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3 avril 2025
Femmes
LES AFRICAINS N'ONT PAS LES DIRIGEANTS QU'ILS MÉRITENT
Elle a inspiré Beyoncé, les stylistes de Dior et les scénaristes de Hollywood. Mais Chimamanda Ngozi Adichie reste attachée à son Nigeria natal. Rencontre avec une star tendre et féroce pour qui la cause des femmes et celle du continent sont liées
Jeune Afrique |
Clarisse Juompan-Yakam |
Publication 05/12/2020
Elle a inspiré Beyoncé, les stylistes de Dior et les scénaristes de Hollywood. Mais la romancière multiprimée pour Americanah reste indéfectiblement attachée à son Nigeria natal. Rencontre à Lagos avec une star tendre et féroce pour qui la cause des femmes et celle du continent sont intimement liées.
Il s’en est fallu de peu pour que la rencontre avec Chimamanda Ngozi Adichie n’ait pas lieu : un vol annulé à la dernière minute, une équipe intransigeante, un point de rendez-vous communiqué moins de deux heures avant… Sécurité oblige après le rapt, en 2015, du père de l’écrivaine multiprimée.
Port de reine, sourire bienveillant, Chimamanda Ngozi Adichie vit dans les beaux quartiers, à Lagos comme à Washington. Elle a peut-être reçu l’éducation corsetée qui va avec, mais elle manie à la perfection les codes de l’humilité. Quelques légumes typiquement nigérians en guise d’apéritif, puis elle s’abandonne à l’objectif du photographe, bercée par un chant traditionnel igbo.
Son œuvre, traduite dans une trentaine de langues (y compris en mandarin), elle l’a construite à partir de son histoire personnelle, laissant parfois deviner, à travers les thèmes qu’elle explore de manière quasi obsessionnelle (l’africanité, l’identité noire, les cheveux, l’amour, l’exil…), le poids du passé familial : c’est la mort de ses deux grands-pères dans des camps de réfugiés qui l’a poussée à écrire L’Autre Moitié du soleil, sur la guerre du Biafra. Et c’est sa grand-mère qui l’a biberonnée à la culture igbo, dont elle se revendique à cor et à cri.
Membre de l’Académie américaine des arts et des lettres – l’une des plus belles consécrations aux États-Unis –, la romancière promène un regard tendre et sévère sur tous les continents. Se considère-t-elle comme une écrivaine politiquement engagée ? Elle rejette l’étiquette mais distribue les coups de griffe. Trump ? Pire que ce qu’elle aurait pu imaginer. L’Afrique ? Malade de l’incompétence de ses dirigeants. Une belle rencontre avec une âme heureuse.
Jeune Afrique : Vous avez publié votre premier roman en 2003, à l’âge de 25 ans. Vous avez depuis rencontré un grand succès international. Avez-vous le sentiment d’appartenir à ce que l’on appelle communément la « littérature africaine » ?
Chimamanda Ngozi Adichie : Oui et non. Oui parce que mon identité d’Africaine compte pour moi. À mes débuts, j’écrivais des textes sur des enfants en Angleterre parce qu’ils étaient au cœur des livres que je lisais, notamment ceux de la collection britannique à l’eau de rose de Mills & Boon. Tout a changé quand j’ai découvert deux romans mettant en scène des enfants du continent : La Flèche de Dieu, de Chinua Achebe, et L’Enfant noir, de Camara Laye. Ce sont pour moi deux ouvrages fondateurs, et je fais corps avec cette lignée d’écrivains africains qui m’ont inspirée. De ce point de vue, il existe, évidemment, une littérature africaine.
Cela étant, cette notion peut se révéler restrictive quand certains s’arrogent le droit de la définir à notre place. Un exemple : mes romans campent des personnages vivant dans des sociétés modernes globalisées au Nigeria, aux États-Unis, en Angleterre ou ailleurs. On me demande parfois pourquoi j’écris sur l’Amérique alors que je suis africaine. Mais ce n’est pas contradictoire ! Je rejette cette vision étriquée de la littérature africaine.
Le choc des cultures que vous décriviez dans votre premier ouvrage, L’Hibiscus pourpre, reste-t-il d’actualité ?
C’est un roman sur la nécessité, pour nous Africains, de trouver notre équilibre dans ce monde, et c’est un véritable enjeu. L’un des personnages du livre est un fervent catholique auquel on a appris que tout ce qui avait préexisté au christianisme était à jeter aux orties. Évidemment, je n’adhère pas à cette thèse. Le continent a un passé riche, des traditions millénaires et des langues qu’il nous faut conserver ou nous réapproprier avec fierté.
Ces langues sont-elles suffisamment mises en valeur sur le continent ?
Non. Les jeunes générations ne les parlent pas et n’ont aucun respect pour elles. En avoir l’usage aiderait pourtant nos enfants à être pleinement conscients de leur identité. Chez moi, à la maison, nous parlions l’anglais et l’igbo, et cela a été enrichissant et structurant : je me sens à l’aise partout dans le monde parce que je sais qui je suis.
Nous nous rendrons compte de l’ampleur du désastre lorsque les jeunes générations seront devenues adultes : délestées de leur identité propre, elles ne seront jamais tout à fait occidentales pour autant. C’est d’autant plus inquiétant que cela augure aussi du devenir de notre continent : qui seront les dirigeants de nos pays dans soixante-quinze ans, sur quel socle de valeurs s’appuieront-ils ?
Le Nigeria est omniprésent dans vos récits. Vous avez beau vivre en partie aux États-Unis, il ne vous quitte pas !
Bien sûr ! Je suis née et j’ai grandi au Nigeria, pays que j’ai quitté pour la première fois après mes 19 ans. Bien que je sois ouverte au monde, ma sensibilité reste nigériane. Je me dois de le rappeler parce que nombre de mes compatriotes, parmi lesquels des intellectuels, doutent que je sois encore des leurs.
CONTRE LA RÉHABILITATION MÉDIATIQUE DE CHEIKH YÉRIM SECK
L'environnement médiatique sénégalais est très problématique. Il pullule d'hommes qui entretiennent à longueur de journée des stéréotypes. Les discriminations à l'égard des femmes, entretiennent le patriarcat et la culture du viol
Depuis quelques semaines, nous assistons, sidéré.e.s, au retour sur les plateaux de télévision, de Cheikh Yerim Seck, condamné par la justice sénégalaise en septembre 2012 pour viol. Condamné à 3 ans de prison ferme, peine plutôt clémente vu la gravité des faits, il ne purgera pourtant que 15 mois sur la totalité de sa peine, bénéficiant d'une grâce qui avait fortement choqué les organisations de défense des droits des femmes.
Rappelons aussi qu'il était récemment déféré au parquet pour une affaire d'avortement présumé qui est toujours pendante devant la justice.
Malgré ce casier judiciaire, l'homme demeure un bon client des médias. L'avis de Cheikh Yerim Seck est sollicité sur une pléthore de sujets. Et il serait surtout "la personne ressource" à avoir quand il s'agit de sujets politiques. L'environnement médiatique serait-il si pauvre en analystes politiques ?
Nous ne pensons pas, il s'agit plutôt d'une réhabilitation orchestrée et programmée d'un homme de pouvoir, du privilège d'un mâle.
Comment les journalistes et patrons de télévision peuvent-ils se montrer si complaisants envers un violeur condamné ?
Et là, nous interpellons au premier chef M. Youssou Ndour, PCA du Groupe Futurs médias, au vu de la fréquence avec laquelle Cheikh Yérim Seck est invité sur ses plateaux.
L'environnement médiatique sénégalais est très problématique.
Il pullule d'hommes qui entretiennent à longueur de journée des stéréotypes genrées, les discriminations à l'égard des femmes, entretiennent le patriarcat et la culture du viol.
Il suffit d'écouter les émissions comme Teuss, Xalass ou Guis Guis.
Ils se sont érigés en procureur en charge d'assurer la pseudo vertu des femmes, mais ne piperont mot sur le fait qu'un violeur soit réhabilité ; par solidarité phallique sans doute.
La solidarité entre mâles doit-elle primer sur les droits fondamentaux de la moitié de la population sénégalaise ?
Pour rappel, 1 femme sur 3 dans le monde a subi au moins une fois dans sa vie des violences sexuelles et/ou physiques. Et les violeurs sont encore très peu condamnés.
Quand est-ce vous allez vous sentir concernés ?
Aux patrons de presse qui l'invitent volontiers et aux chroniqueurs qui acceptent de partager le plateau avec lui, nous demandons de reconsidérer votre rôle dans la promotion de la masculinité toxique et le traumatisme que chacune des victimes de Seck et leurs proches revivent en le revoyant à l'écran.
Aux téléspectateurs, nous demandons de boycotter purement et simplement ces plateaux qui se sont donnés pour mission de réhabiliter à grande eau ce délinquant sexuel.
"Payer sa dette" ne suffit pas !
Symboliquement, un violeur qui se pavane sur les plateaux télé est une insulte envers toute la société, et envers toutes les autres victimes silencieuses.
Quel autre délinquant sexuel au Sénégal a droit à pareille exposition médiatique? Cette réhabilitation sélective fait partie de la culture du viol.
Cette sympathie envers les violeurs pendant que les victimes continuent à se terrer, à gérer leurs traumatismes, à tenter d'avoir une vie normale, est insupportable. Elle banalise, pire, elle encourage les violences sexuelles.
Quel message envoie-t-on à toutes les femmes qui ont subi un viol ? Au-delà, quel message envoyez-vous, chers patrons de presse, journalistes et chefs de rédaction, à tous les petits garçons et à toutes les petites filles de cette société ? Que violer n'est pas si grave que ça ?
Pendant que la victime, elle, doit se terrer toute sa vie, le violeur, lui, se voit réhabilité comme si l'acte de violer est banal.
La honte doit changer de camp, le viol des consciences doit cesser !
Alors que les associations se battent au quotidien contre les mythes du viol et essayent de faire évoluer les mentalités sur ce sujet, les médias nous imposent un violeur, chaque soir.
Il est de notre responsabilité aussi de vous rappeler que le viol n'est pas un acte banal mais un acte de barbarie, que des milliers de Sénégalaises l'ont subi et que cela affecte toute leur vie.
Il est de votre responsabilité de vous engager, en tant que médias, à combattre la culture du viol et les violences sexuelles, en donnant la parole à des hommes et femmes intègres. Au lieu de laisser un contre-modèle absolu vaticiner sur tous les écrans en narguant ses victimes.
Il est de notre responsabilité de vous rappeler qu'il n'y a pas une hiérarchie des crimes qui justifierait un traitement de faveur selon l'identité du perpétrateur, quel que soit son niveau social et ses privilèges.
Signataires
1. Aby Diallo, Présidente de l'association des juristes sénégalaises
2. Awa Cheikh Seck, Administratrice technique
3. Aissatou Sène, Cheffe d'entreprise et féministe
4. Mame Diarra Diané, Manager et féministe
5. Dr. Rama Salla Dieng, Maitresse de conférences en études africaines et développement, Université d'Edimbourg
7. El Bachir Niang, Président de l'association StopTontonsaïsaï
8. Micheline Lawson Niasse, CEO Pulse, manager
9. Eve Frieda Ngo Bakenekhe, Journaliste
10. Adama Pouye, Mediathécaire, communicante
11. Fatima Dieng, Project Manager
12. Kine Fatim Diop, Militante des droits humains
13. Ndeye Fatou Kane, Chercheuse en études sur le genre EHESS Paris
14. Sokhna Racky Ba, France, Professeure
15. Saly Diop, Manchester, UK Women Advocate and media specialist
16. Seydou Badiane, CEO Fabagroup
17. Adama Djitome Diatta, Journaliste
18. Marina Kabou, coordinatrice collectif Dafadoy
19. Dye Fall, Enseignante
20. Fatou Warkha Samb, Défenseure des droits des femmes, videaste
21. Aisha Dabo, Journaliste
22. Maimouna Astou Yade, Présidente de Jigen, féministe
23. Mouhamadou Elias Ndoye, collectif Dafa doy
24. Anta Ndiaye, Juriste et entrepreneur
25. Papa Ismaila Dieng, Journaliste et blogueur
26. Adji Fatou Faye, Pr and campaign manager, Ringier One Africa media
27. Dr Marame Gueye, Associate Professor of English and African Literatures, East Carolina University
28. Jaly Badiane, Activiste pour la promotion des femmes
29. Aida Niang, Conseillère municipale, Coordinatrice du Mouvement M23
30. Amy Sakho, Juriste, militante des droits des femmes
31. Fatouma Diallo, Etudiante en sciences politiques
A THIAGO, LES FEMMES RÉCLAMENT DES MOYENS
Les femmes de Thiago, un village du département de Dagana (nord), ont dévoilé vendredi leur contribution à la culture du riz et au maraîchage, en même temps qu’ils ont réclamé des moyens pour mieux produire et transformer.
Thiago (Dagana), 28 nov (APS) – Les femmes de Thiago, un village du département de Dagana (nord), ont dévoilé vendredi leur contribution à la culture du riz et au maraîchage, en même temps qu’ils ont réclamé des moyens pour mieux produire et transformer, a constaté l’APS.
Elles obtiennent, chaque année, ‘’une production assez importante’’ de riz, de fruits et de légumes, a dit Aïcha Daro Fall, l’une d’entre elles, lors de la visite de responsables du Projet de gestion intégrée des ressources en eau (PGIR), de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal et de membres d’un réseau de journalistes d’Afrique de l’Ouest.
Les visiteurs étaient venus s’imprégner des activités agricoles des femmes de Thiago.
Mme Fall a salué le soutien que le PGIR apporte aux femmes de ce village, qui s’activent dans la production du riz, des fruits et légumes, mais aussi dans la transformation de ces produits.
Les villageoises fabriquent également des jus à base de tamarins, de jujubes, etc., selon elle.
Elles souhaitent avoir accès au crédit bancaire pour bien mener leurs activités économiques. ‘’Nous voulons davantage de financements pour accroître notre production, afin que les jeunes de Thiago, travaillent dans (…) la transformation et la commercialisation des produits agricoles’’, a lancé Aïcha Daro Fall aux visiteurs.
Les agricultrices de Thiago souhaitent arriver à écouler leur production partout dans le monde, selon Mme Fall.
Les deux congélateurs destinés à la conservation des produits agricoles et maraîchers transformés sont insuffisants, a-t-elle signalé.
Selon Demba Sira Diop, le président de l’Union des producteurs de Thiago, le PGIR aide les paysans à irriguer leurs terres à l’aide de motopompes.
Un magasin de stockage des produits agricoles est mis à la disposition des producteurs, a-t-il dit, réclamant d’autres équipements aux responsables du PGIR.
Le débordement des eaux du fleuve endommage les cultures, a souligné M. Diop, ajoutant que la SAED, la société nationale chargée de l’aménagement des terres du delta du fleuve Sénégal, aide à résoudre cette équation.
‘’Nous souhaitons aussi la clôture des périmètres agricoles, pour éviter la divagation des vaches et des autres animaux’’, a-t-il dit.
A Thiago, l’Etat est également sollicité pour l’accès au crédit bancaire, et les paysans rêvent de produire davantage, ‘’pour mieux participer à l’atteinte de la sécurité alimentaire’’ du pays.
LES FEMMES DE NDAYANE ONT TROUVE LE REMEDE
'Mbeur beuf'. A Ndayane cette plante n'a pas fini de démontrer toutes ses vertus. En effet, elle a permis de soigner les pêcheurs de la localité, en deux ou trois jours.
'Mbeur beuf'. A Ndayane cette plante n'a pas fini de démontrer toutes ses vertus. En effet, elle a permis de soigner les pêcheurs de la localité, en deux ou trois jours. Les femmes de Ndayane ont trouvé un remède censé prévenir et guérir de la "maladie mystérieuse" qui touche plus d'une centaine de pêcheurs.
Un remède pas aussi mystérieux que la maladie, car à Ndayane, plus de 200 personnes atteintes par cette maladie cutanée ont été guéries.
Khardiata Ciss, présidente du cercle des femmes And-Jef de Ndayane témoigne : "Ce produit soigne. Ceux qui ont été atteints ont été tous guéris par cette crème. Cela fait deux ans que nous avons mis en place ce produit qui soignait les plaies cutanées".
Les femmes de Ndayane s'activent beaucoup dans tout ce qui touche à la santé par les plantes. Le projet Wer Werlé, financé par Horizont 3000, qui est mis en oeuvre par Enda Santé, les aide dans le cadre de leur activité.
Commercialisé en petit pot, les femmes soutiennent que Enda-Santé, particulièrement Abdoulaye Ndiaye, formateur-assistant suivi évaluation à Enda-Santé, a beaucoup aidé dans la conception de ce produit miracle. L'Ong a également confirmé l'efficacité du produit fait à base de plantes de 'mbeur beuf', du beurre de karité et autres plantes. Le pot échangé à vil prix aux pêcheurs atteints est l'objet de toute les discussions dans cette communauté de pêcheur.
"Je souffrais beaucoup, je n'arrivais même plus à dormir. Une badienou gokh du nom de mère Aminata m'a conseillé d'aller voir les femmes du Gie pour qu'elles me procurent la crème. Je suis resté plusieurs jours sans aller en mer. La crème m'a guéri en deux jours", affirme Aliou Sarr, un des patients.
Sur son corps comme sur ceux de ses amis, on constate la cicatrisation des boutons. Comme quoi à Ndayane le 'mbeur beuf' a eu raison de la maladie mystérieuse. Et ce "vaccin" a été trouvé par les femmes.
«POUR LUTTER CONTRE LES MUTILATIONS GENITALES FEMININES, IL FAUT L’INFORMATION ET L’EDUCATION…»
Vu l’ampleur du phénomène, Dr Aoua Bocar Ly Tall plaide pour une approche pluridisciplinaire qui prend en compte toutes les sciences humaines dans la réponse contre cette pratique.
«La pratique des Mutilations génitales Féminines : valeur culturelle ou répression sexuelle ? », c’est le nouvel ouvrage de Dr Aoua Bocar Ly Tall. L’auteur l’a présenté hier au public à l’occasion d’une cérémonie de dédicace présidée par la présidente du comité national de l’initiative pour la transparence des industries Extractives (Cnitie), le Pr Awa Marie Coll Seck qui a d’ailleurs préfacé le livre. Elle plaide, à travers cette publication, la mise en œuvre de nouvelles stratégies pluridisciplinaires afin d’engager l’assaut final contre ce phénomène.
Arriver à bout des mutilations génitales féminines, c’est à ce combat que se livre la sociologue et chercheuse associée et consultante internationale à l’Institut des Études des Femmes de l’Université d’Ottawa au Canada depuis des années. Mais vu l’ampleur du phénomène, Dr Aoua Bocar Ly Tall plaide pour une approche pluridisciplinaire qui prend en compte toutes les sciences humaines dans la réponse contre cette pratique.
D’après l’auteur de « De la Reine de Saba à Michelle Obama », en ce début du 21ième siècle, il est urgent de définir de nouvelles stratégies à mettre en œuvre en vue d’engager l’assaut final contre les mutilations génitales féminines et de les vaincre à jamais, au plus tard dans les deux prochaines décennies. « Pour ce faire, il faut procéder à un bilan de ce qui a été fait sur le plan national, c’est-à-dire dans les pays d’Afrique et aussi au niveau international et d’identifier les acquis, mais aussi des écueils de cette lutte. Les lois, c’est bon mais ce n’est pas suffisant. Il faut l’information et l’éducation. Alors éduquons nos populations pour que cesse cette souffrance que subissent les femmes », a plaidé l’Experte en Genre (Équité femmes/hommes) et en Diversité (culturelle, raciale, religieuse et de visions).
Dans son livre de 10 chapitres couchés sur 169 pages, Dr Aoua Bocar Ly Tall reste convaincue qu’il est également nécessaire d’approfondir la réflexion sur ce problème complexe qui invite les décideurs à aller au fond de cette pratique et de saisir la signification de cette coutume qui perdure au-delà du temps et de l’espace. «Ce n’est qu’à cette condition que nous pourrons élaborer des stratégies adéquates, c’est-à-dire sociales, éducatives, médicales d’éradication définitive de cette pratique néfaste pour la santé des femmes et des fillettes. En tant que forme de violence à l’égard des fillettes et des femmes, les mutilations génitales féminines exigent la recherche d’actions et d’idées afin d’y mettre fin », insiste-t-elle. Par ailleurs, Mme Ly Tall veut lever le coin du voile sur ce phénomène de société. Parce que, dit-elle, les Mgf, ce n’est pas une pratique uniquement africaine car elle est notée dans 40 pays du monde et même dans les pays occidentaux. «C’est toutes les régions et les religions du monde qui le font. C’est une question qui dépasse les nations, les religions et les ethnies », fait-elle savoir. En outre, il s’agit également pour l’auteur d’interroger un peu l’histoire pour comprendre l’origine et l’évolution des Mgf.
En outre, c’est aussi un éveil des consciences sur cette pratique. Présidant la cérémonie de présentation du livre, l’ancienne ministre de la Santé et de l’Action Sociale, Awa Marie Coll Seck, qui a également préfacé le livre, estime que ce nouvel ouvrage ne fait que confirmer la personne libre et battante qui n’a pas peur de dire ses opinions qu’est Docteur Aoua Bocar Ly Tall.
PLUS DE 50 CAS DE VIOLENCES CONTRE LES FEMMES SIGNALÉS ENTRE LES MOIS DE MARS ET SEPTEMBRE
La pandémie de la Covid-19 n'a pas seulement causé des dégâts économiques et sanitaires. Elle a eu un impact sur les violences basées sur le genre
Les violences basées sur le genre n'ont pas connu d'accalmie durant la période de la pandémie de Covid-19. En effet, la présidente de la Synergie des Organisations de la Société civile (Sysc), Penda Seck Diouf, révèle que plus d'une cinquantaine de cas ont été signalés entre les mois de mars et septembre. Elle a fait cette révélation hier, en marge de la cérémonie de lancement de la « campagne 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes et filles ».
La pandémie de la Covid-19 n'a pas seulement causé des dégâts économiques et sanitaires. Elle a également eu un impact réel sur les violences basées sur le genre, à savoir la violence conjugale, la violence sexuelle, le mariage d’enfants et les mutilations génitales féminines. D’après la présidente de la Synergie des Organisations de la Société civile (Sysc), Penda Seck Diouf, au moins une cinquantaine de cas ont été signalés entre mars et septembre par le Comité de Lutte contre les Violences faites aux Femmes et aux Enfants (CLVF).
Sans compter, ajoute-t-elle, les cas enregistrés par les organisations de la société civile. La présidente de la Sysc souligne en effet que le confinement a permis de noter une nouvelle forme de violence liée entre autres à la marginalisation, la stigmatisation, la distanciation intime ainsi que l’abandon de familles chez les femmes et les filles. « Plusieurs femmes infectées ou en contact avec des personnes atteintes par le virus ont subi des menaces de répudiation », révèle Penda Seck Diouf. Elle estime à cet effet que la vulgarisation des lois et conventions mises en place contribueront à la diminution du taux de cas de violences surtout celles liées au viol et à la pédophilie dans les familles et les communautés.
La présidente de la Sysc invite par ailleurs le président de la République à inscrire les VGB dans les programmes et projets prioritaires du gouvernement, avec une ligne budgétaire d’au moins 1%. Elle demande aussi l’amélioration de l’accessibilité à la justice pour les plus vulnérables. Venue présider la cérémonie de lancement de la « campagne 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes et filles », la ministre de la Femme, de la Famille, du Genre et de la Protection des enfants, Ndèye Saly Diop Dieng, soutient pour sa part que le chef de l’Etat, après avoir promulgué la loi n° 2020 - 05 criminalisant le viol et la pédophilie à l’occasion d'un dialogue, l’avait instruite de tout mettre en œuvre pour assurer une large diffusion en vue d’une appropriation par toutes les composantes de la population. «C’est dans cette perspective que nous avons adopté une stratégie de vulgarisation et de la traduction du texte en français et dans les 14 langues nationales codifiées », renseigne la ministre. D’autant que, rappelle-t-elle, cette présente loi a une vocation dissuasive par la pression qu’elle exerce contre les délinquants.
Pour Ndèye Saly Diop Dieng, la loi doit également inciter les familles et les communautés à renforcer la culture de la responsabilité face à toutes les formes de violence.
SOKHNA AÏDA DIALLO, LA "MARABOUTE" AUTOPROCLAMÉE QUI DÉFIE LA CONFRÉRIE MOURIDE
La veuve du chef des thiantacounes, est tombée en disgrâce à Touba. En revendiquant l’héritage de son mari, elle s’est attirée les foudres du khalife général des mourides et d’une partie de la puissante confrérie
Jeune Afrique |
Manon Laplace |
Publication 24/11/2020
Persona non grata à Touba. Au sein de la très influente confrérie mouride, deuxième plus importante du Sénégal, le statut est peu enviable. A fortiori lorsque l’on se revendique guide spirituel. C’est pourtant ce à quoi fait face l’autoproclamée « maraboute » Sokhna Aïda Diallo, qui s’attire depuis plus d’un an les foudres du khalife général des mourides et de nombreux dignitaires de la confrérie musulmane.
La veuve de Cheikh Béthio Thioune, le très influent et très controversé guide spirituel des thiantacounes (un courant de la confrérie), est tombée en disgrâce dans la ville sainte du mouridisme. Au point de se voir interdire l’organisation de toute célébration religieuse à son domicile de la région de Diourbel à l’occasion du Magal de Touba – le principal pèlerinage de la confrérie –, célébré le 6 octobre dernier.
Guerre de succession
Pour comprendre la campagne d’ostracisation dont fait l’objet cette quadragénaire, il faut remonter au décès de son mari, en mai 2019. Alors qu’il vient d’être condamné par la justice sénégalaise notamment pour « complicité de meurtre », le cheikh décède brutalement en France. S’engage alors une guerre de succession entre sa cinquième épouse et son fils aîné Serigne Saliou Thioune « Gueule Tapée ».
« La famille africaine est élastique. Dans les très grandes familles, il y a forcément des courants différents, des dysfonctionnements ou des incompréhensions », se contente de résumer un proche du défunt marabout. Ce disciple thiantacoune refuse de commenter le conflit, « surtout en période de Magal ».
Car dans la famille Thioune-Diallo, la question de la succession dépasse le champ du matériel. Entre le fils aîné de Cheikh Béthio et sa veuve, c’est avant tout l’héritage spirituel qu’on se dispute. Du moins en public. Le premier revendique son droit d’aînesse quand la seconde fait valoir que c’est le marabout des thiantacounes lui-même qui aurait émis le souhait de la voir mener ses fidèles après sa mort.
Les acteurs de la protection de l’enfance sont en conclave à partir de ce lundi et pour trois jours pour une meilleure application de la loi sur les mutilations génitales féminines
Sedhiou, 23 nov (APS) - Les acteurs de la protection de l’enfance sont en conclave à partir de ce lundi et pour trois jours pour une meilleure application de la loi sur les mutilations génitales féminines (MGF), a appris l’APS.
La rencontre se déroule en présence de la Directrice de l’Education surveillée et de la Protection sociale au ministère de la Justice Ndeye Abbibatou Youm Siby.
Pendant trois jours, autorités administratives, les acteurs de la justice, les forces de l’ordre et acteurs de l’éducation vont échanger sur les difficultés rencontrées dans le cadre de la mise en œuvre de cette loi.
’’Le combat doit être mené par tout le monde et surtout les acteurs à la protection de l’enfance doivent miser sur la sensibilisation et la communication pour atteindre leur cible’’, a expliqué la directrice de l’éducation surveillée et de la protection sociale.
EPINES DE LA VIE
Premier roman de Safiétou Ndiaye propose une plongée dans le réalisme social sur fond de réponse à un besoin de partager un point de vue personnel sur des faits de société n’épargnant pas le milieu scolaire et universitaire selon l'auteure
Dakar, 14 nov (APS) – ‘’Epines de la vie’’, premier roman de l’enseignante Safiétou Ndiaye propose une plongée dans le réalisme social sur fond de réponse à un besoin de partager un point de vue personnel sur des faits de société n’épargnant pas le milieu scolaire et universitaire, a expliqué samedi à Dakar son auteure.
‘’C’est un roman de réalisme social visant à répondre à un besoin pressant de partager un point de vue personnel sur les faits de société que l’on peut découvrir dans le milieu scolaire ou universitaire’’, a-t-elle notamment indiqué à la cérémonie de dédicace de l’ouvrage.
Dans le roman de 270 pages paru aux éditions Harmattan Sénégal, la native de Ziguinchor, raconte l’histoire d’une jeune fille qui a connu une mésaventure amoureuse avec son professeur de français, laquelle ne l’a pas empêché de se battre pour parvenir à occuper la fonction d’assistance en Lettres modernes.
Dans cet esprit, la romancière a insisté sur le fait qu’’elle a voulu, à travers l’héroïne, montrer qu’on doit chaque jour se lever avec une volonté d’affronter les aléas de la vie et persévérer pour réaliser son rêve’’.
De son côté, le Doyen honoraire de la Faculté des lettres et sciences humaines de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), Mamadou Kandji, a démontré que le récit du roman repose sur des techniques narratives postmodernes, à savoir la subversion de la trame romanesque classique, l’anticipation, les flashbacks, la forme épistolaire, les épiphanies, les confessions etc.’’
‘’La narration interactive évoque des faits qui rafraîchissent la mémoire du lecteur sur quelques aspects de l’histoire post-coloniale et de la culture sénégalaise, donnant ainsi un réalisme social’’, a-t-il fait valoir le professeur d’anglais à la retraite.
Kandji a ainsi ‘’vivement’’ recommandé ‘’aux humanistes, universitaires et enseignants ainsi qu’à tous les hommes et femmes ‘’amoureux’’ de la lecture de lire ce roman dont les procédés lui confèrent une originalité, amplifiant une approche psychologique, à travers le processus de maturation de l’héroïne’’.
‘’Le récit promène le lecteur dans le système éducatif sénégalais avec une parenthèse dans l’enseignement‘’, a-t-il fait remarquer.
UNE STRATÉGIE NATIONALE DE DÉVELOPPEMENT DE LA MICROFINANCE EN GESTATION
La ministre de la Microfinance et de l’Economie sociale et solidaire, Zahra Iyane Thiam, a annoncé samedi l’adoption prochaine d’une stratégie nationale destinée à renforcer l’efficacité du Fonds national de la microfinance
Dakar, 14 Nov (APS) - La ministre de la Microfinance et de l’Economie sociale et solidaire, Zahra Iyane Thiam, a annoncé samedi l’adoption prochaine d’une stratégie nationale destinée à renforcer l’efficacité du Fonds national de la microfinance (FONAMIF), récemment mis en place dans son département, a appris l’APS.
Elle a fait cette annonce à la cérémonie d’ouverture de l’assemblée générale annuelle de l’Association professionnelle des services financiers décentralisés au Sénégal (AP/SFD).
Le FONAMIF, appelé à être doté d’un volet financier et d’une assistance technique, illustre l’importance que ’’l’Etat du Sénégal accorde au secteur de la microfinance, un secteur névralgique pour une inclusion financière et une économie solidaire’’, a expliqué la ministre.
Elle a souligné que ce fonds constitue un instrument financier sur lequel son département fonde beaucoup d’espoir pour apporter des réponses adaptées au besoin de financement des bénéficiaires notamment en zones rurales.
’’Ce document de stratégie nationale devrait permettre d’identifier les besoins de financement afin d’accéder facilement à des crédits pour les bénéficiaires’’, a indiqué Mme Thiam.
Elle a par ailleurs invité les professionnels des SFD à davantage travailler pour une ’’modernisation des services financiers décentralisés afin d’assurer une meilleure sécurisation de l’épargne publique.’’
Zahra Iyane Thiam a également insisté sur la nécessité d’adopter de nouveaux ’’mécanismes’’ pouvant permettre d’assurer une amélioration des procédés de recouvrement et des services et la protection des données personnelles.
Cette assemblée générale à l’issue de laquelle une nouvelle équipe dirigeante de l’AP/SFD sera mise en place a été l’occasion d’inviter les professionnels des services financiers décentralisés, une directive de l’UEMOA depuis 2007, à se ’’réinventer’’ pour mieux faire face aux enjeux et défis du moment qui auront comme nom une économie digitalisée, l’ingénierie financière, entre autres.
Le président intérimaire de l’AP/SFD, Ousmane Thiongane, a, de son côté, plaidé pour la garantie de taux d’intérêt concessionnaire à travers les 100 milliards de FCFA mis à la disposition des SFD à travers le fonds force Covid-19 doté d’une enveloppe de 1000 milliards pour la relance de l’économie nationale.
Il a aussi appelé les SFD à un maillage du territoire national pour une meilleure prise en charge des besoins de financements des populations dans les régions.