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6 avril 2025
SONKO ATTENDU À KOUMPENTOUM VENDREDI
Le Premier ministre va présider le lancement officiel du Programme d’appui aux acteurs de l’économie sociale et solidaire (PROGRESS) et des coopératives productives solidaires (CPS).
Tambacounda, 20 mars (APS) – Le Premier ministre, Ousmane Sonko, est attendu vendredi à Koumpentoum, un département de la région de Tambacounda (est), où il va présider le lancement officiel du Programme d’appui aux acteurs de l’économie sociale et solidaire (PROGRESS) et des coopératives productives solidaires (CPS).
Le PROGRESS correspond à la phase pilote du Programme de développement de l’Économie sociale et solidaire (ESS) pour la création de richesses immédiates (PRECOSOL).
Il a pour mission de promouvoir et de renforcer la durabilité des initiatives locales pour un développement économique harmonieux des terroirs, en s’appuyant sur les coopératives productives solidaires (CPS).
Le PROGRESS vise une meilleure efficience des mécanismes d’accompagnement technique et financier de l’Etat aux citoyens dans leurs activités économiques qui ont un impact social et environnemental avéré.
LE SÉNÉGAL VA TRANSFORMER SON OR, UN COMPTOIR NATIONAL ET UNE RAFFINERIE EN PRÉPARATION
Dans une avancée majeure pour le secteur minier sénégalais, le Fonds Souverain d’Investissements Stratégiques (FONSIS) et la Société des Mines du Sénégal (SOMISEN S.A) ont signé un accord de partenariat visant à créer un comptoir national et une usine...
Dans une avancée majeure pour le secteur minier sénégalais, le Fonds Souverain d’Investissements Stratégiques (FONSIS) et la Société des Mines du Sénégal (SOMISEN S.A) ont signé un accord de partenariat visant à créer un comptoir national et une usine de raffinage de l’or issu des mines artisanales et semi-mécanisées.
Ce partenariat stratégique s’inscrit dans une volonté de transformation locale des ressources minières, un enjeu clé de souveraineté économique pour le Sénégal. Il vise à mobiliser des investissements nationaux et internationaux afin de concrétiser des projets structurants, qui renforceront durablement le secteur minier et l’économie nationale.
Pour Babacar Gning, Directeur général du FONSIS, cet accord revêt une importance capitale : « La transformation locale des ressources minières est un enjeu de souveraineté économique. Ce partenariat permettra la création de la première société de raffinage d’or à capitaux sénégalais. »
Dans le même esprit, Ngagne Demba Touré, Directeur général de la SOMISEN, souligne que « cet accord constitue un jalon clé dans la mise en œuvre de l’axe Économie compétitive de l’Agenda National de Transformation Sénégal Vision 2050, qui ambitionne de faire du secteur minier un moteur de croissance. »
Un levier pour l’émergence économique du Sénégal
Le FONSIS, en tant qu’instrument stratégique de l’État, a pour mission d’accélérer la transformation économique du Sénégal par le biais d’investissements ciblés. En mobilisant des ressources pour co-investir avec le secteur privé dans des projets à fort impact socio-économique, il favorise l’émergence de champions nationaux et de financements innovants.
De son côté, la SOMISEN S.A, qui gère le portefeuille minier de l’État, joue un rôle clé dans la conduite des opérations minières et la commercialisation des produits qui lui reviennent. Ce partenariat avec le FONSIS renforce ainsi l’engagement du Sénégal en faveur d’une exploitation responsable et bénéfique de ses ressources minières, avec une valeur ajoutée créée sur le territoire national.
Avec cette initiative, le Sénégal franchit une nouvelle étape vers une meilleure valorisation de ses ressources naturelles, en s’appuyant sur un modèle de développement inclusif et durable.
LES NOUVELLES ORIENTATIONS DU PRÉSIDENT POUR LA MODERNISATION DU SYSTÈME DE RETRAITE
Conscient des enjeux liés à la protection sociale et à la valorisation du travail, le Président de la République a demandé au Gouvernement de faire de la modernisation du système de retraite et de sécurité sociale une priorité.
Conscient des enjeux liés à la protection sociale et à la valorisation du travail, le Président de la République a demandé au Gouvernement de faire de la modernisation du système de retraite et de sécurité sociale une priorité. Face à l’évolution démographique et à l’allongement de l’espérance de vie, il a souligné l’importance d’anticiper et d’adapter la gestion financière des dépenses sanitaires et sociales, notamment celles liées à la retraite et à la sécurité sociale.
Dans cette optique, le Chef de l’État a instruit le ministre en charge du Travail et de l’Emploi de finaliser, en concertation avec les partenaires sociaux, le projet de Code unique de Sécurité sociale. Ce texte législatif devra contribuer à l’amélioration de la gouvernance des institutions de prévoyance sociale, en particulier : l’Institution de Prévoyance Retraite du Sénégal (IPRES), la Caisse de Sécurité sociale (CSS), les Institutions de Prévoyance Maladie (IPM)
Par ailleurs, le Président a également insisté sur la nécessité de maîtriser les dépenses de santé des agents de l’État et de garantir la viabilité financière de la Couverture Sanitaire Universelle. Il a exhorté le ministre des Finances et du Budget à accorder une attention particulière à l’équilibre durable du Fonds national de Retraite (FNR), un enjeu clé pour assurer la pérennité du système.
À cet effet, le Chef de l’État a demandé aux ministres concernés de dresser un état des lieux précis du système de retraite (FNR et IPRES) et de proposer des solutions adaptées aux dynamiques du marché du travail à court, moyen et long terme. Ce rapport devra être finalisé avant fin juillet 2025 afin d’orienter les réformes nécessaires et d’assurer une gestion plus efficiente et pérenne du système de retraite et de sécurité sociale.
Ces mesures visent à renforcer la protection sociale des travailleurs, à garantir la durabilité du système et à répondre aux défis économiques et démographiques du pays.
LA LIGNE ZIGUINCHOR CAP SIKIRING LANCEE
La société de transport Dakar Dem Dikk a procédé, mercredi, au lancement officiel d’une nouvelle desserte reliant CapSkirring à Ziguinchor, en partenariat avec Air Sénégal international.
La société de transport Dakar Dem Dikk a procédé, mercredi, au lancement officiel d’une nouvelle desserte reliant CapSkirring à Ziguinchor, en partenariat avec Air Sénégal international.
Ce service de bus sera disponible après chaque vol pour offrir aux passagers un moyen de transport pratique et sécurisé entre les deux destinations(Cap Skkiring-Ziguinchor), a indiqué Thierno Seydou Diop, secrétaire général de la société Dakar Dem Dikk, faisant savoir que cette initiative est née des instructions des plus hautes autorités.
“Cette nouvelle ligne que nous lançons aujourd’hui vaut la satisfaction de tous les Sénégalais, au-delà des usagers et des clients de Air Sénégal qui viennent à Cap Skiring et qui devront être transportés à partir de Cap Skiring à Ziguinchor et inversement”, a fait valoir M. Diop.
Selon lui, “cette nouvelle ligne vient à son heure et consiste à la concrétisation d’une demande sociale et d’une utilité publique”.
Il a expliqué que ce service vise à simplifier les déplacements des passagers en leur offrant une alternative fiable et pratique pour rejoindre Ziguinchor ou Cap Skirring après leur vol.
DDD a mis à la disposition des populations ”des bus climatisés de 55 places, dotées d’une technologie de dernière génération”, a dit le secrétaire général de la société, ajoutant que ces bus sont accompagnés d’un personnel technique et exploitant.
“C’est un engagement pour soulager les populations qui sont les clients de la compagnie Air Sénégal. Ce service vise à simplifier les déplacements des passagers, leur offrant une alternative fiable et pratique pour rejoindre Ziguinchor ou Cap Skirring après leur vol”, a réagi le directeur général adjoint de la compagnie nationale Air Sénégal, Farba Diouf.
UN VOYAGE DANS L’HISTOIRE DES MEDIAS
L’Université de la Communication de la Chine (CUC) est spécialement dédiée à l’apprentissage des médias et de leur développement. Elle a plusieurs spécialités offrant ainsi diverses formations à ses étudiants dont les malvoyants.
Fatou NDIAYE (Envoyée spéciale à Beijing) |
Publication 20/03/2025
L’Université de la Communication de la Chine (CUC) est spécialement dédiée à l’apprentissage des médias et de leur développement. Elle a plusieurs spécialités offrant ainsi diverses formations à ses étudiants dont les malvoyants. Elle a aussi un musée qui retrace l’évolution audiovisuelle et cinématographique.
L ’Université de la Communication de la Chine (CUC) est à Beijing, la capitale. Elle peut être qualifiée de «mémoire» de la communication. Depuis la première télévision aux images en noir et blanc, la première radio écoutée dans les montagnes chinoises, aux cinéastes et grand hommes des médias, son musée a tout conservé. On y retrouve 12.000 collections de toutes les époques, même les salons où trônait une minuscule télévision. On y découvre aussi l’histoire du développement de l’industrie cinématographique et des médias en Chine. Il est le premier Musée des Médias complet de Chine et le seul «Musée national de niveau 3» des universités de Pékin. Il intègre l’histoire, la technologie et l’art des médias. En se promenant autour du lac Piano, un petit cours d’eau à l’intérieur de l’université, il est facile d'apercevoir l'enseigne du Musée des Médias de Chine.
Construit en 2010 et inauguré en 2012, il s'agit du premier musée professionnel des médias en Chine. Le Musée des Médias de Chine se compose de quatre sections : la section Radio, la section Télévision, la section Transmission et la section Film. Il présente plus de 12.000 collections, dont des téléviseurs, des gramophones, des radios et d'autres appareils multimédias anciens, dont la célèbre télévision monochromatique chinoise autoproduite, inventée en 1958. Au milieu des gazouillements des oiseaux et des bassins versant, l’université offre un cadre propice à l’acquisition de connaissances, mais aussi de détente. Sa structure est séduisante. Elle est bâtie sur une superficie de 638.800 m2. Son bâtiment principal, au sommet orné de l'ancien emblème universitaire du siècle dernier ainsi que d'une tour de télévision décorative, retrace l'histoire du développement et les caractéristiques académiques de l’université. Son école de télévision est issue de la classe de photographie télévisée créée à la fin des années 1950. Depuis des décennies, elle a formé plusieurs professionnels de la communication, de l'information et en nouveaux médias pour la Chine et des organisations internationales. Dans cette université, on enseigne toutes les formes de communication, y compris la musique traditionnelle chinoise.
La nouvelle troupe de gong et de tambours Weifeng a accueilli les journalistes du Programme d’échanges, en ce mercredi 19 mars 2025. Venus de 44 pays, ils sont en immersion dans la culture chinoise. Vêtus de tenues rouges et blanches, la troupe a fait résonner les tambours. Les instruments utilisés sont liés à l’histoire de la Chine. Le gong et le tambour Weifeng sont un art musical folklorique chinois traditionnel et font partie du patrimoine culturel immatériel du pays. Ils ont été interprétés lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux asiatiques de Pékin en 1990.
DES TRANSCRIPTIONS CINÉMATOGRAPHIQUES POUR LES HANDICAPÉS VISUELS
Dans cette université, on retrouve également une section dédiée aux malvoyants. Plus de 17 millions de Chinois vivent avec un handicap visuel, soit environ 1 personne sur 80. Le but de cet enseignement est de permettre à ces personnes d’avoir des pavés tactiles spirituels pour les aider à s'intégrer dans la société. L’objectif est ainsi de «de promouvoir l'égalité des droits culturels en leur garantissant un accès égal aux salles de cinéma».
La pratique consiste à «insérer des descriptions de scènes visuelles entre les dialogues et les effets sonores, convertissant ainsi les informations visuelles en informations auditives». Le projet a débuté fin 2017 et, depuis 2018, un total de 104 films audiodécrits sont produits par an, ce qui signifie que les personnes malvoyantes ont accès à deux films audiodécrits par semaine, en moyenne. Pour développer ses activités, la section responsable des enseignements, collabore avec la Fédération chinoise des personnes handicapées, des écoles spécialisées et d'autres institutions. Au cours des sept (07) dernières années, plus de 8 millions de personnes malvoyantes et 2244 écoles spécialisées en Chine ont bénéficié des films en audiodescription.
L’Université de la Communication de la Chine est dotée d’un programme de 63 Masters, 50 Cours Doctorales et 21 Unités d’Enseignement. 65.000 étudiants sont sortis de cette université. 11.600 étudiants sont inscrits en premier cycle, 6.500 pour le second. 91 programmes de Licence y existent. Elle est ouverte aux étudiants étrangers. Mme Minsu Wu enseigne le Développement de la Communication dans cette université. Selon elle, le développement de la Chine est dû à un système éducatif qui a permis d’enrôler les Chinois à leur jeune âge. De 2020 à maintenant, le taux de la scolarisation au préscolaires est de 91,1% et 95,7% à l’élémentaire. Les études supérieures sont à un taux de 60,2%. L’Université de la Communication de Chine est fondée en 1954. Elle est placée sous la tutelle du ministère chinoise de l’Education. L’histoire de la communication en Chine, 3000 ans avant Jésus Christ (JC) à nos jours, y est enseignée aux étudiants.
PASTEF S’ISOLE
L'alliance improbable entre la société civile, les adversaires politiques et même certains sympathisants du régime autour de l'exigence d'abrogation totale de la loi d'amnistie place Sonko dans une position délicate à la veille de l'examen parlementaire
Alors que le passage de la proposition de loi interprétative de la loi d’amnistie en commission technique de l’Assemblée nationale est prévu demain, vendredi 21 mars, le gouvernement se retrouve de plus en plus isolé. En effet, de nombreuses voix s’élèvent de pour dénoncer cette approche choisie par le régime en place, préférant une relecture partielle à une suppression pure et simple de la loi.
En optant pour une relecture de la loi d’amnistie au lieu de son abrogation complète, le régime Pastef estil en train de s’éloigner de sa position radicale contre cette loi, imposée à l’époque par l’ancien chef de l’État, Macky Sall mais qui avait permis à des centaines de jeunes sympathisants ainsi qu’à plusieurs responsables de Pastef, dont l’actuel président de la République et son Premier ministre, de passer de la prison aux commandes de l’État ? La question mérite d’être posée. En effet, le 26 février dernier, le bureau de l’Assemblée nationale, dans un arbitrage très controversé, a rejeté une proposition de loi du député non-inscrit Thierno Alassane Sall visant à abroger la loi d’amnistie. Cette abrogation était pourtant conforme au programme législatif de la coalition « Senegaal Kese », qu’il dirigeait lors des dernières législatives. Le rejet a été justifié par un « non-respect des exigences constitutionnelles en matière budgétaire ». Parallèlement, cet organe dirigeant de l’Assemblée nationale a jugé recevable la proposition de loi déposée par Amadou Ba, député du groupe majoritaire Pastef. Cette proposition se mue à une loi interprétative de l’amnistie, consistant en une abrogation partielle et une révision de certains articles de cette loi controversée.
Il faut dire que cette nouvelle donne tranche avec la position officielle, plusieurs fois affirmée et réaffirmée par le leader du parti au pouvoir, Ousmane Sonko. Devant la représentation nationale, le 27 décembre 2024 lors de son discours de politique générale, Ousmane Sonko avait annoncé que son gouvernement va élaborer un projet de loi portant abrogation de la loi d’amnistie votée le 6 mars 2024. « En plus de l’inscription budgétaire de crédits destinés aux victimes, il sera proposé à votre auguste Assemblée dans les semaines à venir un projet de loi rapportant la loi d’amnistie votée le 6 mars 2024 pour que toute la lumière soit faite et les responsabilités établies de quelque bord qu’elles se situent », avaitil indiqué avant de préciser dans la foulée au sujet de cette abrogation qu’«il ne s’agit pas d’une chasse aux sorcières, encore moins de vengeance » mais plutôt de « justice, pilier sans lequel aucune paix sociale ne peut être bâtie. » A travers ces propos, le chef du gouvernement et leader du parti Pastef a ainsi réitéré sa position vis-vis de cette loi d’amnistie, plusieurs fois affirmée, notamment lors de la campagne électorale des législatives anticipées du 17 novembre dernier. « Utiliser les moyens de l’Etat pour comploter, tirer, tuer des manifestants désarmés, on ne peut pas l’effacer comme si ça n’avait jamais existé. (…) Une loi d’amnistie qui crée l’impunité pour des assassins, on ne l’accepte pas !», avait-il lancé lors de son meeting à Ziguinchor en rappelant qu’il avait refusé de soutenir cette loi quand il était en prison.
Société civile et acteurs politiques vent debout
Aujourd’hui, en optant pour une initiative parlementaire en lieu et place de celle gouvernementale pour interpréter ou abroger partiellement cette controversée loi d’amnistie, le régime Pastef s’isole davantage. En effet, alors qu’une réunion de la commission technique de l’Assemblée nationale portant sur une analyse approfondie de cette proposition de loi interprétative est annoncée pour le 21 mars avant la tenue d’une plénière le 2 avril, des voix s’élèvent de plus en plus pour dénoncer ce changement d’option du régime en place. Dans une déclaration rendue publique le 7 mars dernier, Seydi Gassama, directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal est monté au créneau pour rappeler aux tenants actuels du pouvoir, leurs engagements vis-à-vis de cette loi. « Pendant la campagne électorale pour les élections législatives anticipées de novembre 2024, le Premier ministre Ousmane Sonko a promis d’abroger la loi d’amnistie pour rendre justice aux victimes des manifestations entre 2021-2024. Le 17 novembre 2024, la liste parlementaire dirigée par M. Sonko a remporté les élections législatives avec une marge importante. Les autorités sénégalaises doivent abroger la loi d’amnistie et rendre justice à toutes les victimes des violations des droits humains commises lors de manifestations ».
En conférence de presse ce mardi 18 mars, le mouvement "Y’en a marre" s’est également démarqué de cette proposition de la majorité en réclamant purement et simplement l’abrogation totale de la loi d’amnistie. Estimant que cette proposition est inopportune et en décalage avec les engagements du nouveau régime, Alioune Sané et ses camarades ont soutenu que « cette loi est plus dangereuse que le projet de réforme constitutionnelle instaurant un « quart bloquant » avec un seuil minimum de 25 % des voix pour élire un ticket présidentiel du président sénégalais Abdoulaye Wade en 2011 et qui était à l’origine des manifestations du 23 juin ». S’exprimant également sur cette proposition de loi interprétative de la loi d’amnistie, Alioune Souaré, ancien député et spécialiste du droit parlementaire s’est démarqué en martelant dans un texte partagé sur son profil Facebook que « le concept de la loi interprétative est juridiquement incompatible avec l'abrogation partielle ou totale ! »
Au-delà des personnalités de la société civile, certains acteurs politiques élèvent également la voix contre cette proposition de loi. C’est le cas de Doudou Wade, membre du comité directeur du Pds et ancien président du groupe parlementaire Libéral et Démocratique (Parti démocratique sénégalais). Dans une publication sur ses plateformes numérique le 14 mars dernier, l’ancien chef de file de la majorité parlementaire libérale dénonce une « Loi interprétative dissimulatrice et protectrice des auteurs organisateurs et complices des événements 2021/24 ». Abondant dans le même sens, l’ancien Premier ministre et leader de l'Alliance pour la Citoyenneté et le Travail (ACT), Abdoul Mbaye n’est pas allé par quatre chemins. « Quand on annonce être contre une loi on l’abroge dès qu’on en a le pouvoir. La maintenir en facilitant son interprétation cela signifie que l’on y tient. Abrogez donc la loi d’amnistie de 2024 et votez-en une autre prenant en compte vos nouveaux objectifs. Et ce sera plus clair pour tout le monde. Et ne pas oublier de se faire conseiller pour la nouvelle loi par la Cour Suprême et le Conseil constitutionnel, bref par de vrais sachants des grands principes du droit et de la justice. »
Dans un communiqué rendu public ce mardi 18 mars, l’ancien parti au pouvoir, l’Alliance Pour la République (APR) qui a toujours défendu le bienfondé de cette loi est monté au créneau à travers son Secrétariat exécutif national (Sen) pour non seulement dénoncer la manipulation politique mais aussi exiger l’abrogation pure et simple de la loi. A plusieurs reprises, le président de la République, son chef, le Premier ministre et les membres du gouvernement ont promis l’abrogation pure et simple de la loi d’amnistie en cas de majorité parlementaire. Mais comme, il fallait s’y attendre, ces gens, qui n’ont tenu aucune promesse, et qui sont dans le reniement permanent, reviennent sur leur engagement pris devant le Peuple sénégalais d’abroger la loi d’amnistie ».
Il faut dire qu’au regard de la plupart des réactions, le régime en place est parti pour être seul contre tous, sur cette question de révision de la loi d’amnistie. Une véritable patate chaude !
MULTIPLE PHOTOS
LES UNES DE LA PRESSE DE CE JEUDI 20 MARS 2025
Sud Quotidien, Walf Quotidien, Yoor-Yoor Bi, L'Observateur, Libération, Le Quotidien, Enquête, Vox Populi, L'As, Record, Le Soleil, Le Témoin Quotidien
Sud Quotidien, Walf Quotidien, Yoor-Yoor Bi, L'Observateur, Libération, Le Quotidien, Enquête, Vox Populi,, L'As, Record, Le Soleil, Le Témoin Quotidien,
Par Olivier SAGNA
ÉMILE FAURE, LE GRAND INCONNU DU COMBAT POUR L’INDEPENDANCE
Dans la longue marche du Sénégal vers l’indépendance, il existe un personnage historique qui reste particulièrement méconnu des Sénégalais et Sénégalaises, en la personne d’Émile Faure.
Dans la longue marche du Sénégal vers l’indépendance, il existe un personnage historique qui reste particulièrement méconnu des Sénégalais et Sénégalaises, en la personne d’Émile Faure.
Né le 19 novembre 1892 à Saint-Louis du Sénégal, il est le fils d'Eugène André Faure, un Français, employé de la maison de commerce bordelaise Maurel et Prom, et de Mama Touré, présentée comme une descendante de l’Almamy Samory Touré . Comme nombre d’Africains issus des milieux privilégiés de l’époque, il est envoyé en France pour y faire ses études. Il fréquente d’abord le lycée Saint Genest de Bordeaux avant de suivre les cours de l’école des Arts et Métiers, l'une des plus prestigieuses écoles d'ingénieurs françaises. Devenu ingénieur conseil, il travaille comme chef du bureau d'études de la société d’André Guinard, spécialisée dans les pompes.
Émile Faure commence ses activités militantes au début des années 1920 en adhérant à l’Union Inter coloniale (UIC), une organisation anticolonialiste proche du Parti communiste français (PCF) regroupant les originaires des colonies françaises et éditant le journal Le Paria. À l’époque, elle compte dans ses rangs un certain Nguyen Aï Quoc, plus tard connu sous le nom d’Ho Chi Minh, le père de l’indépendance du Vietnam, Messali Hadj, fondateur de l’Étoile nordafricaine (ENA) et père du nationalisme algérien et le Malgache Jean Ralaimongo, fondateur de la Ligue Française pour l’Accession des Indigènes de Madagascar aux Droits de Citoyen (LFAIMDC) et précurseur du nationalisme malgache.
En 1924, il adhère également à La Fraternité africaine, dont il devient le Président en octobre 1924, avant qu’elle ne cesse ses activités quelques mois plus tard. En son sein, il côtoie Lamine Ibrahima Arfang Senghor mais reste en marge des activités du Comité de défense de la Race Nègre (CDRN) créé en mars 1926. En revanche, il participe au lancement du journal Le Courrier des Noirs, journal bilingue français-anglais, lancé par Camille Saint-Jacques en novembre 1927, dont il est le trésorier. À la mort de Lamine Senghor, il rejoint Tiéméko Garan Kouyaté au sein de la Ligue de défense de la Race Nègre (LDRN). Puis, au début de l’année 1930, il l’accompagne dans la création de l’Institut nègre, conçu sur le modèle du Tuskegee Institute créé par des Afro-américains à l’initiative de Booker T. Washington en Alabama (Etats Unis). La vocation de cette structure, dont il est le trésorier, est de « donner une éducation intellectuelle, professionnelle et artistique aux nègres de toute nationalité, (…) strictement en dehors de toute action politique ou religieuse ».
Cependant, l’initiative fait long feu, suite notamment, à une violente campagne de dénigrement, menée par le journaliste d’extrême droite François Coty dans le journal L’Ami du peuple, qui dénonce les liens existant entre certains des initiateurs et les communistes. Malgré cela, Tiéméko Garan Kouyaté participe, en août 1930, au Vème Congrès de l’Internationale syndicale rouge (ISR), à l’occasion duquel il est élu membre du Comité exécutif du Comité Syndical International des Ouvriers Nègres (CSION). Il y rencontre des personnalités comme James W. Ford, L. Hawkins, Helen McClain et George Padmore, représentants le Parti communiste des États-Unis, Frank Macaulay (Nigéria), Albert Nzula (Afrique du Sud), E.F. Small (Gambie) ou encore Jomo Kenyatta (Kenya). Le Congrès terminé, Tiéméko Garan Kouyaté visite l’Union des Républiques socialistes soviétiques (URSS) ainsi que l’Allemagne sur le chemin du retour, ce qui n’est pas du goût de certains membres de la LDRN.
En effet, tous sont loin d’être membres ou sympathisants du PCF et à son arrivée en France, il doit faire face à une fronde conduite par l’aile nationaliste de la LDRN. Elle est notamment animée par Émile Faure et le Guadeloupéen André Béton qui, avec son frère Isaac Béton, avait milité au sein de l’Association pan-africaine, créée par Gratien Candace en 1921. Elle s’oppose, non seulement, à toute collaboration avec le mouvement communiste international mais également avec ce qu’elle appelle les organisations « blanches », à savoir les partis politiques français. C’est ainsi que lorsque le guadeloupéen Stéphane Rosso propose que la LDRN publie des articles dans les journaux français, et plus particulièrement dans L'Humanité, journal du PCF qui est selon lui le seul journal à « défendre les indigènes et dénoncer les injustices ou scandales coloniaux », Émile Faure lui rétorque que seul le journal La Race Nègre est capable de toucher les masses nègres. Ce bras de fer entre nationalistes et communistes, préfigure la controverse qui sera posée par George Padmore dans son ouvrage « Panafricanisme ou Communisme ». Il prend subitement une tournure beaucoup plus conflictuelle, lorsque Tiéméko Garan Kouyaté refuse de rendre compte à Émile Faure, devenu Président de la LDRN en mai 1930, de l’utilisation des fonds qu’il lui a remis afin de permettre la publication du journal de LDRN en difficulté financière. Le 11 janvier 1931, lors d’une assemblée générale de la LDRN, Émile Faure déclare que la réunion est illégale et ajoute qu'il a porté plainte contre Tiéméko Garan Kouyaté pour abus de confiance, action irrégulière dans les fonctions de Secrétaire général et refus de remettre au Président des documents de l’organisation. Néanmoins, un nouveau bureau est élu qui voit l’éviction d’Émile Faure de son poste de président ce qui l’amène à engager une bataille judiciaire afin de garder l’appellation Ligue de défense de la Race nègre et le journal La Race nègre. Quelques mois plus tard, il obtient gain de cause et renouvèle les instances de la LDRN dont il redevient le président tout en gérant La Race Nègre. Émile Faure partage avec le Sénégalais Adolphe Mathurin, le fait de ne reconnaitre qu'un seul parti, celui de sa race. Dans le n°4 du journal La Race-Nègre, il le fait savoir en commentant de manière virulente la parution du numéro de La Race Nègre publié par Tiéméko Garan Kouyaté. À cette occasion, il écrit, « Un certain nombre de mauvais nègres se sont permis de faire paraitre une feuille à entête du journal La Race Nègre. Ces gredins sont au nombre de cinq, anciens membres de la Ligue, dissidents par naïveté ou exclus par escroquerie et abus de confiance. (…). Ces pauvres types n’agissent d’ailleurs par pour leur compte : leur insuffisance est si grande qu’il leur faut toujours avoir des maitres blancs même lorsqu’ils crient « vive la liberté » ».
LA RACE NEGRE
L’existence d’une tendance foncièrement nationaliste au sein du mouvement anticolonialiste nègre n’est pas une nouveauté en soi comme le montre l'article «Chacun sa race» publié par Adolphe Mathurin dans La Race Nègre de septembre 1927. Dans celui-ci, il écrit : « Sachez-le, il n'est de liberté que dans le chemin d'une tenace persévérance. C'est un axiome. Par un travail suivi, nous arriverons sans naufrage au terme de notre voyage. Mais, je vous le dis, nul autre mieux que nous, ne saurait ouvrager notre libération totale. (…). Race de mes frères, sors de ta torpeur ! Secoue le joug qui t’écrase. Et puisqu’en Europe comme en Amérique des négrophobes sans vergogne ont semé ton mépris, puisque l’on nous voue une haine sans raison ni excuse, soit, chacun sa race ». La ligne de conduite préconisée est la même dans l’article d’André Béton intitulé « Par le fusil ou l'argent » et publié dans La Nègre de mars 1928. Exposant comment il entrevoit l’émancipation du Nègre, il déclare : « Trois moyens s’offrent à son esprit pour aboutir à ce résultat. Le premier serait de compter de sa force naturelle physique et de son nombre, et, dans un sursaut de révolte, chasser le blanc qui l'opprime, l'exploite comme une bête de somme et le méprise. Dans ce cas, il agirait seul, et n'aurait à compter sur le concours d'aucune autre race. Dans la deuxième hypothèse, il tendrait une oreille complaisante à certaines doctrines et accepterait des cadres blancs afin de se débarrasser de ses bourreaux. Enfin, la petite minorité à laquelle j'appartiens, croit à une évolution certaine mais lente, par le développement de l'individu et du sentiment de solidarité ethnique, dont nous avons un sens aiguisé.»
En fait, ce qui est nouveau c’est que désormais, ce courant s'affiche en mettant ouvertement en avant la dimension strictement raciale de son combat, fortement influencé en cela par le garveyisme, En effet, toutes les idées, ou presque, développées par Marcus Garvey se retrouvent dans les propos d’Émile Faure et de ses camarades, à savoir la méfiance envers les communistes, le primat accordé à la race, la volonté de bâtir une économie nègre, le thème du retour en Afrique ainsi qu’aux traditions africaines, l'incantation de l'unité africaine ou plus exactement de la Race Nègre et bien entendu le combat émancipateur des peuples nègres symbolisé par le slogan «L'Afrique aux Africains». Dans un autre texte publié dans La Race Nègre en 1934, probablement rédigé par Émile Faure, le ton et les mots sont tout aussi tranchés : «En présence de la pourriture sociale irrémédiable de la France, de l’état de guerre endémique de l’Europe, des doctrines politiques et sociales monstrueuses qui s’y font jour, nous ne devons avoir qu’un seul mot d’ordre : TIRONS-NOUS DE LÀ !».
Alors que le fascisme et le nazisme gagnent du terrain en Europe, la LDRN, qui refuse de se mettre sous une quelconque tutelle, survit tant bien que mal, réduisant ses activités au strict minimum faute de moyens.
Ainsi, La Race Nègre, qui est théoriquement mensuel, ne parait qu'une seule fois par an entre avril 1931 et 1936. De plus, elle mène très peu d’activités en direction la diaspora africaine résidant dans les grands ports français pendant que Tiémoko Garan Kouyaté la mobilise à travers l’Union des Travailleurs Nègres (UTN), qu’il a créée en septembre 1932 avec pour journal Le Cri des Nègres. En direction des colonies, elle se contente de la diffusion de son journal, à quoi s’ajoute durant l’été 1935, l’envoi d’un « Appel fraternel aux Nègres du monde entier », invitant à la création en Afrique « d’un État Nègre Indépendant, où tous, nous vivrons, heureux, en Paix et Fraternité Africaines ». Émile Faure et ses camarades sortent cependant de leur torpeur lors de l'agression italienne contre l'Éthiopie. À cette occasion, La Race Nègre publie un article virulent intitulé « Épurons notre race », dans lequel elle dénonce les députés noirs au parlement français, ainsi que le gouvernement haïtien, jugés incapables d'adopter une position de ferme soutien à l'Éthiopie. Le 3 mai 1936, à l'issue du second tour des élections législatives, le Front Populaire l'emporte. Pour nombre de colonisés, cette victoire est un peu la leur, car, même s'ils n'ont pas pu faire entendre leurs voix dans les urnes, ils ne peuvent voir que d'un bon œil l'accession des communistes et des socialistes au pouvoir. Ces derniers ont, en effet, pris régulièrement le parti des colonisés, chacun à leur manière.
Cependant, force est de constater que le programme colonial du Rassemblement Populaire est des plus inconsistants en la matière, puisqu'il prévoit simplement la création d'une commission d'enquête parlementaire devant se rendre en Afrique du Nord et en Indochine, l'Afrique noire, Madagascar et les Antilles n'étant pas mentionnés dans cette initiative. C’est dans ce contexte que, début février 1937, Nguyen The Truyen, un militant indochinois anticolonialiste, rédige un texte qu'il adresse aux organisations regroupant les colonisés de France. Intitulé « Pour le Congrès intercolonial », il déclare que l’objectif principal est la création d'un « vaste Rassemblement intercolonial » qui est en réalité une tentative de faire revivre l'Union inter coloniale (UIC). D’ailleurs, dans un article intitulé « L'enseignement du passé », Nguyen The Truyen écrit que l’UIC « est morte après dix années de lutte mais son exemple demeure, nous encourage et nous éclaire ».
Fidèle à la ligne politique consistant à prendre ses distances avec les organisations « blanches », Émile Faure, suspecte le PCF d’être derrière cette initiative. Pour en avoir le cœur net, il adresse d’ailleurs une correspondance aux initiateurs du Rassemblement intercolonial dans laquelle il demande si c'est le Front populaire qui a besoin de fédérer les coloniaux ou bien si ce sont les coloniaux qui ont besoin du Front populaire ! Mieux, assistant à une des réunions préparatoires à la création du Rassemblement intercolonial, il s’en prend à Marius Moutet, ministre de Colonies, car il subventionne le journal Africa, lancé par Tiéméko Garan Kouyaté en décembre 1935. Finalement, Le Rassemblement colonial est créé en mars 1937 et compte une trentaine d’organisations regroupant les originaires des colonies françaises. Afin d'éviter l'hégémonie d'un groupe sur les autres, comme cela s'était produit au sein de l'UIC, les statuts précisent que la présidence est assurée à tour de rôle par l'un des cinq vice-présidents que sont Messali Hadj (Afrique du Nord), Émile Faure (Afrique Noire), Nguyen The Truyen (Indochine), Edmond Ramananjato (Madagascar) et Raoul Cenac-Thaly (Antilles, Guyane et Réunion).
Cependant, suite au départ progressif des organisations proches du PCF puis des dissensions entre partisans de l’assimilation et tenants de l’émancipation intégrale, dès la fin de l’année 1937, Le Rassemblement colonial tombe en léthargie. Ainsi, en décembre 1937, face au projet, un moment envisagé, de rétrocéder le Togo et le Cameroun à l’Allemagne afin d’apaiser son esprit revanchard, il se limite à publier un tract dans lequel il proclame que « les territoires coloniaux et leurs habitants ne sauraient continuer à être considérés comme biens meubles ou monnaies d’échange » et estime que « l'émancipation des colonies est la condition primordiale de la paix ».
CENTRE ANTI-IMPERIALISTE
Début 1939, alors que les signaux annonçant la seconde guerre mondiale se multiplient des hommes venus d'horizons politiques divers tentent de redonner droit de cité au combat anti-impérialiste. Ainsi, les trotskystes indochinois, organisés au sein du Bureau d'Entente des Indochinois de France (BEIF), décident d'adhérer au Rassemblement colonial. Cette convergence de vues entre trotskystes et nationalistes, tous deux hostiles à voir les colonisés jouer les supplétifs au service d’un camp ou d’un autre, débouche sur une prise de contact entre Le Rassemblement colonial et le Parti Socialiste Ouvrier et Paysan (PSOP) fondé récemment par Marceau Pivert et Daniel Guérin venus de La Gauche révolutionnaire (GR), l’aile radicale de la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO). Lors d'un entretien avec Émile Faure, Daniel Guérin lui expose le projet consistant à créer un centre antiimpérialiste, sur le modèle de celui animé par George Padmore à Londres, de manière à coordonner l'action des organisations françaises luttant contre le capitalisme avec celle des colonisés luttant contre l'impérialisme. À situation exceptionnelle, attitude exceptionnelle, Émile Faure, qui a toujours rejeté toute alliance avec les organisations « blanches », décide alors de franchir le pas et de s'allier avec le PSOP pour fonder le Centre de Liaison Anti-impérialiste (CLAI).
Lors de la réunion constitutive du Centre de Liaison Anti-Impérialiste (CLAI), tenue le 29 avril 1939, les participants désignent Émile Faure comme Secrétaire général. Dans le texte rédigé par Daniel Guérin pour l’occasion, il est précisé que : « Le Centre de liaison anti-impérialiste se propose de coordonner l'action de tous les groupements qui, dans les pays coloniaux, luttent contre l’impérialisme français et de ceux qui, luttant dans la métropole contre le capitalisme français, comprennent que c’est de l’intérêt des uns et des autres de conjuguer leurs efforts, car le capitalisme qui exploite les travailleurs métropolitains tire sa force principale de l’esclavagisme colonial ».
Dans la plateforme du CLAI publiée en mai 1939 dans Juin 36 l’organe du PSOP, l’accent est mis sur le fait que : « Au moment où l'impérialisme français invite les peuples par lui opprimés à défendre l'intégrité de l'Empire, le Centre de Liaison anti impérialiste déclare que, dans le conflit de demain, le droit et la justice ne seraient ni dans un camp ni dans l'autre, que l'intérêt des peuples coloniaux serait de ne prendre parti ni pour un camp ni pour l'autre. Nous dénonçons à la fois les impérialistes nantis qui arment jusqu'aux dents pour conserver le butin qu'ils ont conquis par la violence et les impérialistes moins bien servis qui arment jusqu'aux dents pour ravir aux premiers par la violence, une part de leur butin ». Cependant, dans un contexte politique marqué, sur le plan national, par la chute du gouvernement de Front Populaire, et à l’échelle internationale, par la signature des accords de Munich puis du Pacte germano-soviétique, les militants anticolonialistes se retrouvent particulièrement esseulés pour mener un combat qui semble secondaire au vu des enjeux géopolitiques internationaux.
Cette situation n’empêche pas Émile Faure de poursuivre imperturbablement la lutte aux côtés de George Padmore et Daniel Guérin et il échange régulièrement avec ses contacts en Afrique
Cependant, à la fin du mois d’octobre 1939, l'un d'eux, le Togolais Koffi Tobias résidant à Abidjan, fait l'objet d'une perquisition suite à l'ouverture d'une information contre X pour infraction contre la sureté extérieure de l'État par la Justice militaire. Alors qu'il est, a priori, suspecté de « tendances germanophiles », la police découvre la correspondance que Koffi Tobias entretient avec Émile Faure relativement aux activités du Centre de Liaison Anti-Impérialiste.
Aussitôt, l'enquête s’oriente vers Émile Faure et le 4 décembre 1939, le Tribunal militaire d'Abidjan délivre un mandat d'arrêt contre ce dernier pour « atteinte à la sureté extérieure de l'État ». Arrêté le 9 décembre à Paris, il est transféré en Côte d'Ivoire où il est jugé, condamné et incarcéré pendant trois ans à Grand Bassam avant d’être transféré à Bamako. Libéré en 1944, il rentre d’abord au Sénégal chez sa sœur Jeanne Faure, puis retourne en France où il reprend son travail d’ingénieur. Dans un texte intitulé « Mes Prisons », publié en 1947 dans la revue Crisis, fondée par WEB Du Bois en 1910 et qui est l'organe de la National Association for the Advancement of Colored People (NAACP), il raconte les terrifiantes conditions de sa détention. Sous le titre « French Terror in Negro Africa », il décrit comment, après avoir passé sept mois au secret dans une minuscule cellule, sans air et sans lumière, il avait perdu toutes ses dents et presque la vue et souffrait d’hallucinations qui l’empêchaient souvent de parler et même d’écrire.
D’une ténacité exceptionnelle, il poursuit néanmoins son combat pour l'émancipation des peuples nègres, et, fidèle à ses idéaux et à ses amitiés, il rédige en 1950 la préface d’une brochure intitulée « Le Rôle émancipateur de la République nègre d'Haïti ». Son auteur, le Haïtien Ludovic MorinLacombe, sympathisant communiste convaincu, avait en effet cheminé avec lui au sein du Comité de défense de la race nègre, de la Ligue de défense de la race nègre et de l’Union des travailleurs nègres (UTN) de même que lors du lancement du journal Le Courrier des Noirs. Ironie de l’histoire, le 27 juillet 1960, âgé de soixante huit ans, il meurt d'un cancer généralisé alors que les colonies africaines de la France accèdent, l’une après l’autre, à l'indépendance pour laquelle il n’a cessé de lutter. Il emporte dans sa tombe l'unique exemplaire d'un livre qu'il voulait publier et qui avait été interdit par les autorités françaises.
Avec la mort d’Émile Faure disparait l'une des plus grandes figures du mouvement nationaliste africain qui reste aujourd’hui largement inconnue, tant au Sénégal qu’en Afrique. Au même titre qu’un Lamine Senghor, dont il partagea la lutte, Émile Faure mérite d’être connu et reconnu et son combat, ainsi que ses textes, intégrés dans les programmes scolaires. Des recommandations doivent également être faites en direction des municipalités pour que son nom soit donné à des avenues et boulevards, dans toutes les villes du Sénégal, en commençant par Saint-Louis sa ville natale. Dans ce sens, il serait légitime d’envisager de débaptiser le lycée Charles de Gaulle de Saint-Louis pour lui donner son nom. Héros inconnu de la longue marche vers l’indépendance, il doit figurer dans notre panthéon national afin de prendre, dans notre mémoire collective et notre conscience historique, toute la place qui lui revient. Il s’agit de faire en sorte que les idéaux pour lesquels il s’est battu et la ténacité dans la lutte dont il a fait preuve inspirent la jeunesse africaine à l’heure où la question de la souveraineté de l’Afrique est plus que jamais d’actualité.
1 Mama Touré serait née en 1878 à Bamako d’un certain Abdourahmane Touré dont on ignore précisément les liens de parenté avec Samory Touré.
2 Le Professeur Olivier Sagna, retraité de l’Ecole des bibliothécaires, archivistes et documentalistes (EBAD) de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), est l’auteur d’une thèse de Doctorat intitulée « Des pionniers méconnus de l’indépendance : Africains et Antillais et luttes anticolonialistes dans la France de l’entre-deux-guerres (1919-1939) » soutenue en 1986 à l’Université Paris VII.
VERS UNE RÉFORME DES RETRAITES
Dans le cadre de la modernisation du système de retraite et de sécurité sociale, le président de la République a insisté sur la nécessité d’améliorer les pensions les plus faibles afin de renforcer le pouvoir d’achat des retraités.
Dans le cadre de la modernisation du système de retraite et de sécurité sociale, le Président de la République a insisté sur la nécessité d’examiner les possibilités de revalorisation des pensions de retraite les plus faibles. Conscient des difficultés auxquelles sont confrontés de nombreux retraités, il a appelé à des mesures concrètes pour améliorer leur pouvoir d’achat et renforcer leur protection sociale.
En outre, le Chef de l’État a exhorté le Gouvernement à engager un dialogue avec les agents de l’État, les travailleurs et les partenaires sociaux afin de promouvoir la mise en place accélérée de retraites supplémentaires par capitalisation. Cette approche vise à garantir aux futurs retraités des revenus complémentaires, en plus des pensions servies par les régimes de base actuels.
Pour assurer la réussite de ces réformes, le Président a demandé aux ministères compétents d’étudier les mécanismes les plus adaptés à la réalité économique du pays, en tenant compte des capacités contributives des travailleurs et des entreprises.
PAR OUMAR FÉDIOR
ÉCONOMIE BLEUE, LA RESSOURCE EST DANS L’EAU
À l’échelle mondiale, les océans apportent chaque année à l’économie mondiale une valeur ajoutée de 1 .500 milliards de dollars
De plus en plus usitée, l’économie bleue regorge de potentialités économiques. Mais que représente-t-elle exactement ? En termes simples, l’économie bleue désigne l’utilisation durable et la conservation des ressources aquatiques dans les environnements marins et d’eau douce. Elle comprend les océans et les mers, les côtes et les rives, les lacs, les rivières et les eaux souterraines. Dans les activités de l’économie bleue, on retrouve la pêche, l’exploitation minière, le pétrole, les biotechnologies, etc. ou utilise les milieux aquatiques.
Ces dernières, considérées comme une source d’emplois et de rentabilité économique, nourrissent un grand nombre d’habitants dans le monde, en particulier parmi les plus démunis, dépendent de la bonne santé des océans pour travailler et se nourrir. D’après les chiffres de la Fao, près de 60 millions de personnes dans le monde sont employées dans la pêche et l’aquaculture ; la majorité d’entre elles vivent dans des pays en développement et pratiquent une pêche de capture artisanale.
À l’échelle mondiale, les océans apportent chaque année à l’économie mondiale une valeur ajoutée de 1 .500 milliards de dollars. Si l’économie bleue est devenue de plus en plus un sujet actuel, c’est que dans un contexte de réchauffement climatique, c’est que les mangroves et autres habitats végétaux marins peuvent fixer jusqu’à 25% des émissions de CO2. Ils aident également à lutter contre les tempêtes et les inondations côtières. Inversement, l’économie bleue fait face à des défis comme la pollution plastique qui menace les océans. Au Sénégal, on a pris conscience des enjeux.
C’est pourquoi le troisième compact du Millenium Challenge Account a été consacré exclusivement à l’économie bleue. Il vise à développer les activités liées aux écosystèmes marins et côtiers tout en préservant la biodiversité. « Ce compact est axé sur l’économie bleue, ou le développement durable des ressources marines, côtières, et d’eau douce du Sénégal, pour la création d’emplois et la croissance économique », expliquait une note du Mca.
Cependant, ce programme de financement qui devait cibler les activités économiques liées aux écosystèmes marins, côtiers et fluvio-lacustres, a connu un coup d’arrêt avec l’arrivée du Président Donald Trump. Parlant de l’économie bleue, le ministre sénégalais de l’Économie, du Plan et de la Coopération avait suggéré une définition alternative qui pourrait être : « L’économie des villes côtières et de leurs localités polarisées respectueuses de la biodiversité et des écosystèmes marins. »