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5 avril 2025
International
par Patrick Chamoiseau
BIENFAISANTE SÉCHERESSE
EXCLUSIF SENEPLUS - Elle nous enseigne à penser l'eau, à chaque seconde, chaque jour durant, à mieux réaliser nos dilapidations ordinaires, et à la mignonner goutte à goutte comme nous devrions le faire toulitan, en ressource précieuse, fragile
Bienfaisante sécheresse, qui nous amène à désirer la pluie, au point qu'une journée pluvieuse, n'en déplaise à l'imagerie occidentale, serait, enfin, à ce niveau de conscience, une bien jolie et belle journée.
Bienfaisante sécheresse. Elle nous révèle notre esprit épicier, rapia du nord rapia du sud rapia du centre, loin de toute vision d'ensemble, qui nous prive ( dans notre micro-espace ) d'une intelligence de l'en-commun du manque ; et nous illustre notre perte de la-main-solidaire des traditions du Lasotè ou des philosophies conviviales du Bèlè.
Bienfaisante sécheresse. Elle nous enseigne à penser l'eau, à chaque seconde, à chaque instant, chaque jour durant, à mieux réaliser nos dilapidations ordinaires, et à la mignonner goutte à goutte comme nous devrions le faire toulitan, en ressource précieuse, fragile, à respecter, à préserver, à conserver, à recycler, car elle nous sera très certainement enlevée dans les aridités prochaines du changement climatique.
Bienfaisante sécheresse. Elle nous montre comment nous vivons en mode déterritorialisé, hors sol, ignorants du contexte Caraïbe, au point que nos collectivités, nos mairies, nos écoles, nos hôpitaux, nos cabinets médicaux, nos Ehpad, nos maisons, nos refuges éventuels ... ne disposent même pas d'une citerne stratégique capable de faire face à ce petit-mille-fois-moins-pire-que-ce-qui-nous attend-dans-les-vingt-ans-qui-viennent.
Bienfaisante sécheresse. Elle nous rappelle à quel point nos équipements de captage, de traitement, de canalisation, de distribution, de mutualisation et de maintenances sont obsolètes, et combien nos capacités de renouvellement et d'anticipation sont indigents, ce qui devrait nous donner l'envie d'y porter la manœuvre car plus tard est assuré plus triste.
Bienfaisante sècheresse qui nous intime, à l'horizon du voumvak climatique, de quitter cette déresponsabilisation diffuse, ce renoncement à soi que l'on crie Outre-mer, pour retrouver une pensée politique, une rigueur de l'agir, et pour ainsi œuvrer, en dignité et responsabilité, à «Faire-pays. »
Bienfaisante et innocente sécheresse qui nous baille la leçon. Je n'en suis que témoin.
Par Madiambal DIAGNE
LE DÉSASTRE MÉLENCHON
Quelle bienveillance le Sénégal pourrait-il espérer de la France que son Premier ministre pourfend publiquement et offre une tribune officielle à un opposant que Macron ne voudrait pas voir même en peinture ?
L’invitation de l’homme politique français Jean-Luc Mélenchon au Sénégal par le Premier ministre Ousmane Sonko est, on ne peut plus, inopportune. Ousmane Sonko a certes tenu à faire savoir que l’invitation a été servie à un allié politique, peut-être un «camarade», au titre des relations internationales de son parti politique Pastef. On aurait pu accepter cette façon de présenter les choses, si tant est qu’avant le jour de la visite, Pastef et les «Insoumis» aient entretenu des relations suivies ou de compagnonnage sur la scène internationale, ou que Ousmane Sonko eût rencontré Jean-Luc Mélenchon ou au moins aurait eu à lui adresser une invitation ou une quelconque missive. Il n’y a rien de tout cela. Cette invitation était tombée comme une surprise qui s’est révélée finalement être une bien mauvaise initiative pour le Premier ministre du Sénégal et son camp politique. Il faut dire que c’est de tout bénéfice pour Mélenchon qui ne détient même plus de mandat électif, mais c’est à l’opposé une grosse bourde pour son hôte.
Après quelques dictatures finissantes d’Amérique du Sud, d’autres autorités officielles d’un pays trouvent Mélenchon fréquentable pour l’inviter et lui dérouler le tapis rouge. Que le Sénégal se mette sur la même ligne politique et diplomatique, montre l’étroitesse d’ambition de nos dirigeants ! Cette invitation a pu donner à Jean-Luc Mélenchon dont la cote de popularité s’est dégradée dans son propre parti «La France Insoumise» et encore plus dans l’establishment politique de son pays, une tribune dans une prestigieuse université pour faire son show. Il a pu chercher à séduire un électorat d’origine africaine vivant en France. On relèvera néanmoins qu’il s’est gardé fort sagement de lancer des diatribes ou des piques à Emmanuel Macron. En effet, une tradition bien ancrée dans l’esprit des hommes politiques français est de ne point s’en prendre aux dirigeants de leur pays à partir de l’étranger. Sans doute, les nouvelles autorités sénégalaises en apprendront une leçon. Par contre, Ousmane Sonko n’a pas eu la même retenue, le tact ou la convenance. Dans un élan de provocation, il s’est permis de pourfendre la politique de Emmanuel Macron, sous les applaudissements de ses partisans. La France appréciera. Serait-il nécessaire de lui rappeler que le chef de l’Etat français ne saurait être son alter ego ou son interlocuteur ? Résultat des courses ?
Le Sénégal a tout à perdre dans cette opération
Ousmane Sonko a, de tout temps, pourfendu les relations de proximité de nos dirigeants avec leurs homologues francais. Il a considéré cela comme une certaine inféodation. Un tel discours d’opposant n’est pas nouveau en Afrique, où la «Françafrique» a été dénoncée avec beaucoup de commodité, par tout opposant qui se voudrait tant soit peu «panafricaniste» ou soucieux des intérêts des peuples africains. Une fois arrivés au pouvoir, les dirigeants de Pastef s’empressent d’afficher leur proximité avec d’autres milieux politiques français. Cela donne raison à Léopold Sédar Senghor qui rétorquait malicieusement à son opposant Cheikh Anta Diop que «chacun a son Français et, à l’occasion, sa Française». Toute une histoire !
Dans le cas d’espèce, on devra noter que le Sénégal ne saurait, dans l’immédiat, tirer un trait de plume sur ses relations avec son premier partenaire économique, la France. Quelle sera alors la posture du gouvernement de Ousmane Sonko devant les autorités officielles françaises pour discuter de partenariat, encore que, c’est assurément le Sénégal qui se trouve dans une posture d’avoir besoin, de manière urgente, de la France, et non le contraire.
Quelle bienveillance le Sénégal pourrait-il espérer de la France que le Premier ministre pourfend publiquement et en offrant une tribune «officielle» à un opposant que le président Macron ne voudrait pas voir même en peinture ? On sait les mesures de représailles que le gouvernement français avait appliquées contre le Sénégal, après l’audience que le président Macky Sall avait accordée à Marine Le Pen, leader du Rassemblement national, en janvier 2023. Pourtant, le régime de Macky Sall était réputé avoir de meilleures relations avec les «macronistes» que l’actuel tandem Diomaye-Sonko. Macky Sall avait été brièvement visité par un esprit de souverainisme ! La France de Macron qui avait retenu après cet épisode, une partie de l’aide budgétaire accordée au Sénégal, se ferait-elle violence ou ferait-elle preuve de transcendance jusqu’à faire, pour le nouveau gouvernement, notamment sur le traitement des questions comme le service de la dette ou de nouveaux financements ou encore un portage des préoccupations du Sénégal devant les institutions de Bretton-Woods, plus qu’elle n’avait fait pour Macky Sall ? Plus que jamais, le Sénégal aura besoin, dans les semaines à venir, du soutien des administrateurs français au Conseil d’administration du Fonds monétaire international. Il n’est pas sûr qu’ils prendront leurs instructions de JeanLuc Mélenchon ! Si Ousmane Sonko voulait faire de la provocation ou un pied de nez à Emmanuel Macron, il risque de l’apprendre à ses dépens.
Le président de la République, quant à lui, semble rester dans une certaine «normalité» et continue de dire à qui veut l’entendre qu’il souhaite avoir des relations normales avec la France.
Bassirou Diomaye Faye n’a pas reçu Mélenchon
Les péripéties de la visite de Jean-Luc Mélenchon à Dakar révèlent-elle une certaine cacophonie ou une dualité au sommet de l’Etat entre le Premier ministre Ousmane Sonko et le président de la République Bassirou Diomaye Faye ? Le chef de l’Etat n’a pas rencontré le «grand invité», qui a passé quatre jours au Sénégal, du 14 au 18 mai 2024. En tout cas, personne n’est au courant d’une telle audience. Cela apparaît comme une incongruité aux yeux de nombreux observateurs. Est-ce un partage des rôles entre le Président et son Premier ministre, lequel resterait sur le terrain du populisme tandis que le chef de l’Etat garderait les bonnes convenances diplomatiques ? Jusqu’où grand monde s’y tromperait longtemps ? De toute façon, la visite de Jean-Luc Mélenchon a suscité une polémique fort préjudicielle pour l’image du Premier ministre Sonko. Sa «tolérance» affichée pour la cause Lgbt jure d’avec ses déclarations antérieures. Il a toujours bâti sa propagande politique en promettant de lutter farouchement contre la franc-maçonnerie et l’homosexualité. Ousmane Sonko et ses partisans accusaient le régime du Président Macky Sall de faire la promotion de telles contre-valeurs sociétales au Sénégal. D’ailleurs, avaient-ils embarqué dans cet élan bien des milieux religieux. L’invitation à Jean-Luc Mélenchon et surtout son discours plaidant la cause Lgbt, a sonné comme un reniement de leurs professions de foi.
Devant le président américain Barack Obama, Macky Sall avait été sans ambiguïté pour le refuser. L’autre point négatif de l’initiative de Ousmane Sonko aura été qu’un Premier ministre qui se trouve dans une situation de faire face aux plus grandes urgences de sa déclaration de politique générale ou de tenir ses promesses de réduction du coût de la vie ou même d’organiser les services de l’Etat, préfère trouver du temps pour recevoir un invité qui ne représente pas un gouvernement et deviser sur des questions idéologiques. En effet, les priorités devraient être à autre chose, comme finaliser le fameux Projet, vendu en rêve aux Sénégalais et au moins de finir de s’installer et de prendre en main les affaires de l’Etat, avant de s’occuper à animer des conférences publiques.
Ousmane Sonko souffrirait-il tant que Bassirou Diomaye Faye soit actif sur la scène internationale alors que lui-même n’y soit pas encore visible ? Est-ce la raison pour laquelle le Premier ministre qui n’a pas encore daigné visiter l’intérieur de son propre pays, voudrait faire de la «diplomatie», au titre de son parti politique et ainsi a-t-il encore annoncé un déplacement à l’étranger pour visiter des régimes putschistes au Mali, au Burkina Faso, en Guinée et au Niger ? Ironie de l’histoire, il n’aura pas le prétexte de prétendues relations entre partis politiques à entretenir dans ces pays. A ce que l’on sache, ces régimes ne s’appuient guère sur des formations politiques mais sur la puissance de feu de leur artillerie contre leurs populations ! Au demeurant, devrait-on lui enseigner que la diplomatie reste l’un des domaines les plus réservés du président de la République ? A ce rythme, il sera difficile de ne pas croire à une ambiance de rivalité ou de compétition entre le Premier ministre et le président de la République… Ce serait bien très prématuré, il faut le dire !
LE DÉFI DU SOUVERAINISME AFRICAIN POUR LA FRANCE
Paris doit réinventer en urgence son approche, privilégiant l'humilité et le respect, selon François Soudan. Pour ce dernier, le maintien de l'influence française passe par l'abandon de "chiffons rouges" devenus des symboles d'ingérence
(SenePlus) - Un vent de souverainisme et de rejet envers l'ancienne puissance coloniale souffle sur l'Afrique francophone, menaçant l'influence séculaire de la France sur le continent. Comme l'explique François Soudan, directeur de la rédaction de Jeune Afrique, dans une analyse récente, Paris doit faire face à "la résistible montée du sentiment anti-français en Afrique francophone".
Cette tendance néosouverainiste, qui gagne en ampleur auprès des jeunes et des classes moyennes, voire certaines sphères dirigeantes, trouve son origine dans l'échec des mouvements citoyens des années 2000 et l'impasse des transitions démocratiques. Alimenté par les réseaux sociaux et les "analphabètes numérisés" issus de deux décennies de déscolarisation, ce phénomène populiste mêle le rejet de la France, bouc émissaire de proximité, à une dénonciation de certains aspects du mode de vie occidental.
Un événement marquant à l'origine de cette défiance est "l'assassinat de Mouammar Kadhafi au terme d'une sordide chasse à l'homme téléguidée depuis Paris, Londres et Washington", comme le souligne Soudan. Le théoricien Achille Mbembe évoque également "l'asymétrie des connaissances" qui fait que les partenaires africains "connaissent beaucoup mieux" la France que l'inverse.
L'offensive russe et la stratégie du "french bashing"
Dans cette lente érosion de l'influence française, la Russie joue un rôle opportuniste en amplifiant la rhétorique anti-occidentale et anti-française à travers une stratégie de "french bashing". Depuis le sommet de Sotchi en 2019, Moscou soutient et amplifie les acteurs et influenceurs locaux déjà en place, actualisant un récit anticolonial hérité de la guerre froide.
Selon l'ambassadeur français Sylvain Itté, cité par Soudan, cette "machine infernale" recourt aux fermes à trolls et de plus en plus à l'intelligence artificielle, produisant un "effet magnétique immédiat" dès qu'un drapeau russe est brandi lors d'une manifestation.
Face à cette offensive, la France semble "totalement aphone sur le terrain de la communication", note Soudan, en panne de solutions malgré une prise de conscience de la nécessité d'une remise à plat.
Les recommandations d'Achille Mbembe
Pour juguler cette montée du sentiment anti-français, Achille Mbembe, théoricien du post-colonialisme, préconise que la France se débarrasse rapidement de trois "chiffons rouges" : ses bases militaires sur le continent, le franc CFA, et sa pratique restrictive de délivrance des visas.
Ces prérequis sont indispensables, selon Mbembe, pour fonder une "politique de la France en Afrique, sans ingérences ni leçons". Associés à "une bonne dose d'humilité et de respect", ils permettraient d'atteindre la "juste distance" susceptible d'"éteindre les braises d'un sentiment anti-français privé de carburant".
En somme, face au vent de souverainisme qui souffle sur l'Afrique francophone, la France doit répondre par une nouvelle approche, dénuée d'ingérence et empreinte d'humilité, tout en s'attaquant aux symboles devenus des "chiffons rouges". Seule une telle stratégie pourra endiguer le rejet croissant dont elle fait l'objet et préserver son influence sur un continent où, comme le rappelle Soudan, "l'âge médian est de 19 ans" et qui constituera "le premier réservoir de main-d'œuvre disponible pour l'économie mondiale" d'ici 2050.
LA GRANDE DISTRIBUTION FRANÇAISE À L'ASSAUT DU SÉNÉGAL
L'implantation massive d'Auchan, Carrefour et consorts bouscule les habitudes de consommation et cristallise tensions économiques et débats identitaires sur la souveraineté alimentaire du pays
(SenePlus) - La grande distribution française connaît un essor fulgurant au Sénégal ces dernières années, révolutionnant les habitudes de consommation dans ce pays d'Afrique de l'Ouest. Comme le rapporte un article du Monde Diplomatique, des géants tricolores tels qu'Auchan, Carrefour, Super U et Casino se sont lancés dans une conquête agressive du marché sénégalais, multipliant les ouvertures de magasins dans la région de Dakar mais aussi dans d'autres villes comme Thiès, Mbour et Saint-Louis.
Ces enseignes ne se cantonnent plus aux quartiers aisés des capitales, mais s'implantent désormais au cœur des quartiers populaires, proposant des produits frais à des "prix compétitifs voire moins chers", comme l'admettait Xavier Desjobert, ancien directeur général de CFAO Retail, dans les colonnes du Monde Diplomatique. Pour y parvenir, elles réduisent le nombre d'intermédiaires en traitant directement avec les producteurs locaux et importent certains produits, court-circuitant ainsi les circuits traditionnels.
Ousmane Sy Ndiaye, directeur exécutif de l'Union nationale des commerçants et industriels du Sénégal, déplorait en 2018 cette capacité des multinationales à "accumuler les bénéfices du grossiste, du demi-grossiste et du détaillant", les plaçant "en tête de course pour pratiquer les prix qu'elles souhaitent".
Une menace pour le commerce traditionnel
Face à cette concurrence féroce, des petits commerçants sénégalais se sont regroupés dès 2018 au sein de la coalition "Auchan dégage !" pour réclamer des mesures de protection. Certains, comme cette détaillante du marché Kermel à Dakar, voyaient leur gagne-pain menacé : "Sachant qu'on achète à 700 francs et qu'Auchan arrive à vendre à 400, voire 300, ce n'est pas normal. Nous, on ne gagne rien. On est pauvres maintenant".
Ce mouvement comptait parmi ses rangs le Front pour la révolution anti-impérialiste populaire et panafricaine (Frapp), dénonçant l'inconcevable concurrence d'"un des groupes mondiaux les plus importants" avec "les commerçantes tabliers d'un des pays les plus pauvres du monde".
Auchan affirme de son côté "valoriser et encourager les produits locaux" et "tisser des liens avec les acteurs locaux", mais l'ONG GRAIN met en garde: si l'implantation des grandes surfaces offre des débouchés, elle "vise particulièrement les agriculteurs en capacité de fournir d'importants volumes" répondant à des normes draconiennes.
Un débat de société
Au-delà des enjeux économiques, l'arrivée en force de la grande distribution soulève des questions de souveraineté alimentaire et de modèle sociétal. L'Association citoyenne de défense des intérêts collectifs au Cameroun s'inquiète d'un changement des habitudes alimentaires, la population délaissant "les mets traditionnels" au profit de produits ultra-transformés.
Le Frapp dénonce quant à lui "une perte de souveraineté du Sénégal sur son commerce intérieur". Son coordinateur Guy Marius Sagna, désormais député, demande une étude d'impact et l'organisation d'assises nationales.
Réaction a minima des autorités
Face à l'ampleur de la contestation, le président Macky Sall a signé en 2018 un décret réglementant l'implantation des grandes surfaces. Mais cette mesure, qui ne concerne pas les supermarchés déjà établis, autorise la vente au détail, laissant une marge de manœuvre conséquente aux distributeurs.
Des alternatives émergent malgré tout, comme l'enseigne Senchan lancée par Rijaal Holding, une société d'investissement mouride. On assiste aussi à des efforts pour moderniser les marchés traditionnels, à l'image du projet soutenu par l'OMS au marché de Grand Dakar.
Cette offensive de la grande distribution française en Afrique de l'Ouest, et particulièrement au Sénégal, cristallise ainsi les attentes et les craintes d'une société en pleine mutation. Un enjeu économique certes, mais aussi un profond débat de société.
LA CPI EMET UN MANDAT D’ARRÊT CONTRE BENJAMIN NETANYAHU
La Cour pénale internationale a émis lundi un mandat d’arrêt à l’encontre du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, et du ministre de la Défense Yoav Gallant, pour leur responsabilité pénale présumée de crimes de guerre ...
La Cour pénale internationale (CPI) a émis lundi un mandat d’arrêt à l’encontre du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, et du ministre de la Défense Yoav Gallant, pour leur responsabilité pénale présumée de crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis sur le territoire palestinien de Gaza à partir du 8 octobre 2023.
Dans un communiqué rendu public le même jour, le procureur de la CPI, qui siège à La Haye, aux Pays Bas, estime que sur la base des éléments de preuve recueillis et examinés par son bureau, le Premier ministre israélien et le ministre de la Défense de l’Etat d’Israël, portent la responsabilité pénale de crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis sur le territoire de l’Etat de Palestine à partir du 8 octobre 2023.
Il s’agit de développements liés à des suites judiciaires sur lesquelles bon nombre d’observateurs s’étaient accordés plus de sept mois après le déclenchement de l’opération militaire israélienne en riposte à une attaque meurtrière du mouvement palestinien le Hamas sur le sol israélien.
Près de 40.000 personnes, en majorité des femmes et des enfants, ont perdu la vie dans la bande de Gaza soumise à des bombardements, raids de l’armée israélienne, sur fond de combats avec des combattants du mouvement palestinien.
Huit mois après le début de l’intervention militaire israélienne, la quasi totalité des infrastructures hospitalières et d’autres essentielles à la survie des population sur place ont été détruites dans cette enclave palestinienne.
IRAN: LE PRÉSIDENT EBRAHIM RAÏSSI EST MORT
Âgé de 63 ans, l'ayatollah était considéré comme un ultraconservateur et un partisan assumé de l'ordre. S'étant présenté comme le champion des classes défavorisées et de la lutte contre la corruption…
Le président iranien Ebrahim Raïssi est mort dans un accident d'hélicoptère, dimanche 19 mai, dans le nord-ouest de son pays, a annoncé ce 20 mai un représentant iranien à Reuters. Le président iranien avait inauguré dans la province un barrage, en compagnie de son homologue à la frontière avec l’Azerbaïdjan. Il menait depuis 2021 l'Iran dans un contexte troublé à l'international et de contestation interne.
D'intenses recherches étaient en cours depuis dimanche 19 mai en fin de journée dans le nord-ouest de l'Iran pour retrouver l'hélicoptère qui le transportait et qui a été victime d'un « accident », selon des responsables et des médias officiels. Le ministre des Affaires étrangères Iranien, Hossein Amir-Abdollahian, était aussi à bord de l’appareil.
Âgé de 63 ans, l'ayatollah Ebrahim Raïssi était considéré comme un ultraconservateur et un partisan assumé de l'ordre. S'étant présenté comme le champion des classes défavorisées et de la lutte contre la corruption, Ebrahim Raïssi avait été élu le 18 juin 2021 dès le premier tour d'un scrutin marqué par une abstention record pour une présidentielle, et l'absence de concurrents de poids.
Il avait succédé au modéré Hassan Rohani, qui l'avait battu à la présidentielle de 2017 et ne pouvait plus se représenter après deux mandats consécutifs.
Ebrahim Raïssi est sorti renforcé des législatives tenues en mars et à la mi-mai, premier scrutin national depuis le mouvement de contestation qui a secoué l'Iran fin 2022 à la suite du décès de Mahsa Amini, une jeune femme arrêtée pour non-respect du code vestimentaire strict de la République islamique. Le président iranien s'était alors félicité d'« un nouvel échec historique infligé aux ennemis de l'Iran après les émeutes » de 2022.
Le Parlement, qui entrera en fonction le 27 mai, sera très largement sous le contrôle des camps conservateurs et ultraconservateurs, qui soutiennent son gouvernement.
Adversaire résolu d'Israël
Ces derniers mois, Ebrahim Raïssi s'est présenté comme un adversaire résolu d'Israël, l'ennemi juré de la République islamique, en apportant son soutien au mouvement islamiste palestinien Hamas depuis le début, le 7 octobre, de la guerre qu'Israël lui livre dans la bande de Gaza.
Il a ainsi justifié l'attaque inédite lancée par l'Iran le 13 avril contre Israël, avec 350 drones et missiles, dont la plupart ont été interceptés avec l'aide des États-Unis et de plusieurs autres pays alliés.
Ebrahim Raïssi figure sur la liste noire américaine des responsables iraniens sanctionnés pour « complicité de graves violations des droits humains », accusations balayées comme nulles et non avenues par les autorités de Téhéran.
Né en novembre 1960 dans la ville sainte chiite de Machhad, dans le nord-est, Ebrahim Raïssi a monté durant trois décennies les échelons du système judiciaire, après avoir été nommé procureur général de Karaj, près de Téhéran, à seulement 20 ans, dans la foulée de la victoire de la Révolution islamique de 1979.
Il a ensuite été procureur général de Téhéran de 1989 à 1994, puis chef adjoint de l'Autorité judiciaire de 2004 à 2014, année de sa nomination au poste de procureur général du pays. En 2016, le guide suprême Ali Khamenei l'a placé à la tête de la puissante fondation caritative Astan-é Qods Razavi, qui gère le mausolée de l'Imam-Réza à Machhad ainsi qu'un immense patrimoine industriel et immobilier. Trois ans plus tard, il prend la tête de l'Autorité judiciaire.
Sans grand charisme et toujours coiffé d'un turban noir de « seyyed » (descendant de Mahomet), M. Raïssi, barbe poivre et sel et fines lunettes, a suivi les cours de religion et de jurisprudence islamique de l'ayatollah Khamenei.
AFRIQUE 50, LE CRI ANTICOLONIALISTE DE RENÉ VAUTIER
À travers une vision courageuse et une caméra au poing, le réalisateur breton né en 1928 dénonce les crimes du colonialisme français et le pillage des ressources en Côte d'Ivoire
À travers une vision courageuse et une caméra au poing, Vautier dénonce les crimes du colonialisme français et le pillage des ressources en Côte d'Ivoire.
Témoin de son époque, René Vautier a rejoint la Résistance à quinze ans, recevant des décorations pour son engagement. Diplômé de l'Institut des Hautes Études Cinématographiques (IDHEC) en 1948, il a réalisé des documentaires en Algérie, dont "Avoir 20 ans dans les Aurès".
Militant communiste et pionnier d'un cinéma engagé, populaire et indépendant, il demeure un cinéaste de combat jusqu'à sa mort en 2015.
LE PRÉSIDENT IRANIEN VICTIME D’UN ACCIDENT D’HÉLICOPTÈRE
Ebrahim Raissi effectuait un déplacement en Azerbaïdjan, où il a procédé, la veille, à l’inauguration d’un barrage à la frontière entre les deux pays avec son homologue Ilham Aliyev.
Un hélicoptère, avec à son bord le président de la République islamique d’Iran, Ebrahim Raissi, a été impliqué, dimanche, dans un accident dans le nord-ouest du pays, a-t-on appris de l’agence de presse iranienne, IRNA.
Le président effectuait un déplacement en Azerbaïdjan, où il a procédé, la veille, à l’inauguration d’un barrage à la frontière entre les deux pays avec son homologue Ilham Aliyev, indique la même source.
Elle précise qu’outre le président Raissi, le ministre des affaires étrangères, Hossein Amirabdollahian et le chef de la prière du vendredi à la ville de Tabriz, l’ayatollah Mohammad Ali Al-e-Hashem, se trouvaient également à bord de l’hélicoptère.
Les recherches, retardées par des “conditions météorologiques défavorables” se poursuivent dans la zone de l’accident pour retrouver l‘appareil , renseigne-t-on.
SITUATION CONFUSE EN RDC
Dans la matinée de ce dimanche, des coups de feu ont retenti dans certaines zones de la capitale, notamment vers la résidence de Vital Kamerhe. L’armée parle d’une tentative de coup d’Etat.
En République démocratique du Congo (Rdc), la situation est confuse. Dans la matinée de ce dimanche, des coups de feu ont retenti dans certaines zones de la capitale, notamment vers la résidence de Vital Kamerhe. L’armée parle d’une tentative de coup d’Etat.
Les forces de défense et de sécurité de la République démocratique du Congo disent avoir déjoué une tentative de putsch ce dimanche. «Une tentative de coup d’Etat a été étouffé dans l’œuf par les forces de défense et de sécurité», a annoncé le Général Sylvain Ékenge, à la télévision nationale.
Le patron de l’armée déclare que cette tentative a impliqué des étrangers et des congolais qui ont été mis hors d’état de nuire, leur chef y compris. Il assure que l’armée a, actuellement, une parfaite maitrise de la situation et que les populations peuvent aller vaquer tranquillement à leurs occupations.
A DUBAÏ, LE PARADIS FISCAL DES BIENS MAL ACQUIS AFRICAINS
Une fuite de données révèle l'ampleur du patrimoine immobilier détenu par les proches de nombreux chefs d'État africains dans cette oasis du Golfe. Des villas de luxe, des gratte-ciel huppés, des biens dont la valeur atteint des dizaines de millions
(SenePlus) - L'enquête "Dubai Unlocked" menée par Le Monde a révélé une fuite de données confidentielle exposant le patrimoine immobilier substantiel détenu par les proches de nombreux chefs d'État africains dans l'émirat de Dubaï. Ces acquisitions de biens de luxe, souvent en décalage avec leurs fonctions officielles, soulèvent des interrogations sur l'origine douteuse des fonds utilisés.
Au Gabon, l'influente Marie-Madeleine Mborantsuo, ex-présidente de la Cour constitutionnelle, fait l'objet d'une enquête française pour "blanchiment de détournement de fonds publics". Selon Le Monde, "3M" et ses enfants auraient dépensé près de 6 millions d'euros en 2013 pour acquérir plusieurs propriétés à Dubaï.
En Guinée équatoriale, les fils du président Teodoro Obiang, Pastor et Teodorin, ainsi que le beau-frère Candido Nsue Okomo, disposent d'un riche patrimoine immobilier à Dubaï, évalué à plus de 14 millions d'euros pour ce dernier. Une enquête espagnole soupçonne M. Nsue Okomo de blanchiment dans une affaire de corruption.
Au Congo-Brazzaville, la belle-fille de Denis Sassou-Nguesso, Nathalie Boumba-Pembe, a acheté une villa de 3,5 millions d'euros en 2018. Son mari, le puissant ministre Denis Christel Sassou-Nguesso, surnommé "Kiki le pétrolier", est soupçonné de détournements liés à la société pétrolière nationale. Le ministre de l'Intérieur Raymond Zéphirin Mboulou a également investi plus de 5 millions d'euros dans l'immobilier dubaïote.
Au Tchad, l'ex-beau-frère du président Idriss Déby, Mahamat Hissein Bourma, a acquis des biens d'une valeur de 14 millions d'euros à Dubaï, coïncidant avec des acquisitions suspectes au Canada. Incarcéré, il dénonce d'autres hauts responsables propriétaires à Dubaï.
L'angolaise Isabel Dos Santos, fille de l'ancien président et première milliardaire africaine, confirme avoir acheté un appartement à Dubaï il y a plus de 10 ans. Accusée de corruption, elle vit désormais dans l'émirat sous le coup d'un mandat d'arrêt international.
Pour les ONG, Dubaï sert de "base arrière" pour ces personnalités cherchant à contourner les réglementations européennes sur les biens mal acquis, grâce à un cadre juridique plus laxiste. La lutte contre ces pratiques reste un défi majeur malgré les progrès réalisés.