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6 avril 2025
Opinions
Par Moussa KAMARA
DESILLUSION POLITIQUE
A la vue de pontes de la Police nationale devant des micros et des caméras parler de forces spéciales et de manifestants casseurs, j’étais si sidéré que j‘en voulais terriblement à Sonko et tous ses souteneurs.
A la vue de pontes de la Police nationale devant des micros et des caméras parler de forces spéciales et de manifestants casseurs, j’étais si sidéré que j‘en voulais terriblement à Sonko et tous ses souteneurs. Mes enfants et leurs amis qui fréquentent la maison, tous des Patriotes convaincus et conséquents, ont tout fait pour me convaincre d’un complot d’Etat pour éliminer leur leader sans y parvenir.
Ils peuvent jubiler à juste titre aujourd’hui. Puisque c’est le Président himself qui nous sort de son chapeau une loi d’amnistie. Après toutes les accusations contre Sonko et son parti et auxquelles tant de militants et alliés avaient gobé, force est de reconnaitre que nous sommes tous gros jean comme devant.
C’est à croire que la fin de mandat rend le Président moins coriace, peu tenace, peu perspicace mais trop et très conciliant. Le jeu des alliances et la fidélité aux choix de mes dirigeants m’ont fourvoyé.
Au crépuscule de ma vie plus aucun politicien ne pourra plus m’embarquer dans des aventures toujours inachevées. J’ai rencontré et photographié les politiciens de mon époque qui mettaient en valeur leurs idées politiques et leur port vestimentaire. Quand j’en vois encore militer au Pastef, un parti créé par leurs fils ou petit-fils, mon ébahissement est encore pus grand. Quand des hommes qui ont plus que servi le système rejoignent le parti qui vouent ce même système aux gémonies, notre scepticisme n’en devient que plus qu’énorme.
Aujourd’hui que la parole n’est plus distribuée, chaque individu possédant un Smartphone peut se l’attribuer quand ça lui chante. Cela ajoute de la confusion à l’information qui est devenue plus difficile à décrypter. Avec un pays qui sort tous les matins plus de cinquante quotidiens on pourrait dire bravo si tous ces journaux respectaient les normes.
Ayant perdu toutes mes illusions avec la politique et l’information, je vais me limiter au balcon. La politique, j’en aima claque. Ce qui ne m’empêchera pas d’aller voter pour un candidat que je connais très bien depuis son entrée en politique.
Après quelques bisbilles avec moi dues à sa montée en puissance au Pds, il a fini par créer lui aussi son parti et participer déjà à trois présidentielles. Un véritable background d’homme d’Etat à qui je donnerai mon onction de votant dès que l’opportunité me sera donnée. Parce dans ce pays les chapelles idéologiques ne sont plus de mise.
L’agenda électoral républicain est chamboulé pour des raisons assez ubuesques. Des candidats recalés se disent spoliés et ils usent de beaucoup d’artifices pour qu’on repousse encore la date de la présidentielle. Sans succès. Le 24 prochain nous allons voter pour le candidat de notre choix malgré ce qu’en disent les oiseaux bleus de mauvais augure.
Par Félix NZALE
L’EDUCATION EN QUESTION
«Faire de l’éducation morale et civique une obligation dans le milieu scolaire». C’est un des engagements pris par Dr Cheikh Tidiane Dièye.
«Faire de l’éducation morale et civique une obligation dans le milieu scolaire». C’est un des engagements pris par Dr Cheikh Tidiane Dièye. Selon le candidat à la présidentielle, parler du pétrole, du gaz et du foncier est une bonne chose. Mais, il y a à ses yeux ceci de plus important et qui se trouve être le fondement de tout développement : la qualité des ressources intellectuelle, spirituelle et morale des hommes qui doivent porter ce développement.
Cheikh Tidiane Dièye préconise donc la réforme du système éducatif pour le mettre en adéquation avec la trajectoire que prendra nécessairement notre pays du fait précisément de la découverte et de l’exploitation future desdites ressources naturelles. Nous partageons le point de vue du candidat Dièye.
Notre système éducatif, depuis des lustres, prône la régression par la déresponsabilisation. Il nous faut nous réconcilier avec l’éthique de la citoyenneté, qui formule la responsabilité au temps que le droit individuel et collectif. Notre société court à sa perte parce que personne ne semble être responsable du désordre ambiant et continuel. Déroute à la base de notre système qui n’offre pas aux jeunes les moyens de relever les défis et les déficits de sens et de finalités.
Abstraction faite du savoir-faire, de l’efficacité et de la gestion technique, la philosophie, les questions du sens, voire la préoccupation métaphysique devraient être inscrites au cœur du processus éducatif. Parce qu’il va de soi que la qualité et l’avenir d’une société, d’une Nation, se mesurent à la façon dont celle-ci forme ses enfants : à être qui ? à penser comment ? à agir pourquoi ?
En définitive, ce que propose Dr Cheikh Tidiane Dièye, c’est d’offrir aux apprenants un accès au développement d’une pensée critique. Il souhaite qu’ils puissent s’armer efficacement afin de s’engager dans la résistance citoyenne pour le bien du «Sénégal à venir», selon l’expression du candidat Mame Boye Diao.
Propos de campagne ou réelle volonté de changer les choses ? Qui vivra, verra.
Par Ibou FALL
SA MODESTIE HABIB SY, LE P’TIT MAÇON DÉMOLISSEUR DE PASTEF
Du bas de ses 67 ans, il doit tout à son président, l’inégalable Sonko. Il doit lui manquer ce troisième œil que le Pros, seul, détient, et qu’il prête pour cas de force majeure au seul homme digne de confiance des alentours, Bassirou Diomaye Faye
Le bon sens populaire, à qui on ne la fait pas, a cette logique imparable : «Lorsqu’on est assis par terre, on ne peut plus tomber.»
Pour démarrer sa campagne pour la présidentielle de 2024, devenu à son corps défendant le « doyen » des opposants radicaux, de surcroît président de la Conférence des leaders de Yewwi askan wi, Yaw pour les initiés, en remplacement de Khalifa Sall devenu indésirable pour haute trahison, le candidat malgré lui Habib Sy préfère choisir la modestie
Que dis-je, l’humilité…
Devant Dieu et les hommes, et surtout l’électorat de Yaw, l’humble Habib Sy se fait tout petit et met un point d’honneur à ramper pour remercier le Pros (Président Ousmane Sonko), comprenez l’embastillé président (putatif) de la République Ousmane Sonko, sans lequel, reconnaît-il, rien ne serait ce qui est. C’est à la générosité du martyr du régime de Macky Sall qu’il doit le parrainage des députés de Yaw, donc sa candidature à la présidentielle de 2024.
Pour rassurer la foule en liesse qui ne comprend qu’une équation «Diomaye, c’est Sonko», il s’aplatit. Lui, il n’est là que pour tenir au chaud le fauteuil présidentiel, si l’électorat commettait l’erreur pardonnable de l’élire président de la République à la place du brillantissime Bassirou Diomaye Faye ou de Sa Grandeur Sérénissime Ousmane Sonko.
Lui, modeste «maçon» déserteur de la construction républicaine, si l’honneur lui en est fait par l’électorat de Pastef et autres affidés, il se charge de démolir l’édifice de ce système pourri qu’il connaît mieux que tout le monde, pour en avoir arpenté les couloirs, de la base au sommet, du ghetto au Palais. Mais sa science s’en arrête là. Sans doute qu’il doit lui manquer ce troisième œil que le Pros, seul, détient, et qu’il prête pour cas de force majeure au seul homme digne de confiance des alentours, Bassirou Diomaye Faye.
Eux, selon Sa Modestie Habib Sy, seront les architectes du Sénégal du futur, que le peuple appelle de tous ses vœux, qu’ils ont tenté de construire en dépit de l’incompréhension nationale.
Et l’adversité.
Par exemple, lorsque le sublime Pros, dans un grand moment de solitude, confondant une clinique bon chic, bon genre avec un p’tit salon de plaisance, Sweet Beauté, se fait compromettre par la vulgaire et anonyme fille de personne et de rien, manipulée par des forces tapies dans l’ombre depuis le Palais, le doute n’est pas permis : le complot vient de haut. Suivez notre regard…
Bien entendu, lorsque le pays prend feu et qu’une soixantaine "d’insignifiants Sénégalais" y passe de vie à trépas, rien de grave. La consigne : quand tu meurs, ta mère se fera le devoir de pondre un autre enfant dans les mois qui suivent…
Après tout, les spermatozoïdes ne doivent pas se perdre dans la nature.
Bref, Sa Modestie Habib Sy ne doute pas : du bas de ses soixante-sept ennuyeuses années sur terre, il doit tout à son président, l’inégalable Ousmane Sonko, et même plus, sans doute, hormis la vie. Sa reconnaissance est donc sans borne à l’endroit de celui qui l’élève à de si hautes sphères politiques. Il ne mérite pas tant d’honneur, mais le Pros, dans son infinie grandeur, le gratifie de ses sublimes largesses.
On rembobine ?
Né vers 1957 à Bignona, le sinistre inconnu Habib Sy est le neveu d’un membre fondateur du PDS, un certain Alboury Seck. Il est encore en culottes courtes, en 1974, année de la création du PDS et de la naissance de Ousmane Sonko le Magnifique, lorsqu’il y adhère. Il est alors insignifiant élève de première, à un soupir du baccalauréat. Bachelier en 1976, quelconque étudiant en Droit, il est dans les valises de Maître Wade, l’un des premiers opposants candidats à une Présidentielle en 1978…
Pour dire les choses simplement, l’insignifiant Habib Sy goûte à la politique en culottes courtes, que dis-je : il tète au wadisme presque en layettes. Sans doute que le tonton l’y aura encouragé… Après sa Maîtrise en Droit, malgré moult péripéties, en 1981, alors que le sublime Ousmane Sonko fait ses premiers pas dans le primaire, l’insignifiant Habib Sy entre à l’Ecole nationale d’administration et de magistrature dont il ressort officiellement muni du parchemin de commissaire aux enquêtes économiques. Fonctionnaire sans aspérités, il bourlingue, bon an, mal an, à l’ombre de son idole d’alors, le Pape du Sopi, Me Abdoulaye Wade. Ils vivent ensemble les retournements du destin : ses galères, ses lendemains incertains, la gloire éphémère des foules enthousiastes mais oublieuses. Ça le connaît, la solitude des geôles, les compagnons qui quittent le navire pendant le naufrage…
Arrive le temps des éclaircies.
Il est le directeur de Cabinet du ministre d’Etat Abdoulaye Wade sous le régime Diouf. Puis, quand survient l’alternance en 2000, certes, ça prend du temps, mais il monte en grade, après la disgrâce du p’tit tyran de Thiès en 2004
Comme beaucoup des vieux compagnons de route du nouveau maître du pays d’alors, Idrissa Seck ne devait pas trop l’aimer…
Il n’empêche, il deviendra le premier magistrat de Linguère douze années de suite, que déboulonnera Aly Ngouille Ndiaye. Qu’à cela ne tienne : il sera également ministre de la Fonction publique, puis passera ministre d’Etat, en charge des Transports terrestres et aériens, auquel, euh, Karim Wade succèdera.
En lot de consolation, il retourne auprès de son ancien mentor, le Président Wade, dont il redevient le Dircab
Habib Sy est un enfant d'Abdoulaye Wade. Il en a presque tout, depuis les espiègleries jusqu’aux intonations. Lorsqu’il claque la porte du PDS pour créer son parti en 2018, le Parti de l’espoir et de la modernité, Pem/Yaakaar’U Reew Mi, c’est aussi un geste wadien… Sauf qu’avec l’âge, il a dû l’oublier. La vieillesse est un naufrage, philosophe-t-on dans les cercles dépités…
par Ange Constantin Mancabou
MENACES, RISQUES ET ÉVENTUELLES IMPLICATIONS D’UNE NOUVELLE MONNAIE
EXCLUSIF SENEPLUS - Le Sénégal ne devrait pas se révéler être une petite particule monétaire ballotée au gré des crises financières et autres menaces économiques et géopolitiques. Une économie forte est un bon matelas pour une monnaie crédible
La monnaie est évoquée ici en français facile et en termes pratiques.
« Les promesses électorales sont déraisonnablement faites pour raisonnablement ne pas être respectées », cette expression de Pierre Georges, chroniqueur du quotidien français Le Monde me parait d’une acuité toujours renouvelée au fil du temps. L’ouverture de la campagne électorale pour la présidentielle du 24 mars 2024 nous offre l’occasion de relever les pépites et perles de programmes des candidats aux suffrages des Sénégalais. Les propositions d’actions se cognent et se bousculent dans les programmes. Il est opportun d’éviter qu’elles ressemblent à de fausses pierres précieuses, ou des fake news perturbants pour mieux enrober le produit.
Si certaines des promesses déclinées depuis l’ouverture de la campagne électorale semblent réalistes et sont au plus accompagnées d’une estimation sommaire aux chiffres arrondis pour la beauté de l’affichage, d’autres semblent faites, juste pour leur capacité à faire le buzz et/ou à faire rêver l’électeur (d’un changement de sa condition). Les urgences du Sénégal sont brulantes, avec une population majoritairement jeune (plus de 75%), exigeant des réponses immédiates à ses préoccupations. Il est donc opportun d’éviter que le Sénégal ne se retrouve au lendemain du 24 mars 2024, avec à sa tête un président-stagiaire accompagné d’un gouvernement de ministres-stagiaires.
Deureumou Sénégal, le scénario de monnaie-fiction !
Les promesses de changement ne produisent pas toujours de bons fruits, surtout si les réformes envisagées n’ont pas été étudiées, préparées et menées à bien. C’est la raison pour laquelle certaines promesses (ou propositions) ne résistent pas à l’analyse factuelle, scientifique et réelle. Il en est ainsi de l’annonce de la coalition Diomaye Président de créer une nouvelle monnaie (en sortant du FCFA). J’ai beaucoup de respect pour le parcours de mon collègue Diomaye. Cependant, il est opportun d’apprécier l’offre programmatique qu’il a faite suivant une grille de lecture mettant en avant les arguments, dans le cadre d’un débat d’idées afin de relever certaines considérations.
Pour les besoins de cette analyse, nous proposons d’appeler cette nouvelle monnaie annoncée : « Deureumou Sénégal », en attendant le baptême de cette monnaie future par ses initiateurs. « Deureume » est la pièce de monnaie jaune de 5 FCFA, symbolique de l’unité de compte de notre monnaie. Le poids d’une monnaie repose sur l’envergure et la consistance de l’économie qui la porte. Quelle est notamment l’envergure des réserves d’or (et de devises) auxquelles cette monnaie est adossée ?
Ce qui se conçoit bien, se monnaie clairement et les mots pour le dire arrivent aisément
Lorsqu’une économie est résiliente, diversifiée et exporte plus qu’elle n’importe, elle a plus de chance que sa monnaie ne soit pas chahutée au gré des circonstances et des crises diverses. Quelle situation a-t-on au Sénégal ? Un pays qui importe plus qu’il n’exporte. « La balance commerciale du Sénégal est déficitaire », cette phrase apprise dans les leçons à l’école primaire par beaucoup de générations d’écoliers au Sénégal dans les années 1970-1980 est encore d’une accablante actualité de nos jours.
En français facile, cela veut dire tout simplement qu’aujourd’hui, si le Sénégal avait sa propre monnaie, (après avoir exporté son arachide, ses produits halieutiques et autres bien exportés, il n’aurait pas récolté assez de devises (dollar et euro) pour acheter les denrées de consommation et biens d’investissement utilisés dans notre économie. En d’autres termes, sans les filets de sécurité monétaires de la BCEAO, on n’allait connaitre des pénuries de produits importés (ou restrictions) sur le marché (riz, sucre…), faute de devises. Si nous ne connaissons pas cette situation, c’est à la faveur du panier de devises (centralisation et mise en commun de toutes les devises de la zone UMOA) gérées par la BCEAO qui permet aux pays déficitaires de l’Union de s’approvisionner presque sans limitation en fonction des besoins des uns et des autres membres de l’UMOA. En clair, nous importons certainement en puisant sur les excédents de la Côte d’Ivoire (qui a une balance commerciale excédentaire du fait de la diversité de son économie qui exporte du café, du cacao et autres produits agroforestiers et matières premières).
L’Etat forme à des métiers pour servir la République et le peuple à travers l’Administration, c’est la raison pour laquelle des écoles de formations spécifiques existent dans divers domaines de compétences, le Centre de Formation Judiciaire (CFJ) pour les magistrats et greffiers, l’ENA (pour diplomates, inspecteurs et contrôleurs Impôts, Trésor, Douanes, Travail…), l’Ecole Nationale des Officiers d’Active (ENOA) et autres écoles de formation de la Gendarmerie de la Police (pour les Forces de Défenses et de Sécurité), les Facultés de Médicine et Pharmacie pour ces professions médicales... On peut poursuivre les exemples de cette nature pour bien d’autres professions au service des populations.
Toutefois, en matière monétaire, l’Etat du Sénégal a pris l’option historique de déléguer sa souveraineté monétaire à la BCEAO. Il est donc inutile de préciser que dans ce contexte, l’Etat n’a pas d’école de formation de praticiens de la monnaie. Nos meilleurs spécialistes en la matière sont (ou ont été en service) à la Banque Centrale. Lorsque l’Etat a besoin de l’expertise de ces spécialistes, il demande à la BCEAO de les mettre à sa disposition notamment à travers leur détachement dans l’Administration. C’est ainsi que nous avons de grands noms de hauts fonctionnaires issus des ces rangs qui ont occupé de hautes fonctions gouvernementales.
Je pense qu’il n’est pas imaginable d’envisager une réforme fiscale dans ce pays sans l’implication des praticiens de la fiscalité en service dans l’Administration fiscale. Il en est de même pour les réformes majeures pour tous les grands corps de l’Etat que nous avons cité plus haut. Comment peut-on alors envisager d’annoncer une telle perspective monétaire, sans les nombreuses études et concertations préalables qu’exigent les grandes réformes de cette envergure. Un de nos enseignant à l’ENA disait souvent, « quand vous serez dans vos bureaux et que vous devrez prendre une décision, pensez toujours à ses conséquences sur le paysan dans son village ».
Quelle politique d’intégration propose la Coalition Diomaye Président ?
Ne prenez pas mal que je me permette respectueusement quelques interrogations à la coalition Diomaye Président.
Est-ce que ces experts sénégalais ont été consultés (ne serait-ce que pour avis sur les préalables et les impacts d’une telle annonce et /ou décision) ?
Cette décision (annonce) a-t-elle été faite sur la base d’études techniques, scientifique ?
Quel est la feuille de route pour l’entrée en vigueur de cette nouvelle monnaie ?
Est-ce que l’impact de cette décision sur la monnaie a été bien apprécié ?
Est-ce que ses impacts sur la vie quotidienne du sénégalais ont été étudiés ?
Quelles (ou seraient) les mesures de mitigation de ces impacts ?
Est-ce que ce saut (dans le vide et l’inconnu monétaire) en vaut la chandelle ?
A-t-on remarqué que les dirigeants des Etats de l’Alliance des Etats du Sahel (AES) ont annoncé leur retrait de la CEDEAO, mais pas de l’UMOA et de l’UEMOA (sujet très délicat) ?
Quelle est la politique d’intégration globale que compte mettre en œuvre la Coalition Diomaye Président ?
Quitter l’UEMOA une des organisations régionales les plus en vue sur le continent africain à l’heure où l’on parle de ZLECAF au sein de l’Union Africaine répond à quelle logique économique, politique, d’intégration (au moment où des pays mieux nantis que nous cherchent à intégrer la zone euro) ?
Est-ce une annonce pour l’affichage ?
Dans les pays ayant une monnaie fluctuante, une déclaration peut avoir des impacts importants sur le cours de la monnaie et entrainer des phénomènes d’anticipation par les acteurs économiques. C’est la raison pour laquelle, il ne faudrait surtout pas s’étonner qu’il y ait une fuite massive de capitaux si le candidat de la coalition Diomaye Président se retrouve en ballotage favorable entre le 24 mars 2024 et l’annonce de résultats définitifs, juste à cause de telles perspectives. La dévaluation monétaire fait fondre le pouvoir d’achat. Nous avons encore en tête les affres de la dévaluation du FCFA en 1994. Partir de ce FCFA dévalué pour une plongée en apnée dans le Deureumou Sénégal ne semble pas rassurant, en l’état actuel de la situation. Le Mali avait fait l’expérience de l’abandon du FCFA avant de réintégrer l’Union. Nul doute qu’il ne serait pas revenu si cette sortie était réussie.
Nul n’est prophète chez soi, dit-on, il ne saurait en être autrement du FCFA. Il faut se rendre aux frontières de l’Union notamment avec le Nigéria, pour se rendre compte que notre FCFA tant décriée par certains est en fait une valeur refuge de ressortissants de ce grand pays ouest africain.
Des pertes d’emplois dès l’entrée en vigueur du « Deureumou Sénégal »
Sans besoin d’être un spécialiste en la manière, une analyse rationnelle permet de voir certains impacts d’une entrée en vigueur du « Deureumou Sénégal ». Notre pays, deuxième économie d’envergure de l’UMOA a l’insigne honneur d’abriter le siège de la BCEAO. Ce siège serait immédiatement déplacé vers un autre pays membres et tous les travailleurs sénégalais de cette institution se retrouveraient au chômage (en attendant une éventuelle intégration à une probable nouvelle « Banque Centrale du Sénégal » pour laquelle il faut dégager des moyens pour lui trouver des locaux, recruter du personnel, en faire de même pour les instances qui accompagnent une banque centrale telle que celle chargée de la définition de la politique monétaire (Comité de Politique monétaire), la Commission bancaire pour le contrôle et la supervision des banques…
Des emplois perdus en perspective aussi bien pour les Sénégalais employés à la Banque Centrale qu’à la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD), la Commission de l’UEMOA et toutes les autres institutions et instances sous régionales traitant de ces questions. Le Sénégal quitterait certainement l’UMOA et l’UEMOA dont la présidence de la Commission est assurée par un Sénégalais (le président Abdoulaye Diop, ancien ministre délégué au Budget).
Ces bâtiments abritant le siège et les annexes de la BCEAO sont des propriétés de la banque centrale et le resteront puisque nous sommes un pays de droit et que la constitution garantie le droit de propriété en son article 15, sans évoquer les conventions et traités accordant privilèges et immunités à cette institution sous régionale.
Est-il raisonnable de perdre le siège de la BCEAO au moment où prennent forme les textes fondateurs de la future Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et que les discussions portent sur le pays devant abriter le futur siège de cette institution ? Les pays de l’UEMOA constituent déjà un seul bloc bien intégré à arrimer au reste de la CEDEAO, le moment venu. Cette nouvelle Union monétaire devrait à terme intégrer notamment les économies du Nigéria et du Ghana. Ce vaste ensemble d’environ 300 millions de consommateurs ouvre des perspectives économiques réconfortantes.
L’enjeu pour le Sénégal devrait être d’user de sa diplomatie économique et financière pour abriter le siège de cette future banque centrale (au lieu de créer une nouvelle monnaie et de fermer les portes de la BCEAO). Imaginez le nombre d’emplois potentiels au Sénégal (dans diverses spécialités) qui devraient être créés si tel est le cas. Le dynamisme économique lié à la consommation des agents souvent bien rémunérés de ce type d’institution (immobilier, billets d’avion…). Air Côte d’Ivoire et la capitale ivoirienne qui abrite le siège de la Banque Africaine de Développement apprécient à sa juste valeur le dynamisme économique additionnel d’une telle situation.
Actuellement, l’heure est à la création de grands ensembles économiques à travers le monde, le Sénégal ne devrait pas se révéler être une petite particule monétaire ballotée au gré des crises financières et autres menaces économiques et géopolitiques caractéristiques d’un monde globalisé.
En même temps que les portes de la Banque centrale se fermeront, la nouvelle Banque centrale future émettrice du Deumeurou Sénégal devrait trouver ou s’inventer d’autres outils de travail (logiciel et autres procédures dans un monde ou la cybersécurité est un enjeu de plus en plus important). Elle devrait trouver dans un pays développé une entreprise spécialisée dans la production de billets de banque Deureumou Sénégal sécurisés. Il faut dire que la création d’une unité d’impression au Sénégal, juste pour l’émission du Deureumou Sénégal serait très couteuses et non rentable. Je fais abstraction de la batterie de textes législatifs et règlementaires que nécessite une telle réforme, en substitution des textes en vigueur que des centaines d’experts de toutes les nationalités de l’Union ont mis des années à mettre en place.
Ce nouvel Institut d’émission imposerait les répercussions de ces changements à toute la place financière de Dakar. La presque totalité des établissements financiers et des banques qui pour une bonne partie avaient choisi Dakar du fait de son arrimage à la zone (et au marché de) l’UMOA devra alors revoir ses politiques et stratégies opérationnelles. Il faut envisager alors des relocalisations de banques et autres établissements de crédits. La stabilité et la prévisibilité de la politique monétaire et financière sont très importantes dans les décisions d’investissement. Le Sénégal peut-il supporter longtemps une hémorragie financière, d’investissement et d’emplois dans le secteur financier à cause d’une décision insuffisamment évaluée, ou appréciée juste à sa valeur ajoutée politique. Je fais abstraction des impacts d’une telle réforme sur bien d’autres secteurs économiques.
Nous sommes dans une Union monétaire de 8 économies ouest africaines disposant d’une monnaie convertible avec l’euro (1 euro = 655 FCFA). Si le Sénégal quitte cette union monétaire, abandonne le FCFA, réclame sa part de réserves pour bâtir sa nouvelle monnaie qu’on a dénommée Deureumou Sénégal, des choix stratégiques et structurants de régime de change (fixe, flotant, arrimage ou non à une (ou panier de) devise…) seront à faire, toutes choses qui vont contribuer à la détermination de sa valeur. Si nous quittons un ensemble dont le poids se traduit en ces termes : 1 euro = 655 FCFA, il est fort à parier que nous risquons de nous retrouver dans une équation sensiblement semblable à celle-ci : 1 euro = 6.550 Deureumou SN, avec une valeur divisée peut-être par 10. Imaginez alors ce que deviendrait le profil de notre dette extérieure largement libellée en euro et en dollar US. Elle serait alors certainement multipliée plus ou moins par 10 (juste pour donner un ordre de grandeur).
Pardi ! Où trouver des devises pour continuer à assurer le service de la dette, approvisionner le marché sénégalais en denrées de première nécessité... sans richesses additionnelles. Le pétrole et le gaz ? N’y pensez même pas, les recettes attendues doivent servir d’abord à rembourser la dette contractée pour développer ces projets. Un endettement représentant environ 70% du PIB avait déjà attisé des débats épiques notamment à l’Assemblée nationale, je me demande à quel type d’échanges on assisterait avec un taux d’endettement dépassant largement les 100% du PIB, juste à cause d’une décision monétaire pour des justifications liées à notre souveraineté. Notre souveraineté monétaire, nous l’avons juste déléguée à la BCEAO et le Sénégal l’exerce pleinement à travers ses représentants dans les instances de décision de l’Institut d’émission. Ne dit-on pas que l’Union fait la force ? Quittons ce cauchemar de monnaie-fiction pour retrouver notre réalité économique. La monnaie ne produit pas automatiquement le développement économique espéré, mais par contre, une économie forte, diversifiée et résiliente est un bon matelas à ressort pour une monnaie crédible.
Lorsqu’on estime qu’on habite une maison qui a besoin de rénovation, on n’est pas obligée de la raser d’abord pour ensuite aller chercher le financement nécessaire pour bâtir une nouvelle maison. Ce serait dommage de s’appliquer la politique de la terre brulée au moment où les urgences sont nombreuses.
Sous réserves de la disponibilité d’une série d’études (notamment d’impact) et d’analyses scientifiques sur les bénéfices de la création d’une nouvelle monnaie pour le Sénégal, devant faire l’objet d’échanges avec les spécialistes attitrés, il n’est pas souhaitable d’ouvrir la boite de pandore monétaire. Le Deureumou Sénégal ne devrait pas être le cimetière du pouvoir d’achat des Sénégalais qui porteraient alors le deuil de leur bien-être.
La presse rapporte que cette réforme d’envergure envisagée par la coalition Diomaye Président est déclinée dans un programme dénommé « Le projet d’un Sénégal juste et prospère ». Toutefois, ce projet de réforme monétaire se révèle injuste (parce que privant le pays d’atouts économiques, financiers et historiques acquis dans l’Union monétaire) et risquerait de compromettre le rêve d’un Sénégal prospère (sauf si la prospérité visée est celle de PROS, père véritable du projet).
Ange Constantin Mancabou est Inspecteur des Impôts et des Domaines.
IDRISSA SECK : QUATRE POUR DEUX MILLE VINGT...QUATRE
En tant qu’ancien Premier ministre et ancien maire de Thiès, il a démontré sa capacité à diriger et à gouverner avec intégrité et détermination. Son leadership exemplaire et sa gestion efficace des affaires publiques font de lui un candidat qualifié
Il ne manquera pas de se mettre en quatre pour notre pays !
Sur la scène politique sénégalaise, par ses prises de parole attendues comme par ses cures de silence assourdissantes, une figure se démarque. Engagement, vision et dévouement au service du pays : c’est Idrissa Seck. Il a déjà atteint la plus haute marche avant le pouvoir présidentiel : celle de Premier ministre, et ce depuis belle lurette, position à laquelle il avait frappé les Sénégalais par sa maestria et son pouvoir de mobilisation des forces vives de la nation. A la tête du parti Rewmi, Idrissa Seck a aussi fini d’incarner l’espoir d’un Sénégal prospère, inclusif et dynamique, dans une attitude constamment sereine, responsable et qui nourrit les espérances nationales. Dans cette tribune, j’ai souhaité partager avec mes compatriotes que vous êtes, les qualités et les idées qui font de lui le candidat incontournable, en cette candidature 4 pour 2024, après ses trois tentatives de 2007, 2012 et 2019, qui l’ont progressivement hissé à la place de chef de l’opposition. Oui, voici pourquoi les Sénégalais que nous sommes, – et je pense que vous serez nombreux à me le concéder et à y adhérer positivement, – devraient lui accorder leur confiance et leur vote majoritaire lors de cette élection du 24 mars prochain, de cet an de grâce 2024 :
Vision solide et confirmée pour un Sénégal prospère
Idrissa Seck est un homme d’État doté d’une vision claire pour l’avenir du Sénégal. Sa vision repose sur la création d’une économie robuste et diversifiée, la promotion de l’éducation et de la santé, ainsi que le renforcement des institutions démocratiques. Il s’engage à lutter contre la pauvreté, à créer des opportunités d’emploi pour les jeunes et à promouvoir l’entrepreneuriat pour stimuler la croissance économique.
Expérience et compétence
Fort d’une carrière politique remarquable, Idrissa Seck apporte une expérience précieuse à la table. En tant qu’ancien Premier ministre et ancien maire de Thiès, il a démontré sa capacité à diriger et à gouverner avec intégrité et détermination. Son leadership exemplaire et sa gestion efficace des affaires publiques font de lui un candidat qualifié pour relever les défis auxquels le Sénégal est confronté.
Promotion de la jeunesse et de l’éducation
Idrissa Seck accorde une importance particulière à la jeunesse et à l’éducation. Il s’engage à investir dans l’éducation de qualité pour tous, à améliorer l’accès à l’enseignement supérieur et à offrir des opportunités de formation et d’emploi aux jeunes. Il croit fermement que l’éducation est la clé du développement durable et de l’autonomisation des individus.
Justice sociale et inclusivité
Idrissa Seck est un fervent défenseur de la justice sociale et de l’inclusivité. Il s’engage à promouvoir les droits de l’homme, à lutter contre les inégalités et à garantir l’accès équitable aux services de base pour tous les citoyens sénégalais. Il croit en une société où chacun a la possibilité de réaliser son plein potentiel, indépendamment de son origine sociale, ethnique ou économique.
Pour conclure, sans terminer
Idrissa Seck incarne le renouveau et l’espoir pour le Sénégal. Avec sa vision audacieuse, son expérience éprouvée et son engagement envers le bien-être de ses concitoyens, il représente le candidat idéal pour conduire le pays vers un avenir meilleur. En lui accordant leur confiance et leur vote, les Sénégalais peuvent s’attendre à un leadership fort, une gouvernance transparente et une croissance inclusive pour tous. Je l’affirme et nous avons tous hâte d’être au 24 mars, inch’Allah, pour en faire la réalité concrète d’Idrissa Seck Président de la République du Sénégal, lorsque nous nous réveillerons le lundi 25 mars 2024.
« Candidature quatre : pour gagner en deux mille vingt-quatre « . C’est écrit : avec Idrissa Seck et sa Coalition Idy 2024, donnons-nous collectivement la chance de réenchanter le récit national sénégalais. Tous aux urnes, dans moins de deux semaines, pour matérialiser cet alignement prometteur des astres ! Quatre pour deux mille vingt…quatre. Je le réaffirme ici : Idrissa Seck ne manquera pas de se mettre en quatre pour notre pays !
Haymoute Sow est Full Stack Web Developper en France et "fervent" sympathisant du parti Rewmi.
par Amadou Tidiane Wone
LA VÉRITÉ DU TEMPS QUI PASSE
Dans les chaumières, il se murmure : que nous réservent les politiciens professionnels ? Ceux qui ne conçoivent pas la vie sans l’exercice du pouvoir et la jouissance de ses attributs ? Que vont-ils encore inventer pour prolonger le supplice ?
Toutes les vanités sont vaincues, un jour ou l’autre, par le temps qui passe : notre jeunesse et ses attributs : force, vigueur et prestance, mémoire et santé, déclinent inexorablement… « À l’insu de notre plein gré » disait l’humoriste Coluche.
Il en est ainsi du pouvoir et de toutes les formes de possessions ! Il en est ainsi de tout ce qui a un début et qui a une fin. Cette réflexion me survient à l’observation attentive de la fin… qui n’en finit pas du second et dernier mandat du président Macky Sall ! En ce 12 mars 2024, nous aurions déjà dû connaître le nom de son remplaçant ! Mais des manœuvres inattendues, imprévisibles et déroutantes, nous tiennent encore en haleine, en dépit du simple bon sens… Sachant que l’échéance du 02 avril est inéluctable, les tenants actuels du régime auraient dû avoir à cœur de respecter, scrupuleusement, la Constitution de la République ainsi que les institutions chargées de veiller sur son intégrité. La Constitution est conçue pour être le ciment de la nation. Elle est le socle qui devrait garantir son éternité. Hélas, depuis que des spécialistes se sont reconvertis en « tailleurs » pour ajuster, au gré de leurs intérêts partisans, ce qui était sensé rester le sanctuaire de nos droits, devoirs et libertés, on ne sait plus où l’on va mais on y va à grands pas !
A force de gymnastiques théoriques, inspirées par un juridisme tropical abscons, d’éminents professeurs se font remonter les bretelles par leurs anciens étudiants. Grandeur et décadence !
Le débat public est pollué par des exercices académiques qui volent au dessus de nos têtes. Certes. Mais le bon sens est… commun ! Il n’est pas prisonnier des amphithéâtres. Il circule dans les marchés et les Grand-Place ! Il envahit les réseaux de toutes natures et se répand en torrents de paroles colériques plus ou moins inspirées.
Nul ne peut tromper tout le peuple tout le temps !
Pour tout dire, le bon sens du peuple s’attend au pire ! Et dans les chaumières Il se murmure :
Que nous réservent les politiciens professionnels ? Ceux qui ne conçoivent pas la vie sans l’exercice du pouvoir et la jouissance de ses attributs ?
Que vont-ils encore inventer pour prolonger le supplice antidémocratique ?
Est-ce si compliqué de redonner la parole au peuple souverain qui vous a confié, il y a douze ans, les rênes de son destin ?
Il serait temps de revenir à la Raison ! Et de retrouver le port altier sans lequel les habits du pouvoir risquent de se révéler trop grands. Au point de nécessiter de faire appel, encore( !) à un tailleur…
La campagne électorale a commencé. En plein carême. Au début du Ramadan. Nous devrions voter en pleine période de privations physiques dans la sainte espérance d’une purification spirituelle et morale. Le bon sens voudrait qu’en ces périodes de Grâces les cœurs se purifient. Que le repentir et le Pardon soient les boussoles de nos vies. Que notre pays panse ses plaies béantes. Que la réconciliation des cœurs soit nourrie par des esprits clairvoyants et bienfaisants. A défaut, le temps qui passe va faire un sort à nos vanités, mais aussi à toutes les lâchetés complices qui se taisent face à toutes les injustices commises. Au vu et au su de tous.
Il est des silences coupables ! Si parler veut encore dire quelque chose…
Qu’Allah protège notre pays et sa jeunesse qui est son seul Avenir !
Ramadan Kareem et bon mois de Carême !
Par Félix NZALE
ÇA PRESSE DE PARTOUT !
Les Unes quotidiennes donnent à voir le parti-pris. L’on est pour tel candidat : l’on encense et l’on hypertrophie. L’on est contre tel autre : l’on voue aux gémonies et l’on s’investit dans l’atrophie. En l’occurrence la presse fonctionne au manichéisme
Les candidats à la présidentielle ne sont pas les seuls à battre campagne, chacun pour s’assurer la victoire au soir du 24 Mars. La presse aussi. Pas qu’elle soit alignée pour la course à la magistrature suprême, bien évidemment. Mais plusieurs organes sont dans le soutien sans réserve de certains candidats.
Les Unes quotidiennes donnent clairement à voir le parti-pris. L’on est pour tel candidat : l’on encense et l’on hypertrophie. L’on est contre tel autre : l’on voue aux gémonies et l’on s’investit dans l’atrophie. En l’occurrence la presse - en général - fonctionne au manichéisme.
Le meeting du candidat de la coalition encore au pouvoir (Benno Bokk Yakaar) à Mbacké est assez illustratif de ce point de vue. D’un côté, on nous dit qu’Amadou Bâ a provoqué un «ras de marée humaine» avec une «mobilisation exceptionnelle». De l’autre, l’on soutient qu’il a eu droit à un public clairsemé et quasi confidentiel.
En réalité, tout se passe comme si nous avions des journalistes-reporters qui ont assisté à deux meetings différents, tenus dans deux endroits distincts par le même candidat au don d’ubiquité certain. Un vrai bazar médiatique qui fait dire à plus d’un que la presse est devenue un théâtre où se joue quotidiennement une comédie de mauvais goût. Il n’est alors pas étonnant que beaucoup s’en détournent au profit du colportage et des rumeurs sur les réseaux sociaux. Parce qu’ici au moins c’est plus drôle.
Les médias ont vocation à assurer la vigilance sur les choix fondamentaux masqués derrière les luttes des politiques. Par conséquent à structurer leur espace de manière à rendre possible le débat sur des questions essentielles. Puisqu’au bout du compte, c’est notre démocratie qui est en jeu. Or, cette dernière ne peut exister sans citoyens bien informés et responsables.
Au lieu donc d’être des pantins et des vassaux des politiciens, de mentir sans retenue et de pervertir sans répit les faits, nous gagnerions à nous réincorporer nos propres critères de légitimité. Pour être légitimes aux yeux des autres.
par Ndiaga Gueye
UNE CARTE ÉLECTORALE EN QUESTION
Au moins 826 bureaux de vote fictifs, 1856 non localisables et 1998 abris provisoires. Ces chiffres alarmants pourraient impacter jusqu'à 2 359 587 électeurs, soit près d'un tiers de l'électorat
«En tant que découpeur de carte électorale, je peux avoir plus d’impact sur une élection que la campagne électorale… plus d’impact qu’un candidat. Quand, en tant que découpeur de carte électorale, j’ai plus d’impact sur une élection que les électeurs… le système est détraqué. » David Winston, consultant politique américain.
Le redécoupage de la carte électorale, selon les objectifs et la méthodologie utilisée, peut affecter d’une manière significative la participation et l’égalité, et in fine le résultat final d’une élection. Autrement dit, le redécoupage électoral peut être réalisé pour favoriser l’expression d’un résultat en façonnant le nombre de lieu de vote (LV) ou centre de vote et de bureaux de vote (BV) de chaque commune ainsi que leur périmètre et localisation dans une élection à une circonscription unique telle que l’élection présidentielle. Un redécoupage électoral réalisé selon des objectifs politiques partisans est qualifié de « Gerrymandering » ou « Charcutage électoral ».
Il est donc crucial, en perspective de la présidentielle de 2024, de s’assurer que le redécoupage de la carte électorale a été effectué de manière transparente en respectant des principes d’équité mais surtout du cadre légal.
Dans cette perspective, l’objectif de cette étude est d’une part identifier les éventuelles biais et distorsions de la carte électorale de l’élection présidentielle du 24 mars 2024, et d’autre part, évaluer ses effets sur le résultat final. Enfin, elle vise à attirer l’attention de l’opinion publique sur cet enjeu crucial pour que les citoyens s’en emparent et se mobilisent pour contrôler la cohérence et l’objectivité de la carte électorale afin que les résultats du scrutin, soient le reflet de la volonté de la majorité des Sénégalais.
La carte électorale a ainsi été réalisée uniquement en fonction des projections des résultats de l’élection présidentielle de 2019 par la coalition politique au pouvoir pour la gagner au 1er tour. A cet effet, elle fut modélisée à partir des résultats issus des élections législatives de 2017. L’objectif de réélire son candidat pour un 2eme mandat présidentiel constituait ainsi le fondement majeur de son action dans le redécoupage de la carte électorale.
En définitive, le résultat de l’action du Ministre chargé des élections dans le processus de redécoupage a été la production d’une carte électorale d’au moins 701 bureaux de vote fictifs, 1837 non localisables et 2102 abris provisoires impactant au moins 2 262 462 électeurs. En outre, 3550 bureaux de vote de moins de 300 électeurs dont 364 de moins de 100, ont été créés. Cette carte électorale a eu un impact significatif sur les résultats de l’élection présidentielle de 2019.
Il est donc à conclure que la carte électorale pour l’élection présidentielle de 2024 n’a pas été publiée. Une violation de la loi électorale mais aussi un manque de transparence qui suscitent légitimement des interrogations sur un document dont le contenu a un impact capital sur l’issue de l’élection présidentielle du 24 mars 2024.
Il est à rappeler que l’article L.66 du code électoral qui encadre le redécoupage de la carte électorale donne une liberté totale au Ministre chargé des Élections de la réaliser selon ses propres critères et choix. En outre, il n’existe pas dans le Code Electoral de contraintes qui pourraient restreindre et limiter l’action du Ministre chargé des élections, si toutefois, il serait tenté par un « Gerrymandering ». Il est tenu tout au plus de recueillir l’avis consultatif des comités électoraux via les préfets, sous-préfets et les informer de ses décisions. Des avis qui ne le lie pas, ainsi, le Ministre chargé des Élections décide en toute discrétion de la carte électorale à réaliser.
En considérant tout ce qui précède, il est à s’interroger sur une éventuelle « gerrymandering » ou « charcutage électoral » de la carte électorale de l’élection présidentielle de 2024 par le Ministre chargé des élections afin de faire gagner le candidat de sa coalition politique au 1er tour.
Cette étude aborde, ainsi, la question de recherche suivante: « La carte électorale, initialement prévue pour l’élection présidentielle du 25 février 2024, désormais pour le 24 mars 2024, a-t-elle fait l’objet d’un «charcutage électoral» qui pourrait affecter l’intégrité du scrutin ? »
Méthodologie
Afin d’investir cette problématique, pour pouvoir répondre à notre question de recherche, la méthodologie mise en œuvre en examinant la carte électorale de la présidentielle de 2019, est adoptée. Toutefois, l’analyse des données collectées est effectuée en fonction des résultats des élections législatives du 31 juillet 2022 en vue de pouvoir sonder ses effets sur l’issue probable de l’élection présidentielle du 24 mars 2024.
Résultats
Inclusion des acteurs du redécoupage électoral
La réalisation de la carte électorale est encadrée par l’article L.66 du Code Electoral qui dispose: «Dans chaque commune, le nombre et la localisation des BV sont proposés au Ministre chargé des Élections par les préfets et les sous- préfets, compte tenu des circonstances locales et du nombre des électeurs, et après avoir recueilli l’avis consultatif du comité électoral.
Les demandes de suppression, de modification et de création de LV doivent être dûment motivées et recevoir le visa obligatoire de la C.E.N.A.
Le comité électoral est tenu informé du sort réservé aux propositions de modification de la carte électorale.»
Il ne ressort pas de l’analyse des données médiatiques collectées, des données probantes sur la consultation ou non des comités électoraux par le Ministre chargé des élections. Il n’en apparait pas non plus, de données qui permettent de confirmer ou d’infirmer que les modifications de la carte électorale ont été approuvées par la CENA.
Il appert donc de ce qui précède, que le processus de redécoupage qui a produit la carte électorale nationale et étrangère qui ont été transmis aux candidats en vue de l’élection présidentielle, initialement prévue le 25 février 2024, sont le résultat de la mise en œuvre du pouvoir discrétionnaire du Ministre chargé des Élections conféré par l’article L.66 du code électoral.
Analyse des données empiriques
La carte électorale nationale et étrangère de l’élection présidentielle de 2024, ont été collectés auprès de membres de coalitions politiques ayant des candidats et d’acteurs de la société civile impliqué dans le processus électoral. Aussi, même si les cartes électorales ne sont pas disponibles par une publication officielle du Gouvernement du Sénégal, il est à estimer qu’elles sont des copies des versions officielles.
Dans la forme, les documents sont difficilement exploitables car non seulement ce sont des fichiers en format «Pdf» de 783 pour la carte nationale et 69 pages pour celle étrangère, mais en outre, les cartes électorales communales des 46 départements sont présentées de manière désordonnés. Ainsi, de la page 1 à 14 sont présentées celles du département de Bakel dans la région de Tambacounda, tandis que celles du département de Tambacounda de la même région, se trouvent de la page 680 à 695.
Malgré que les cartes électorales, ne soient pas sous format «Excel» pour faciliter leur exploitation, le traitement nécessaire a été fait pour extraire les données et ainsi procéder à leur analyse. Nous avons dans un premier temps généré les statistiques sur le nombre d’électeurs, par communes, par départements et par régions, et dans un second temps, nous avons fait un examen approfondi afin d’identifier les biais et distorsions pour pouvoir évaluer leurs conséquences sur les résultats de la présidentielle 2024.
Par rapport aux élections législatives du 31 juillet 2022, il y a une augmentation du nombre d’électeurs de 335 428. Sur le territoire national, il y en a eu 306 095 et à l’étranger 29 333.
Le nombre total de bureau de vote (BV) de la carte électorale est de 16 440. Dans le territoire national, il y a 15 633 bureaux de vote et 807 à l’étranger.
Sur le territoire national, 8 régions sur 14 constituent 80% de l’électorat avec 5 930 293 électeurs: Dakar 26.01% (1,829,823 électeurs), Thiès 14.26% (1,003,310 électeurs), Diourbel 9.04% (635,793 électeurs), Saint Louis 8.01% (563,642 électeurs), Kaolack 6.60% (464,438 électeurs), Louga 6.55% (460,639 électeurs), Fatick 4.95% (348,525 électeurs), Matam 4.49% (315,863 électeurs) et Ziguinchor 4.38% (308,260 électeurs).
Tandis que 24 départements avec 5 646 312 électeurs décident du scrutin parmi lesquels les 11 suivants: Dakar, Thiès, Pikine, Mbacké, Mbour, Rufisque, Tivaouane, Kaolak, Keur Massar, Podor, Guédiawaye qui ont plus de 200 000 électeurs. DAKAR se distingue nettement avec plus de 700 000 électeurs.
A l’étranger, les pays qui ont le plus d’électeurs sont3 pays Européens, France 22,68% (76 502 électeurs), Italie 15,30% (51 617 électeurs), Espagne 11,75% (39 616). Ils sont suivis de 3pays africains: Mauritanie 7,88% (26 590), Cote D'Ivoire 5,98 (20 177 électeurs) et Gabon 4,74% (15 996 électeurs).
Biais et distorsions
L’article L.66 du code électoral préconise qu’on peut affecter jusqu’à 600 électeurs par BV et qu’on peut affecter au dernier BV d’un LV, 650 électeurs pour éviter de créer un nouveau LV. Le nombre total de 16 440 BV ont été créés pour un électorat de 7 371 894. En vertu de la disposition précitée, on peut à estimer 3 910 le nombre de BV supplémentaires créés. Ce chiffre pourrait, cependant, être tempéré par les réalités géographiques.
Néanmoins, le résultat de l’analyse de la carte électorale indique des pratiques qui visent à ne pas atteindre le maximum de 600 d’électeurs, encore moins 650 par BV. Par exemple, dans la commune de Touba Mosquée (département Mbacké), au LV «UNIVERSITE TOUBA DAROU KHOUDOSS», 95 BV de 250 électeurs ont été créés contrairement aux préconisations de l’article L.66 du code électoral. Ainsi, plutôt que 49 BV au maximum, ce sont 95 qui sont créés.
Ainsi, avec de telles pratiques, 314 BV avec moins de 100 électeurs et 2736 de moins de 300 ont été créés sur le territoire national et tandis qu’à l’étranger, ce sont 5 BV de moins de 10 électeurs, 72 de moins de 100 électeurs, et 128 de moins de 300 électeurs.
Sur un nombre total de 7 371 894 électeurs, 7 033 854 sont sur le territoire national, donc l’issue du scrutin du 24 mars 2024 est déterminé par le vote national. Aussi, notre recherche de biais et distorsions pouvant impacter significativement les résultats de la présidentielle se focalise sur la carte électorale nationale.
Il ressort de l’examen de la carte électorale nationale que la nouvelle donnée électorale intitulée «Implantation» qui avait été introduite par le Ministre chargé des élections lors de l’élection présidentielle de 2019, y est toujours présente.
Pour rappel notre étude sur la carte électorale de l’élection présidentielle de 2019 a démontré que cette rubrique est utilisée pour créer des BV que le Ministre chargé des élections avait qualifiés de BV délocalisés. En réalité, ce sont des BV qui apparaissent dans 2 lieux de vote différentsdans la carte électorale: Une première fois dans la rubrique «Lieu de vote» et une deuxième fois dans la rubrique «Implantation». Pour y parvenir, ils sont délocalisés d’un lieu de vote vers un autre, sans les supprimer du bureau de vote de départ.
Il est à noter que non seulement la création de cette donnée électorale «Implantation» n’est pas prévue par l’article L.53 du code électoral, mais en outre, les informations qui y figurent sont invisibles aussi bien aux électeurs qu’aux candidats.
En effet, elles ne sont pas mentionnées ni dans les cartes d’électeurs, ni dans aucun des documents relatifs aux opérations électorales. Ce dernier constat est confirmé par la lettre de saisine du Préfet du département de Dakar, daté du 22 janvier 2024, ayant pour objet la désignation des représentants des candidats dans les bureaux de vote. Il n'y est pas fait référence à la rubrique «Implantation» dans le canevas qui leur est donné comme modèle par le Préfet pour désigner leurs représentants. En conséquence, les candidats à la présidentielle du 24 mars 2024 n’auront pas de représentants dans aucun des BV qui se trouve dans la rubrique «Implantation» de la carte électorale.
Il appert donc que ce sont des BV qualifies de délocalisés, qui peuvent aussi être étiquetés de fictifs, dupliqués ou parallèles. Mais quelle que soit la désignation, ils renvoient à la même réalité: Des bureaux de vote créés illégalement et introuvables par les électeurs et les candidats. Des lors, il est possible de fabriquer des procès-verbaux de résultats fictifs qui pourrait fausser les résultats de la présidentielle 2024. Il est donc fondamental de les déceler et identifier des réponses immédiates à implémenter.
Dans cette perspective, nous avons effectué une étude approfondie de la carte électorale. Et nous présentons nos résultats en commençant par quelques exemples tirés du département de Dakar.
Commune de Biscuiterie:
Les bureaux de vote (BV) № 20 à 24 sont aussi bien dans le lieu de vote (LV) « ECOLE BISCUITERIE »que dans « ECOLE NIANG » de la rubrique «Implantation». Pour rappel, a l’élection présidentielle de 2019 ces mêmes BV étaient délocalisés au LV « ECOLE OUAGOUNIAYES 1 ».
Commune de Cambérene
LV «ECOLE CAMBERENE 3»
En 2019, les BV № 13 à 16, soit 4 étaient délocalisés au LV « CEM CAMBERENE ». En 2024, les BV № 14 à 17, soit 4, ont été délocalisés au LV «CEM CAMBERENE 2».
LV «ECOLE SEYDINA ISSA LAYE»
En 2019, 18 des 26 BV délocalisés aux LV «SEYDINA I. LAYE A» et «SEYDINA I. LAYE B». En 2024, la même délocalisation est effectuée. Tandis que, les BV № 25, 26 et 27 sont délocalisés au LV «CEM SEYDINA ISSA LAYE».
Tous ces 18 BV auraient dû disparaitre du LV «ECOLE SEYDINA ISSA LAYE» et de nouveaux LV créés, à savoir «SEYDINA I. LAYE A» et «SEYDINA I. LAYE B».
Commune Fann Point E Amitié
LV «BUREAU DE COORDINATION TECHNIQUE» les 6 BV délocalisés au LV «ETSHOS IMED». Aux législatives de 2022, ils étaient délocalisés au LV «ITECOM CANAL 4».
Commune Grand Dakar
LV «ECOLE ISSA KANE (BASSAM GOUMBA)» 17 des 30 BV ont été délocalisés. Les 3 BV № 14, 15 et16 délocalisés au LV «ECOLE MAGUETTE C SARR (TAIBA G D)» tandis que les BV 17 à 30, soit 14, ont été délocalisés au LV «ECOLE PRIVEE LIMAMOULAYE».
Cette modification est effectuée depuis les législatives de 2022 car en 2019, les 3 BV № 14, 15 et 16 étaient délocalisés au LV «CEM ALIOUNE DIOP» et les BV 17 a 20 au LV «ECOLE MAGUETTE C.SARR» tandis que les BV 21 et 22 au LV «CENTRE SOCIOCULTUREL».
Commune Grand Yoff
LV «ECOLE MOR FALL (GRAND YOFF) » le BV № 13 délocalisé au LV «ECOLE KALIDOU SY ».
Les BV № 21 à 24 du «LV ECOLE KHAR YALLA » qui étaient délocalisés au LV «M.S. KER MAMADOU DRAME» en 2019, deviennent des abris provisoires en sus de 2 nouveaux BV créés (25 et 26).
En définitive, nous avons pu découvrir la création de 826 bureaux de vote fictifs dans les quels sont rattachés 469 291 électeurs.
Les régions qui comptent le plus de bureaux de vote fictifs sont Dakar 394 (240 535 électeurs), Thiès 111 (59 408 électeurs), Diourbel 43 (20 983 électeurs). Ce sont les 3 régions qui ont le plus d’électeurs au Sénégal, respectivement 26.01%, 14,26%, 9,04%. Elles déterminent donc l’issue de la présidentielle 2024.
Les régions qui comptent le moins de BV fictifs sont: Kolda 2, Ziguinchor 3, Sedhiou et Matam 4. La seule région qui n’a pas de BV fictifs est celle de Kédougou.
Les 8 communes qui ont le plus de bureaux de vote fictifs: Keur Massar Nord (38), MBour (36), Parcelles Assainies (34), Medina (33), Wakhinane Nimzat (33), Yeumbeul Nord (33), Diamaguene Sicap Mbao (32), Touba Mosquée (31).
L’examen de la carte électorale, nous a aussi permis de constater que le LV de certains BV sont identiques au nom de la commune et non le nom d’un édifice communal comme par exemple une école ou un collège d’enseignement moyen (CEM). Ainsi, la description du LV ne permet pas de localiser le BV contrairement aux dispositions de l’article L.66 du Code électoral. Ils sont ainsi des BV dont on ne sait où ils se trouvent dans la commune.
La commune de Saly Portudal (département de Mbour) dispose de 16 BV ayant comme LV «Saly Portudal». Dans le département de Tivaouane, la commune de Pire Goureye, 14 BV sont implantés dans le LV «Pire Goureye». La commune de Fanaye (département de Podor),11 BV ont comme lieu d’implantation le LV «Fanaye».
Au total, 1054 BV non localisables ont été identifiés dans la carte électorale nationale dans lesquels sont affectés 529 203 électeurs. Les régions qui en disposent le plus sont: Thiès (176), Saint Louis (125), Louga (116), Fatick 102. Et celles qui en ont le moins sont: Kedougou (23), Kaffrine (49), Ziguinchor (31), Matam (52). Il est à noter qu’il n’y a pas de BV non localisables dans la région de Dakar.
Dans la carte électorale étrangère aussi, le lieu d’implantation de chaque BV n’est pas précisément indiqué conformément aux dispositions de l’article L.66 du code électoral. Dans la carte électorale nationale, le nom de la commune est utilisé comme lieu d’implantation, dans celle étrangère c’est le nom de la ville qui est indiquée comme LV pour rendre le BV non localisable.
En faisant un décompte sur la base de ce constat, nous avons découverts que sur 807 BV, il n’y que 5 qui sont localisables : 1 BV à Tunis (Tunisie) et 4 BV à Banjul (Gambie). Ainsi, il y a 802 BV non localisables, par conséquent, à l’étranger sur les 338 040 électeurs, il n’y en a que 2032 dont le droit de vote est garanti car ils peuvent retrouver facilement leurs BV.
Quant au vote des 336 008 électeurs de l’étranger dont les BV ne sont pas localisables, soit, l’information sur le LV qui abrite le BV dans lequel le nom de l’électeur figure sur les listes électorales leur est donné officieusement, soit, c’est faire le tour de tous les LV de la ville pour le trouver. Cette dernière éventualité est impossible.
Donc, l’exclusion du scrutin d’un électeur rattache à un BV non localisable est assuré. Ainsi, on peut trier, choisir qui peut voter ou non, selon que son opinion politique est favorable ou défavorable. A cet effet, il suffit juste créer son propre fichier électoral (base de données) sur ses électeurs potentiels.
La carte électorale ne contient pas que des BV fictifs et non localisables, il a été aussi constaté la création de 1998 abris provisoires dans lesquels doivent voter 1 025 085 électeurs. Les régions ou il y a le plus d’abris provisoires sont: Diourbel (691), Kaffrine (212), Tambacounda (210), Thiès (197) et Louga (169).
Ce travail de recherche sur les biais et distorsions de la carte électorale de l’élection présidentielle du 24 mars 2024 a permis de découvrir 826 BV fictifs, 1054 non localisables et 1998 abris provisoires mais aussi un nombre excessif de BV évalué à 3910. Aussi, la tendance qui se dégage de ces résultats indiquent qu’il y aurait certainement beaucoup plus de BV fictifs et non localisables à découvrir. Ne disposant pas de connaissances géographiques précises sur toutes les communes, cette recherche est inachevée.
Ainsi donc, ce travail n’est pas exhaustif. En effet, pour pouvoir identifier tous les BV fictifs et non localisables, il faut une bonne connaissance de la géographie et des infrastructures de chaque commune. Un tel travail demande des ressources humains et financières dont nous ne disposons pas.
En définitive, il est à constater que d’une part, il en a résulté de ce «Charcutage électoral» de la carte électorale un nombre de bureaux de vote excessifs de 3910. En conséquence, un tel nombre 16 440 BV pourrait empêcher les candidats d’observer le déroulement du scrutin le 24 mars 2024, donc un frein à leur capacité à garantir l’intégrité du scrutin.
En outre, l’existence dans la carte électorale de BV fictifs, non localisables et d’abris provisoires auront pour conséquence la désorientation et la confusion des électeurs impactés qui pourraient ainsi être privés de vote mais surtout amène la possibilité de créer des procès-verbaux de résultats fictifs.
Ces résultats de l’étude de la carte électorale nous permettent de tirer des conclusions qui seront les fondements de note évaluation de ses impacts éventuels sur les résultats de la présidentielle du 24 mars 2024.
Impacts éventuels sur les résultats et réponses préconisées
Un nombre excessif de BV ont été créés ce qui pourrait altérer les capacités des candidats à faire un travail de « police électorale » pour s’assurer que les adversaires ne trichent pas. La difficulté de mobiliser des représentants dans les 16 440 BV concerne surtout les candidats de l’opposition, en considérant leurs moyens en ressources humaines et financières limitées. La réponse serait une mutualisation des ressources. A défaut, ils ne pourront pas contester les résultats des BV dans lesquels ils ne sont pas présents.
Une carte électorale truffée de bureaux de vote fictifs, non localisables et d’abris provisoires peut permettre, d’une part de priver de vote à des centaines de milliers d’électeurs, et d’autre part, de fabriquer des procès-verbaux fictifs.
Les 469 291 électeurs affectés par la délocalisation de leurs bureaux de vote doivent avoir leurs cartes d’électeurs réédites pour pouvoir voter. Il est à considérer qu’ils ne voteront pas car rien n’indique que ce travail a été fait, en outre, il n’y a aucune campagne de communication des autorités afin de les informer d’une telle situation et les inciter à aller récupérer leur nouvelle carte d’électeurs. A 10 dix jours du scrutin, il est à considérer qu’ils ne pourraient pas participer au scrutin du 24 mars 2024, à moins que les autorités ne prennent la décision de les autoriser à voter dans le dernier LV dans lequel ils ont voté.
Une telle mesure avait été prise à la présidentielle de 2019 quand des milliers d’électeurs ne parvenaient pas à trouver leurs bureaux de vote. Toutefois, une telle solution ouvre la voie à des fraudes électorales par des votes multiples pour tout électeur qui a en sa possession plus d’une carte d’électeur. Donc, c’est une solution risquée qui pourrait éventuellement saper l’intégrité du scrutin.
Les électeurs dont les BV sont délocalisés ne sont les seuls à être sous la menace d’être exclus de la présidentielle 2024. Il y a aussi 865 211 électeurs, répartis dans 1856 BV dont 1054 sur le territoire national et 802 à l’étranger, qui sont affectés par les BV non localisables et qui risquent de ne pas voter car n’arrivant pas à trouver leur BV.
La solution à ce risque est d’amener les autorités à publier immédiatement le fichier électoral avec le lieu d’implantation exact de chaque bureau de vote. Des lors, une intense campagne de communication peut être mise en œuvre pour inciter les électeurs à vérifier leur situation électorale. Ainsi, ces électeurs pourront avoir la possibilité de jouir de leur droit de vote.
Enfin, il y a la question des BV qui peuvent être des sources de procès-verbaux fictifs de résultats.
A la lumière de notre étude sur la carte électorale de la présidentielle de 2019, les bureaux de vote fictifs pourraient avoir un impact significatif sur l’issue de la présidentielle 2024.
Pour trouver une réponse à ce risque, il est d’abord question de savoir et comprendre, comment de tels procès-verbaux peuvent être acheminés dans les commissions départementales de recensement des votes et ainsi être décomptés dans les résultats provisoires qu’elles publient.
Des lors, se posent d’abord les questions cruciales relatives à l’encadrement légal du plan de ramassage des procès-verbaux et de la compilation des suffrages.
L’article L.87 du code électoral dispose:«Un plan de ramassage des plis destinés à la commission départementale de recensement des votes est établi par l’autorité administrative. Il est mis en œuvre, sous le contrôle des délégués de la Cour d’Appel. Il est porté à la connaissance des représentants des candidats ou liste de candidats et est transmis à la C.E.N.A, pour visa, au moins soixante-douze heures avant le jour du scrutin. En cas de modification, la C.E.N.A, est immédiatement saisie.»
Le premier était conforme aux dispositions de l’article L.87 du code électoral. Quant au second, il est libellé comme suit: «Si le président du bureau de vote est lui-même désigné par l’autorité administrative pour transmettre le procès-verbal original, il doit se conformer au plan de ramassage et ne pas prendre des initiatives qui risquent d’entraîner la perte du précieux document. Il doit, notamment, attendre sur place l’arrivée du véhicule mis à sa disposition par l’administration pour déposer directement l’enveloppe à la commission départementale de recensement des votes.»
Il ressort de ce qui précède que dans le 1er plan de ramassage, l’autorité administrative envoie une équipe pour collecter les procès-verbaux et dans le second, elle demande au président du BV d’amener en personne le procès-verbal à la commission départementale de recensement des votes.
En vertu, des dispositions de l’article L.87 du code électoral, le deuxième plan de ramassage est illégal. Et c’est ce plan de ramassage qui permet de faire parvenir à la commission départementale des votes des procès-verbaux fictifs. Aussi, il est fondamental qu’un tel plan de ramassage ne soit pas mis en œuvre à nouveau.
A cet effet, il faut que les autorités publient dès à présent le guide pratique d'organisation et de fonctionnement du bureau de vote de l'élection présidentielle du 24 mars 2024, afin que les parties prenantes au scrutin, les candidats en particulier, s’assurent que ce plan de ramassage n’est pas prévu.
Le travail de compilation des procès-verbaux, aussi bien a la commission départementale qu’a la commission nationale est encadre par l’article LO.143 du code électoral. Il en appert que ce sont 3 magistrats qui délibèrent sur les procès-verbaux de résultats. Toutefois, ils n’ont pas le pouvoir de les annuler. En cas de doutes, ils ne peuvent tout au plus que faire des observations sur les procès-verbaux de la commission départementale.
Ainsi donc, ces magistrats dans leur travail de compilation des résultats, ils ne peuvent faire que des opérations d’additions et non de soustractions. Autrement dit, tout procès-verbal fictif qui arrive dans la commission départementale de recensement des votes est ajouté au décompte.
Enfin, en cas de destruction, de substitution, de perte ou de vol des originaux des procès-verbaux, les exemplaires détenus par les deux tiers (2/3) des représentants de candidats ou de listes de candidats feront foi au même titre que celui du représentant de la C.E.N.A.
En considérant tout ce qui précède, tout procès-verbal fictif acheminé à la commission départementale de recensement des votes est validé.
Enfin, il est à noter que dans les procès-verbaux des commissions départementales de recensement des votes le nombre de procès-verbaux de BV traités n’est pas mentionnés. Donc, il est impossible de savoir si leur nombre dépasse celui qui est fixé par la carte électorale.
Il ressort de cette analyse que l’un des points de vigilance maximal du scrutin est l’acheminement des procès-verbaux à la commission départementale de recensement des votes.
La réponse à toutes menaces sur la sincérité du scrutin, est d’abord, de s’assurer dès à présent qu’un plan de ramassage parallèle n’est pas prévu, et ensuite, de communiquer sur l’existence de BV qui pourraient être éventuellement transformés en BV fictifs.
En définitive, il apparait que les procès-verbaux ne sont pas traitées au niveau départemental mais national. Cependant, la commission nationale de recensement des votes, ainsi que les représentants des candidats, vu le temps imparti pour délibérer et publier les résultats, ne peuvent pas assurer ce travail titanesque.
En effet, il y aura à l’élection présidentielle du 24 mars 2024, 16 440 procès-verbaux de résultats. Et vu le temps imparti pour publier les résultats provisoires et officiels, la Commission nationale de recensement des votes ainsi que le Conseil constitutionnel, n’ont ni le temps, ni les ressources humaines pour considérer et traiter les observations sur tous les procès-verbaux. Ils n’ont pas le temps de reprendre un à un, les 16 440 procès-verbaux pour délibérer sur les observations. Il ne faut donc pas tomber dans le piège du «faites vos observations pour pouvoir ensuite saisir le juge électoral» pour ne pas assurer un contrôle rigoureux depuis le ramassage des procès-verbaux vers la commission départementale de recensement des votes.
Des menaces sur l’intégrité du scrutin ont été identifiés dans cette étude de la carte électorale et des préconisations ont été formulées pour y répondre. A défaut de leur mise en œuvre, les résultats définitifs de l’élection présidentielle du 24 mars 2024 pourraient ne pas refléter la volonté de la majorité des Sénégalais.
Après le 2 avril, nous aurons enfin le Sénégal dont tous les Sénégalais rêvent. C’est du moins ce dont on peut se convaincre à lire les programmes des différents candidats à la présidentielle
Après le 2 avril, nous aurons enfin le Sénégal dont tous les Sénégalais rêvent. C’est du moins ce dont on peut se convaincre à lire les programmes des différents candidats à la présidentielle. Une lecture revigorante, qui permet de se convaincre, si besoin en était, que le Sénégal est un pays aussi riche en ressources humaines que naturelles. Tous les candidats nous promettent un développement endogène, autocentré, mais ouvert sur les pays africains. Certains de ces programmes ne sont pas très détaillés, et on ne sait pas s’il s’agit juste d’ébauches ou si les concepteurs se sont retrouvés subitement à court d’idées et ne pouvaient produire plus.
Je n’ai pas non plus lu tous les programmes de tous les 19 candidats, je dois l’avouer. Ainsi, celui de Amadou Ba, le candidat officiel de la Coalition Benno, m’a semblé tellement tiré du Plan Sénégal émergent dont le candidat a d’ailleurs été le principal maître d’œuvre et défenseur, qu’il ne m’a pas semblé nécessaire de tout parcourir. D’autant plus que ce fameux Pse a été la cible des attaques dans certains autres de ces programmes rivaux. Normal aussi, si l’on se dit que chacun des candidats se positionne par rapport à l’existant. Et sur ce point, il y aurait beaucoup à dire.
Entre le candidat qui nous promet dans les deux années de son accession à la magistrature suprême, un accès quasi généralisé à l’eau potable, à l’électricité, à l’éducation et à la santé, ou l’autre qui nous assure une baisse de plus de la moitié des prix des denrées de première nécessité, sans oublier l’autre qui veut garantir aux paysans un prix plancher de commercialisation de l’arachide à 500 francs le kilo, il y a de quoi avoir l’embarras du choix.
Quand on ose se poser la question de savoir où le pays va trouver les moyens de mettre tout cela en musique, certains nous promettent à terme, notre propre monnaie, avec notre banque centrale nationale.
Il ne faut pas non plus oublier l’apport attendu des recettes tirées de l’exploitation des hydrocarbures. L’intérêt de ces programmes, c’est de montrer que l’on a jusqu’ici eu à la tête du pays, des personnes soit incapables, soit vraiment pas intéressées par les intérêts du pays. Ainsi, quand ce candidat dit par exemple : «nous développerons nos capacités de production et nos produits locaux pour mieux répondre à la demande intérieure en tenant compte des exigences liées à la protection de l’environnement. Nous développerons, professionnaliserons et moderniserons le commerce de proximité. Nous développerons les infrastructures routières, ferroviaires et maritimes pour faciliter le transport des matières premières et des produits agricoles, et l’accès aux zones agricoles. Nous renforcerons la promotion de la consommation locale et des produits de nos terroirs par : - La valorisation de notre identité culinaire en revisitant les recettes sénégalaises et en innovant ou réinventant nos plats locaux ou africains ; - La labellisation et la production de nos produits locaux et leur protection (ex. Aoc).
Nous mettrons en place une politique de priorité nationale réservant à nos entrepreneurs et producteurs locaux une proportion des marchés de la commande publique», on doit pouvoir se dire que si les politiques mises en œuvre à ce jour, qui étaient tout à fait similaires, n’ont pas produit les résultats escomptés, c’est que les personnes chargées de leur mise en œuvre n’ont pas fait montre de bonne volonté.
D’ailleurs, la preuve est que même la seule véritable agence des statistiques de ce pays n’est pas vraiment fiable. C’est pourquoi, dit ce candidat : «Nous doterons l’Ansd de moyens financiers et humains suffisants, pour lui permettre de fournir des données statistiques fiables.» Là, il n’a pas tort, quand on se dit qu’une bonne partie du budget de l’Ansd provient des ressources des bailleurs étrangers, qui lui imposent des règles strictes de fiabilité pour pouvoir continuer à en bénéficier. Ce qui fait qu’il est difficile pour le gouvernement de contrôler les données publiées par cet organisme.
Il y a aussi la volonté de développement du secteur privé. Ce candidat veut : «Formaliser la participation du privé national par le système d’actionnariat dans les sociétés de droit sénégalais ; mettre en place un titre foncier agro-industriel et responsabiliser le privé national dans la création de l’emploi ; institutionnaliser la préférence nationale permettant de disposer de points de bonification pour accéder à la commande publique et à l’investissement industriel (discrimination positive).» Macky Sall et, avant lui, Abdoulaye Wade et Abdou Diouf ont buté sur la participation du privé dans les politiques économiques pensées et imaginées par l’Etat. Souhaitons aux nouveaux venus d’avoir de meilleurs résultats. On imagine que s’ils réussissent, c’est le pays et le Peuple sénégalais qui en bénéficieront. A condition que certains d’entre eux reconnaissent qu’ils ne partent pas sur un terrain vierge. A moins qu’ils ne veuillent que ces jeunes qu’ils entraînent derrière leurs cortèges leur posent la question : «Avons-nous une place dans ce monde futur ?»
Par Boubacar Biro DIALLO
PROMOUVOIR L’ENTREPRENAIT AFRICAIN, DÉFIS ET PERSPECTIVES
En tant que jeune professionnel africain, je me suis souvent trouvé à réfléchir sur les dynamiques complexes qui régissent le paysage entrepreneurial en Afrique.
En tant que jeune professionnel africain, je me suis souvent trouvé à réfléchir sur les dynamiques complexes qui régissent le paysage entrepreneurial en Afrique. Une observation qui m’a particulièrement interpellé est la disparité frappante entre les organisations fondées et dirigées par des Occidentaux prospérant sur le sol africain et la difficulté rencontrée par les initiatives africaines pour s’implanter et réussir en occident. Même en Afrique, les entreprises et organisations de développement créées par des Africains peinent souvent à impacter leur environnement de manière significative comparée aux initiatives occidentales.
Cette disparité soulève des questions profondes sur les barrières structurelles et systémiques auxquelles sont confrontés les entrepreneurs africains, ainsi que sur les perceptions et les préjugés qui persistent sur le continent africain et l’Homme africain d’une manière générale.
Premièrement, examinons la situation en Afrique. Malgré les vastes ressources et opportunités présentes sur le continent, de nombreuses entreprises africaines rencontrent des défis considérables pour prospérer. Des obstacles tels que l’instabilité politique, la corruption, les infrastructures sous-développées et les lacunes dans l’éducation et la formation professionnelle entravent souvent la croissance et le succès des entreprises locales. De plus, l’accès limité au financement, en particulier pour les entrepreneurs issus de milieux défavorisés ou pour les femmes entrepreneures, constitue un autre obstacle majeur.
D’autre part, les entreprises occidentales ou dirigées par «des Blancs» opérant en Afrique bénéficient souvent d’avantages tels qu’un accès plus facile aux financements, des réseaux de contacts établis, une expertise technologique avancée et une meilleure crédibilité auprès des investisseurs et des clients locaux et des préjugés positifs. Ces entreprises peuvent également bénéficier de politiques gouvernementales favorables ou de partenariats avec des entreprises étrangères qui leur donnent un avantage concurrentiel sur les entreprises locales.
En ce qui concerne l’expansion des entreprises africaines en dehors du continent, une série de défis se présente également. Les obstacles liés à la réglementation, aux visas et aux barrières commerciales compliquent souvent le processus d’entrée sur les marchés européens et américains. De plus, les perceptions négatives et les stéréotypes persistants sur l’Afrique et ses capacités entrepreneuriales peuvent limiter les opportunités de croissance à l’étranger pour les entreprises africaines.
Face à ces défis, il est impératif de prendre des mesures pour promouvoir et soutenir l’entrepreneuriat africain, à la fois sur le continent et à l’échelle internationale. Cela implique de créer un environnement propice aux affaires en Afrique en s’attaquant aux obstacles structurels tels que la corruption, en renforçant les infrastructures et en investissant dans l’éducation et la formation professionnelle. De plus, il est essentiel de promouvoir l’inclusion financière et de fournir un accès équitable au financement pour tous les entrepreneurs, indépendamment de leur origine ou de leur genre.
Sur la scène internationale, il est nécessaire de combattre les préjugés et les stéréotypes qui entravent la progression des entreprises africaines à l’étranger. Cela peut passer par des campagnes de sensibilisation visant à changer les perceptions sur l’entrepreneuriat africain, ainsi que par des initiatives visant à faciliter l’accès des entreprises africaines aux marchés mondiaux. Les États africains doivent aussi renforcer leur diplomatie économique et mieux soutenir les entrepreneurs nationaux.
En conclusion, en tant que jeune professionnel africain, je suis convaincu que l’entrepreneuriat africain a un potentiel immense pour stimuler la croissance économique, créer des emplois et promouvoir le développement durable. Cependant, pour réaliser pleinement ce potentiel, il est impératif de surmonter les obstacles structurels et les préjugés persistants qui entravent la réussite des entreprises africaines, tant sur le continent qu’à l’étranger.