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3 avril 2025
Par Khady GADIAGA
DE L'EQUILIBRE DE LA STRUCTURATION MEME DU CHAMP POLITIQUE
Dans un contexte où la société fait face à des crises profondes qui ont entamé le premier espace de production du citoyen qu’est la famille, il est opportun de poser le débat public pour faire avancer la cause de la famille et de la femme ...
Dans un contexte où la société fait face à des crises profondes qui ont entamé le premier espace de production du citoyen qu’est la famille, il est opportun de poser le débat public pour faire avancer la cause de la famille et de la femme par rapport aux objectifs de développement de notre pays.
Ce magistère du Président Bassirou Diomaye Faye axé sur un leadership transformationnel doit nécessairement prendre en compte son engagement sur cette question fondamentale.
L'émergence d’un leadership féminin qui se pose à nous appelle deux questions essentielles :
- Quels moyens mettre en œuvre pour équilibrer la structuration même du champ politique fondée sur un modèle de domination symbolique exercée par les hommes afin d’atteindre une optimisation de la présence des femmes dans les hautes sphères politiques ?
- Quelles réflexions et quelles actions faudrait-il mener pour consolider les acquis engrangés par la lutte des femmes, en vue de faire émerger en masse un leadership ou un commandement politique féminin capable d’exercer une influence sur le rôle et le statut des femmes sénégalaises dans la sphère politique ?
En Afrique, les femmes ont encore de nombreux défis à relever, d’ordre stratégique : l’absence d’un mouvement social fort, l’isolement, la faible capacité prospective et le manque d’anticipation. La construction d’un mouvement fort passe par deux types d’alliance. D’abord, entre les femmes politiques et les organisations à caractère économique, car les premières n’ont pas les moyens matériels de leur ambition, et les secondes n’ont pas la conscience politique. Ensuite, entre les femmes politiques et les organisations de la société civile, car lorsque les premières sont combattues dans l’espace politique et que la pression devient trop forte, elles ont besoin d’un espace de repli. Il y a des moments où, pour s’imposer dans leurs partis, les femmes ont besoin d’être soutenues par d’autres forces organisées.
Sortir les organisations de femmes de la ghettoïsation...
L’approche fragmentée et cloisonnée de la question de la femme a mis en évidence son inefficacité. Pour sortir de la ghettoïsation, les organisations de femmes doivent inscrire leurs luttes dans des enjeux qui préoccupent la société dans sa globalité, car la question des femmes ne peut être traitée indépendamment des autres défis. Les femmes doivent aussi rester vigilantes car, malgré les acquis, elles ne sont pas à l’abri de reculs. Elles doivent affronter à la fois des hommes hostiles à la parité, mais aussi des religieux hostiles à l’égalité entre hommes et femmes. Avec la montée de l’intégrisme religieux, tend à se développer une parole publique préconisant l’enfermement des femmes dans l’espace privé.
Cela exige davantage de vigilance, mais surtout une capacité d’anticipation pour nouer des alliances stratégiques avec des acteurs clés, tels que les organisations des droits de l’homme et les familles religieuses traditionnelles. Les droits des femmes sont des droits humains, et ces organisations constituent une force dans la société, détenant un réel pouvoir de pression sur le pouvoir politique. Il devient donc urgent d’utiliser les plages de convergence existantes pour bâtir une alliance durable. Quant à l’islam confrérique, il est le meilleur allié des femmes, dans un pays où les foyers religieux traditionnels prônent un islam ouvert, un islam de paix et de tolérance.
Maintenir le cap de l’engagement
Des évolutions encourageantes et perceptibles interviennent depuis peu dans le paysage politique sénégalais, quant à une plus grande implication de la femme dans la vie politique nationale. Mais il serait souhaitable que cette dynamique s’inscrive dans la permanence et la durée et ne se limite pas au seul contexte électoral. Le défi est immense et requiert par conséquent une synergie d’actions des Pouvoirs Publics, de la société civile, des bailleurs de fonds et des femmes elles-mêmes.
Il est également nécessaire de déterminer l’influence de l’égalité politique sur les progrès de l’égalité sociale. Et il ne suffit pas que des femmes s’engagent en politique pour que la condition de toutes les femmes s’en trouve révolutionnée. Encore faut-il que ces femmes politiques soient féministes, l’assument et le revendiquent. Il est donc indispensable de tirer des leçons d’un passé marqué par des ruptures. Le lien a manqué entre les femmes qui ont mené des luttes pour l’indépendance et la génération de celles engagées dans les partis de gauche, apparues après 1968 (Dia, 1995). De même, aujourd’hui, il ne semble pas y avoir de relève aux femmes qui ont mené le combat pour la parité. À chaque rupture historique, il a fallu un certain temps, car il a manqué une pensée politique liée à la lutte des femmes (Sarr, 2010).
Repenser en des termes radicalement nouveaux les constructions ontologiques de l’identité
On peut s'offusquer également du fait qu'à part les féministes convaincues, les femmes se mettent rarement en ordre de bataille pour l'affirmation de leurs droits.
On comprend dès lors le désarroi des activistes et autres influenceurs face au déni organisé et à l'apathie des femmes car il est quasi vain de se battre pour qui n'a pas conscience de son combat existentiel.
Dans la pratique politique féministe, il paraît nécessaire de repenser en des termes radicalement nouveaux les constructions ontologiques de l’identité afin de formuler une politique de représentation qui puisse faire revivre le féminisme sur d’autres bases.
Par ailleurs, peut-être est-il temps de concevoir une critique radicale qui cherche à libérer la théorie féministe de la nécessité d’avoir à construire une base unique ou permanente, une base vouée à être sans cesse contestée à partir des positions identitaires ou anti-identitaires qui en sont inévitablement exclues.
Les pratiques d’exclusion qui fondent la théorie féministe dans une notion des « femmes » en tant que sujet ne sabotent-elles pas paradoxalement les ambitions féministes d’en élargir « la représentation ».
Il convient également de formater les esprits des plus jeunes à la masculinité positive en mettant en place d'avantage de campagnes de sensibilisation et de prévention, en développant notamment dès l'école, des classes, qui éduquent les enfants au respect de l'autre et à la sexualité, s'il on veut pouvoir espérer réduire l'exclusion et les violences faites aux femmes.
C'est le combat à mener. Convertir le patriarcat et nos gouvernants aux valeurs humanistes du féminisme ou à la masculinité positive et le tour est joué. Voilà le processus !
YASSINE FALL CLARIFIE LA QUESTION DE L'EXTRADITION DE MACKY SALL
La ministre de l’Intégration Africaine et des Affaires Étrangères a précisé que la convention récemment ratifiée entre le Sénégal et le Maroc porte uniquement sur l’assistance aux détenus et le transfèrement des personnes condamnées.
Le ministre de l’Intégration Africaine et des Affaires Étrangères, Yassine Fall, a tranché sur la polémique entourant une éventuelle extradition de l’ancien président sénégalais Macky Sall, actuellement au Maroc.
La controverse est née suite au projet de loi autorisant la ratification d’une convention entre le Sénégal et le Maroc sur l’assistance aux détenus et le transfèrement des personnes condamnées. Ce texte a suscité des interrogations, certains y voyant une possibilité d’extradition de l’ex-chef de l’État.
Lors de son audition par la commission des Affaires étrangères et celle des Lois, Yacine Fall a clarifié la portée de cet accord. Elle a affirmé que « cet accord n’inclut pas l’extradition des individus », précisant qu’il concerne uniquement l’assistance aux Sénégalais arrêtés et condamnés au Maroc.
Selon elle, la ratification de cette convention vise à garantir une meilleure sécurité juridique et judiciaire, tout en renforçant l’assistance consulaire aux citoyens sénégalais détenus au Maroc, conformément aux engagements internationaux du Sénégal.
Par Mamadou Makhtar Mbacké LEYE
VIOLENCES SEXUELLES A L’ENCONTRE DES FEMMES ET DES FILLES AU SENEGAL : PISTES DE SOLUTIONS
Inscrire les «traumatismes et violences» comme un problème prioritaire de santé dans le prochain Plan national de développement sanitaire et social (Pndss) est une démarche importante pour une lutte efficace contre les violences sexuelles
Les violences sexuelles sont des violations flagrantes des droits des femmes et des filles au sein de la société. Le renforcement de la lutte passera par la mise en œuvre de ces recommandations : mettre en place un programme national de lutte contre les traumatismes intentionnels et non intentionnels, renforcer la communication sur les conséquences néfastes des violences sexuelles, l’éducation à la sexualité, la formation en matière d’établissement et de délivrance de certificats médicaux, l’accessibilité financière aux certificats médicaux, des tests de diagnostic (tests Adn…) et l’autonomisation économique des femmes.
Eriger le Bureau de prévention de la violence et des traumatismes du Msas en programme national de lutte contre les traumatismes intentionnels et non intentionnels
Inscrire les «traumatismes et violences» comme un problème prioritaire de santé dans le prochain Plan national de développement sanitaire et social (Pndss) est une démarche importante pour une lutte efficace contre les violences sexuelles qui menacent la vie des personnes, surtout celles vulnérables (femmes et filles). Avec ce programme, un plan stratégique quinquennal sera élaboré, prenant en compte la prévention et la prise en charge des violences, avec la pleine participation des ministères, du Parlement, de l’université, des collectivités locales, de la Société civile (organisations communautaires), des Ong internationales de lutte contre les violences. Il sera un document de référence de toutes les stratégies planifiées à mettre en œuvre pour les 5 prochaines années.
Elaborer et mettre en œuvre un plan national de communication sur les violences faites aux femmes et aux filles
La mise en œuvre du plan de communication permettra de mener des activités de plaidoyer auprès des ministères en charge de la Santé, de la Famille et de la Justice, et des partenaires pour un financement conséquent des activités de lutte contre les violences. Au niveau de la communauté, il faut cibler les autorités religieuses et coutumières pour les amener à cerner la place de la femme au sein de la société et les méfaits de la violence sur leur état de santé. Les agents communautaires peuvent diffuser les messages auprès des différentes couches de la population au cours des causeries, lors des journées de mobilisation sociale. La mobilisation sociale doit être massive, répétitive, intensive et persistante. L’utilisation des mass médias reste un moyen efficace pour faire passer des spots publicitaires et des débats sur la lutte contre les violences en langues nationales. Les messages vont permettre d’informer, de créer des attitudes favorables et de susciter des actions.
Affecter au moins dans chaque établissement public de santé de niveau 2, un psychologue clinicien
L’Etat devra intégrer le corps des psychologues cliniciens dans la nomenclature de la Fonction publique afin que ces derniers soient recrutés. En fait, actuellement, leur non-intégration dans la Fonction publique les pousse à s’installer dans les structures sanitaires privées inaccessibles financièrement pour la majeure partie des populations. Ainsi, les victimes sont obligées de se prendre en charge auprès des psychiatres, vu que ces derniers ont une certaine compétence dans ce domaine. Malheureusement, ces psychiatres sont inégalement répartis sur le territoire national. Le ministère en charge la Santé doit mettre à la disposition de chaque Eps 2, une unité de veille et de prise en charge psychosociale avec un psychologue et un assistant social. Il doit aussi collaborer avec la Faculté de Médecine, de pharmacie et d’odontologie de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar et les Unités de formation et de recherche (Ufr) santé des universités des régions pour la mise en place d’un Diplôme d’études spécialisées (Des) en psychologie médicale car n’étant pas encore disponible au Sénégal.
Renforcer les capacités des médecins du secteur public comme privé en matière d’établissement et de délivrance de certificats médicaux
Le certificat médical doit être rédigé après examen du malade. Le contenu doit être lisible, clair et compréhensible. L’exactitude des données renseignées sur le certificat médical permet de qualifier certaines formes de violences. C’est un acte médical qui n’est pas spécifiquement corrélé à un spécialiste dans le domaine de la médecine, mais il est préférable que le gynécologue fasse le certificat de constatation de viol si possible. Au cas où le certificat médical ne satisferait pas la plaignante ou le présumé agresseur, le juge peut saisir l’Ordre des médecins qui propose un expert. Le juge fait une ordonnance de désignation de l’expert. Ce dernier signe le serment et s’engage à travailler dans la transparence, l’honnêteté et l’impartialité. Ainsi, le certificat de constatation de viol est déterminant pour la sanction judiciaire des agresseurs. Il doit être délivré en mains propres à l’intéressée qui est ici la victime. Si elle est mineure, son tuteur légal est le seul habilité à disposer de son certificat médical. Certains praticiens, inconscients des risques encourus, continuent de délivrer des certificats médicaux dit de «complaisance» alors qu’ils ne sont nullement tenus de les fournir. En général, les demandeurs de ces certificats ont comme motifs d’échapper à la Justice ou de causer du tort au présumé agresseur. Les médecins des secteurs privé et public doivent bénéficier d’un renforcement de capacités en matière de certificats médicaux.
Appliquer la loi relative à la criminalisation du viol
La criminalisation des actes de viol et de pédophilie entraîne un surpeuplement des prisons car la durée de détention provisoire des présumés coupables n’est pas encadrée par des délais en cas de crime. Cette situation doit encourager les autorités judiciaires à appliquer la loi n02020-28 du 07 juillet 2020 consacrant le placement sous surveillance électronique comme mode d’aménagement des peines1. L’application de la loi vise à désencombrer les prisons et à maintenir les liens familiaux de la personne concernée. Au cours de son placement sous surveillance électronique, le juge mène son enquête. Ce dernier reste confronté parfois à des difficultés pour apporter des preuves permettant d’incriminer le présumé coupable. Parmi ces preuves, le test Adn reste crucial, mais il n’est pas accessible financièrement pour la majeure partie des populations et n’est disponible qu’à Dakar, au niveau du Centre de diagnostic et de recherche en médecine moléculaire (Cdrmm) et de l’Institut de recherche en santé, de surveillance épidémiologique et de formation (Iressef). Pour y apporter des solutions, l’Etat doit renforcer les capacités diagnostiques et techniques en biologie moléculaire au niveau de la Police scientifique et des établissements publics de santé de niveau 2 et 3.
Renforcer l’éducation à la sexualité en milieu scolaire
L’éducation complète à la sexualité reste une stratégie importante pour préparer les jeunes à une vie saine et productive. Le milieu scolaire est un bon cadre pour connaître les avantages d’une éducation à la sexualité de qualité basée sur les programmes scolaires. Le milieu scolaire est un grand apport pour éduquer les élèves à la sexualité. Ainsi, il est important de réviser les curricula de formation en introduisant des modules de formation sur l’éducation à la sexualité ciblant les adolescents, notamment durant les cycles moyen et secondaire. Pour une meilleure appropriation, ce processus de révision devra impliquer toutes les parties prenantes du secteur éducatif, notamment les associations de parents d’élèves, les représentants des élèves, les syndicats des enseignants, les directeurs, principaux et proviseurs, les Ong et les représentants du ministère de l’Education nationale. Ce processus devra impérativement s’adosser au respect strict de nos principes et valeurs culturelles.
Promouvoir l’autonomisation économique des femmes
L’autonomisation des femmes passe par l’éducation qui leur permettra de sortir du monde de l’ignorance. L’Etat doit mettre à la disposition des associations féminines, des spécialistes dans leurs domaines d’activités en vue de les encadrer à toutes les étapes, de la production à l’écoulement de leurs produits de qualité sur le marché. Ces activités encadrées leur permettront de générer des bénéfices qui vont servir à rembourser les prêts auprès des structures décentralisées de l’Etat, à assurer les dépenses de production, notamment les charges en ressources humaines et matérielles.
L’autonomisation économique exige un accès aux ressources et une capacité des femmes à les contrôler et à les utiliser, d’où la nécessité de renforcer leurs compétences. Elle donne aux femmes plus de pouvoir de décision leur permettant de prendre des mesures émancipatrices, notamment la revendication de leurs droits au sein de la société. Les femmes doivent occuper des postes de responsabilité comme les hommes au sein du secteur public comme privé. Ainsi, elles peuvent devenir des gestionnaires de programmes et être capables de prendre des décisions.
Mamadou Makhtar Mbacké LEYE Professeur Titulaire des Universités Médecin – Spécialiste en Santé Publique Directeur des études de l’Ised / Ucad 1 Journal officiel de la République du Sénégal, N0 7342, Lundi 27 juillet 2020
Par Mohamed GUEYE
LE GOUVERNEMENT EN GUERRE CONTRE L’EMPLOI
C’est comme si les nouveaux dirigeants au pouvoir se sont donné pour mission de mettre les travailleurs au chômage pour les remplacer par des hommes liges. Une fois la tâche entamée dans le secteur public, ils s’attaquent maintenant au secteur privé
Le chômage n’est pas une recette pour le développement. Tout au contraire, tous les pays, toutes les économies du monde, quelles que soient leur nature et leur forme de gouvernement, ont depuis longtemps compris que l’on ne peut produire de la croissance qu’en mettant au travail sa population, que c’est le travail qui est l’une des clés du développement de la société et de l’épanouissement de ses citoyens. Une illustration de l’importance du travail est ce conseil prêté à l’un des maîtres de l’économie moderne, John Maynard Keynes. Il est dit qu’il avait conseillé au Président américain Franklin Delano Roosevelt, de remettre ses concitoyens au travail pour relancer l’économie après la récession née du krach boursier de 1929. «S’il faut embaucher 10 mille personnes à creuser des trous que 10 mille autres seront chargés de boucher, ce sera du travail», lui aurait-il dit. Ce conseil a donné le fameux New Deal, qui a permis aux Etats-Unis de sortir de la récession née du krach boursier de Wall Street en 1929.
La même recette a fonctionné aussi dans les pays communistes. L’Urss de Staline et la Chine de Mao Tsé-Toung ont mis leurs populations au travail -de force, à en croire les théoriciens capitalistes, ou par l’apologie du zèle au travail. A l’époque de Staline, les propagandistes soviétiques vantaient les qualités de Alexei Stakhanov, ce mineur du Donetz qui n’hésitait pas à dépasser les normes de production pour permettre à son pays de produire le charbon dont les Soviets avaient tant besoin. Plus près de nous, on a vu en 1975, le «révolutionnaire» Thomas Sankara lancer la «Bataille du rail». Il s’agissait de construire un nouveau chemin de fer qui devait permettre de relier la capitale du Burkina, Ouagadougou, à des localités du Nord du pays, et faciliter, incidemment, l’exploitation de plusieurs minerais précieux. Faute d’argent, le régime étant privé de capitaux par le système financier capitaliste occidental, Sankara a mobilisé l’énergie de sa population, en appelant chacun à donner ce qu’il pouvait. Ceux qui n’avaient pas de ressources financières ont donné de leurs muscles. Un journal en ligne, lefaso.net, relate le début de l’aventure : «Les partenaires financiers du moment, notamment la Banque mondiale, ont refusé de financer le projet. Mais le régime militaire, convaincu que seul le Peuple est le véritable acteur de son développement, se lança dans l’aventure avec ses propres moyens. Les révolutionnaires étaient convaincus de la force de leurs bras.
Le 1er février 1985, le Capitaine Thomas Sankara, chef de la révolution, lance le projet sous la dénomination : «La Bataille du rail». Ce sont les ressources propres du pays qui ont servi pour l’achat de matériel estimé à environ un milliard de francs Cfa à la fin du régime du Cnr. Les ouvriers, c’est le Peuple à travers ses composantes ! Femmes, jeunes, personnes âgées, élèves… ont participé à la pose des rails, bénévolement, jour férié ou non.»
Si l’aventure du rail a tourné court au Burkina, au moins, le besoin de faire travailler son Peuple, en particulier sa jeunesse, n’a jamais quitté le pouvoir burkinabè, tous régimes confondus. Au Sénégal, même à l’époque de Sankara, on avait compris que l’oisiveté pouvait être la cause de tous les vices pour la jeunesse. Ceux qui ont la cinquantaine actuellement, se souviennent de ces mots qui ont achevé de couper tous les ponts entre le Président Abdou Diouf et la jeunesse de son pays, qu’il avait traitée de «jeunesse malsaine» en 1988. Or, comme son adversaire l’avait compris, le problème de ladite jeunesse était le chômage. Wade n’avait-il pas battu campagne en 2000 en promettant de régler le problème de l’emploi dans le pays ? Car, malgré les dures conditions des programmes d’ajustement structurel, Abdou Diouf avait tenté de lancer une initiative pour l’entreprenariat des «Maîtrisards chômeurs». Si certains ont réussi, plus nombreux encore ont échoué, n’ayant pas été préparés à la gestion d’entreprises.
Abdoulaye Wade, au début, a voulu se donner les moyens de tenir sa promesse de trouver de l’emploi aux jeunes. Il a mis en place le Fonds national pour la promotion de la jeunesse (Fnpj) et l’Agence nationale pour l’emploi des jeunes (Anej), deux organismes destinés à promouvoir l’emploi et l’entreprenariat auprès de la jeunesse. Ils seront renforcés après quelque temps, et pour des raisons politiques, par l’Agence pour l’emploi des jeunes de la banlieue
Toutes ces structures ont absorbé plusieurs milliards, aussi bien en budget de fonctionnement qu’en financement de projets, plus ou moins fictifs. Au point que, faute de statistiques fiables, l’opinion a toujours eu l’impression que le chômage des jeunes a encore plus augmenté durant la gouvernance de Me Abdoulaye Wade. Le chômage a conduit au rejet total des politiques menées par les dirigeants politiques. Comme le disent les économistes marocains Soulaimane Laghzaoui et Mounia Sliman, le chômage des jeunes «est un phénomène qui contribue à l’isolement et à un sentiment de frustration, pouvant exposer les jeunes à différents risques, notamment la délinquance, l’extrémisme, l’émigration et la fuite des cerveaux». Parallèlement, c’est vers cette époque que le Sénégal a vu s’amplifier le phénomène «Barça wala barsakh», qui voyait des gens de toutes conditions affronter les vagues de la mer pour gagner les îles espagnoles des Canaries
Macky Sall et les 500 mille emplois
C’est dans ces circonstances que Macky Sall, briguant la présidence de la République, a promis de créer 500 mille emplois par an. Dans une volonté d’efficacité, il a commencé par fondre les multiples agences mises en place par son prédécesseur, pour créer l’Anpej (Agence nationale pour la promotion de l’emploi des jeunes). L’inertie de l’Anpej a conduit à la création de nombreux autres offices dédiés à la promotion de l’emploi des jeunes. Si personne ne peut nier le dynamisme du Président Macky Sall dans ce domaine, on doit tout de même noter qu’il n’a jamais pu emporter l’adhésion de son secteur privé national pour la création d’emplois. Même les promesses de financements liés au Plan Sénégal émergent (Pse) et les milliards de Cfa qui en étaient attachés, n’ont pas incité les entrepreneurs privés à créer des emplois.
De guerre lasse, le chef de l’Etat a voulu tenter la carte de l’entreprenariat des jeunes et des femmes avec la Der/Fj. L’irruption de la fronde Sonko sur la scène politique, et son discours qui a enflammé la jeunesse, l’a poussé à finir son mandat avec le programme Xëyu ndaw ñi (emploi des jeunes, en wolof). Sans doute que l’actuel pouvoir fera bientôt le bilan de ce programme, et l’on peut s’attendre à apprendre qu’il nous aura coûté plusieurs milliards, pour un résultat proche du négatif.
Licenciements massifs, à défaut d’embaucher
Est-ce la somme de ces expériences malheureuses qui a confiné l’actuel pouvoir au mutisme s’agissant de la question de l’emploi ? Cette question est assez accessoire, quand on se rend compte que, loin de vouloir produire des emplois, les actuels dirigeants se sont mis à supprimer des postes. Comme s’ils étaient en guerre contre l’emploi, pour des gens qui avaient été élus afin de mettre fin à ce fléau. Plusieurs entreprises publiques ou parapubliques ont déjà commencé à déflater. Tout le monde a lu la note envoyée par le Dg de la Caisse des dépôts et consignations (Cdc) à ses travailleurs. On a vu aussi la sortie du Dg de l’Aibd qui a annoncé un nettoyage à grande eau de l’aéroport, comme à la Lonase, à Dakar Dem Dikk, au ministère des Mines, et à plusieurs autres entreprises dont les dirigeants ont annoncé les renvois de personnels. Le Dg du Port, trop occupé à se mirer sur sa page Facebook, n’a pas eu la courtoisie de prévenir la plus d’une centaine d’employés qu’il a contraints à prendre la porte.
C’est comme si les nouveaux dirigeants au pouvoir se sont donné pour mission de mettre les travailleurs au chômage pour les remplacer par des hommes liges. Une fois la tâche entamée dans le secteur public, ils s’attaquent maintenant au secteur privé. Ils ont commencé par paralyser les entreprises, en les contraignant, d’abord à ne pas produire, mais surtout, si elles le peuvent, à produire à perte
Au tour des industriels
Le secteur des Btp a lancé un appel qui n’a laissé personne indifférent. Le marasme là-bas a touché jusqu’aux cimenteries du pays dont le chiffre d’affaires a baissé, et qui a entamé de réduire sa voilure. Dans l’agroalimentaire aussi, des dirigeants se désolent de devoir produire à perte, comme les minoteries. Le prix du blé sur le marché international est tel en ce moment que le prix de la farine ne pourrait qu’augmenter. Or, faute de solution économique, les dirigeants politiques imposent une baisse artificielle à nos opérateurs. D’autres secteurs sont aussi concernés, comme l’huile ou le sucre. Dépassées sans doute par leurs promesses électorales de réduire les prix des produits de première nécessité, les autorités ne cessent de vouloir contraindre les industriels à appliquer des prix en dessous de la vérité du marché. Il ne s’agit pas seulement pour eux de réduire leurs marges bénéficiaires, mais plutôt de perdre toute compétitivité.
Plusieurs entreprises ont fortement réduit leurs importations, d’où la baisse des rotations et du trafic enregistrée au Port de Dakar, qui aura des conséquences multiples sur les emplois. Comme si tout cela ne suffisait pas, certains ne semblent pas se rendre compte que, déjà paralysée par l’arrivée massive du sucre de contrebande favorisée par la délivrance des Dipa, la Compagnie sucrière de Richard-Toll ne pourrait se permettre de baisser ses tarifs pour satisfaire les lubies de nos fiscalistes. De plus, sa fonction sociale est telle que la Css pourrait difficilement se mettre à licencier. Cela pourrait provoquer des drames sociaux de grande ampleur dans le Walo, où des entreprises aussi emblématiques que la Soca ont été sabotées par des politiques publiques mal pensées et mal appliquées. Le Premier ministre n’a pas caché sa volonté de faire signer à ses partenaires sociaux un «Pacte de stabilité sociale» qui permettrait au pouvoir mettre le pays au travail, sans aucune perturbation sociale. Il va sans doute obtenir son pacte. Reste à savoir si, en encourageant les mises en chômage d’importantes franges de travailleurs, il aura la stabilité sociale. Dans ce pays, un salaire fait vivre en moyenne 10 personnes, même le gouvernement le sait.
GUY MARIUS SAGNA EXIGE LA RÉCIPROCITÉ APRÈS L’EXPULSION DE SÉNÉGALAIS EN MAURITANIE
Le député dénonce une atteinte aux droits des migrants et exhorte les autorités sénégalaises à prendre des mesures similaires à l’égard des ressortissants mauritaniens en situation irrégulière au Sénégal.
La problématique de nos concitoyens en Mauritanie, en instance d’expulsion, a occupé les débats ce mardi à l’Assemblée nationale. Au ministre des Affaires étrangères, Guy Marius Sagna a réclamé l’application de la réciprocité.
CHEIKH TIDIANE BITEYE DISSIPE LES CRAINTES ET SORT LES SOLUTIONS
A quelques jours des rencontres contre le Soudan (17 mars) et le Togo (21 mars), dans le cadre des éliminatoires du Mondial 2026, l’équipe nationale du Sénégal est confrontée à une cascade de blessés.
A quelques jours des rencontres contre le Soudan (17 mars) et le Togo (21 mars), dans le cadre des éliminatoires du Mondial 2026, l’équipe nationale du Sénégal est confrontée à une cascade de blessés. Cette poignée de joueurs touchés laisse planer le doute et contraint Pape Thiaw à chambouler ses plans. L’ancien entraîneur de la Linguère de Saint Louis et consultant à la RTS Cheikh Tidiane Bitèye n’a pas manqué de dissiper les inquiétudes et estime que le coach des Lions n’a pas à craindre de cette nouvelle donne. Selon lui, il se donnera les moyens de trouver la solution avec des joueurs actuellement à sa disposition et en forme.
L’infirmerie de l’équipe nationale a fait le plein ce week-end avec une cascade de blessures de ses éléments clés. Après Ismaïl Jakobs (Galatasaray SK), Seyni Dieng (Middlesbrough), Habib Diarra (Strasbourg), Édouard Mendy (Al-Ahly), la liste s’est allongée avec celles du latéral gauche du Slavia Prague, El Hadji Malick Diouf, forfait pour le reste de la saison et Abdmlah Sima, l'attaquant de Brest en Ligue 1 française qui a dû quitter prématurément ses coéquipiers, avant la pause.
Cette nouvelle donne constitue une équation pour Pape Thiaw à quelques jours seulement de la rencontre contre le Soudan (17 mars) et le Togo (21 mars), comptant pour les 5e et 6e journées des éliminatoires du Mondial 2026. Pour autant, le sélectionneur des Lions ne doit pas nourrir de crainte outre mesure. Pour l’ancien entraîneur de la Linguère de Saint Louis et consultant à la RTS Cheikh Tidiane Bitèye, il dispose des options qui lui permettent de pallier à ces éventuelles absences et surtout des solutions individuelles avec des joueurs actuellement en forme. « La difficulté la plus épineuse, c'est au niveau des gardiens. Parce que là où on perd ses deux premiers titulaires, c'est toujours difficile. Mais au niveau de la défense, je crois que la solution peut être trouvée. Parce que quand tu as Koulibaly, Moussa Niakhaté, Abdoulaye Seck quand tu as Abdoul Aziz Ndiaye, je pense qu'une solution peut être trouvée. Même s'il faut changer de dispositif», a-t-il souligné. Le technicien estime qu’en cas de changement de dispositif, Pape Thiaw dispose de joueurs assez compétitifs pour avoir la bonne animation de son jeu.
« Au niveau du milieu, il n'y a pas de grosses inquiétudes. Parce que Idrissa Gana Guéye est là et il est très compétitif. De même que Lamine Camara, Pape Matar Sarr et Krépin Diatta. Je pense que sur le papier, ce sont des joueurs qui sont très compétitifs et qui sont souvent titulaires dans l'équipe du Sénégal. Donc, à ce niveau, il n'y a pas de problème. Même, au niveau de l'attaque, Sadio Mané est là. Ismail Sarr est actuellement en super grande forme et Boulaye Dia revient à son meilleur niveau », soutient-il avant d’ajouter : «C'est vrai qu'on perdra des joueurs qu'on aurait souhaité avoir dans cet effectif. Mais, si on les perd, je pense que les solutions individuelles sont là. La difficulté réelle, c'est au niveau du banc. Mais je crois que Pape Thiaw se donnera les moyens de trouver la solution. Surtout qu'il a fait une tournée européenne pour voir tout le monde ». A noter que le sélectionneur national du Sénégal, Pape Thiaw, dévoilera sa liste ce jeudi 13 mars. Une première fois en tant que sélectionneur national des Lions.
LES DÉPUTÉS ADOPTENT LA LOI SUR L’ASSISTANCE AUX PERSONNES CONDAMNÉES
L’Assemblée nationale a voté à l’unanimité, ce mardi, la loi autorisant la ratification de la convention entre le Sénégal et le Maroc sur l’assistance aux personnes condamnées. Ce texte, signé en 2004, fixe les modalités du transfèrement des détenus.
Dakar, 11 mars (APS) – Les députés sénégalais ont adopté à l’unanimité, ce mardi, le projet de loi N°03/2025 autorisant le président de la République à ratifier la convention entre le gouvernement du Sénégal et le gouvernement du royaume du Maroc sur l’assistance aux personnes condamnées.
Ce texte, signée le 17 décembre 2004, à Rabat au Maroc, a été examiné en conseil des ministres le 22 janvier 2025.
“Cette convention a pour objectif d’assurer la protection consulaire et de faciliter l’aide et l’assistance nécessaires aux nationaux détenus sur le territoire de l’autre partie”, précise un document de l’Assemblée nationale, citant la ministre en charge des Sénégalais de l’extérieur, Yassine Fall.
Selon ce rapport de l’intercommission constituée de la Commission des affaires étrangères, des Sénégalais de l’extérieur et de l’Intégration africaine et de la Commission des lois, de la décentralisation, du travail et des droits humains, ladite convention fixe les conditions et les modalités du transfèrement des personnes condamnées ainsi que les motifs de refus et les effets juridiques du transfèrement.
Selon Yassine Fall, “l’entrée en vigueur de cet instrument contribuera à favoriser de meilleures conditions de réinsertion à nos compatriotes condamnés au Maroc, en leur permettant de purger le reste de leur peine” au Sénégal.
La cheffe de la diplomatie sénégalaise précise que cette convention s’applique uniquement aux personnes arrêtées et aux transferts des personnes condamnées. Par conséquent, cet accord n’inclut pas l’extradition des ressortissants sénégalais.
La ratification de ce texte va permettre au Sénégal de “disposer d’un cadre juridique moderne apte à apporter l’aide et l’assistance nécessaires aux Sénégalais poursuivis ou condamnés au Maroc (…)’’, indique le Big-gouv, anciennement Bureau d’information gouvernementale.
Le cadre juridique en question vise des ‘’faits relatifs à l’immigration clandestine’’ afin de ‘’permettre’’ aux ressortissants sénégalais condamnés de ‘’purger reste de leurs peines au Sénégal’’.
Il va notamment participer à la modernisation des instruments de coopération conformément aux standards internationaux, poursuit le Big-Gouv.
La convention entre les deux pays va aider le Sénégal à développer un leadership au niveau régional et étendre son réseau de coopération en matière judiciaire et sécuritaire dans la région.
Cette coopération judiciaire peut garantir la sécurité juridique et judiciaire des concitoyens sénégalais au-delà des frontières.
500 000 ménages dans le désarroi
C’est une information qui circule ces derniers jours. Le programme de la bourse de sécurité familiale a été suspendu. Mais pour le Secrétaire général du ministère de la Famille et des Solidarités, il s’agit des arriérés de 3 à 4 trimestres. Toujours est-il que cela fait au moins 9 mois que les bénéficiaires n’ont pas perçu la bourse. Ce programme qui vise à éviter l'exclusion touche actuellement 500 000 ménages sur la base du registre national unique qui comprend les ménages pauvres et vulnérables par des cash-transfert de 35 000 FCFA par trimestre. L’État ambitionne de porter le nombre de bénéficiaires à 1 million de ménages. Plus de 500 mille ménages sont dans le désarroi total puisque ce montant était très utile pour les bénéficiaires souvent très démunis.
Précision sur la suspension des bourses de sécurité familiale
Le secrétaire général du ministère de la Famille et des Solidarités a précisé que le programme des bourses de sécurité famille n'est pas suspendu. El Hadji Ndiogou Diouf indique que le problème d'arriérés de paiement des bourses est lié à un travail d'évaluation et de mise à jour qui est en train d’être effectué. Il souligne que les bourses de sécurité familiale sont adossées au Registre national unique dans lequel on sélectionne les bénéficiaires et c'est cette base-là qui est en train d'être mise à jour pour être étendue à un million de ménages. Il a confié à la Rfm que les arriérés de paiement seront bientôt réglés.
Mansour Faye interdit d’embarquer à l’AIBD
Le maire de Saint-Louis est-il dans le viseur de la justice ? En tout cas, tout laisse à le penser. Mansour Faye a été interdit hier d’embarquer à l’aéroport international Blaise Diagne. Furieux, il a fait un post pour dénoncer cette mesure qui ne repose, dit-il, sur aucune base légale. « Je voudrais informer l’opinion nationale et internationale que j’ai été injustement interdit d’embarquer dans le vol d’Air France, ce jour lundi 10 mars 2025, à destination de Djeddah via Paris, pour aller faire le petit pèlerinage à la Mecque», peste l’ancien ministre. A l’en croire, à sa question sur le refus de sa sortie du territoire, rapporte-til, l’agent de police lui répondit: «c’est sur instruction de l’autorité supérieure». Selon M. Faye, à sa connaissance, il ne fait l’objet d’aucune procédure, ni d’aucune enquête, encore moins d'une quelconque accusation, en quoi et sur quoi que ce soit. Alors si c’est pour des questions politiques, déclare Mansour Faye, «cette autorité va continuer à souffrir. Qu’elle sache que je suis et reste debout, droit dans mes bottes».
Moussa Tine dénonce la mesure contre Mansour Faye
Le leader du Parti AD/Pencoo dénonce l’interdiction de sortir du territoire de Mansour Faye. Pour Moussa Tine, si nous voulons la rupture, nous devons avoir une relation de fidélité avec la vérité et une fidélité inébranlable avec les principes de l'Etat de droit. Il rappelle qu’il n'y a que le juge et lui seul qui peut empêcher quelqu'un de sortir du territoire, qu'importe éventuellement les éléments incriminant qu'on peut avoir contre lui. Autrement, dit-il, on l’appelle «l'Etat de police». Dans le même sillage, il souligne que les arrestations pour délit d'opinion n'ont jamais servi un régime politique, d'ailleurs, il n'y a pas meilleur moyen de publicité que de se débrouiller pour se faire arrêter.
L’activiste Ardo Gningue en garde à vue
Convoqué ce lundi à la Division spéciale de cybersécurité, l’activiste Ardo Gningue a été gardé à vue après son audition. Il lui est reproché des propos contraires aux bonnes mœurs. Selon les informations de Seneweb, c'est le procureur de la République qui s'est autosaisi par rapport à ses publications sur Facebook. Et lors de son interrogatoire, Ardo Gningue a assumé ses écrits, tout en soulignant n'avoir insulté personne. Sauf changement de dernière minute, il pourrait être conduit aujourd’hui devant le procureur qui décidera de son sort. Il est poursuivi pour diffamation contre Ousmane Sonko et discours contraire aux bonnes mœurs.
Trois élèves du CEM de Boucotte sud exclus pour indiscipline
Des élèves pensionnaires du Collège d’enseignement moyen (CEM) Boucotte Sud ont été définitivement exclus de l’établissement pour indiscipline caractérisée, insultes à l’encontre de membres du personnel dudit CEM par le biais de supports vidéo diffusés à travers les réseaux sociaux, a appris l’Aps à travers un communiqué de l’Inspection d’académie (IA) de Ziguinchor. Tous les élèves doivent du respect à leurs enseignants. C’est le minimum, a réagi le Principal du CEM de Boucotte Sud, François Poussy interrogé par l’Aps suite à ce communiqué rendu public le même jour.
Abdoulaye Fodé Ndione, nouveau président de l’Aes
L’association des écrivains du Sénégal (AES) a un nouveau président en la personne d’Abdoulaye Fodé Ndione, à l’issue d’une assemblée générale tenue samedi à Keur Birago, son siège à Dakar. Le nouveau président a été élu à l’issue d’un vote qui l’a opposé à l’écrivaine Sokhna Benga. M. Ndione, éditeur, poète mais aussi romancier, remplace à ce poste Alioune Badara Bèye, décédé le 1er décembre 2024, à l’âge de 79 ans. Il était jusqu’à son élection vice-président chargé de l’organisation de l’association des écrivains du Sénégal.
Le nouvel archevêque de Dakar prendra fonction le 3 mai
Monseigneur André Guèye sera officiellement investi de la charge d’archevêque de Dakar le 3 mai prochain, a-t-on appris de Monseigneur Benjamin Ndiaye, qui a démissionné de la gouvernance pastorale. Monseigneur André Guèye, évêque de Thiès et administrateur apostolique de Saint-Louis du Sénégal, a été nommé, le 22 février, archevêque métropolitain de Dakar, par le pape François, en remplacement de Monseigneur Benjamin Ndiaye qui a atteint, l’année dernière, la limite d’âge de 75 ans pour exercer la charge d’évêque.
Aliou Sall n’est pas concerné
Dans sa précédente édition, «L’As», parlant de la menace d’expulsion contre d’anciens hauts fonctionnaires de leurs maisons sises à la cité Fayçal, a cité l’ancien maire de Guédiawaye comme faisant partie des bénéficiaires des baux. Aliou Sall a câblé pour préciser qu’il a certes habité cette cité, mais qu’il rendu son bail depuis belle lurette. Ladite villa a été par la suite attribuée à Maguette Sène le député maire de Malicounda. Autrement dit, Aliou Sall ne fait pas partie du collectif mis en place pour défendre les droits acquis de ses membres. Toutes nos excuses à Aliou Sall et à nos lecteurs.
DIOMAYE FACE AU COUPERET DE LA REALPOLITIK
Sous cette présidence, la loyauté et le respect des codes institutionnels ne sont pas négociables. Cependant, cette succession de départs forcés interroge sur la capacité du président à identifier les profils adéquats
Depuis son accession à la magistrature suprême, le président Bassirou Diomaye Faye affiche une gouvernance marquée par des décisions fermes et parfois inattendues. En moins d'un an, il a procédé à plusieurs limogeages au sein de son administration, les plus récents étant ceux de Pape Mada Ndour, son chef de cabinet, et de Cheikh Oumar Diagne, ci-devant ministre chargé des Services présidentiels. Ces décisions illustrent la volonté du chef de l’État de s’entourer de collaborateurs respectant une stricte discipline gouvernementale. Mais elles soulèvent aussi des interrogations sur les critères de sélection et les attentes fixés par le président.
L’analyse des récents renvois au sein de l’administration du président Bassirou Diomaye Faye révèle une gouvernance marquée par une fermeté sans compromis, mais aussi par des interrogations sur les critères de sélection et de gestion des collaborateurs. Ces décisions, bien que justifiées par des manquements à la discipline gouvernementale ou des prises de position controversées, soulèvent des questions sur la cohérence et la stratégie de l’équipe présidentielle.
Pape Mada Ndour : un diplomate à la parole trop libre ?
Le limogeage de Pape Mada Ndour a suscité une véritable onde de choc dans la sphère politique et diplomatique. Diplômé de l'École nationale d'administration (ENA), Pape Mada Ndour avait été premier secrétaire à l'ambassade du Sénégal au Maroc jusqu'en juin 2023, avant d'être nommé chef de cabinet du président le 30 avril 2024.
Cependant, sa prise de parole publique, considérée comme maladroite, lui aura coûté son poste. Lors d’une apparition médiatique, Pape Mada Ndour a révélé des éléments sur les rencontres discrètes entre Ousmane Sonko, Diomaye Faye et l’ancien président Macky Sall, à seulement deux jours de la première visite des nouveaux dirigeants au palais présidentiel. Ces confidences, jugées inappropriées par l'entourage du président, ont donné l'impression d'une violation de la règle de discrétion inhérente à une telle fonction.
Des comparaisons ont immédiatement été faites avec le regretté Bruno Diatta qui, en plus de 40 ans de service comme chef du protocole présidentiel, n'avait jamais laissé filtrer la moindre information confidentielle. Bruno Diatta, considéré comme un modèle de professionnalisme et de discrétion, avait su maintenir une rigueur exemplaire dans l'exercice de ses fonctions.
Pape Mada Ndour, en revanche, semble ne pas avoir pris toute la mesure de la retenue exigée par son poste.
Face aux spéculations, l’ex-chef de cabinet a tenu à préciser que son limogeage n’avait aucun lien avec cette interview : "Je voudrais juste préciser que cette décision du président de la République n'est en rien liée à ma dernière sortie médiatique. Émission pour laquelle j'avais, avant d'entrer en contact avec le journaliste, reçu l'accord du président et à la suite de laquelle j'ai reçu les félicitations de Monsieur le Premier Ministre qui en avait vu des extraits."
Malgré cette mise au point, son départ est perçu comme une sanction visant à rappeler l'importance du droit de réserve dans la gestion des affaires étatiques.
Cheikh Oumar Diagne : un ministre trop clivant ?
Deux mois auparavant, c’est Cheikh Oumar Diagne qui avait été écarté du gouvernement, marquant ainsi un deuxième limogeage retentissant de la part du président Diomaye Faye.
Ministre de l'Administration et de l'Équipement à la présidence de la République, Cheikh Oumar Diagne a été démis de ses fonctions après avoir tenu des propos polémiques sur les tirailleurs sénégalais. Dans une interview accordée à Fafa TV le 21 décembre, il avait déclaré : "Ceux qui célèbrent les tirailleurs ne savent pas qui étaient les tirailleurs. Ce sont des traîtres qui se sont battus contre leurs frères, dans leur pays, pour de l'argent."
Ces propos ont provoqué une indignation nationale, car ils intervenaient quelques semaines après la commémoration du massacre de Thiaroye, reconnu officiellement par la France comme un crime d’État. Cette commémoration s'inscrivait dans une volonté de réhabilitation historique des tirailleurs, notamment par l'intégration de cet épisode tragique dans les programmes scolaires sénégalais.
Le limogeage de l’ancien pensionnaire de Diomaye à la prison du Cap Manuel a été interprété comme une volonté du président de prendre ses distances avec des discours radicaux qui pourraient ternir l'image du gouvernement. L’homme était déjà perçu comme clivant, notamment en raison de ses différends avec la communauté mouride lors du Magal de Touba. Certains dignitaires religieux et fidèles lui reprochaient une gestion autoritaire des invitations et des hôtes officiels durant l'événement.
Fermeté ou erreur de casting ?
Ces deux licenciements révèlent la fermeté du président Diomaye Faye, mais ils posent également la question de l’adéquation entre les profils nommés et les attentes du pouvoir. Le président semble opérer des corrections en cours de route, ajustant son équipe en fonction des erreurs commises.
Si cette manière de gouverner peut être perçue comme une marque d'exigence, elle peut aussi traduire une certaine improvisation dans la sélection des collaborateurs. Une chose est certaine : sous Diomaye Faye, la discrétion et la loyauté ne sont pas des options, mais des obligations. Et tout manquement à ces principes se paie au prix fort.
Dans de nombreux pays, il existe des accords tacites ou explicites au sein des gouvernements visant à encadrer la communication publique des membres de l’Exécutif. Ces accords imposent une certaine réserve sur des sujets sensibles afin d’éviter des déclarations susceptibles de fragiliser l’autorité de l’État, d’exposer des divergences internes ou d’alimenter des polémiques inutiles. Cette discipline gouvernementale permet de maintenir une cohésion et d’éviter que des prises de position individuelles ne viennent parasiter l’action collective.
Cependant, cette pratique soulève aussi des interrogations sur la liberté d’expression des ministres et hauts fonctionnaires. Jusqu’où peut aller cette obligation de réserve sans empiéter sur le droit à l’opinion ? Ailleurs, elle est perçue comme une nécessité stratégique pour préserver la stabilité. Elle aussi peut être critiquée comme une entrave à la transparence et au débat démocratique.
Dr Cheikh Dieng : gestion controversée et tensions internes
L’ancien maire de Thiaroye a été la première victime du sabre de Diomaye. Quatre mois après l’accession au pouvoir de ce dernier, il a été démis de ses fonctions. Son limogeage est intervenu dans un climat de controverses, marqué par des accusations de "gestion clanique", avec des recrutements présumés de ses proches et des tensions ouvertes avec son ministre de tutelle, Cheikh Tidiane Dièye, chargé de l’Hydraulique et de l’Assainissement.
Le point de rupture a été atteint lorsqu’une lettre au ton virulent, rédigée par Cheikh Dieng, a fuité dans la presse. Adressée au ministre et datée du 31 juillet – jour même du Conseil des ministres ayant acté son départ – cette missive constituait une réponse à une interpellation ministérielle sur des soupçons de surfacturations et de favoritisme. La correspondance en question faisait suite à une demande d’explication envoyée deux jours auparavant.
L’affaire portait sur l’attribution de marchés de curage des canaux d’évacuation des eaux pluviales à Dakar (lot 1) et dans d’autres régions (lot 2) aux entreprises Tawfekh Taysir et Delgas. Selon l’ex-directeur général de l’Onas, les travaux réalisés à Dakar, notamment au bassin de la Zone de captage et au canal 6, représentaient 55 % de la valeur totale du marché. Il soutenait que ces chantiers avaient été exécutés à 100 % pour les premiers et à 97 % pour les seconds, entre le 27 juin et le 28 juillet, malgré une durée contractuelle initialement prévue pour quatre mois.
Cette affaire, qui a fait couler beaucoup d’encre, reste encore en suspens. L’opinion publique continue d’exiger des clarifications, des explications officielles et, surtout, une reddition des comptes sur ces marchés aux contours opaques.
LE GARDIEN CONTROVERSÉ DU PORT DE DAKAR
"Sauveur" ou "protecteur" par l'étymologie de son prénom, Waly Diouf Bodian s'est imposé comme l'une des figures les plus clivantes du nouveau régime. L'inspecteur des impôts peu loquace gouverne d'une main de fer l'une des mamelles de l'économie
Waly Diouf Bodian, une figure à la fois énigmatique et controversée, incarne aujourd’hui l’archétype de l’homme de confiance devenu homme de pouvoir. Militant de la première heure de Pastef, l’inspecteur des impôts et des domaines est passé du statut de syndicaliste à celui de directeur général du Port autonome de Dakar (PAD), l’une des institutions les plus stratégiques du pays. Mais derrière cette ascension se cache un parcours semé d’embûches, de polémiques et de conflits, qui révèlent un personnage complexe, souvent critiqué pour ses méthodes autoritaires et son style peu orthodoxe.
Le prénom Waly, d'origine arabe, signifie ‘’sauveur’’ ou ‘’protecteur’’, une étymologie qui renvoie à une figure bienveillante, guidée par l'intérêt collectif. Il est également parfois un diminutif de Walid, qui signifie ‘’nouveau-né’’, symbolisant ainsi l’innocence et la pureté. Pourtant, lorsqu’on se penche sur le parcours et les méthodes de Waly Diouf Bodian, d'autres images s'imposent immédiatement à l'esprit.
Homme au teint noir, à la silhouette élancée et au regard perçant, presque immobile. Son visage impassible trahit une réserve naturelle, accentuée par son rire rare et son économie de mots. Toujours soigné dans son apparence, il oscille entre le costume strict et la chemise-cravate, affichant une sobriété calculée qui renforce son aura d’autorité discrète. Peu loquace, il préfère les silences aux discours, laissant souvent planer une impression de distance et de mystère.
Un militant aguerri, marqué par le bracelet électronique
Waly Diouf Bodian n’est pas un novice dans l’arène politique et syndicale. Ancien secrétaire général du Syndicat autonome des agents des impôts et des domaines (SAID), il a longtemps été un acteur clé des luttes syndicales au sein de l’administration fiscale sénégalaise. Mais c’est son engagement au sein de Pastef, le parti d’Ousmane Sonko, qui l’a propulsé sur le devant de la scène. Il a payé le prix de son militantisme : en mars 2023, il a été arrêté et placé sous contrôle judiciaire avec assignation à résidence et surveillance électronique, plus communément appelée "bracelet électronique".
Cette mesure, perçue comme une tentative d’intimidation par le régime de Macky Sall, a fait de lui un symbole de la résistance contre ce que Pastef qualifiait de "dérive autoritaire".
Cet épisode du bracelet électronique, bien que douloureux, a paradoxalement renforcé sa stature au sein du parti et une partie de l’opinion publique. Il est devenu l’un des piliers de la sécurité de Sonko, filtrant les entrées et sorties lors des meetings et déplacements du leader charismatique. Toujours aux côtés de Pros, Bodian a gagné la réputation d’un homme loyal, prêt à tout pour protéger son mentor. Cette loyauté sans faille lui a valu d’être nommé, un mois seulement après l’arrivée au pouvoir du nouveau régime, à la tête du Port autonome de Dakar, un poste stratégique et hautement convoité.
Sa nomination à la tête du PAD est le signe d’une récompense pour ses années de loyauté envers Sonko. Le Port autonome de Dakar, souvent qualifié de "mamelle de l’économie sénégalaise", est un joyau national, un carrefour commercial essentiel pour le pays et la région ouest-africaine. Confier cette institution à Waly, un homme sans expérience avérée dans le domaine portuaire, a suscité des interrogations et des critiques. Pour ses détracteurs, cette nomination est avant tout politique, un moyen de récompenser un fidèle plutôt que de choisir un expert du secteur.
Depuis son arrivée, le PAD est régulièrement sous les feux de l’actualité, mais pas toujours pour les bonnes raisons. Les conflits syndicaux, les problèmes de recrutement et les accusations de gestion autoritaire ont éclipsé les avancées que le nouveau boss et son équipe tentent de mettre en avant. Les syndicats dénoncent une gestion "monarchique", accusant le directeur général de licencier des centaines de travailleurs précaires tout en recrutant des proches en CDI.
Ces accusations, bien que réfutées par la direction du port, ont alimenté une polémique qui ne semble pas près de s’éteindre.
Un style direct et provocateur
Waly Diouf Bodian est connu pour son style direct, voire provocateur. Très actif sur les réseaux sociaux, il n’hésite pas à entrer en guerre ouverte avec ses détracteurs, qu’ils soient citoyens, syndicalistes ou opposants politiques. Ses posts, souvent teintés d’ironie et de sarcasme, révèlent un homme qui ne mâche pas ses mots.
Par exemple, à la journée sans presse en aout 2024, il ironise ouvertement sur cette initiative journalistique : ‘’Le but de la journée ‘sans presse’ ? C'est d'accéder à une journée sans impôts. Ce combat est perdu d'avance.’’ Une déclaration qui en dit long sur son rapport tumultueux avec les médias.
Waly ne se contente pas de répondre aux critiques ; il les anticipe, les provoque et parfois les amplifie. Récemment, il a accusé une partie de cette presse de manipulation. Lorsque cette dernière évoque les données de l’ANSD sur la baisse de performance du PAD en 2024, en variation annuelle par rapport à 2023, il contre-attaque : ‘’Le port de Dakar se porte bien et a progressé en termes de trafic, de chiffre d’affaires et de bénéfice réalisé. N’en déplaise aux journaux dont les conventions de complaisance ont été résiliées.’’
Cette attitude, bien que défendue par certains comme une marque de franchise, est souvent perçue comme contre-productive, noyant le travail de la cellule de communication du port et alimentant les polémiques plutôt que de les apaiser.
En effet, pour beaucoup d’observateurs, cette approche ne fait pas l’unanimité. Certains estiment qu’un directeur général ne devrait pas se livrer à de telles joutes verbales, au risque de décrédibiliser l’institution qu’il dirige. D’autres, en revanche, louent sa transparence et son franc-parler.
Conflits syndicaux et gestion controversée
Parallèlement, les relations de Waly Diouf Bodian avec les syndicats du port sont tendues, pour ne pas dire conflictuelles. Les syndicalistes dénoncent une gestion autoritaire et opaque, marquée par des licenciements massifs et des recrutements obscurs. En novembre 2024, trois membres du syndicat ont été limogés, après avoir partagé sur WhatsApp une photo de Bodian accompagnée d’une accusation selon laquelle il aurait octroyé un marché de 24 millions de francs CFA à son frère. Mais pour les travailleurs concernés, ces explications ne suffisent pas à justifier ce qu’ils considèrent comme une injustice.
Pour certains, ces conflits syndicaux révèlent une gestion jugée brutale et peu soucieuse du dialogue social. Pour Abdou Ndiaye, représentant du Syndicat des travailleurs du port, Bodian se comporte "comme un monarque", imposant ses décisions sans consulter les parties prenantes. Cette image d’un dirigeant autoritaire et peu enclin au compromis colle désormais à la peau du DG du PAD, malgré les efforts de son équipe pour défendre sa gestion.
La direction générale du port réfute toutefois tout acte de licenciement abusif, arguant que ces travailleurs étaient sous contrat à durée déterminée arrivé à expiration.
Un stratège politique redoutable
Sur le plan politique, Waly Diouf Bodian est un stratège redoutable. Militant dans le département de Keur Massar, un bastion de Pastef, il a su s’imposer comme une figure incontournable, même s’il ne fait pas l’unanimité. Lors des dernières Législatives, il s’est opposé au Dr Seydou Diallo pour le poste de coordinateur, sans parvenir à un consensus. Ses méthodes, jugées parfois brutales, lui valent des critiques au sein même de son parti.
C’est un homme qui sait éliminer ou écarter ses adversaires, quitte à susciter des rancœurs, renseigne un militant de Keur Massar-Sud.
Sa proximité avec Ousmane Sonko lui confère une influence considérable, mais elle est aussi une source de tensions. Certains militants lui reprochent d’utiliser cette proximité pour asseoir son pouvoir, au détriment d’une gestion plus collégiale. Son désaccord avec certaines décisions, comme la nomination de Samba Ndiaye, montre qu’il n’hésite pas à exprimer ses divergences, même au sein de son propre camp.
Il incarne à la fois les espoirs et les imperfections du nouveau régime. Homme de confiance, loyal et déterminé, il a su s’imposer comme une figure clé de l’Administration sénégalaise. Mais son style autoritaire, ses conflits avec les syndicats et la presse, et ses méthodes souvent critiquées révèlent un homme à double tranchant.
Reste à savoir si son style de gouvernance lui permettra de maintenir son influence ou s’il finira par s’attirer trop d’ennemis, aussi bien au sein du PAD que dans son propre camp politique. Une chose est sûre : il ne laisse personne indifférent.