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3 avril 2025
GUY MARIUS SAGNA, L’ANTICONFORMISTE
Guy Marius Sagna est atypique autant dans son cheminement de citoyen africain que dans sa posture politique, prolongement de son long combat pour une Afrique souveraine et porteuse d’espoirs légitimes
De la nouvelle génération de figures politiques, Guy Marius Sagna est sans doute l’un des plus constants dans ses combats et formes de lutte. Derrière cette apparence rebelle, se cachent un bouquet de qualités humaines, qui en font un homme adulé par tous ceux qui le côtoient.
Rouleau compresseur pour les contradicteurs, défenseur de la veuve et de l’orphelin pour les âmes désemparées. Excessif, populiste, tapageur, idéaliste passionné, pour les uns. Attachant, constant dans l’engagement, authentique par le verbe et l’action, incorruptible…pour les autres ! Et bien d’autres qualificatifs ! Le bonhomme, aux airs de déménageur, ne laisse personne indifférent. Guy Marius Sagna est atypique autant dans son cheminement de citoyen africain que dans sa posture politique, prolongement de son long combat pour une Afrique souveraine et porteuse d’espoirs légitimes. « L’Africain du Sénégal », comme il aime à se présenter, longe, continuellement, une allée de dynamisation des consciences, de mobilisation des esprits et des intelligences au service du bien-être collectif. Le « député du peuple », véritable mur de lamentations, redonne de la fraîcheur à l’hémicycle considéré à tort ou à raison comme une chambre d’enregistrement.
Derrière cette apparence fougueuse, se cache une âme douce, serviable, presque timide dans sa routine quotidienne. Comme par hasard, il n’écoute que de la « musique douce », quand sa voix de stentor et ses harangues pétulantes ne s’évertuent pas à rappeler aux pouvoirs publics et à une certaine élite socio-économique leur responsabilité. Mais dès qu’il s’agit de principes, de dénoncer des injustices, de défendre les droits des travailleurs ou des questions de droit tout court, Guy met le bleu de chauffe. Sans gants. Malgré son calme légendaire, face aux situations les plus périlleuses, il n’y va pas de main morte. Comme cette scène à l’Assemblée nationale où il arrache l’urne pour contester un vote. Un homme entier.
C’est d’ailleurs ainsi que le décrit son compagnon de lutte Bentaleb Sow. Ayant d’abord connu Guy Marius sur les réseaux sociaux, l’actuel conseiller à la présidence dit avoir beaucoup appris de l’homme avec qui il a fini par partager le mouvement Frapp (Front pour une révolution anti-impérialiste populaire et panafricaine). Même si le courage et l’engagement sont les traits de caractère qui ont bluffé le plus de monde, lui est plutôt impressionné par son intelligence : « Les gens mettent en avant son courage, mais moi, c’est son intelligence qui m’impressionne. C’est quelqu’un de très structuré et de très bien informé ».
Engagement précoce
Bentaleb croit connaître les raisons de cette aptitude de Guy à faire face à toutes les situations. « Il a reçu une bonne formation de la gauche. Il est structuré, pragmatique et clair dans ses idées. Il va au fond de sa pensée. Rien ne peut le bâillonner. C’est la vérité et l’esprit révolutionnaire. C’est quelqu’un de très résilient et de très endurant », soutient-t-il, parlant de « sa source d’inspiration ».
Guy Marius Sagna a de qui tenir. Il été façonné par un oncle. Un ancien de la gauche qui l’a très tôt abreuvé de livres et autres sources documentaires ayant trait à l’impérialisme. Il n’avait que…11 ans à l’époque. Ce souvenir est imprimé dans sa mémoire reconnaissante : « Mon oncle me faisait même assister à des réunions du mouvement de gauche appelé « Fernient ». De l’impérialisme au progrès social, en passant par la lutte des travailleurs…j’en ai beaucoup lu ». De fil en aiguille, ce qui devait être une simple transmission oncle-neveu façonnera la vie de Guy Marius Sagna. Fidèle au mouvement devenu par la suite « Xall Wi », un journal de gauche, il en devient un des rédacteurs. Le journal s’impose, grandit et donne naissance au Rassemblement des travailleurs africains-Sénégal (Rtas). Ici, déjà, celui qui a grandi aux Parcelles assainies laisse apparaître des élans révolutionnaires.
En effet, membre engagé du Rtas, il fait partie de ceux qui claquent la porte quand il s’est agi pour les leaders de négocier avec Abdoulaye Wade. C’était en 2000. Il s’en souvient comme si c’était hier. « Le débat, c’était est-ce que le Rtas devait accepter si le président Wade lui proposait un poste. Pour nous, il était hors de question. On l’avait soutenu mais on ne partageait pas forcément sa vision. Il fallait juste se départir du Parti socialiste qui n’avait que trop duré au pouvoir », raconte-t-il. Guy et des camarades finissent par se faire écarter du parti. Avec d’autres exclus de And Jëf, ils créent « Fernient »/Mouvement des travailleurs panafricains Sénégal (Mtps). Il trace sa voie avec la création de « Yoonu Askan Wi » avec les Madieye Mbodji, Joe Diop, Alla Kane… « Yoonu Askan Wi »/ Mouvement pour l’autonomie populaire. Ce mouvement a fusionné avec Pastef en 2015, précise Guy. Il en devient une icône. Un homme de confiance du leader de Pastef Ousmane Sonko.
Don de soi Agent de santé, travailleur social, son engagement contre l’impérialisme dans ses diverses déclinaisons a fini par éclipser et rendre peu connue du grand public sa trajectoire professionnelle. D’ailleurs, c’est durant l’épisode de son affectation que beaucoup découvrent que Guy était un agent du ministère de la Santé. Marquant à la culotte le régime précédent, son ministre de tutelle d’alors, Abdoulaye Diouf Sarr, décide de l’affecter à Kédougou. Sur tous les fronts, Guy n’a presque pas de répit. L’ancien du Lycée Lamine Guéye, où il a obtenu son baccalauréat, a partout laissé une belle impression à ceux qui l’ont côtoyé, par son courage, son engagement et sa constance dans la défense des droits. Daouda Guéye «Pikine» a découvert l’homme dans le contexte du 23 juin 2011.
Depuis, il ne cesse d’être séduit par son engagement et son courage : « Sa constance est remarquable. Il se singularise par le don de soi. Contrairement aux airs de dur qu’il laisse apparaître, c’est un homme trop gentil, très fidèle en amitié et très attaché aux relations humaines ». Contestataire jusqu’au bout des ongles, le natif de Ziguinchor, en 1979, est certes attaché aux principes et valeurs, mais reste un homme soyeux, sociable et très attaché aux valeurs sociétales. C’est l’impression qu’il a laissée à Aliou Gérard Koïta, membre du Secrétariat exécutif national du Frapp, qui joue aujourd’hui le rôle d’assistant personnel et de chef du protocole. Arrêtés plusieurs fois ensemble, les deux hommes sont très proches. Aliou décrit son mentor comme un homme entier, du reste très têtu.
Quartier de haute sécurité
Guy Marius et les incarcérations, c’était déjà connu. Ce qui l’est moins, c’est ce qu’il a eu à vivre dans les geôles. Entre 2012 et 2024, il a connu six emprisonnements. De Tambacounda à Dakar en passant par Ziguinchor, que de péripéties. Mais cela n’a pas émoussé son ardeur ni étanché sa soif de justice. C’est d’ailleurs au Cap Manuel que le « justicier » découvre qu’il existait des prisons dans les prisons. Avec neuf de ses camarades, il est arrêté lors d’une marche sur le palais pour la baisse du prix de l’électricité.
Pour freiner l’élan de cet homme que rien ne semble effrayer, il est envoyé dans un coin au sein de la prison. « J’étais le seul à avoir été amené dans cette partie où l’on met généralement les grands bandits ou les terroristes…J’ai fait trois mois là-bas alors que ceux avec qui j’ai été arrêté ont été libérés après quelques semaines », se souvient-il. Chasser le naturel, il revient au galop. En plein cœur de la prison, il ouvre un autre front. Cette fois-ci pour la baisse des prix des denrées. Il obtient gain de cause. « On m’a mis tout nu. Vraiment tout nu avant de me jeter dans une autre prison ».
« La douleur la plus atroce de ma vie »
Musculature bien développée, physique imposant malgré sa taille moyenne, Guy n’a pu résister à la furie des forces de l’ordre togolaises. Parti à Lomé soutenir des camarades de lutte, le député du parlement de la Cedeao n’oubliera pas de sitôt cette journée. « C’est la douleur la plus atroce de ma vie. Je ne me suis jamais senti aussi proche de la mort. Je croyais que j’allais mourir », raconte-t-il, avec un souffle qui en dit long sur l’épreuve. Endurant et constant dans l’engagement, il donne par son engagement un sens noble à la députation. Entre l’installation de la 15e législature et décembre 2024, il a déjà transmis 34 questions écrites. Dr Malick Diop a partagé avec lui l’Assemblée nationale. Malgré leurs camps opposés, il ne cache pas son admiration pour la constance et l’engagement de l’homme, symbole, peut-être, d’une réconciliation entre le peuple et ses représentants.
UN MBEUBEUSS BIS AU CŒUR DE DAKAR
Logé entre Grand Yoff et Zone de captage, le canal dit « de la Zone de captage » pollue la vie des populations et des travailleurs de ces quartiers de Dakar.
Logé entre Grand Yoff et Zone de captage, le canal dit « de la Zone de captage » pollue la vie des populations et des travailleurs de ces quartiers de Dakar. L’endroit est devenu un Mbeubeuss (plus grande décharge d’ordures à Dakar) bis au cœur de la capitale sénégalaise avec ses ordures débordantes et eaux usées stagnantes.
En cette matinée de janvier, un vent frisquet souffle à Grand Yoff, précisément dans le coin appelé « Bignona ». Un site qui ne paie pas de mine. Il est rendu célèbre par l’activité de vente de la viande de porc. D’incessants va-et-vient y sont notés tout le long de la journée avec le décor de bouchers transportant des cadavres de cochons et déversant les résidus et autres dans le canal qui fait face. C’est l’un des endroits les plus malsains de Dakar. Du marché Bignona au canal, la pollution et le manque d’hygiène ont laissé leurs marques.
À la porte du marché de porcs, une dame est assise. Une odeur suffocante monte au nez et à la gorge du visiteur. Aissatou Diallo guette le moindre client pour vendre ses patates grillées. « Je vends ça pour nourrir ma famille », lance-t-elle, avant de couvrir le bol. L’odeur du canal se fait sentir jusque-là. Un jeune mécanicien, vêtu de haillons, estime qu’ils ont l’habitude de travailler dans cet environnement sans être indisposés par l’odeur que dégage le canal.
De l’autre côté, dans le quartier Zone de captage, des jeunes laveurs s’activent autour des véhicules. Aucun parmi eux ne porte de masque. Les voitures sont garées en face du canal où officient ces jeunes. L’air vicieux qui se dégage de ce détroit ne semble nullement les déranger. Saliou Tine, tenant un seau d’eau, un morceau de tissu dans l’autre main, lave tranquillement un taxi. « Nous faisons de notre mieux pour ne pas rester ici jusqu’à la tombée de la nuit. Les moustiques sont très nombreux à cause des déchets qui sont jetés dans ce canal. J’ai appris aussi que certains camions vidangeurs déversent des excréments dans cet endroit », révèle-t-il, non sans souligner que l’endroit est parfois irrespirable à certaines heures.
Son collègue, Moussa Dione, abonde dans le même sens. Il confie qu’ils sont contraints de venir tous les jours humer cet air nauséabond. Notre interlocuteur avoue qu’ils sont conscients des risques de maladie encourus à cet endroit, mais ils ne peuvent pas quitter le lieu.
À côté d’eux, rodent les « Boudiou man » (récupérateur de déchets). Réparant son véhicule chez les mécaniciens, Mamadou, la cinquantaine, confie qu’il vient rarement dans cet endroit à cause de ce canal. « Il y avait même un garage des bus dits « Horaires » en partance pour la Casamance de l’autre côté. C’était extraordinaire car, les coxeurs, chauffeurs et apprentis restaient tous les jours presque à cet endroit, humant cette odeur nauséabonde qui sortait de ce canal. Finalement, je pense que la mairie a repris l’espace », explique-t-il. Riverain, Boubacar indique qu’il vit depuis plusieurs années dans ce quartier de la Zone de captage. Il souligne qu’ils vivent avec tous les risques de maladies à cause de ce canal. Selon Boubacar, dans son immeuble, les locataires ne durent presque jamais. « C’est le quartier qui accueille le plus de moustiques dans ce pays », dit-il en raillant. Les habitants de la Zone de captage se désolent souvent de ce canal qui est devenu un dépotoir d’ordures de toutes sortes, polluant ainsi la vie dans la cité.
MEÏSSA LO PROPOSE LA DOUBLE IMPOSITION DE LA DIASPORA
La mobilisation des ressources financières pour financer les projets de développement et les Pme demeure une difficulté pour le Sénégal et les pays de la zone.
La mobilisation des ressources financières pour financer les projets de développement et les Pme demeure une difficulté pour le Sénégal et les pays de la zone. Pour l’expert financier Meissa Lô, une double imposition de la diaspora pourrait constituer un mécanisme efficace.
Dans sa stratégie de mobilisation des ressources financières, le Gouvernement du Sénégal mise sur des mécanismes tels que les « Diaspora Bonds ». Pour l’expert financier et consultant en finance de marchés, Meissa Lô, l’idée est à applaudir. L’objectif, d’après lui, est d’exhorter les leaders politiques à davantage songer à une dette détenue en grande partie par les locaux (citoyens) que par les étrangers. Ceci, indique le spécialiste, est le cas de la dette japonaise. Mais le seul hic, pense M. Lô, c’est qu’il s’agira encore d’un endettement, dont le plafond à ne pas franchir, exigé par l’Uemoa, a été explosé par le régime de Macky Sall depuis longtemps. Fort de cette situation, Meissa Lô pense que les États ouest-africains, notamment le Sénégal, doivent réfléchir sur la possibilité d’une double imposition de leur diaspora estimée à 30 millions. L’accès aux impôts payés par la diaspora africaine dans leur pays d’accueil, propose-t-il, devrait être négocié par les États de façon bilatérale ou par les organisations régionales (Cedeao, Cemac, etc.).
À défaut de trouver le montage financier permettant de mobiliser suffisamment de fonds via les transferts de la diaspora africaine (soit 93 milliards de dollars), Meissa Lô suggère de collecter directement l’impôt dans leurs pays de résidence ou même de taxer leur épargne. Celle-ci s’élèverait à 53 milliards de dollars selon la Banque mondiale. Une manne qui permettrait de financer les Pme/Pmi, les startups ou idées de projets que comptent lancer les Africains de la diaspora souhaitant rentrer. «Si nos États arrivent à mobiliser en moyenne 500 dollars d’impôts pour chacun des 30 millions d’Africains de la diaspora, cela constituerait un fonds de guerre de 15 milliards de dollars pouvant aider à investir directement dans les entreprises locales, créer de la richesse et de l’emploi, estomper le poids de la dette sur l’investissement sur le Pib des États », explique l’expert. À ses yeux, la mobilisation de ces recettes pourra être réalisée à travers une bonne campagne de communication avec les diasporas et le concours des États partenaires de l’Union européenne et de l’Amérique ainsi que les institutions de Bretton Woods (Fmi, Banque mondiale).
La contrepartie pour ces États hôtes (France, Allemagne, Italie, États-Unis, etc.), c’est l’assurance d’une véritable politique de retour au bercail pour les immigrés. En outre, les retombées liées aux investissements devraient permettre de baisser le taux de chômage dans les pays d’origine et réduire les candidats à l’immigration clandestine. «Avec une bonne sensibilisation, cette double imposition ne doit nullement être une contrainte pour la diaspora africaine, mais plutôt sa contribution significative et directe aux plans de développement de leurs pays d’origine », considère Meissa Lô.
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JE RESTE ET DEMEURE LE MAIRE DE DAKAR…
Malgré le rejet par la Cour d’appel de sa requête en annulation de la décision du préfet constatant sa radiation de la mairie de Dakar, Barthélemy Dias entend user de ses prérogatives de maire de la capitale jusqu’au bout
Barthélemy Dias entend toujours user de ses prérogatives de maire Dakar jusqu’à nouvel ordre, malgré la décision de la Cour d’appel qui a rejeté sa requête en annulation concernant sa radiation. Il a continué à dénoncer la révocation de son mandat de maire, mardi, lors d’un point de presse tenu à Dakar.
Malgré le rejet par la Cour d’appel de sa requête en annulation de la décision du préfet constatant sa radiation de la mairie de Dakar, Barthélemy Dias entend user de ses prérogatives de maire de la capitale jusqu’au bout. « Jusqu’à nouvel ordre, je reste et demeure toujours le maire de Dakar n’en déplaise à certains. À ce que je sache, je n’ai pas encore de successeur à la tête de la mairie », s’est-il exclamé, hier, lors d’un point de presse tenu à Dakar. Poursuivant, la tête de liste nationale de la coalition « Samm Sa Kaddu » lors des dernières législatives qualifie cette révocation de « braquage » contre le vote des habitants de Dakar. « Cette révocation est un braquage orchestré par les nouvelles autorités. Quand on bunkérise une mairie pour empêcher le maire de présider un conseil municipal et permettre à un préfet de radier un élu, je ne peux appeler cela que du braquage. En outre, je prends date pour l’avenir », a-t-il déclaré. Après la confirmation de la radiation de Barthélemy Dias par la Cour d’appel de Dakar, les avocats de l’ancien maire de Mermoz Sacré-Cœur ont annoncé qu’ils allaient déposer un recours devant la Cour suprême. Concernant le sort des membres de sa garde personnelle qui ont comparu, lundi dernier, au tribunal de grande instance de Saint-Louis et dont plusieurs ont écopé de condamnation allant de six mois à trois ans ferme pour des actes de violence dans la capitale du Nord, Barthélemy Dias parle de « prise d’otages ».
Pour lui, cela n’avait qu’un seul but : l’empêcher de poursuivre sa campagne lors des élections législatives. « Une trentaine de nos éléments restent toujours emprisonnés à Saint-Louis. Nous allons nous battre pour que dans les deux prochains mois, ils connaissent le même sort que cinquante de leurs camarades qui ont été relaxés lundi dernier. Sur ce, j’interpelle l’Union des magistrats du Sénégal (Ums), car une justice qui refuse de dire le droit au nom du peuple sénégalais est une justice qui refuse de s’assumer », a-t-il soutenu avant d’ajouter : « Je reste convaincu qu’il reste des magistrats de valeur dans notre pays. Car les Sénégalais souffrent des faillites d’une justice qui reste toujours aux ordres », a dénoncé le responsable de Taxawu Sénégal. Par ailleurs, à l’occasion de son point de presse, Barthélemy Dias a brocardé le Comité national olympique et sportif sénégalais (Cnoss) qu’il accuse de refuser à la capitale tout héritage en matière de dotations d’infrastructures sportives au sortir des Jeux olympiques de la jeunesse de 2026. « Le Cnoss n’est pas partie prenante du contrat d’hôte pour les Jeux olympiques. Les signataires de ce contrat sont l’État du Sénégal, la mairie et le Comité international olympique (Cio). À ce titre, la ville mérite un minimum d’égard au titre des sacrifices consentis pour avoir déposé et obtenu ces Jeux olympiques de la jeunesse », s’est-il offusqué. Enfin, Barthélemy Dias dénonce l’attitude du Cnoss qui, malgré un budget de 80 milliards de FCfa, refuse, selon lui, « tout renforcement des infrastructures sportives dans la capitale ».
MATHEMATIQUES, SCIENCES ET TECHNOLOGIES, LE CHEF DE L’ÉTAT DECIDE DE L’ORGANISATION D’UN CONCOURS NATIONAL
Bientôt un concours national pour les mathématiques, les sciences et les technologies, du CM2 à la Terminale. L’annonce a été faite, mardi, lors d’une rencontre entre le ministre Moustapha Guirassy et une délégation de la SSPP « Le Soleil »
Daouda Mané et Pape Abdoulaye Sy |
Publication 08/01/2025
Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a instruit le ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Guirassy, d’organiser un Concours national pour les mathématiques, les sciences et les technologies.
Bientôt un concours national pour les mathématiques, les sciences et les technologies, du CM2 à la Terminale. L’annonce a été faite, mardi, lors d’une rencontre entre le ministre Moustapha Guirassy et une délégation de la SSPP « Le Soleil » conduite par son Directeur général, Lamine Niang, en présence du Directeur des Rédactions, Daouda Mané, et de Moustapha Lô, membre de l’administration.
Selon le ministre, cette décision a été prise par le chef de l’État qui, après analyse, a constaté « de moins en moins d’engouement des élèves et des populations de façon générale pour les mathématiques notamment ». Or, poursuit le ministre de l’Éducation nationale, « pour l’agenda de transformation du Sénégal à l’horizon 2050, les mathématiques devraient occuper une place « extrêmement importante liée aux questions de développement technologique, aux sciences en général.
Dès lors, les mathématiques devraient être repositionnées afin d’amener élèves, étudiants et populations à s’intéresser davantage à cette matière ». Appréciant cette décision, Moustapha Guirassy a promis de mobiliser toute son équipe pour préparer les textes qui organiseront le concours national, la note conceptuelle en y associant les acteurs et figures fortes des domaines des mathématiques, des sciences et des technologies afin de bien outiller les enfants. D’après le ministre, ce concours national ne serait que le prolongement de ce qui existait déjà, notamment les Olympiades, Miss mathématiques et les différents programmes qui aident à encourager nos élèves à performer.
Le concours national donnera une autre dimension (comme le Concours général sénégalais et d’autres types de concours nationaux) à toutes ces initiatives afin de donner plus d’importance aux mathématiques, sciences et technologies.
Le ministre de l’Éducation nationale dit compter sur l’accompagnement du quotidien national «Le Soleil », très versé dans les questions d’éducation, rappelant que l’éducation est « ce qui nous est tous très cher ». Il a félicité le Directeur général du Soleil, Lamine Niang, pour son « style de management unique ». À l’en croire, Le Soleil vit « un renouveau ».
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LES UNES DE LA PRESSE DE CE MERCREDI 8 JANVIER 2025
Sud Quotidien, Walf Quotidien, EnQuête, Le Soleil, Vox Populi, Libération, L'Observateur, Le Quotidien, Record, L'As, Yoor-Yoor Bi
EXCLUSIF SENEPLUS - Qui a mené l’enquête de moralité à propos d'Aoua Bocar Ly ? Comment ses malheureuses déclarations ont pu échapper à la vigilance du président qui a signé et à celle du Premier ministre qui a contre-signé le décret la nommant ?
Dans le document de la Stratégie nationale de Développement 2025-2029, on peut lire : « La bonne gouvernance est un pilier fondamental du développement économique et social. A cet égard, elle occupe une place centrale dans les politiques publiques et repose principalement sur les principes d’éthique, de transparence et de redevabilité, faisant du « Jub, Jubal, Jubbanti » (JJJ) un levier de la Transformation systémique. »
Si nous avons combattu le régime de Macky Sall, c’est parce que nous nous sommes rendus à l’évidence, comme beaucoup de Sénégalais, qu’il avait fini par s’empêtrer dans la tyrannie, la turpitude et la promotion de l’anti-JJJ. Et c’est dans la même logique que nous avons soutenu les hérauts du JJJ. Comme nous, peu de Sénégalais avaient une idée claire des compétences de ces derniers à diriger un pays, si on se réfère à leurs états de service. Notre engagement pour qu’ils accèdent au pouvoir était essentiellement motivé par le fait qu’ils nous ont présenté une idéologie reposant sur un souverainisme courageux et intelligent et surtout sur le JJJ. Ce dernier, d’après l’acception que nous en avons, s’il est mis en œuvre dans toute sa plénitude, suffit largement pour inscrire un pays dans les différentes dimensions du développement. Économique, sociale, culturelle, spirituelle…
Nous avions renoncé à publier le présent article le 31 décembre, date de sa production, lorsque nous avions appris le limogeage de Monsieur Cheikh Oumar Diagne, dont le maintien dans l’équipe de la présidence de la République en était le seul motif. Mais, la nomination de Mme Aoua Bocar Ly Tall, le 11 décembre 2024, au Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA) rajoute une couche au souci que nous avons pour la sauvegarde du JJJ, et nous fait revenir sur cette renonciation.
A cause de ces deux affaires, notre espoir suscité par l’avènement du JJJ a pris un coup dont nous espérons qu’il va rapidement se relever. Effet, nous avions beaucoup de mal à comprendre pourquoi Monsieur Cheikh Oumar Diagne restait encore dans l’entourage du président de la République, en tant que Directeur des moyens généraux de la présidence de la République (DMGPR). Le JJJ appliqué dans toute sa rigueur aurait dû amener le président de la République à mettre fin aux fonctions de Monsieur Diagne au sein du palais de la République dans les 24 heures qui ont suivi ses déclarations sur les tirailleurs sénégalais et la CEDEAO (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest), le 21 décembre 2024, sur la chaîne Fafa TV. Nous considérons que ses propos, pleins d’arrogance et très peu empreints de sens politique, sont une offense, un manque de respect au chef de l’Etat. Nous ne les aurions pas nommés ainsi s’ils émanaient d’un opposant politique ou d’un citoyen lambda. Ils ont été tenus par l’un des proches collaborateurs du président de la République. Afin de vous permettre de vous faire une idée de l’extrême gravité de la sortie de Monsieur Diagne, nous vous invitons à écouter vous-mêmes attentivement ses propos dont nous allons vous relater les parties les plus choquantes.
Sur le massacre de Thiaroye.
Le 1er décembre 2024, Monsieur le président de la République, en présence de ses invités dont 5 chefs d’Etat et le corps diplomatique, commémore le massacre des tirailleurs sénégalais, et rend un vibrant hommage à ces derniers. Trois semaines plus tard, le 21 décembre 2024, Monsieur Cheikh Oumar Diagne fait une sortie pour démonter de toute pièce tout le bien que le président de la République pense des héros-victimes du massacre de l’aube du 1er décembre 1944.
Suivons le malheureux duel que Monsieur Diagne a imposé à son patron, le président :
Monsieur le président de la République salue le courage moral du président Français Emmanuel Macron pour avoir assumé que ce qui s’est passé à Thiaroye le 1er décembre 1944 était un massacre et dit : « Je salue l’ouverture des autorités françaises actuelles qui ont accédé à notre requête pour la manifestation de la vérité » ; Monsieur le DMGPR dans un long ddéveloppement sur la diplomatie sénégalaise vis-à-vis de la France, traite cette dernière de pays lâche.
Monsieur le président de la République, parlant des tirailleurs sénégalais, dans un ton empreint d’émotion dit : « …des héros Africains sans défense, armés de courage, de dignité, et de fraternité africaine, ont été froidement abattus… », « Ils méritent tous les honneurs, ils méritent notre respect, ils méritent notre admiration. » ; Monsieur le DMGPR dit qu’il n’aime pas les tirailleurs, qu’il ne les honore pas et qu’ils sont des traîtres, ils ne sont pas des héros. Il rajoute qu’il n’y a aucun pays où on honore des traîtres, et fait même un benchmarking pour son patron, le président de la République, en France, en Algérie et en Italie pour le convaincre et lui donner des exemples de maltraitance infligée à des traîtres comme les tirailleurs sénégalais.
Monsieur le président de la République dit «…il s’agissait d’Africains, en majorité, arrachés à leur terroir contre leur gré pour aller combattre au service de l’empire colonial français d’alors. », « Les tirailleurs sénégalais n’étaient pas des mercenaires, mais bien les défenseurs d’une dignité humaine universelle. » ; Monsieur le DMGPR réplique qu’ils ne sont intéressés que par l’argent et c’est pour cette raison qu’ils ont été humiliés à Thiaroye.
Monsieur le président de la République annonce : « Des rues et des places porteront le nom de cet événement tragique, de ces soldats,.. », « L’histoire de Thiaroye sera enseignée dans les curricula éducatifs » ; Monsieur le DMGPR n’est, une fois de plus, pas d’accord et décrète : « Baptiser des rues au nom des tirailleurs sénégalais revient à enseigner la traîtrise à nos enfants. »
Monsieur le président de la République dit que la cérémonie du 1er décembre 2024 a été organisée « pour nous acquitter d’une dette morale vis-à-vis des tirailleurs et de leurs familles » ; Monsieur le DMGPR dit que ceux qui honorent les tirailleurs ignorent qui ils sont réellement.
Coïncidence troublante entre les déclarations du président de la République dans son discours du 1er décembre 2024 et la façon harmonieuse dont son Directeur des moyens généraux lui a porté la contradiction. L’opposant le plus radical n’aurait pas fait mieux.
Sur la CEDEAO
Monsieur Diagne jette un pavé encore plus gros dans la mare de la diplomatie sénégalaise, en soumettant à une terrible diatribe la CEDEAO dont le Sénégal est membre fondateur depuis un demi-siècle. Soit dit en passant, même la ministre chargée de la diplomatie sénégalaise n’aurait pas dû accepter les violations de son périmètre par le DMGPR.
Les déclarations de Monsieur Diagne sont d’autant plus graves que trois mois après l’accession de Monsieur le président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye au pouvoir, alors qu’il participait pour la première fois à la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO, la 65ème, l’Institution l’a désigné « comme Facilitateur de la CEDEAO dans les discussions de la Communauté avec l'AES (Burkina Faso, Mali, Niger), en collaboration avec S.E. Faure Essozimna Gnassingbé, président de la République Togolaise ». Ce sont les termes du communiqué final, une grande fierté pour le Sénégal.
Suivons maintenant le deuxième duel que Monsieur Diagne a imposé à son patron, le PR :
Monsieur le président de la République, lors de ce 65ème sommet de la CEDEAO, a déclaré « Nous devons tout faire pour éviter le retrait des trois pays frères de la CEDEAO. Ce serait le pire des scénarios et une grande blessure au panafricanisme » ; Monsieur Diagne développe tout un argumentaire et décrète que les Etats de l’AES ont le droit de sortir de la CEDEAO, et que c’est acté, ils ne reviendront pas.
Monsieur le président de la République, lors de sa première participation au Sommet de la CEDEAO a appelé à « travailler pour débarrasser la CEDEAO des clichés et stéréotypes qui la réduisent à la posture d'une organisation soumise aux influences de puissances extérieures et distante des populations qu'elle a la responsabilité historique de servir, conformément à son acte constitutif. » ; Monsieur Diagne déclare que la CEDEAO est le bras armé de l’Occident pour humilier des peuples africains.
Monsieur le président de la République, toujours au 65ème Sommet, dit « alors que nous sommes à la croisée des chemins, le legs précieux des pionniers nous impose l’obligation de retrouver l’unité de la CEDEAO des peuples et son lustre d’antan » ; Monsieur Diagne s’y oppose en déclarant que la CEDEAO, qu’il traite en passant de syndicat de chefs d’Etat, n’est d’aucune utilité, évoque sa dissolution et dit en conclusion que c’est une organisation sans futur.
Noter aussi que dès son premier discours à la Nation, le 4 avril 2024, Monsieur le président de la République avait annoncé la couleur quant à sa position par rapport à la CEDEAO. Il disait : « Nous veillerons, sans cesse, à maintenir et raffermir les relations de bon voisinage et de solidarité agissante au sein de nos organisations communautaires, notamment la CEDEAO et l’UEMOA. »
Pendant que Monsieur Diagne se dressait contre la CEDEAO et les positions du chef de l’Etat vis-à-vis de l’Institution, lors de son 66ème sommet tenu en décembre 2024, une semaine avant sa sortie, la CEDEAO avait chaleureusement félicité Monsieur Bassirou Diakhar Diomaye Faye pour ses efforts de médiation entre la CEDEAO et les pays de l’AES, lui avait renouvelé sa confiance et avait annoncé qu’il se rendrait prochainement dans les pays de l’AES pour poursuivre le dialogue diplomatique en vue de leur réintégration.
Les deux sorties de Monsieur Cheikh Oumar Diagne sur les tirailleurs d’une part, et la CEDEAO d’autre part, à la suite des positions prises par le président de la République, donc par le Sénégal, s’appellent tout simplement du « yabaate » à l’état pur. Passez-moi le mot français s’il vous plaît.
Rappelons que, comme l’y oblige l’article 37 de la Constitution, le président de la République, le 2 avril 2024, lors de sa prestation de serment avait juré devant Dieu et la Nation sénégalaise de « consacrer toutes ses forces à défendre les institutions constitutionnelles,… ». Dès lors, il n’avait plus le choix. Compte-tenu des graves manquements liés à la sortie sur Fafa TV de Monsieur Cheikh Oumar Diagne, le président de la République devait, sans délai, démettre ce dernier de ses fonctions au sein de la présidence de la République, au nom de la défense des institutions constitutionnelles - comme le président de la République - à laquelle il s’est engagé. Même si l’article 44 de la Constitution lui confère le droit de nommer aux emplois civils, il est non seulement légalement tenu par son serment, mais aussi moralement par le JJJ.
Par ailleurs, la faute commise par Monsieur Diagne s’inscrit dans une tendance générale au Sénégal à déconsidérer, offenser, calomnier, insulter l’autorité au nom de la liberté d’expression. Le président de la République et les institutions compétentes de l’Etat devraient travailler sur des mécanismes pour une protection spéciale des autorités politiques. Des ministres au président de la République en passant par les députés. Ils sont dans des positions qui ne leur permettent pas de se défendre comme le fait le commun des mortels. En plus, mettre un terme à leur maltraitance serait plus conforme à la tradition africaine, et à la civilisation tout court. En Afrique, une autorité, on ne l’insulte pas, on ne la gifle pas, en temps normal. Les « grands intellectuels complexés » et certains « défenseurs des droits de l’Homme obligés » vont encore se dresser en défenseur de la liberté d’expression. Hélas, en général, ils ne font que répéter ce que dit l’Occidental. Oui à la liberté d’expression, non au libertinage d’expression. Tout citoyen a le droit de s’opposer radicalement et de formuler des critiques les plus véhémentes à l’encontre des autorités à qui les destinées de la cité sont confiées, dans la limite de ce que permet la civilisation. Ceci est une digression importante par rapport à notre propos du jour.
Pendant que Monsieur Cheikh Oumar Diagne ramait à contre-courant des convictions et orientations historiques et diplomatiques du président de la République, Mme Aoua Bocar Ly Tall tenait des propos éthnicistes en s’essayant à une hiérarchisation des ethnies du Sénégal à la tête de laquelle elle place les Haal Pulaar. Rappelons que l’Article 42 de la constitution stipule que « Le président de la République est le gardien de la Constitution. » et que « Il incarne l’unité nationale. ». Par conséquent, il est difficilement concevable que le président de la République nomme une telle personnalité à un poste aussi important dans un organe national de régulation. De l’audiovisuel de surcroît. Qui a mené l’enquête de moralité à propos de Mme Tall ? Comment ses malheureuses déclarations ont pu échapper à la vigilance du président de la République qui a signé et à celle du Premier ministre qui a contre-signé le décret la nommant ? N’a-t-on pas vu qu’elle avait tenu sur les ethnies des propos de peu de moralité, dans une société pluri-ethnique, où la sauvegarde de la cohésion nationale doit être une lutte de tous les jours ? Notez qu’avant elle, Monsieur Cheikh Oumar Diagne avait déclaré qu’il ne portait pas Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké, fondateur du Mouridisme, dans son coeur. Ce qui ne l’a pas empêché d’être nommé au poste de DMGPR. Quelles que soient, par ailleurs, les valeurs et les compétences que l’on pourrait reconnaître à une personnalité, ces types de déclaration la disqualifie d’office pour un poste de responsabilité publique d’envergure nationale. Ils constituent un danger pour la Nation.
Les faits ainsi décrits nous amènent à revisiter la définition et l’application du JJJ. Nous aimerions d’abord en préciser une conception que nous partageons sans doute avec beaucoup de Sénégalais. Ce puissant concept va bien au-delà de « travailler 15 ans aux impôts et domaines sans un seul franc détourné ». Il importe de bien saisir le sens du JJJ intégral qui fonde la décision et l’espoir de beaucoup parmi les 54.28% d’électeurs qui ont voté le 24 mars 2024 pour le Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye. A notre sens, le JJJ intégral s’appuie essentiellement sur 5 piliers :
La préservation des deniers publics au sens large. Le niveau le plus élémentaire étant le fait de ne pas en détourner, il s’agit surtout de prendre les meilleures décisions pour le bien du pays, en s’appuyant sur une bonne intelligence économique.
Le souverainisme et la fin du complexe vis-à-vis de l’autre qui plombe nos capacités d’initiative comme disait Aimé Césaire. C’est la mort du « mental slavery » comme l’appellait Bob Marley.
L’application de la justice dans toute sa rigueur. Pour cela, la base philosophique devrait être l’article 1 de la Charte du Mandé, déclaration des droits de l’Homme du Royaume du Mali de 1236 : « Une vie est une vie ; une vie n'est pas plus ancienne ni plus respectable qu'une autre vie, de même qu'une autre vie n'est pas supérieure à une autre vie. »
La transparence et la reddition des comptes. Les nouvelles autorités sénégalaises ne devraient pas se laisser brider par le complexe de l’« élégance républicaine » qu’on leur chante tous les jours. Pas d’élégance à l’égard des non-élégants avec le peuple ! L’exemple doit être donné pour inspirer les acteurs politiques actuels et futurs.
La rigueur dans le choix des principaux acteurs du JJJ, et la force mentale et l’humilité de s’amender lorsqu’on fait fausse route. Il s’agit notamment de mûrir les décisions à prendre, d’accepter de changer d’orientation politique lorsque celle en cours nous mène vers le mur, mais aussi de se séparer de collaborateurs pour incompétence ou manquements. Ceci est un impératif, quelle que soit la relation ou l’affection qui pourrait lier l’autorité au collaborateur en question.
Pour les 4 premiers piliers, les signaux envoyés depuis l’installation du président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye à la tête du pays nous fondent à être optimiste. Par contre, la nomination de Monsieur Cheikh Oumar Diagne, sa réaction tardive face à l’attitude de ce dernier à son égard, et la nomination de Mme Aoua Bocar Ly Tall administrent une inquiétante écornure au 5ème.
Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar Faye,nous comprendrions parfaitement que vous ayez humainement la largesse d’être indulgent par rapport à certains actes répréhensibles posés par vos proches, mais le président de la République du Sénégal que vous incarnez a le devoir constitutionnel de préserver le respect dû à l’Institution qui transcende les locataires temporaires du palais de la République ; et de veiller à l’unité de la Nation sénégalaise. Permettez-moi, Monsieur le président de la République, de ramener un rappel que j’avais fait à Monsieur Macky Sall, dans un article intitulé « Trop, c’est trop Macky », publié le 9 février 2024 dans SenePlus : « Nous vivons dans une société organisée qui, à tour de rôle, confie la coordination de ses activités à un de ses membres, appelé président de la République. » Ce dernier a donc, entre autres, la lourde responsabilité de protéger l’Institution à lui confiée par le peuple, afin que ses successeurs n’aient pas à pâtir du peu de considération que le citoyen pourrait en avoir ; et de choisir les meilleurs parmi nous, du point de vue technique et moral, pour construire le Sénégal.
Monsieur Ousmane Sonko, président du Pastef, dans sa déclaration du 5 janvier 2025 visant, à juste titre, à rassurer les militants et sympathisants du parti et défendre le président de la République, a donné l’impression de minimiser les faits qui ont soulevé un tollé dans les rangs de ses souteneurs ces derniers jours. Mais permettez-nous de souligner que, au-delà des affaires Cheikh Oumar Diagne et Aoua Bocar Ly Tall, notre inquiétude se situe surtout dans ce qu’elles laissent augurer. La perspective de voir le JJJ souffrir des difficultés que nos nouvelles autorités auraient à choisir les profils adéquats aux différents postes, et à relever leurs collaborateurs lorsque cela s’impose. Ces types d’exercice sont inhérents à la marche de toute organisation qui se veut juste et efficace. Pire, toute entreprise incapable de sélectionner convenablement et de sanctionner positivement et négativement ses acteurs est vouée à l’échec. Que Dieu nous garde de l’échec du régime du Jub, Jubal, Jubbanti ! L’espérance est énorme mais nous restons vigilants. Et, nous nous réjouissons du dialogue qui s’installe entre l’opinion et les nouvelles autorités politiques. A ma connaissance, le Sénégal n’a jamais eu une opinion publique aussi regardante par rapport à la gestion de l’Etat et de ses démembrements. Et il est heureux de voir les autorités leur apporter la réplique en termes d’explications et de clarifications. Monsieur le Premier ministre, ce phénomène est à encourager, il révèle une maturité démocratique qui ne pourrait être que bénéfique pour notre pays. Rassurez-vous, l’opinion publique sénégalaise a une profonde conscience politique et fait bien le discernement entre erreur, faute et turpitude. C’est d’ailleurs, cette faculté qui a amené ce vaillant peuple à vous porter au pouvoir malgré la campagne de diabolisation sans nom que vous et le Pastef avaient subie pendant trois longues années.
Que vive la révolution du Jub, Jubal, Jubbanti intégral ! Elle est une voie qui peut certes avoir un coût important en capital social et politique mais il faut se préparer à assumer les pertes qui y sont inhérentes, car elle est le seul chemin qui mène vers le bout du tunnel, la prospérité de notre cher Sénégal.
Abdou Sène est Professeur titulaire de classe exceptionnelle en mathématiques appliquées, Université numérique Cheikh Hamidou Kane.
ALIOUNE TINE APPELLE AU RESPECT MUTUEL ENTRE L’AES ET LA CEDEAO
Dans un contexte de tensions croissantes entre les deux organisations, le fondateur d’Afrikajom Center, a réagi aux propos du général Assimi Goïta qualifiant la CEDEAO de « groupe terroriste ». Sur X, il a plaidé pour un dialogue constructif.
Le fondateur d’Afrikajom Center Alioune Tine, a réagi aux récentes déclarations du général Assimi GOÏTA, dans un contexte de tensions exacerbées entre le Mali et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).
Ce dernier a qualifié la CEDEAO de « groupe terroriste» en raison de ses sanctions imposées au Mali et au Niger, dénonçant des méthodes qu’il juge inacceptables.
Sur X, le défenseur des droits de l’homme a souligné l’importance d’un dialogue constructif entre les nations africaines.
«Les Africains doivent garder entre eux un minimum de respect mutuel », a-t-il déclaré, appelant à une réévaluation des relations entre l’Alliance des États du Sahel (AES) et la CEDEAO.
Selon lui, il est crucial de ne pas considérer l’une comme l’ennemie de l’autre, mais plutôt de travailler ensemble pour le bien-être des populations.
Tine a également insisté sur le fait que les pays de la région doivent cesser d’être des « relais des luttes d’influence des grandes puissances » au Sahel.
Il a évoqué la nécessité de se concentrer sur des enjeux fondamentaux tels que la paix, la sécurité et la réconciliation, qui sont essentiels pour la stabilité de la région.
Alioune Tine a par reconnu les difficultés rencontrées par le Mali et le Niger, mais a plaidé pour une approche plus collaborative et moins antagoniste.
« Nous devons cesser de nous opposer et chercher des solutions ensemble », a-t-il ajouté, appelant à un dialogue apaisé et respectueux entre l’AES et la CEDEAO.
Il a cette occasion souligné que la paix et la sécurité en Afrique de l’Ouest dépendent d’une collaboration sincère et d’un engagement commun à surmonter les défis actuels.
LE CHÔMAGE EN HAUSSE À 20,3 % AU TROISIÈME TRIMESTRE
Cette tendance à la hausse s’accompagne d’une baisse de la participation au marché du travail et d’inégalités persistantes, notamment chez les jeunes, les femmes et en milieu rural.
Les derniers chiffres publiés par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) peignent un tableau sombre du marché de l’emploi sénégalais.
En effet, le taux de chômage a continué de grimper au troisième trimestre 2024, atteignant 20,3%, soit une hausse de 0,8 point par rapport à la même période l’année précédente.
Cette nouvelle augmentation du chômage s’inscrit dans une tendance à la hausse observée depuis le début de l’année.
Au premier trimestre, le taux de chômage avait déjà atteint 23,2%, puis 21,6% au deuxième trimestre. Bien que légèrement inférieur aux pics historiques de 2020, ce niveau reste préoccupant.
Parallèlement à cette hausse du chômage, on observe une baisse de la participation au marché du travail.
En effet, 58,3% des Sénégalais en âge de travailler sont actuellement à la recherche d’un emploi, soit 3,1 points de pourcentage de moins qu’en 2023. Cette baisse pourrait s’expliquer par un certain découragement face aux difficultés à trouver un emploi.
Les données de l’ANSD mettent également en évidence des inégalités marquées sur le marché du travail.
Le taux de chômage est plus élevé chez les jeunes et les femmes.
Par ailleurs, les disparités entre les zones rurales et urbaines persistent, avec un taux de chômage plus élevé en milieu rural.