SenePlus | La Une | l'actualité, sport, politique et plus au Sénégal
4 avril 2025
par Oumou Wane
NI ETHNIE NI STATUT AU DESSUS DES LOIS
Manipuler le Fouta en faisant croire que les nouveaux dirigeants sont contre les pulaars, c’est insulter notre intelligence. L’appartenance ethnique de Farba Ngom est une pure excursion hors-sujet dans cette affaire
Jusqu’à preuve du contraire, nous sommes toujours en démocratie. Alors pourquoi ce battage médiatique, dès lors qu’il s’agit, dans le cadre d'une enquête préliminaire, de permettre à un député d'être entendu par la Justice, comme n'importe quel autre citoyen d’ailleurs, afin de pouvoir répondre aux questions des enquêteurs et confirmer ainsi son innocence ou sa culpabilité ?
En effet, qu’y a-t-il de choquant à ce qu’un parlementaire, en l’occurrence le député Farba Ngom, soit amené à répondre à des suspicions devant la justice, tant que toutes les étapes de la procédure ont été respectées ?
Rappelons les simples faits. Le garde des Sceaux, maître Ousmane Diagne, saisi par le Parquet financier, a écrit à l’Assemblée nationale pour demander la levée de l’immunité parlementaire de Farba Ngom, dans le cadre d’une enquête sur des activités suspectes de blanchiment de capitaux dont la valeur est estimée provisoirement à plus de 125 milliards de Francs CFA. Suite à cette demande, c’est lors de la séance plénière de ce vendredi 24 janvier 2025, que l'immunité parlementaire du député et proche de l’ex-président Macky Sall, a été levée.
Pourquoi donc tout ce tintamarre ethnico-politico-médiatique puisque, quoi qu’il arrive Farba Ngom va pouvoir répondre devant la justice et on saura un jour peut-être s’il est coupable ou non des graves accusations portées contre lui ?
Je me permets ici, avec tout le respect que je dois à sa fonction, de dire à maître Aïssata Tall Sall, qu’il ne s’agit pas d’ethnie dans cette affaire. En affirmant que « Farba Ngom est prêt à affronter la vie et la mort », eu égard à son éducation dans le Fouta, où dit-elle, « nous n’avons pas peur, nous, de la mort », elle déplace le sujet sur le terrain de la discrimination, comme si notre ethnie à chacun, ne fait pas de nous des Sénégalais à part entière.
Comme beaucoup de mes compatriotes, je crois que j’ai peur de la mort ! De la sale mort injuste qui fauche beaucoup trop de citoyens sénégalais. Se faire écraser sur le macadam en conduisant sa moto Jakarta pour gagner sa vie, mourir sur une charrette sur le chemin du dispensaire en pleine brousse en donnant naissance, partir à la fleur de l’âge dans un règlement de compte ou une manifestation… Et je ne parle pas des maladies cardiovasculaires, les cancers, les maladies respiratoires et le diabète qui déciment nos populations et contre lesquelles, nous n’avons pas d’immunité.
L’immunité protège les parlementaires de toute mesure coercitive les privant de leur liberté, sauf crime, délit flagrant ou condamnation définitive, ce qui n'empêche pas une mise en examen. L’immunité n’a donc pas une valeur absolue.
En revanche, elle sert à protéger le parlementaire si le fondement des poursuites est politique. Certains, qui étaient hier au pouvoir dénoncent une « chasse aux sorcières » ou « une commande politique » dans cette levée d’immunité, mais il pourrait s’agir tout autant de lutte contre la corruption et d’actions en faveur de la transparence et la bonne gouvernance.
Si je ne me trompe, ce signalement de la Centif date de 2023 donc bien avant l’arrivée du nouveau régime au pouvoir. Manipuler les populations du Fouta aujourd’hui en leur faisant croire que les nouveaux dirigeants du pays sont contre les pulaars, c’est vraiment insulter notre intelligence. Je connais peu de pulaars prêts à mourir aujourd’hui pour défendre la cause de Farba Ngom. Les dignes fils du Fouta, justement en vertu de leur naissance, de leur éducation et de leurs valeurs et éthique, n’auront jamais, dans leur immense majorité, à répondre devant la justice pour infirmer ou confirmer des accusations aussi graves, tels que des faits de blanchiment de capitaux, de détournements de fonds publics ou autres, qui tombent sous le coup de la loi.
L’appartenance ethnique de Farba Ngom est donc, dans cette affaire, une pure excursion hors-sujet, à dessein pour créer une affaire dans l’affaire jusqu’à ce que l’on n’y comprenne plus rien !
Nous voulons un nouvel élan pour demain ? Commençons par changer nos schémas de pensée.
Nul ne saurait se placer au-dessus des principes fondamentaux de la Justice.
Oumou Wane est présidente Citizen Media Group – africa7.
SIX LEGENDES POUR LE TIRAGE AU SORT DE LA CAN 2025
La Confédération africaine de football (Caf) a annoncé la présence de six invités de marque au tirage au sort de la Can 2025 prévu la semaine prochaine.
La Confédération africaine de football (Caf) a annoncé la présence de six invités de marque au tirage au sort de la Can 2025 prévu la semaine prochaine.
Alors que le tirage au sort de la Can 2025 livrera ses secrets lundi prochain au Théâtre national Mohammed V à Rabat au Maroc, la Caf a signifié la présence à l’évènement de plusieurs légendes du football africain, parmi lesquelles d’anciens vainqueurs du tournoi phare continental. Quadruple vainqueur du tournoi avec l’Egypte (1998, 2006, 2008, 2010), l’ancien gardien emblématique des Pharaons, Essam El Hadary (159 capes), fera partie du gotha, aux côtés d’autres champions.
Avec Mboma, Gervinho et Momo Sissoko
Il s’agit du Camerounais Patrick Mboma, victorieux avec les Lions Indomptables en 2000 -la même année de sa consécration au Ballon d’Or africain- et en 2002, de Gervinho, sacré avec la Côte d’Ivoire après avoir déchanté en finale en 2012, et enfin de l’ancien attaquant Christopher Katongo, surprenant vainqueur en 2012 avec la Zambie sous la direction de Hervé Renard. Bien qu’il n’ait jamais goûté à la joie d’un triomphe à la Can, l’ancien dernier rempart de l’équipe de Tunisie, Aymen Mathlouthi (73 capes), vainqueur de la Ligue des Champions de la Caf (2007) et double vainqueur de la Coupe Caf (2006, 2015), sera là lui aussi.
Et ce, au même titre que l’ex-milieu défensif du Psg, Momo Sissoko, dont la meilleure performance collective dans l’histoire de la compétition remonte à la troisième place obtenue en 2013 avec les Aigles du Mali.
La cérémonie va démarrer à 18 heures Gmt et verra la participation des délégations des 24 nations qualifiées qui seront réparties en six groupes de quatre.
Pour rappel, la Can 2025 se déroulera au Maroc du 21 décembre 2025 au 18 janvier 2026.
KHADY DIENE GAYE LANCE LA DIRECTION GENERALE DES SPORTS
L’annonce vient du communiqué du Conseil des ministres de mercredi dernier. Et sur proposition de la ministre des Sports, c’est l’inspecteur Mama Laye Mbaye qui va diriger cette nouvelle structure.
C’était dans les tuyaux, suite au décret portant organisation du ministère de la Jeunesse, des sports et de la culture. La Direction générale des sports voit le jour. L’annonce vient du communiqué du Conseil des ministres de mercredi dernier. Et sur proposition de la ministre des Sports, c’est l’inspecteur Mama Laye Mbaye qui va diriger cette nouvelle structure.
Derrière le poste de ministre des Sports, les noms de certaines directions revenaient souvent, comme la Direction du sport de haut niveau (Dshn, ex-Dhc) ou la Direction des activités physiques et sportives (Daps). Aujourd’hui, les données vont changer avec l’arrivée de la Direction générale des sports (Dgs).
Dans les tuyaux depuis quelque temps, cette nouvelle direction est annoncée dans le communiqué du Conseil des ministres de mercredi dernier. Et sur proposition de la ministre en charge des Sports, un Directeur général est nommé. Et là, Khady Diène Gaye n’est pas allée chercher loin, en nommant un de ses proches, en l’occurrence l’inspecteur de l’Education populaire, de la jeunesse et des sports Mama Laye Mbaye.
En jetant un coup d’œil sur le décret d’août 2024 portant organisation du ministère de la Jeunesse, des sports et de la culture, la Direction générale des sports (Dgs) de Mama Laye Mbaye va donc chapeauter la Dshn de Cheikh Fall et la Daps de Gilbert Mbengue. Sur les missions du nouveau patron de la Dgs, le document précise : «La Direction générale des sports a pour mission de favoriser la pratique des activités physiques et sportives sous toutes ses formes sur l’ensemble du territoire national et de créer les conditions d’une bonne participation des sportifs de haut niveau aux compétitions internationales. A ce titre, elle est chargée de la coordination administrative et technique des activités liées au sport de masse et au sport d’élite.»
L’Office de gestion des infrastructures sportives change de directeur
A noter qu’une autre décision a été prise du côté du ministère des Sports, et elle concerne l’Office de gestion des infrastructures sportives (Ogis) qui change de directeur, avec la nomination de «Monsieur Babacar Ndiaye, titulaire d’un Master en lettres, arts et communication». Ce dernier remplace Mamadou Lamine Bara Guèye qui a été nommé sous le magistère de l’ancien ministre Lat Diop. Le maintien de l’Ogis, qui va gérer les stades nationaux comme Léopold Sédar Senghor, est une bonne chose, au moment où la maintenance et la rentabilité financière de nos stades posent problème, devenant un débat récurrent. Un tel organe vient aussi prouver l’importance que les nouvelles autorités accordent à cette volonté d’apporter des solutions définitives au problème d’entretien des infrastructures sportives au Sénégal.
CINEFEMFEST REND HOMMAGE À SAFI FAYE
Le Cinefemfest «Gëstu Nataal i Jigeen» organise une tournée sénégalaise pour le cinquantenaire du film «Kaddu Beykat» afin de célébrer l’engagement de la réalisatrice sénégalaise Safi Faye pour la souveraineté alimentaire et la dignité du monde rural
Le Cinefemfest «Gëstu Nataal i Jigeen» organise une tournée sénégalaise pour le cinquantenaire du film «Kaddu Beykat» afin de célébrer l’engagement de la réalisatrice sénégalaise Safi Faye pour la souveraineté alimentaire et la dignité du monde rural. Ce docufiction de 98 minutes, réalisé en 1975 et restauré dans une nouvelle version, sera donc projeté le 7 février prochain à la Place du souvenir africain.
Le nom de Safi Faye dans l’histoire du cinéma du continent reste et demeure lié au film Kaddu Beykat, Lettre Paysanne. Et pour célébrer les 50 ans de ce docufiction de 98 minutes réalisé en 1975, ainsi que l’engagement de la réalisatrice Safi Faye pour la souveraineté alimentaire et la dignité du monde rural, le Cinefemfest «Gëstu Nataal i Jigeen» organise une tournée à travers le Sénégal. «Après avoir mis à l’honneur Safi Faye lors de son festival en 2023, le Cinefemfest organise une tournée à Dakar et en région pour célébrer l’œuvre de la réalisatrice sénégalaise Safi Faye (1943-2024). La tournée a pour but de faire connaître l’œuvre de la réalisatrice, en particulier le film Kaddu Beykat dont c’est le cinquantenaire en 2025», souligne la directrice du festival dans un communiqué. Selon Dr Rama Salla Dieng, cette tournée pour promouvoir l’œuvre filmique de Safi Faye est «vitale», car cela va permettre de la faire connaître auprès de la plus jeune génération et du grand public. «Safi Faye a été pionnière dans sa pratique artistique, en tant que la première Africaine à avoir fait un film commercial. Dans son œuvre, elle s’est surtout intéressée aux enjeux et expériences du monde rural, à l’émancipation de la femme comme à l’indépendance économique et la souveraineté, ainsi qu’au poids des traditions, le tout en pays sérère», note le document.
Censurée par Senghor
Kaddu Beykat, Lettre Paysanne fut censuré à l’époque par les autorités sénégalaises sous le magistère de Léopold Sédar Senghor, lui-même sérère et fils de paysan. N’empêche, Safi Faye le disculpe : «La vérité sort de la bouche des paysans qui ont dit les sévices que les coopératives étatiques leur faisaient subir. Ce sont eux qui ont parlé. Je ne peux pas dire que c’était le Président Senghor qui a donné l’ordre de censurer le film parce qu’il m’a honorée après. C’est Adrien Senghor, le neveu du Président, alors ministre de l’Agriculture, qui a refusé le film. Ce sont les partis communistes de l’époque qui ont défendu mon film. Cette censure fait que le monde entier a voulu voir ce film et a reconnu une Africaine, paysanne, qui a osé mettre le doigt sur l’exploitation de la paysannerie. Les autres paysans du monde sont aussi exploités, et c’est pour cela que 40 ans après, c’est comme si le film avait été tourné hier», avait écrit le journaliste et critique de cinéma Baba Diop. En effet, rappelle-t-il, dans cet article paru en 2018 dans le magazine Senciné, le film a été restauré et sous-titré par la Cinémathèque «Afrique de Cultures France» dans une nouvelle version. «A la faveur de la tenue de la Cop21 à Paris consacrée au réchauffement climatique, Kaddu Beykat a connu une nouvelle jeunesse. Le film a beaucoup circulé dans les pays européens pour avoir été considéré comme précurseur des films qui sonnaient l’alerte sur les conséquences du changement climatique», avait soutenu Baba Diop.
50 ans après, on projette ce premier long métrage de Safi Faye qui raconte l’histoire de Ngor et de Coumba, vivant dans un petit village sérère, Fadial, village des ancêtres de Safi Faye. Depuis deux bonnes années, Ngor est dans l’attente d’épouser Coumba. Mais, cette année encore, la récolte est mauvaise, les pluies insuffisantes et irrégulières. Or, l’arachide, culture coloniale et culture de rente, ne se récolte qu’une fois par an. «Le film Kaddu Beykat a le mérite de montrer les talents de chercheuse de Safi Faye, qui est aussi docteure en ethnographie et en anthropologie, en transposant son histoire familiale à celle de l’économie politique et sociale du bassin arachidier, microcosme vivant du Sénégal rural de l’époque», estime la directrice du Cinefemfest, Dr Rama Salla Dieng, rappelant dans le communiqué que les problématiques soulevées par Kaddu Beykat demeurent d’une brûlante actualité. «Les défis du monde rural, la souveraineté alimentaire et le rôle de l’Etat sont plus que jamais d’actualité 50 ans après», précise la note.
Projection le 7 février à Place du souvenir africain
A travers cette célébration, le Cinefemfest entreprend une série de projections dans les écoles, universités et lieux culturels de Dakar, ainsi qu’en région. Et deux dates marquantes ponctueront cette tournée. Le 6 février, l’Institut français de Dakar accueillera la projection de Mossane, son premier long métrage fiction, dans le cadre du Cycle «Féminin Sacré». Le lendemain, le 7 février, Kaddu Beykat sera projeté à la Place du souvenir africain à 16h 30, après la restitution de la résidence d’écriture et de création Intersections : Selebeyoon, organisée par le Cinefemfest en 2024 et dont la marraine était l’écrivaine Ken Bugul. De La passante, son premier film, à Mossane, son premier long métrage fiction, Safi Faye aura réalisé 13 films.
DESENCLAVEMENT DES ILES, L’APPEL DU MAIRE DE KAFOUNTINE
Le maire de la commune de Kafountine, David Diatta, demande le désenclavement des îles Karones pour libérer leur potentiel économique, culturel et environnemental méconnu.
Le maire de la commune de Kafountine, David Diatta, demande le désenclavement des îles Karones pour libérer leur potentiel économique, culturel et environnemental méconnu.
Le problème fondamental des îles Karones reste de toute évidence leur enclavement. C’est le cri du cœur de tous les insulaires. «C’est cet enclavement qui fait qu’aujourd’hui tout le potentiel économique, culturel et environnemental n’est pas vu», s’est désolé David Diatta. Pour surmonter cet obstacle, le maire de Kafountine, commune dont relève l’ensemble des îles Karones, appelle au désenclavement à la fois entre les îles elles-mêmes et entre les îles et la terre ferme. «Aujourd’hui, il faut vraiment le désenclavement physique, notamment l’accès, les voies. Déjà, entre Kassel et le reste des îles Karones, il y a un fleuve de moins d’un kilomètre. La solution, c’est de régler la route Kassel-Kouba, en passant par Hillol», a plaidé l’élu local.
L’autre problème réside dans la connectivité interne entre les îles. Là, David Diatta propose d’aménager les sites d’embarquement et de débarquement de ces îles pour mettre en place un système de transport fluvial avec des pirogues modernes sécurisées pour le transport des personnes et des biens. «Il est inadmissible aujourd’hui que sur une distance de 19 km, un insulaire fasse 48 heures pour trouver par exemple un extrait de naissance à Kafountine. Il est obligé de venir passer la nuit, régler son besoin et retourner le lendemain. Donc il perd au moins 48 heures sur une distance de 30 minutes si tout allait bien», regrette le maire.
A son avis, le désenclavement des îles va permettre de valoriser leur potentiel touristique sous-exploité.
En effet, Kafountine est la commune qui compte le plus d’îles au Sénégal. Cependant, ces sites paradisiaques sont malheureusement peu connus à cause de leur enclavement. L’on dénombre à ce jour 14 îles habitées, en plus de celles inhabitées mais qui servent de rizières aux Karoninqués.
Au-delà du désenclavement physique, le désenclavement numérique des îles est aussi un autre plaidoyer que pose le maire de Kafountine sur la table des autorités étatiques. Les infrastructures numériques constituent un autre enjeu à relever dans ces contrées où le réseau téléphonique et l’internet restent aléatoires. «Aujourd’hui, même le réseau téléphonique fait défaut et cela pose un problème sécuritaire. S’il y a une urgence, par exemple un malade qu’il faut évacuer d’urgence, pour contacter le district sanitaire ou le poste de santé de Kafountine, le problème du réseau téléphonique se pose», confie M. Diatta, qui appelle à rendre beaucoup plus visible les îles et valoriser leur potentiel économique, notamment touristique, agricole, environnemental, culturel, écologique. Le président de la jeunesse de Kouba, Toussaint Sambou, interpelle les autorités étatiques : «Notre village, Kouba, ainsi que les îles Karones sont de véritables paradis souvent oubliés. Il est crucial de plaider en faveur de leur désenclavement pour améliorer leur accessibilité et ainsi favoriser le développement économique, social, éducatif de notre communauté, et offrir un meilleur avenir à nos enfants.»
LES ILES KARONE, UN TRESOR CACHE
Situées en Basse-Casamance et enclavées - Les îles Karones sont réputées, entre autres, pour leur enclavement. L’île magnifique, propre et vivante de Kouba, perdue dans l’embouchure du fleuve Casamance, ne fait pas exception
Les insulaires de Kouba, dans les îles Karones, crient au désenclavement de leurs localités. La pirogue reste l’unique moyen pour accéder à ces contrées reculées de la Basse-Casamance pourtant dotées de beaucoup de potentiel sous-exploité. Aujourd’hui, la construction d’un pont est vivement souhaitée par les Karoninqués.
Les îles Karones sont réputées, entre autres, pour leur enclavement. L’île magnifique, propre et vivante de Kouba, perdue dans l’embouchure du fleuve Casamance, ne fait pas exception. Ce coin reculé du Sénégal en Basse-Casamance n’est accessible qu’avec une pirogue. Si l’on vient de Kafountine-commune dont dépend Kouba, il faut passer par le village de Kassel, prendre une pirogue, traverser une végétation verdoyante de mangrove à travers des bolongs débouchant sur le fleuve Casamance et atteindre l’île de Hillol. De là, les motos tricycles ou les motos Jakarta, seuls moyens de locomotion, vous conduiront à Kouba en traversant bien entendu le village de Hillol. La piste qui mène à Kouba, longue de plus de 10 km, est chaotique, étroite, sablonneuse par endroits ou boueuse, selon la saison. S’y ajoute le phénomène naturel des marées qui dictent leur loi. La malchance, c’est quand on arrive pendant la marée basse où l’eau de mer se retire des bolongs pour se jeter dans le fleuve. «Quand la marée est basse, les passagers sont obligés de descendre de la pirogue qui ne peut pas avancer jusqu’à l’embarcadère. Et donc on retrousse son pagne ou son pantalon et on marche dans l’eau jusqu’à la sortie ou jusqu’à atteindre la pirogue. On n’a pas d’autre choix pendant la marée basse», confient les habitués de ce trajet.
La pêche, le maraîchage, la récolte du vin et la fameuse activité de conduite de Jakarta ou de tricycle sont les principales activités qui s’offrent à la jeunesse de Kouba privée de perspectives plus joyeuses.
«Notre souci principal dans les îles, c’est l’enclavement. On a vraiment besoin que la localité soit désenclavée pour nous rapprocher de la terre continentale, mais également pour faciliter l’accessibilité. Vous avez vu les conditions dans lesquelles vous avez voyagé, l’accès est difficile alors qu’il y a beaucoup de potentiels dans nos terroirs. Il est vrai que nous sommes des insulaires, mais nous avons une superficie de 9 km2. Nous avons des ressources forestières, mais aussi halieutiques. Le problème d’enclavement fait qu’on ne peut pas exploiter convenablement toutes ces ressources», a développé Tous-saint Sambou, président de la jeunesse de Kouba et de l’association «Kouba Kambeng» qui réunit la population locale et de la diaspora. Les infrastructures sociales de base ne manquent pas à Kouba. Son école a été rénovée et l’île est dotée d’un poste de santé avec une maternité équipée. Case de santé à l’origine, le poste de santé qui polarise les populations de toutes les îles Karones est dépassé par la demande au fil du temps. «Les locaux sont devenus exigus. Nous voulons une extension pour que cela réponde aux normes d’un poste de santé», a plaidé M. Sambou. Aussi la maternité, «très bien équipée», n’a pas de sage-femme. «On peine à trouver une sage-femme. Il y a l’échographie ici, mais les femmes sont toujours référées à Kafountine ou ailleurs pour les consultations prénatales ou les accouchements», se désole Toussaint Sambou. L’autre manquement pour les insulaires, c’est de s’approvisionner en produits de grande consommation. «Nous avons une boutique villageoise.
Malheureusement, elle ne fonctionne pas. Nous demandons à ce que la boutique soit réactivée pour qu’elle puisse constituer un poumon économique et éviter aux gens les déplacements jusqu’à Kafoun-tine ou ailleurs pour s’approvisionner», sollicite le président de la jeunesse de Kouba.
Les insulaires réclament un pont
La mobilité au niveau de la traversée Hillol-Kassel ne pose pas problème. Deux passeurs se relaient quotidiennement. Leur descente dépend de la disponibilité des clients. Ils servent du petit matin jusqu’à 19 heures, et même au de-là en cas de commande ou d’urgence. «Même si une seule personne se présente, on peut l’amener, la disponibilité ne pose pas problème. Par contre, il y avait une digue au niveau du petit bolong, un peu avant d’atteindre le fleuve. Malheureuse-ment, elle s’est détériorée. On n’a pas pu la réfectionner. Du coup, quand la marée est basse, on est obligés de patauger, et ceux qui ont des motos calculent la marée. Ils ne peuvent traverser qu’en marée haute. Ce qui constitue une difficulté majeure», a témoigné Toussaint Sambou. Il poursuit : «A défaut de la digue, et nous l’avons toujours sollicitée d’ailleurs, nous réclamons la construction d’un pont. C’est ce qui peut désenclaver la zone véritablement. Même si ce n’est pas un pont où peuvent passer des véhicules, mais un pont comme dans les îles du Saloum, à Joal par exemple. Il y a des endroits beaucoup plus proches où on peut construire ce pont sans difficulté. L’espace de la mangrove-là, la traversée n’est pas profonde. Donc ils peuvent construire une route jusqu’à l’étendue du fleuve et puis construire un pont pour la traversée.» Celle-ci coûte 200 francs Cfa par personne. Le prix de la moto est de 1000 francs Cfa.
Besoin d’une unité de transformation de produits locaux
Les femmes du village ont bénéficié d’une formation en transformation des produits locaux. Cependant, elles sont confrontées à des problèmes de production et même d’unité de production. «Nous avons la formation, mais nous n’avons pas d’unité de transformation pour faire la pratique de ce qu’on nous a appris. Nous venons de commencer, mais nous manquons de matériels de transformation. Nous n’avons pas de gaz, pas de fourneaux. Nous sommes obligées d’emprunter le gaz et nous remboursons aux propriétaires, quel que soit le temps que nous l’avons utilisé», a expliqué Marceline Sambou. Le financement aussi fait défaut pour passer sérieusement à la pratique. «Nous sommes bloquées dans notre élan par le manque de matériels, d’unité et de financement», a insisté la présidente des femmes du village de Kouba. Avant de bénéficier de cette formation, les femmes œuvraient dans la culture maraîchère. Mais là aussi, les problèmes ne manquent pas. Le surplus de production qui devait être vendu pourrit le plus souvent à cause de l’enclavement de l’île. «Nous consommons une partie, mais nous perdons beaucoup de produits qui pourrissent. Nous ne pouvons pas consommer tout ce que nous produisons et nous n’avons pas encore de moyens pour acheminer les produits ailleurs pour les vendre. La zone est enclavée. Notre principal marché d’écoulement des produits, c’est à Kafountine, c’est là-bas qu’il y a un grand marché. Vous avez vous-même constaté l’état de la route. Et c’est encore pire pendant l’hivernage, tu ne sais même pas comment faire pour sortir d’ici. A partir des mois de juin, juillet et août, nous prenons juste le risque d’aller satisfaire nos besoins et revenir. La route est un problème majeur pour nous. Sinon, il y a tout ici. Notre problème, c’est le déplacement», persiste Mme Sambou.
Par Bachir FOFANA
UN PRESIDENT NE SE LAMENTE PAS, IL AGIT
En avouant son échec et celui de son Premier ministre par ricochet (Diomaye mooy Sonko), le chef de l’Etat semble jeter l’éponge avant même d’avoir entamé le combat. Il s’avoue défaitiste
Commençons par exprimer notre solidarité à Abou Diallo et Oumar Sow, aujourd’hui en prison pour des propos que le procureur de la République qualifie de «déclarations de nature à inciter à la discrimination ethnique». Tout démocrate et amoureux de la liberté devrait leur apporter un soutien. Leur arrestation est la énième manifestation de la dérive autoritaire et partisane dont le régime en place s’est fait l’auteur, en quelques petits mois d’exercice du pouvoir. Bah Diakhaté, Amath Suzanne Kamara, Commissaire Keïta, les directeurs de publication des journaux Le Quotidien et La Tribune, Cheikh Yérim Seck, Bougane Guèye Dany, Kader Dia… sont tous passés entre les mains de ce pouvoir liberticide. Tous les républicains et démocrates de ce pays doivent se mobiliser pour arrêter ces harcèlements à la fois injustes et dangereux pour la paix et la stabilité du Sénégal. Et c’est dans ces moments qu’on se demande où sont les universitaires très prompts à pondre un texte sous le régime de Macky Sall.
Ensuite, souhaitons un bon retour parmi nous à Moustapha Diakhaté, qui hume l’air de la liberté après deux mois à l’ombre pour ses opinions politiques. «Danga alku», une expression que tout le monde utilise tous les jours, a été considérée par le procureur de la République comme une insulte, et cela lui a valu un séjour carcéral. L’homme que je suis allé voir en prison m’avait déjà exprimé sa volonté de revenir en force, et il l’a réitérée dès sa sortie : il n’est pas prêt à déposer les armes. «Je suis sorti en très bonne santé, comme avant mon entrée en prison. Je reste convaincu que le combat pour le respect du pluralisme et de la liberté d’expression est mon credo. (…) Je suis encore plus que jamais déterminé à consacrer ma vie à la défense de la démocratie et des Sénégalais», at-il déclaré sur la Rfm. La prison de Rebeuss, pour Moustapha Diakhaté, est «une vraie université». «Un séjour à Rebeuss, même s’il faut payer pour y aller, il faut le faire. J’ai beaucoup appris là-bas.» Bienvenue Grand.
Pastef n’a pas de stratégie
En son absence, beaucoup de choses se sont passées dont la dernière est la première Conférence des administrateurs et managers publics (Camp) tenue cette semaine. Une seule chose a retenu l’attention : les lamentations du président de la République. Oui, un président de la République qui se lamente est tellement rare que cela mérite d’être souligné. Au terme de neuf mois d’exercice du pouvoir, le président de la République, attendu sur des solutions, s’alarme. «D’abord, un Etat contraint dont les marges de manœuvre budgétaire et financière n’existent quasiment plus, une Administration républicaine, mais manquant de cohérence et figée dans des schémas dépassés, alors même que les réalités socio-économiques évoluent rapidement, marquées notamment par la transformation numérique et l’essor de l’Intelligence artificielle», regrette le chef de l’Etat, qui indique de plus que le secteur parapublic est hypertrophié, faisant souvent doublon à l’administration centrale, budgétivore et dont la contribution aux dividendes de l’Etat reste trop faible. Toujours dans ses propos lors de la Conférence des administrateurs et managers publics, le président de la République entend se départir des services publics complexes et coûteux qui limitent l’efficacité des politiques publiques et ternissent l’image de l’Etat. Dès lors, il est impératif de refonder l’Administration, pour la rendre plus moderne, plus proche des citoyens et plus efficiente dans ses missions. C’est l’objectif même de cette Conférence des administrateurs et managers publics, qui se veut un espace de dialogue, de réflexion et d’orientation stratégique.
«Un Président ne devrait pas dire ça…» est le titre d’un livre des journalistes français d’investigation Gérard Davet et Fabrice Lhomme, publié en 2016 et consacré à cinq années d’entretiens privés des deux hommes avec le président de la République française d’alors, François Hollande. Nous aussi, nous sommes tentés de dire à notre cher président de la République qu’«un président se ne lamente pas», ne pleurniche pas. Qu’il est élu pour solutionner les maux dont il a hérité.
A l’alternance de 2000, Me Abdoulaye Wade, lors de son premier voyage en France, avait dit sur le perron de l’Elysée, être venu «chercher des armes car l’Armée du Sénégal est souséquipée. Les caisses de l’Etat sont remplies d’agent». C’est bien plus tard que les Sénégalais ont su par l’entremise de Idrissa Seck, que la situation héritée des socialistes était bien catastrophique. Il dira que pour ne pas casser l’espoir du Peuple, et surtout continuer de bénéficier de la confiance des partenaires, ils étaient dans l’obligation de ne pas communiquer sur la situation réelle du pays
En 2012, lors de l’élection présidentielle, le même Wade prédisait que si Macky Sall était élu, les fonctionnaires pourraient ne pas percevoir leurs salaires. Ce qui présageait d’une situation complexe du pays. L’on se souvient du premier Conseil des ministres du premier gouvernement de Macky Sall, nouvellement élu. A l’unisson, Abdoulaye Daouda Diallo, ministre du Budget, et certains de ses collègues, avaient annoncé que «les caisses de l’Etat (étaient) vides». Mais il leur a vite signifié qu’il ne s’agissait pas de communiquer sur le phénomène, mais de s’atteler à régler les problèmes pour lesquels ils ont été élus
En avouant son échec et celui de son Premier ministre par ricochet (Diomaye mooy Sonko), le chef de l’Etat semble jeter l’éponge avant même d’avoir entamé le combat. Il s’avoue défaitiste contrairement à leurs annonces d’avant accession au pouvoir, quand ils disaient ne pas croire «à la réalité du pouvoir», ou qu’ils avaient les solutions aux problèmes du pays et qu’il ne leur fallait pas plus de «deux mois» pour voir les effets d’une transformation systémique du pays.
Un président de la République ne doit pas être un spectateur de la situation…
Finalement, le parti Pastef n’a pas de stratégie. Finalement, c’est triste de découvrir que c’était juste un regroupement de beaux parleurs au lieu d’être une force de proposition concrète. Le produit n’a pas répondu aux attentes, et c’est dommage. Car les jeunes et la diaspora croyaient réellement au «Porozet» pour un changement qualitatif de leur vie. Diomaye ne fait pas encore le poids ; et si ça se confirme, ce sera de la faute de Sonko qui l’a proposé au Peuple sénégalais. Au Gabon, le Président putschiste a limité les salaires à 5 millions. Au Mali et au Burkina Faso, il y a des menaces de rembourser l’argent pillé ; c’est comme ça qu’on gère. Mais au Sénégal, on assiste à de l’hésitation, des slogans, à d’interminables voyages coûteux qui n’ont rien rapporté. Un Président ne se lamente pas, il a tous les moyens pour agir et il doit agir. «Un président de la République ne doit pas être un spectateur de la situation, mais un acteur central qui porte des réformes ambitieuses. Le Président doit incarner une vision claire, prendre des responsabilités sur des enjeux fondamentaux et ne pas se dérober face aux difficultés», disait Nicolas Sarkozy, le 14 janvier 2007 à Villepinte.
Le Président Diomaye devrait s’inspirer de Napoléon Bonaparte lors du siège de Toulon en 1793. Jeune Capitaine, voyant que la France était en train de perdre face à la Marine britannique et son artillerie, Napoléon soumet un plan d’attaque au Général Dugommier, qui a pris le commandement du siège. L’application de ce plan permit la reprise de la ville aux troupes royalistes et britanniques le 18 décembre, après la prise du Petit Gibraltar. Il est fait d’office Général de brigade pour cette audace.
Oui, il faut de l’audace pour faire bouger les choses. Les Sénégalais ont sanctionné le pouvoir sortant, donc élu Diomaye pour qu’il apporte des solutions, non pour simplement identifier les problèmes. De tels comportements ne font pas honneur à notre République qui a toujours été dirigée par de grands leaders incarnant un leadership avéré et respecté. De plus, un Etat doit rassurer. Un Etat doit donner de l’espoir. Un Etat doit être ouvert d’esprit, moins bavard et plus pragmatique. C’est ce qui facilite les investissements venant de l’extérieur et booste le secteur privé national. Or, à part constater des manquements et se lamenter, Pastef n’a aucune vision. Il est impératif d’agir plutôt que de se contenter de constater les dysfonctionnements. Les constats sont connus, les solutions sont souvent évoquées, mais c’est dans l’action concrète et décisive que se trouve la véritable réforme. Etre dans le temps de l’action suppose de savoir où on va. On est dans le pilotage à vue et dans les règlements de comptes via la Justice
L’Administration sénégalaise connaît les mêmes goulots d’étranglement depuis fort longtemps. Sous Abdou Diouf, nous avions un ministère dédié à la Modernisation de l’Etat. Wade a érigé le département de la Compétitivité et de la bonne gouvernance. Macky Sall a eu à confier le ministère de la Fonction publique, de la rationalisation des effectifs et du renouveau du service public à Viviane Bampassy. C’est dire…
LE CHOC TEUNGUETH-JARAAF ET LE DERBY AS PIKINE-GUEDIAWAYE FC EN VEDETTE
La Ligue pro effectue une mise en jour du calendrier de la ligue 1 avec deux rencontres chocs prévues ce week-end.
La Ligue sénégalaise de football professionnel a procédé à la mise à jour de son calendrier de championnat de Ligue 1. Au programme, deux rencontres chocs qui opposent ce samedi Teungueth FC au Jaraaf et l’As Pikine à Guédiawaye FC. Deux chocs alléchants comptant respectivement pour la 10e et 11e journée.
La Ligue pro effectue une mise en jour du calendrier de la ligue 1 avec deux rencontres chocs prévues ce week-end. Le premier duel opposera ce samedi au stade Ngalandou Diouf, le Teungueth FC au Jaraaf en match retard, comptant pour la 10e journée du championnat de la Ligue 1. Cette affiche au sommet sera une occasion pour les deux formations de se replacer dans la course. Au sortir d’une élimination amère en phase de poule de la compétition africaine, les « Vert et Blanc » tenteront, ce samedi, de se rattraper en reprenant, comme à l’entame du marathon, sa place dans le peloton de tête. Une victoire sur la pelouse des Rufisquois permettra au Jaraaf (4e, 16 points) de le réaliser en regagnant le podium. Après 3 victoires, 3 défaites et 5 nuls, le champion en titre rufisquois n’est pas également au mieux dans le championnat. Cette mauvaise passe, ajoutée à son élimination amère en Coupe du Sénégal, avait fini par précipiter le limogeage de son entraineur Sidath Sarr. A ce jour, les Rufisquois (8e) occupent la 8e place du classement avec 14 points au compteur. Ils auront donc une bonne occasion de se relancer devant leur public et du coup se rapprocher du trio de tête avec la 4e place.
L’autre rencontre sera consacrée au derby de la banlieue. Il mettra aux prises au stade Alassane Djigo, l’AS Pikine à Guédiawaye FC en match retard de la 11e journée. Un choc qui promet du fait du cachet populaire de la rencontre et de la rivalité des deux voisins mais aussi de la position dans le classement. Relégués dans la zone rouge du classement après 2 victoires, 4 défaites et5nuls, les Pikinois auront sans doute à cœur de décrocher les trois points pour se dégager tout simplement de leur position de première équipe non relégable (14e, 11 points) à 1 point de la Linguère (15e ; 10 points) et à 3 longueurs seulement de Jamono de Fatick, lanterne rouge (16e ; 8 points). Leurs vis-à-vis ne sont pas moins lotis. Malgré leur assez bonne dynamique, Guédiawaye FC stagne depuis quelques journées dans le ventre mou du classement (14e ; 11 points).
Par Kavita GUPTA
LE MAHA KUMBH MELA, UN VILLAGE GLOBAL ENTRE L’INTEMPOREL ET L’ÉMERGENT
Ce « Village Global » attire l’attention d’un large éventail de l’humanité. Il est un témoignage vivant des croyances et des pratiques intemporelles de l'hindouisme tout en étant un terrain d'expérimentation pour des facettes nouvelles et émergentes.
Ce « Village Global » attire l’attention d’un large éventail de l’humanité. Il est un témoignage vivant des croyances et des pratiques intemporelles de l'hindouisme tout en étant un terrain d'expérimentation pour des facettes nouvelles et émergentes. Il permet les trois processus éternels et concomitants de l’Évolution, de l'Équilibre et de l'Involution.
Cette année, des millions de personnes se rendent au Maha Kumbh Mela à Prayagraj. Le Mela (foire) offre une vue d'ensemble des croyances et des pratiques hindoues, fournissant des aperçus visuels et expérientiels. Il existe un sentiment généralisé d’équanimité, où les distinctions de tous types se dissolvent, favorisant un sentiment d'interconnexion. Le Mela est lié au culte de la nature, honorant les Panch Tatvas (les cinq éléments de la vie : Terre, Eau, Air, Feu et Espace). Il rappelle un temps d’observance rituelle et d’enquête intellectuelle sur les forces naturelles et leur signification astrologique, soulignant l’équilibre harmonieux de ces éléments.
Le delta de Triveni Sangam à Prayagraj, le confluent des rivières Ganga, Yamuna et la mythique Saraswati, attire un large éventail d’humanité, des yogis de l'Himalaya aux pèlerins dévots, en passant par les voyageurs curieux et les touristes, des gens divers venus de tous horizons, chacun ayant son propre objectif. Ce festival de 45 jours est soutenu par un écosystème d’administrateurs, de soutiens surle terrain, de bénévoles, de commerçants et d’entrepreneurs. Une telle envergure attire également l’attention des éducateurs, chercheurs et innovateurs sous un prisme multidisciplinaire. Toutes les choses trinitaires convergent dans cette terre où les trois rivières se rencontrent, y compris la combinaison fascinante des trois cycles inscrits dans la trilogie sacrée de Brahma, Vishnu et Mahesh. Brahma représente l'Évolution (Anabolisme), Vishnu représente l'Équilibre (Métabolisme), et Shiva représente l’Involution (Catabolisme). Le Kumbh Mela est un riche exemple de ces trois processus : la célébration du passé, la réflexion sur le présent et la préparation pour l'avenir.
Le Mela trouve ses racines dans la célèbre légende de la mythologie hindoue - Samudra Manthan ou le Barattage de l’Océan) par les Devtas (dieux) et les Asuras (démons). Du barattage émergèrent divers dons, dont le Kumbh de l’Amrit (un pot de nectar) pour l’immortalité. Le Kumbh Mela est une commémoration organisée tous les quatre ans dans chacune des quatre villes, Haridwar, Nasik, Ujjain et Prayag, sur une base rotative.
Au-delà de son immense signification religieuse, le Kumbh Mela est également d’une grande importance culturelle et spirituelle. Le nombre considérable de dévots et de pèlerins dans une ville éphémère crée une expérience rare et unique, attirant une foule de visiteurs désireux de percer le mystère du Mela. Historiquement, de nombreux voyageurs étrangers ont écrit des récits détaillés de leurs visites, ce qui a permis au Kumbh Mela d’acquérir une reconnaissance mondiale. Les Chroniques de Hieun Tsang et les Journaux de Fanny Parkes (Errances d’un Pèlerin) ont captivé un public mondial à travers les âges.
L’envergure du Mela a toujours été immense et ne cesse de croître au fil des décennies. Le nombre estimé de visiteurs cette année devrait dépasser les 400 millions durant la durée du Mela. Dix mille hectares de la zone du Mela ont été déclarés un district temporaire avec 10 zones et 25 secteurs. La mise en place d’une ville temporaire à cette échelle représente un immense défi administratif, surtout lorsque le site est situé sur les plaines inondables du Gange qui se sont retirées très lentement cette année, laissant une très courte période pour préparer toutes les dispositions.
Malgré le temps limité, divers départements et agences gouvernementales ont travaillé sans relâche pour fournir les infrastructures et les commodités avant la première date de snan (bain sacré). D’importantes allocations budgétaires et des personnels de divers départements ont été déployés pour gérer la sécurité, la circulation, la santé, l’assainissement et d’autres arrangements. Le gouvernement de l’Uttar Pradesh a également fait un important effort technologique avec son initiative Digi Kumbh. Des systèmes de vidéosurveillance alimentés par IA, utilisant la reconnaissance faciale et des plaques d’immatriculation des véhicules, ont été conçus pour fournir une surveillance et surveiller les déplacements des foules, la circulation et la gestion du stationnement. En outre, des drones sous-marins dotés de capacités d’imagerie avancées ont également été déployés pour fournir une surveillance aquatique 24 heures sur 24. Un chatbot alimenté par IA a également été lancé pour soutenir plus de 11 langues et faciliter la navigation.
En Inde indépendante, le Kumbh Mela est organisé depuis 1954. Chaque gouvernement a mis en œuvre ses meilleurs efforts pour rendre l’expérience aussi fluide et mémorable que possible pour les pèlerins. Ces efforts pour une installation et une opération réussies ont attiré l’attention du monde entier et ont suscité diverses recherches, audelà de la simple perspective anthropologique.
Des établissements académiques mondiaux et indiens de premier plan tels que l’Université de Harvard, la London School of Economics (LSE), l'IIM Bangalore et le MIT ont mené diverses études approfondies pour tirer des enseignements de l'envergure des opérations et en tirer des enseignements d'un événement aussi colossal. Ces études, à travers un prisme multidisciplinaire, se concentrent sur l’éphémérité et les infrastructures, la gestion publique, les complexités socioculturelles et logistiques, l’IA et la technologie. L’énorme échelle du pèlerinage, en particulier lors des principaux jours de bain, lorsque des millions de personnes se plongent dans les eaux sacrées, suscite une stupéfaction à grande échelle.
Un tel flux concentré d'afflux massif a également signifié un immense potentiel pour la visibilité des marques et des opportunités de marketing pour les entreprises. Aux côtés des grandes marques, des entreprises locales florissantes saisissent chaque occasion pour servir tous les segments des foules massives. Les invités visitant pour quelques jours peuvent choisir parmi une variété d'options disponibles : tentes de luxe, tentes économiques, hôtels, maisons d’hôtes, logements chez l’habitant. Les prestataires logistiques, des chauffeurs de taxi aux bateliers, sont tous prêts à fournir des services aux visiteurs tandis que de petits vendeurs sont prêts à répondre aux besoins essentiels des articles de puja (prières) et des rituels pour les dévots venant pour une journée.
L’astronomie hindoue, l’astrologie, le patrimoine bâti, l’écologie et la nourriture locale, chaque couche est présente avec une grande richesse dans le Kumbh Mela. Des pèlerins, dévots et voyageurs aux gourous du marché, en passant par les universitaires et les passionnés de recherche, il y a quelque chose de significatif et de captivant pour chacun à voir et à vivre dans le Maha Kumbh Mela !
Kavita est une voyageuse passionnée qui collecte des histoires de chacun et de partout, totalement fascinée par la riche tapisserie de l’histoire et de la culture indiennes. Elle explore pour satisfaire sa soif de voyage et apporte des perspectives uniques ! À travers Dus Dishaa, elle fait revivre les charmes locaux de ce village global à travers des expériences immersives et spécialement conçues. Dans sa vie quotidienne, elle est professeure de gestion avec plus de 20 ans d’expérience.
LE TCHAD AUTORISE UNE MARCHE CONTRE LA BASE FRANÇAISE À N’DJAMENA
Le gouvernement tchadien a autorisé une marche contre la dernière base française à N’Djamena, exigeant le retrait des forces françaises avant le 31 janvier 2025, après avoir dénoncé les accords militaires avec la France.
Le gouvernement tchadien a autorisé une marche contre la dernière base française à N’Djamena, exigeant le retrait des forces françaises avant le 31 janvier 2025, après avoir dénoncé les accords militaires avec la France.
Organisée par la Plateforme Tchad, la marche citoyenne autorisée par les autorités administratives, vise à protester contre la dernière base militaire française présente à N’Djamena. Cette autorisation, signée par le ministre de la Sécurité publique et de l’Immigration, Ali Ahmat Aghabach, fait suite à une demande déposée le 23 janvier 2025.
L’arrêté ministériel précise que la manifestation de ce samedi 25 janvier devra se dérouler dans le strict respect des dispositions légales. Les autorités de sécurité, notamment la police nationale, la gendarmerie nationale et la garde nationale superviseront l’événement, chacune dans son domaine de compétence.
La mobilisation intervient dans un contexte de tension entre le Tchad et la France. N’Djamena exigeant le départ complet des forces françaises avant le 31 janvier 2025, conformément à la dénonciation des accords militaires intervenue en novembre 2024. Cette décision s’aligne sur la position d’autres pays de la région, notamment les membres de la Confédération des États du Sahel.
La base de N’Djamena représente désormais la dernière emprise militaire française au Tchad, les bases de Faya et d’Abéché ayant déjà été restituées aux autorités tchadiennes. La manifestation symbolise la volonté du pays de réaffirmer sa pleine souveraineté et de mettre fin à la présence militaire française sur son territoire.