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3 avril 2025
IL EST ESSENTIEL QUE NOUS ELABORIONS UNE FEUILLE DE ROUTE CLAIRE
« Le legs de 77 ans d’histoire de notre parti nous impose de faire notre part et de transmettre aux générations montantes le témoin. Nous devons être à la hauteur de cet héritage », a laissé entendre Aminata Mbengue Ndiaye.
Lors de la réunion du Secrétariat exécutif national (Sen) du Parti socialiste (Ps), présidée par la Secrétaire générale Aminata Mbengue Ndiaye, des stratégies ont été discutées pour redynamiser la formation politique et renforcer son engagement en 2025.
Samedi 25 janvier, le Parti socialiste (Ps) a tenu une réunion importante de son Secrétariat exécutif national (Sen) à la permanence de ladite formation politique à Dakar.
Cette rencontre, présidée par la Secrétaire générale du Ps, Aminata Mbengue Ndiaye, a rassemblé de nombreux membres engagés, tous déterminés à redynamiser le parti et à soumettre des propositions concrètes pour les années à venir. Soulignant les défis auxquels leur formation politique est confrontée, elle a déclaré : « La situation de notre parti nous interroge tous et il est crucial que nous réfléchissions ensemble sur son bon fonctionnement et son positionnement optimal dans le paysage politique ». La Secrétaire générale a exhorté chacun à participer activement à la relance des activités du parti. « Nous devons ensemble nous donner les moyens d’y parvenir, dans la solidarité agissante », a-t-elle affirmé.
Elle a également rappelé que les travaux du bureau politique avant les élections législatives anticipées de novembre 2024 avaient permis de poser les bases d’une réflexion constructive pour les mois à venir. Évaluation et restructuration La responsable du parti a ensuite proposé la création immédiate d’une commission spéciale de mise en œuvre avec un calendrier précis pour l’évaluation de ses progrès.
« Il est essentiel que nous élaborions une feuille de route claire et que nous fixions un délai d’un semestre pour cette commission, afin qu’elle initie des actions concrètes en faveur du renouveau de notre parti », a-t-elle précisé.
Parmi les chantiers phares de ces réformes, figure la réorganisation du bureau politique, qui nécessitera la désignation de secrétaires généraux adjoints et le remplacement des postes vacants au sein du Sen.
La mise en place d’un cabinet pour le secrétaire général est aussi prévue afin d’améliorer l’efficacité de la direction du parti. Dans cette même lancée, il est envisagé le renouvellement de la participation du parti dans les entreprises, dans les universités et dans les milieux sociaux et économiques, pour renforcer sa présence sur le terrain.
Mme Ndiaye a également annoncé la tenue d’une Université d’été en 2025. Elle offrira une plateforme d’échanges et de formation pour les militants. Elle a souligné l’importance de ces événements dans le renforcement de la base militante et dans la diffusion des valeurs du parti au sein de la société.
Concernant les questions de financement et de gestion du patrimoine du Ps, l’ancienne maire de Louga a appelé à une réflexion approfondie pour garantir la pérennité des ressources tout en veillant à la transparence des opérations du parti. À la fin de l’échange, les membres ont unanimement convenu de l’importance de l’unité et de la solidarité, des valeurs fondamentales qui cimentent la base du Ps.
« Le legs de 77 ans d’histoire de notre parti nous impose de faire notre part et de transmettre aux générations montantes le témoin. Nous devons être à la hauteur de cet héritage », a laissé entendre Aminata Mbengue Ndiaye.
JOJ « DAKAR 2026 », EL HADJ AMADOU DIA BA VEUT UNE IMPLICATION MASSIVE DES SENEGALAIS
L’union sacrée de tous les Sénégalais autour de l’organisation des prochains Jeux olympiques de la jeunesse, à Dakar ! C’est ce que veut El Hadj Amadou Dia Bâ.
L’union sacrée de tous les Sénégalais autour de l’organisation des prochains Jeux olympiques de la jeunesse, à Dakar ! C’est ce que veut El Hadj Amadou Dia Bâ. Au moment où certains élevaient la voix pour réclamer son implication et celle d’autres figures sportives du pays à l’organisation des Joj, le seul médaillé olympique sénégalais a tenu à se présenter au séminaire organisé samedi par le Comité d’organisation.
« Je suis dans l’organisation de « Dakar 2026 » depuis l’annonce du choix du Sénégal pour organiser les Jeux », a d’emblée fait savoir M. Bâ. Qui a réitéré ses félicitations aux responsables du Cnoss qui ont permis au pays de devoir accueillir le monde olympique dans moins de deux ans, à Dakar. Un honneur fait au pays qui, selon lui, requiert une implication de tous. « Chaque Sénégalais, qu’il soit sportif ou pas, a une responsabilité dans cet événement, car nous recevrons le monde entier. Nous sommes tous dans la même barque », a-t-il dit au micro du site wiwsport.com. Il a alors promis de jouer sa partition pour la réussite de l’événement.
« Avec notre vécu, nous allons accompagner les athlètes pour qu’ils réussissent le pari de l’organisation et de la participation. Ces Jeux sont une opportunité unique pour éduquer les jeunes et leur transmettre les valeurs de l’olympisme », a-t-il indiqué. Amadou Dia Bâ s’exprimait en marge du séminaire organisé par le Cojoj sur la « sport présentation ». Un aspect important de l’organisation de manifestations sportives. Puisqu’il s’agit pour les agents en charge de ce secteur, d’assurer l’ambiance dans les enceintes sportives, de booster les athlètes dont ils assurent la présentation au public, à annoncer les cérémonies de remise de médailles, entre autres tâches.
Par B. Khalifa NDIAYE
PARFUM D’AFRIQUE
Il a plané comme un parfum d’Afrique au-dessus du stade Ngalandou Diouf de Rufisque, samedi lors de la rencontre Teungueth FC – Jaraaf, les deux derniers représentants du Sénégal en compétitions continentales des clubs.
Il a plané comme un parfum d’Afrique au-dessus du stade Ngalandou Diouf de Rufisque, samedi lors de la rencontre Teungueth FC – Jaraaf, les deux derniers représentants du Sénégal en compétitions continentales des clubs.
Et à l‘arrivée, malgré les 5 buts inscrits, la victoire des visiteurs (3 – 2) et un spectacle parfois plaisant, on a compris en partie pourquoi nos « Africains » peinent à exister à l’international : nos équipes ont du mal à être constantes sur un match complet. Teungueth FC avait très tôt ouvert le score et tellement dominé la première période qu’on a un moment pensé que le Jaraaf était encore groggy et ne s’était pas totalement remis de son élimination en phase de poules de la Coupe de la CAF, une semaine plus tôt à Alger.
Et qu’à l’inverse, les Rufisquois, qui n’avaient pas pu passer le tour préliminaire de la Ligue des champions, avaient eu le temps de digérer leur désillusion d’août dernier face au Stade d’Abidjan. Même si par ailleurs ils sont carrément à la ramasse en championnat et éliminés de la Coupe du Sénégal. Battus dans le jeu et dans l’envie, les « Vert et blanc » semblaient avoir du mal à retrouver leurs esprits et à revenir aux joutes domestiques après avoir, eux, failli fréquenter les cimes continentales. Et puis changement de décor à la reprise.
Le Jaraaf transfiguré s’est enfin décidé à … commencer son match. Alors, les locaux de TFC perdent pied, le temps d’encaisser trois buts avant, eux aussi, de se rappeler qu’ils étaient champions du Sénégal en titre et qu’ils avaient un rang à défendre. Mais ils ne purent que réduire la marge dans le temps additionnel. Intermittents du jeu (et accessoirement du spectacle), Jaraaf et TFC ont aussi alternativement eu Eole pour autre adversaire. Ceci explique certainement cela. Car aucune des deux formations n’a réellement développé son jeu lorsqu’elle avait le vent de face. Or, pour exister, surtout en Afrique, il faut savoir s’accommoder à certains facteurs exogènes, tels que le vent, la canicule, la pluie, la fraicheur pour ne pas dire le froid.
Samedi, ce n’était pas l’Afrique même si deux ex « Africains » étaient de sortie en rattrapage de la 10e journée du championnat de L1. On ne s’est certes pas ennuyé, mais on était en droit d’attendre bien plus. Le retour sur le continent passe par des prestations bien plus convaincantes. Surtout que, même s’il s’est arrêté aux portes des quarts de finale de la Coupe de la CAF, le Jaraaf a donné des idées à certaines formations qui rêvent de réussir à faire au moins autant. L’US Gorée qui n’a plus humé l’enivrant parfum d’Afrique depuis bientôt 20 ans mène « la révolte » et même les promus Wally Daan et Oslo s’amusent à jouer les trouble-fête.
C’est vrai que, comme dans la pub d’une certaine boisson énergisante, « l’Afrique donne des ailes ». Mais, attention à ne pas se les brûler et gare à la gueule de bois des lendemains de terribles désillusions. PS : Pour rester en Afrique, ce soir, le Sénégal connaîtra ses premiers adversaires à la CAN de football « Maroc 2025 ». Les spécialistes de la météo sportive auront ainsi presque onze mois (et le début de la compétition le 21 décembre prochain) pour tirer des plans sur la comète.
Par Elhadji Ibrahima THIAM
L’ADMINISTRATION SENEGALAISE, CETTE DEDAIGNEUSE
«Nous avons une administration républicaine, mais souvent figée dans des schémas dépassés ». a déclaré le chef de l’État Bassirou Diomaye Faye lors de la Conférence des administrateurs et des managers publics (Camp) du 20 janvier dernier
«Nous avons une administration républicaine, mais souvent figée dans des schémas dépassés ». S’il y avait une seule phrase à retenir du speech du chef de l’État Bassirou Diomaye Faye lors de la Conférence des administrateurs et des managers publics (Camp) du 20 janvier dernier, c’est bien celle-là.
On pourrait y ajouter, une administration hypertrophiée, banalisée, paralysée, démystifiée et désacralisée que cela ne choquerait pas le commun des Sénégalais qui, dans leur écrasante majorité, ont une très mauvaise perception de leur administration et des services qu’elle leur offre. Et c’est à raison. Quel Sénégalais n’a pas, une seule fois de sa vie, été victime de lenteurs administratives ? Combien de fois un usager, sur pieds dès les premières heures de l’aube, brave une longue distance, débarque dans un service pour un document administratif et constater l’absence du préposé à ce service ou bien se voir jeter à la figure que le document en question n’est pas encore disponible ?
Pièces d’état civil, carte d’identité nationale, casier judiciaire, passeport, permis de conduire ou simple légalisation de papiers, le Sénégalais lambda n’est pas toujours certain d’entrer en possession de son document dans des délais raisonnables à l’ère du numérique. À plusieurs niveaux, la qualité de service au sein de l’administration sénégalaise est défectueuse. Prenons l’exemple de l’accueil au sein des structures hospitalières publiques, il est tout sauf accueillant, réconfortant, rassurant, chaleureux.
À la place, malade et accompagnant récoltent dédain et discourtoisie d’un fonctionnaire au regard torve comme s’il avait devant lui un quémandeur plutôt qu’un ayant droit d’un service public précis. Si ailleurs le client est roi, dans nos services publics l’usager est un valet qui doit aussi faire face aux longues attentes d’un préposé au service pour qui le respect des horaires est le cadet de ses soucis. On le voit donc, le laïus du président de la République résume de manière éloquente le mal qui ronge l’administration sénégalaise, engluée dans une complexité et une lourdeur des procédures de services publics qui en déroute plus d’un usager.
Au-delà de la bonne gestion des deniers publics, ce qui est surtout attendu des managers et administrateurs publics, c’est d’impulser une véritable rupture dans le fonctionnement des services sous leur autorité. Le diagnostic est posé depuis toujours, mais le chantier demeure inachevé. Et justement, parlant de schéma, il nous revient la mise en place, en 2013, du Schéma directeur de modernisation de l’Action publique (Sdmap) dont le but était, à l’époque, de simplifier les procédures d’offres de services publics. Pour sa mise en œuvre, il fut même créé une Délégation générale à la réforme de l’État et à l’assistance technique (Dgreat). Il n’en fut rien. Plus récemment, des ministères, avec différentes appellations – Réforme du service public, Transformation du secteur public, Renouveau du service public – ont été érigés pour prendre la question à bras-le-corps.
Les mauvaises habitudes persistent. Chaque nouvelle dénomination ministérielle cachant une réalité profonde difficile à juguler. Il faut croire que lenteurs et lourdeurs semblent être consubstantielles à l’administration sénégalaise, au grand détriment des pauvres usagers réduits à pousser plaintes et complaintes sans lendemain. L’actuel ministre de Fonction publique et de la Transformation du Service public (tiens, tiens), dans la foulée du constat présidentiel, a lancé des concertations pour la réforme du service public qu’il qualifie « d’impératif moral ». On lui souhaite bonne chance, espérant qu’il ne sera pas démoralisé face à cette tâche herculéenne dont les morales de l’histoire sont jusqu’ici peu inspirantes.
LA VISION «SOUVERAINISTE» DU «PREMIER MAODO» REVISITEE
Lors de la conférence autour du thème : «Mamadou Dia, un engagement pour l’indépendance et le développement du Sénégal», les panélistes ont largement survolé le parcours politique et la vision économique du « Premier Maodo »
Lors de la conférence autour du thème : «Mamadou Dia, un engagement pour l’indépendance et le développement du Sénégal», tenue samedi dernier à Dakar, les panélistes ont largement survolé le parcours politique et la vision économique du « Premier Maodo ».
Cette rencontre qui marquait le 16e anniversaire de sa disparition (25 janvier 2009) a aussi permis de réaffirmer l’importance de l’héritage de l’ancien président du Conseil du gouvernement. Le lancement des « Grandes conférences de Douta Seck » a été l’occasion pour célébrer le 16e anniversaire de la disparition de l’ancien président du Conseil (1958-1962). Lors de cette rencontre, les différents panélistes sont largement revenus sur l’importance de préserver la mémoire de l’ancien de Mamadou Dia dont l’œuvre politique et la vision peuvent constituer une source d’inspiration pour la nouvelle génération. Ainsi ont-ils abordé son programme politique autour du socialisme autogestionnaire, ses projets de modernisation de l’économie sénégalaise et son legs politique.
Pour Adama Baytir Diop, enseignant-chercheur en Histoire à la retraite qui a retracé le parcours politique de Mamadou Dia, le « Premier Maodo » est l’archétype même de l’homme politique modèle dont le sens premier de son action était la promotion d’une démocratie participative au service de tous les citoyens. « Mamadou Dia est le chantre d’une probité morale sans faille. Il s’était fixé comme mission de lutter contre le népotisme, le clientélisme et la corruption, vestiges du système colonial oppressant pour les masses. Son engagement politique s’est articulé autour de deux éléments : le socialisme autogestionnaire afin de promouvoir la démocratie participative et libérer les paysans, longtemps victimes d’un système d’assujettissement, et la promotion des valeurs citoyennes pour combattre les réseaux d’intérêt personnel au détriment du peuple », a déclaré le panéliste.
D’après M. Diop, ce projet politique, basé sur le souverainisme et le nationalisme, sera fortement combattu par une coalition de forces conservatrices. « Les élites urbaines, les maisons de commerce et certains milieux maraboutiques vont s’appuyer sur des parlementaires pour le combattre et le renverser. Ainsi, après les évènements de décembre 1962, il sera condamné à de la prison à vie avant d’être gracié par le président Senghor. Après sa sortie de prison, en 1974, il crée le Mouvement démocratie politique (Mdp) qui, en 1981, deviendra le Mouvement pour le salut et l’unité (Msu) », a rappelé Adama Baytir Diop.
Les freins à l’action politique de Mamadou Dia Pour sa part, Dr Ibrahima Dème, inspecteur de la Coopération à la retraite, a indiqué, dans son exposé, que le legs économique de Mamadou Dia peut se mesurer à l’aune de son attachement au développement de coopératives agricoles. « Mamadou Dia, à travers les coopératives agricoles, voulait mettre en avant le caractère communautaire de l’économie africaine qui se distingue par un système d’entraide et de coordination des communautés villageoises.
Par ailleurs, Mamadou Dia, qui a adopté le décret nº 60-177 du 20 mai 1960 portant statut des coopératives agricoles, voulait mettre fin à la mainmise des maisons de commerce et des sociétés d’indigènes de prévoyance sur le monde agricole. La vision de Dia était la mise sur pied d’une organisation économique basée sur des coopératives agricoles autonomes capables de gérer tous les aspects liés à la production et qui vont jusqu’à la commercialisation de leurs produits. Pour cela, il va créer l’Office de commercialisation agricole et des structures bancaires dans le but faciliter l’accès aux crédits pour les paysans », a-t-il affirmé.
Pour le panéliste, cette politique de formation, d’encadrement et de financement sur le monde rural peut servir de modèle aux nouvelles autorités. Prenant la parole, Alla Kane, député à l’Assemblée nationale et ancien responsable du Parti africain de l’indépendance (Pai), est revenu sur les limites de l’action politique de Mamadou Dia qui, d’après lui, l’ont empêché de mettre en œuvre sa vision d’un Sénégal souverain et totalement indépendant. « Mamadou Dia était investi de la mission historique, politique de conduire et d’organiser la constitution d’un État démocratique.
Or, ni l’Ups ni le gouvernement néocolonial n’avaient comme objectif la réalisation de la révolution démocratique. Surtout que son engagement politique l’avait empêché de penser à la création d’un parti national fort, capable d’engager la lutte pour l’indépendance, dans l’intérêt de la bourgeoisie nationale », dit le parlementaire. Selon le doyen d’âge de 15e législature, cette absence d’un parti bien organisé, avec un programme clair, des dirigeants et des cadres déterminés, a été son talon d’Achille. « S’il avait laissé, après son arrestation, un parti fort, même dans la clandestinité, celui-ci aurait pu engager, en alliance avec d’autres forces politiques et démocratiques, la bataille de mobilisation des masses par de puissantes manifestations pour l’arracher des mains de ses geôliers », a-t-il conclu.
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LES UNES DE LA PRESSE DE CE LUNDI 27 JANVIER 2025
Sud Quotidien, Walf Quotidien, Yoor-Yoor Bi, L'Observateur, Libération, Le Quotidien, Enquête, Vox Populi, Le Verdict News, L'As, Record, Le Soleil,
«Ce que les saltigués prédisent, dans 70 % des cas, se réalise. C’est du concret. C’est une science réelle, peut-être basée sur une autre logique, une autre vérité, une autre rationalité, mais c’est bel et bien une science », déclare le Dr Éric Gbodossou.
AfricaGlobe Tv |
Fred Atayodi |
Publication 27/01/2025
Fils adoptif de la communauté sérère et chef de la civilisation Tado, qui s’étend du Ghana au Nigeria en passant par le Togo et le Bénin, le Dr Éric Gbodossou milite pour que justice soit rendue aux cérémonies khoy pratiquées par les saltigués. « Je fais les khoy des saltigués. Ce que les saltigués prédisent, dans 70 % des cas, se réalise. C’est du concret. C’est une science réelle, peut-être basée sur une autre logique, une autre vérité, une autre rationalité, mais c’est bel et bien une science », soutient-il fermement.
Ces propos ont été tenus dans une interview qu’il nous a accordée en marge d’une conférence sur l’éveil spirituel, organisée à la Galerie nationale pour accompagner l’exposition de la jeune artiste Mariane Senghor, visible jusqu’au 7 février.
Le khoy est une cérémonie traditionnelle de consultation spirituelle et mystique propre à la communauté sérère du Sénégal, au cours de laquelle des prédictions sont faites par des saltigues, prêtres ou conseillers spirituels. À l’issue de ces cérémonies, les dignitaires de la communauté font des annonces sur l’avenir. Toutefois, ces prédictions ne sont souvent pas prises au sérieux, et les saltigués sont parfois moqués ou raillés gentiment par certains. Malgré cela, le Dr Gbodossou affirme que 70 % de ces prédictions se réalisent.
Au cours de sa conférence, ce médecin la fois moderne et traditionnel a cité plusieurs de prédictions marquantes : le conflit sénégalo-mauritanien, l’invasion des criquets pèlerins, la pandémie de Covid-19 et même le tragique naufrage du bateau Le Joola. À chaque prédiction sur l’avenir, les signes sont interprétés et des conseils offerts ou des solutions proposées face aux problèmes rencontrés par la communauté.
Mais, dans la plupart des cas, les autorités n’y prêtent pas attention. Depuis des années, l’indifférence des régimes successifs face à ces alertes est restée la même.
Cependant, une exception notable est à souligner : le président Abdou Diouf avait, à l’époque, eu l’obligeance au moins de demander à ses collaborateurs d’étudier sérieusement les propositions du Dr Gbodossou pour traiter certaines maladies. Malheureusement, ce geste n’a pas été suivi d’actions concrètes.
S’agissant du cas particulier et récent de la pandémie de Covid-19, le Dr Gbodossou rapporte que le ministre de la Santé et de l’Action sociale d’’alors , Abdoulaye Diouf Sarr, aurait déclaré aux guérisseurs traditionnels : « Surtout, ne me parlez pas de médecine traditionnelle. » La conséquence a vu comment le Sénégal avait été frappé comme d’autres nations.
Cela soulève une question essentielle : n’est-il pas temps d’essayer ces médecines traditionnelles et ces savoirs endogènes ? Qu’a-t-on à perdre à les expérimenter en Afrique ? Après tout, toutes les sciences modernes mises en avant sont elles aussi expérimentales. Pourquoi ne pas expérimenter la mère des sciences, puisque les savants grecs et autres se sont eux-mêmes nourris des connaissances issues de l’Égypte ancienne ?
La science occidentale a indéniablement amélioré les conditions de vie ces derniers siècles, notamment dans le domaine médical. Cependant, elle a aussi ses limites. Pour certaines d’entre elles, l’Afrique dispose de solutions, qui ne reposent certes pas sur le cartésianisme occidental. C’est, en tout cas, la thèse du Dr Gbodossou pour convaincre les Africains surtout les dirigeants de la valeurs de nos médecines et sciences ancestrales.
Si les savoirs endogènes issus des civilisations négro-africaines peuvent compléter la science moderne, cela ne peut qu’être bénéfique. Nous ne devrions jamais avoir de complexes à recourir à ces solutions africaines. Tel est le plaidoyer du Dr Éric Gbodossou.
Médecin formé à la médecine moderne et profondément enraciné dans les traditions africaines, son combat vise à restaurer la dignité de ces savoirs endogènes africains, trop souvent négligés, voire méprisés, au profit de tout ce qui vient d’ailleurs.
Le Dr Gbodossou refuse catégoriquement de vendre ces connaissances aux Occidentaux, malgré pour des milliards de dollars que lui font miroiter les Américains lui ont décernés des brevets pour ses découvertes, car il souhaite que l’Afrique garde le contrôle sur ses richesses et obtienne enfin le respect qu’elle mérite.
Larguée sur le plan de la géopolitique et de la géostratégie, distancée de loin dans les intelligences artificielles, l’Afrique a la possibilité de prendre le leadership dans le domaine de la santé. C’est le grand rêve de l’incompris Éric Gbodossou.
Malheureusement, le niveau d’aliénation engendré par des siècles de colonisation et d’esclavage fait que l’Africain a du mal à s’affranchir de ses chaînes, à prendre sa place dans le concert des nations et à reconquérir son brevet de respectabilité qu’il avait avant la rencontre avec l’Occident.
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L'AFRIQUE PEUT MARQUER LA DIPLOMATIE PAR SA GASTRONOMIE
La cuisine est l’un des éléments que l’Afrique peut apporter à la mondialisation en termes de soft power (influence) aux autres peuples. À Dakar, Table Pana organise depuis quelques années des rencontres avec des chefs africains de la diaspora…
La cuisine est l’un des éléments que l’Afrique peut apporter à la mondialisation en termes de soft power (influence) aux autres peuples. À Dakar, Table Pana organise depuis quelques années des rencontres avec des chefs africains de la diaspora pour leur permettre de partager leurs expériences et de créer des plats originaux, à l’image des artistes visuels ou autres, dans leur processus de création.
« L’idée, c’est de se positionner comme une galerie, un lieu d’expression pour les chefs de la diaspora africaine », explique la fondatrice, Nadia Copogo. Elle ajoute : « Mon travail consiste à identifier les chefs de la diaspora africaine, à les faire venir ici à Dakar et à leur donner carte blanche, avec un seul objectif : sublimer la production locale pour en proposer une interprétation plus créative, contemporaine, voire expérimentale de notre gastronomie africaine. »
Table Pana, c’est de la street food à la haute gastronomie, réalisée à partir de produits africains locaux. C’est un lieu de création et d’affirmation de la cuisine africaine.
« La nourriture est un outil très puissant, un outil de soft power si l’on parle de politique, un outil de diplomatie », affirme la fondatrice. Invitée à la 5e édition des symposiums de Condition Report organisés par la Raw Material Company et intitulés « Le sens du lieu : déplacement, replacement, non-placement », pour réfléchir sur les modalités d’habiter la ville, le monde, l’univers, le cosmos, sous la direction de l’universitaire Felwine Sarr, l’initiatrice du projet, Nadia Copogo, détaille dans cet entretien accordé à AfricaGlobe TV de quoi il s’agit.
Actuellement itinérante, Table Pana s’occupe de projets institutionnels, de dîners privés pour de grandes entreprises, mais ambitionne à terme de devenir le premier tiers-lieu de la gastronomie africaine. Ce lieu inclurait un restaurant, un think tank, un centre de formation et une épicerie fine.
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PILOHA, UN COCKTAIL CULTUREL RÉCONCILIATEUR
À travers leur projet artistique Piloha, Pascal Traoré et Raïssa Hachem ont réussi à rassembler plusieurs disciplines artistiques dans le cadre de la 15e Biennale de l’art africain contemporain. De la peinture à la photographie, en passant par la danse...
La 15e édition du Dak'Art a marqué les esprits, et certains projets artistiques restent mémorables, à l’image de Piloha, de Pascal Traoré et Raïssa Hachem, qui ont proposé un cocktail culturel réconciliant plusieurs formes d’expression. Une exposition composite, pour ne pas dire éclectique.
À travers leur projet artistique Piloha, Pascal Traoré et Raïssa Hachem ont réussi à rassembler plusieurs disciplines artistiques dans le cadre de la 15e Biennale de l’art africain contemporain. De la peinture à la photographie, en passant par la danse, le cinéma et même la cuisine, leur exposition a captivé l’attention du public.
Dans cette entrevue, les deux artistes – Raïssa Hachem, designer luminaire, et Pascal Traoré, artiste visuel – reviennent sur leur expérience avec le projet Peace, Love and Harmony (Piloha), présenté dans le cadre des OFF.
Si, d’un point de vue financier, l’objectif initial n’était pas de générer des bénéfices, ils ont néanmoins gagné en visibilité. Leur rencontre avec des galeristes, des collectionneurs et d’autres acteurs culturels a permis d’élargir leur réseau professionnel.
Cette exposition originale, riche en émotions, a marqué les visiteurs et reflète parfaitement la diversité et l’harmonie que les deux artistes souhaitaient transmettre.