Quatrième partie de la série consacrée par SenePlus à Léopold Senghor.
L’ancien président du Sénégal y évoque ses griefs contre le Rassemblement démocratique africain (Rda) d’Houphouët Boigny. Cause de son absence du congrès de ce parti à Bamako, au Mali.
Il soupçonnait le Rda de se ‘’laisser entraîner vers le marxisme-léninisme’’. En tant que socialiste-démocrate, admirateur de Léon Blum et de Jaurès, ‘’un grand humaniste’’, Senghor ne pouvait pas accepter de suivre le Rda dans son infléchissement idéologique.
Aussi, le poète-président parle dans cette bande de la Loi cadre (Defferre), qui a consacré le morcellement du continent. ‘’Nous avons eu tort d’accepter la balkanisation de l’Afrique’’, fulmine-t-il. Senghor revient ici également, entre autres, sur le congrès de Cotonou, ses rapports avec le général de Gaulle, les négociations pour l’Indépendance, Sékou Touré…
En l’absence de Léopold Senghor et de Mamadou Dia, Valdiodio Ndiaye accueillit le général de Gaulle lors de l’étape de Dakar de sa tournée africaine de 1958.
Debout à la tribune plantée à la Place Protêt (rebaptisée place de l’Indépendance), au milieu d’une foule en liesse, le ministre de l’Intérieur et de l’Information prit la parole au nom du président du conseil du gouvernement du Sénégal, Dia. Indépendance, Unité africaine et Confédération, c’était dans l’ordre la demande adressée au Général.
Qui, d’une voix étreinte par l’émotion, la surprise et la colère, s’écria notamment à l’intention des ‘’porteurs de pancartes’’ : ‘’s’ils veulent l’indépendance, qu’ils la prennent’’. Retour, dans la troisième partie de la série que SenePlus consacre à Léopold Senghor, sur un face-à-face mémorable entre un peuple et son destin.
Du 25 au 28 juillet 1958, Cotonou, capitale de l’ancien Dahomey (actuel Bénin), accueille le congrès constitutif du Parti du regroupement africain (PRA).
Une étape importante dans la marche des pays d’Afrique noire francophone vers l’Indépendance.
Comment le Sénégal avait préparé ce rendez-vous historique ? Réponse dans la deuxième partie de la série audio que SenePlus consacre à Léopold Sédar Senghor.
L’ancien président de la République, président du groupe parlementaire du Pra à l’Assemblée nationale française, revient sur les ‘’quatre principes’’ qui devaient être discutés à Cotonou.
Dans la première partie de la sélection audio que SenePlus consacre à sa vie, Léopold Senghor se dévoile.
Le premier président de la République du Sénégal révèle comment a pris racine son engagement pour l’indépendance de son pays et pour l’émergence de la civilisation noire.
La bande commence par le commencement : sa naissance à Joal, le 9 octobre 1906, son enfance ‘’merveilleuse’’ à Djilor, son passage à Ngazobil et son arrivée à Dakar dans les années 1920.
Plongée dans les souvenirs de l’une des figures qui ont marqué l’Humanité.
A partir de ce mardi 17 septembre, SenePlus diffuse une série audio dédiée à Léopold Senghor. Le premier président de la République du Sénégal se raconte sur une bande que nous avons découpée en huit parties. De sa naissance à Joal, le 9 octobre 1906, à sa démission du poste de chef de l’État, le 31 décembre 1980, en passant par les étapes de son combat pour l’indépendance de son pays (1946-1960) et la crise de 1962…, sa vie a souvent emprunté des trajectoires improbables. Le destin s’étant souvent amusé à moquer ses plans.
Le premier président de la République du Sénégal voulait d’abord devenir prêtre. Ce rêve s’étant envolé au-dessus du collège-séminaire Libermann de Dakar, grâce ou à cause à son ‘’esprit frondeur’’, face au père-directeur de cet établissement qui prétendait que les Noirs n’avaient pas de civilisation, Léopold Senghor se bâtit une nouvelle ambition : devenir poète et professeur. Il atteindra ce but mais, sur le chemin, rencontra la politique. Par hasard.
C’était en 1945. Il était revenu au bercail, en provenance de la France, pour une enquête sur la poésie sérère, objet de sa thèse complémentaire. Sans abandonner son rêve ultime, il se fixe un objectif intermédiaire : ‘’mener le Sénégal à l’indépendance’’. Ni plus ni moins. Pompidou l’initiera au socialisme. La ‘’relecture négro-africaine de Marx et d’Engels’’ le poussera à démissionner du Parti socialiste français, où le programme était, à l’époque, ‘’davantage réformiste que révolutionnaire’’.
‘’Avec quelques camarades’’, Léopold Senghor fondera le Bloc démocratique sénégalais (Bds), devenu l’Union progressiste sénégalaise (Ups), futur Parti socialiste (Ps). Congrès de Cotonou au Bénin (1958), absence lors de la venue de De Gaulle à Dakar, négociations avec la France, dissensions avec le Rassemblement démocratique africain (Rda), Loi cadre, éclatement de la fédération du Mali…, son combat pour l’indépendance du Sénégal aura été riche en suspense, en coups de frein, reculades et tensions.
La souveraineté acquise en 1960, l’Académicien espérait pouvoir aussitôt se retirer de la vie politique et ‘’consacrer les quelques années qui (lui) reste à vivre’’ à la Culture. Il dut repasser. Car, ce qu’il présente, dans son récit audio, comme ‘’la tentative de coup d’État de Mamadou Dia’’, en 1962, viendra chambouler son agenda. Il lui fallait différer son départ. Restaurer l’autorité de l’État et trouver son successeur, avant de faire ses adieux aux Sénégalais. En 1970, il nomme un Premier ministre, Abdou Diouf, et lui balise le chemin, jusqu’à la magistrature suprême en 1980.
Diouf s’étant montré ‘’compétent’’ et ‘’ayant fait ses preuves’’, Léopold Senghor pouvait définitivement ranger sa panoplie de politique. Le temps était venu pour lui de se ‘’consacrer entièrement aux problèmes culturels’’. Notamment, la Négritude, la Francophonie et la Latinité. ‘’La Francophonie doit être intégrée dans la Latinité et avoir comme but lointain de contribuer à la civilisation de l’Universel’’, clamait-il.
Au lendemain des Jeux de la Francophonie de Nice, à quelques encablures du 14e sommet de l’Oif, l’année prochaine à Dakar, à l’heure où Abdou Diouf, son successeur à la tête du Sénégal, boucle son dernier mandat de secrétaire général de l’Organisation, SenePlus tient un bon prétexte pour retracer la vie de l’un des pères fondateurs de la communauté francophone. D’autant qu’on est à moins d’un mois du 107e anniversaire de la naissance de Senghor, qui est mort le 20 décembre 2001.