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4 avril 2025
Politique
SCANDALES DANS LES COMPTES DE L'ÉTAT
Dette sous-évaluée de 5.000 milliards FCFA, déficit réel deux fois plus élevé qu'annoncé, 114 milliards d'emprunt jamais versés au Trésor public. Le rapport de la Cour des Comptes dévoile cinq années de manipulation massive des finances publiques
(SenePlus) - La Cour des Comptes vient de publier un rapport accablant sur la gestion des finances publiques entre 2019 et mars 2024, mettant en lumière des irrégularités majeures, des dettes non comptabilisées, et des pratiques financières opaques qui ont pesé lourdement sur les finances de l’État. Ce rapport, qui fait suite à un audit approfondi, révèle des écarts significatifs entre les données officielles et la réalité des comptes publics, ainsi que des manquements graves dans la gestion de la trésorerie et de l’endettement.
Des recettes irrégulièrement rattachées et des créances non recouvrées
Le rapport de la souligne que des recettes fiscales ont été irrégulièrement rattachées à des exercices antérieurs, faussant ainsi les données budgétaires. Par exemple, des recettes perçues en 2020 ont été comptabilisées en 2019, réduisant artificiellement le déficit budgétaire de cette année-là. Ces pratiques ont été observées à la Direction générale des Impôts et des Domaines (DGID) et à la Direction générale des Douanes (DGD), avec un total de 131,04 milliards de F CFA irrégulièrement rattachés entre 2020 et 2024.
En outre, les restes à recouvrer (RAR), c’est-à-dire les créances fiscales non perçues, ont été sous-estimés. Le rapport du gouvernement indiquait un montant de 408,2 milliards de F CFA, mais la Cour a révélé que ce chiffre ne tenait pas compte des créances douanières de 261,71 milliards de F CFA, portant le total des RAR à 669,9 milliards de F CFA au 31 mars 2024.
Des dépenses fiscales non exhaustives et des exonérations non évaluées
La Cour a également constaté que les dépenses fiscales, notamment les exonérations accordées par l’État, n’ont pas été correctement évaluées. Le rapport du gouvernement ne fournissait pas de données pour les années 2022 et 2023, en violation des normes de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Selon la Cour, ces manquements empêchent une vision claire de l’impact des exonérations sur les finances publiques.
Des transferts massifs aux services non personnalisés de l’État
Le rapport révèle que les services non personnalisés de l’État (SNPE), des entités dépourvues de personnalité juridique, ont bénéficié de transferts budgétaires massifs, totalisant 2 562,17 milliards de F CFA entre 2019 et 2024. Ces transferts, effectués via des comptes de dépôt, ont échappé aux contrôles de régularité, exposant les deniers publics à des risques de mauvaise gestion.
Parmi les comptes de dépôt examinés, celui de la Cellule d’Appui à la mise en œuvre des projets et programmes (CAP/Gouvernement) a été utilisé pour des dépenses non autorisées, notamment des remboursements de dettes bancaires sans lien avec l’objet initial du compte. En 2023, un montant de 305,94 milliards de F CFA a été décaissé pour rembourser des dettes, sans que ces opérations ne soient retracées dans les comptes de l’État.
Des discordances dans les données sur les ressources extérieures
La Cour a relevé des écarts importants entre les données fournies par la Direction de l’Ordonnancement des Dépenses publiques (DODP) et celles du Tableau des Opérations financières de l’État (TOFE). Par exemple, en 2023, les dépenses financées par des prêts projets communiquées par la DODP étaient supérieures de 696,7 milliards de F CFA à celles enregistrées dans le TOFE. Ces écarts ont pour effet de minorer artificiellement le déficit budgétaire.
Une dette bancaire hors circuit budgétaire
Le rapport met en lumière une dette bancaire importante contractée hors des procédures budgétaires normales. Au 31 mars 2024, l’encours de cette dette s’élève à 2 517,14 milliards de F CFA, dont 1 961,07 milliards de F CFA de crédits directs et 357,89 milliards de F CFA de certificats nominatifs d’obligations (CNO). Ces dettes, souvent adossées à des lettres de confort signées par les ministres des Finances, n’ont pas été autorisées par le Parlement et ne figurent pas dans les lois de finances.
Un surfinancement utilisé pour des dépenses non budgétées
En 2023, un surfinancement de 604,7 milliards de F CFA a été dégagé, mais une partie de ces fonds (326,43 milliards de F CFA) a été utilisée pour des dépenses non prévues au budget, notamment des remboursements de dettes bancaires et des transferts à des entreprises publiques comme la Senelec et Air Sénégal. Ces dépenses, effectuées sans couverture budgétaire, ont été autorisées par le ministre des Finances, en violation des règles de la loi de finances.
Des dépôts à terme non reversés au Trésor
La Cour a également constaté que des dépôts à terme (DAT) d’un montant total de 141,09 milliards de F CFA, constitués par le Trésor public, n’ont pas été reversés. Ces fonds, bloqués dans des banques commerciales, ont été utilisés pour couvrir des dépenses non autorisées, sur instruction des ministres des Finances. Cette pratique contrevient aux règles de gestion des deniers publics, qui stipulent que seuls les comptables publics sont habilités à manier les fonds de l’État.
Un reliquat de 114,4 milliards de F CFA du Sukuk SOGEPA non versé au Trésor
Le rapport révèle également que sur les 247,33 milliards de F CFA issus de l’emprunt obligataire (Sukuk) émis par la Société nationale de Gestion et d’Exploitation du Patrimoine bâti (SOGEPA) en 2022, seulement 132,9 milliards de F CFA ont été reversés au Trésor public. Le reliquat de 114,4 milliards de F CFA a été utilisé en dehors des circuits budgétaires, sans justification claire.
Des déficits budgétaires sous-estimés
En recalculant les déficits budgétaires en tenant compte des dépenses non comptabilisées, des rattachements irréguliers de recettes et des dettes bancaires hors cadrage, la Cour a constaté que les déficits réels sont bien supérieurs à ceux affichés par le gouvernement. Par exemple, en 2023, le déficit recalculé s’élève à 2 291 milliards de F CFA, soit 12,3 % du PIB, contre un déficit officiel de 911,7 milliards de F CFA (4,9 % du PIB).
Une dette garantie sous-estimée
Le rapport du gouvernement indiquait une dette garantie de 535 milliards de F CFA, mais la Cour a révélé que ce montant est en réalité de 2 265,45 milliards de F CFA, incluant des garanties accordées à des projets dans le secteur de l’énergie, notamment à la Senelec. Ces garanties, non prises en compte dans les documents officiels, exposent l’État à des risques budgétaires importants.
Un appel à la transparence et à la responsabilité
La Cour des Comptes a formulé plusieurs recommandations pour améliorer la gestion des finances publiques, notamment la rationalisation des transferts aux SNPE, la clôture des comptes bancaires non gérés par des comptables publics, et la publication des rapports d’évaluation des dépenses fiscales dans les délais prévus par l’UEMOA. Elle appelle également à une meilleure coordination entre les différentes directions du ministère des Finances pour garantir l’exactitude et l’exhaustivité des données budgétaires.
Ce rapport, qui met en lumière des dysfonctionnements majeurs dans la gestion des finances publiques, soulève des questions cruciales sur la transparence et la responsabilité des gestionnaires publics. Il reste à voir comment les nouvelles autorités répondront à ces constats et quelles mesures seront prises pour éviter que de telles irrégularités ne se reproduisent à l’avenir.
lettre d'amérique, par rama yade
LA FIN DE L’USAID, UN NOUVEAU DEPART POUR L’AFRIQUE
Au fond, les Africains n’auraient pas dû attendre que Donald Trump coupe les vivres humanitaires. Ils auraient dû prendre les devants et réorienter leurs partenariats extérieurs sur des bases plus saines
C’est fait. L’Agence américaine pour le développement international (Usaid) n’existe plus. Ici, à Washington, on a même aperçu, sur Pennsylvania Avenue, des hommes couvrir de noir le nom de l’institution. C’est la conséquence du décret signé par le Président Donald Trump le 21 janvier 2025 et exigeant, sauf pour «l’assistance militaire à destination de l’Egypte et d’Israël», «une pause de 90 jours pendant laquelle l’efficacité des programmes et leur cohérence avec la politique étrangère des Etats-Unis vont être évaluées». Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a toutefois précisé, le 28 janvier, que cette suspension ne concernait pas l’aide alimentaire d’urgence.
«Thank you for your service»
Pas de long processus législatif, pas de débat au Congrès, pas de grève des personnels. C’est par un simple email se terminant par «Merci pour votre service» qu’ont été mis en congé 10 000 personnels dont deux tiers basés à l’étranger, priés de rentrer à Washington. Des élus démocrates comme Ilhan Omar ou Jamie Raskin ont bien tenté des manifestations devant le siège d’Usaid, il était trop tard. Ils avaient laissé passer le week-end. Tous les ordinateurs ont été emportés par le Doge, le nouveau bureau anti-gaspillage dirigé par Elon Musk.
En un claquement de doigts, l’Usaid, le plus grand pourvoyeur d’aide au développement dans le monde depuis sa création en 1961, sous la présidence Kennedy, a été fermée. La célérité de ce démantèlement est un démenti féroce à tous les gouvernements incapables d’agir vite. Quand on veut, manifestement on peut, seraient tentés de penser certains électeurs.
L’Amérique d’abord
On se gardera bien de relever les raisons propres aux Etats-Unis qui ont amené la nouvelle administration à sceller le sort de l’Usaid. Le nouvel homme fort de Washington cherche à réaliser 1000 milliards de dollars d’économies sur le fonctionnement de l’Etat fédéral. De plus, pour Elon Musk, l’Usaid, que ce dernier a qualifiée d’ «organisation criminelle», poursuivait des objectifs qui ne correspondent plus aux priorités de la nouvelle administration, «l’Amérique d’abord». On a ainsi vu la nouvelle porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leawitt, scandalisée, tendre des feuilles où manifestement figuraient des actions financées par l’Usaid comme «1,5 million de dollars pour faire progresser Dei [Diversité, Equité, Inclusion est un programme honni des trumpistes, garantissant une meilleure représentation des minorités sexuelles et ethniques] sur les lieux de travail en Serbie ; 70 000 pour la production d’une comédie musicale Dei en Irlande ; 47 000 pour un opéra transgenre en Colombie, 32 000 pour une bande dessinée transgenre au Pérou». Après tout, il n’y a rien de choquant pour un président élu d’appliquer le programme pour lequel il a été élu et de définir ses propres priorités. On ne voit pas non plus pourquoi les administrations devraient échapper à une évaluation de leurs missions. Toutes ces actions sont légitimes si elles se font dans le respect de la loi. Et c’est la question qui agite ceux qui résistent à la déferlante Maga. On ne se prononcera pas non plus sur les conséquences de cette fermeture sur la politique étrangère américaine, les analystes de DC rivalisant de prédictions sur la manière dont cette fermeture avantagera - ou non - la Chine et la Russie pour combler le vide ainsi laissé. Sans doute les décideurs de Washington y ont pensé.
L’Afrique, première victime ?
En revanche, si l’aide à la sécurité à l’Ukraine ou la formation des écolières sous régime taliban ont cessé, tous sont unanimes pour affirmer que l’Afrique, qui est notre principale préoccupation ici, sera la première victime de l’effondrement de l’Usaid. Les pays africains reçoivent en effet un quart de l’aide globale américaine, l’Usaid comprise, soit près de 18 milliards de dollars. En dehors de l’Egypte, les principaux bénéficiaires africains sont : l’Ethiopie, la Somalie, le Nigeria et la RDC. C’est surtout en matière d’aide d’urgence et de santé, avec le Plan présidentiel d’aide d’urgence à la lutte contre le sida (Pepfar), que l’émotion a été vive, poussant l’administration à suspendre le décret pour les aides médicales vitales.
Et de citer le bilan de l’organisation. Au cours de l’exercice 2023, les Etats-Unis ont déboursé 72 milliards de dollars d’aide en faveur d’une centaine de pays, dans des domaines aussi divers que la santé des femmes dans les zones de conflit, l’accès à l’eau potable, en passant par les traitements contre le Vih/sida, la sécurité énergétique et la lutte contre la corruption. Il se dit que les programmes de lutte contre le sida et le paludisme ont permis d’éviter 200 000 morts par an dans les pays pauvres. Du Soudan à la Rdc, des centaines de millions de dollars de nourriture et de médicaments, déjà livrés par des entreprises américaines, se trouvent dans les ports, en raison de la fermeture soudaine de l’agence.
Et alors ?
Sur des questions aussi fondamentales, l’Afrique n’aurait jamais dû dépendre d’un agenda étranger, américain ou autre. L’éducation des filles, la santé, l’Armée, ce sont des domaines stratégiques qui devraient relever du domaine régalien des nations, même africaines. D’ailleurs, pour tous les Etats engagés sur la scène internationale, l’aide au développement procède toujours plus d’une démonstration d’influence, de pouvoir que de la générosité. Surtout, elle n’a jamais sorti aucun pays du sous-développement. Régulièrement, les Ong déplorent que l’aide au développement déployée par les pays riches reste inferieure aux recommandations des Nations unies. Plutôt que d’accroître la dépendance africaine à des aides inefficaces, tous ces efforts auraient été mieux employés s’ils avaient été consacrés à des politiques bien plus décisives comme le renforcement du commerce entre économies africaines (désespérément en deçà de 15% quand il s’élève au-delà de 90% entre les économies européennes), l’introduction de monnaies souveraines (l’éco n’a toujours pas vu le jour malgré les annonces tonitruantes) ou encore la transformation industrielle locale des ressources, la formation d’ingénieurs et de scientifiques.
Proposer un deal à Donald Trump
Au fond, les Africains n’auraient pas dû attendre que Donald Trump coupe les vivres humanitaires. Ils auraient dû prendre les devants et réorienter leurs partenariats extérieurs sur des bases plus saines. Le même souci d’efficacité et la politique du «America first» qui animent les Etats-Unis, devraient animer les Africains. Avec son «Ghana beyond aid», le Ghana avait bien essayé sous la présidence de Nana Akufo-Addo, mais c’est le Botswana qui y est parvenu avec davantage de succès, transformant localement son diamant pour mettre en place une stratégie de croissance réussie. Plutôt que de se battre pour le maintien de ces «aides au développement», les Africains devraient profiter de la fin de l’Usaid pour, au minimum, accompagner et élargir la demande américaine d’évaluation à tous les dispositifs d’aide et, au mieux, proposer un nouveau partenariat aux Occidentaux, fait d’investissements directs et de commerce plus juste. Après tout, les économies africaines ont des atouts et des ressources dont peu d’Etats dans le monde disposent à grande échelle. On peut parier que le «dealmaker» ou «négociateur», qu’est Donald Trump, ne sera pas insensible à cette approche.
Rama Yade est Directrice Afrique Atlantic Council.
LE SÉNÉGAL PERD SES SOIGNANTS
Avec seulement 0,69 médecin pour 10 000 habitants, bien loin des recommandations de l'OMS, le pays peine à retenir ses professionnels de santé face aux conditions de travail difficiles et aux salaires peu attractifs
Depuis plusieurs années, le Sénégal est confronté à un exode massif de ses professionnels de santé vers la France et d'autres pays européens. Ce phénomène, qui ne cesse de s’accentuer, pose un véritable problème de santé publique, menaçant l'équilibre déjà fragile du système médical national.
Il y a quelques jours, le licenciement du Dr Maïssa Ndao, médecin vacataire au centre de santé de Grand-Dakar, a exacerbé les tensions dans un secteur déjà en proie à des difficultés chroniques. Considérée comme arbitraire par ses collègues, cette décision a déclenché une vague de protestations et de menaces de grève, révélant au grand jour les maux qui rongent la profession médicale au Sénégal.
Le Dr Ndao a été licencié, après avoir osé demander une augmentation de salaire, selon certains de ses proches, alors que son supérieur hiérarchique a avancé qu’il avait critiqué la gestion financière du centre de santé lors d’une réunion de cogestion à laquelle il n’avait pas été officiellement convié. Le médecin-chef du centre, Dr Modou Ndiaye, justifie cette décision par une attitude jugée ‘’irrespectueuse’’ et une perturbation de la réunion. Cependant, pour les collègues du Dr Ndao, ce licenciement est symptomatique d’un système qui étouffe la liberté d’expression et méprise les professionnels de santé. ‘’Nous attendons la réponse du Syndicat autonome des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes (Sames). S’il ne réagit pas, nous allons arrêter toute prestation dans les structures publiques’’, a déclaré El Hadj Babacar Ndoye, porte-parole du Mouvement des jeunes médecins du Sénégal, lors d’un point de presse.
Une profession en souffrance
Cette affaire a remis en lumière les conditions de travail difficiles des médecins sénégalais. Entre salaires insuffisants, plateau technique défaillant et recrutements au compte-gouttes, la profession se sent délaissée. Avec seulement 0,69 médecin pour 10 000 habitants, le Sénégal est loin des recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui préconise un médecin pour 5 000 à 10 000 habitants. S’y ajoutent le manque d'infrastructures, des salaires peu attractifs et des conditions de travail déplorables. Ils constituent les premières causes d’un exode noté. De nombreux médecins, infirmiers et spécialistes déplorent le manque de matériel adéquat et les longues heures de travail, souvent sans compensation financière suffisante.
Ainsi, la France, qui est le principal pays d’accueil des médecins sénégalais, profite de cette situation. Elle offre de meilleures opportunités : salaires plus élevés, meilleures conditions de travail et une reconnaissance professionnelle accrue. Chaque année, de nombreux jeunes médecins s’envolent vers l'Hexagone, après avoir réussi les concours de validation de diplômes étrangers.
Selon des sources hospitalières, certains services de santé français fonctionnent grâce à la présence massive de médecins issus d’Afrique francophone, notamment du Sénégal.
La contribution percutante du Dr Boubacar Signaté
Ces centaines de médecins qui quittent le pays pour l’Europe ou les États-Unis sont attirées par de meilleures conditions de travail et des rémunérations plus attractives. Cette fuite des cerveaux, déjà préoccupante, risque de s’aggraver, comme l’a souligné le docteur Boubacar Signaté, médecin urgentiste à Paris et figure respectée du secteur, dans une contribution virale largement partagée sur les réseaux sociaux.
Dans la foulée, il précise qu’avant, c’était les Maghrébins qui étaient en nombre. Ils le sont toujours, 3 000 candidats pour certaines spécialités, 2 000 pour d’autres, pour parfois moins de 100 postes ouverts. ‘’C’est la première fois, cette année, que j’ai vu beaucoup de médecins sénégalais se présenter en nombre et surtout être lauréats de ce concours. Certains déjà en France, mais, fait inédit cette année, d’autres sont venus directement du Sénégal concourir et être lauréats. Donc, ils vont s’y mettre de plus en plus et réussir le concours’’, alerte ce médecin urgentiste.
Dans ce contexte alarmant, le Dr Signaté, qui vit à Paris, a dressé un tableau sans concession de la situation. ‘’Si vous pensez qu’il y a une saignée, attendez-vous à une hémorragie massive’’, a-t-il averti. Il décrit en détail les mécanismes qui poussent les médecins sénégalais à partir, notamment vers la France, où ils peuvent obtenir une autorisation de plein exercice après avoir réussi un concours exigeant.
‘’En France, les médecins sénégalais sont accompagnés dans leurs démarches administratives, logés et bénéficient d’un cadre de travail moderne et respectueux. Ici, au Sénégal, nous sommes traités comme des citoyens de seconde zone’’, déplore-t-il.
Le médecin sous-entend aussi que les revenus des médecins au Sénégal sont si bas qu’il serait presque choquant de les mentionner. En comparaison, dans des pays comme la France, les médecins bénéficient de salaires nettement plus élevés, ce qui rend la situation sénégalaise d’autant plus difficile à accepter. Il suggère que les médecins sénégalais sont sous-payés, ce qui les pousse à chercher des opportunités à l’étranger. ‘’Je ne parlerai pas des revenus, ce serait indécent, ni des conditions de travail, ni de la protection sociale du travailleur et de sa famille, ni du cadre de vie, ni de la reconnaissance et du respect donnés au médecin. Il n’y a qu’au Sénégal qu’on ne sait pas qu’un médecin a plus de valeur que toutes les pièces précieuses réunies’’, ironise-t-il.
En outre, il pointe du doigt le retard sur le plan de la formation inadaptée aux exigences modernes. ‘’Nos universités, leurs programmes pédagogiques et leurs visions dans le domaine des sciences de l’éducation sont obsolètes. Les enseignants qui y officient dans leur majorité sont dépassés et totalement fermés à toutes velléités de réforme de l’espace universitaire. Les plus jeunes d'entre étant les pires sur ce point. Nos autorités étatiques sont sourdes, aveugles et muettes, à commencer par nos deux ministères de tutelle : de la Santé et de l’Enseignement supérieur’’, s'indigne-t-il.
Le Dr Signaté souligne également que cette fuite des cerveaux ne se limite pas à la France. Le Canada, la Belgique, le Luxembourg et la Suisse attirent également de nombreux professionnels de santé sénégalais. ‘’Ce que vous voyez aujourd’hui n’est qu’un petit saignement. Une hémorragie massive est en route’’, prévient-il. Les universités sénégalaises forment environ 1 000 médecins par an, mais l’État n’en recrute qu’une centaine pour les structures publiques. ‘’Nous ne pouvons pas absorber tout le flux de diplômés’’, explique le professeur Bara Ndiaye, doyen de la faculté de Médecine de l’Ucad.
Cette situation crée un cercle vicieux : les médecins, frustrés par le manque de perspectives, partent à l’étranger, laissant le système de santé sénégalais encore plus affaibli.
Une réforme urgente
Pour inverser la tendance, le Dr Signaté appelle à une refonte complète du système de santé et de l’enseignement médical. ‘’Il faut former une nouvelle génération de médecins qui restera au Sénégal. Celle-ci ne restera pas’’, a-t-il affirmé.
Face à cette situation, le gouvernement sénégalais tente d'apporter des réponses, mais celles-ci restent insuffisantes. La revalorisation des salaires, l'amélioration des infrastructures et la création de meilleures conditions de travail pourraient contribuer à retenir ces talents. Certains experts suggèrent également la mise en place d’accords bilatéraux avec les pays d’accueil afin de favoriser le retour de ces médecins après quelques années d’expérience à l’étranger.
En attendant, les menaces de grève se multiplient et le licenciement du Dr Ndao pourrait bien être l’étincelle qui déclenchera une crise majeure dans le secteur de la santé. Car son licenciement n’est pas une affaire isolée. C’est le symptôme d’un système de santé à bout de souffle, où les médecins se sentent méprisés et sous-estimés. Alors que la fuite des cerveaux s’accélère, le Sénégal doit agir rapidement pour éviter une catastrophe sanitaire.
En effet, le secteur de la santé est un pilier essentiel du développement d'un pays et l'exode de ses acteurs principaux met en péril la capacité de la nation à assurer des soins de qualité à sa population. La volonté politique et des investissements stratégiques seront nécessaires pour enrayer cette tendance et redonner espoir aux soignants qui aspirent à exercer dans leur propre pays.
SONKO ET SON GOUVERNEMENT ATTENDUS DEVANT L’ASSEMBLÉE NATIONALE
Cette séance, inscrite dans l’exercice du contrôle parlementaire, permettra aux députés d’interpeller l’exécutif sur des préoccupations nationales majeures.
Le président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, a annoncé la prochaine comparution du Premier ministre Ousmane Sonko et de son gouvernement devant les députés dans le cadre de l’exercice des questions au gouvernement. L’annonce a été faite ce mardi 11 février lors du vote des deux projets de loi sur la réglementation bancaire et la microfinance.
Cette séance s’inscrit dans le cadre du contrôle parlementaire, un exercice fondamental permettant aux députés d’interpeller l’exécutif sur les grandes orientations politiques ainsi que sur les préoccupations des citoyens. Selon El Malick Ndiaye, « nous travaillons activement sur le prochain passage du Premier ministre et de son gouvernement, qui se soumettront à l’exercice des questions au gouvernement ».
Cette annonce intervient dans un contexte où de nombreuses préoccupations nationales exigent des clarifications de la part du gouvernement. À cet effet, le député Guy Marius Sagna avait adressé, le 27 janvier dernier, plus d’une vingtaine de questions au gouvernement. Parmi les sujets abordés figurent le renouvellement du bureau exécutif national du Conseil national de la jeunesse du Sénégal (CNJS), la gestion des prêts DMC dont le remboursement a débuté sans que les fonds ne soient encore positionnés dans le département de Ziguinchor, le recrutement de 2 000 enseignants, l’absence de diplômes délivrés aux étudiants de l’ISEG depuis 2019, ainsi que la transparence dans la gestion des amendes payées par les boutiquiers.
Cette séance de questions au gouvernement est attendue avec un vif intérêt, tant du côté des parlementaires que de l’opinion publique, qui espère des réponses claires et précises sur des dossiers touchant directement la vie des citoyens. Elle marquera également un moment clé du dialogue entre l’exécutif et le législatif, illustrant l’importance du contrôle démocratique au sein des institutions de la République.
par Abdoul Aziz Diop
PAR OÙ COMMENCER POUR LIRE CHEIKH ANTA DIOP
Pour qui souhaite s'initier à l'œuvre monumentale du savant sénégalais, "Les fondements économiques et culturels d'un État fédéral d'Afrique noire" représente une porte d'entrée privilégiée par sa dimension pédagogique exceptionnelle
Si, se souvenant, le 7 février de chaque année, de son rappel à Dieu pour célébrer sa mémoire, un.e jeune sénégalais.e me demandait par quel texte commencer pour parcourir l’œuvre monumentale du Professeur Cheikh Anta Diop (1923-1986), je lui recommanderais sans hésiter celui-ci : « Les fondements économiques et culturels d’un État fédéral d’Afrique noire. » (Édition revue et corrigée, Présence Africaine, 1974). C’est qu’à la lecture de l’introduction aux « fondements... », l’élève et l’étudiant.e gagnent rapidement en maturité au contact du savant sénégalais avant même d’avoir dévoré l’essai majeur de celui dont on associa le nom au Carbone 14 plutôt que de parler - ce qui aurait été plus juste -, de ses travaux en géochimie isotopique qui renvoient, entre autres, à l’effort de datation grâce auquel il consolida ses conclusions à l’attention de la communauté scientifique mondiale.
En voici un morceau et pas des moindres : « On croit pouvoir (...) suppléer à l’absence d’idées, de souffle, de perspectives révolutionnaires par un langage injurieux, extravagant et ténébreux, oubliant que la qualité essentielle du langage authentiquement révolutionnaire est la clarté démonstrative fondée sur l’objectivité des faits, leurs rapports dialectiques, et qui entraîne irrésistiblement la conviction du lecteur lucide (pp.5-6).»
Dans « Les fondements... », les éclairages de l’auteur sur la souveraineté énergétique et l’industrialisation de l’Afrique suffisent encore aujourd’hui à couper court aux pompeux discours souverainistes sur l’économie nationale et africaine pour passer définitivement à l’action avec esprit de suite.
Se voulant l’apôtre d’une « spécialisation industrielle des territoires » en lieu et place d’une « sorte d’autarcie industrielle », Cheikh Anta Diop circonscrit une zone industrielle tropicale regroupant le Sénégal, le Mali et le Niger. À la suite d’intéressants développements sur les énergies hydraulique, solaire, atomique et thermonucléaire, le Professeur ne désigna nommément son pays qu’en parlant de l’énergie éolienne. « Les éoliennes conviendraient merveilleusement dans une première phase pour l’irrigation du sol et l’abreuvage du bétail dans les régions appauvries et semi-désertiques du Sénégal, telles que le Ferlo, le Cayor, une partie du Baol et le Djambour. » Les alizés qui soufflent sur toute la côte occidentale de l’Afrique confortaient l’idée à une époque où le vent contribuait déjà à l’approvisionnement énergétique du Danemark à hauteur de 15 % du total des besoins de ce pays riche du Nord de l’Europe.
Quand Cheikh écrivait dans les années 60 et 70, la région de Djander était propice à l’utilisation de l’énergie thermique des mers. Elle l’est sans doute encore aujourd’hui pour tirer le meilleur parti du principe de Carnot reposant sur la différence de température entre la surface et le fond de la mer. Celle-ci, bien en deçà de la température d’ébullition de l’eau, permet, après dégazage de l’eau de mer, de produire de la vapeur sous vide pour faire tourner les turbines d’une centrale thermique. Très tôt, Cheikh suggéra l’étude de la rentabilité d’usines marémotrices à l’embouchure du fleuve Sénégal. Il s’agit, en période de haute marée, de remplir d’eau des réservoirs d’accumulation qui joueraient le même rôle que les lacs de retenue des barrages en basse marée pour actionner des turbines.
L’étude de la possibilité d’équipement des estuaires du Sine-Saloum, de la Gambie et de la Casamance s’inscrivait dans le même ordre d’idée. Cheikh suggéra surtout la reprise de « l’étude et la construction du gigantesque barrage de Gouina, situé au Mali, en amont de Kayes ». Le projet visait l’irrigation de toute la haute vallée, la régulation du cours du fleuve Sénégal pour la navigation et la production d’une énorme quantité d’électricité industrielle. « L’interconnexion des lignes de haute tension collectant l’énergie produite par la cascade d’usines installées en amont du barrage (...) ne poserait aucun problème technique particulier de transport », réécrivait-il en 1974, quatorze ans après la parution de la première édition des « Fondements économiques et culturels d’un État fédéral d’Afrique Noire ».
Passant de l’énergie à l’industrialisation de la zone tropicale qu’il délimita, Cheikh Anta Diop insista beaucoup sur le textile jumelé avec l’industrie sœur des matières colorantes « tout naturellement destinée à recevoir, comme matière première, le charbon pauvre du Nigéria, qui donnerait, par distillation, les dérivés cycliques nécessaires pour l’impression des tissus ». Cheikh y voyait les premiers atouts d’une politique de plein emploi dont les retombées devraient pouvoir faire revivre des villes comme Saint-Louis « où, écrit-il, abonde une gracieuse main-d’œuvre féminine [toujours] inemployée ».
Le savant préconisa naturellement l’utilisation des ressources énergétiques de l’Afrique Noire pour transformer sur place les matières premières dont dispose le continent dans le but d’en faire - c’est l’expression qu’il utilisa -, un « paradis terrestre » prévenant, en bon précurseur, les atermoiements d’aujourd’hui.
UN FRONT PRÉMATURÉ CONTRE DIOMAYE-SONKO
Alors que le régime de Pastef bénéficie encore d'une forte légitimité populaire, la nouvelle coalition de 71 organisations politiques menée par Khalifa Sall s'expose, au risque d'être perçue comme une simple manœuvre opportuniste
Onze mois à peine après la prise du pouvoir par le Pastef, l’opposition s’est mise en ordre de bataille pour combattre le nouveau régime incarné par Diomaye et Sonko. En créant le Front pour la défense de la démocratie et de la République (FDR), Khalifa Sall et compagnie se montrent nihilistes en ce qui concerne la gouvernance des Patriotes. Pour autant, ils auront du mal à mettre sur la table des dossiers incriminant les autorités actuelles qui, à vrai dire, n’ont pas encore carrément pris leurs marques.
L’opposition sénégalaise veut résister pour exister! Après ses débâcles à la présidentielle de 2024 et aux législatives anticipées qui ont suivi, elle veut revenir au devant de la scène en portant sur les fonts baptismaux le Front pour la défense de la démocratie et de la République (FDR). Il s’agit en effet de 71 partis et mouvements politiques qui disent vouloir donner une forme et un contenu à une résistance du peuple sénégalais contre les politiques “néfastes” du pouvoir de Pastef.
Pour se donner bonne conscience, le leader de Taxawu Sénégal a indiqué lundi dernier qu’un tel front n’est pas une première au Sénégal; et qu’après l’alternance de 2000, il a fallu juste 10 mois à l’opposition d’alors pour s’organiser autour d’un front. Non sans déclarer que l’opposition actuelle a observé une période de décence démocratique avant de mettre sur pied le FDR.
Tout porte à croire cependant que Khalifa Sall et compagnie ont créé ce cadre pour faire juste du bruit et exister aux yeux de l’opinion. Or, la stratégie politique voudrait qu’ils prennent encore une accalmie et laissent le temps au nouveau régime de dérouler. Ainsi, ils pourraient évaluer leurs vraies failles si elles existent et préparer en conséquence des actions politiques réfléchies pour les combattre.
A défaut, profiter d’un gros scandale de gestion pour enclencher la résistance comme ce fût avec Manko Wattu Sénégal. Cette dernière avait en effet réussi à imposer dans l’espace public le débat sur le caractère léonin de certains contrats pétroliers et gaziers signés entre le Sénégal et des sociétés étrangères et l’implication du frère de l’ex Président Macky Sall en l'occurrence Alioune Sall dans l’affaire de la découverte du pétrole et du gaz. Et force est de constater que ce sujet sur la transparence de la gouvernance pétrolière et gazière et l’implication de son frère dans certains dossiers a sonné le début de la rupture de confiance entre Macky Sall et le peuple sénégalais.
Aujourd’hui, tout le monde sait que les nouvelles autorités n’ont pas encore pris leurs pleines marques. Malgré les difficultés rencontrées ça et là dans le cadre de leur gestion, le peuple se montre compréhensif à leur égard. Et le FDR se comporte comme s’il voulait pousser le peuple à se révolter contre le nouveau régime alors qu’il n’y a pas encore de scandales de gestion ou des faits qui laissent entrevoir une volonté de museler les opinions. En voulant coûte que coûte enclencher une résistance, l’opposition donne au PASTEF des arguments pour qualifier les membres du FDR d'anti patriotes parce que voulant tout simplement que Diomaye et Sonko échouent dans leur mission.
Gaspiller ses efforts avant l’heure
Vu que ces derniers bénéficient d’une forte légitimité populaire, l’opposition devrait attendre un an et demi voire deux ans pour s’organiser. Là, Diomaye et Sonko n’auront plus plus d’excuses et les populations commenceront peut-être à les démystifier. Ainsi, l’opposition pourrait exploiter les erreurs et autres abus du système Diomaye-Sonko et enclencher une résistance patriotique
Enfin, il faut noter que le FDR réunit des entités qui, il y a moins d’un an, se regardaient en chiens de faïence et/ou se combattaient les uns contre les autres. Cela pousse ainsi à les décrédibiliser et à conforter l’idée selon laquelle c’est une coalition d'opportunistes. Le fait de voir par exemple aujourd’hui l’Alliance pour la République (APR) et Taxawu Sénégal, côte à côte, ne rassure pas. Surtout que les Sénégalais réclament de plus en plus un assainissement des mœurs politiques.
En partageant la même plateforme politique que l’APR, Taxawu pourrait se battre à ses côtés face aux démêlés judiciaires de certains de ses membres dans le cadre de la reddition des comptes. Or, il serait plus judicieux pour Taxawu et les autres entités qui s’opposaient jadis à l’APR, d’attendre qu’il y ait des failles ou des abus dans les procédures pour s’y immiscer au nom de la séparation des pouvoirs et du nécessaire respect des droits humains
Quoi qu’il en soit, il faut reconnaître que l’opposition est libre de faire bloc et de créer un front. Juste que l'initiative est prématurée. Le FDR risque en effet de gaspiller ses efforts avant l’heure. Or, le scrutin le plus proche, les élections locales, c’est dans plus 24 mois et la prochaine présidentielle dans quatre ans.
LA REGLEMENTATION BANCAIRE ET LA MICROFINANCE EN EXAMEN A L'ASSEMBLEE
Les députés sénégalais planchent ce mardi, sur le projet de loi n°01/2025 portant réglementation bancaire et le projet de loi n°02/2025 portant réglementation de la microfinance.
Les députés sénégalais planchent ce mardi, sur le projet de loi n°01/2025 portant réglementation bancaire et le projet de loi n°02/2025 portant réglementation de la microfinance.
Ces deux projets de loi sont défendus par le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, indique la même source.
Un rapport de la commission des finances et du contrôle budgétaire souligne que »les réformes visent le renforcement de la solidité et de la résilience du secteur bancaire régional, en s’appuyant sur les standards internationaux en la matière ».
Selon le ministre du Budget, le Sénégal a internalisé le dispositif à travers la loi n° 2008-26 du 28 juillet 2008.
Mais depuis cette date, la BCEAO a conduit plusieurs réformes structurantes à fort impact sur le cadre réglementaire et opérationnel régissant l’activité bancaire de l’UEMOA, a-t-il relevé.
Il a précisé que ces réformes ont porté entre autres sur l’adoption des normes de Bâle 2 et 3, la révision du dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme et de la prolifération des armes de destruction massive.
Le ministre a également cité l’adoption de lois uniformes relatives au crédit-bail et à l’affacturage, l’adoption d’un nouveau plan bancaire et la mise en place d’un dispositif réglementaire dédié à l’exercice des activités de finance islamique.
Cheikh Diba a aussi signalé que de nombreuses mutations sont intervenus dans l’environnement bancaire régional avec l’apparition de nouveaux acteurs comme les entreprises de technologie financière communément appelées »FINTECH ».
La commission a souligné que le projet loi portant réglementation bancaire à pour but d’internaliser la loi uniforme pour les Etats membres de l’UEMOA.
Le rapport indique également que les opérateurs de télécommunications se livrent maintenant à des opérations bancaires électroniques.
La Commission a souligné la nécessité de prendre certaines mesures idoines de précaution.
LE SYNACOM DÉNONCE LA GESTION DE SERIGNE GUÈYE DIOP
Le Syndicat National des Agents de l’Administration du Commerce déplore notamment l’absence de concertation avec les représentants syndicaux et la non-prise en compte des revendications des agents.
Le Syndicat National des Agents de l’Administration du Commerce (SYNACOM) critique vivement la gestion de Serigne Guèye Diop à la tête du ministère du Commerce, de l’Industrie et des PME. Dans un communiqué publié le 10 février, le syndicat exprime son mécontentement face à l’attitude jugée indifférente du ministre envers les préoccupations des agents.
Un an après sa nomination, Serigne Guèye Diop est accusé d’avoir instauré un climat social délétère au sein du ministère, marqué par un manque de dialogue et une gestion jugée insatisfaisante. Le SYNACOM déplore notamment l’absence de concertation avec les représentants syndicaux et la non-prise en compte des revendications des agents.
Le syndicat annonce ainsi la tenue d’un point de presse le vendredi 16 février 2025 à 15h30 dans la salle de conférences de la Direction du Commerce intérieur à Dakar. Cette rencontre vise à informer l’opinion publique des difficultés rencontrées par les agents du ministère et à interpeller les autorités sur la nécessité d’un dialogue social constructif.
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THIERNO ALASSANE SALL ÉVOQUE UNE SITUATION D'AVC BUDGÉTAIRE
Ce mardi, les députés examinent en séance plénière, le projet de loi n°01-2025 portant réglementation bancaire.
iGFM - (Dakar) Ce mardi, les députés examinent en séance plénière, le projet de loi n°01-2025 portant réglementation bancaire. Thierno Alassane Sall, le leader de la République des valeurs (Rv), en a profité pour tirer la sonnette d’alarme sur la situation budgétaire.
LA COUR FAIT SES COMPTES
Alors que le rapport tant attendu de la Cour des comptes sur la gestion financière sous Macky Sall aurait déjà été remis aux autorités, son contenu reste mystérieusement inaccessible au public
Des informations fiables indiquent que le fameux rapport de la Cour des comptes sur la gestion des finances publiques, sous le magistère de Macky Sall, serait déjà publié. Il aurait été remis au président de la République, à Ousmane Sonko, El Malick Ndiaye et Cheikh Diba. Mais curieusement, contrairement à la pratique habituelle, le public sénégalais est laissé dans l’ignorance. Y’aurait-il des informations sécrètes ?
Le Premier ministre Ousmane Sonko avait assuré, le jeudi 26 septembre 2024, que le régime du président Macky Sall avait laissé le pays dans un état proche de la ruine totale. Il a même déclaré que le régime du président Macky Sall a menti au peuple et aux partenaires en falsifiant les chiffres pour donner une image économique qui n’a rien à voir avec la réalité. Il est allé jusqu’à parler de carnage financier.
Sûr de son fait, le Premier ministre a annoncé que la Cour des comptes, qui a pour mission de certifier les comptes de l’Etat, sortira son rapport qui viendra conforter le travail des enquêteurs de l’administration financière de l’Etat. Parmi les coupables de la gabegie, le Premier ministre a inclus tous les ministres des Finances de Macky Sall durant ces dix dernières années, leur demandant des explications sur «l’état dans lequel ils ont plongé le pays».
Deux mois après, la Cour des comptes a pu recevoir le rapport du ministère des Finances qui a servi de base aux affirmations du chef du gouvernement. Ladite Cour avait trois mois pour rendre son rapport, qui devait être disponible au 24 décembre 2024. Le Quotidien, sur la base d’informations internes à la Cour, avait avancé que le document était prêt, mais que sa parution était retardée à la demande de l’Exécutif. Cela nous avait valu une mise au point du Premier président de la Cour, M. Mamadou Faye, qui nous disait notamment que «la Cour n’a reçu aucune demande du gouvernement pour en «retarder» la publication».
Il faut pourtant savoir que le retard pris par la Cour des comptes, retarde d’autant le marasme des finances publiques. Depuis les accusations du Premier ministre, le Fonds monétaire international (Fmi), partenaire incontournable de nos financiers, même si leurs partisans le vouent aux gémonies, a suspendu toute coopération avec l’Etat, attendant la publication du rapport définitif de la Cour des comptes. Le pays ne peut donc plus lever de nouvel Eurobond, ou aller sur le marché international pour contracter des prêts. Nous sommes contraints de nous suffire de ce que nous pouvons obtenir sur le marché de l’Uemoa, et qui n’est pas extraordinaire. D’autre part, l’agence de notation Moody’s a dégradé la note souveraine du Sénégal, nous obligeant à emprunter à des taux encore plus élevés.
Pourtant, le Premier ministre nous promet encore et toujours que quand le rapport de la Cour des comptes sera rendu public, on verra qu’il était même en-dessous de la réalité. Ce qui n’a fait que rendre l’opinion impatiente de connaître enfin la vérité.
Et voilà que Le Quotidien apprend que le fameux rapport de validation des comptes de Macky Sall est disponible et remis aussi bien au président de la République, au Premier ministre, au président de l’Assemblée nationale qu’au ministre des Finances et du budget. Cela, depuis le vendredi dernier.
Bizarrement, contrairement à l’orthodoxie et à la pratique de la Cour, le fameux rapport n’est pas encore rendu public. Sur le site de l’institution, on ne trouve que des documents anciens, et loin en rapport avec la question qui intéresse tous les Sénégalais. Le Premier président de la Cour des comptes, M. Mamadou Faye, n’a pu être joint hier sur son téléphone. Le responsable de la Communication de la Cour a indiqué sur sa boîte vocale qu’il allait répondre à notre appel. Jusqu’à l’heure du bouclage du journal, il n’avait pas rappelé.
Ce qui soulève encore plus de questions. Pourquoi le Premier ministre Ousmane Sonko n’a pas jugé utile de rendre public ce rapport, lui qui nous en a annoncé plein de révélations ? On ne le connaissait pas tant de circonspection. La preuve, même le 26 septembre dernier, il a dû forcer la main à certains de ses ministres pour participer à sa fameuse conférence de presse. Et il ne se gêne jamais pour parler, quand il en a envie.
De plus, la circonspection de la Cour des comptes n’accrédite-t-elle pas les bruits selon lesquels les conclusions du rapport n’ont pas agréé tous les membres de l’institution, et que certains auraient même souhaité en modifier des parties, «pour ne pas embarrasser l’autorité» ? Si cela avait été nié en son temps, le nouveau silence pourrait donner un second souffle à ces allégations. Quoi qu’il en soit, comme disent certains observateurs, cela va prendre tout le temps que cela prendre, mais l’opinion finira par prendre connaissance de ce document.