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4 avril 2025
Politique
LE DEVOIR DE VÉRITÉ, SOCLE DE LA RUPTURE SYSTÉMIQUE
Malgré les défis économiques persistants, Bassirou Diomaye Faye a réaffirmé sa détermination à poursuivre les réformes pour optimiser les finances publiques et assurer une gestion transparente.
Le devoir de vérité représente ”le socle de la rupture systémique engagée avec détermination et responsabilité” par le gouvernement en dépit de la persistance de défis encore plus grands à relever, a rappelé jeudi le président de la République, Bassirou Diomaye Faye.
‘’Voilà un an déjà que nous avons entrepris de transformer profondément notre pays, en dressant avec rigueur et lucidité, un diagnostic sans complaisance de la situation économique. Même si la situation actuelle révèle des défis encore plus grands que nous devrons relever, le devoir de vérité constitue le socle de la rupture systémique que nous avons engagée avec détermination et responsabilité’’, a-t-il notamment déclaré.
S’adressant à la Nation à la veille de la célébration de la fête de l’indépendance, le Chef de l’Etat a insisté sur le fait que le gouvernement s’est résolument engagé dans un vaste chantier de réformes.
‘’Elles visent l’optimisation des finances locales, une politique budgétaire transparente, la rationalisation des dépenses et la gestion efficiente de la dette, pour préserver la viabilité des finances publiques’’, a-t-il fait savoir.
Il a par exemple souligné que d’importants efforts ont été consentis pour apurer, pour une période de quatre années, les arriérés dus aux opérateurs agréés pour les semences et les matériels agricoles pour plus de 80 milliards de francs CFA.
‘’Sur un montant de 113 milliards constatés à la fin 2024, une somme de 70 milliards a été décaissée à la fin du mois mars 2025. Il en est de même du secteur des BTP, où des paiements sur arriérés de 62,08 milliards ont été effectués et un montant de 66,7 milliards est prévu dans la LFI 2025’’, a détaillé le président Bassirou Diomaye Faye.
Selon lui, l’apurement des rappels, loin d’être exhaustif, a atteint les 19,53 milliards de FCFA, à la fin du mois de mars 2025, pour un effectif bénéficiaire de 9.479 enseignants.
Le président Faye a en même temps soutenu que les mises en solde concernant 1.198 maîtres et professeurs contractuels pour un impact budgétaire annuel de 5,79 milliards FCFA.
LE CHEF DE L'ÉTAT ANNONCE LA FINALISATION DU PROJET DE RÉVISION DE LA CONSTITUTION
Dans son discours à la nation du 3 avril 2025, il a notamment annoncé la finalisation de plusieurs projets de lois et décrets majeurs, visant à moderniser le système judiciaire et à renforcer les droits des citoyens.
Dans un message adressé à la nation du 3 avril 2025 veille de la fête de l’Indépendance, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, est revenu sur les avancées des réformes judiciaires engagées suite aux Assises de la justice, tenues du 28 mai au 4 juin 2025. Le chef de l’Etat a assuré que les travaux du comité ad hoc chargé de la mise en œuvre des conclusions avancent sereinement.
Le président a annoncé que plusieurs projets de lois et décrets ont été finalisés et sont en attente de validation. « À ce jour, le projet de loi organique relatif à la Cour constitutionnelle, le projet de révision de la Constitution et le projet de loi organique relatif au Conseil supérieur de la magistrature, ainsi que les décrets d’application y afférents ont été finalisés et transmis pour validation », a-t-il déclaré.
Des réformes majeures en cours
Une des grandes innovations issues des conclusions des Assises de la justice concerne l’instauration d’un juge des libertés et de la détention, destiné à renforcer les garanties des droits des justiciables. « Les textes consacrant le juge des libertés et de la détention, ainsi que les modifications du Code Pénal et du Code de procédure pénale, pour ce qui concerne, entre autres, les retours de parquet, suivront bientôt », a-t-il précisé.
Ces réformes visent à moderniser le système judiciaire et à garantir une justice plus efficace et transparente. L’actualisation des textes juridiques, notamment en matière pénale et de procédure, permettra de mieux répondre aux attentes des citoyens et des professionnels du droit, précise le chef de l’Etat.
Le président a également mis en avant l’importance de la transparence dans la gouvernance judiciaire. Il a annoncé que « les lois sur la transparence sont finalisées et mises dans le circuit pour leur examen prochain en Conseil des ministres ». Cette mesure vise à renforcer la confiance du public dans le système judiciaire.
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DIOMAYE MISE SUR L'UNITÉ ET LA DISCIPLINE BUDGÉTAIRE
Le président a conjugué dans son discours en marge de la célébration du 4 avril, réalisme économique et ambition nationale, détaillant les chantiers prioritaires de son gouvernement. Il appelle à l'unité face aux "défis nombreux et complexes"
Le président Bassirou Diomaye Faye a prononcé ce jeudi 3 avril 2025 une allocution solennelle à la veille de la fête nationale. Dans son discours, il a mis l'accent sur l'unité nationale, les réformes économiques et les projets de développement.
Évoquant la convergence de cette célébration avec la fin du Ramadan et le carême chrétien, le président a rappelé que "la foi est notre plus belle richesse" et nourrit la capacité des Sénégalais à vivre ensemble dans l'harmonie.
Sur le plan économique, il a présenté les mesures d'assainissement des finances publiques, notamment l'apurement des arriérés dus aux opérateurs agricoles (70 milliards FCFA versés sur 113 milliards constatés) et du secteur BTP (62 milliards FCFA).
Parmi les projets annoncés figurent :
La phase 2 du programme d'autonomisation des femmes (107 milliards FCFA)
Un programme de 3 000 fermes intégrées sur 15 000 hectares
Le lancement des coopératives agricoles communautaires
La poursuite de la baisse des prix des denrées de première nécessité
Le chef de l'État a également évoqué l'entrée du Sénégal dans "l'ère de la production pétrolière et gazière", promettant transparence et bénéfices pour le peuple sénégalais, ainsi que des avancées dans la renégociation des contrats.
Concernant les infrastructures, il a mentionné la phase 2 des forages ruraux, le projet de "grand transfert d'eau" pour 15 millions de Sénégalais et l'accélération de l'électrification rurale.
Faye a annoncé la finalisation des lois sur la transparence et l'avancement des réformes judiciaires, ainsi que la tenue prochaine d'une Journée nationale du dialogue sur le système politique.
"L'histoire des nations nous enseigne que le chemin du développement nécessite des sacrifices collectivement consentis", a-t-il déclaré, appelant les Sénégalais à la résilience et à la solidarité face aux défis actuels.
AIR SÉNÉGAL ET AIBD, DES PATIENTS AU PRONOSTIC VITAL ENGAGÉ
Le gouvernement dresse un tableau alarmant des deux sociétés nationales de transport aérien. Le Premier ministre exige des audits approfondis, notamment sur des contrats classés "secret-défense" ayant englouti 200 milliards FCFA
L’aéroport international Blaise Diagne (AIBD SA) et la compagnie nationale de transport aérien Air Sénégal SA ont été dépeintes, jeudi, lors d’une réunion interministérielle axée sur leur situation financière, comme des sociétés “à l’agonie”, des ”patients au pronostic vital engagé”, des ”malades”, du fait de “graves difficultés financières”.
Il ressort d’un document compilant les décisions prises par le Premier ministre, Ousmane Sonko, que ”des enjeux critiques persistent dans les deux entités”.
AIBD et Air Sénégal font face à de ”graves difficultés financières menaçant leur pérennité et leur capacité à jouer pleinement leur rôle dans l’économie du pays”, relève ce document final.
Le gouvernement a rappelé que, depuis sa création en 2018, l’Etat a injecté dans la compagnie nationale Air Sénégal près de 181 milliards FCFA.
”Pourtant, elle fait aujourd’hui face à une dette dépassant 118 milliards FCFA, après avoir enregistré des pertes successives de 89 milliards FCFA en 2022 et 57 milliards FCFA en 2023”, indique le document lu par le ministre secrétaire général du gouvernement, Ahmadou Al Aminou Lô.
En outre, ajoute M. Lô, plus de 100 milliards FCFA ont été dépensés en locations d’avions, alors que ”le plan d’actions de relance de la compagnie, initié en 2022, n’a finalement été réalisé qu’à hauteur de 5%”.
Faisant l’”état des lieux”” concernant Air Sénégal, le ministre secrétaire général du gouvernement pointe ”des défaillances managériales”.
Le Premier ministre veut voir plus clair dans les contrats secret-défense à l’AIBD
Le document révèle que la société AIBD SA ”se trouve aujourd’hui dans une situation critique”.
En guise d’exemple, son budget pour l’exercice 2024 avait été fixé à 23 milliards FCFA pour des ressources propres ne s’élevant qu’à 6 milliards FCFA, déplore-t-il.
“Cette dérive s’explique notamment par une explosion des effectifs, passés de 275 agents en juin 2021 à 983 en 2024”, indique la même source.
Les autorités font remarquer que les 200 milliards FCFA issus de la Redevance pour le développement des infrastructures aéroportuaires (RDIA), destinés au développement du hub aérien, ”ont été consommés à travers des contrats classés secret-défense, dont la justification reste à établir”.
Le Premier ministre a insisté pour que la lumière soit faite sur ces contrats classés secret-défense par des audits ”approfondis” menés par les corps de contrôle. Le chef du gouvernement soupçonne en effet des abus.
Il a demandé d’emblée d’auditer les marchés et le personnel de l’AIBD, d’annuler les contrats non essentiels et de rationaliser les dépenses.
En outre, relève le gouvernement, ”aucune évaluation n’a été faite, dans le sens de la revoyure de la convention de concession liant AIBD SA au concessionnaire de l’exploitation de l’aéroport Blaise de Diagne de Dakar, la société LAS (LIMAK/AIBD/SUMA)”.
Le gouvernement a assuré de la nécessité de réévaluer cette convention avec le gestionnaire de l’AIBD et reste engagé pour une reprise en main, dans un moyen terme, dans le cadre de sa politique de souveraineté.
SONKO EXIGE DES COMPTES AVANT LE DÉCOLLAGE DU TRANSPORT AERIEN NATIONAL
"Des avions qui ne décollent pas" malgré 180 milliards de francs CFA investis: Ousmane Sonko ordonne des audits rigoureux d'Air Sénégal et de l'AIBD, qualifiés de "symboles de la gestion catastrophique" de l'ancien régime
La relance de l’Aéroport international Blaise Diagne (AIBD SA) et d’Air Sénégal SA, deux sociétés nationales de transport aérien dans une situation difficile, ne peut se faire sans des audits “approfondis”, a déclaré jeudi, le Premier ministre, Ousmane Sonko.
“Il est important que nous sachions ce qui s’est exactement passé (dans la gestion d’AIBD et d’Air Sénégal) et d’en tirer toutes les conséquences en termes de reddition des comptes”, a-t-il notamment insisté.
Ousmane Sonko estime, en effet, qu’on ne peut mettre “plus de 180 milliards de francs CFA” dans la compagnie aérienne et se retrouver avec “des avions qui ne décollent pas”.
Le chef du gouvernement présidait un conseil interministériel sur la situation des deux sociétés, au Building administratif. Une réunion à laquelle ont pris part les ministres en charge des Transports aériens, des Forces armées, de l’Intérieur, du Travail, de l’aménagement du territoire, du Tourisme, les représentants de leurs collègues des Finances et de l’Economie ainsi que du secteur privé national.
“La vision et les orientations stratégiques que vous avez présentées aujourd’hui ne souffrent d’aucune contestation solide, c’est un bon document pour relancer et sauver le secteur (aérien)”, a-t-il dit, saluant la présentation faite par le directeur général de Air Sénégal, Tidiane Ndiaye, et celui d’AIBD, Cheikh Bamba Dièye.
Le Dg de Air Sénégal, Tidiane Ndiaye, a fait observer que sur les 8 avions de la compagnie, 4 sont cloués au sol.
Une “vaste entreprise de prédation”
Le Premier ministre a ordonné, face à cette “vaste entreprise de prédation” autour d’Air Sénégal et d’AIBD, “de faire des audits de la gestion des deux sociétés”.
“Il faudra identifier et sanctionner (les responsables de ces manquements), sinon ça ne servira à rien”, a dit le chef du gouvernement, rappelant que ces deux entités du secteur aérien sont des “symboles de la gestion catastrophique” de l’ancien régime.
Ousmane Sonko a aussi souligné la nécessité de mettre les corps de contrôle sur les audits d’Air Sénégal et d’AIBD. Il a demandé également que des audits internes soient faits par les tutelles technique et administrative.
UN AN APRÈS, L'ESPOIR S'ÉRODE
Ils avaient fait tant de promesses." Cette phrase d'un jeune moto-taximan résume le sentiment mitigé de certains. Si la jeunesse reste fidèle au tandem Diomaye-Sonko, l'impatience grandit face à une précarité qui s'aggrave et des changements qui tardent
(SenePlus) - Selon un reportage du Figaro, la défiance monte contre le tandem Diomaye-Sonko, un an après leur élection triomphale à la tête du pays. Malgré des promesses de changement radical, les résultats tardent à se concrétiser face à l'héritage d'une économie dégradée.
Dans les rues de Dakar, la désillusion se fait sentir. "Je suis très déçu", confie au journal Ibrahima Fall, un jeune moto-taximan de 25 ans. "Ils avaient fait tant de promesses mais elles n'ont pas été tenues. Où est le projet qu'on nous a vendu ?", s'interroge-t-il. Comme de nombreux jeunes Sénégalais, il espérait qu'un vent nouveau soufflerait sur le pays avec l'arrivée au pouvoir du duo Bassirou Diomaye Faye - Ousmane Sonko, élus il y a un an après une campagne éclair et une libération de prison neuf jours avant le scrutin.
Le nouveau gouvernement pointe régulièrement du doigt l'héritage laissé par l'ancien président Macky Sall. D'après le reportage du Figaro, un récent rapport de la Cour des comptes révèle que "le déficit s'élèverait en 2023 à 12,3%, contre 4,9% annoncés et la dette à 99,67% du PIB", des chiffres bien plus alarmants que ceux communiqués par l'administration précédente.
Le premier ministre Ousmane Sonko, figure charismatique du pouvoir, a lancé un ambitieux "plan Sénégal 2050" visant à "augmenter le revenu par tête de 50%, et à rendre le pays moins dépendant de l'aide extérieure", rapporte Le Figaro. Des mesures concrètes ont été prises : "la baisse des prix de certains produits de première nécessité, la fin des accords de pêche avec l'UE, l'installation du pool financier judiciaire chargé de lutter contre la corruption", ou encore le lancement d'un "New Deal technologique".
Pourtant, ces initiatives peinent à convaincre une population impatiente de voir des résultats tangibles. "La vie est chère. Les loyers sont chers. Les soins sont chers. Les jeunes n'ont pas de travail, je ne vois pas où est le changement", déplore Ibrahima Fall.
Le tandem au pouvoir conserve néanmoins un fort soutien parmi la jeunesse. "On est tous pour Sonko", affirme un groupe de jeunes rencontrés par Le Figaro lors du ndogou, la rupture du jeûne du ramadan. "On est confiant, le pays va changer", ajoute Sylvestre Vaz, un trentenaire travaillant dans le secteur bancaire, qui tempère : "Il faut d'abord tout mettre en règle, changer la pourriture, et ensuite on fera les réformes".
Pour l'opposition, rassemblée au sein du Front pour la défense de la démocratie et de la république (FDR), le bilan de cette première année est sans appel : un "échec à tout point de vue", avec des "atteintes à la démocratie et à l'État de droit" qui se multiplient, selon les propos rapportés par Le Figaro.
Babacar Ndiaye, analyste politique chez Wathi, un think-tank sénégalais, souligne dans l'article qu'"il va falloir que les ruptures s'accélèrent", tant sur la question de la reddition des comptes que pour les principales réformes. D'autant que la situation économique se détériore : fin février, l'agence de notation Moody's a dégradé la note souveraine du Sénégal à B3 avec une "perspective négative".
Sur le terrain, la précarité s'aggrave. Yacine Demba, responsable associative de 29 ans, témoigne de l'augmentation des besoins : son association a dû aider 58 familles cette année contre 30 l'an dernier. "Les gens ont de plus en plus faim. Il suffit d'aller sur le terrain pour s'en rendre compte", assène-t-elle.
Entre espoirs déçus et confiance persistante, le tandem Diomaye-Sonko dispose encore d'un capital de sympathie, mais le temps presse pour concrétiser les promesses de changement.
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LA MARQUE SONKO À LA PRIMATURE
Alors que le Sénégal s'apprête à célébrer son 65ᵉ anniversaire d'indépendance, cette première année du chef de Pastef à la Primature marquera l'histoire comme celle d'une rupture assumée et d'une gouvernance axée sur la souveraineté et l'avenir
Un an après sa nomination comme Premier ministre du Sénégal par le Président Bassirou Diomaye Faye, Ousmane Sonko a imposé sa marque à la tête du gouvernement. Tour d'horizon d'une année marquée par des réformes audacieuses et un style de gouvernance inédit.
"La souveraineté a un prix," martèle régulièrement le Premier ministre. Cette signature idéologique s'est concrétisée à travers plusieurs initiatives fortes, à commencer par la mise en place d'une commission de relecture des contrats conclus dans les secteurs stratégiques. "Nous avions pris l'engagement ferme de revenir sur ces différents accords pour les rééquilibrer dans le sens de l'intérêt national," affirme Sonko, balayant au passage les critiques qui l'accusaient de vouloir "tout raser".
Des foules en liesse l'accueillent à chaque déplacement. De Dakar à Saint-Louis, de Louga à Matam, Ousmane Sonko cultive un lien direct avec la jeunesse. "Nous n'avons pas dit que nous réglerons tous les problèmes en un jour, mais je puis vous assurer que chaque seconde sera exclusivement consacrée à trouver des solutions pour vous," promet-il aux jeunes, ajoutant avec conviction : "Nous n'accepterons plus que nos ressources naturelles soient pillées pour nous laisser la pauvreté et le chômage."
L'ambitieux programme des "autoroutes de l'eau" illustre la vision transformatrice du gouvernement. Ce projet phare prévoit "le grand transfert du lac de Guiers vers le triangle Dakar-Thiès-Mbour incluant une branche vers Touba" et devrait "régler définitivement les préoccupations hydrauliques des populations."
Dans le domaine numérique, le Premier ministre a fait adopter une loi sur les start-ups pour "positionner le Sénégal comme un hub en Afrique de l'Ouest", exhortant les jeunes talents: "Nous sommes cette génération qui refuse de confier à d'autres nations la construction de son avenir numérique."
Le gouvernement Sonko a également marqué l'histoire en commémorant dignement le 80ᵉ anniversaire du massacre de Thiaroye 44. "Une graine est semée pour le passé d'une société, pour son présent mais surtout pour son futur," a déclaré le Premier ministre lors de cette journée mémorielle du 1ᵉr décembre 2024.
La révélation de l'état catastrophique des finances a constitué un autre temps fort. "Plus de 2.500 milliards ont été dépensés ces dernières années sous le sceau du secret défense," a dénoncé Sonko lors d'un face-à-face inédit avec la presse. Des irrégularités confirmées par le rapport de la Cour des Comptes publié en février 2025.
Sur la scène internationale, le Premier ministre a privilégié l'Afrique pour ses premières visites officielles, marquant ainsi sa vision panafricaniste. Au Mali, il a fermement dénoncé l'embargo imposé précédemment : "Sous notre régime, ces genres de pratiques ne pourront jamais prospérer et personne ne passera par le Sénégal pour déstabiliser un pays frère."
Après un an de gouvernance à un rythme soutenu, le Premier ministre reste déterminé malgré les défis : "Nous devons tous faire notre introspection et gérer les choses avec beaucoup plus de rigueur. Sous ces conditions, je peux vous assurer que tous ensemble, nous allons relever ce pays, parce que nous ne pouvons pas échouer."
MÊME LES MANCHOTS TAXÉS PAR DONALD TRUMP
Ironie absurde de la guerre commerciale trumpienne : des îles désertes de l'océan Austral, jamais visitées depuis une décennie, figurent sur la liste des territoires taxés
Des îles inhabitées de l'océan Austral, uniquement peuplées de manchots, se retrouvent dans le collimateur des nouvelles taxes douanières américaines. Un cas qui illustre l'ampleur de l'offensive commerciale lancée par Donald Trump.
Selon The Guardian, les îles Heard et McDonald, territoires "extérieurs" australiens situés à environ 1.700 km de l'Antarctique, figurent sur la liste des territoires visés par une taxe de 10% annoncée mercredi 2 avril par la Maison Blanche.
L'ironie est totale : ces îles volcaniques sont l'un des "endroits les plus reculés sur notre planète", accessibles uniquement après "un voyage de deux semaines en bateau depuis Perth", et aucun humain n'y a mis les pieds "depuis presque 10 ans", comme le souligne le quotidien britannique.
Plus étonnant encore, d'après "les chiffres de la Banque mondiale portant sur l'année 2022", les États-Unis auraient importé de ces îles désertes "pour 1,4 million de dollars de marchandises", principalement des "machines et appareils électriques".
L'île Norfolk, autre territoire extérieur australien situé "à environ 1.600 km au nord-est de Sydney", subit quant à elle une taxe encore plus lourde de 29%, soit "19 points de plus que le reste de l'Australie".
Face à cette situation, le Premier ministre australien a réagi en déclarant que "cela souligne simplement le fait que personne n'est à l'abri" de la nouvelle guerre commerciale lancée par l'administration Trump.
Cette offensive douanière frappe large, avec des taux atteignant "20% pour les produits originaires de l'Union européenne, 24% pour ceux provenant du Japon, 46% pour les marchandises 'made in Vietnam'", précise le média.
DIOMAYE FAYE, UN PRÉSIDENT SUR MESURE
Vivre sous l'ombre d'un leader aussi tumultueux et écouté qu’Ousmane Sonko est tout sauf une sinécure. Mais un an après sa prestation de serment, le chef de l'État a accompli sa mission de « survivant désigné » du Projet Pastef
Vivre sous l'ombre d'un leader aussi tumultueux et écouté qu’ousmane Sonko est tout sauf une sinécure. mais un an après sa prestation de serment, le Président bassirou Diomaye Faye a accompli sa mission de «survivant désigné» du Projet Pastef, loin du vacarme ambiant, en imprimant son flegme, sa courtoisie et son rythme, parfois en déphasage avec les émotions des militants. Retour sur les 365 jours d'un président de la République taillé manifestement sur mesure pour diriger le Sénégal.
Dans la galaxie des cadres du Pastef, ceux qui pouvaient remplacer Ousmane Sonko comme candidat sont visiblement nombreux. Mais pourquoi alors l'intouchable leader a porté son choix sur Bassirou Diomaye Faye ? Est-ce parce que ce dernier fait partie du cercle restreint des membres fondateurs de cette formation politique en 2014? Est-ce parce que c'est son «petit frère» comme il aime à le répéter, symbolisé par une relation fusionnelle? Ou parce que tout simplement Bassirou Diomaye Faye coche toutes les cases pour devenir objectivement le cinquième président du Sénégal ?
Il est difficile de pencher de manière catégorique pour une réponse au détriment d'une autre. Toutefois, après un an de pouvoir, on peut subodorer aisément les arguments qui ont milité en faveur de l'actuel président de la République du Sénégal. En effet, si Ousmane Sonko, c'estle «bruit et la fureur», le «tumulte et le fracas», Bassirou Diomaye, c'est le calme et la pondération. Et dans un contexte où le Sénégal a traversé des années de crises inexplicables, Ousmane Sonko avait visiblement besoin d'un homme posé, raisonnable pour diriger le pays.
En effet, si l'actuel président de la République de 45 ans était une «bête médiatique» quand sa formation politique était dans l'opposition, l'on se souvient notamment de ses passes d'armes avec Me El Hadji Diouf et Yakham Mbaye, de manière générale, il a cultivé la mesure, la suite dans les idées, tout en incarnant l'ossature intellectuelle du Pastef. Et depuis qu'il est à la tête du pouvoir, le président Bassirou Diomaye Faye, qui vit sous l'ombre de son puissant Premier ministre et non moins leader Ousmane Sonko, essaie de prendre du recul par rapport au brouhaha des politiciens. Après avoir démissionné de son poste de secrétaire national du Pastef, le chef de l'Etat intervient rarement dans les débats politiques, gérant exclusivement les affaires de l'Etat.
Aliou Ndiaye, expert en développement : « contrairement aux attentes d'un début de mandat explosif, Diomaye Faye a opté pour une approche méthodique, prenant le temps d'observer, d'analyser et de poser des bases solides »
Une posture saluée notamment par l'expert en développement international Alioune Ndiaye qui trouve que le Président Diomaye Faye a une méthode réfléchie et assumée. «Contrairement aux attentes d'un début de mandat explosif, Diomaye Faye a opté pour une approche méthodique, prenant le temps d'observer, d'analyser et de poser des bases solides avant d'initier de grandes réformes promises. Loin des discours populistes et des effets d'annonce spectaculaires, il privilégie un style sobre mais implacable, où chaque décision est minutieusement pesée, «constate l'écrivain, auteur d'une centaine de livres non sans indiquer que cette stratégie lui permet d'éviter les erreurs précipitées et de contrôler le temps du changement. «Frustrant parfois ceux qui attendaient des transformations immédiates», renchérit-il. Dans un paysage politique sénégalais souvent marqué par l'agitation etles surenchères verbales, le chercheur se réjouit du flegme du Président Faye, qui est selon lui une arme redoutable.
« Bassirou Diomaye Faye ne cherche pas à incarner un leadership flamboyant. Son charisme repose sur une authenticité assumée »
«Il ne cède ni à la pression médiatique, ni aux provocations politiques, gardant une posture posée qui renforce son autorité », souligne l'expert en développement personnel. Néanmoins, Pr Ndiaye invite les sénégalais à ne pas prendre son calme pour de la faiblesse. À l'en croire, ce calme apparent ne doit pas être confondu avec de l'inaction. «Bien au contraire, il lui permet de démystifier le pouvoir, de désacraliser l'aura présidentielle et d'installer une gouvernance où la responsabilité prime sur la personnalité», précise-t-il tout en revenant en outre sur la mise en œuvre de grandes réformes du Président Diomaye et de son gouvernement comme la refonte des institutions, la souveraineté économique avec la renégociation des contrats miniers et la redéfinition des alliances diplomatiques. «Bassirou Diomaye Faye ne cherche pas à incarner un leadership flamboyant. Son charisme repose sur une authenticité assumée», insiste l'expert Aliou Ndiaye.
Hady Touré, cadre du Pastef : « sa remarquable capacité d'adaptation lui a permis de faire face à des defis complexes et de redonner au Sénégal une place de choix sur la scène internationale »
Pour sa part, le directeur de l'encadrement et de la Transformation des entreprises informelles et cadre du Pastef Hady Touré estime que la capacité du Président Bassirou Diomaye Faye à s'adapter aux situations complexes est exceptionnelle. «Sa remarquable capacité d'adaptation lui a permis de faire face à des défis complexes et de redonner au Sénégal une place de choix sur la scène internationale», affirme M. Touré. Dans un moment crucial de l'histoire du pays, d'après lui , le chef de l'Etat incarne un leadership calme, compétent et déterminé à redresser la nation. « Un an après sa prise de fonction, il a prouvé qu'il était un leader capable de guider le Sénégal avec assurance, et son action continue à offrir de l’espoir pour l'avenir du pays», déclare Hady Touré.
Une légitimité ambivalente au sein des militants du Pastef
Par ailleurs, force est de dire aussi que sa révérence à l'égard des guides religieux et des autorités coutumiers du pays et sa discipline font de lui un fils adoubé. En un an, il a su dissiper tous les malentendus qu'il y avait entre certains membres de sa formation politique et les religieux. Même si certains radicaux de son camp le trouvent trop complaisant avec le «Système». Les militants du Pastef pensent qu'il est à l'origine de certaines dominations polémiques d'anciens dignitaires du régime comme Samba Ndiaye. Dans le même ordre d'idées, force est de constater que certains cadres du Pastef sont plus fidèles à Sonko qu'à lui. En guise d'illustration, on peut citer l'épisode de la campagne électorale. Quand le leader du Pastef avait critiqué les lenteurs de la justice, plusieurs autres cadres et militants du Pastef avaient fait des post incendiaires à l'encontre du garde des Sceaux et du chef de l'Etat. Ainsi, même si c'est un secret de Polichinelle que le guide, c'est Sonko, il faut dire néanmoins que la légitimité du président de la République est secouée, voire remise en cause par des militants impatients et revanchards. Mais quoi qu'il en soit, le président de la République qui va s'adresser à la nation ce soir a le profil de l'emploi pour diriger le pays. Outre ses costumes sur mesure, le fauteuil présidentiel est taillé sur mesure pour lui. Il faut croire que Sonko avait vu juste. Pour le moment.
LA RÉINTERPRÉTATION DE L'AMNISTIE SOUS LE FEU DE L'APR
Le groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal saisira "dans les plus brefs délais" le Conseil constitutionnel pour contester la légalité de la loi d'interprétation de l'amnistie adoptée mercredi par l'Assemblée nationale
L’Alliance pour la République (APR), la formation de l’ancien président Macky Sall, annonce un recours devant le Conseil constitutionnel contre la loi d’interprétation de la loi d’amnistie, adoptée mercredi par l’Assemblée nationale.
Dans un communiqué, l’APR annonce que le groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal de l’opposition va saisir “dans les plus brefs délais le Conseil constitutionnel, afin qu’il déclare cette loi contraire à la Constitution, au regard de son caractère partial, sélectif et contraire au principe d’égalité des citoyens devant la loi”.
L’Assemblée nationale a adopté mercredi la loi portant interprétation de la loi d’amnistie de mars 2024, porté par le député Amadou Ba du parti Pastef au pouvoir, à une majorité de 126 députés, 19 parlementaires ayant voté cette loi sur un total de 165 députés.
Après avoir “plusieurs fois promis l’abrogation de la loi d’amnistie”, le parti Pastef au pouvoir “vient de voter une loi scélérate dite d’interprétation qui, en réalité, vise à absoudre les commanditaires et les auteurs de délits et de crimes et indexer les Forces de défense et de sécurité”, selon le communiqué du secrétariat exécutif national (SEN) de l’APR.
Selon le député Amadou Ba, la proposition de loi d’interprétation qu’il a portée, vise à “clarifier le champ d’application de la loi d’amnistie”.
Il soutient qu’avec cette loi d’interprétation, “tous les auteurs d’actes d’assassinat, d’actes de tortures et de meurtres, quel que soit le bord politique auquel ils appartiennent, ne seront jamais couverts par l’amnistie”.
Mais l’APR considère que “cette dangereuse loi dite d’interprétation rouvre les plaies d’une période de troubles, promeut un retour en arrière funeste et consacre une rupture d’égalité entre les citoyens sénégalais”.
La loi d’amnistie, votée le 13 mars 2024, porte sur des faits susceptibles de qualification criminelle ou correctionnelle ou correctionnelle commis en rapport avec les manifestations politiques enregistrées au Sénégal de mars 2021 à mars 2024.