloniale et le projet de fédérer sur des bases solides les territoires africains morcelés sous toutes les formes possibles depuis leur partage par les puissances coloniales réunies à Berlin.
Le phénomène de l'aliénation culturelle est une donnée effroyable caractéristique des élites africaines de l'après-guerre. En ce sens, on peut dire que la capitulation du mouvement de la négritude senghorienne devant les problèmes centraux de la libération nationale africaine favorise sinon annonce une recrudescence de l'aliénation culturelle parmi les "évolués".
Les manifestations de cette infirmité culturelle chez I' Africain sont l'absence de confiance en soi et dans la culture négro-africaine, le scepticisme sur la capacité de dompter les forces de la nature de manière autonome et avec le secours avisé de la science et de capacités organisationnelles supérieures, la croyance dans le fait que l'Afrique aurait toujours été absente du mouvement culturel mondial et n’aurait qu'une histoire du néant dominée par des siècles obscurs, l'acceptation du présupposé que sans l'Occident, l'Afrique ne pourrait rien entreprendre de tangible dans le domaine de l'industrialisation et de la recherche de pointe et finalement, le manque de foi dans l'unité culturelle africaine doublé d'un manque de perspectives historiques claires sur l'origine du peuplement africain et les bases historiques de l'intégration du passé africain à son présent.
Restaurer la conscience historique
C'est dans ces circonstances que Cheikh Anta Diop arrive à Paris après de solides études sanctionnées par le Baccalauréat, une sorte de rite de passage imposé par le système colonial en vue de créer au compte-goutte une élite francisée à souhait et loyale aux intérêts du maître colonial. Nous sommes en 1945. Le jeune étudiant est âgé de 23 ans. Il s'investit immédiatement dans un militantisme réfractaire à l'aliénation culturelle sous quelque forme qu'elle soit. Muni d'un Bac de la série scientifique et d'un Bac littéraire, il projette de se spécialiser dans les sciences exactes, une aspiration presque impensable parmi les étudiants de l'époque davantage portés sur les études en sciences humaines, l'enseignement des mathématiques et des sciences exactes étant jugé hors de portée de la "mentalité prélogique africaine" (cf. Lévy-Bruhl).
Plongé dans l'univers parisien fait d'asphalte et de béton, de monuments anciens et d'hymnes muséologiques à la gloire du triomphe occidental, Cheikh Anta Diop reste branché sur les réalités socio-culturelles dont il est issu. Il reste hanté par l'image de la Médina, un quartier populaire de Dakar, sorte de microcosme des contradictions nationales, un réceptacle de l'exode rural où s'activent dans une promiscuité presque générale ouvriers des huileries avoisinantes et mendiants occasionnels, lumpen prolétaires et Maures commerçants, marabouts et dignitaires lébous, etc. Avant son aventure parisienne c'est dans cette Médina qu'il habite avec sa famille, et c'est d'ici que sa mère lui adresse des lettres pleines de bons conseils et l'informant des tournures de la vie quotidienne.
Il a suffi de quelques mois à ce jeune talent pour éclore d'une personnalité politique fermement rattachée au substrat culturel nègre. Il se forge surtout une vision culturelle nouvelle dans le paysage politique africain de l'époque.
Combattre l’aliénation culturelle
A ses yeux, le politique se définit et ne s'épanouit qu'au travers du culturel. Le culturel ne rejoint le politique pour en constituer le vivier central qu'à travers la réhabilitation culturelle africaine, non pas une culture morte, une délectation sans discernement sur le passé, mais un regard viril, sans complexe sur la culture vivante, la langue notamment et tout le génie créateur dont elle est la matrice naturelle.
Il faut donc « s'armer de science jusqu'aux dents » pour accomplir la mission prométhéenne de décoloniser les mentalités asservies par le recours à l'autorité des faits. Ces faits se confondent pour l'heure en une gerbe de contradictions, où se diluent les meilleures volontés. Pourtant les matériaux de recherche sont là, omniprésents. Là n'est pas le problème. Pour que s'opère la rupture avec les catégories d'analyse et de comportement de l'idéologie dominante, il convient d'abord de se déterminer par rapport aux faits. Il faut les maîtriser en étant capable de débusquer les pièges subtils, les mensonges énormes, le jeu de dupes auquel se livre la puissante machine coloniale.
Cheikh Anta réalise alors que seule une descente vertigineuse dans l'immensité du champ historique mondial et le rôle véritable qu'y a joué l'Afrique peut débloquer la recherche historique africaine, et donc la lutte de libération nationale. Dans cette perspective, il ne saurait y avoir de dichotomie ou antinomie entre l'histoire et l'action politique. L'un et l'autre se fécondent réciproquement. Leur symbiose constitue le socle naturel, le ciment logique de toute prise de conscience culturelle. La culture nationale désaliénée, purifiée des scories artificiellement greffées sur elle par l'impérialisme, retrouve ainsi sa fonction de moteur des changements de cap historiques et de catalyseur de la conscience de lutte contre l'oppression, quelle qu'elle soit, d'où qu'elle vienne.
Cette nouvelle vision de la lutte anti-impérialiste se fonde sur la relation du culturel au politique dans le développement de la conscience historique africaine.
Comme le reconnaît Cheikh Anta Diop dès le début des années 1950, la conscience de lutte d'un peuple, conscience inséparable du substrat culturel qui en constitue le soubassement, est déterminée par trois facteurs. Ceux-ci sont d'ordre psychique, historique et linguistique. Il y a, dit-il, un mouvement permanent de va-et-vient entre ces facteurs que cimentent la conscience historique d'un peuple. Lorsque l'un de ces facteurs est ébranlé par une variable externe en l'occurrence le colonialisme et l'impérialisme, il s'ensuit nécessairement l'apparition de leur antithèse : l'aliénation culturelle. Ainsi tout en se plaçant au pôle opposé des trois facteurs constitutifs de la conscience anti-impérialiste, l'aliénation culturelle représente aussi un puissant révélateur de l'oppression et de l’exploitation.
L'aliénation est toujours d’essence culturelle compte tenu de la prégnance des éléments de civilisation, de l'impact des traditions socio-culturelles à l'échelle de la conscience historique du peuple. Mais l'aliénation peut se manifester sur les plans psychique (voir l'œuvre de Fanon à cet égard), historique (par la négation de l'histoire du peuple colonisé et la tentative de destruction de ses assises historiques) et linguistique (par le dépérissement des langues nationales comme supports naturels des rapports sociaux, politiques et culturels à l'échelle de la nation, au sens large).
L'aliénation mot dérivé du latin alienus, "qui appartient à un autre", est défini par le Petit Robert comme un "trouble mental, passager ou permanent, qui rend l'individu comme étranger à lui-même et à la société où il est incapable de se conduire normalement". L'autre sens donné de ce terme dans son acception philosophique « est l’état de l'individu qui, par suite des conditions extérieures (économiques, politiques, religieuses), cesse de s'appartenir, est traité comme une chose, devient esclave des choses et des conquêtes même de l'humanité qui se retournent contre lui ». Dans les deux cas, le phénomène d'aliénation implique la destruction ou l'altération significative de tout ou partie des composantes essentielles de la culture autochtone, de la conscience historique, de l'être psychique, des racines linguistiques chez l'individu.
Autant donc dire que la conscience politique, religieuse et idéologique du colonisé est ébranlée par "l'impérialisme (qui), tel le chasseur de la préhistoire, tue d'abord spirituellement et culturellement l'être, avant de chercher à l'éliminer physiquement" (voir les pages introductives de Civilisation ou Barbarie, ouvrage de synthèse décrit par Cheikh Anta lui-même comme "un matériau de plus du travail qui a permis d'élever l'idée d'une Égypte nègre au niveau d'un concept scientifique opératoire").
Étant donné que le meurtre spirituel et culturel annonce le génocide africain et qu'il précède la destruction de l'espace physique du nègre colonisé, il faut d'abord restaurer la conscience historique du peuple, lui restituer l'appareil conceptuel idéologique dont il a besoin pour ressusciter en une conscience collective capable de résister victorieusement à la destruction.
Par conséquent, la conscience de classe dans la phase anti-impérialiste de la lutte est accessible à toutes les composantes sociales. La ligne de démarcation au niveau de cette conscience de classe va s'opérer sur le terrain de la lutte contre l'impérialisme entre les consciences aliénées (économiquement et culturellement, car l'aliénation économique est inséparable de l'aliénation culturelle) et celles qui rétablissent un équilibre satisfaisant entre les différents facteurs constitutifs de la conscience historique du peuple tout entier. Toute l'œuvre politique, culturelle et scientifique de Cheikh Anta est tendue vers cet absolu, l'équilibre culturel, un absolu toujours relatif à l'échelle du continuum historique et de l'interaction des règnes humain, végétal et animal.
COUPE DU MONDE 2026, CALENDRIER ET RESULTATS DES ELIMINATOIRES EN AFRIQUE
Les qualifications en Afrique (CAF) pour la Coupe du monde 2026 ont eu lieu entre du 15 novembre 2023 au 18 novembre 2025. Les 54 pays du continent –moins l’Érythrée, forfait – vont se disputer les neuf ou dix tickets pour le premier mondial
Les qualifications en Afrique (CAF) pour la Coupe du monde 2026 ont eu lieu entre du 15 novembre 2023 au 18 novembre 2025. Les 54 pays du continent –moins l’Érythrée, forfait – vont se disputer les neuf ou dix tickets pour le premier mondial à 48 équipes dans une formule à neuf poules qui se joue en 260 matches et sur 24 mois de compétitions.
COUPE DU MONDE 2026 : PHASE DE GROUPES
Groupe A : Egypte, Burkina Faso, Guinée-Bissau, Sierra Leone, Ethiopie, Djibouti
J1 (Nov 2023): Burkina Faso - Guinée-Bissau ; Égypte – Djibouti ; Éthiopie - Sierra Leone
L'armée malienne a pris la ville de Kidal (nord) aux rebelles séparatistes touareg. Des données pour comprendre la signification de cette victoire pour la junte au pouvoir.
L'armée malienne a pris la ville de Kidal (nord) aux rebelles séparatistes touareg. Des données pour comprendre la signification de cette victoire pour la junte au pouvoir.
Kidal occupe une place spéciale dans la géographie et les consciences sahéliennes. Ancien poste militaire français du début du XXème siècle, cette mosaïque à angles droits de rues et de bâtiments plats posée sur la poussière du désert est une étape cruciale entre le Mali et l'Algérie, à plus de 1 500 km et de 24 heures de route de la capitale Bamako, à des centaines de km des autres grandes villes du nord, Gao et Tombouctou.
Kidal, où vivent quelques dizaines de milliers de personnes, et sa région sont le foyer historique des insurrections indépendantistes successives qu'a connues le Mali depuis son indépendance vis-à-vis de la France en 1960. Le chef de la junte actuelle, le colonel Assimi Goïta, a servi à Kidal dans le passé.
Kidal, quel enjeu ?
Kidal était depuis 2013 sous le contrôle de la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA), une alliance de groupes armés à dominante touarègue. Cette insoumission était un coin dans la souveraineté de l'Etat sur l'intégralité du territoire, encore plus pour les colonels qui ont pris le pouvoir par la force en 2020 à Bamako. Ils ont fait de cette souveraineté leur mantra.
La région de Kidal a été l'une des premières à tomber aux mains des rebelles, les uns indépendantistes, les autres salafistes, quand a éclaté en 2012 l'insurrection dont les prolongements ont plongé le Mali dans la tourmente qu'il connaît aujourd'hui encore. Elle est ensuite passée sous la seule coupe des salafistes, et été reprise par les séparatistes en 2013 dans le sillage de l'intervention française.
Avant mardi, l'armée et l'Etat maliens n'avaient quasiment pas repris pied à Kidal depuis mai 2014. Les forces maliennes en avaient alors été chassées quand une visite du Premier ministre de l'époque, Moussa Mara, avait donné lieu à des affrontements avec les rebelles touareg, qui avaient causé de lourdes pertes dans les rangs de l'armée.
Un gouverneur exerçait depuis une présence symbolique. En juin, les rebelles avaient empêché la tenue dans la région du référendum constitutionnel.
Kidal était aussi un abcès de fixation des tensions entre Bamako et Paris. Pour certains, tel le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga, la France y a créé une enclave d'où le terrorisme s'est propagé au reste du pays en permettant aux seuls indépendantistes de la reprendre en 2013 et en empêchant l'armée malienne d'y entrer. Paris réfute ces affirmations.
Comment Kidal est-elle tombée ?
En mai 2014, quelques jours après la venue de Moussa Mara, les rebelles ont accepté un cessez-le-feu. En 2015, ils ont signé avec le gouvernement un accord de paix, renonçant à leurs projets indépendantistes contre plus d'inclusion dans la société malienne, y compris dans une armée dite reconstituée, et plus d'autonomie.
Pour beaucoup de Maliens, cet accord entérinait une partition du Mali, et reprendre Kidal c'était y remédier.
L'accord était déjà mal en point avant l'avènement des colonels. Les crispations n'ont cessé d'augmenter après. La rébellion a repris les hostilités en août. Le retrait de la mission de l'ONU sur ordre de la junte a déclenché entre les acteurs armés du nord (armée, séparatistes, djihadistes) une course au contrôle du territoire et des camps d'où partaient les Casques bleus.
Dans la reconfiguration sécuritaire en cours, Kidal s'annonçait comme la prise ultime.
Quand la MINUSMA a quitté son camp de Kidal le 31 octobre, les rebelles ont été prompts à en prendre possession, au grand dam de la junte. Mais l'armée avait déjà depuis des semaines une colonne prête à faire mouvement vers la ville.
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LA SÉCURITÉ DES MILLIARDAIRES DE LA PLANÈTE
Qu’ils soient hommes/femmes politiques, PDG, entrepreneurs prospères ou héritiers, ces milliardaires sont logés à la même enseigne en la matière. C’est pourquoi ils ne lésinent pas sur les moyens pour s’offrir les meilleurs service de sécurité
Être milliardaires, c’est aussi être fortement menacé d’insécurité par convoitise, méchanceté gratuite, répression ou pour mille autres raisons. Les riches personnalités de ce monde en sont bien consciente et de fait, y prennent des mesures qu'il faut.
Qu’ils soient homme politique, PDS, entrepreneurs prospères ou héritiers, ces milliardaires sont finalement logés à la même enseigne en la matière. C’est pourquoi ils ne lésinent pas sur les moyens pour s’offrir les meilleurs service de sécurité comme on le voit dans cette vidéos.
C’est le cas du monarque britannique, de Jeff Bezos, Mark Zuckerberg, Donald Trump, Vladimir Poutine ou autre.