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4 avril 2025
Economie
L'IMAM DE KOLDA MET EN GARDE CONTRE LE FLÉAU DES ACCUSATIONS GRATUITES
Thierno Alassane Tall a insisté sur l'importance de la responsabilité dans la prise de décision, exhortant les fidèles à toujours mettre en avant leur créateur
L’imam de la grande mosquée de Kolda (Sud), Thierno Alassane Tall, a invité, lundi, les musulmans à promouvoir la paix et œuvrer pour la cohésion sociale et la concorde nationale, tout en s’en efforçant d’agir avec responsabilité.
”Nous venons de sortir du mois béni [de ramadan]. Nous devons promouvoir la paix, travailler pour la cohésion sociale entre communautés de toutes religions confondues, gage de la stabilité sociale et la cohésion’’, a-t-il exhorté, dans son serment à l’occasion de la prière de l’Aid-el-Fitr, la fête marquant la fin du mois du jeûne musulman.
Selon lui, ‘’chaque personne, homme ou femme, ayant des responsabilités et/ou qui dirige des institutions, doit mettre en avant son créateur sur toute prise de décision”.
Le guide religieux a en outre exhorté les fidèles à éviter les calomnies et les accusations gratuites, notamment à travers les réseaux sociaux. ”Il faut suivre les recommandations divines, et chaque musulman doit éviter l’individualisme, les calomnies et accusations gratuites portées sur des gens. En somme, éviter de juger les autres, surtout à travers les réseaux sociaux. Nous devons promouvoir l’esprit de solidarité et de partage”, a souligné l’imam Thierno Alassane Tall.
Le gouverneur de la région de Kolda, Moustapha Ndiaye, a saisi l’occasion pour féliciter la Ouma islamique et saluer l’esprit de cohésion sociale ayant marqué tout le mois béni de ramadan.
”Nous venons de procéder à la prière qui marque la fin du jeûne à Kolda dans la cohésion sociale, et je félicite toute la Ouma islamique. Nous avons également entendu le message de l’imam à travers son sermon axé sur deux points essentiels, à savoir la promotion de la culture de la paix, la cohésion sociale, la concorde nationale, et surtout, le sens des responsabilités pour chacun d’entre nous”, a indiqué le gouverneur de la région de Kolda.
A Kolda, la grande majorité des fidèles ont célébré la fête de la korité ce lundi.
Pour l’essentiel, les sermons ont été axés sur la paix et la cohésion sociale au Sénégal et en particulier dans la région de Kolda, frontalière à trois pays de la sous-région : Gambie, Guinée Bissau et République de Guinée.
LES PRIÈRES DE MABOUBA DIAGNE POUR NOURRIR LE SÉNÉGAL
À l'occasion de l'Aïd-el-Fitr, le ministre de l'Agriculture a exprimé son souhait de voir le Sénégal réaliser ses ambitions en matière de sécurité alimentaire, qualifiant cet objectif de "noble ambition"
Le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Elevage, Mabouba Diagne, a prié, lundi, pour un bon hivernage, cette année, et pour l’atteinte de la sécurité et de l’autosuffisance alimentaires.
‘’Nous profitons aussi de cette journée pour prier pour que ce prochain hivernage que nous entamons, qu’Allah le Tout-Puissant fasse que la souveraineté alimentaire et la sécurité alimentaire, qui sont notre ambition la plus noble, qu’on les réalise’’, a-t-il dit.
Le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Elevage Mabouba Diagne s’exprimait après la prière de l’Aïd-el-Fitr ou Korité, à la mosquée Massalikul Jinaane, à Dakar. Cette prière marquant la fin du mois du jeûne musulman a été dirigée par l’imam Serigne Moustapha Mbacké, en présence de plusieurs autorités étatiques et de responsables de l’opposition.
Mabouba Diagne a invité les Sénégalais à s’unir derrière le chef de l’Etat, Bassirou Diomaye Faye, et son Premier ministre, Ousmane Sonko, dont ‘’l’unique ambition est de développer notre pays, le Sénégal’’.
‘’J’ai l’intime conviction que si nos cœurs s’unissent, si nos bras s’unissent, nous n’avons aucune raison de ne pas atteindre nos objectifs’’, a affirmé Mabouba Diagne.
DIOMAYE PRÔNE L'UNION ET LE DÉPASSEMENT
S'exprimant après la prière de l'Aïd-el-Fitr à la grande mosquée de Dakar, le chef de l'État a réitéré son engagement à servir le peuple avec rigueur et humilité, tout en appelant à bâtir une nation de paix et d'équité
Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a invité, lundi, les Sénégalais à ‘’cultiver l’esprit de solidarité, d’écoute et de dépassement’’, estimant que ‘’le Sénégal a besoin de toutes ses forces pour avancer dans l’harmonie’’.
‘’En ce jour sacré, j’invite chaque citoyen à cultiver l’esprit de solidarité, d’écoute et de dépassement. Le Sénégal a besoin de toutes ses forces pour avancer dans l’harmonie’’, a-t-il dit.
Le président de la République s’exprimait après la prière de l’Aïd-el-Fitre, la fête marquant la fin du jeûne chez les musulmans, communément appelée Korité au Sénégal.
Le chef de l’Etat, qui a accompli cette prière à la grande mosquée de Dakar, a appelé à continuer ‘’à bâtir une nation de paix, de fraternité et d’équité’’.
Il a réitéré son engagement ‘’à rester à l’écoute’’ du peuple sénégalais et à ‘’le servir avec loyauté, avec rigueur, mais aussi avec humilité pour répondre aux attentes légitimes des Sénégalais’’.
‘’L’avenir que nous construisons ensemble doit être à la hauteur des sacrifices et des espérances de nos concitoyens’’, a-t-il souligné.
Le président de la République a aussi exhorté les chefs religieux à continuer ‘’à prier pour le Sénégal, pour sa stabilité, pour son unité et pour que les choix que nous posons collectivement nous rapprochent toujours plus d’un avenir de dignité’’.
‘’Vos prières sont un rempart pour toute la Nation, un souffle de paix pour notre vivre ensemble’’, a-t-il soutenu.
Le président Faye a salué toutes les autorités religieuses et coutumières du pays, insistant sur leur rôle important dans la société sénégalaise.
‘’Je les remercie pour le rôle essentiel dans la préservation de la paix sociale, de la cohésion nationale et l’enracinement des valeurs spirituelles dans notre société’’, a insisté le chef de l’Etat.
La prière s’est déroulée sous la direction de l’imam de la grande mosquée de Dakar, El Hadji Moussa Samb, en présence du Grand Serigne de Dakar, Abdoulaye Makhtar Diop, et du ministre des Forces Armées, général Birame Diop, entre autres personnalités.
L’imam a insisté ‘l’importance de la foi, de la discipline, du pardon et du partage.
Pour le président Faye, ‘ces vertus sont aussi piliers d’une République juste et solidaire” , a-t-il dit.
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CINQ ANS D'AVEUGLEMENT VOLONTAIRE
Alors que le pays découvre une dette de 7 milliards de dollars cachée par l'ancien régime, l'économiste Demba Moussa Dembélé pointe la responsabilité d'un FMI qui n'aurait rien vu... ou aurait choisi de ne rien voir
L'affaire de la dette cachée sénégalaise de 7 milliards de dollars secoue actuellement le pays, mais au-delà de la responsabilité de l'ancien président Macky Sall, c'est le rôle du Fonds Monétaire International qui est sévèrement remis en question par des experts financiers africains.
Demba Moussa Dembélé, économiste reconnu et directeur du Forum africain des alternatives, ne mâche pas ses mots concernant la responsabilité de l'institution internationale. "Comment se fait-il que pendant 5 ans une telle fraude ait échappé à la vigilance du FMI et de la Banque mondiale qui ont des représentants résidents au Sénégal depuis de nombreuses années?", s'interroge-t-il.
Pour l'économiste, membre du conseil du Forum social africain à Dakar, le constat est accablant : avec tous les moyens dont dispose le FMI, travaillant étroitement avec tous les ministères clés et ayant accès à l'ensemble des données économiques du pays, il est impensable que l'institution n'ait rien détecté pendant cinq années consécutives.
"Si pendant 5 ans ces institutions avec tous les moyens dont elles disposent n'ont pas été capables de détecter des fraudes [...], ça veut dire que quand même il y a un problème avec la façon dont ils gouvernent l'économie mondiale", affirme-t-il.
Dembélé évoque une possible complicité délibérée, motivée par des considérations géopolitiques : "Le régime de Macky Sall était un des chouchou de l'Occident et comme nous sommes dans une région où le souverainisme avec ce qui se passe dans les pays du Sahel inquiète l'Occident [...], le Sénégal comme la Côte d'Ivoire d'ailleurs réputé stable et démocratique, il fallait les épargner."
Le chef de la mission du FMI a d'ailleurs récemment commencé à reconnaître une forme de "responsabilité partagée" dans cette affaire, selon Dembélé, qui y voit un aveu partiel de complicité.
La situation place désormais le nouveau gouvernement sénégalais dans une position délicate. Le FMI exige que le déficit budgétaire, actuellement proche de 12%, soit ramené à 3-4% d'ici 2027, ce qui impliquerait des mesures d'austérité drastiques : réduction des subventions énergétiques, gel des recrutements dans la fonction publique, et restructuration des agences gouvernementales.
"Ce sera la croix et la bannière", prévient l'économiste, qui s'inquiète de voir le peuple sénégalais, non responsable de ces dérives, en payer le prix. Selon lui, les nouvelles autorités, notamment le président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko, tentent de préserver la population en concentrant les efforts sur la réduction des dépenses étatiques.
Cette affaire révèle les failles profondes de la gouvernance financière internationale appliquée à l'Afrique. Demba Moussa Dembélé souligne que ces institutions internationales "existent surtout à cause de l'Afrique" et que "si l'Afrique n'avait pas de programme avec la Banque mondiale et le FMI, la moitié de leur staff serait licencié".
Alors que l'opinion publique sénégalaise réclame des comptes aux responsables de cette situation, y compris à l'ancien président Macky Sall qui vit désormais au Maroc, le débat s'élargit aux responsabilités des institutions internationales censées surveiller et garantir la stabilité financière mondiale.
Cette crise de confiance envers le FMI n'est pas sans rappeler celle qui a suivi la crise financière mondiale de 2008, où l'institution avait également été prise au dépourvu malgré ses prétentions à anticiper les risques systémiques.
AMADOU BA DRESSE LE BILAN DE L’AN UN DE DIOMAYE FAYE
S'exprimant à l'occasion de l'Aïd-el-Fitr à Thiès, le parlementaire a évoqué les "actions énergiques" engagées par le gouvernement malgré l'héritage d'une "dette cachée" considérable, tout en lançant un appel à la mobilisation collective
La première année d’exercice du pouvoir bien que “difficile” a été “profitable” parce qu’ayant permis de jeter les bases d’un véritable programme de développement, a estimé, dimanche, le président du groupe parlementaire du Pastef (majorité au pouvoir), Amadou Bâ.
“Cette année est profitable à plusieurs niveaux. A partir d’une situation budgétaire réelle connue, on peut jeter maintenant les bases d’un véritable programme de développement”, a dit l’honorable député Amadou Ba.
Le parlementaire s’adressait à la presse, après avoir effectué, au Terrain Tound de la Cité Ousmane Ngom de Thiès, la prière de l’Aïd-el-Fitr marquant la fin du ramadan pour une partie des musulmans sénégalais.
“Nous avons pris le pays dans une situation très difficile, vu le contexte politique et électoral qui a précédé l’accession au pouvoir du président Diomaye Faye”, a dit Amadou Bâ.
Cette difficulté est liée, selon lui, au “déficit abyssal” trouvé sur place, avec une “dette cachée de près de 5.000 milliards (de FCFA)”, donnant “très peu de marge budgétaire” au nouveau gouvernement.
“Néanmoins, des actions énergiques ont été engagées dès le départ, (pour) maîtriser les dépenses, empêcher la corruption”, a-t-il relevé.
Ces mesures ont permis au gouvernement de faire preuve de “résilience, malgré les difficultés”, a-t-il dit.
Il a pu ainsi “soutenir les populations en maintenant les subventions, au moment où les partenaires techniques et financiers demandaient leur suppression”, et baisser les prix, poursuit le député.
Selon le parlementaire, tout le gouvernement s’attelle à poser les jalons d’un programme de développement.
“Il reste, a-t-il dit, l’appui et la participation du peuple sénégalais”, le développement étant “une affaire de chacun”.
Soulignant la responsabilité individuelle de chaque Sénégalais dans l’atteinte de cet objectif, il a ajouté que c’est la “convergence de toutes les énergies” qui permettra d’y arriver.
Il a insisté sur le “message d’espérance et d’espoir”, qu’il souhaite livrer aux Sénégalais et selon lequel, “la première année a été difficile, mais chaque année, les difficultés vont s’amoindrir jusqu’à la fin du mandat” de Bassirou Diomaye Faye.
Amadou Bâ a profité de l’occasion pour formuler des prières pour “le peuple frère palestinien qui subit actuellement les foudres d’un État criminel, avec des meurtres d’enfants et de femmes”.
“Nous prions qu’Allah, seul détenteur de la puissance, leur vienne en aide”, a-t-il dit. Il a aussi adressé ses félicitations aux musulmans sénégalais après un mois dévotion.
LES STARS TEXTILES DE LA KORITÉ
L'effervescence règne dans les ateliers de couture dakarois à la veille de l'Aïd el-Fitr. Les maîtres tailleurs, débordés par les commandes, révèlent les tendances de cette année : bazin riche, super cent et lafaya se déclinent en différents modèles
L’ambiance de fête à l’approche de l’Aïd el-Fitr ou Korité, marquant la fin du mois de ramadan, est perceptible chez les tailleurs, où les clients se pressent, certains pour passer leurs commandes, d’autres récupérer leurs habits déjà confectionnés avec les tissus en vogue.
Dans la capitale Dakar, à la Médina, près du centre-ville, par exemple, les ateliers ne désemplissent pas. On constate le volume de travail des tailleurs ces derniers jours au vu des tas d’habits trouvés sur des tables et des chaises à l’entrée des ateliers.
Des tailleurs interrogés par l’APS assurent avoir confectionné des tenues avec pour la plupart des tissus en super cent, en bazin riche très prisés. La dentelle et le coton brodé dit ”Lafaya” ne sont pas en reste, alliant modernité et tradition pour satisfaire les besoins de la clientèle.
A la rue 5 x Corniche, à la maison de couture d’Alpha Diallo, le maître tailleur et spécialiste d’habits pour hommes exprime déjà sa satisfaction.
Trouvé dans son atelier entrain de donner des directives à ses apprentis, Alpha Diallo souligne que les tissus comme le super cent ou encore le bazin sont les plus commandés par sa clientèle.
Il note que ces tissus sont mis en valeur selon le goût de chaque client, avec une attention très soutenue. La tendance actuelle les pousse à proposer des tenues modernes sur lesquelles ils ajoutent plusieurs décorations, selon la technique de ‘’fil à fil’’.
‘’Nous utilisons des bons tissus que les clients apportent et nous les valorisons avec une bonne décoration à la technique de fil à fil par exemple’’, indique le maître tailleur.
Pour cette Korité, il déclare que les hommes font très souvent la commande de costumes africains dont les prix varient entre 10.000, 25.000 et 50.000 Fcfa, l’unité.
‘’Tout dépend du modèle choisi par le client’’, a-t-il expliqué.
De l’autre côté de la rue 6 x 3, se trouve l’atelier de Seynabou Diop. Trouvée en plein repassage, cette dame, la trentaine révolue, fait savoir que les modèles sont réalisés, selon le choix de la cliente.
Spécialisée uniquement en tenues pour femme, elle témoigne que les robes en tissus comme Lafaya, le voile et la dentelle, font l’affaire actuellement.
Quand la tradition se marie à la modernité
‘’Actuellement les gens n’ont pas d’argent, quand ils apportent leur bazin par exemple, ils ne viennent plus avec les bazin riches. Il faut savoir que nous recevons beaucoup plus de commande pour les enfants, car ce sont eux qui sont plus mis en avant lors de la Korité’’, explique t-elle.
Habillé en trois pièces, Lamine Seye, ancien président de l’association des tailleurs sénégalais, affirme pour sa part que les nouvelles tendances pour cette Korité se réalisent dans un ‘’mariage entre la modernité occidentale et les tenues traditionnelles’’.
‘’Actuellement, on présente à nos clients pour cette Korité, des modèles qui sont en coupes modernes, qui sont entre le style européen et celui africain, surtout avec les Sénégalais. Les tissus sont modernisés avec la coupe’’, précise-t-il, ajoutant que ces derniers sont beaucoup plus prisés par des jeunes.
Lamine Sèye estime que les jeunes préfèrent des modèles à leur reflet. D’où, l’obligation pour les tailleurs de s’adapter à leur préférence en ‘’alliant modernité et tradition’’.
‘’Ils viennent parfois avec du super cent ou du bazin riche, avec lesquelles nous essayons de rassembler le côté traditionnel et celui moderne. Nous leur proposons des costumes tailleurs, avec des garnitures, etc.’’, a-t-il expliqué.
Hormis les jeunes, M. Sèye confectionne également des tenues pour enfants, notamment des filles, qu’il propose à 5000 ou 10.000 Fcfa pour la main d’œuvre, selon le choix du modèle.
Grande de taille, Babacar Diop, ce tailleur qui comptabilise 40 ans d’expérience, confectionne uniquement des tenues d’adultes pour cette Korité.
Selon lui, son expérience lui permet d’offrir un ‘’bon rendu’’ à ses clients de plusieurs nationalités. Pour cette Korité, il affirme que son atelier fait tout pour rendre ses clients étrangers notamment maliens et ivoiriens ”heureux”.
‘’Nous proposons et créons des modèles qui sont rares et différents pour nos clients, avec des tissus comme le bazin geztner, le super cent, lafaya’’, a-t-il poursuivi.
PETROSEN E&P EN QUETE D’AUTONOMIE OPERATIONNELLE
Filiale de la Société des pétroles du Sénégal, Petrosen E&P aspire à devenir un acteur clé du secteur des hydrocarbures grâce à la détention et à l’exploitation d’actifs dans le sous-secteur pétrolier et gazier national.
Lors de la cérémonie de passation de service, tenue hier vendredi 28 mars 2025, à Dakar, le nouveau directeur général de Petrosen E&P, M. Talla Guèye, a exprimé sa volonté de renforcer l’autonomie de l’entreprise en assurant une gestion directe des futurs actifs pétroliers et gaziers du Sénégal. Cette ambition repose sur une approche fondée sur une prise de décision stratégique éclairée, le développement du contenu local et la formation des jeunes talents.
Filiale de la Société des pétroles du Sénégal, Petrosen E&P aspire à devenir un acteur clé du secteur des hydrocarbures grâce à la détention et à l’exploitation d’actifs dans le sous-secteur pétrolier et gazier national.
« Nous allons activement préparer la prise en main directe de nos futurs actifs afin de nous établir en tant qu’opérateur », a affirmé M. Guèye. Pour concrétiser cette vision, il prône une politique de gestion proactive dans les prises de décisions techniques et stratégiques en collaboration avec les partenaires de l’entreprise.
Le nouveau directeur général souligne que cette stratégie vise à optimiser l’exploitation des ressources nationales en intégrant l’ensemble de la chaîne de valeur, de l’extraction à la transformation, tout en mettant l’accent sur le développement du contenu local et la formation des jeunes. « Au-delà des chiffres et des équations techniques, notre objectif ultime demeure l’amélioration des conditions de vie des Sénégalais », a-t-il déclaré, insistant sur l’importance de travailler avec discipline, engagement et dans l’intérêt national.
Estimant que le contexte politique actuel est propice à cette transformation, M. Guèye a exhorté ses collaborateurs à embrasser une nouvelle dynamique axée sur l’intégrité et la cohésion nationale. Il succède ainsi à M. Thierno Seydou Ly, qui, en lui passant le témoin, a salué ses compétences et son engagement à mener Petrosen E&P vers son ambition ultime : devenir un opérateur pétrolier de premier plan sur le continent africain et un employeur majeur au Sénégal. M. Ly, qui a dirigé l’entreprise depuis mai 2022, a rappelé que la société devra poursuivre ses projets en cours avec la même rigueur et innover pour relever les défis futurs. Le président du conseil d’administration de Petrosen a, quant à lui, rendu hommage au travail accompli par M. Ly et souligné le rôle fondamental du personnel, dont le dévouement et le professionnalisme seront des atouts essentiels pour la réussite de cette nouvelle ère.
En s’engageant sur cette voie, Petrosen E&P ambitionne d’accroître son influence dans le paysage énergétique national et africain, affirmant ainsi son rôle stratégique dans l’exploitation des ressources naturelles du Sénégal.
CES PROJETS POLÉMIQUES
Derrière la façade rutilante des infrastructures inaugurées ces dernières années se cache une réalité troublante. Qu'il s'agisse du TER, du BRT ou du Prodac, ces chantiers révèlent un schéma récurrent de dépassements budgétaires et de financements opaques
De nombreux projets d’infrastructures de grande envergure ont été initiés au Sénégal sous la présidence Macky Sall. Leurs budgets, évalués à des centaines de milliards n’ont pas laissés les Sénégalais indifférents tant et ont suscité des interrogations et des débats parfois vifs quant à leurs modes de financement, leur utilité.
Au Sénégal, la réalisation des infrastructures de grande envergure a souvent l’objet de nombreuses controverses. Ce, en raison des sommes d’argent annoncées pour les réaliser mais surtout les interrogations qu’elles suscitent relativement à leur utilité et leur impact sur l’économie nationale. C’est le cas du Train Express Régional (TER). Dans ce projet tout ou presque a été sujet de discordes. Plusieurs montants avaient été annoncés sur le coût réel de l’infrastructure devant relier dans un premier temps Dakar à Diamniadio, soit 36 Km, avant d’être prolongé jusqu’à l’ aéroport international Blaise Diagne de Diass (AIBD).
A la cérémonie de lancement de l’infrastructure, l’ancien président de la République, Macky Sall, avait soutenu que le montant du financement était de 568 milliards de F CFA. Plus tard, un prix contradictoire avait été avancé. Sur le site officiel du Bureau d’information gouvernementale (Big), il est indiqué que le TER a coûté 656 milliards de F CFA : 568 milliards au début du projet et un avenant de 88 milliards, soit 15% du coût de départ, signale-t-on. Aussi, selon la même source, il est mentionné que 5 milliards de F CFA ont été prévus pour l’indemnisation des impactés. Mais, finalement, 50 milliards F CFA avaient été payés. Quid des délais de livraison qui étaient venus s’ajouter aux sources de discorde.
A côté de ce Train Express Régional, existe aussi le projet de Bus Rapid Transit (BRT) qui relie Guédiawaye et le centre-ville de la capitale. Si le coût estimatif annoncé au départ du projet en octobre 2019 était de 300 milliards. Le financement total a atteint 419 milliards de F CFA dont 69% supportés par l’Etat et ses partenaires au développement, et 31% par le secteur privé, soit 130 milliards de F CFA. Selon le Cetud, la structuration du financement s’établit ainsi qui suit : la réalisation des infrastructures routières et des équipements connexes du Brt est un financement de la Banque mondiale (61, 5%) et de la Banque européenne d’investissement (38, 5%).
Une autre infrastructure à milliards, Air Sénégal. Créée en 2016 sur les cendres de la défunte compagnie Sénégal Airlines, la nouvelle compagnie Air Sénégal est depuis quelque temps confrontée à des ennuis interminables qui sapent l’élan bien enclenché depuis 2018 avec l’acquisition d’une flotte composée de deux ATR72-600. La compagnie Air Sénégal a du mal à tenir, à cause de son surendettement, de ses mauvais choix stratégiques et surtout de ses investissements massifs dans des Airbus pourtant flambants neufs. À cela, s’ajoutent des retards interminables déplorés par les clients tant pour les vols internes qu’externes, ainsi que les coûts élevés des vols, les détours par divers pays et des escales de plusieurs heures sur le continent africain. Même s’il faut le reconnaitre, depuis quelques temps, la compagnie semble retrouver une bonne santé.
Prodac, un projet mort-né
La polémique autour du financement du Programme des Domaines Agricoles Communautaires (Prodac) a aussi beaucoup défrayé la chronique au Sénégal. Ce programme était prévu pour une durée 5 ans (2014-2018), avec un budget estimatif à mobiliser de 100 milliards de Francs CFA. Il inclut les DAC de Séfa dans la région de Sédhiou, de Itato, dans la région de Kédougou, Keur Momar Sarr dans la région de Louga, Keur Samba Kane dans la région de Diourbel, Dodji, dans la région de Louga, Boulel dans la région de Kaffrine, de Fafacourou, dans la région de Kolda, de Niombato, dans la région Fatick, de Notto Diobass, dans la région de Thiès, de celui d’Axe Ourossogui-Bakel dans la région de Matam et de la Zone des Niayes dans la région de Dakar.
Selon la Cour des Comptes, le schéma de financement des DAC de Séfa, Itato, Keur Momar Sarr et, Keur Samba Kane fait intervenir la compagnie ouestafricaine de Crédit-bail plus connue sous le nom de Locafrique qui a conclu, en février 2016, avec l’Etat du Sénégal àune convention de financement d’un montant total de 29.600.536.000 FCFA. Il s’agit d’une convention de crédit à moyen terme d’une durée de 60 mois aux termes de laquelle Locafrique, bénéficiaire d’une ligne de crédit dédiée octroyée par Afreximbank, s’engage à payer les factures présentées par Green 2000 et validées par le Prodac.
Tous les paiements doivent faire l’objet d’une retenue de garantie de 5% libérable après la réception définitive, afin de garantir l’exécution des ouvrages.
Mais la Cour des Comptes a noté de nombreux dysfonctionnements qui affectent le mécanisme de financement et de remboursement de la dette envers LOCAFRIQUE.
A cet égard, la Cour souligne un dispositif complexe de couverture financière du remboursement de la dette, un dépassement du montant des créances cédées par rapport au reliquat à verser, la violation d’une disposition budgétaire relative au remboursement de la dette de l’État, le non-respect des paiements effectués via le compte de dépôt, un surplus de paiement sur les effets cédés à la BNDE et une absence de maitrise de la situation de remboursement de la dette, entre autres.
UNE RECETTE CONTRE L’AUGMENTATION DES TARIFS DE L’ELECTRICITE
Des sources exerçant dans le domaine énergétique proposent la scolarisation des bâtiments administratifs pour pallier à l’augmentation des tarifs de l’électricité. Cette recommandation fait suite à la suppression annoncée des subventions sur l’électricité
Des sources exerçant dans le domaine énergétique proposent la scolarisation des bâtiments administratifs pour pallier à l’augmentation des tarifs de l’électricité. Cette recommandation fait suite à la suppression annoncée des subventions sur l’électricité par le gouvernement.
Face à la situation économique morose du pays, le gouvernement du Sénégal a annoncé plusieurs mesures dont la suppression de la subvention sur le secteur de l’électricité. Une décision qui n’est pas sans conséquences sur toute la chaine de valeur du secteur de l’énergie d’une manière générale et celui de l’électricité en particulier. C’est pourquoi des sources exerçant dans le domaine énergétique recommandent au gouvernement des solutions palliatives pour amortir cette éventuelle hausse des tarifs. Selon elles, « plusieurs opportunités se présentent et ne manquent pas mais résident essentiellement sur la volonté du gouvernement de se décider à accompagner les investisseurs nationaux vers l’énergie durable ».
« L’objectif étant naturellement d’exploiter le vaste potentiel d’énergies renouvelables que possède le Sénégal et d’utiliser les ressources énergétiques actuelles dont nous disposons de manière plus efficace et de garantir le vœux d’un accès universel à l’énergie réaliste et réalisable », nous confie-t-on.
Selon nos sources, il appartient alors au Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, au Premier Ministre, Ousmane Sonko de promouvoir le déploiement et la production de systèmes énergétiques d’énergie propre sur l’ensemble des bâtiments administratifs et autres sites énergivores.
« Je crois que la solarisation peut nous servir de levier pour amortir une éventuelle hausse des tarifs de l’électricité », conseille un expert en énergie renouvelable qui pense que «le gouvernement pourrait alors s’orienter vers un engagement systémique avec la diversification de la production de l’électricité et à améliorer la sécurité électrique et à progresser vers des sources d’énergie plus propre comme le solaire sur certains édifices comme les ministères, les universités, les hôpitaux, etc. »
Cette option pourrait aider le gouvernement à faire des économies énormes sur la facture de l’électricité et soulager l’opérateur national qui peine, assez souvent à recouvrer ses factures. «Il suffit de se promener à l’Université et se rendre compte du manque à gagner avec des factures électriques qui ne sont presque jamais payées», s’énerve Moustapha Faye, Expert en énergie.
Pour endiguer ce phénomène, conseille-t-il, il est important de soulager Senelec qui peine toujours à recouvrer ses factures et qui ne peut pas couper l’électricité à un hôpital ou une université avec les conséquences que cela pourrait engendré. C’est pourquoi, il croit savoir que l’essentiel est de favoriser les opportunités d’investissement, de faciliter les partenariats public-privé pour garantir une sécurité et une souveraineté électrique certaine et concrète qui accompagnera naturellement la vision «Sénégal 2050 » dans tous ses axes de développement passant de la souveraineté alimentaire avec la modernisation de l’agriculture, au soutien de la transformation digitale et à la souveraineté numérique du pays avec le «New Deal Technologique», la transformation industrielle, entre autres. Et ce d’autant plus que des propositions d’alternatives crédibles et efficaces existent avec des solutions rapides avec la solarisation de ces bâtiments extrêmement énergivores. Les manifestes ne manquent pas pour le déploiement de nouvelles formes d’énergie par une démarche déjà amorcée par certaines structures privées bien sénégalaises qui ne cachent pas seulement leur enthousiaste pour l'essor de l'énergie solaire.
La crise de l’électricité pourrait être évitée avec la mise en place rapide des projets de solarisation de grande envergure au niveau des bâtiments de l’administration centrales et décentralisées comme les mairies, l’éclairage public
Il demeure important d’engager des négociations de partenariats avec les investisseurs privés nationaux et/ou internationaux déjà dans des projets d'énergie renouvelable pour renforcer et faciliter la mobilisation de l'investissement privé qui aiderait le gouvernement à mettre en place très rapidement un levier d’accompagnement et d’assouplissement de la levée prochaine des précieuses subventions.
MARCHÉ DE LA POMME DE TERRE, L’ARM IMPOSE UNE NOUVELLE RÉGULATION
L’Agence de Régulation des Marchés a annoncé la suspension temporaire de la commercialisation par les agrobusiness. Un dispositif de surveillance du transport sera également mis en place afin d’assurer la traçabilité des produits.
Dans un communiqué officiel, l’Agence de Régulation des Marchés (ARM), sous l’égide du ministère de l’Industrie et du Commerce, a annoncé une série de mesures visant à mieux encadrer la commercialisation de la pomme de terre locale.
L’ARM a décidé de suspendre temporairement la mise en marché des pommes de terre par les agrobusiness. Cette décision vise à favoriser la commercialisation de la production locale issue des petits producteurs et à garantir une valorisation équitable de leurs produits.
Un dispositif de surveillance du transport des pommes de terre sera mis en place. Grâce à un suivi des véhicules de transport, cette mesure a pour objectif d’assurer la traçabilité des produits et de garantir un approvisionnement régulier du marché.
Les autorités préviennent que des sanctions seront appliquées aux acteurs ne respectant pas ces nouvelles dispositions. L’ARM appelle ainsi à la collaboration de tous les acteurs du secteur pour la bonne mise en œuvre de cette régulation.
Ces mesures s’adressent principalement à l’Interprofession Pomme de Terre (IPDT), aux agrobusiness et aux commerçants.