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4 avril 2025
Politique
par Nioxor Tine
UNE TRANSITION COMPLEXE
La vocation d’un régime antisystème ou tout au moins son ambition, devrait être de verrouiller toutes les portes, qui pourraient rendre possible un retour en arrière, sur le plan de l’évolution politique de notre Nation
Le vote de la loi portant interprétation de la loi d’amnistie nº2024-09 du 13 mars 2024, en vue de la clarifier, a lieu, un an jour pour jour, après la passation de pouvoir entre l’ancien président Macky Sall et son remplaçant, M. Bassirou Diomaye Diakhar Faye. Cette coïncidence est non seulement symbolique, mais surtout révélatrice du grand malentendu, qui a prévalu, durant les douze derniers mois, entre les tenants de la continuité néocoloniale de Benno Bokk Yakaar et les cadres dirigeants de Pastef, chantres de la transformation systémique.
Il est vrai que le temps aura cruellement fait défaut. C’est ainsi, qu’entre le 24 mars 2024 qui a vu le duo Diomaye-Sonko s’emparer du gouvernail présidentiel et le 17 novembre 2024, date de l’avènement de la majorité parlementaire Pastef, il était difficile d’initier une quelconque réforme institutionnelle dans une Assemblée acquise à l’opposition. Pire, on a même pu noter une ferme volonté des parlementaires de l’ancien pouvoir du Benno-APR de déstabiliser le nouveau régime patriotique.
Politiquement défaits et électoralement désavoués, à deux reprises, par le verdict des urnes, la nouvelle opposition fait paradoxalement montre d’un activisme démesuré, d’autant plus indécent, que de multiples reproches peuvent leur être faits sur leur gestion cavalière de l’Etat, entre 2012 et 2024. La liste de leurs frasques, délits et crimes est si longue, que les magistrats de notre pays n’arrivent pas à les instruire dans des délais raisonnables, provoquant l’impatience voire l’ire des citoyens, qui trouvent les procédures judiciaires interminables. Cette lenteur est mise à profit par les délinquants à col blanc de l’ancien régime, incriminés, pour lancer des campagnes médiatiques et digitales manipulatrices, ininterrompues, en vue d’entraver le cours normal d’une Justice, elle-même malade, comme l’ont confirmé des Assises, qui lui ont été dédiées, du 28 mai au 4 juin 2024.
La vérité crue et amère est que l’institution judiciaire de notre pays a été maintenue dans un état de de vulnérabilité à divers lobbies (étatique, religieux, financiers…), qui l’a rendue impotente et incompétente, l’empêchant de dire véritablement le Droit. Ce n’est pas en quelques mois que ces vices peuvent être corrigés, d’où l’urgence de refonder la Justice.
Par ailleurs, l’ébullition, qui gagne le champ social et qui amène nos autorités à plaider pour la signature d’un pacte avec les partenaires sociaux, est la meilleure preuve du caractère superficiel des démocraties électorales, encore plus marqué sous nos cieux. Malgré des scores électoraux flatteurs et une majorité parlementaire confortable, les tares du fameux système persistent aux dépens des nouvelles autorités. Nous citerons l’hyper-présidentialisme (bridé momentanément par l’hypertrophie de la Primature), un parlement conservant encore une fonction d’enregistrement – fut-ce pour la bonne cause –, la primauté accordée aux droits civils et politiques par rapport à ceux sociaux et économiques, le maintien de lois liberticides, dans nos textes de lois.
La vocation d’un régime antisystème ou tout au moins son ambition, devrait être de verrouiller toutes les portes, qui pourraient rendre possible un retour en arrière, sur le plan de l’évolution politique de notre Nation.
Certes, la bonne foi de nos nouveaux gouvernants est perceptible à travers plusieurs actes posés, comme une reddition des comptes plus sincère que les précédentes, dénuée d’arrière-pensées politiciennes, davantage de courage politique dans la question foncière, la dénonciation des accords de pêche, le congédiement des troupes étrangères, la divulgation des entourloupes du précédent régime au niveau des finances publiques, une volonté affichée d’industrialisation et d’autosuffisance alimentaire…
Mais tout le monde connaît les limites de l’approche moralisatrice en politique, quand on sait que le chemin de l’enfer est pavé de bonnes intentions.
Dans le passé, les forces de gauche militaient pour une révolution nationale et Démocratique, à orientation socialiste avec distanciation vis-à-vis des paradigmes de l’économie libérale.
Dans l’étape actuelle de notre évolution politique, il faudrait que les forces se réclamant du progrès de l’humanité et de l’équité sociale, dont le camp patriotique, se donnent, à tout le moins, les moyens politiques de leurs nobles ambitions.
Cela passe par la mise en œuvre de mécanismes de démocratie participative, de mobilisation populaire et de co-construction citoyenne.
Il est important d’élargir les espaces d’expression citoyenne, de promouvoir les libertés et de libérer l’initiative militante au sein du camp patriotique, dont les membres doivent devenir de véritables sentinelles de la transformation systémique.
Halte aux emprisonnements intempestifs, aux délits d’opinions, se référant aux offenses aux chefs de l’Etat, aux troubles non avérés à l’ordre public… !
L’adoption d’une nouvelle Constitution par référendum est incontournable.
Il faut rassembler le maximum de forces intéressées autour d’un programme minimum commun et privilégier une délibération consensuelle et inclusive sur le devenir de nos Nations appelées, à plus ou moins brève échéance, à se fédérer.
DAKAR, LABORATOIRE SPORTIF À CIEL OUVERT
De l'aquagym sur les plages aux entraînements de lutte à la tombée du jour, la capitale vibre au rythme du sport populaire malgré l'urbanisation croissante. Un phénomène qui s'amplifie à l'approche des JOJ 2026
(SenePlus) - À l'approche des Jeux olympiques de la jeunesse de 2026, la première compétition olympique jamais organisée sur le continent africain, Dakar confirme sa position de métropole sportive majeure en Afrique. Selon un reportage de Jeune Afrique, la capitale sénégalaise voit ses pratiques sportives se diversifier et conquérir un public toujours plus large, malgré les défis de l'urbanisation galopante.
Dans les premières heures de la journée, la plage de Ngor s'anime déjà d'une activité intense. Comme le rapporte JA, des centaines de Dakarois s'y retrouvent pour des séances d'aquagym et d'exercices physiques. Ndiambé Samb, ancien militaire et pionnier de l'aquagym dans la capitale, explique comment cette pratique s'est développée : "Lorsque j'ai ouvert l'école, il y a quinze ans, nous n'étions qu'une poignée. Aujourd'hui, nous avons entre 250 et 300 participants par jour, et deux autres clubs ont ouvert depuis."
Le succès de ces initiatives repose en grande partie sur leur accessibilité économique. Le magazine précise que les cours sont proposés à un tarif modique de "300 F CFA (0,46 euros) la séance, 10 000 F CFA l'abonnement mensuel, gratuité pour tous ceux qui ne peuvent pas payer." Cette politique tarifaire inclusive permet à une large population d'accéder à ces activités, transformant le sport en véritable pratique sociale.
L'une des caractéristiques remarquables de la culture sportive dakaroise est sa capacité à transformer chaque recoin de la ville en espace d'entraînement. Jeune Afrique observe que "les Dakarois savent investir tous les espaces de la ville. Un bout de terrain vague devient un stade de foot ; les marches du Monument de la renaissance africaine, un moyen de faire du cardio."
À la plage de la Mosquée-de-la-Divinité, dans le quartier de Ouakam, les séances collectives attirent chaque soir de nombreux jeunes. Moussa Diop, un habitué, témoigne de l'attrait de ces pratiques informelles : "C'est à côté de chez moi et c'est gratuit. On peut profiter de l'expérience des lutteurs, mais on peut arrêter l'entraînement dès qu'on le souhaite. Pas de pression !"
Cette appropriation de l'espace public par le sport s'observe partout dans la capitale. Le magazine note qu'"à la fin de la journée, la ville tout entière semble convertie en terrain de sport, ouvert aussi bien aux hommes qu'aux femmes, de plus en plus nombreuses dans l'espace public, en dépit de la privatisation accrue de ce dernier."
Au-delà des pratiques quotidiennes, Dakar s'est imposée comme un lieu d'accueil pour des compétitions internationales majeures. En 2019, la ville "a abrité pour la première fois une étape du championnat mondial de surf, le World Surf League Championship Tour." Le marathon Eiffage attire chaque année près de 10 000 participants, tandis que la traversée Dakar-Gorée représente un événement incontournable pour les nageurs.
L'attribution des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) qui se tiendront du 31 octobre au 13 novembre 2026 marque une reconnaissance internationale de cette dynamique sportive. Ibrahima Wade, coordonnateur général de Dakar 2026, souligne que "ces infrastructures seront d'une grande utilité pour la jeunesse dakaroise et les sportifs sénégalais. Nous avons saisi l'opportunité des JOJ pour améliorer ces équipements, mais aussi d'autres infrastructures de proximité dans les villes hôtes."
La préparation des JOJ 2026 s'accompagne d'importants travaux d'infrastructure. Le reportage de Jeune Afrique mentionne la rénovation de la piscine olympique de Dakar et du stade Iba-Mar-Diop, complétant les infrastructures récentes comme "l'arène nationale de lutte à Pikine, le Palais des sports Dakar-Arena et le stade olympique Abdoulaye-Wade à Diamniadio, ainsi que le skate-park de Grand Yoff."
Cependant, les autorités municipales expriment certaines réserves quant à l'héritage olympique. Pathé Ba, deuxième adjoint à la mairie de Dakar chargé des infrastructures, regrette que "les propositions de la municipalité, par exemple un aménagement urbain sur le boulevard de la Gueule-Tapée, n'aient pas été retenues." Il déplore un manque de coordination : "Nous aurions voulu arrimer notre politique sportive à celle du Comité, pour permettre à Dakar d'avoir une part d'héritage dans les JOJ, mais nous avons constaté un blocage."
Malgré ces désaccords, la municipalité poursuit ses propres projets d'aménagement urbain favorisant la pratique sportive : un parcours sportif sur la corniche Ouest, des pistes cyclables sur plusieurs kilomètres, et la construction de 19 terrains de football synthétiques "aux normes Fifa" dans les différentes communes de la ville. Un accent particulier est mis sur la promotion de la lutte traditionnelle en milieu urbain, pour que cette pratique culturelle emblématique puisse s'épanouir dans la capitale.
À travers ces multiples initiatives, tant populaires qu'institutionnelles, Dakar s'affirme comme une véritable capitale africaine du sport, où la pratique sportive s'inscrit profondément dans le quotidien des habitants et dans l'aménagement de la ville. Les JOJ 2026 représentent une opportunité historique de consolider cette position et de laisser un héritage durable pour les générations futures de sportifs sénégalais.
DEMBA BA, UN HOMME DE CONVICTION CONTRE LE RACISME DANS LE FOOTBALL
Seul directeur sportif noir en Ligue 1 et Ligue 2, l'ancien international des Lions de la Téranga évoque les obstacles rencontrés et sa détermination à être jugé sur ses compétences plutôt que sur sa couleur de peau
(SenePlus) - Dans une interview accordée au Parisien, Demba Ba, actuel directeur du football de l'US Dunkerque, s'est exprimé sur sa lutte contre le racisme dans le football, tout en évoquant ses convictions profondes et ses valeurs. L'ancien attaquant de Chelsea, qui affronte le PSG ce mardi en demi-finale de la Coupe de France, a partagé sa vision sur ce fléau qui touche encore le monde du football.
Demba Ba a été au cœur d'un événement historique en décembre 2020, lorsqu'il a incité les joueurs à quitter le terrain lors d'un match de Ligue des Champions entre Istanbul Basaksehir et le PSG, après que le quatrième arbitre roumain ait tenu des propos considérés comme racistes envers Pierre Webo. « C'était la première fois qu'on arrêtait un match pour des propos racistes et discriminatoires », rappelle-t-il dans l'interview, tout en regrettant que « malheureusement, cinq ans après, les choses n'ont pas bougé ».
Interrogé sur la décision de l'UEFA qui avait estimé que l'incident n'avait pas de caractère raciste, Demba Ba souligne un paradoxe : « Le quatrième arbitre n'a pas fait de bêtise mais il a été suspendu six mois... C'est paradoxal quand même ! » Pour lui, le combat contre la discrimination doit être celui de tous : « Je n'ai pas décidé d'être noir ou sénégalais. Quand on nous attaque, on est obligé de réagir. »
Le directeur sportif de 39 ans, né à Sèvres, préconise l'éducation comme remède principal contre le racisme : « L'éducation ! J'ai espoir de voir les choses changer un jour même si je ne vois pas comment le racisme pourrait disparaître complètement. Mais au moins diminuer. » Il précise que cette éducation doit commencer dès le plus jeune âge, impliquant à la fois les parents, le monde du sport et l'Éducation nationale.
Polyglotte parlant cinq langues et père de quatre enfants, Demba Ba insiste sur l'importance des valeurs transmises : « C'est à ce moment qu'on crée des croyances dont celles qu'il n'y a pas de race supérieure. [...] Le plus important, c'est ce que tu as au fond de ton cœur. »
Seul directeur sportif noir en Ligue 1 et Ligue 2, Demba Ba évoque les difficultés de représentation des personnes racisées aux postes de direction dans le football français. « Avant de venir à Dunkerque, un club hésitait entre deux directeurs sportifs et être noir n'a pas joué en ma faveur », confie-t-il, ajoutant avec détermination : « Si je dois être trois fois meilleur, je le serai. Je m'efforce d'être compétent tous les jours pour ne pas qu'on me ramène au fait que je suis noir. »
Concernant ses propres choix de recrutement, il affirme ne pas pratiquer de discrimination positive : « Je ne vais pas choisir quelqu'un en fonction de ses origines ou sa couleur de peau. Peu importe qui tu es. Si tu es bon et que je vois que tu es bon, on avance. »
Questionné sur les incidents racistes visant Vinicius Jr du Real Madrid, Demba Ba appelle à faire preuve d'empathie : « Il faut se mettre à la place du joueur pour savoir ce qu'il vit, comment il intériorise, il interprète. » Il ajoute : « Même si un joueur a un mauvais comportement sur un terrain de foot, tu ne peux pas te venger en tenant des propos racistes. »
Quant aux campagnes de sensibilisation comme celle menée récemment par la LFP, il reste convaincu que seule l'éducation pourra résoudre le problème à la racine : « Cela fait combien de temps qu'il existe des campagnes ? Le problème de fond reste l'éducation. Comment je vais éduquer un gamin et lui montrer qu'il n'y a pas de différence entre le blanc, le noir, le jaune, le marron... »
Musulman pratiquant, Demba Ba s'est également exprimé sur la récente polémique concernant l'interdiction du port du voile dans le sport. Il prône avant tout le dialogue et la tolérance : « Allons les uns vers les autres et asseyons-nous autour d'une table, communiquons et apprenons à nous connaître. »
S'appuyant sur sa propre expérience internationale, ayant joué dans sept pays différents, il témoigne : « J'ai réussi à me connecter avec les autres sans changer qui je suis. Donc, ça veut dire qu'il y a possibilité de le faire. »
L’ÉTAT RÉCUPÈRE UNE PARCELLE DE 591 741 M²
Dans le cadre de sa politique foncière, l’État a procédé à l’immatriculation de cette parcelle à Kandiou, dans la commune de Niakhar. Le gouvernement entend garantir une gestion plus transparente et équitable des terres.
Le gouvernement du Président Bassirou Diomaye Faye poursuit sa politique de rationalisation du foncier national.
Par un décret en date du 13 décembre 2024, publié au Journal officiel du 1er février 2025, l’État a procédé à l’immatriculation d’une parcelle de 591 741 mètres carrés située à Kandiou, dans la commune de Niakhar, département de Fatick.
Une politique foncière plus inclusive
Ce terrain, dépendant du domaine national, est désormais immatriculé au nom de l’État en vue de son attribution par voie de bail. Selon le décret signé par le Président de la République et contresigné par le Premier ministre Ousmane Sonko, cette mesure vise à assurer une gestion plus efficace et transparente du foncier. Le texte dispose que cette immatriculation respecte les dispositions en vigueur, garantissant ainsi la protection de ces terres contre toute attribution irrégulière.
Contrairement aux annulations de décrets observées à Mbour 4 et dans la Nouvelle Ville de Thiès, cette décision vise à favoriser une meilleure accessibilité à la terre. L’objectif affiché par le gouvernement est d’assurer une répartition équitable du foncier au profit des populations locales.
LE DIRECTEUR DU CESTI DÉNONCE DES DÉRIVES INQUIÉTANTES
Mamadou Ndiaye dénonce des tentatives d'intimidation venant du ministère de l'Enseignement supérieur après ses critiques sur la communication institutionnelle. Une affaire qui interroge les limites de la liberté d'expression dans le milieu universitaire
(SenePlus) - D'après une interview publiée le 1er avril 2025 dans le journal L'Observateur, Mamadou Ndiaye, Directeur du Centre d'études des sciences et techniques de l'information (CESTI) de l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar, s'inquiète de la détérioration de la communication institutionnelle au Sénégal.
Cette interview fait suite à un message publié la veille sur Facebook par l'intéressé dans lequel il dénonçait déjà des pressions exercées à son encontre. Dans ce post intitulé "De la liberté d'expression au Senegal : MESRI, je n'ai pas peur !", il révélait avoir été contacté de manière discourtoise par des proches du ministre de l'Enseignement supérieur et un membre de son cabinet suite à ses critiques sur la communication institutionnelle.
"Un monsieur manifestement inculte m'a appelé un jour de korité pour me reprocher de faire le marketing du CESTI et de critiquer mon ministère de tutelle publiquement", écrivait-il, tout en défendant sa légitimité en tant que "professeur assimilé en Sciences de l'information et de la communication" à pointer des pratiques s'apparentant selon lui à de la "propagande politique".
Face à ces pressions, le directeur du CESTI concluait fermement son message : "Vos menaces ne m'ébranlent pas. C'est peine perdue."
Dans son entretien à L'Observateur, M. Ndiaye développe ces accusations, dénonçant ce qu'il considère comme des pratiques proches de la "propagande politique" de la part de certains éléments du MESRI (Ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation).
"Si ce sont des éléments du Mesri qui se comportent ainsi, la liberté d'expression est menacée", déclare-t-il en titre, pointant du doigt les problèmes qui gangrènent la communication institutionnelle au Sénégal.
Mamadou Ndiaye critique notamment l'instrumentalisation politique des institutions, citant des exemples concrets : "On voit régulièrement des ministres s'exprimer sur des réseaux sociaux, pas des questions techniques ou scientifiques d'innovation et de leur département, mais pour critiquer l'opposition politique."
Interrogé sur d'éventuelles solutions, le directeur du CESTI propose la formation comme remède principal : "Le Cesti, conscient de sa mission d'excellence par l'UNESCO, propose une formation pratique aux métiers de la communication avec des Certificats pratiques en communication, y compris la production audiovisuelle."
L'universitaire conclut en rappelant que si la liberté d'expression est effectivement menacée dans l'espace public sénégalais, le combat n'est pas perdu, particulièrement dans le domaine scientifique et académique.
AU MALI, UN PASSEPORT SOUVERAINISTE... MADE IN FRANCE
Les documents censés marquer l'indépendance du Mali face à l'ancienne puissance coloniale sont produits par Idemia, une entreprise parisienne avec laquelle les autorités de Bamako nourrissent des contentieux
(SenePlus) - C'est bien une société française qui fabrique les nouveaux passeports "souverainistes" de l'Alliance des États du Sahel (AES). Selon Jeune Afrique, malgré les tensions diplomatiques entre Paris et Bamako, Idemia, entreprise française, continue de produire "12.000 à 16.000 pièces mensuelles" de ces documents censés symboliser l'émancipation vis-à-vis de l'ancienne puissance coloniale.
L'ironie est d'autant plus frappante que cette collaboration perdure en dépit de multiples contentieux. Le magazine panafricain rappelle qu'en juin 2022, la justice malienne avait convoqué Jean-Yves Le Drian, ancien ministre français des Affaires étrangères, pour "atteinte aux biens publics" concernant l'attribution du marché à Idemia (alors Oberthur) en 2015.
Plus récemment encore, les autorités maliennes accusaient cette même société d'avoir "pris en otage" le fichier biométrique des citoyens maliens, avant d'affirmer avoir récupéré ces données grâce à de jeunes hackers. Pourtant, comme le révèle JA, le contrat avec Idemia "n'ayant pas été dénoncé, sa validité est maintenue jusqu'à son échéance prévue fin 2025."
Lancés "en grande pompe" le 29 janvier dernier, ces passeports ne permettent toujours pas de voyager dans l'espace Schengen. D'après les informations recueillies par Jeune Afrique, ce blocage est dû au retard des autorités maliennes dans la transmission des exemplaires témoins aux chancelleries. Les spécimens n'ont été remis aux missions diplomatiques que le 10 mars.
La validation par les autorités françaises devrait être finalisée mi-avril pour le Mali, tandis que "le Niger et le Burkina Faso, les démarches n'ont pas encore été enclenchées par leur gouvernement respectif."
Pendant ce temps, les relations diplomatiques entre Paris et Bamako restent "glaciales". L'ambassade française fonctionne en "mode dégradé" depuis l'expulsion de son ambassadeur en 2022, et l'attribution de visas aux Maliens a drastiquement chuté.
TRUMP OUVRE LES PORTES AUX RÉFUGIÉS BLANCS AFRIKANERS
Donald Trump, qui a drastiquement réduit l'accueil de réfugiés aux États-Unis, crée une exception pour les fermiers blancs sud-africains. Une enquête du New York Times révèle les coulisses de cette "Mission Afrique du Sud"
(SenePlus) - Le président américain Donald Trump, qui a drastiquement réduit l'accueil de réfugiés depuis son arrivée au pouvoir, fait une exception notable pour les fermiers blancs d'Afrique du Sud, révèle une enquête du New York Times.
Selon des documents obtenus par le quotidien américain, l'administration Trump a lancé un programme baptisé "Mission Afrique du Sud" spécifiquement conçu pour faciliter l'accueil des Afrikaners blancs aux États-Unis. Le contraste est saisissant avec la politique générale d'immigration de la Maison Blanche, qui a "effectivement interdit l'entrée d'autres réfugiés — dont environ 20 000 personnes de pays comme l'Afghanistan, le Congo et la Syrie qui étaient prêtes à voyager aux États-Unis avant que M. Trump ne prenne ses fonctions", rapporte le quotidien américain.
"Phase Un" du programme est déjà en cours d'exécution : "Les États-Unis ont déployé plusieurs équipes pour convertir des espaces de bureaux commerciaux à Pretoria, la capitale de l'Afrique du Sud, en centres de réfugiés ad hoc", indiquent les documents. Ces équipes examinent "plus de 8 200 demandes exprimant un intérêt pour la réinstallation aux États-Unis et ont déjà identifié 100 Afrikaners qui pourraient être approuvés pour le statut de réfugié", avec une attention particulière portée aux "fermiers blancs afrikaners".
Cette politique suscite de vives critiques. "Il n'y a pas de sous-texte et rien de subtil dans la façon dont la politique d'immigration et de réfugiés de cette administration a des connotations raciales et racistes évidentes", déclare Vanessa Cárdenas, directrice exécutive d'America's Voice, citée par le NYT. "Alors qu'ils cherchent à réserver un traitement spécial aux Afrikaners, ils veulent simultanément nous faire croire que les nouveaux arrivants principalement noirs et bruns sont dangereux malgré leurs vérifications d'antécédents et toutes les preuves du contraire."
L'initiative américaine s'inscrit dans un débat tendu en Afrique du Sud, où "certains membres de la minorité blanche afrikaner ont lancé une campagne suggérant qu'ils sont les véritables victimes dans l'Afrique du Sud post-apartheid", explique le journal. Une affirmation contestée par les statistiques officielles : "Il y a eu des meurtres de fermiers blancs, au centre des griefs afrikaners, mais les statistiques policières montrent qu'ils ne sont pas plus vulnérables aux crimes violents que d'autres dans le pays."
Le Département d'État américain a justifié sa démarche en affirmant qu'il se concentrait sur la réinstallation des Afrikaners qui ont été "victimes de discrimination raciale injuste". L'agence a confirmé avoir commencé à interviewer des candidats et précisé qu'ils devront passer "des vérifications d'antécédents et de sécurité rigoureuses".
Pourtant, cette décision de mobiliser des ressources pour les Afrikaners qui entament à peine le processus de demande d'asile, tout en bloquant les demandes des réfugiés d'autres pays déjà approuvés, "risque de bouleverser un programme américain de réfugiés qui a été le fondement du rôle des États-Unis pour les personnes vulnérables", selon des responsables de la réinstallation cités par le New York Times.
"Le gouvernement a clairement la capacité de traiter les demandes quand il le veut", a déclaré Melissa Keaney, avocate principale pour le Projet d'assistance internationale aux réfugiés, représentant des plaignants qui tentent de relancer le traitement des demandes d'asile.
Les préoccupations de Trump concernant les Afrikaners ne sont pas nouvelles. Comme le rappelle le New York Times, il a "accusé le gouvernement sud-africain de confisquer les terres des Afrikaners blancs, soutenant une théorie du complot de longue date sur les mauvais traitements infligés aux Sud-Africains blancs à l'ère post-apartheid." Elon Musk, né en Afrique du Sud mais qui n'est pas d'origine afrikaner, a également faussement affirmé que "des fermiers blancs en Afrique du Sud étaient tués chaque jour".
La réalité est bien différente : "les blancs possèdent la moitié des terres d'Afrique du Sud tout en ne représentant que 7 % de la population du pays", précise le journal américain.
Le contraste est frappant avec la situation d'autres réfugiés, comme Zumbe Baruti, un réfugié congolais vivant en Caroline du Sud. "Ces Africains blancs sont autorisés à entrer aux États-Unis, mais les Africains noirs se voient refuser l'entrée aux États-Unis," a-t-il déclaré en swahili, qualifiant cette politique de "discrimination".
Ayant fui les violences ethniques en République démocratique du Congo enfant, Baruti a obtenu le statut de réfugié en 2023, mais sa femme et ses trois enfants n'ont pas encore passé les contrôles de sécurité. Entré aux États-Unis il y a deux ans, il s'est concentré sur la recherche d'un emploi, l'épargne et la demande immédiate pour que sa famille le rejoigne. On lui avait alors dit que sa famille le rejoindrait probablement dans deux ans.
Aujourd'hui, face aux nouvelles orientations de la politique migratoire américaine, ses espoirs s'amenuisent : "Concernant ma famille, l'espoir a diminué", confie-t-il au quotidien new-yorkais.
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L'HÉRITAGE BRÛLANT DE FRANTZ FANON
Décédé prématurément à 36 ans, il a inspiré des mouvements de libération dans le monde entier, mais reste largement ignoré en France, pays qui peine encore à affronter son passé colonial
Frantz Fanon, psychiatre, philosophe et militant anticolonialiste, a marqué l'histoire intellectuelle du XXe siècle par ses analyses percutantes sur les effets psychologiques et sociaux du colonialisme. Né en 1925 à Fort-de-France en Martinique, alors colonie française, Fanon a construit une pensée révolutionnaire qui continue d'inspirer les mouvements antiracistes à travers le monde. Portrait d'un homme dont le parcours fulgurant mérite d'être mieux connu en France.
Le jeune Fanon grandit dans une famille noire relativement aisée, baigné dans les idéaux républicains français. Sa première rupture intervient pendant la Seconde Guerre mondiale lorsqu'il devient "dissident" contre le régime de Vichy qui contrôle alors la Martinique. À seulement 18 ans, il rejoint les Forces Françaises Libres, convaincu de se battre pour la liberté et l'égalité.
Cependant, son expérience dans l'armée française devient un véritable catalyseur de sa conscience politique. Confronté à la ségrégation au sein même des forces armées et témoin des inégalités flagrantes entre soldats français et "indigènes" en Algérie, Fanon commence à remettre en question le discours colonial. Dans une lettre poignante à ses parents, il écrit : "Je me suis trompé. Rien ici, rien qui justifie cette subite décision de me faire défenseur des intérêts du fermier quand lui-même s'en fout."
Après la guerre, Fanon étudie la médecine et se spécialise en psychiatrie. En 1953, il prend la direction d'un service à l'hôpital psychiatrique de Blida en Algérie. Face aux conditions désastreuses dans lesquelles sont maintenus les patients algériens, souvent attachés à des arbres ou enfermés dans des camisoles, Fanon entreprend une véritable révolution.
Il développe une approche thérapeutique novatrice, adaptée culturellement aux patients nord-africains, comprenant que les méthodes occidentales ne peuvent être appliquées sans tenir compte du contexte culturel. Il organise des ateliers, des fêtes traditionnelles, fait appel à des conteurs et à du personnel soignant algérien. Pour Fanon, la psychiatrie doit être politique car les troubles mentaux sont aussi le produit d'un système colonial oppressif.
En pleine guerre d'Algérie, Fanon devient témoin des tortures et exactions commises par l'armée française. Il soigne discrètement les combattants du FLN et même, paradoxalement, des tortionnaires français devenus fous à force d'infliger des souffrances. Cette expérience le conduit à s'engager pleinement dans la lutte pour l'indépendance algérienne.
En 1956, il démissionne de son poste à Blida, renonce à sa nationalité française et rejoint officiellement le FLN. Installé en Tunisie, il devient rédacteur en chef du journal El Moudjahid et diplomate itinérant pour la cause algérienne, parcourant l'Afrique pour sensibiliser à la lutte du peuple algérien et promouvoir une solidarité panafricaine.
La contribution intellectuelle de Fanon se cristallise dans deux ouvrages fondamentaux. Dans "Peau noire, masques blancs" (1952), il analyse les effets psychologiques du colonialisme sur les personnes noires, expliquant comment elles adoptent un "masque blanc" pour survivre dans une société dominée par les Blancs, au prix d'une aliénation profonde.
Son dernier livre, "Les Damnés de la terre" (1961), écrit en quelques mois alors qu'il se savait condamné par la leucémie, constitue son testament politique. Il y développe une théorie de la décolonisation qui va bien au-delà de l'indépendance politique. Pour Fanon, une véritable décolonisation implique une transformation radicale des structures économiques et sociales. Il y analyse la violence coloniale et la contre-violence qu'elle engendre, tout en mettant en garde contre le risque de voir les anciennes élites coloniales simplement remplacées par une bourgeoisie nationale corrompue.
Frantz Fanon s'éteint à seulement 36 ans, le 6 décembre 1961, quelques mois avant l'indépendance de l'Algérie. Son influence s'est rapidement étendue bien au-delà des frontières françaises, inspirant les Black Panthers aux États-Unis, les mouvements de libération en Afrique et en Amérique latine, et jusqu'aux militants palestiniens.
Pourtant, en France, Fanon reste relativement méconnu du grand public. Sa pensée, jugée trop révolutionnaire et contestataire, n'est pas enseignée dans les programmes scolaires, contrairement à d'autres figures antiracistes comme Martin Luther King ou Gandhi. Ce paradoxe témoigne de la difficulté persistante de la France à affronter son passé colonial.
KARIM WADE APPELLE À L'UNITÉ ET À DES SOLUTIONS FACE À LA CRISE ÉCONOMIQUE
L'ancien ministre a souligné l’urgence de solutions face à la crise et appelé à l’unité nationale pour relever les défis du pays.
À l'occasion de l'Aïd El-Fitr 2025, Karim Wade a adressé un message empreint de spiritualité et de préoccupations nationales aux Sénégalais. Il a formulé ses vœux de paix, de santé et de prospérité, soulignant l'importance de la fraternité et de l'espoir renouvelé en cette période de célébration.
L'ancien ministre a mis en avant les valeurs essentielles que transmet le jeûne, qu'il soit musulman ou chrétien : patience, humilité, solidarité et dépassement de soi. Selon lui, ces principes sont d'autant plus importants face aux défis actuels du pays.
Une situation économique préoccupante
Dans son message, Karim Wade a dressé un tableau sombre de l'économie nationale, affirmant que les nouvelles autorités ont hérité d'une situation économique catastrophique. Il a insisté sur la nécessité d'apporter des solutions concrètes, rapides et durables pour soulager les citoyens et les entreprises, confrontés à une pression fiscale croissante et à une précarité grandissante.
Pour lui, le constat seul ne suffit plus. Il appelle les dirigeants à agir avec courage et responsabilité pour s'attaquer aux racines des problèmes économiques du pays.
L'unité nationale, une nécessité vitale
Karim Wade a également plaidé en faveur d'une union nationale face aux difficultés. Il estime que les querelles politiques et les divisions doivent cesser pour permettre un sursaut collectif. "Lorsqu’un pays est au bord du précipice, la seule réaction possible est celle du sursaut collectif", a-t-il martelé.
Un message de solidarité et d’espoir
Dans un élan de solidarité, il a tenu à exprimer son soutien aux familles sénégalaises, en particulier aux femmes et aux jeunes, qu’il a qualifiés de "résilients" et "courageux". Il a également eu une pensée pour ceux qui luttent chaque jour pour vivre dignement.
En conclusion, Karim Wade a formulé des prières pour que le Sénégal trouve le chemin de la paix, de l'unité et du progrès. Il a souhaité à tous une bonne fête de Korité, tout en réaffirmant son engagement envers son pays.
L'IMAM DE KOLDA MET EN GARDE CONTRE LE FLÉAU DES ACCUSATIONS GRATUITES
Thierno Alassane Tall a insisté sur l'importance de la responsabilité dans la prise de décision, exhortant les fidèles à toujours mettre en avant leur créateur
L’imam de la grande mosquée de Kolda (Sud), Thierno Alassane Tall, a invité, lundi, les musulmans à promouvoir la paix et œuvrer pour la cohésion sociale et la concorde nationale, tout en s’en efforçant d’agir avec responsabilité.
”Nous venons de sortir du mois béni [de ramadan]. Nous devons promouvoir la paix, travailler pour la cohésion sociale entre communautés de toutes religions confondues, gage de la stabilité sociale et la cohésion’’, a-t-il exhorté, dans son serment à l’occasion de la prière de l’Aid-el-Fitr, la fête marquant la fin du mois du jeûne musulman.
Selon lui, ‘’chaque personne, homme ou femme, ayant des responsabilités et/ou qui dirige des institutions, doit mettre en avant son créateur sur toute prise de décision”.
Le guide religieux a en outre exhorté les fidèles à éviter les calomnies et les accusations gratuites, notamment à travers les réseaux sociaux. ”Il faut suivre les recommandations divines, et chaque musulman doit éviter l’individualisme, les calomnies et accusations gratuites portées sur des gens. En somme, éviter de juger les autres, surtout à travers les réseaux sociaux. Nous devons promouvoir l’esprit de solidarité et de partage”, a souligné l’imam Thierno Alassane Tall.
Le gouverneur de la région de Kolda, Moustapha Ndiaye, a saisi l’occasion pour féliciter la Ouma islamique et saluer l’esprit de cohésion sociale ayant marqué tout le mois béni de ramadan.
”Nous venons de procéder à la prière qui marque la fin du jeûne à Kolda dans la cohésion sociale, et je félicite toute la Ouma islamique. Nous avons également entendu le message de l’imam à travers son sermon axé sur deux points essentiels, à savoir la promotion de la culture de la paix, la cohésion sociale, la concorde nationale, et surtout, le sens des responsabilités pour chacun d’entre nous”, a indiqué le gouverneur de la région de Kolda.
A Kolda, la grande majorité des fidèles ont célébré la fête de la korité ce lundi.
Pour l’essentiel, les sermons ont été axés sur la paix et la cohésion sociale au Sénégal et en particulier dans la région de Kolda, frontalière à trois pays de la sous-région : Gambie, Guinée Bissau et République de Guinée.