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6 avril 2025
L’OCI CONDAMNE L’ATTAQUE CONTRE LE PRÉSIDENT SOMALIEN
Par la voix de son secrétaire général, Hussein Ibrahim Taha, l’organisation a exprimé sa solidarité avec la Somalie et réaffirmé son soutien aux efforts du gouvernement pour préserver la sécurité et la stabilité du pays.
Dakar, 19 mars (APS) – L’Organisation de la coopération islamique (OCI), par la voie de son secrétaire général, Hussein Ibrahim Taha, a condamné, avec fermeté, l’attaque ayant visé, mardi à Mogadiscio, le convoi du président de la République fédérale de Somalie, Hassan Sheikh Mohamud.
‘’Le Secrétaire général de l’Organisation, Hussein Ibrahim Taha, a exprimé sa ferme condamnation de cet acte odieux et a présenté ses condoléances au gouvernement et au peuple somaliens ainsi qu’aux familles des victimes, souhaitant un prompt rétablissement aux blessés’’, rapporte l’UNA, union des agences de presse de l’OCI sur sa page officielle.
M. Taha a réitéré la solidarité et le soutien de l’OCI à la République fédérale de Somalie et à son peuple, ‘’pour faire face à toutes les menaces qui pèsent sur sa sécurité et sa stabilité’’.
Le secrétaire général de l’OCI a réaffirmé le soutien de l’organisation aux efforts du gouvernement somalien.
Le cortège principal du président somalien, Hassan Sheikh Mohamud, en partance pour l’aéroport, à Mogadiscio, a été la cible dans une attaque à la bombe, à l’origine de la mort de plusieurs personnes et de nombreux autres blessés. L’attentat a été revendiqué par le mouvement Al-Shabaab.
Le président somalien, Sheikh Mohamud, est sorti indemne de cette tentative d’assassinat, selon un communiqué de la présidence somalienne.
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LA POLÉMIQUE MOUSTAPHA SARRÉ
En affirmant que Moustapha Ba a été "tué dans des conditions troubles", le porte-parole du gouvernement a franchi une ligne rouge que sa clarification ultérieure peine à effacer. Pendant ce temps, l'enquête pour "mort non naturelle" suit son cours
Lors d'une intervention qui circule largement sur les réseaux sociaux, Moustapha Sarré, porte-parole du gouvernement, a tenu certains propos, suscitant de vives réactions. "Il a été tué dans des conditions troubles", avait-il affirmé en parlant de l'ancien ministre des Finances et du Budget, Mamadou Moustapha Ba. Le ministre a ajouté que "plusieurs jours" se seraient écoulés avant que des informations sur les circonstances du décès ne soient rendues publiques, soulevant selon lui des questions légitimes sur ce qui s'est réellement passé.
Ces déclarations prennent une dimension particulière dans la mesure où la mort de l'ancien argentier national survenue en France en novembre dernier, fait actuellement l'objet d'une enquête judiciaire. Le procureur de la République avait d'ailleurs justifié l'ouverture de cette procédure en évoquant explicitement une "mort non naturelle"
Face à l'ampleur prise par la controverse, Moustapha Sarré a tenu à clarifier sa position dans une publication sur sa page Facebook ce mercredi 19 mars 2025. Le ministre y affirme que ses propos ont été sortis de leur contexte et manipulés pour créer une polémique stérile.
"Quand on manque d'arguments, on fabrique des polémiques," écrit-il, ajoutant que "les champions du maquillage des chiffres et de la diversion tentent aujourd'hui d'exister autrement qu'en assumant leur bilan."
Il précise surtout que, "comme tout citoyen", il a simplement exercé son "droit de s'interroger sur des faits marquants de notre actualité, sans pour autant faire d'affirmations".
Cette controverse s'inscrit dans un climat politique particulièrement tendu au Sénégal, où le nouveau régime procède à l'examen minutieux de la gestion de l'administration précédente.
"Pendant qu'ils polémiquent, nous avançons, déterminés à bâtir un Sénégal nouveau, sur la base de la vérité, de la rigueur et du développement pour tous", le porte-parole du gouvernement dans sa publication.
PRESSE SOUS PRESSION, LE CDEPS TIRE LA SONNETTE D’ALARME
Suspension de chaînes télévisées, injonctions de cesser la diffusion et restrictions administratives mettent en péril l’indépendance des médias. Face à cette situation, le Conseil des Éditeurs et Diffuseurs de Presse du Sénégal prépare une riposte.
Le secteur médiatique sénégalais traverse une crise sans précédent. En l’espace de 48 heures, plusieurs décisions unilatérales des autorités ont fragilisé les entreprises de presse, suscitant l’indignation des professionnels du secteur.
La Télédiffusion Sénégalaise (TDS-SA) a brutalement suspendu ou altéré le signal de quatorze chaînes de télévision locales, invoquant des retards de paiement. Une décision appliquée sans préavis ni recours possible. Parallèlement, plusieurs médias ont reçu des injonctions de cesser immédiatement leur diffusion, sous peine de poursuites pénales, en raison d’une prétendue non-conformité administrative. Désormais, exercer le métier de journaliste au Sénégal semble conditionné à une reconnaissance administrative et politique, une situation inédite dans le pays.
Face à ces mesures jugées « arbitraires et coercitives », le Conseil des Éditeurs et Diffuseurs de Presse du Sénégal (CDEPS) tire la sonnette d’alarme. L’organisation dénonce une volonté manifeste de museler la presse et de restreindre la liberté d’informer, en violation des principes fondamentaux inscrits dans la Constitution et le Code de la presse. Depuis l’arrivée au pouvoir du nouveau gouvernement en avril 2024, les professionnels des médias font face à une série de restrictions qui mettent en péril leur indépendance et leur survie économique.
Le recours déposé en septembre 2024 contre l’arrêté instituant la « Commission d’examen et de validation des entreprises de presse » est resté sans réponse. Pire, de nouvelles violations ont été constatées, incitant le CDEPS à saisir la Cour suprême pour obtenir réparation.
Dans ce climat de tensions croissantes, le CDEPS prépare une riposte. Une mobilisation nationale et internationale est en cours, avec en ligne de mire une manifestation symbolique le 3 mai, à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse. L’organisation appelle les citoyens, la société civile et les défenseurs des droits humains à se mobiliser pour défendre un environnement médiatique libre et indépendant au Sénégal.
LE COMMUNIQUÉ DU CONSEIL DES MINISTRES DU MERCREDI 19 MARS 2025
Le chef de l'Etat a souligné la nécessité d’examiner les possibilités de revalorisation des pensions de retraite les plus faibles et d’engager avec les agents de l’Etat, les travailleurs et les partenaires sociaux.
Le Chef de l’Etat, Son Excellence, Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar Faye a présidé, ce mercredi 19 mars 2025, la réunion hebdomadaire du Conseil des Ministres, au Palais de la République.
A l’entame de sa communication, le Chef de l’Etat a évoqué les visites de courtoisie et de présentation de condoléances qu’il a effectuées à Touba et à Darou Mouhty, le samedi 15 mars 2025. Il a adressé ses remerciements au Khalife général des Mourides, Serigne Mountakha Bassirou Mbacké et à l’ensemble des chefs religieux rencontrés, pour leur accueil chaleureux, la qualité des échanges et les prières formulées pour un Sénégal de paix, de prospérité et de solidarité.
Le Président de la République a abordé la problématique de l’audit des chantiers et travaux inachevés et du changement de paradigme dans le pilotage de la réalisation optimale des infrastructures publiques. En effet, il est constaté, depuis plusieurs années, un nombre important de chantiers inachevés dans plusieurs localités du Sénégal. C’est le cas dans les secteurs de l’enseignement supérieur, de l’éducation, de la formation professionnelle et technique, de la santé, de l’énergie, de l’assainissement, des routes et des sports.
Aussi, a-t-il demandé au Premier Ministre de faire procéder dans chaque ministère, au recensement exhaustif des projets de construction inachevés et de proposer les voies et moyens de restructuration et de relance desdits chantiers, dans le respect du code des marchés publics et des procédures du ressort de l’Agence judiciaire de l’Etat.
Il a également souligné l’urgence de faire le point sur les projets relevant du PUDC, de PROMOVILLES, du PNDL et du PUMA, différents programmes dont la mutualisation des interventions participe du renforcement de l’efficacité de la territorialisation des politiques publiques.
Le Chef de l’Etat a, en outre, demandé au Premier Ministre d’examiner les possibilités de repositionnement institutionnel de l’Agence de Construction des Bâtiments et Edifices publics (ACBEP) dans le pilotage de la réalisation de certaines infrastructures publiques de base avec des coûts plafonds homologués et un mode de financement pluriannuel budgétaire maitrisé.
Dans le même sillage, il a indiqué au Premier Ministre, au Ministre des Finances et du Budget et au Ministre en charge des Collectivités territoriales, la nécessité de définir avec les partenaires techniques et financiers de l’Etat, un nouveau format d’intervention de l’Agence d’Exécution des Travaux d’Intérêt public contre le sous-emploi (AGETIP) et de l’Agence de Développement municipal (ADM) en cohérence avec le cadrage budgétaire, les principes directeurs de l’Agenda national de Transformation et les stratégies de promotion de l’emploi des jeunes. Dès lors, il a relevé la nécessité de faire la situation exhaustive de tous les projets sectoriels développés ou placés sous la maitrise d’ouvrage déléguée de l’AGETIP et de l’ADM et de veiller à la synergie d’actions de ces deux entités publiques aux statuts particuliers.
Par ailleurs, le Président de la République a invité le Ministre des Finances et du Budget et le Ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires à engager la réflexion, avec toutes les parties prenantes, sur un nouveau modèle de consolidation des financements disponibles en vue de la réalisation de projets publics prioritaires dans chaque pôle-territoire identifié.
Soulignant la priorité accordée à l’emploi des jeunes, le Chef de l’Etat a rappelé au Gouvernement que la jeunesse de la population doit inciter l’Etat et les acteurs économiques et sociaux à travailler ensemble pour promouvoir l’entreprenariat et l’insertion des jeunes demandeurs d’emploi sur l’étendue du territoire national. Il a demandé au Premier Ministre et au Ministre en charge de l’Emploi d’accélérer la finalisation, avant fin avril 2025, du document portant « Nouvelle Politique nationale de l’Emploi ». Il a souligné l’impératif d’asseoir un système d’information gouvernemental performant et fiable sur le marché du travail en cohérence avec les bases de données des diplômés de la formation professionnelle et technique dans les centres et les Instituts supérieurs d’Enseignement professionnel (ISEP)
notamment.
Le Président de la République a invité le Premier Ministre à accélérer l’harmonisation des interventions et la mutualisation des ressources de toutes les structures publiques de promotion de l’entreprenariat et de l’emploi des jeunes.
Abordant la question de la modernisation du système de retraite et de sécurité sociale, le Chef de l’Etat a demandé au Gouvernement de placer cette problématique au cœur de la valorisation du travail et de la politique de protection sociale de l’Etat. Aujourd’hui, la structure de la population sénégalaise et l’allongement progressif de l’espérance de vie appellent une anticipation dans la gestion financière des dépenses sanitaires et sociales notamment celles liées à la retraite et à la sécurité sociale. Il a demandé au Ministre en charge du Travail et de l’Emploi, de finaliser, en relation avec les partenaires sociaux, le projet de Code unique de Sécurité sociale, texte de loi devant contribuer à améliorer significativement la gouvernance des institutions de prévoyance sociale [Institution de Prévoyance Retraite du Sénégal (IPRES), Caisse de Sécurité sociale (CSS) et Institution de Prévoyance Maladie (IPM)].
Dans le même élan, le Président de la République a invité le Ministre des Finances et du Budget à attacher une importance particulière à la maitrise des dépenses de santé des agents de l’Etat, à la viabilité financière de la Couverture sanitaire Universelle et surtout à l’équilibre systématique et durable du Fonds national de Retraite (FNR). A cet effet, il a invité le Ministre des Finances et du Budget et le Ministre en charge du Travail à faire le point, avant fin juillet 2025, sur la situation financière du système de retraites (FNR et IPRES) et ses perspectives d’évolution, au regard des dynamiques du marché du travail à court, moyen et long terme.
Enfin, il a souligné la nécessité d’examiner les possibilités de revalorisation des pensions de retraite les plus faibles et d’engager avec les agents de l’Etat, les travailleurs et
les partenaires sociaux, un processus d’incitation à la mise en place accélérée de retraites supplémentaires par capitalisation.
Dans sa communication, le Premier Ministre a souligné les préoccupations récurrentes des producteurs agricoles relativement aux difficultés d’écoulement des récoltes de certains produits, notamment arachidiers, horticoles et de maïs, du fait principalement de dysfonctionnements notés dans les circuits de commercialisation.
À cet égard, il a noté l’exigence de garantir le fonctionnement adéquat de toutes les composantes des filières agricoles, y compris l’intervention des intermédiaires financiers, au regard de l’objectif de souveraineté alimentaire de l’Agenda Vision Sénégal 2050. Face à cette situation, et en perspective des fêtes de Korité et de Pâques, avec les charges encourues par les ménages, il a invité les Ministres en charge de l’Agriculture, des Finances et du Commerce, à lui soumettre, en vue de l’approbation par le Président de la République, les mesures urgentes à déployer, au plus tard le lundi 24 mars 2025, pour trouver une solution à la situation des stocks en souffrance de la production notamment arachidière, horticole et de maïs. De manière plus structurelle, il a demandé aux Ministres susvisés de mettre en place, au plus tard à mi-avril 2025, un cadre de concertation interministériel consacré à la problématique de la commercialisation des produits agricoles de façon plus globale.
Abordant le deuxième point de sa communication, le Premier Ministre a rappelé que l’option fondamentale du Gouvernement pour la transformation systémique du Sénégal requiert le renforcement de la culture de la performance dans l’Administration publique aussi bien à l’échelle de chaque entité des secteurs publics et parapublics qu’à celle des agents de ces entités. Il a noté les avancées induites, au niveau réglementaire, par la transposition par le Sénégal du cadre harmonisé des finances publiques de l’UEMOA, notamment l’institution de la gestion axée sur les résultats.
Toutefois, le Premier Ministre a déploré l’inefficacité du dispositif du fait de la faible adhésion des acteurs clés, du retard accusé dans la mise en place de ce dispositif dans son volet suivi-évaluation mais, surtout, de l’absence de solides règles établies en matière de fixation d’objectifs individuels annuels aux agents et d’évaluation de leurs performances. Cette situation explique l’impossibilité de différencier les performances individuelles des agents. Par conséquent, le Premier Ministre a demandé au Ministre chargé de la Fonction publique, en relation avec le Ministre chargé des Finances et le Ministre, Secrétaire général du Gouvernement, d’accorder une priorité absolue à la problématique de l’évaluation de la performance individuelle des agents dans la feuille de route 2025 du Plan d’action 2025-2029 de l’Agenda Vision Sénégal 2050.
Enfin, le Premier Ministre a relevé la nécessité de se pencher sur le non-respect de l’obligation de ravalement des façades des bâtiments publics et privés. À cet effet, il a
demandé au Ministre en charge de l’Urbanisme de lui proposer des mesures sur cette problématique conformément à la réglementation en vigueur.
AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES :
le Ministre de l’Industrie et du Commerce a fait une communication sur l’approvisionnement du marché en denrées de première nécessité ;
le Ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Elevage a fait le point sur la campagne de commercialisation de l’arachide et le suivi de la campagne
horticole.
Le Ministre de la Formation professionnelle et technique,
Porte-Parole du Gouvernement
Amadou Moustapha Njekk Sarré
L'ARMEE NIGERIENNE AFFIRME AVOIR SECOURU CINQUANTE MIGRANTS EN DETRESSE DANS LE DESERT
Cinquante migrants « en détresse » ont été secourus en fin de semaine dans le nord désertique du Niger, près de la frontière libyenne, point de passage sur la route vers l’Europe, a annoncé dimanche 16 mars l’armée nigérienne.
Cinquante migrants « en détresse » ont été secourus en fin de semaine dans le nord désertique du Niger, près de la frontière libyenne, point de passage sur la route vers l’Europe, a annoncé dimanche 16 mars l’armée nigérienne.
Les cinquante migrants, dont vingt femmes et douze enfants, étaient « en détresse sous des conditions climatiques extrêmes » lorsque le véhicule qui les transportait est tombé en panne, vendredi, a précisé l’armée dans son dernier bulletin des opérations. C’est un détachement de la brigade d’intervention rapide des militaires qui leur a « porté secours » dans la zone nigérienne de Djado, à quelque 200 kilomètres de la frontière libyenne, a-t-elle indiqué.
Les migrants ont reçu les « soins d’urgence » après leur évacuation vers le « puits de l’espoir », un point d’eau rarissime dans cette région où les voyageurs et des milliers de migrants font souvent escale dans leur périlleuse traversée du désert. L’armée ne précise pas les nationalités des cinquante personnes, qui se dirigeaient vers la Libye.
En 2024, plus de 31 000 migrants ont été expulsés d’Algérie vers le Niger voisin, selon l’ONG nigérienne Alarme Phone Sahara (APS), qui évoque un chiffre record.
MALI-OIF, UN DEPART AUX IMPLICATIONS MULTIPLES
Le 18 mars 2025, le Mali a officialisé son retrait de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) mettant fin à 55 ans de coopération. Cette décision, sous l’autorité du général Assimi Goita accentue la rupture avec les partenaires francophones
Le 18 mars 2025, le Mali a officialisé son retrait de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), mettant fin à 55 ans de coopération. Cette décision, sous l’autorité du général Assimi Goita, accentue la rupture avec les partenaires francophones traditionnels et s’inscrit dans une stratégie de réorientation des alliances, notamment avec la Russie et la Chine.
Le retrait du Mali de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), officialisé par le communiqué conjoint de la Confédération des États du Sahel (AES) du 18 mars 2025, marque un tournant historique pour le pays. Cette décision, prise sous l’autorité du général Assimi Goita, met fin à 55 ans d’appartenance à une organisation dont le Mali était membre fondateur depuis la création de l’ACCT en 1970. Ce choix diplomatique s’inscrit dans une stratégie plus large de réorientation des alliances internationales et d’affirmation de la souveraineté nationale.
Ce départ accentue la rupture avec les partenaires francophones traditionnels, notamment la France, le Canada et la Belgique, tout en renforçant l’axe stratégique avec le Burkina Faso et le Niger au sein de l’AES. Il traduit également un recentrage diplomatique du Mali vers des alliances alternatives, notamment avec la Russie et la Chine.
Les conséquences pratiques de ce retrait seront nombreuses pour les programmes en cours. Plusieurs initiatives financées par l’OIF, notamment dans les domaines de l’éducation, des médias et de la formation professionnelle, seront progressivement suspendues. Les projets de lutte contre la désinformation utilisant l’intelligence artificielle et les contenus audiovisuels en langues locales risquent d’être interrompus. Les programmes d’enseignement du français aux forces de sécurité, en partenariat avec l’ancienne Minusma, pourraient également être affectés. Cette situation crée un vide institutionnel que l’État malien devra combler rapidement pour maintenir la continuité des services.
Sur le plan linguistique et culturel, ce retrait pourrait accélérer l’évolution déjà en cours concernant le statut du français au Mali. Bien que langue officielle de travail, le français coexiste avec plusieurs langues nationales qui bénéficient désormais d’une reconnaissance officielle. Sans le soutien de l’OIF à la promotion du français, le gouvernement malien pourrait accentuer la valorisation des langues locales dans l’administration et l’éducation. Cette situation représente à la fois un défi et une opportunité pour renforcer les expressions culturelles nationales.
Conformément à l’article 10 de la Charte de l’OIF, le retrait ne sera effectif qu’après une période de six mois, laissant un délai pour gérer la transition. Cette période sera cruciale pour établir de nouveaux mécanismes de soutien aux secteurs précédemment appuyés par l’organisation. Si l’expérience d’autres pays comme Madagascar ou la Côte d’Ivoire suggère qu’un retour est toujours possible en cas de changement politique, le Mali semble pour l’instant déterminé à tracer sa voie en dehors du cadre francophone.
Ce retrait constitue donc un moment charnière pour le Mali, qui devra désormais recomposer son identité sur la scène internationale et relever de nombreux défis pratiques. Les implications de cette décision se manifesteront progressivement dans les mois et années à venir, redessinant le paysage diplomatique, linguistique et culturel du pays.
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LA PACIFICATION SERA LE MAÎTRE MOT…
Dans un entretien exclusif accordé à Radio Sénégal, Alioune Badara Kandji, récemment nommé recteur de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), a tracé les grandes lignes de sa mission et de ses ambitions pour cette institution ...
Dans un entretien exclusif accordé à Radio Sénégal, Alioune Badara Kandji, récemment nommé recteur de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), a tracé les grandes lignes de sa mission et de ses ambitions pour cette institution de renommée internationale. Pour sa première sortie, le recteur a mis l’accent sur les réformes qu’il envisage, notamment dans la gouvernance, la pédagogie, la recherche, la pacification de l’espace universitaire et la lutte contre la fraude.
« C’est une grande joie, d’autant plus que j’ai été choisi parmi 19 candidats. Mais cette joie est mesurée, car nous avons pleinement conscience de la lourde responsabilité que cela implique. L’UCAD est une institution de référence qui a joué un rôle clé dans la construction de notre État, ainsi que dans la formation de ressources humaines de qualité. Il est de notre devoir de préserver et d’enrichir ce précieux héritage », a déclaré Alioune Badara Kandji.
Le recteur a souligné que l’UCAD se trouve à un tournant de son histoire, et qu’il est crucial de faire les bons choix pour l’avenir de l’institution. « Le bon chemin, c’est celui qui nous conduit à la souveraineté et au développement. Nous devons opérer des ruptures dans la gouvernance, la pédagogie, la recherche, et renforcer notre coopération internationale afin que l’UCAD retrouve sa place dans le paysage scientifique mondial », a-t-il précisé.
Alioune Badara Kandji a également abordé l’importance de la pacification de l’espace universitaire. Selon lui, cela est primordial pour garantir la qualité de l’enseignement et des recherches. « C’est un grand chantier qui nécessitera une approche inclusive et participative de toute la communauté universitaire. Il est essentiel de mettre en place des mécanismes de prévention et de résolution des conflits. Sans pacification, il est impossible d’offrir un programme de formation et de recherche de qualité. La pacification sera le maître mot dans tous les cas. », a-t-il affirmé.
L’un des défis majeurs que le nouveau recteur souhaite relever est la lutte contre la fraude académique. « Nous devons éradiquer la fraude pour crédibiliser nos formations et les diplômes que nous délivrons. Nous allons instaurer un manuel de procédure et une charte des examens pour sécuriser le système d’évaluation. », a-t-il annoncé.
LE SÉNÉGAL EN PLEIN DANS LES PREPARATIFS DU HAJJ 2025
À l’approche du Hajj 2025, les autorités sénégalaises mettent tout en œuvre pour garantir le bon déroulement du pèlerinage. Dans ce cadre, une mission conjointe du ministère de l’Intégration africaine et de la Délégation général au pélérinage s'est ...
À l’approche du Hajj 2025, les autorités sénégalaises mettent tout en œuvre pour garantir le bon déroulement du pèlerinage. Dans ce cadre, une mission conjointe du ministère de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères et de la Délégation générale au pèlerinage (Dgp) s’est rendue à Djeddah du 7 au 14 mars 2025. L’objectif de cette mission était de mener des échanges techniques avec les autorités saoudiennes afin de peaufiner les préparatifs pour le pèlerinage de cette année.
Le Sénégal a obtenu un quota de 12 860 pèlerins pour cette édition. À ce jour, 7 000 pèlerins se sont déjà inscrits, mais les contrats relatifs au logement et au transport doivent être finalisés avant la date butoir du 25 mars 2025, fixée par le ministère saoudien du Hajj. En effet, passé ce délai, les voyagistes qui ne respecteront pas leurs engagements risquent l’annulation de leurs transactions et le rapatriement des fonds.
Malgré l’ouverture du portail de paiement pour les hôtels à La Mecque et Médine, une lenteur préoccupante dans la finalisation des paiements a été constatée. Certains voyagistes n’ont toujours pas honoré leurs obligations, exposant ainsi les pèlerins à un risque de forclusion.
Face à cette situation, la Dgp a adressé une mise en demeure aux voyagistes le 13 mars 2025. Cette démarche vise à les inciter à accélérer les paiements et à respecter les engagements prévus dans le cahier des charges et la charte de regroupement. La Dgp a également appelé les chefs de regroupement à faire preuve de solidarité et de rigueur pour éviter tout désagrément aux pèlerins.
La Dgp a réaffirmé sa disponibilité à accompagner les acteurs concernés dans ces étapes cruciales, soulignant l’importance de respecter les délais et d’assurer une bonne organisation du pèlerinage.
LE FONSIS ET LA SOMISEN S’ASSOCIENT POUR UNE USINE DE RAFFINAGE D’OR
Ce projet vise à renforcer la souveraineté économique du Sénégal en mobilisant des investissements nationaux et internationaux pour la transformation locale des ressources minières.
Le Fonds Souverain d’Investissements Stratégiques (Fonsis) et la Société des Mines du Sénégal (Somisen S.A.) ont signé mercredi, un accord de partenariat en vue de la création d’un comptoir national et d’une usine de raffinage de l’or issu des mines artisanales et semi-mécanisées. Cet accord stratégique constitue une avancée majeure dans la transformation locale des ressources minières.
À travers ce partenariat, souligne un communiqué conjoint des deux agences, le Fonsis et la Somisen entendent mobiliser des investissements nationaux et internationaux pour concrétiser ces projets structurants, qui renforceront la souveraineté économique du Sénégal dans le secteur minier.
« La transformation locale des ressources minières est un enjeu clé de souveraineté économique. Ce partenariat entre le Fonsis et la Somisen revêt donc une importance capitale pour le secteur minier. Il permettra la création de la première société de raffinage d’or à capitaux sénégalais », a déclaré Babacar Gning, Directeur Général du Fonsis.
Ngagne Demba Touré, Directeur Général de la Somisen, a également souligné que « Cet accord constitue un jalon clé dans la mise en œuvre de l’axe Économie compétitive de l’Agenda National de Transformation Sénégal Vision 2050, qui ambitionne de faire du secteur minier un moteur de croissance. »
LA SENELEC FREINÉE À BRAZZAVILLE
L'énergéticien sénégalais, qui avait devancé des concurrents internationaux de renom comme Hydro Operation International ou PowerCom, voit sa première grande percée en Afrique centrale compromise par des considérations de politique intérieure congolaise
(SenePlus) - La Société nationale d'électricité du Sénégal (Senelec) vient de voir son expansion internationale brutalement freinée au Congo-Brazzaville. L'énergéticien sénégalais, qui avait remporté un important contrat d'affermage pour la distribution et la commercialisation d'électricité dans ce pays d'Afrique centrale, se retrouve au cœur d'une controverse diplomatico-syndicale.
La Senelec avait réussi un tour de force en s'imposant face à plusieurs concurrents internationaux de renom. Comme le rapporte Jeune Afrique, l'entreprise sénégalaise avait devancé "le Suisse Hydro Operation International, le Chinois Inhemeter, l'Israélien PowerCom ou encore le Libanais Mrad Company for Trade, Industry and Contracting" lors d'un appel d'offres international lancé en mai dernier.
Ce succès, qui marquait une étape cruciale dans la stratégie d'expansion régionale de la Senelec, n'aura été que de courte durée. Selon les informations publiées par l'hebdomadaire panafricain, le Premier ministre congolais Anatole Collinet Makosso a ordonné la suspension du contrat à peine deux semaines après sa signature, cédant aux pressions des syndicats d'Énergie électrique du Congo (E2C).
Le directeur général de la Senelec, Pape Toby Gaye, a reçu une notification officielle du ministre congolais de l'Énergie et de l'Hydraulique, Émile Ouosso, l'informant de cette décision prise "en vue d'optimiser la gestion des relations sociales au sein de la société Énergie électrique du Congo dans un contexte caractérisé par une contestation syndicale".
L'entreprise sénégalaise se retrouve ainsi prise en étau dans un conflit social dont elle n'est pas responsable. D'après JA, une source proche du gouvernement congolais affirme que "le processus de sélection s'est pourtant passé dans la transparence la plus totale" et suggère que "ce qui pose visiblement problème, c'est qu'il s'agit d'une société étrangère".
La Senelec avait pourtant été sélectionnée pour son expertise et ses compétences, conformément aux critères énoncés par le ministre Ouosso lui-même. Interrogé par Jeune Afrique en juin dernier, il avait déclaré : "Le délégataire n'apportera aucun franc. Nous le choisirons en fonction de sa compétence et de son expertise dans le secteur".
Le contrat s'inscrivait dans le cadre d'un ambitieux programme de modernisation du secteur électrique congolais, soutenu par "un accord de prêt de 100 millions de dollars accordé par la Banque mondiale", précise le magazine.
L'espoir n'est pas totalement perdu pour la Senelec. Selon Olivier Mazaba Ntondele, coordonnateur du Projet d'amélioration des services d'électricité (PASEL) et responsable au sein de l'Agence de régulation du secteur de l'électricité (Arsel), cité par le magazine, "le contrat restera suspendu mais il n'est pas résilié".
Le gouvernement congolais a mis en place une commission technique interministérielle chargée de vérifier les conditions de conclusion de l'accord. Les conclusions de cette commission seront déterminantes pour l'avenir de la présence de la Senelec au Congo.
Cette suspension représente néanmoins un coup dur pour l'entreprise sénégalaise qui voyait dans ce contrat une opportunité d'affirmer son expertise au-delà des frontières de l'Afrique de l'Ouest. La Senelec devra patienter avant de savoir si elle pourra finalement apporter son savoir-faire à un secteur électrique congolais en grande difficulté, caractérisé par "d'importantes pertes commerciales qui s'élèvent à plus de 41% en 2023", selon les chiffres rapportés par Jeune Afrique.