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6 avril 2025
Politique
DIOMAYE FACE AU COUPERET DE LA REALPOLITIK
Sous cette présidence, la loyauté et le respect des codes institutionnels ne sont pas négociables. Cependant, cette succession de départs forcés interroge sur la capacité du président à identifier les profils adéquats
Depuis son accession à la magistrature suprême, le président Bassirou Diomaye Faye affiche une gouvernance marquée par des décisions fermes et parfois inattendues. En moins d'un an, il a procédé à plusieurs limogeages au sein de son administration, les plus récents étant ceux de Pape Mada Ndour, son chef de cabinet, et de Cheikh Oumar Diagne, ci-devant ministre chargé des Services présidentiels. Ces décisions illustrent la volonté du chef de l’État de s’entourer de collaborateurs respectant une stricte discipline gouvernementale. Mais elles soulèvent aussi des interrogations sur les critères de sélection et les attentes fixés par le président.
L’analyse des récents renvois au sein de l’administration du président Bassirou Diomaye Faye révèle une gouvernance marquée par une fermeté sans compromis, mais aussi par des interrogations sur les critères de sélection et de gestion des collaborateurs. Ces décisions, bien que justifiées par des manquements à la discipline gouvernementale ou des prises de position controversées, soulèvent des questions sur la cohérence et la stratégie de l’équipe présidentielle.
Pape Mada Ndour : un diplomate à la parole trop libre ?
Le limogeage de Pape Mada Ndour a suscité une véritable onde de choc dans la sphère politique et diplomatique. Diplômé de l'École nationale d'administration (ENA), Pape Mada Ndour avait été premier secrétaire à l'ambassade du Sénégal au Maroc jusqu'en juin 2023, avant d'être nommé chef de cabinet du président le 30 avril 2024.
Cependant, sa prise de parole publique, considérée comme maladroite, lui aura coûté son poste. Lors d’une apparition médiatique, Pape Mada Ndour a révélé des éléments sur les rencontres discrètes entre Ousmane Sonko, Diomaye Faye et l’ancien président Macky Sall, à seulement deux jours de la première visite des nouveaux dirigeants au palais présidentiel. Ces confidences, jugées inappropriées par l'entourage du président, ont donné l'impression d'une violation de la règle de discrétion inhérente à une telle fonction.
Des comparaisons ont immédiatement été faites avec le regretté Bruno Diatta qui, en plus de 40 ans de service comme chef du protocole présidentiel, n'avait jamais laissé filtrer la moindre information confidentielle. Bruno Diatta, considéré comme un modèle de professionnalisme et de discrétion, avait su maintenir une rigueur exemplaire dans l'exercice de ses fonctions.
Pape Mada Ndour, en revanche, semble ne pas avoir pris toute la mesure de la retenue exigée par son poste.
Face aux spéculations, l’ex-chef de cabinet a tenu à préciser que son limogeage n’avait aucun lien avec cette interview : "Je voudrais juste préciser que cette décision du président de la République n'est en rien liée à ma dernière sortie médiatique. Émission pour laquelle j'avais, avant d'entrer en contact avec le journaliste, reçu l'accord du président et à la suite de laquelle j'ai reçu les félicitations de Monsieur le Premier Ministre qui en avait vu des extraits."
Malgré cette mise au point, son départ est perçu comme une sanction visant à rappeler l'importance du droit de réserve dans la gestion des affaires étatiques.
Cheikh Oumar Diagne : un ministre trop clivant ?
Deux mois auparavant, c’est Cheikh Oumar Diagne qui avait été écarté du gouvernement, marquant ainsi un deuxième limogeage retentissant de la part du président Diomaye Faye.
Ministre de l'Administration et de l'Équipement à la présidence de la République, Cheikh Oumar Diagne a été démis de ses fonctions après avoir tenu des propos polémiques sur les tirailleurs sénégalais. Dans une interview accordée à Fafa TV le 21 décembre, il avait déclaré : "Ceux qui célèbrent les tirailleurs ne savent pas qui étaient les tirailleurs. Ce sont des traîtres qui se sont battus contre leurs frères, dans leur pays, pour de l'argent."
Ces propos ont provoqué une indignation nationale, car ils intervenaient quelques semaines après la commémoration du massacre de Thiaroye, reconnu officiellement par la France comme un crime d’État. Cette commémoration s'inscrivait dans une volonté de réhabilitation historique des tirailleurs, notamment par l'intégration de cet épisode tragique dans les programmes scolaires sénégalais.
Le limogeage de l’ancien pensionnaire de Diomaye à la prison du Cap Manuel a été interprété comme une volonté du président de prendre ses distances avec des discours radicaux qui pourraient ternir l'image du gouvernement. L’homme était déjà perçu comme clivant, notamment en raison de ses différends avec la communauté mouride lors du Magal de Touba. Certains dignitaires religieux et fidèles lui reprochaient une gestion autoritaire des invitations et des hôtes officiels durant l'événement.
Fermeté ou erreur de casting ?
Ces deux licenciements révèlent la fermeté du président Diomaye Faye, mais ils posent également la question de l’adéquation entre les profils nommés et les attentes du pouvoir. Le président semble opérer des corrections en cours de route, ajustant son équipe en fonction des erreurs commises.
Si cette manière de gouverner peut être perçue comme une marque d'exigence, elle peut aussi traduire une certaine improvisation dans la sélection des collaborateurs. Une chose est certaine : sous Diomaye Faye, la discrétion et la loyauté ne sont pas des options, mais des obligations. Et tout manquement à ces principes se paie au prix fort.
Dans de nombreux pays, il existe des accords tacites ou explicites au sein des gouvernements visant à encadrer la communication publique des membres de l’Exécutif. Ces accords imposent une certaine réserve sur des sujets sensibles afin d’éviter des déclarations susceptibles de fragiliser l’autorité de l’État, d’exposer des divergences internes ou d’alimenter des polémiques inutiles. Cette discipline gouvernementale permet de maintenir une cohésion et d’éviter que des prises de position individuelles ne viennent parasiter l’action collective.
Cependant, cette pratique soulève aussi des interrogations sur la liberté d’expression des ministres et hauts fonctionnaires. Jusqu’où peut aller cette obligation de réserve sans empiéter sur le droit à l’opinion ? Ailleurs, elle est perçue comme une nécessité stratégique pour préserver la stabilité. Elle aussi peut être critiquée comme une entrave à la transparence et au débat démocratique.
Dr Cheikh Dieng : gestion controversée et tensions internes
L’ancien maire de Thiaroye a été la première victime du sabre de Diomaye. Quatre mois après l’accession au pouvoir de ce dernier, il a été démis de ses fonctions. Son limogeage est intervenu dans un climat de controverses, marqué par des accusations de "gestion clanique", avec des recrutements présumés de ses proches et des tensions ouvertes avec son ministre de tutelle, Cheikh Tidiane Dièye, chargé de l’Hydraulique et de l’Assainissement.
Le point de rupture a été atteint lorsqu’une lettre au ton virulent, rédigée par Cheikh Dieng, a fuité dans la presse. Adressée au ministre et datée du 31 juillet – jour même du Conseil des ministres ayant acté son départ – cette missive constituait une réponse à une interpellation ministérielle sur des soupçons de surfacturations et de favoritisme. La correspondance en question faisait suite à une demande d’explication envoyée deux jours auparavant.
L’affaire portait sur l’attribution de marchés de curage des canaux d’évacuation des eaux pluviales à Dakar (lot 1) et dans d’autres régions (lot 2) aux entreprises Tawfekh Taysir et Delgas. Selon l’ex-directeur général de l’Onas, les travaux réalisés à Dakar, notamment au bassin de la Zone de captage et au canal 6, représentaient 55 % de la valeur totale du marché. Il soutenait que ces chantiers avaient été exécutés à 100 % pour les premiers et à 97 % pour les seconds, entre le 27 juin et le 28 juillet, malgré une durée contractuelle initialement prévue pour quatre mois.
Cette affaire, qui a fait couler beaucoup d’encre, reste encore en suspens. L’opinion publique continue d’exiger des clarifications, des explications officielles et, surtout, une reddition des comptes sur ces marchés aux contours opaques.
LE GARDIEN CONTROVERSÉ DU PORT DE DAKAR
"Sauveur" ou "protecteur" par l'étymologie de son prénom, Waly Diouf Bodian s'est imposé comme l'une des figures les plus clivantes du nouveau régime. L'inspecteur des impôts peu loquace gouverne d'une main de fer l'une des mamelles de l'économie
Waly Diouf Bodian, une figure à la fois énigmatique et controversée, incarne aujourd’hui l’archétype de l’homme de confiance devenu homme de pouvoir. Militant de la première heure de Pastef, l’inspecteur des impôts et des domaines est passé du statut de syndicaliste à celui de directeur général du Port autonome de Dakar (PAD), l’une des institutions les plus stratégiques du pays. Mais derrière cette ascension se cache un parcours semé d’embûches, de polémiques et de conflits, qui révèlent un personnage complexe, souvent critiqué pour ses méthodes autoritaires et son style peu orthodoxe.
Le prénom Waly, d'origine arabe, signifie ‘’sauveur’’ ou ‘’protecteur’’, une étymologie qui renvoie à une figure bienveillante, guidée par l'intérêt collectif. Il est également parfois un diminutif de Walid, qui signifie ‘’nouveau-né’’, symbolisant ainsi l’innocence et la pureté. Pourtant, lorsqu’on se penche sur le parcours et les méthodes de Waly Diouf Bodian, d'autres images s'imposent immédiatement à l'esprit.
Homme au teint noir, à la silhouette élancée et au regard perçant, presque immobile. Son visage impassible trahit une réserve naturelle, accentuée par son rire rare et son économie de mots. Toujours soigné dans son apparence, il oscille entre le costume strict et la chemise-cravate, affichant une sobriété calculée qui renforce son aura d’autorité discrète. Peu loquace, il préfère les silences aux discours, laissant souvent planer une impression de distance et de mystère.
Un militant aguerri, marqué par le bracelet électronique
Waly Diouf Bodian n’est pas un novice dans l’arène politique et syndicale. Ancien secrétaire général du Syndicat autonome des agents des impôts et des domaines (SAID), il a longtemps été un acteur clé des luttes syndicales au sein de l’administration fiscale sénégalaise. Mais c’est son engagement au sein de Pastef, le parti d’Ousmane Sonko, qui l’a propulsé sur le devant de la scène. Il a payé le prix de son militantisme : en mars 2023, il a été arrêté et placé sous contrôle judiciaire avec assignation à résidence et surveillance électronique, plus communément appelée "bracelet électronique".
Cette mesure, perçue comme une tentative d’intimidation par le régime de Macky Sall, a fait de lui un symbole de la résistance contre ce que Pastef qualifiait de "dérive autoritaire".
Cet épisode du bracelet électronique, bien que douloureux, a paradoxalement renforcé sa stature au sein du parti et une partie de l’opinion publique. Il est devenu l’un des piliers de la sécurité de Sonko, filtrant les entrées et sorties lors des meetings et déplacements du leader charismatique. Toujours aux côtés de Pros, Bodian a gagné la réputation d’un homme loyal, prêt à tout pour protéger son mentor. Cette loyauté sans faille lui a valu d’être nommé, un mois seulement après l’arrivée au pouvoir du nouveau régime, à la tête du Port autonome de Dakar, un poste stratégique et hautement convoité.
Sa nomination à la tête du PAD est le signe d’une récompense pour ses années de loyauté envers Sonko. Le Port autonome de Dakar, souvent qualifié de "mamelle de l’économie sénégalaise", est un joyau national, un carrefour commercial essentiel pour le pays et la région ouest-africaine. Confier cette institution à Waly, un homme sans expérience avérée dans le domaine portuaire, a suscité des interrogations et des critiques. Pour ses détracteurs, cette nomination est avant tout politique, un moyen de récompenser un fidèle plutôt que de choisir un expert du secteur.
Depuis son arrivée, le PAD est régulièrement sous les feux de l’actualité, mais pas toujours pour les bonnes raisons. Les conflits syndicaux, les problèmes de recrutement et les accusations de gestion autoritaire ont éclipsé les avancées que le nouveau boss et son équipe tentent de mettre en avant. Les syndicats dénoncent une gestion "monarchique", accusant le directeur général de licencier des centaines de travailleurs précaires tout en recrutant des proches en CDI.
Ces accusations, bien que réfutées par la direction du port, ont alimenté une polémique qui ne semble pas près de s’éteindre.
Un style direct et provocateur
Waly Diouf Bodian est connu pour son style direct, voire provocateur. Très actif sur les réseaux sociaux, il n’hésite pas à entrer en guerre ouverte avec ses détracteurs, qu’ils soient citoyens, syndicalistes ou opposants politiques. Ses posts, souvent teintés d’ironie et de sarcasme, révèlent un homme qui ne mâche pas ses mots.
Par exemple, à la journée sans presse en aout 2024, il ironise ouvertement sur cette initiative journalistique : ‘’Le but de la journée ‘sans presse’ ? C'est d'accéder à une journée sans impôts. Ce combat est perdu d'avance.’’ Une déclaration qui en dit long sur son rapport tumultueux avec les médias.
Waly ne se contente pas de répondre aux critiques ; il les anticipe, les provoque et parfois les amplifie. Récemment, il a accusé une partie de cette presse de manipulation. Lorsque cette dernière évoque les données de l’ANSD sur la baisse de performance du PAD en 2024, en variation annuelle par rapport à 2023, il contre-attaque : ‘’Le port de Dakar se porte bien et a progressé en termes de trafic, de chiffre d’affaires et de bénéfice réalisé. N’en déplaise aux journaux dont les conventions de complaisance ont été résiliées.’’
Cette attitude, bien que défendue par certains comme une marque de franchise, est souvent perçue comme contre-productive, noyant le travail de la cellule de communication du port et alimentant les polémiques plutôt que de les apaiser.
En effet, pour beaucoup d’observateurs, cette approche ne fait pas l’unanimité. Certains estiment qu’un directeur général ne devrait pas se livrer à de telles joutes verbales, au risque de décrédibiliser l’institution qu’il dirige. D’autres, en revanche, louent sa transparence et son franc-parler.
Conflits syndicaux et gestion controversée
Parallèlement, les relations de Waly Diouf Bodian avec les syndicats du port sont tendues, pour ne pas dire conflictuelles. Les syndicalistes dénoncent une gestion autoritaire et opaque, marquée par des licenciements massifs et des recrutements obscurs. En novembre 2024, trois membres du syndicat ont été limogés, après avoir partagé sur WhatsApp une photo de Bodian accompagnée d’une accusation selon laquelle il aurait octroyé un marché de 24 millions de francs CFA à son frère. Mais pour les travailleurs concernés, ces explications ne suffisent pas à justifier ce qu’ils considèrent comme une injustice.
Pour certains, ces conflits syndicaux révèlent une gestion jugée brutale et peu soucieuse du dialogue social. Pour Abdou Ndiaye, représentant du Syndicat des travailleurs du port, Bodian se comporte "comme un monarque", imposant ses décisions sans consulter les parties prenantes. Cette image d’un dirigeant autoritaire et peu enclin au compromis colle désormais à la peau du DG du PAD, malgré les efforts de son équipe pour défendre sa gestion.
La direction générale du port réfute toutefois tout acte de licenciement abusif, arguant que ces travailleurs étaient sous contrat à durée déterminée arrivé à expiration.
Un stratège politique redoutable
Sur le plan politique, Waly Diouf Bodian est un stratège redoutable. Militant dans le département de Keur Massar, un bastion de Pastef, il a su s’imposer comme une figure incontournable, même s’il ne fait pas l’unanimité. Lors des dernières Législatives, il s’est opposé au Dr Seydou Diallo pour le poste de coordinateur, sans parvenir à un consensus. Ses méthodes, jugées parfois brutales, lui valent des critiques au sein même de son parti.
C’est un homme qui sait éliminer ou écarter ses adversaires, quitte à susciter des rancœurs, renseigne un militant de Keur Massar-Sud.
Sa proximité avec Ousmane Sonko lui confère une influence considérable, mais elle est aussi une source de tensions. Certains militants lui reprochent d’utiliser cette proximité pour asseoir son pouvoir, au détriment d’une gestion plus collégiale. Son désaccord avec certaines décisions, comme la nomination de Samba Ndiaye, montre qu’il n’hésite pas à exprimer ses divergences, même au sein de son propre camp.
Il incarne à la fois les espoirs et les imperfections du nouveau régime. Homme de confiance, loyal et déterminé, il a su s’imposer comme une figure clé de l’Administration sénégalaise. Mais son style autoritaire, ses conflits avec les syndicats et la presse, et ses méthodes souvent critiquées révèlent un homme à double tranchant.
Reste à savoir si son style de gouvernance lui permettra de maintenir son influence ou s’il finira par s’attirer trop d’ennemis, aussi bien au sein du PAD que dans son propre camp politique. Une chose est sûre : il ne laisse personne indifférent.
VERS LA SIGNATURE DE NOUVELLES CONVENTIONS JUDICIAIRES
Le Sénégal et le Maroc sont en pleine négociation pour la signature de trois nouvelles conventions judiciaires portant sur l’entraide en matière pénale, l’entraide en matière civile et commerciale, ainsi que l’extradition.
Le Sénégal et le Maroc sont en pleine négociation pour la signature de trois nouvelles conventions judiciaires portant sur l’entraide en matière pénale, l’entraide en matière civile et commerciale, ainsi que l’extradition. Ces accords visent à renforcer la coopération juridique entre les deux pays et à faciliter la gestion des affaires judiciaires impliquant leurs ressortissants.
Ces nouvelles conventions viendront compléter le cadre juridique existant entre le Sénégal et le Maroc. Elles permettront notamment d’améliorer l’échange d’informations, d’accélérer les procédures de justice et de mieux organiser la gestion des affaires judiciaires transfrontalières.
Madame le Ministre a insisté sur l’importance de ces accords pour garantir une meilleure protection des Sénégalais impliqués dans des affaires judiciaires au Maroc et vice versa.
Dans ce cadre, la cartographie des Sénégalais emprisonnés au Maroc a été mise à jour. Actuellement, 172 détenus sont recensés à Dakhla et 168 à Laâyoune. Ces prisonniers, condamnés à des peines de 2 à 12 ans, sont principalement poursuivis pour des délits liés au trafic de migrants, aux escroqueries et aux vols.
Les consulats sénégalais jouent un rôle crucial dans le suivi et le recensement de ces détenus, assurant ainsi une prise en charge plus efficace de leurs dossiers.
La ministre a rappelé que le transfèrement des détenus repose sur leur consentement. Chaque prisonnier a le libre choix de purger sa peine au Sénégal ou de rester au Maroc. Cette décision peut être influencée par des considérations sociales et familiales.
À ce jour, trente-huit (38) détenus sénégalais ont exprimé le souhait d’être transférés au Sénégal pour terminer leur peine. La Convention de 2004 entre les deux pays encadre cette procédure, et les frais de transfèrement sont pris en charge par l’État d’exécution.
DEUXIEME TENTATIVE DE FARBA NGOM
Son premier cautionnement avait suscité la stupéfaction de l’opinion. Farba Ngom, qui a décidé de ne pas en rester là, a encore déposé une nouvelle caution.
Son premier cautionnement avait suscité la stupéfaction de l’opinion. Farba Ngom, qui a décidé de ne pas en rester là, a encore déposé une nouvelle caution.
Les avocats de Farba Ngom ont adressé, hier lundi, une nouvelle requête aux fins de cautionnement. Cette fois-ci, elle n’a pas été adressée au magistrat instructeur, mais plutôt à l'Agent judiciaire de l'État (Aje), informe L’Observateur.
Le journal rappelle que le Collège des juges d'instruction avait déjà rejeté une première caution colossale de dix titres fonciers, évalués à 34 milliards francs Cfa. Une garantie qui fut déposés pour couvrir les 31 milliards de francs Cfa mis en cause dans la première affaire dans laquelle il est accusé. Mais, elle n'a pas empêché son emprisonnement.
Dans cette nouvelle caution, les avocats ont changé de stratégie, en déposant leur caution au niveau de l’Aje. Une nouvelle requête qui pourrait ouvrir la voie à une possible nouvelle demande de liberté provisoire devant le Pool judiciaire financier (Pjf).
Pour ce qui concerne le second dossier, portant sur 91 milliards FCfa et pour lequel il est poursuivi pour complicité de détournement de fonds publics, les avocats du député s’étaient appuyés sur la caution de 394 milliards de francs Cfa fournie par Tahirou Sarr, désigné comme auteur principal.
VIDEO
LA MAISON MACKY BOUDE
L’ancienne Première Dame, Marième Faye Sall, a exprimé sa vive indignation suite à l’interdiction de sortie du territoire imposée à Mansour Faye, ancien ministre et maire de Saint-Louis.
L’ancienne Première Dame, Marième Faye Sall, a exprimé sa vive indignation suite à l’interdiction de sortie du territoire imposée à Mansour Faye, ancien ministre et maire de Saint-Louis. Intervenant sur les ondes de RFM, elle a dénoncé une décision arbitraire et injuste.
« Mon grand frère Amadou Mansour Faye a été interdit de voyage alors qu’il s’apprêtait à prendre l’avion pour aller voir notre mère malade. Il n’a rien fait ! Depuis neuf mois, ils ne cessent de l’intimider, mais ils n’ont encore rien vu. »
Très remontée, Marième Faye Sall a rappelé qu’il y a quelques mois, leur mère avait été convoquée à la gendarmerie, une situation qu’elle juge inacceptable.
« Cela ne se passe qu’au Sénégal ! Sans décision de justice, on se permet d’interdire des gens de voyager. Qu’ils sachent que seul Dieu est juge. Nous allons faire face ! »
L’interdiction de sortie du territoire de Mansour Faye suscite de nombreuses interrogations, d’autant qu’aucune décision de justice n’a été officiellement annoncée contre lui.
Cette réaction de Marième Faye Sall vient renforcer l’idée d’un contexte politique tendu, où les interdictions de voyage sont perçues comme des moyens de pression." Amadou mansour Faye est un acteur politique et il assume ses positions",a rappelé Marieme Faye Sall.
VERS UNE NOUVELLE ÈRE JUDICIAIRE ENTRE RABAT ET DAKAR
L’Assemblée nationale va examiner ce mardi 11 mars, le projet de loi n°03/2025 autorisant le président de la République à ratifier la Convention signée le 17 décembre 2004, entre le Sénégal et Maroc, sur l’assistance aux détenus et sur le transfèrement
L’Assemblée nationale va examiner ce mardi 11 mars, le projet de loi n°03/2025 autorisant le président de la République à ratifier la Convention signée le 17 décembre 2004, entre le gouvernement de la République du Sénégal et le gouvernement du Royaume du Maroc, sur l’assistance aux personnes détenues et sur le transfèrement des personnes condamnées. L’adoption de ce texte signé, il y a plus de 20 ans par le régime libéral du président Abdoulaye Wade, le mercredi 22 janvier dernier, en Conseil des ministres au titre des textes législatifs et réglementaires, est considérée par certains observateurs comme une étape vers l’ouverture de procédures judiciaires contre l’ancien chef de l’État, Macky Sall, installé à Marrakech depuis son départ du pouvoir en avril dernier.
Convoqués en session plénières, les députés vont se pencher ce mardi 11 mars sur le projet de loi n°03/2025 autorisant le président de la République à ratifier la Convention signée le 17 décembre 2004, à Rabat (Maroc), entre le gouvernement de la République du Sénégal et le gouvernement du Royaume du Maroc sur l’assistance aux personnes détenues et sur le transfèrement des personnes condamnées, signée le 17 décembre 2004 à Rabat (Maroc). Adopté le mercredi 22 janvier dernier, en Conseil des ministres au titre des textes législatifs et réglementaires, ce texte a été également entériné le 3 mars 2025 par la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale.
Dans un document rendu public hier, lundi 10 mars, relatif à ce vote, le Bureau d’informations et de communication du gouvernement (BIC-G) renseigne au sujet de cette convention qu’elle comporte deux parties, réparties entre vingt-quatre (24) articles. Elle aborde les questions de « l’assistance des Consuls aux personnes détenues, la définition de termes et expressions, les principes généraux, les motifs de refus, les conditions du transfèrement, la procédure, les voies de communication, les demandes de transfèrement et réponses, les informations concernant l’exécution, la dispense de légalisation, le choix des langues, l’escorte et frais, les conséquences du transfèrement, la cessation de l’exécution de la sanction, la grâce, l’amnistie et la commutation, la révision du jugement, application dans le temps, application territoriale », entre autres, explique le BIC-G. Poursuivant, cette source précise également que l’article 8 de cette Convention dispose que la demande de transfèrement peut être présentée, soit par le condamné lui-même ou par son représentant légal qui présente à cet effet, une requête à l’un des deux États. Ou bien, soit par l’État de condamnation soit par l’État d’exécution.
Le BIC-G ajoute à propos de l’escorte et des frais y afférents, que l’article 13 dispose que l'État d’exécution fournit l’escorte pour le transfèrement. « Les frais de transfèrement y inclus de l’escorte sont à la charge de l’État d’exécution, sauf s’il en est décidé autrement par les deux États. Les frais occasionnés exclusivement sur le territoire de l’État de condamnation sont à la charge de cet État. L’État d’exécution peut toutefois recouvrer tout ou partie des frais de transfèrement auprès du condamné. La présente Convention est applicable sur tout le territoire des deux pays, tel qu’en dispose l’article 23 », a encore fait remarquer le BICG.
Revenant sur l’intérêt de la ratification de cette convention, signée il y a plus de 20 ans par le régime libéral du président Abdoulaye Wade et que certains voient comme une étape vers l’ouverture de procédures judiciaires contre l’ancien chef de l’État, Macky Sall, installé à Marrakech depuis son départ du pouvoir en avril dernier, le BIC-G souligne que cette ratification permettra au Sénégal d’apporter son soutien aux nombreux jeunes ressortissants qui tentent de rejoindre l’Europe à bord d’embarcations de fortune, dont certains emprisonnés au Maroc, qui pourraient ainsi bénéficier d’une assistance.
par Boubacar Mohamed Sy
LA FEMME AU CENTRE DE LA STRATÉGIE POUR L’ÉDUCATION DES MASSES
Le tollé qu’a suscité la note de service du Directeur Général du Port Autonome de Dakar aménageant les horaires de travail en faveur des femmes et pour le Ramadan mérite une attention particulière, tant il renseigne sur la complexité de notre société
Amkoullel, l’enfant peulh : « Un enfant peut désobéir à son père mais jamais à sa mère ».
Le tollé qu’a suscité la note de service du Directeur Général du Port Autonome de Dakar aménageant les horaires de travail en faveur des femmes et pour le Ramadan mérite une attention particulière, tant il renseigne sur la complexité de notre société.
Mieux, il renseigne sur une certaine difficulté à mettre sur la besace à idées quelques problématiques de fond dont le traitement permettrait de combattre quelques freins au développement.
Par exemple : en tant qu’écrivain et intellectuel qui se nourrit de controverses scientifiques, je suis (excusez l'emploi du je) déjà très en avance aussi bien dans la réflexion que dans la rédaction d’un essai politique qui traitait de la place de la femme dans notre société.
Le titre choisi, assez complexe, est le suivant : La place de la femme dans la société sénégalaise : entre conformisme ou modernité. (Titre qui pourrait évoluer)
Il reste évident, au demeurant, que traiter le présent sujet serait comme se positionner sur une ligne de crête surtout quand, subséquemment, on veut réfléchir sur ce qui pourrait concourir à une vraie éducation des masses, au Sénégal. Problématique ; à savoir précisément l’absence d’éducation des masses, qui demeure un parmi d’autres des vrais obstacles au développement du Sénégal.
La solution, à cet effet, pourrait être de replacer la femme au centre même de la stratégie pour aboutir à une société ou l’éducation est socle de toute démarche des membres qui la composent.
En vérité, superficiellement, il est difficile pour un pays de se développer avec une grande partie de la population mal éduquée, mal instruite et qui considère l’argent comme la seule valeur à considérer.
Cela justifie l’expansion et la puissance du paraitre outrageusement soigné à « ndoumbelane » et érigé en passe-droit un peu partout.
Venons-en à l’absence d’éducation des masses.
Manifestation de l’absence d’éducation comme frein au développement
L’absence d’éducation dans la société a engendré au Sénégal beaucoup de tares. Lesquelles appréciées aussi bien au niveau des citoyens que des hommes politiques.
En effet, le Sénégal est un pays où chacun peut faire ce qu’il veut. C’est un pays où le respect est mort malgré les discours moralisateurs, à longueur de journée, sur la politesse et sur tout ce qui s’y apparente.
Un pays ou celles et ceux qui essaient de rester sur le droit chemin et qui font preuve de rectitude dans la démarche dérangent. Il est une société où le mensonge est généralisé et banalisé, où la corruption est un recours usité insolemment.
Le mensonge, l’impolitesse, la ruse et la corruption sont-ils devenus les arguments du citoyen qui ne se gêne plus d’en user abondamment dans sa vie courante ?
Le citoyen sénégalais pense que la voie de la réussite passe par l’emprunt des voies de contournement et non par le travail. Ainsi, est-il noté le point de départ de la course, sans règles établies et par toutes sortes de pratiques, vers l’obtention de la richesse.
Ce qu’il y a lieu de comprendre, en réalité, est que tous les problèmes liés au développement comme la mal gouvernance, la gabegie, le népotisme ou l’utilisation à des fins politiques de l’administration découlent ou s’expliquent par une mauvaise éducation.
Il est évident qu’une personne qui a vécu dans des valeurs de partage, de solidarité, de respect du bien d’autrui, du « Ngor, diom et fouleu » aura toujours un comportement exemplaire.
La personne qui reste dans les valeurs constitue une référence absolue et un exemple pour tous. C’est à ce niveau de responsabilité que sont appréciées éducation et instruction. L’éducation est un travail de base sur la personnalité de l’enfant. C’est cela qui subsiste pour dire vrai.
Prenons l’exemple des débats politiques au Sénégal. Le débat politique qui devait être civilisé et didactique n’est qu’étalage, la majeure partie du temps, de médiocrité et d’indiscipline.
Combien de fois, au Sénégal, des militants de partis politiques, du pouvoir comme de l’opposition, se sont montrés en exemple de la pire des manières en ne s’écoutant pas, en s’insultant, au pire, copieusement sur les réseaux sociaux et même ailleurs ? On ne se gêne pas de s’insulter pour exprimer nos désaccords.
Restons toujours sur les réseaux sociaux. Aucune possibilité de débat contradictoire. Des discussions viles et sans réel contenu. Le constat d’une attraction pour les débats sur les personnes, sur la nudité, sur la vie d’autrui, et quelques fois par le fait de quelques presses en ligne, constituant une violation du droit à la vie privée et frisant la majeure partie du temps une atteinte illégale à l’honneur et à la réputation de tiers distingués. Quant aux débats scientifiques, ils sont sanctionnés par leur audience quasi inexistante.
Sur un autre aspect, la vérité « Mbedoum-Bour » est l’expression la plus parlante et la plus évidente d’une conception rétrograde de la société.
Elle témoigne, par ailleurs, d’une absence d’éducation et d’inculture réelles dans notre société. Comment considérer la rue comme un dépotoir d’ordures pour n’importe lequel sénégalais s’il est suivi le sens très précis du “Mbedoum-Bour”.
Un autre exemple des plus illustratifs pour comprendre l’indiscipline au Sénégal reste l’irrespect total du code de la route et l’intolérance sur la route entre chauffeurs. Il suffit d’observer la circulation pour se donner une idée du Sénégal et de ses pathologies impossibles à dissimuler.
Pour terminer sur les manifestations de l’absence d’éducation des masses, chacun peut constater aujourd’hui que l’insulte est banalisée. Le discours racé et policé est de moins en moins constaté contrairement aux années 60 ou il était l’apanage du plus grand nombre.
Quelle décadence !
Quelles sont les causes de cette absence d’éducation des masses ? Les causes de la situation étant multiples. On peut citer, entre autres : la pauvreté, la désertion des parents (mari comme femme) du foyer conjugal pour une quête de vie quotidienne meilleure, la désagrégation de l’enseignement public, la télé et la presse qui font plus du marketing et du busines en offrant plus que du ludisme que du didactique. Le ludisme, en ce sens, est devenu l’opium du peuple.
Jadis, l’éducation et l’instruction des masses étaient un travail communautaire. Elles étaient partagées par différents acteurs à savoir les parents, la famille élargie, les voisins, l’Etat à travers les écoles et pour finir le monde de l’audiovisuel et de la presse.
Il faut revenir, en conséquence, aux fondamentaux à savoir une société normalisée ou chacun jouera traditionnellement son rôle. C’est là où le sujet traité est intéressant puisqu’il insiste sur une mission essentielle dévolue à la femme à savoir l’éducation d’une nation.
Revenons aux causes de la désertion des parents, mari comme femme, du domicile familial. Ce qui traditionnellement fait obstacle à la tâche d’assurer l’éducation des enfants.
Le constat qu’il est possible de faire est que, désormais, homme comme femme se rendent au travail. Cela n’est pas sans conséquence sur la construction de la personnalité de l’enfant dont la responsabilité incombe aux parents.
Plusieurs causes, d’une inégale importance, expliquent la nouvelle situation qui devient une règle. Parmi ces causes, deux des plus significatives restent la dure réalité dans les ménages qui fait que l’homme ne peut plus lui seul, conformément aux préceptes de l’islam et à la vérité culturelle, assurer la dépense quotidienne mais aussi, et dans bien des cas, le mimétisme qui amène la femme africaine à se comporter comme la femme occidentale. Il s’y ajoute le manque d’éducation citoyenne qui fait de l’argent la seule valeur à considérer.
La vérité retient, aussi bien dans les traditions africaines que dans les civilisations islamiques, que jusqu’à un certain âge bien défini, sept ans pour les uns, douze ans pour les autres, l’éducation de l’enfant relève de la femme qui doit lui inculquer les valeurs de base de la famille ainsi que celles de la société.
Pour ce faire, il est vrai, la femme est appuyée par la totalité des membres de la maison y compris les parents proches, les voisins. Quant au père, bien que souvent absent, il n’est jamais exempté de contribuer drastiquement à l’éducation des enfants. La base de l’éducation reposait sur un travail communautaire.
Au terme de l’âge requis, l’enfant est placé entre les mains de l’école qui assurait sa réelle mission. Par ailleurs, au plan historique, en France, la famille appartenait au père qui en détenait la responsabilité.
La raison de la généralisation du travail des femmes en Europe est à chercher dans les effets et conséquences des deux guerres mondiales qui ont décimé l’essentiel de la population jeune qui constituait les soldats.
À la fin de la Seconde Guerre mondiale, les femmes, veuves pour la grande majorité d’entre-elles, se sont vues dans l’obligation de sortir pour travailler, nourrir leurs enfants en bas âge et se nourrir.
Il s’agit d’une situation objective pour répondre à un besoin réel de survie. D’ailleurs, il ne faut pas oublier que le droit de vote accordé aux femmes n’est intervenu que récemment en France.
Dans ce pays, alors que les hommes ont obtenu le droit de vote universel en 1848, il s’est écoulé presque un siècle pour que les femmes obtiennent ce droit. C’est en 1944 qu’elles l’ont eu et n’ont pu, finalement, l’exercer qu’en 1945, juste après la Seconde Guerre mondiale.
La réalité vécue par les femmes africaines est tout autre et fort différente. Elle mérite d’être connue pour faire ressortir la position appréciable et très enviable que l’Islam et les traditions africaines offrent à la femme.
Pour illustration, le proverbe africain ne dit-il pas que « Les pantalons exécutent le jour ce que les foulards ont décidé la nuit » ? Ainsi, la place accordée à la femme, dans ces civilisations, est-elle d’importance.
En vérité, la femme est au centre de tout. Elle est, à la limite et à juste raison, vénérée. Proverbe = Sagesse des nations. Ce que les nations ont sécrété pour en faire vérité.
Aussi, accentuer ce mimétisme alors même que les vécus sont différents, pour affirmer que la femme doit forcément travailler et le faire comme à l’européenne, peut-il se traduire au résultat, par des effets pas si favorables que cela au développement de l’Afrique.
Il est, soit dit en passant, possible d’alerter sur la loi sur la parité qui doit être revue. Elle doit faire l’objet d’une étude sérieuse pour en déterminer les résultats, notamment en termes d’effet et d’impact sur le développement du pays.
Pour terminer avec la France où on a importé presque tout au mépris de nos vérités traditionnelles et sans recours à la tropicalisation, la parité, quoique semblablement obligatoire, reste optionnelle pour les formations politiques.
Au Sénégal, par exemple, même les conseils municipaux ont l’obligation de respecter intégralement la parité. Ce qui sape quelques fois à l’établissement d’un conseil performant.
La question à trouver réponse est de savoir comment les femmes sénégalaises puissent-elles s’épanouir intellectuellement tout en continuant à jouer pleinement leur rôle dans le foyer et notamment celui d’inculquer à l’enfant une éducation de base la plus solide qui passe même plus important que les considérations de préparation de ndogou ?
NB : L’insertion professionnelle des femmes ne répond plus contextuellement à leur seul désir d’épanouissement intellectuel ou à une volonté de contribution significative et incontestable au développement du pays mais une nécessité, pour beaucoup d’entre elles et au même titre que les hommes, de contribuer financièrement dans la maison pour une vie plus aisée. Elle n’est donc et ne sera jamais remise en question.
En définitive, la réponse à la question permettrait de bâtir et de mettre en pratique une politique d'éducation répondant à nos valeurs culturelles et cultuelles.
Boubacar Mohamed Sy est Juriste spécialisé en droit du numérique, des technologies avancées et de la cybersécurité, Conseiller Municipal / Commune de Patte d’oie.
LES DÉPUTÉS CONVOQUÉS EN SÉANCE PLÉNIÈRE CE MARDI 11 MARS
Les travaux débuteront à 10 heures avec l’examen du projet de loi autorisant le Président de la République à ratifier la Convention entre le gouvernement du royaume du Maroc sur l'assistance aux personnes détenues...
Les députés sont convoqués en séance plénière le mardi 11 mars 2025 pour examiner des questions majeures à l’ordre du jour.
D’après le programme établi, les travaux débuteront à 10 heures avec l’examen du projet de loi autorisant le Président de la République à ratifier la Convention entre le gouvernement du royaume du Maroc sur l'assistance aux personnes détenues et sur le transfèrement des personnes condamnées.
Ce texte vise à encadrer les procédures de transfert de détenus entre États, conformément aux conventions internationales.
Ensuite, à 12 heures, l’Assemblée nationale procédera à l’élection des députés devant siéger au Parlement de la CEDEAO.
Cette instance régionale joue un rôle clé dans l’intégration sous-régionale et le renforcement des politiques communes entre les États membres.
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CE REJET CONSTITUE UNE FORME D’EUTHANASIE PARLEMENTAIRE
Invité de l’émission Point de Vue sur la RTS, Moussa Tine, président de l’Alliance Démocratique PENCOO, s’est exprimé sur la question de l’abrogation de la loi d’amnistie. Contrairement à la majorité qui prône une abrogation partielle...
Invité de l’émission Point de Vue sur la RTS, Moussa Tine, président de l’Alliance Démocratique PENCOO, s’est exprimé sur la question de l’abrogation de la loi d’amnistie. Contrairement à la majorité qui prône une abrogation partielle, il défend une suppression totale de cette loi, qu’il considère comme un frein à la quête de vérité et de justice.
Moussa Tine rappelle que l’opposition avait, dès le départ, combattu cette loi, la jugeant inopportune et susceptible d’encourager l’impunité. Il souligne que les violences ayant conduit à la mort de plusieurs Sénégalais doivent être élucidées et que la justice doit jouer pleinement son rôle. « Nous ne pouvons pas accepter que la mort devienne une banalité. Il est essentiel que toute la lumière soit faite sur ces événements afin d’éviter que de telles tragédies ne se reproduisent », insiste-t-il.
Selon lui, indemniser les familles des victimes ne suffit pas. Il estime qu’une démarche similaire à celle entreprise en Afrique du Sud avec la Commission Vérité et Réconciliation permettrait d’établir les faits avant toute décision sur une éventuelle amnistie.
Moussa Tine réfute l’argument selon lequel l’abrogation de la loi d’amnistie pourrait conduire à un retour en prison de certaines figures politiques. « Personne ne peut emprisonner le président de la République ou le Premier ministre. Nous avons toujours considéré qu’ils avaient été injustement incarcérés. Il n’y a donc aucune raison qu’ils soient à nouveau inquiétés », explique-t-il.
Il critique également le rejet par la majorité de la proposition de loi de Thierno Alassane Sall visant à supprimer totalement la loi d’amnistie. Selon lui, cet argument repose sur une interprétation erronée de l’article 82 de la Constitution, qui encadre les propositions de loi impliquant des charges budgétaires nouvelles.
« Ce rejet constitue une forme d’euthanasie parlementaire, car si l’on suit cette logique, plus aucune proposition de loi ni amendement émanant des députés ne serait recevable sous prétexte d’une incidence budgétaire », prévient-il. Il ajoute que cette position pourrait se retourner contre la majorité elle-même, car ses propres initiatives législatives risqueraient d’être rejetées pour les mêmes raisons.
Moussa Tine invite les autorités et les parlementaires à privilégier l’intérêt général en permettant l’abrogation totale de la loi d’amnistie. Pour lui, cette démarche est une obligation morale et politique afin de rétablir la confiance des citoyens dans les institutions et d’éviter que l’histoire ne se répète.
L'ULTIMATUM DE LA CITÉ FAYÇAL
Cinquante-deux familles, dont d'anciens hauts fonctionnaires et ministres, font face à des sommations de déguerpissement malgré leurs baux emphytéotiques de 99 ans signés en bonne et due forme
La très paisible cité Fayçal est devenue bruyante depuis que la Sogepa dirigée par l’ancien patron du syndicat des impôts et domaines Elimane Pouye a envoyé des sommations de déguerpissement à 52 familles parmi lesquelles d’anciens hauts fonctionnaires et d’anciens ministres de libérer les lieux, malgré le fait que les occupants disposent de baux emphytéotiques en bonne et due forme.
Située dans la commune de Golf Sud sise dans le département de Guédiawaye, la Cité Fayçal est au-devant de l’actualité avec la décision du nouveau gouvernement dirigé par des inspecteurs des impôts et domaines de reprendre en main les maisons et d’expulser les occupants dont certains y vivent depuis plus de 40 ans. Aux 52 ans familles, il est demandé de quitter les lieux avant le mois d’août prochain, cela malgré le contrat de bail de 99 ans qui lie l’Etat à l’occupant. En réaction, le collectif mis en place par ces hauts fonctionnaires ayant servi l’Etat avant de faire valoir leurs droits à une retraite paisible a répondu à la Sogepa avec ampliation au président de la République pour s’opposer à cette mesure «inique» qui fragilise l’Etat de droit.
Pour ceux qui ne connaissent pas la cité Fayçal, il faut savoir que c’est un projet immobilier d’El Hadji Djily Mbaye qui l’a réalisé dans les années 1980 en prélude au sommet de l’Organisation de la conférence islamique. L’Etat prévoyait d’y loger ses hôtes lors du sommet de l’Oci tenu finalement au Sénégal en 1991. Mais l’aéroport étant éloigné de cette cité, le Roi Fahd, à l’époque pour des raisons de sécurité, a fait construire l’hôtel King Fahd pour y loger ses hôtes de marque. L’Etat du Sénégal a, par la suite, racheté la cité Fayçal de El Hadji Djily Mbaye pour y loger ses hauts fonctionnaires. Ce qui n’est pas un phénomène nouveau. Les présidents successifs dont Léopold Sédar Senghor, Abdou Diouf et Abdoulaye Wade ont autorisé les ventes de villas administratives à d’éminentes personnalités dont on ne peut douter de leur probité morale, intellectuelle et professionnelle. Seulement, la Sogepa trouve cette mesure illégale. D’après Elimane Pouye et Cie, une transaction sur le patrimoine bâti de l’Etat relève d’une loi devant être adoptée par l’Assemblée et non d’un décret comme cela est le cas dans cette affaire dite de la cité Façal.
Le ministre Ousmane Diagne sur la liste
Et pour le cas spécifique de la cité Fayçal, les occupants sont pour la plupart des retraités de l’État du Sénégal qui ont passé plus de 30 ans dans leurs villas. Ils ont été affectataires depuis 1990 pour certains. Et compte tenu du niveau des charges d’entretien des villas, le président Abdou Diouf avait décidé de vendre les villas aux occupants. Un vœu qu’il n’a pas pu réaliser. Et c’est le Président Wade qui le fera plus tard et en a fait bénéficier d’autres occupants qui étaient dans le gouvernement. C’est le 26 février 2008 qu’il a émis cette lettre décision de vente des villas imputée à l’ancien ministre d’État chargé des Finances, Abdoulaye Diop. Ainsi, l’État a délivré des «baux emphytéotiques» compris entre 50 et 99 ans aux occupants. Ces baux donnent des droits réels aux bénéficiaires. Parmi les bénéficiaires, il y a des anciens ministres, des Ige, des magistrats de tous les régimes qui se sont succédé. On peut citer l’actuel garde des Sceaux Ousmane Diagne, l’Ige et l’ancien ministre Sg de la Présidence Maxime Jean Simon Ndiaye, l’ancien Sg du gouvernement Ousmane Ndiaye, les anciens Dg Cheikh Issa Sall, Maguette Sène, Aliou Sall, les anciens ministres Kouraichi Thiam, Kansoumbaly Ndiaye, l’ancien vice-président du conseil constitutionnel, le professeur Abdoulaye Elimane Kane, etc. Si certains ont vendu, d’autres étant confortables dans leurs droits y ont investi plusieurs millions pour continuer non seulement à rendre habitables les villas mais aussi améliorer l’environnement de la cité souvent exposée à « des inondations» provenant du refoulement des eaux du Lac Technopôle et des pluies. D’ailleurs, une visite de la cité nous a permis de constater plusieurs désagréments. Il y a actuellement une maison inoccupée construite depuis 1990, devenue la niche de chiens errants comparée à certaines occupées bien entretenues par leurs résidents qui y ont même fait des modifications.
Pire encore, une partie du mur qui sépare la cité au Lac Technopôle est complètement abimée. Les rues ont perdu leurs revêtements à l’exception de celle dite de contournement qui a été refaite en autobloquant grâce au concours des gens de la cité. Nos sources nous renseignent d’ailleurs qu’une collecte a été effectuée auprès des résidents pour remettre en service l’éclairage public de Fayçal, exposée à l’insécurité due à des agressions et vols de jour comme de nuit ainsi qu’une fréquentation de reptiles sauvages dont des varans et autres bêtes provenant du Lac et de ses envions. «Sans les efforts conjugués par les occupants, la cité Fayçal allait disparaître du patrimoine de l’État du fait de l’état de ruine très avancé des villas construites depuis les années 1980», confie un occupant. Avec leurs titres, ils s’acquittent des redevances à l’État sur la base de la valeur vénale expertisée et contenue dans ces baux en loyer au niveau de l’administration. Pour le loyer annuel, il est égal à la valeur vénale du bien immobilier divisé par la durée du bail. « Ces loyers sont payés sur la base de modiques pensions de retraités de ces hauts fonctionnaires qui ont tout donné à l’État. Et n’eût été l’assistance de leurs enfants, l’État les aurait abandonnés dans la pauvreté et la misère totale du Sans domicile fixe», ditil.
En lieu et place de 52 villas, explique-t-on, c’est 45 familles qui sont visées par les avis. «Au moment où l’État achetait les maisons à El Hadji Djily Mbaye, il faut soustraire une maison de la veuve du riche homme d’affaires et 02 propriétaires privés et les 04 villas réservées et à des adjoints au Gouverneur, soit au total 07 maisons. Ce qui porte donc à 45 au total le nombre de villas occupées par de hauts fonctionnaires qui sont pour la plupart des retraités. «Nous avons l’impression que l’État n’a pas de mémoire, ni d’archives sur le foncier pour la bonne et simple raison que ces dignes fonctionnaires se sont réveillés un jour devant un avis de résiliation de baux emphytéotiques servis par ce même Etat alors qu’il est attesté qu’un bail emphytéotique de 99 ans ne peut être résilié que par un juge. Ce qui veut donc dire que l’État ne peut pas être juge et partie à un contrat qu’il a lui-même établi et qui de surcroît est un contrat d’adhésion. Donc cet avis est un document nul et non avenu. Il doit donc être annulé». C’est ce que notre interlocuteur demande à l’actuel directeur de la Sogepa, Elimane Pouye qui les a reçus le 13 août 2024.