SenePlus | La Une | l'actualité, sport, politique et plus au Sénégal
4 avril 2025
MIMI ET TAS, L'IMPOSSIBLE ALLIANCE
Comprendre la rivalité entre Thierno Alassane Sall et Aminata Touré, c'est plonger au cœur d'un "Game of Thrones" politique où principes, ambitions personnelles et stratégies de pouvoir s'entremêlent constamment
Dans l’arène politique sénégalaise, Thierno Alassane Sall et Aminata Touré dite ‘’Mimi Touré’’ incarnent deux figures marquantes aux trajectoires tantôt parallèles, tantôt opposées. Leur relation, faite de collaborations, de divergences et de rivalités, ressemble à un véritable ‘’Game of Thrones’’ politique où les alliances se font et se défont au gré des circonstances.
Le dernier épisode en date remonte à une récente sortie de Mimi Touré sur les réseaux sociaux, où elle a vivement critiqué Thierno Alassane Sall (TAS) l’accusant de se cacher derrière son immunité parlementaire pour éviter de faire face à la justice. Cette diatribe illustre la tension palpable entre ces deux acteurs majeurs de la scène politique sénégalaise, dont les parcours méritent d’être revisités pour mieux comprendre leurs motivations et leurs antagonismes.
Thierno Alassane Sall est un homme politique sénégalais qui incarne aujourd’hui l’une des voix les plus critiques et les plus constantes contre le régime en place. Depuis son départ du gouvernement de Macky Sall en 2017, il s’est imposé comme un opposant farouche, défendant ses convictions avec une détermination sans faille. Son parcours, marqué par des hauts et des bas, révèle un homme politique cultivé, intègre et prêt à aller au charbon pour défendre ses idées, même face à l’adversité.
Un parcours politique marqué par des convictions fortes
Originaire de Thiès, il a entamé sa carrière politique sous l’égide de Macky Sall. Entre 2012 et 2014, il a occupé le poste de ministre des Infrastructures, des Transports terrestres et du Désenclavement, où il a mené plusieurs projets structurants. Cependant, son limogeage en 2014, suite à la défaite de la coalition présidentielle aux élections locales à Thiès, a marqué un premier tournant dans sa carrière. Malgré cet échec, il est revenu au gouvernement en tant que ministre de l’Énergie, un poste clé qui allait cristalliser les tensions avec le pouvoir.
L’affaire Total, le point de rupture - En 2017, TAS, comme l’appelle le commun des Sénégalais, quitte le gouvernement dans des circonstances controversées. Selon ses proches, il aurait démissionné en raison de divergences profondes avec Macky Sall, notamment son refus de signer un contrat d’exploration pétrolière avec le géant français Total. Pour lui, ce contrat était contraire aux intérêts du Sénégal. D’autres sources, notamment les proches de Macky Sall, évoquent un limogeage. Quoi qu’il en soit, cet épisode a marqué la fin de sa collaboration avec le régime et le début de son engagement dans l’opposition.
Après cette rupture, il fonde son parti, la République des valeurs, avec l’objectif de promouvoir une politique basée sur l’intégrité, la transparence et le respect des principes démocratiques.
Depuis lors, il s’est imposé comme l’un des opposants les plus virulents au régime de Macky Sall, n’hésitant pas à critiquer ouvertement les décisions du gouvernement et à dénoncer les dérives autoritaires.
Lors des élections législatives de novembre 2024, Thierno Alassane Sall obtient un siège à l’Assemblée nationale où il continue de mener son combat contre le pouvoir en place. Ses prises de position acerbes et ses interventions incisives en font l’un des députés les plus redoutés de l’hémicycle.
Récemment, il a déposé une proposition de loi visant à abroger l’amnistie pour les crimes politiques commis entre 2021 et 2024, une initiative qui a été rejetée par le bureau de l’Assemblée nationale en raison de ‘’lacunes majeures’’. Cependant, cette proposition est le signe de son engagement à défendre la justice et à lutter contre l’impunité.
Des scores modestes, mais une influence grandissante
Malgré des scores modestes aux élections présidentielles de 2019 et 2024, Thierno Alassane Sall parvient à maintenir une présence significative dans le paysage politique. Son parti, la République des valeurs, bien que minoritaire, joue un rôle clé dans la mobilisation de l’opposition et la critique du régime. Sa constance et sa détermination lui valent le respect de nombreux Sénégalais, même parmi ceux qui ne partagent pas ses idées.
Le leader de la République des valeurs entretient une relation ambivalente avec Ousmane Sonko, leader de Pastef. Lors de la présentation du livre de Sonko, ‘’Pétrole et gaz au Sénégal : chronique d’une spoliation’’, il avait salué le travail de recherche de l’auteur tout en soulignant que ‘’même si Sonko a dit une bonne partie, il reste encore tellement à dire’’.
Cette déclaration témoigne de son indépendance d’esprit et de sa volonté de rester fidèle à ses convictions, même lorsqu’il s’agit de critiquer un allié potentiel.
TAS est connu pour son courage et sa détermination. Il n’hésite pas à affronter les puissants, quitte à en payer le prix. Ses prises de position fermes et ses critiques acerbes contre le régime en font une figure incontournable de l’opposition sénégalaise. Malgré les obstacles et les échecs, il continue de se battre pour ses idées, incarnant une forme de résistance politique qui force le respect.
Mimi Touré : une stratège politique en constante évolution
Aminata Touré, plus connue sous le nom de ‘’Mimi Touré’’, est une figure incontournable de la politique sénégalaise. Son parcours, marqué par des succès, des échecs et des revirements, témoigne d’une capacité à s’adapter et à rebondir, même dans les situations les plus complexes.
Ancienne proche collaboratrice de Macky Sall, elle a récemment rejoint les rangs de Pastef, devenant ainsi l’une des voix les plus influentes de l’opposition. Son histoire politique est celle d’une femme déterminée, intelligente et prête à tout pour défendre ses convictions.
Mimi Touré a commencé sa carrière comme fonctionnaire internationale, un parcours qui lui a permis de développer une expertise reconnue dans les domaines de la gouvernance et du développement. Son engagement politique au Sénégal a débuté sous l’égide de Macky Sall, dont elle est rapidement devenue l’une des plus proches collaboratrices. En 2012, elle est nommée ministre de la Justice, un poste clé où elle a mené la traque des biens mal acquis. Bien que les résultats de cette initiative aient été jugés décevants par certains, elle a renforcé son image de femme intègre et déterminée.
En 2013, elle est nommée Première ministre, devenant la deuxième femme à occuper ce poste au Sénégal. Cependant, son mandat ne dure qu’un an, marquant le début d’une longue traversée du désert. Après son échec à la mairie de Dakar en 2014, elle est écartée du premier cercle du pouvoir, avant de revenir en tant que présidente du Conseil économique, social et environnemental (Cese).
Malgré ses ambitions, elle est écartée de la présidence de l’Assemblée nationale au profit d’Amadou Mame Diop, un épisode qui a alimenté les tensions entre elle et Macky Sall.
La rupture avec Macky Sall : l’opposition au troisième mandat
La relation entre Mimi Touré et Macky Sall a été marquée par des hauts et des bas. En septembre 2023, elle annonce son retrait du groupe parlementaire, soutenant le chef de l’État, invoquant son opposition à un éventuel troisième mandat présidentiel. Cette décision, qu’elle qualifie de ‘’trahison’’ des principes démocratiques, marque un tournant décisif dans sa carrière politique. Elle devient alors l’une des voix les plus critiques du régime, dénonçant les dérives autoritaires et appelant à un changement de cap.
Peu après sa rupture avec Macky Sall, Mimi Touré rejoint les rangs de Pastef, le parti d’Ousmane Sonko. Son expérience et sa légitimité en font une alliée précieuse pour le parti, où elle occupe désormais le rôle de conseillère stratégique. Son arrivée a suscité des réactions mitigées : si certains y voient une opportunité de renforcer l’opposition, d’autres critiquent son opportunisme et son manque de loyauté envers ses anciens alliés.
Mimi Touré est connue pour son pragmatisme et sa capacité à s’adapter aux circonstances. Son parcours, marqué par des alliances et des repositionnements opportunistes, témoigne d’une stratégie politique basée sur la quête de pouvoir et d’influence. Malgré les critiques, elle parvient à s’imposer comme une figure incontournable de la scène politique sénégalaise, utilisant son expérience et son réseau pour défendre ses idées.
Depuis son ralliement à Pastef, elle use de son expérience et de sa légitimité pour attaquer l’ancien gouvernement. Ses interventions, souvent acerbes et bien argumentées, en font l’une des voix les plus écoutées de l’opposition. Elle joue un rôle clé dans la mobilisation des militants et la critique du régime, tout en cherchant à consolider sa position au sein de Pastef.
Thierno Alassane Sall et Mimi Touré sont deux visages contrastés de la politique sénégalaise. Leurs parcours, marqués par des succès, des échecs et des revirements, illustrent la complexité et la dynamique du paysage politique au Sénégal. Alors que Thierno Alassane Sall continue de se battre pour ses convictions, Mimi Touré s’ancre davantage au sein de Pastef et en devient une figure marquante.
Leur rivalité, loin de s’estomper, semble promise à de nouveaux rebondissements, faisant d’eux des acteurs incontournables de l’avenir politique du Sénégal. Dans ce ‘’Game of Thrones’’ sénégalais, une chose est sûre : ni l’un ni l’autre n’est prêt à baisser les armes.
PASTEF VEUT PROTEGER SES MILITANTS MAIS A QUEL PRIX ?
Thierno Alassane Sall se prononce sur la proposition de loi d'amnistie.Il estime que la proposition de loi interprétative du parti PASTEF vient, en réalité, conforter la loi d’amnistie de 2024.
Thierno Alassane Sall se prononce sur la proposition de loi d'amnistie.Il estime que la proposition de loi interprétative du parti PASTEF vient, en réalité, conforter la loi d’amnistie de 2024. Sous couvert de clarification, elle ouvre la voie à des dérives inquiétantes, créant ainsi une justice à deux vitesses et un climat d’impunité politique.
Un texte qui maintient l’impunité
"La lecture attentive de cette proposition révèle une réalité troublante : la loi d’amnistie de 2024 demeure entièrement en vigueur. Autrement dit, si ce texte est adopté, les crimes et délits commis entre 2021 et 2023, dès lors qu’ils peuvent être justifiés par une motivation politique, ne seront pas jugés.
Prenons un exemple concret : les auteurs de l’incendie criminel du bus de Yarakh pourraient bénéficier de l’amnistie en invoquant leur appartenance à un parti politique et en affirmant qu’ils cherchaient à « libérer leurs camarades ». Une telle logique revient à légitimer la violence sous couvert d’engagement politique.
Une interprétation qui obscurcit le droit
Le principe juridique "Interpretatio cessat in claris" (l’interprétation cesse lorsque la loi est claire) est ici ignoré. L’article 1er de la proposition stipule que seuls les faits ayant une « motivation exclusivement politique » seraient amnistiés. Mais comment établir cette motivation avec certitude ?
Qui déterminera si un acte criminel relève d’un engagement politique sincère ou d’une instrumentalisation de la violence ?
Comment distinguer les véritables militants des individus ayant infiltré les manifestations pour commettre des exactions ?
Pourquoi protéger certains citoyens et pas d’autres, sur la seule base de leur affiliation politique ?
Loin de clarifier la loi, cette interprétation la rend encore plus obscure et crée un dangereux précédent.
Une justice à deux vitesses
Le texte proposé par PASTEF crée une rupture d’égalité flagrante devant la loi. Il protège les militants politiques, tout en excluant les forces de l’ordre du bénéfice de l’amnistie.
Un militant impliqué dans une action violente pourra invoquer la motivation politique et être amnistié.
Un gendarme ou un policier, lui, sera systématiquement jugé pour toute infraction commise dans le cadre du maintien de l’ordre, sans possibilité de recours à la même excuse.
Cette approche binaire divise la République et affaiblit l’État de droit. Elle revient à institutionnaliser une justice partisane, au service d’un camp et au détriment du bien commun.
Refusons cette forfaiture !
Il est désormais évident que PASTEF cherche à verrouiller l’amnistie, tout en façonnant une justice sur mesure pour ses militants. Cette instrumentalisation du droit est inacceptable.
Il ne s’agit pas d’un combat partisan, mais d’un enjeu républicain fondamental. Nous devons nous opposer à cette dérive et refuser qu’une telle loi, qui souille notre histoire et menace notre avenir, soit adoptée.
La République ne doit pas être divisée ni livrée aux calculs politiciens. Engageons-nous pour une justice équitable et impartiale",a fait savoir le député Thierno Alassane sur X
par Ndèye Aram Dimé
DES TERRITOIRES MATÉRIELS AUX TERRITOIRES EN SOI, RACONTER LA MIGRATION AFRICAINE ET SES ERRANCES
ECLUSIF SENEPLUS - Soleils invincibles est un livre sur des femmes et des hommes qui se redressent pour tendre vers leur propre humanité. Un premier roman réussi sur la conscience dont nous ne savons pas nous départir
La quatrième de couverture donne le ton et nous comprenons que Soleils Invincibles (C. A. Bamba Ndiaye, Présence Africaine) traite de l’émigration/immigration/remigration. Le lecteur peut être tenté de le déposer mais aucune accusation, précipitée ou a priori légitime, ne saurait résister à un livre qui se défend seul et bien. Limiter ce premier roman à l’éternelle question migratoire reviendrait à en réduire la riche densité symbolique.
Les espaces
(1) Entre Toumouranka et un Guétoula fantasmé, un déplacement à travers les limbes
De Toumouranka à Guétoula puis, dans le sens inverse, de Guétoula à Toumouranka à la nouvelle tentative de rejoindre Guétoula, le mouvement est perpétuel. L’auteur réussit à transcrire, dans ce déplacement et même dans la rancœur de Denis-Béni, le passage du voyage initial et privilégié de Dramane à sa migration contrainte. Nous convoquerons ici la distinction qu’en fait le sociologue Iain Chambers pour qui « voyager implique un mouvement entre des positions fixes, un lieu de départ, un lieu d’arrivée, la connaissance d’un itinéraire préétabli {…}. La migration, à l’inverse, implique un mouvement au cours duquel ni les points de départ ni ceux de chute sont immuables ou certains »[1].
La traversée est spatialement contenue dans un entre-deux, sorte de limbes où Dramane et ses compagnons d’infortune sont déjà partis, ne s’ancrent donc plus à aucun lieu mais ne sont pas encore pour autant des « migrants » parfaitement constitués.
Ce voyage dans un même continent comparable au territoire en soi, donne au texte des contours allégoriques d’errances intérieures. Les Candidats ont bien une destination, qu’ils savent vaguement comment/quand rejoindre, mais tournent presque tout le long du livre au sein d’un même espace. Le paradis au bout de ces limbes n’est qu’une vague projection. Il est même certain que ces limbes séparent deux enfers ; celui que les candidats cherchent à fuir et celui qui les attend.
(2) Entre les personnages
Les départs sont évidemment une fuite physique de la misère, de l’humiliation de ne pas posséder et donc du « ne pas être ». Mais ils sont également une tentative des Candidats à renouer avec quelque chose en eux – leur dignité ou un devenir-Humain. A ce titre, la question que Ngougui - Et si j’étais un homme ? - formulée à lui-même dans la lettre morte IV, pourrait résumer ce qui me semble l’esprit du livre.
Cette tentative désespérée se retrouve dans les destins qui s’effleurent par moments, se nouent à d’autres sans véritablement se départir de leur singularité ni de la part d’histoire personnelle qui les a jetés sur ce chemin. Aussi l’auteur aère-t-il bien entre eux, car si l’aventure est partagée elle se fait néanmoins seul.e. Dans ces limbes, les personnalités ne sont pas encore totalement fondues dans la terminologie bâtarde de « migrants ». Elles ont encore un prénom, une voix, une existence qui leur font « candidater » à l’humanité.
Le lecteur est, lui également, invité au mouvement dans le texte, facilité par le parti pris du mode indicatif. Il parvient à suivre pas à pas les narrateurs et aura même le luxe, à certains moments, de découvrir en même temps qu’eux leurs propres pensées.
Une galerie de miroirs
La singularité des personnages s’allie à un étrange jeu de miroirs. Un grand miroir brisé dont chaque personnage ramasse un fragment qu’il tend ensuite au lecteur. A côté d’eux, ce dernier peut y paraître parfois entier, balafré ou défiguré par la brisure.
Dans ce jeu, malgré la singularité évoquée, certaines réflexions apparaissent facilement interchangeables. De même, certains personnages - rares - émergent, traversent le récit, pour rapidement mourir dans la mémoire du lecteur qui ne se souviendra pas les avoir rencontrés (Joséphine Konda, Christophe Déchert qui semble s’inviter par simple souci du contradictoire, le rire vite dépassé de Lahsen qui ne laisse pas le temps de s’attacher). Ces bris sont alors trop minuscules pour que le lecteur s’y voie.
Suspensions
Bamba Ndiaye choisit chaque mot, le soupèse, n'hésite pas à suspendre la respiration du lecteur au milieu de phrases, le force au virage. Tout cela fait du texte une arène où chaque phrase lancée est un coup de poing.
Au reste, malgré la violence de certaines situations, le texte offre quelques scènes d’apaisement sublimes de poésie verbalisée ou muette à l’instar du dialogue avec Thérèse où toute la délicatesse du mur qui tombe tient au glissement du terme « mère » à celui plus tendre de « maman » (P.78-79). En inégale consolation d’un Lahsen qui fausse vite compagnie, le lecteur pourra se rabattre sur un Hamid aveugle dont le cœur voit mieux que ceux de tous les autres et sur la lucidité innocente du petit Kwame.
Enfin, le livre nous abandonne avec deux questions, entre autres secrets : où Dramane se sent-il le plus entièrement humain ? Que fuit-il au juste ? Tout bien considéré, le lecteur peut avoir le sentiment de ne pas l’avoir vu souffrir assez pour considérer son retour à Toumouranka, au-delà du seul retour, comme un échec. Dramane a connu les avanies de Guétoula, où sa qualité d’étant lui est niée. Pourtant, il tient à tout prix à retourner à Cissane, alors même que rien ni personne ne l’y attend. Pas même les mirages de ses compagnons. Est-ce parce que, impuissance pour impuissance, humiliation pour humiliation, tant que la croix et la honte que nous trainons sont « insues » des autres, l’illusion d’être un humain est sauve ?
Soleils invincibles est un livre sur des femmes et des hommes qui se redressent pour tendre vers leur propre humanité. Le style est clair, le verbe cadencé, la langue haute sans fioriture. Chaque personnage déroule son récit personnel qui, sans écraser ou désagréger, éclaire l’histoire commune plus grande. C’est un premier roman réussi sur la conscience - la bonne et la mauvaise - dont nous ne savons pas nous départir et qui, partout, nous poursuit car après tout, c’est le seul lieu que nous habitons avec certitude.
EXCLUSIF SENEPLUS - Dans ce vaste théâtre, on en oublierait presque que le Goorgoorlu en est quasiment à la moitié de son mois de ramadan et que tata Mimi est toujours mécontente d’avoir perdu le perchoir au profit de Manne Diop
Cela fait un an, un an qu’à Ndoumbélane, on danse au rythme de la reddition des comptes qui fait sourire les uns d’impatience et provoque chez les autres, l’effervescence. Depuis l’élection présidentielle qui a porté Koromak mocy Ngundu à l'avenue Roume, au niveau institutionnel, on rivalise de gravité dans les annonces renversantes pour décrire les ruines. Cet héritage pour le moins accablant du régime remercié du Watchacha. Si du côté de Serifi Ngundu, la parole est toujours mesurée, respectueuse du principe élémentaire de la séparation des pouvoirs, pour Koromak, le premier Ministre trop important pour les locaux de la Primature et trop empêché pour être Président de Ndoumbélane, la ligne éditoriale est… Comment dire, relâchée. Mais qui pourrait vraiment lui en tenir rigueur, lui qui était déjà habitué aux déclarations fracassantes ? Ce ne sera certainement pas la majorité, les 54%.
Koromak mocy Ngundu versus Watchacha et alliés
À ces 54%, on a promis une traque sans merci des présumés pilleurs de la République. Le rythme des interpellations opérées par le Parquet financier est jugé peu frénétique par les habitants des réseaux sociaux, même si le rapport de la Cour des comptes, qui n’a pas dit moins que ce que Koromak a révélé, fait couler encre et salive. Le constat est sans appel : Ndoumbélane est plus endetté qu’il ne l’avait admis, à 99% du PIB pour être exact. Une guerre de l’opinion est entamée depuis la publication du rapport et se poursuit toujours entre les camps Ngundu mocy Koromak et Watchacha.
Le Watchacha, de l’Afrique du sud où il parlait justement de dette, a rejeté les conclusions du rapport de la Cour des comptes et évoqué un “procédé politique”. Il s’est même permis un petit conseil à l’endroit du duo “travaillez au lieu de critiquer ce qui a été fait pendant ces 12 dernières années". Chez Koromak mocy Ngundu, des lieutenants se font remarquer. Et particulièrement sur les réseaux sociaux : Amadou Ba, non ce n’est pas le député absentéiste trop riche pour être honnête, c’est l’autre député expert en tout de Pastef et Waly Diouf Bodian, le DG du port autonome de Dakar dont l'autonomie de la langue ne s'accommode pas vraiment des rudiments de la tenue et de la retenue langagière. Pour eux, la ligne éditoriale ne change que de peu, en plus de continuer à vendre un Ndoumbélane en ruine, il faut bien insister sur le réputé coupable, le Watchacha, que Njekk Sarré et non moins porte-parole du Gouvernement, traite de “chef de Gang” et exhorte même à revenir “s’il pense qu’il n’a rien fait".
Sora Goro réenfile le kimono !
Bien évidemment, il est hors de question de laisser faire pour Sora Goro, l’ancien chef du MITTA et non moins goro du Watchacha. Depuis qu’il n’a plus le temps de menacer de porter plainte contre les journalistes aux langues trop pendues, Sora s’est trouvé un nouveau hobby littéraire : pourfendre sur sa page Facebook, "Sas demi dieu", comprenez Koromak. Du kérosène perdu entre les déplacements de Koromak dans l’avion de Ngundu au mandat de dépôt qui a eu raison de Farba le Chambellan, Sora ne manque pas de taper sur sa cible préférée, qu’il accuse de tout ce dont on peut accuser un individu qui a semé “contre-vérités et manipulation” à un point où il a obtenu l’onction d’un électorat sénégalais “berné”. Sora n’est pas content et il ne s’en cache pas. Il n’est tellement pas content qu’il s’offusque de tout ou presque. Plus sérieusement, il a essuyé une interdiction d’embarquer à l’AIBD sur “instructions de l’autorité supérieure”, ratant ainsi son “pèlerinage à Djeddah” alors qu’à sa connaissance, il ne fait l’objet “ d’aucune procédure ni d’aucune enquête”. Il faudra peut-être souffler l’info à Koromak qui confiait à Walf, lors de la campagne électorale pour les législatives, que dans un Etat de droit, on ne peut pas restreindre le droit d’aller et de venir d’un citoyen sans qu’il ne fasse l’objet d’une procédure ou d’une enquête.
Des enjeux de justice sélective ?
Dans ce vaste théâtre, on en oublierait presque que le Goorgoorlu en est quasiment à la moitié de son mois de ramadan et que tata Mimi est toujours mécontente d’avoir perdu le perchoir au profit de Manne Diop. Farba le chambellan et TF, comprenez Tahirou Foncier, expérimentent leurs premières nuits derrière les barreaux et Thiemo Alassane Sall a déposé une proposition de loi trop abrogeante pour ne pas couter de l’argent à Ndoumbélane. En parlant d’abrogation, la législature Pastef veut une abrogation partielle de la loi d’amnistie pour faire la lumière, dit-elle, sur les “crimes de sang” qui ont eu lieu entre 2021 et 2024. C’est tellement bien formulé qu’on pourrait même perdre de vue le fait qu’il n’y a pas eu que des crimes de sang, au pays de Père Léo le poète. Peut-être est-il congru d’avoir une mémoire partielle ou parcellaire pour absoudre d’autres crimes ? On aura peut-être la réponse à cette question prochainement dans la République de Ndoumbélane où personne n’est jamais coupable de rien, pas même ceux qui ont affirmé avoir financé la fabrique de la joyeuseté qu’est le cocktail molotov.
TEMPÊTE STATISTIQUE AU PORT AUTONOME
Les chiffres du Port de Dakar sont-ils manipulés ou l'ANSD a-t-elle commis une erreur dans son bulletin économique ? C'est la question qui agite les milieux économiques et médiatiques depuis la sortie fracassante DG Waly Diouf Bodian
La publication du dernier bulletin de l'ANSD sur les statistiques économiques et financières a suscité la colère noire du directeur général du Port autonome de Dakar, Waly Diouf Bodian, qui s'est précipité pour apporter la contradiction à l'agence de référence. ‘’EnQuête’’ a essayé de comprendre d'où viennent ces divergences.
C'est un Waly Diouf Bodian très remonté qui est monté au créneau, en fin de semaine dernière. Multipliant les sorties, il s'en est pris vigoureusement aux médias qui, selon ses accusations, lui en veulent simplement à cause de sa décision de suspendre les contrats de publicité que le Port autonome de Dakar avait l'habitude de signer avec certaines d'entre elles. Le tort desdits médias, c'est simplement d'avoir repris les conclusions d'un nouveau bulletin de l'Agence nationale de la statistique et de la démographie sur la situation économique et financière. De manière accessoire, il est revenu sur la situation du port, en brandissant des chiffres qui entrent en contradiction avec ceux de l'ANSD.
‘’EnQuête’’ a essayé d'en savoir un peu plus sur ces chiffres qui surgissent de partout et qui se contredisent.
Intervenant lors d'une rencontre organisée par l'Association pour la solidarité du Port autonome de Dakar (ASPAD), le DG, après s'en être violemment pris à la presse qui n'a fait que relayer les chiffres de l'ANSD, a fait l'affirmation suivante : “Je ne sais pas de quel port de Dakar parlent ces gens (les médias), mais le port de Dakar que je dirige se porte très bien et a réalisé des résultats probants en 2024. Ces gens sont allés prendre des statistiques du mois de décembre comparées au mois de décembre de l'année 2023 pour dire que le port est dans une tendance dangereuse. Je le répète, c'est de la manipulation et c'est l'œuvre de journalistes de mauvaise foi qui en veulent au port. On ne peut prendre les résultats d'un mois particulier pour faire ce genre d'appréciation en faisant croire que le port a reculé sur l'année.”
À en croire le tonitruant DG, pour une bonne base de comparaison, il faut prendre les chiffres de l'année et non ceux d'un mois. “Nous, nous travaillons sur des exercices. Et sur l'année, les chiffres sont en hausse. Il y a eu peut être une rétraction sur le mois de décembre, mais sur l'année, on est bon”, a soutenu Bodian qui livre ses statistiques. “Pour le tonnage, nous étions à 23 millions en 2023 contre 24 millions en 2024. Où est donc la catastrophe dont on nous parle ? Les exportations ont monté de 68 % pour atteindre 5 millions de tonnes”.
Ces affirmations tenues lors de la rencontre avec les travailleurs ont été reprises dans un communiqué officiel publié par la boite. ‘’EnQuête’’ a vérifié ces différentes allégations de la Direction générale du PAD.
Affirmation 1 : “Ces gens (les médias) sont allés prendre des statistiques du mois de décembre 2024 comparées au mois de décembre de l'année 2023 pour dire que le port est dans une tendance dangereuse.”
Sur ce point, le bulletin de l'ANSD indique noir sur blanc que : “Sur le cumul des douze mois de 2024, l’activité maritime au PAD se dégrade de 14,7 %, comparée à la même période de l’année 2023.” Relativement au mois de décembre, l'agence a noté que “l’activité portuaire affiche une contreperformance de 17,1 %, comparativement au mois précédent”. La comparaison entre le mois de décembre 2024 et décembre 2023 laisse plutôt paraitre une variation de 28,4 %, selon les chiffres de l'ANSD.
Les allégations contredites de Waly Diouf Bodian
Dans son communiqué, la Direction générale du Port autonome de Dakar a donné quelques raisons qui expliqueraient cette baisse qu'elle ne reconnait que pour le mois de décembre. Tout en reprenant le pourcentage de -17,1 % sur le mois, elle invoque : les tensions géopolitiques et les perturbations logistiques qui auraient entrainé “le ralentissement du commerce maritime international” ainsi que “des variations saisonnières propres au secteur portuaire, avec traditionnellement un repli des volumes en fin d'année”.
Dans son bulletin, l'ANSD donnait d'autres raisons pour expliquer cette baisse. “Cette situation fait suite à la baisse simultanée des débarquements (-24,9 %) et des embarquements (-5,0 %) sur cette période. Le repli des débarquements est dû au fléchissement de ceux des produits de la mer (-31,3 %), des hydrocarbures raffinés (-24,7 %) et, dans une moindre proportion, des marchandises diverses (-1,4 %). S’agissant des embarquements, la chute est en rapport avec ceux des phosphates (-42,4 %) et, dans une moindre mesure, des produits de la mer (-4,5 %) ainsi que des marchandises diverses (-1,4 %)”.
Affirmation 2 : “Il y a eu peut-être une rétraction sur le mois de décembre, mais nous, nous travaillons sur des exercices. Et sur l'année, les chiffres sont en hausse. Pour le tonnage, nous étions à 23 millions en 2023 contre 24 millions en 2024. Les exportations ont aussi augmenté de 68 % pour atteindre 5 millions de tonnes.”
Ces chiffres sont en tout cas très différents de ceux fournis par l'ANSD. À en croire l'agence, pour 2024, les débarquements et les embarquements ne font pas plus de 19 141 600 t contre 22 446 200 t pour 2023, soit une baisse de 14,7 %. En ce qui concerne les débarquements, ils sont estimés à 12 357 000 t en 2024 contre 14 774 800 t en 2023, soit une baisse de 16,4 %.
Relativement aux embarquements, l'ANSD les évalue à 6 784 600 t en 2024 contre 7 671 400 t en 2023, soit une baisse de 11,6 %.
L'ANSD travaille sur les bilans que lui communique le Port autonome de Dakar
Mais d'où viennent donc ces divergences entre le Port autonome de Dakar et l'Agence nationale de la statistique et de la démographie ? Du côté du Port autonome de Dakar, on estime que l'ANSD n'a peut-être pas pris en compte la totalité des activités annuelles sur 2024 contre 2023. “La direction Facturation du port qui compile les statistiques portuaires est la seule habilitée à vous renseigner. Or, ce qui a été publié par l'ANSD n'est pas conforme avec le travail de redressement effectué par le DG Waly Diouf Bodian depuis son arrivée au port en mai 2024”, souligne un de nos interlocuteurs qui croit que l'ANSD s'est basée sur des estimations.
Interpellé sur la hausse supposée de 68 % des exportations, notre interlocuteur estime que cela s'explique par “la bonne dynamique des exportations des hydrocarbures (pétrole et gaz) et halieutiques”. Sur les résultats financiers, il n'a pas voulu trop s'épancher, estimant qu'ils ne sont pas officiellement disponibles.
Du côté de l'ANSD, on tente plutôt de dédramatiser, s'étonnant même de toute la polémique provoquée par la publication. Nos sources soulignent qu'en fait, dans ce genre de situation, l'ANSD ne se base pas sur des estimations, mais sur des données réelles produites par les structures concernées. “Il ne s'agit pas d'enquête d'estimation ; on travaille sur les données produites par la structure concernée, en l'occurrence le Port autonome de Dakar. Ce sont des statistiques que nous collectons régulièrement et que nous traitons dans le cadre de nos bulletins mensuels. Ce sont donc les états financiers de la structure”, explique une source proche de l'ANSD.
Pour elle, le port aurait pu se rapprocher de l'ANSD pour voir de près ce qui se passe. “Quand vous dirigez une structure, si on vous dit voilà la situation, il ne faut pas forcément essayer de se défendre. D'abord, il faut chercher le pourquoi ou bien se rapprocher des autorités de l'ANSD, avoir une séance pour voir où se trouve le problème. Si c'est l'ANSD qui a commis une erreur, elle va faire un communiqué pour rectifier. Il n'y a aucun problème de ce point de vue”, indique notre interlocuteur qui n'a pas manqué de souligner que “les procédures sont très rigoureuses” au niveau de la structure.
“L'ANSD est très précise sur ses publications pour justement parer à ce genre de situation. On a un processus de validation très rigoureux. Par exemple, même pour les documents sur la situation économique, avant publication, il y a un comité de lecture constitué de plusieurs responsables. On va tout scruter. Et après, on donne au DG et au DGA qui vont apprécier, faire leurs observations”.
Le verdict
En définitive, sur la première affirmation, quand le directeur général du PAD affirme que les gens se sont basés sur des chiffres du mois de décembre pour porter une appréciation sur tout l'exercice, il faut noter que ce n'est pas conforme à la réalité.
En effet, l'ANSD ne s'est pas limitée à une comparaison entre décembre 2023 et décembre 2024. L'agence a estimé que, sur les 12 mois, l'activité s'est dégradée de 14,7 %, comparée à la même période de l’année 2023. Entre décembre 2024 et novembre 2024, la baisse est évaluée à 17,1 %. Par rapport cependant à décembre 2023, il a été constaté un repli de 28,4 %.
Pour ce qui concerne la deuxième affirmation, sur la hausse ou la baisse des chiffres, il nous est difficile de savoir à quels chiffres se fier. En revanche, il convient de préciser que dans ce genre d'enquête, l'ANSD ne fait pas d'estimation. Elle se base sur les chiffres même de la structure concernée qui, régulièrement, le long de l'année, doit communiquer son bilan comptable à l'ANSD.
Il ne devrait donc pas, en principe, y avoir de divergences. Du côté de l'ANSD, en tout cas, les autorités attendent d'être saisies officiellement avec des preuves pour voir quelle suite donner à cette polémique.
NOUVEAU MANDAT POUR PATRICE MOTSEPE
Patrice Motsepe a été réélu président de la CAF par acclamations pour un second mandat de quatre ans. L'élection a eu lieu, ce mercredi au Caire (Egypte) lors de la 14ᵉ Assemblée générale extraordinaire de la Confédération Africaine de football (CAF).
Patrice Motsepe a été réélu président de la CAF par acclamations pour un second mandat de quatre ans.
L'élection a eu lieu, ce mercredi au Caire (Egypte) lors de la 14ᵉ Assemblée générale extraordinaire de la Confédération Africaine de football (CAF). Il était unique candidat à sa propre succession.
AUGUSTIN SENGHOR JETTE L'EPONGE
Le président de la Fédération sénégalaise de football (FSF), Me Augustin Senghor, a annoncé sa démission de son poste de premier vice-président de la Confédération Africaine de Football (CAF).
Le président de la Fédération sénégalaise de football (FSF), Me Augustin Senghor, a annoncé sa démission de son poste de premier vice-président de la Confédération Africaine de Football (CAF).
"En ce qui concerne les élections, je dois en tirer les conséquences. J'étais en compétition avec d'autres membres du Comex qui sont passés. Je pense qu'il y aurait une certaine incohérence et même une ilégimité que je prétende à les diriger", a-t-il déclaré au micro de nos confrères de D-Sports.
"Je considère que le poste de vice-président à la CAF ne me revient plus"
"Le premier acte que je vais en tirer, je considère que le poste de vice-président à la CAF ne me revient plus. Maintenant il me reste deux ans de mandat, je vais continuer à être un membre fidèle et engagé pour le football africain. J'aiderai le football africain que nous venons de réélire."
"Parfois, on ne peut pas dire qu'il n'y a pas de doute dans le vote"
Revenant à l'élection au Conseil de la FIFA où il est battu, Me Senghor relève des doutes dans le processsus de vote. "Cétait une élection, les gens ont voté et il y a un dépouillement. Mais effectivement, c'est une surprise si on constate l'évolution du vote. Parfois, on ne peut pas dire qu'il n'y a pas de doute. Maintenant, on accepte ce qui s'est passé. Car le plus difficile était d'arriver à ce niveau. Ceux qui ont voté, ont fait leurs choix librement. On l'accepte ainsi. Ce qui ne peut pas nous placer au Conseil de la FIFA. Le déroulé du vote montre que c'est un vote bloqué. Cela signifie qu'il y a certainement des consignes. Parce que les mêmes noms sortent sur chaque bulletin. On ne dort pas. On constate que c'est quelque chose qui a été préparée avant. C'est ça aussi une élection", a-t-il dit.
"J'ai mes principes, je n'accusse personne"
En conclusion, Augustin Senghor a précisé. "On part avec nos principes, nos forces et nos compétences. Les autres ont leurs propres façons. Je suis un fils du Sénégal et je pars aux élections avec l'éducation que j'ai reçu. Je n'attaque personne, je n'accuse personne. J'accepte la volonté de Dieu et le vote mais j'ai une expérience en matière de vote."
L’ASP VEUT RENFORCER LA SÉCURITÉ EN BANLIEUE DAKAROISE
Face à l’augmentation des agressions et des troubles en banlieue, l’Agence d’Assistance à la Sécurité de Proximité (ASP) a mis en place une initiative inédite baptisée « Banlieue Sûre ».
Face à l’augmentation des agressions et des troubles en banlieue, l’Agence d’Assistance à la Sécurité de Proximité (ASP) a mis en place une initiative inédite baptisée « Banlieue Sûre ». Ce programme vise à renforcer la sécurité dans les communes de Guédiawaye, Pikine et Keur Massar en associant surveillance humaine et technologie avancée.
L’annonce officielle a été faite mardi lors d’un Comité départemental de développement (CDD), présidé par le préfet Ahmadou Coumba Ndiaye. Il a salué cette démarche proactive et insisté sur l’urgence de restaurer la tranquillité dans ces zones souvent marquées par l’insécurité.
Le programme « Banlieue Sûre » repose sur plusieurs axes majeurs : Recrutement et Formation : 5000 jeunes seront recrutés et formés en partenariat avec les forces de sécurité pour assurer une surveillance efficace du territoire. Présence Renforcée : Des patrouilles intensifiées seront mises en place dans les zones les plus exposées aux actes de délinquance. Technologie de Surveillance : Installation de systèmes modernes de surveillance pour une meilleure prévention des crimes et une réponse plus rapide aux incidents.
Lors des discussions, les participants ont exprimé leurs préoccupations concernant la recrudescence des violences, notamment lors des événements populaires tels que les combats de lutte et les Navétanes. L’implication des citoyens et des autorités locales a été jugée essentielle pour la réussite de ce programme.
Le préfet Ahmadou Coumba Ndiaye a ainsi appelé à une prise de conscience collective : « La collaboration avec les forces de sécurité et les populations est primordiale. Nous devons garantir la sérénité des habitants et leur offrir un cadre de vie apaisé ».
Le projet « Banlieue Sûre » ambitionne d’offrir une réponse adaptée et durable à la montée de l’insécurité en banlieue. En combinant une forte présence sur le terrain avec des outils modernes de surveillance, l’ASP et les forces de défense espèrent rétablir la sécurité et la confiance des habitants.
PLAIDOYER DU PROFESSEUR YOUNOUSSA KEITA POUR UN CENTRE DE DIALYSE PÉDIATRIQUE
Le professeur Younoussa Keita, pédiatre et néphrologue pédiatrique à la faculté de médecine de l’UCAD, était l’invité de l’émission Salam Sénégal. Lors de son intervention, il a abordé les maladies rénales qui touchent les enfants
Le professeur Younoussa Keita, pédiatre et néphrologue pédiatrique à la faculté de médecine de l’UCAD, était l’invité de l’émission Salam Sénégal. Lors de son intervention, il a abordé les maladies rénales qui touchent les enfants et a plaidé pour la mise en place d’un centre de dialyse spécialisé pour les plus jeunes, ainsi que pour le renforcement des effectifs médicaux dans ce domaine.
Selon le professeur Keita, plusieurs facteurs sont responsables des maladies rénales chez les enfants. Parmi eux, il cite : L’automédication et l’utilisation de médicaments de la rue. Les infections aiguës : des maladies telles que les angines mal soignées et les amygdalites peuvent entraîner des complications rénales. Les maladies de la peau : en saison des pluies, les enfants exposés à des conditions sanitaires dégradées peuvent contracter des infections dermatologiques qui affectent les reins. Les infections urinaires : particulièrement fréquentes chez les jeunes filles scolarisées en raison de toilettes insalubres. L’hydratation insuffisante, qui constitue un facteur de risque important. Certaines maladies chroniques comme la tuberculose, la bilharziose, le diabète et certains cancers. La drépanocytose, qui peut provoquer des complications rénales. La prématurité et le faible poids à la naissance, qui prédisposent certains enfants à des problèmes rénaux.
Le professeur Keita recommande aux parents d’être vigilants face à certains symptômes qui peuvent indiquer une atteinte rénale chez l’enfant. Parmi eux : Une prise de poids anormale, un gonflement du visage au réveil, une augmentation anormale de la fréquence urinaire, notamment la nuit, des infections urinaires répétitives, la présence de sang dans les urines.
Selon le professeur Keita, le Sénégal compte environ 20 nouveaux cas par mois d’enfants atteints de maladies rénales. « La moitié des enfants référés souffrent d’insuffisance rénale due à un diagnostic tardif. Heureusement, la plupart des enfants ayant des reins affaiblis peuvent récupérer, mais certains n’ont d’autre choix que la dialyse. »
Cependant, le manque de personnel qualifié est un véritable obstacle à une prise en charge efficace. « Nous ne sommes que deux néphropédiatres au Sénégal. C’est une spécialité récente et, même si le ministère de la Santé et les universités font des efforts, il faut augmenter le nombre de spécialistes pour mieux faire face à la progression de ces maladies », plaide-t-il.
L’autre défi majeur demeure l’insuffisance d’équipements spécifiques. « Nous ne disposons que d’une seule machine à l’hôpital Abass Ndao pour dialyser les enfants. Cette machine est constamment sollicitée, et nous devons parfois orienter les patients vers des centres de dialyse pour adultes, qui ne sont pas adaptés à leurs besoins. »
Le professeur Keita insiste sur la nécessité d’un centre de dialyse dédié aux enfants : « Ils n’ont pas la patience des adultes pour supporter des séances de plusieurs heures. Un centre adapté leur offrirait un environnement approprié, avec des espaces aménagés et des jouets pour les aider à mieux supporter ces traitements prolongés. »
INCINÉRATION D’UNE IMPORTANTE QUANTITÉ DE COCAÏNE SAISIE PAR LES DOUANES SÉNÉGALAISES
Les services des douanes sénégalaises procéderont, ce mercredi, à l’incinération d’une quantité significative de cocaïne saisie lors d’opérations menées en 2024. Cette destruction se fera par four à haute température dans les installations de Sococim...
Les services des douanes sénégalaises procéderont, ce mercredi, à l’incinération d’une quantité significative de cocaïne saisie lors d’opérations menées en 2024. Cette destruction se fera par four à haute température dans les installations de Sococim Industries, une cimenterie située à Rufisque, dans la région de Dakar.
Cette démarche s’inscrit dans le cadre de la lutte contre le trafic de stupéfiants et vise à détruire de manière sûre et irréversible ces substances illicites. La cérémonie d’incinération se déroulera sous la supervision des autorités compétentes, notamment le gouverneur de la région de Dakar, le directeur des Opérations douanières et des représentants des différents services impliqués dans la régulation et la sécurisation du territoire.
Selon un communiqué officiel des services douaniers, cette opération vise non seulement à éliminer les stupéfiants saisis mais également à envoyer un signal fort aux réseaux de trafiquants sur la détermination des autorités à enrayer le commerce illégal de drogues. La destruction des substances se fera selon des procédures strictes pour éviter tout impact environnemental négatif.
Le Sénégal, en tant que pays de transit et de destination de certains flux de drogues, intensifie ses efforts pour lutter contre le trafic de stupéfiants, notamment à travers des saisies régulières, des coopérations internationales et le renforcement des moyens opérationnels des forces de sécurité.
L’incinération de cette quantité importante de cocaïne marque une nouvelle étape dans l’engagement des autorités à réduire la présence de drogues illicites sur le territoire national et à garantir la sécurité des populations.