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4 avril 2025
Politique
SÉANCE DÉCISIVE À L'ASSEMBLÉE SUR L’INTERPRÉTATION DE LA LOI D’AMNISTIE
El Malick Ndiaye a convoqué les députés en séance plénière le mardi 2 avril 2025 à 10 heures pour examiner la proposition de loi n°05/2025. Portée par Amadou Bâ du Pastef, cette initiative vise à clarifier l’application de cette loi adoptée en mars 2024.
Le président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, a convoqué les députés en séance plénière le mardi 2 avril 2025 à 10 heures.
À l’ordre du jour figure l’examen de la proposition de loi n°05/2025 portant interprétation de la loi d’amnistie n°2024-09 du 13 mars 2024. Ce texte, qui vise à clarifier certains aspects de la loi d’amnistie adoptée l’année dernière, pourrait avoir des conséquences majeures sur les bénéficiaires de cette mesure et sur d’éventuelles poursuites judiciaires.
À noter que ladite proposition de loi a été introduite par le député Amadou Bâ du Pastef. Elle prévoit l’amnistie des faits criminels ou correctionnels ayant une motivation politique et commis durant la période préélectorale, entre 2021 et 2024.
En effet, l’article 2 de cette proposition de loi prévoit : « Sont amnistiés de plein droit tous les faits susceptibles de qualification criminelle ou correctionnelle ayant exclusivement une motivation politique, y compris ceux commis par tout support de communication, entre le 1ᵉʳ février 2021 et le 25 février 2024, tant au Sénégal qu’à l’étranger. Toutefois, les faits se rapportant à des manifestations ne sont inclus dans le champ de la loi que s’ils ont une motivation exclusivement politique. »
Par ailleurs, l’amnistie entraîne, sans qu’elle puisse jamais donner lieu à restitution, la remise totale de toutes les peines principales, accessoires et complémentaires, ainsi que la disparition de toutes les déchéances, exclusions, incapacités et privations de droits attachées à la peine.
Selon l’article 3 de la loi n°2024-09 du 13 mars 2024, « l’amnistie ne préjudicie ni aux droits des tiers ni aux droits des victimes à une réparation. De plus, la contrainte par corps ne peut être exercée contre les condamnés ayant bénéficié de l’amnistie, sauf à la requête des victimes de l’infraction ou de leurs ayants droit », précise le document.
MOUSTAPHA CISSÉ LÔ REJETTE TOUT LIEN AVEC L’APR
Son nom figure sur la liste des nouveaux membres du Secrétariat Exécutif de l’Alliance Pour la République, mais il dément catégoriquement toute affiliation avec le parti. L’ancien député assure n’avoir ni été informé ni consulté.
Le nom de Moustapha Cissé Lô figure parmi les nouveaux membres du Secrétariat Exécutif de l’Alliance Pour la République (APR) rendu public hier (mardi 18 mars 2025). Un état de fait qui suscite moult interrogations pour bon nombre de citoyens sénégalais. Réagissant, le principal concerné réfute tout lien avec les marrons-beiges :
« Cette liste, je l’ai reçue comme tout le monde. Je n’ai pas été informé ni consulté. J’ignore d’où elle vient. Je ne milite plus au sein de cette formation politique. Aujourd’hui, mon seul et unique parti, c’est le Sénégal », s’est expliqué l’ancien député et vice-président de l’Assemblée nationale.
Cissé Lo d’éclaircir : « On m’avait exclu de l’APR depuis fin 2019. Je dois signaler que c’était une commission dite de discipline qui avait, à l’époque, demandé au Secrétariat Exécutif de l’APR de m’exclure. Ce qui avait alors été fait. »
Au terme de sa réaction, l’ex-président du Parlement de la CEDEAO fait remarquer : « Comme je l’ai toujours déclaré, j’ai cessé tout acte de militantisme politique. Je n’ai plus besoin ni de poste nominatif ni électif. Comme je l’ai dit plus haut, mon seul et unique parti, c’est le Sénégal. Néanmoins, je ne resterai pas un citoyen inactif. Je travaillerai pour la paix, le respect des libertés individuelles et collectives, ainsi que la promotion de la démocratie dans notre pays. Œuvrer pour le bien-être économique et social de nos concitoyens reste et demeure ma seule préoccupation », précise-t-il.
DEPUIS SA CELLULE, LA VOIX DU MILITANT PRO-PALESTINIEN MAHMOUD KHALIL
Cet homme arrêté sans mandat présenté le 8 mars dernier sur ordre de l'administration Trump, voit dans son incarcération le symbole d'une répression systémique contre les voix critiques de la politique israélienne
(SenePlus) - Mahmoud Khalil, militant pro-palestinien, a fait parvenir une lettre poignante depuis le centre de détention où il est actuellement incarcéré en Louisiane. Dans ce document daté du 18 mars 2025, il dénonce ce qu'il considère comme une détention politique liée à son militantisme en faveur de la Palestine.
"Je suis un prisonnier politique", affirme d'emblée Khalil, qui décrit les conditions difficiles de sa détention et celle d'autres migrants privés de leurs droits fondamentaux. "Justice escapes the contours of this nation's immigration facilities" (La justice échappe aux contours des centres d'immigration de ce pays), écrit-il avec éloquence.
Selon son témoignage, Khalil a été arrêté le 8 mars dernier par des agents du Département de la Sécurité intérieure (DHS) alors qu'il rentrait d'un dîner avec son épouse. Il affirme que les agents n'ont présenté aucun mandat et l'ont menotté avant de le forcer à monter dans une voiture banalisée. Des images de cette arrestation ont depuis été rendues publiques.
"Avant de comprendre ce qui se passait, des agents m'ont menotté et forcé à entrer dans une voiture banalisée. À ce moment-là, ma seule préoccupation était la sécurité de Noor", explique-t-il, faisant référence à son épouse. Il ajoute avoir été maintenu dans l'ignorance des motifs de son arrestation pendant plusieurs heures et avoir dû dormir sur le sol froid, sans couverture malgré ses demandes.
Mahmoud Khalil établit un lien direct entre son arrestation et son engagement militant : "Mon arrestation était une conséquence directe de l'exercice de mon droit à la liberté d'expression alors que je plaidais pour une Palestine libre et la fin du génocide à Gaza."
Né dans un camp de réfugiés palestiniens en Syrie, Khalil appartient à une famille déplacée depuis la Nakba de 1948. Il compare sa situation actuelle à la pratique israélienne de la détention administrative - l'emprisonnement sans procès ni inculpation - utilisée contre les Palestiniens.
Dans sa lettre, Khalil n'hésite pas à mettre en cause son ancienne université. "Columbia m'a ciblé pour mon activisme, créant un nouveau bureau disciplinaire autoritaire pour contourner la procédure régulière et faire taire les étudiants critiquant Israël", écrit-il, citant notamment les présidents Shafik, Armstrong et le doyen Yarhi-Milo comme ayant "préparé le terrain" pour son arrestation.
Il mentionne également l'expulsion ou la suspension d'au moins 22 étudiants de Columbia, dont certains se seraient vu retirer leur diplôme de licence quelques semaines seulement avant l'obtention de leur diplôme.
Le militant voit dans sa détention "un témoignage de la force du mouvement étudiant dans le changement de l'opinion publique en faveur de la libération palestinienne". Il appelle à une mobilisation collective : "Dans les semaines à venir, étudiants, défenseurs et élus doivent s'unir pour défendre le droit de manifester pour la Palestine. Ce ne sont pas seulement nos voix qui sont en jeu, mais les libertés civiles fondamentales de tous."
Khalil, qui attend la naissance de son premier enfant, conclut sa lettre par un souhait personnel : "En sachant pleinement que ce moment transcende ma situation individuelle, j'espère néanmoins être libre pour assister à la naissance de mon premier enfant."
SONKO ATTENDU À KOUMPENTOUM VENDREDI
Le Premier ministre va présider le lancement officiel du Programme d’appui aux acteurs de l’économie sociale et solidaire (PROGRESS) et des coopératives productives solidaires (CPS).
Tambacounda, 20 mars (APS) – Le Premier ministre, Ousmane Sonko, est attendu vendredi à Koumpentoum, un département de la région de Tambacounda (est), où il va présider le lancement officiel du Programme d’appui aux acteurs de l’économie sociale et solidaire (PROGRESS) et des coopératives productives solidaires (CPS).
Le PROGRESS correspond à la phase pilote du Programme de développement de l’Économie sociale et solidaire (ESS) pour la création de richesses immédiates (PRECOSOL).
Il a pour mission de promouvoir et de renforcer la durabilité des initiatives locales pour un développement économique harmonieux des terroirs, en s’appuyant sur les coopératives productives solidaires (CPS).
Le PROGRESS vise une meilleure efficience des mécanismes d’accompagnement technique et financier de l’Etat aux citoyens dans leurs activités économiques qui ont un impact social et environnemental avéré.
LES NOUVELLES ORIENTATIONS DU PRÉSIDENT POUR LA MODERNISATION DU SYSTÈME DE RETRAITE
Conscient des enjeux liés à la protection sociale et à la valorisation du travail, le Président de la République a demandé au Gouvernement de faire de la modernisation du système de retraite et de sécurité sociale une priorité.
Conscient des enjeux liés à la protection sociale et à la valorisation du travail, le Président de la République a demandé au Gouvernement de faire de la modernisation du système de retraite et de sécurité sociale une priorité. Face à l’évolution démographique et à l’allongement de l’espérance de vie, il a souligné l’importance d’anticiper et d’adapter la gestion financière des dépenses sanitaires et sociales, notamment celles liées à la retraite et à la sécurité sociale.
Dans cette optique, le Chef de l’État a instruit le ministre en charge du Travail et de l’Emploi de finaliser, en concertation avec les partenaires sociaux, le projet de Code unique de Sécurité sociale. Ce texte législatif devra contribuer à l’amélioration de la gouvernance des institutions de prévoyance sociale, en particulier : l’Institution de Prévoyance Retraite du Sénégal (IPRES), la Caisse de Sécurité sociale (CSS), les Institutions de Prévoyance Maladie (IPM)
Par ailleurs, le Président a également insisté sur la nécessité de maîtriser les dépenses de santé des agents de l’État et de garantir la viabilité financière de la Couverture Sanitaire Universelle. Il a exhorté le ministre des Finances et du Budget à accorder une attention particulière à l’équilibre durable du Fonds national de Retraite (FNR), un enjeu clé pour assurer la pérennité du système.
À cet effet, le Chef de l’État a demandé aux ministres concernés de dresser un état des lieux précis du système de retraite (FNR et IPRES) et de proposer des solutions adaptées aux dynamiques du marché du travail à court, moyen et long terme. Ce rapport devra être finalisé avant fin juillet 2025 afin d’orienter les réformes nécessaires et d’assurer une gestion plus efficiente et pérenne du système de retraite et de sécurité sociale.
Ces mesures visent à renforcer la protection sociale des travailleurs, à garantir la durabilité du système et à répondre aux défis économiques et démographiques du pays.
PASTEF S’ISOLE
L'alliance improbable entre la société civile, les adversaires politiques et même certains sympathisants du régime autour de l'exigence d'abrogation totale de la loi d'amnistie place Sonko dans une position délicate à la veille de l'examen parlementaire
Alors que le passage de la proposition de loi interprétative de la loi d’amnistie en commission technique de l’Assemblée nationale est prévu demain, vendredi 21 mars, le gouvernement se retrouve de plus en plus isolé. En effet, de nombreuses voix s’élèvent de pour dénoncer cette approche choisie par le régime en place, préférant une relecture partielle à une suppression pure et simple de la loi.
En optant pour une relecture de la loi d’amnistie au lieu de son abrogation complète, le régime Pastef estil en train de s’éloigner de sa position radicale contre cette loi, imposée à l’époque par l’ancien chef de l’État, Macky Sall mais qui avait permis à des centaines de jeunes sympathisants ainsi qu’à plusieurs responsables de Pastef, dont l’actuel président de la République et son Premier ministre, de passer de la prison aux commandes de l’État ? La question mérite d’être posée. En effet, le 26 février dernier, le bureau de l’Assemblée nationale, dans un arbitrage très controversé, a rejeté une proposition de loi du député non-inscrit Thierno Alassane Sall visant à abroger la loi d’amnistie. Cette abrogation était pourtant conforme au programme législatif de la coalition « Senegaal Kese », qu’il dirigeait lors des dernières législatives. Le rejet a été justifié par un « non-respect des exigences constitutionnelles en matière budgétaire ». Parallèlement, cet organe dirigeant de l’Assemblée nationale a jugé recevable la proposition de loi déposée par Amadou Ba, député du groupe majoritaire Pastef. Cette proposition se mue à une loi interprétative de l’amnistie, consistant en une abrogation partielle et une révision de certains articles de cette loi controversée.
Il faut dire que cette nouvelle donne tranche avec la position officielle, plusieurs fois affirmée et réaffirmée par le leader du parti au pouvoir, Ousmane Sonko. Devant la représentation nationale, le 27 décembre 2024 lors de son discours de politique générale, Ousmane Sonko avait annoncé que son gouvernement va élaborer un projet de loi portant abrogation de la loi d’amnistie votée le 6 mars 2024. « En plus de l’inscription budgétaire de crédits destinés aux victimes, il sera proposé à votre auguste Assemblée dans les semaines à venir un projet de loi rapportant la loi d’amnistie votée le 6 mars 2024 pour que toute la lumière soit faite et les responsabilités établies de quelque bord qu’elles se situent », avaitil indiqué avant de préciser dans la foulée au sujet de cette abrogation qu’«il ne s’agit pas d’une chasse aux sorcières, encore moins de vengeance » mais plutôt de « justice, pilier sans lequel aucune paix sociale ne peut être bâtie. » A travers ces propos, le chef du gouvernement et leader du parti Pastef a ainsi réitéré sa position vis-vis de cette loi d’amnistie, plusieurs fois affirmée, notamment lors de la campagne électorale des législatives anticipées du 17 novembre dernier. « Utiliser les moyens de l’Etat pour comploter, tirer, tuer des manifestants désarmés, on ne peut pas l’effacer comme si ça n’avait jamais existé. (…) Une loi d’amnistie qui crée l’impunité pour des assassins, on ne l’accepte pas !», avait-il lancé lors de son meeting à Ziguinchor en rappelant qu’il avait refusé de soutenir cette loi quand il était en prison.
Société civile et acteurs politiques vent debout
Aujourd’hui, en optant pour une initiative parlementaire en lieu et place de celle gouvernementale pour interpréter ou abroger partiellement cette controversée loi d’amnistie, le régime Pastef s’isole davantage. En effet, alors qu’une réunion de la commission technique de l’Assemblée nationale portant sur une analyse approfondie de cette proposition de loi interprétative est annoncée pour le 21 mars avant la tenue d’une plénière le 2 avril, des voix s’élèvent de plus en plus pour dénoncer ce changement d’option du régime en place. Dans une déclaration rendue publique le 7 mars dernier, Seydi Gassama, directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal est monté au créneau pour rappeler aux tenants actuels du pouvoir, leurs engagements vis-à-vis de cette loi. « Pendant la campagne électorale pour les élections législatives anticipées de novembre 2024, le Premier ministre Ousmane Sonko a promis d’abroger la loi d’amnistie pour rendre justice aux victimes des manifestations entre 2021-2024. Le 17 novembre 2024, la liste parlementaire dirigée par M. Sonko a remporté les élections législatives avec une marge importante. Les autorités sénégalaises doivent abroger la loi d’amnistie et rendre justice à toutes les victimes des violations des droits humains commises lors de manifestations ».
En conférence de presse ce mardi 18 mars, le mouvement "Y’en a marre" s’est également démarqué de cette proposition de la majorité en réclamant purement et simplement l’abrogation totale de la loi d’amnistie. Estimant que cette proposition est inopportune et en décalage avec les engagements du nouveau régime, Alioune Sané et ses camarades ont soutenu que « cette loi est plus dangereuse que le projet de réforme constitutionnelle instaurant un « quart bloquant » avec un seuil minimum de 25 % des voix pour élire un ticket présidentiel du président sénégalais Abdoulaye Wade en 2011 et qui était à l’origine des manifestations du 23 juin ». S’exprimant également sur cette proposition de loi interprétative de la loi d’amnistie, Alioune Souaré, ancien député et spécialiste du droit parlementaire s’est démarqué en martelant dans un texte partagé sur son profil Facebook que « le concept de la loi interprétative est juridiquement incompatible avec l'abrogation partielle ou totale ! »
Au-delà des personnalités de la société civile, certains acteurs politiques élèvent également la voix contre cette proposition de loi. C’est le cas de Doudou Wade, membre du comité directeur du Pds et ancien président du groupe parlementaire Libéral et Démocratique (Parti démocratique sénégalais). Dans une publication sur ses plateformes numérique le 14 mars dernier, l’ancien chef de file de la majorité parlementaire libérale dénonce une « Loi interprétative dissimulatrice et protectrice des auteurs organisateurs et complices des événements 2021/24 ». Abondant dans le même sens, l’ancien Premier ministre et leader de l'Alliance pour la Citoyenneté et le Travail (ACT), Abdoul Mbaye n’est pas allé par quatre chemins. « Quand on annonce être contre une loi on l’abroge dès qu’on en a le pouvoir. La maintenir en facilitant son interprétation cela signifie que l’on y tient. Abrogez donc la loi d’amnistie de 2024 et votez-en une autre prenant en compte vos nouveaux objectifs. Et ce sera plus clair pour tout le monde. Et ne pas oublier de se faire conseiller pour la nouvelle loi par la Cour Suprême et le Conseil constitutionnel, bref par de vrais sachants des grands principes du droit et de la justice. »
Dans un communiqué rendu public ce mardi 18 mars, l’ancien parti au pouvoir, l’Alliance Pour la République (APR) qui a toujours défendu le bienfondé de cette loi est monté au créneau à travers son Secrétariat exécutif national (Sen) pour non seulement dénoncer la manipulation politique mais aussi exiger l’abrogation pure et simple de la loi. A plusieurs reprises, le président de la République, son chef, le Premier ministre et les membres du gouvernement ont promis l’abrogation pure et simple de la loi d’amnistie en cas de majorité parlementaire. Mais comme, il fallait s’y attendre, ces gens, qui n’ont tenu aucune promesse, et qui sont dans le reniement permanent, reviennent sur leur engagement pris devant le Peuple sénégalais d’abroger la loi d’amnistie ».
Il faut dire qu’au regard de la plupart des réactions, le régime en place est parti pour être seul contre tous, sur cette question de révision de la loi d’amnistie. Une véritable patate chaude !
VERS UNE RÉFORME DES RETRAITES
Dans le cadre de la modernisation du système de retraite et de sécurité sociale, le président de la République a insisté sur la nécessité d’améliorer les pensions les plus faibles afin de renforcer le pouvoir d’achat des retraités.
Dans le cadre de la modernisation du système de retraite et de sécurité sociale, le Président de la République a insisté sur la nécessité d’examiner les possibilités de revalorisation des pensions de retraite les plus faibles. Conscient des difficultés auxquelles sont confrontés de nombreux retraités, il a appelé à des mesures concrètes pour améliorer leur pouvoir d’achat et renforcer leur protection sociale.
En outre, le Chef de l’État a exhorté le Gouvernement à engager un dialogue avec les agents de l’État, les travailleurs et les partenaires sociaux afin de promouvoir la mise en place accélérée de retraites supplémentaires par capitalisation. Cette approche vise à garantir aux futurs retraités des revenus complémentaires, en plus des pensions servies par les régimes de base actuels.
Pour assurer la réussite de ces réformes, le Président a demandé aux ministères compétents d’étudier les mécanismes les plus adaptés à la réalité économique du pays, en tenant compte des capacités contributives des travailleurs et des entreprises.
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LA POLÉMIQUE MOUSTAPHA SARRÉ
En affirmant que Moustapha Ba a été "tué dans des conditions troubles", le porte-parole du gouvernement a franchi une ligne rouge que sa clarification ultérieure peine à effacer. Pendant ce temps, l'enquête pour "mort non naturelle" suit son cours
Lors d'une intervention qui circule largement sur les réseaux sociaux, Moustapha Sarré, porte-parole du gouvernement, a tenu certains propos, suscitant de vives réactions. "Il a été tué dans des conditions troubles", avait-il affirmé en parlant de l'ancien ministre des Finances et du Budget, Mamadou Moustapha Ba. Le ministre a ajouté que "plusieurs jours" se seraient écoulés avant que des informations sur les circonstances du décès ne soient rendues publiques, soulevant selon lui des questions légitimes sur ce qui s'est réellement passé.
Ces déclarations prennent une dimension particulière dans la mesure où la mort de l'ancien argentier national survenue en France en novembre dernier, fait actuellement l'objet d'une enquête judiciaire. Le procureur de la République avait d'ailleurs justifié l'ouverture de cette procédure en évoquant explicitement une "mort non naturelle"
Face à l'ampleur prise par la controverse, Moustapha Sarré a tenu à clarifier sa position dans une publication sur sa page Facebook ce mercredi 19 mars 2025. Le ministre y affirme que ses propos ont été sortis de leur contexte et manipulés pour créer une polémique stérile.
"Quand on manque d'arguments, on fabrique des polémiques," écrit-il, ajoutant que "les champions du maquillage des chiffres et de la diversion tentent aujourd'hui d'exister autrement qu'en assumant leur bilan."
Il précise surtout que, "comme tout citoyen", il a simplement exercé son "droit de s'interroger sur des faits marquants de notre actualité, sans pour autant faire d'affirmations".
Cette controverse s'inscrit dans un climat politique particulièrement tendu au Sénégal, où le nouveau régime procède à l'examen minutieux de la gestion de l'administration précédente.
"Pendant qu'ils polémiquent, nous avançons, déterminés à bâtir un Sénégal nouveau, sur la base de la vérité, de la rigueur et du développement pour tous", le porte-parole du gouvernement dans sa publication.
LE COMMUNIQUÉ DU CONSEIL DES MINISTRES DU MERCREDI 19 MARS 2025
Le chef de l'Etat a souligné la nécessité d’examiner les possibilités de revalorisation des pensions de retraite les plus faibles et d’engager avec les agents de l’Etat, les travailleurs et les partenaires sociaux.
Le Chef de l’Etat, Son Excellence, Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar Faye a présidé, ce mercredi 19 mars 2025, la réunion hebdomadaire du Conseil des Ministres, au Palais de la République.
A l’entame de sa communication, le Chef de l’Etat a évoqué les visites de courtoisie et de présentation de condoléances qu’il a effectuées à Touba et à Darou Mouhty, le samedi 15 mars 2025. Il a adressé ses remerciements au Khalife général des Mourides, Serigne Mountakha Bassirou Mbacké et à l’ensemble des chefs religieux rencontrés, pour leur accueil chaleureux, la qualité des échanges et les prières formulées pour un Sénégal de paix, de prospérité et de solidarité.
Le Président de la République a abordé la problématique de l’audit des chantiers et travaux inachevés et du changement de paradigme dans le pilotage de la réalisation optimale des infrastructures publiques. En effet, il est constaté, depuis plusieurs années, un nombre important de chantiers inachevés dans plusieurs localités du Sénégal. C’est le cas dans les secteurs de l’enseignement supérieur, de l’éducation, de la formation professionnelle et technique, de la santé, de l’énergie, de l’assainissement, des routes et des sports.
Aussi, a-t-il demandé au Premier Ministre de faire procéder dans chaque ministère, au recensement exhaustif des projets de construction inachevés et de proposer les voies et moyens de restructuration et de relance desdits chantiers, dans le respect du code des marchés publics et des procédures du ressort de l’Agence judiciaire de l’Etat.
Il a également souligné l’urgence de faire le point sur les projets relevant du PUDC, de PROMOVILLES, du PNDL et du PUMA, différents programmes dont la mutualisation des interventions participe du renforcement de l’efficacité de la territorialisation des politiques publiques.
Le Chef de l’Etat a, en outre, demandé au Premier Ministre d’examiner les possibilités de repositionnement institutionnel de l’Agence de Construction des Bâtiments et Edifices publics (ACBEP) dans le pilotage de la réalisation de certaines infrastructures publiques de base avec des coûts plafonds homologués et un mode de financement pluriannuel budgétaire maitrisé.
Dans le même sillage, il a indiqué au Premier Ministre, au Ministre des Finances et du Budget et au Ministre en charge des Collectivités territoriales, la nécessité de définir avec les partenaires techniques et financiers de l’Etat, un nouveau format d’intervention de l’Agence d’Exécution des Travaux d’Intérêt public contre le sous-emploi (AGETIP) et de l’Agence de Développement municipal (ADM) en cohérence avec le cadrage budgétaire, les principes directeurs de l’Agenda national de Transformation et les stratégies de promotion de l’emploi des jeunes. Dès lors, il a relevé la nécessité de faire la situation exhaustive de tous les projets sectoriels développés ou placés sous la maitrise d’ouvrage déléguée de l’AGETIP et de l’ADM et de veiller à la synergie d’actions de ces deux entités publiques aux statuts particuliers.
Par ailleurs, le Président de la République a invité le Ministre des Finances et du Budget et le Ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires à engager la réflexion, avec toutes les parties prenantes, sur un nouveau modèle de consolidation des financements disponibles en vue de la réalisation de projets publics prioritaires dans chaque pôle-territoire identifié.
Soulignant la priorité accordée à l’emploi des jeunes, le Chef de l’Etat a rappelé au Gouvernement que la jeunesse de la population doit inciter l’Etat et les acteurs économiques et sociaux à travailler ensemble pour promouvoir l’entreprenariat et l’insertion des jeunes demandeurs d’emploi sur l’étendue du territoire national. Il a demandé au Premier Ministre et au Ministre en charge de l’Emploi d’accélérer la finalisation, avant fin avril 2025, du document portant « Nouvelle Politique nationale de l’Emploi ». Il a souligné l’impératif d’asseoir un système d’information gouvernemental performant et fiable sur le marché du travail en cohérence avec les bases de données des diplômés de la formation professionnelle et technique dans les centres et les Instituts supérieurs d’Enseignement professionnel (ISEP)
notamment.
Le Président de la République a invité le Premier Ministre à accélérer l’harmonisation des interventions et la mutualisation des ressources de toutes les structures publiques de promotion de l’entreprenariat et de l’emploi des jeunes.
Abordant la question de la modernisation du système de retraite et de sécurité sociale, le Chef de l’Etat a demandé au Gouvernement de placer cette problématique au cœur de la valorisation du travail et de la politique de protection sociale de l’Etat. Aujourd’hui, la structure de la population sénégalaise et l’allongement progressif de l’espérance de vie appellent une anticipation dans la gestion financière des dépenses sanitaires et sociales notamment celles liées à la retraite et à la sécurité sociale. Il a demandé au Ministre en charge du Travail et de l’Emploi, de finaliser, en relation avec les partenaires sociaux, le projet de Code unique de Sécurité sociale, texte de loi devant contribuer à améliorer significativement la gouvernance des institutions de prévoyance sociale [Institution de Prévoyance Retraite du Sénégal (IPRES), Caisse de Sécurité sociale (CSS) et Institution de Prévoyance Maladie (IPM)].
Dans le même élan, le Président de la République a invité le Ministre des Finances et du Budget à attacher une importance particulière à la maitrise des dépenses de santé des agents de l’Etat, à la viabilité financière de la Couverture sanitaire Universelle et surtout à l’équilibre systématique et durable du Fonds national de Retraite (FNR). A cet effet, il a invité le Ministre des Finances et du Budget et le Ministre en charge du Travail à faire le point, avant fin juillet 2025, sur la situation financière du système de retraites (FNR et IPRES) et ses perspectives d’évolution, au regard des dynamiques du marché du travail à court, moyen et long terme.
Enfin, il a souligné la nécessité d’examiner les possibilités de revalorisation des pensions de retraite les plus faibles et d’engager avec les agents de l’Etat, les travailleurs et
les partenaires sociaux, un processus d’incitation à la mise en place accélérée de retraites supplémentaires par capitalisation.
Dans sa communication, le Premier Ministre a souligné les préoccupations récurrentes des producteurs agricoles relativement aux difficultés d’écoulement des récoltes de certains produits, notamment arachidiers, horticoles et de maïs, du fait principalement de dysfonctionnements notés dans les circuits de commercialisation.
À cet égard, il a noté l’exigence de garantir le fonctionnement adéquat de toutes les composantes des filières agricoles, y compris l’intervention des intermédiaires financiers, au regard de l’objectif de souveraineté alimentaire de l’Agenda Vision Sénégal 2050. Face à cette situation, et en perspective des fêtes de Korité et de Pâques, avec les charges encourues par les ménages, il a invité les Ministres en charge de l’Agriculture, des Finances et du Commerce, à lui soumettre, en vue de l’approbation par le Président de la République, les mesures urgentes à déployer, au plus tard le lundi 24 mars 2025, pour trouver une solution à la situation des stocks en souffrance de la production notamment arachidière, horticole et de maïs. De manière plus structurelle, il a demandé aux Ministres susvisés de mettre en place, au plus tard à mi-avril 2025, un cadre de concertation interministériel consacré à la problématique de la commercialisation des produits agricoles de façon plus globale.
Abordant le deuxième point de sa communication, le Premier Ministre a rappelé que l’option fondamentale du Gouvernement pour la transformation systémique du Sénégal requiert le renforcement de la culture de la performance dans l’Administration publique aussi bien à l’échelle de chaque entité des secteurs publics et parapublics qu’à celle des agents de ces entités. Il a noté les avancées induites, au niveau réglementaire, par la transposition par le Sénégal du cadre harmonisé des finances publiques de l’UEMOA, notamment l’institution de la gestion axée sur les résultats.
Toutefois, le Premier Ministre a déploré l’inefficacité du dispositif du fait de la faible adhésion des acteurs clés, du retard accusé dans la mise en place de ce dispositif dans son volet suivi-évaluation mais, surtout, de l’absence de solides règles établies en matière de fixation d’objectifs individuels annuels aux agents et d’évaluation de leurs performances. Cette situation explique l’impossibilité de différencier les performances individuelles des agents. Par conséquent, le Premier Ministre a demandé au Ministre chargé de la Fonction publique, en relation avec le Ministre chargé des Finances et le Ministre, Secrétaire général du Gouvernement, d’accorder une priorité absolue à la problématique de l’évaluation de la performance individuelle des agents dans la feuille de route 2025 du Plan d’action 2025-2029 de l’Agenda Vision Sénégal 2050.
Enfin, le Premier Ministre a relevé la nécessité de se pencher sur le non-respect de l’obligation de ravalement des façades des bâtiments publics et privés. À cet effet, il a
demandé au Ministre en charge de l’Urbanisme de lui proposer des mesures sur cette problématique conformément à la réglementation en vigueur.
AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES :
le Ministre de l’Industrie et du Commerce a fait une communication sur l’approvisionnement du marché en denrées de première nécessité ;
le Ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Elevage a fait le point sur la campagne de commercialisation de l’arachide et le suivi de la campagne
horticole.
Le Ministre de la Formation professionnelle et technique,
Porte-Parole du Gouvernement
Amadou Moustapha Njekk Sarré
LA SENELEC FREINÉE À BRAZZAVILLE
L'énergéticien sénégalais, qui avait devancé des concurrents internationaux de renom comme Hydro Operation International ou PowerCom, voit sa première grande percée en Afrique centrale compromise par des considérations de politique intérieure congolaise
(SenePlus) - La Société nationale d'électricité du Sénégal (Senelec) vient de voir son expansion internationale brutalement freinée au Congo-Brazzaville. L'énergéticien sénégalais, qui avait remporté un important contrat d'affermage pour la distribution et la commercialisation d'électricité dans ce pays d'Afrique centrale, se retrouve au cœur d'une controverse diplomatico-syndicale.
La Senelec avait réussi un tour de force en s'imposant face à plusieurs concurrents internationaux de renom. Comme le rapporte Jeune Afrique, l'entreprise sénégalaise avait devancé "le Suisse Hydro Operation International, le Chinois Inhemeter, l'Israélien PowerCom ou encore le Libanais Mrad Company for Trade, Industry and Contracting" lors d'un appel d'offres international lancé en mai dernier.
Ce succès, qui marquait une étape cruciale dans la stratégie d'expansion régionale de la Senelec, n'aura été que de courte durée. Selon les informations publiées par l'hebdomadaire panafricain, le Premier ministre congolais Anatole Collinet Makosso a ordonné la suspension du contrat à peine deux semaines après sa signature, cédant aux pressions des syndicats d'Énergie électrique du Congo (E2C).
Le directeur général de la Senelec, Pape Toby Gaye, a reçu une notification officielle du ministre congolais de l'Énergie et de l'Hydraulique, Émile Ouosso, l'informant de cette décision prise "en vue d'optimiser la gestion des relations sociales au sein de la société Énergie électrique du Congo dans un contexte caractérisé par une contestation syndicale".
L'entreprise sénégalaise se retrouve ainsi prise en étau dans un conflit social dont elle n'est pas responsable. D'après JA, une source proche du gouvernement congolais affirme que "le processus de sélection s'est pourtant passé dans la transparence la plus totale" et suggère que "ce qui pose visiblement problème, c'est qu'il s'agit d'une société étrangère".
La Senelec avait pourtant été sélectionnée pour son expertise et ses compétences, conformément aux critères énoncés par le ministre Ouosso lui-même. Interrogé par Jeune Afrique en juin dernier, il avait déclaré : "Le délégataire n'apportera aucun franc. Nous le choisirons en fonction de sa compétence et de son expertise dans le secteur".
Le contrat s'inscrivait dans le cadre d'un ambitieux programme de modernisation du secteur électrique congolais, soutenu par "un accord de prêt de 100 millions de dollars accordé par la Banque mondiale", précise le magazine.
L'espoir n'est pas totalement perdu pour la Senelec. Selon Olivier Mazaba Ntondele, coordonnateur du Projet d'amélioration des services d'électricité (PASEL) et responsable au sein de l'Agence de régulation du secteur de l'électricité (Arsel), cité par le magazine, "le contrat restera suspendu mais il n'est pas résilié".
Le gouvernement congolais a mis en place une commission technique interministérielle chargée de vérifier les conditions de conclusion de l'accord. Les conclusions de cette commission seront déterminantes pour l'avenir de la présence de la Senelec au Congo.
Cette suspension représente néanmoins un coup dur pour l'entreprise sénégalaise qui voyait dans ce contrat une opportunité d'affirmer son expertise au-delà des frontières de l'Afrique de l'Ouest. La Senelec devra patienter avant de savoir si elle pourra finalement apporter son savoir-faire à un secteur électrique congolais en grande difficulté, caractérisé par "d'importantes pertes commerciales qui s'élèvent à plus de 41% en 2023", selon les chiffres rapportés par Jeune Afrique.