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4 avril 2025
Politique
L'ENA GAGNE SON BRAS DE FER CONTRE LE GOUVERNEMENT
Le ministère de la Fonction publique cède face aux protestations des diplômés de l'Ecole : le projet controversé qui aurait relégué les secrétaires d'administration au "cinquième rang dans la hiérarchie" est finalement retiré
Le projet de modification du décret n°77-880 du 10 octobre 1977 portant cadre de l’Administration générale sera retiré après une rencontre entre le directeur de Cabinet du ministre de la Fonction publique et l’Inter-amicale du cycle B de l’Ecole nationale d’administration (Ena).
La levée de boucliers de l’Inter-amicale du cycle B de l’Ecole nationale d’administration (Ena) et des secrétaires d’administration contre le projet de modification du décret n°77- 880 du 10 octobre 1977 portant cadre de l’Administration générale a fini par porter ses fruits. Le Quotidien a appris que le gouvernement a décidé de retirer purement et simplement le texte. Selon la source, cette décision a été prise à l’issue de la rencontre tenue mardi entre l’Inter-amicale du cycle B de l’Ena et le directeur de Cabinet du ministre de la Fonction publique, accompagné de ses collaborateurs. La même source informe qu’il est prévu «la tenue d’une rencontre avec l’interamicale, dans une quinzaine de jours, pour discuter des propositions formulées dans le mémorandum de novembre 2024».
L’Inter-amicale du cycle B de l’Ena obtient gain de cause
Pour rappel, un projet de décret «modifiant le décret 77-880 du 10 octobre 1977 portant statut particulier du cadre des fonctionnaires de l’Administration générale» devait être examiné
Le texte en question devait apporter des modifications, notamment «la création d’un corps de conseillers en gestion des ressources humaines et d’un corps d’assistants en gestion des ressources humaines, la consécration des indices et grades ou classes en vigueur, l’actualisation de la dénomination des diplômes requis pour accéder aux corps des administrateurs civils ou des secrétaires d’administration, rédacteurs et intendants». Ce qui a été dénoncé par l’Inter-amicale des diplômés du cycle B de l’Ena dans une correspondance adressée au Pm Ousmane Sonko.
Les membres de cette organisation ont fait savoir que ce projet de décret «traduit un manque de considération et de reconnaissance à l’égard des diplômés de l’Ena, en particulier les secrétaires d’administration qui seraient relégués au cinquième rang dans la hiérarchie (…)». Ils avaient souligné qu’il «apparaît difficilement justifiable qu’un assistant en ressources humaines soit dans le projet de décret classé à un niveau supérieur à celui d’un secrétaire d’administration ayant réussi un concours national très sélectif et bénéficié d’une formation approfondie sur les rouages de l’Administration publique». Suffisant donc pour que l’interamicale considère «ce projet comme une atteinte à la dignité et à la reconnaissance dues à l’ensemble des sortants de l’Ena».
Par Ibou FALL
MOSS DEM, IL SERA UNE FOIS…
La ritournelle qui circule sur les réseaux sociaux résume la situation tragicomique du président Diomaye, candidat par défaut devenu chef d'État par procuration, à qui le "Projet" semble déjà préparer la sortie
Magistrature suprême : le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, peut-il raisonnablement penser à se présenter comme candidat de Pastef en 2029 ? «Moss dèm» est déjà l’une des ritournelles de nos réseaux sociaux qui montent en puissance…
Il sera notre premier chef d’Etat de l’histoire à ne faire qu’un mandat. La rupture, c’est aussi cela ?
Au regard du scénario des législatives qui voit le parti des «Patriotes» enterrer la Coalition «Diomaye Président» en plus d’effacer tout ce qui renvoie au Président élu depuis quelques mois, aucune chance… Résultat des courses : l’Assemblée nationale, sur cent-cinquante députés, en compte cent-trente triés sur le volet et prêts à mourir pour Ousmane Sonko, le Premier ministre ci-devant président de Pastef, mais qui ne se lèveraient même pas à l’aube rien que pour plaire au chef de l’Etat.
Que peut-il bien se passer dans la tête d’un président de la République, élu comme le candidat par défaut de son parti, qui avoue une marge de manœuvre réduite par l’état des finances publiques, et semble en une année perdre pratiquement toutes ses prérogatives au profit de son encombrant Premier ministre ?
Dès son installation, Bassirou Diomaye Faye prend même la précaution de préciser au micro de confrères chanceux d’en entendre une aussi grosse, qu’il «encourage le Premier ministre à lorgner le fauteuil présidentiel». Avec une Assemblée nationale sur laquelle il ne peut absolument pas compter si le Premier ministre se rebiffe, que lui reste-t-il d’autre, hormis l’Etat ?
Et là, ça commence à chanceler…
Peut-il compter sur une administration qui falsifie les chiffres officiels, des fonctionnaires priés de chercher du travail ailleurs, ou des Forces de défense et de sécurité qu’une loi interprétative de la loi d’amnistie, ouf, s’apprête à conduire au bûcher, accompagnée de son silence ? Que peut-il attendre d’une Magistrature qu’il entend réformer parce que soupçonnée de compromissions avec l’ancien régime, au point d’avoir, via sa Cour des comptes, validé de drôles de calculs, fermé les yeux sur des dettes abyssales, fait jeter en prison d’innocents militants de la juste cause, comprenez le «Projet» ?
Dans la foulée de son élection triomphale le 24 mars 2024, affublé des prérogatives que la République décerne à son président, le taiseux Bassirou Diomaye démissionne de ses fonctions à Pastef pour se contenter du modeste statut de militant. Un acte assez peu habituel dans un pays qui voit, depuis les indépendances, le chef de l’Etat s’agripper avec la dernière énergie au poste de patron de son parti, sa machine électorale ; la règle, jusque-là, consiste à se maintenir à la tête des cohortes capables d’aller à l’assaut des urnes.
On a des arrière-pensées ou l’on n’en a pas ?
Certes, c’est une coalition dénommée «Diomaye Président» qui le porte au pouvoir dont le gros de la troupe est à chercher dans les rangs des «patriotes» autoproclamés. En pleine campagne, c’est à peine si son mentor, Ousmane Sonko, lui laisse le micro face à la foule des inconditionnels du «Projet».
Scène impérissable : le candidat Diomaye debout devant une marée humaine et n’a rien d’autre à lui proposer qu’un cri d’extase teinté d’étonnement : «Mahaza !»…
A-t-il vraiment besoin de déployer des trésors d’ingéniosité, multiplier les promesses électorales ? Son principal rival, Amadou Ba, a du plomb dans l’aile, fusillé dans le dos par son propre camp. Ceux-là mêmes qui votent une loi d’amnistie scélérate, et font reporter les élections aux calendes grecques. Macky Sall ne s’en arrêtera pas là : les informations qui fuitent depuis un an font état de rencontres nocturnes, d’accords secrets, d’appuis logistiques et financiers, de consignes de votes clandestines.
La totale en matière de traîtrise…
D’ailleurs, lors de leur première sortie médiatique à la sortie de prison, le ton de Ousmane Sonko change vis-à-vis du «mackyavélique» chef d’Etat qui complote jusqu’à les jeter en prison sans jugement. Le duo fraîchement élargi indique la nouvelle tête de Turc : c’est Amadou Ba, le chef de gouvernement d’alors, qui serait à l’origine de leurs déboires. Macky Sall devient comme par enchantement leur ange gardien qui les sort de prison et auquel ils font même l’accolade au moment de la passation du témoin.
Lors de sa prestation de serment, devant le monde entier et ses deux épouses, le nouvel impétrant se contente de remercier sa famille et le Peuple sénégalais. Le nouveau président sénégalais cultive la modestie, et même la sobriété, avouant préférer les chants de coq et les coups de pilon matinaux de son natal Ndiaganiao à l’enfer bruyant de Dakar, quand bien même depuis le Palais de l’avenue Senghor, il serait au bord de la mer, face à la rustique Gorée et l’infini azuréen.
Le Sénégal, géant diplomatique malgré son économie à la ramasse et sa démographie insignifiante, dans la longue tradition senghorienne qui imposera son respect aux quatre coins de la planète, aurait pu, pour le président de la République, aller lui chercher des soutiens dans le monde entier. Seulement voilà : Yassine Fall est-elle vraiment sortable ?
Et puis, avec la France qui dégage depuis moins d’un an, dont la justice passe sous silence l’assassinat d’un grand argentier sénégalais, le Fmi qui ne doit pas apprécier qu’un pays sous-développé déclare le couillonner depuis plusieurs années, ça va lui être difficile de glaner des soutiens étrangers. Certes, au cours d’un de ses nombreux périples à travers le monde, il pose avec Karim Wade au Qatar. Oui, mais après ? Apparemment, Bassirou Diomaye Faye n’aura pas grand-monde avec lui à l’orée de 2029.
Vous me direz que deux épouses, c’est déjà beaucoup pour un seul homme ?
SONKO VEUT UNE EVALUATION APPROFONDIE DE LA PROBLÉMATIQUE DE LA RÉGULATION DES LOYERS
Le Premier ministre est revenu sur la problématique lancinante de la régulation des loyers des locaux à usage d’habitation qui demeure sans effet notamment dans la zone urbaine de Dakar en dépit de la réglementation en vigueur depuis 2014
Abordant le premier point de sa communication, le Premier Ministre Ousmane Sonko est revenu sur la problématique lancinante de la régulation des loyers des locaux à usage d’habitation qui demeure sans effet notamment dans la zone urbaine de Dakar en dépit de la réglementation en vigueur depuis 2014.
Au regard des tensions persistantes sur le loyer, principal poste de dépenses des ménages dans plusieurs agglomérations du pays, le Premier Ministre a souligné la nécessité de procéder à une analyse approfondie des facteurs qui continuent à entretenir ces tensions.
Outre la revue des mécanismes de régulation, la réflexion devra être axée sur la disponibilité de données crédibles sur l’offre et la demande de logements ainsi que sur des instruments alternatifs à explorer pour inciter les propriétaires à fixer des loyers compatibles avec la méthodologie de la surface corrigée.
Le Premier Ministre a également relevé les facteurs structurels à prendre en compte, tels que les manquements en termes de politique d’urbanisation et de pôles urbains ainsi que les très faibles réalisations des programmes d’accès aux logements sociaux. Sur la base de ces constats, le Premier Ministre a demandé au Ministre chargé du Commerce, en relation avec le Secrétaire d’Etat à l’Urbanisme et au Logement, le Ministre des Finances et du Budget et le Secrétariat général du Gouvernement, de procéder à l’évaluation approfondie de ce dossier et de proposer, avant la fin du mois de juin 2025, à l’issue d’un processus inclusif avec toutes les parties prenantes, des actions réalistes et efficaces de modification des dispositions réglementaires relatives à la régulation des loyers des locaux à usage d’habitation.
Abordant le second point de sa communication, le Premier Ministre a souligné l’urgence attachée au renforcement du dispositif de contrôle interne dans l’administration publique, en vue de prendre en charge les manquements et irrégularités notables et récurrents notés dans la gouvernance du secteur public et parapublic. Il a relevé que cette situation est particulièrement favorisée par les dysfonctionnements dans la mise en œuvre des bonnes pratiques en matière de contrôle interne pour limiter les risques, en général, les risques opérationnels en particulier. À cet égard, le Premier Ministre a demandé au Ministre, Secrétaire général du Gouvernement de mettre en place, autour du Bureau de Suivi et de Coordination de l’Inspection générale d’Etat à la Primature, un groupe de travail chargé de faire l’état des lieux et de proposer un plan d’action visant à améliorer le fonctionnement et l’efficacité des inspections internes des ministères au plus tard fin juin 2025.
Dans cette attente, il a demandé aux Ministres de lui transmettre le point du niveau d’exécution du programme de contrôle interne de l’année 2025 au cours du premier trimestre et de la tenue régulière des réunions de coordination des départements ministériels consacrées aux rapports périodiques de contrôle interne.
MAJORITÉ ET OPPOSITION À COUTEAUX TIRÉS
La proposition de loi interprétative de l'amnistie, introduite par le député Pastef Amadou Ba, a finalement été adoptée par l'Assemblée nationale après des débats particulièrement tendus
La proposition de loi interprétant la loi N°2024 du 13 mars 2024 portant amnistie des faits susceptibles de qualification criminelle ou correctionnelle commis en rapport avec les événements politiques qui ont traversé le Sénégal de mars 2021 à mars 2024 est adoptée hier, mercredi 2 avril par l’Assemblée nationale. Réunis en séance plénière, les députés ont voté ce texte introduit par le député de la majorité parlementaire Pastef, Amadou Ba et qui a cristallisé les débats ces derniers jours, par 126 députés ayant voté pour et 20 contre au terme d’une plénière qui a duré plus de dix heures.
L’Assemblée nationale tourne la page du débat sur l’interprétation ou non de la loi N°2024 du13 mars 2024 portant amnistie des faits susceptibles de qualification criminelle ou correctionnelle commis en rapport avec les événements politiques qui ont traversé le Sénégal de mars 2021 à mars 2024. Réunis en session plénière hier, mercredi 2 avril, les députés ont voté massivement la proposition de loi N°5-2025 portant interprétation de cette loi N°2024 du 13 mars 2024 introduit par le député de la majorité parlementaire Pastef, Amadou Ba. Sur 145 votants, l’article premier a recueilli 126 voix pour et 19 contre. Pour l’article 2, sur 143 participants, 125 ont voté pour et 17 contre. Enfin, sur l’ensemble de ce texte qui vise à « préciser le champ d’application de la loi d’amnistie afin d’en exclure certaines infractions criminelles ou correctionnelles, notamment celles qualifiées de tortures, d’actes de barbarie, de meurtre, d’assassinat, de disparition forcée et d’utilisation de nervis armés », 126 ont voté pour et 20 contre sur les 146 députés votant.
L’adoption de cette proposition de loi portant interprétation de la loi d'amnistie hier, mercredi 2 avril par l’Assemblée nationale a été précédée par un vif débat entre les 90 orateurs inscrits sur la liste de la discussion générale.
Opposés à l’adoption de cette proposition de la loi, les députés de l’opposition parlementaire et certains de leurs collègues du groupe des non-inscrits ont dénoncé vigoureusement le caractère « dangereux » de ce texte introduit par leur collègue de la majorité, Amadou Ba n°2. Premier à prendre la parole parmi les opposants de cette loi, la députée de la coalition Takku Wallu Sénégal, Fabinta Ndiaye a sévèrement mis en garde ses collègues de la majorité en affirmant que la loi d’amnistie visait la réconciliation nationale. « C’est cette loi qui a permis l’alternance, faisant de Bassirou Diomaye Faye le président actuel et d’Ousmane Sonko le Premier ministre », a-t-elle souligné.
Poursuivant son intervention, elle a provoqué la colère de ses collègues de la majorité en martelant que « ce n’est pas Macky Sall qui avait appelé à un « mortal kombat » ou encore dit aux jeunes « Kou dé sa yaye diourate » (celui qui meurt, sa mère donnera naissance à un autre enfant) mais aussi « qu’aucun nervi n’a tiré sur un jeune, vous vous entretuez vous-mêmes. »
Abondant dans ce même sens Maguette Sène déclare qu’avec cette proposition de loi, la 15e législature est tout simplement en train de rater le train de l’histoire. En effet, selon lui, l’Assemblée nationale devrait écouter la proposition de la société civile consistant à organiser des concertations pour connaitre les causes véritables des violences dans la scène politique sénégalaise et adoptées des solutions avant de se prononcer sur cette loi d’amnistie. « Cette loi devait être inclusive, issue de larges concertations de toutes les couches de la nation sénégalaise ».
Prenant la parole à son tour, Abdou Mbow souligne que cette proposition n’est pas une loi interprétative mais plutôt une loi qui modifie la loi portant amnistie. « Une loi interprétative a pour objet de reconnaitre, sans rien innover, un droit existant, qu’une définition imprécise a rendu complexe. Autrement dit, la loi interprétative précise juste l’intention du législateur sans remettre en cause les dispositions de la loi initiale ce qui n’est pas le cas avec cette proposition de loi qui change fondamentalement la loi portant amnistie » a-t-il fait remarquer.
Abondant dans le même sens, Thierno Alassane Sall, auteur de la première proposition de loi visant à abroger cette loi d’amnistie mais finalement rejeter par le bureau de l’Assemblée nationale pour non-respect estimant que ce texte est « unique et inacceptable » a indiqué que c’est la « première qu’une proposition de loi protège les auteurs de crimes au détriment des victimes ».
S’adressant à ses collègues de la majorité Thérèse Faye Diouf dira que cette loi va vous rendre déshonorables » en ajoutant que « tout le monde sait que votre cible ce sont les forces de défenses et de sécurité ».
Dernier orateur à prendre la parole parmi les députés de la majorité, le président du groupe parlementaire de la majorité a indiqué que « les opposants de cette loi n’ont posé aucun argument pour étayer leur position ».
Abondant dans le même sens, l’ancien procureur spécial prés la défunte Cour répression de l’enrichissement illicite (Crei), Alioune Ndao qui était l’un des premiers à prendre la parole lors de cette plénière a accusé l’ancien régime d’avoir imposé cette loi d’amnistie pour se protéger des crimes commis. Poursuivant son propos, il a précisé que la loi interprétative ne vise pas les Forces de défenses et de sécurité mais plutôt les commanditaires des crimes dont l’ancien président Macky Sall luimême et son entourage.
Pour sa part, Dr Ismaila Diallo, 1er vice-président de l’Assemblée nationale dans cette même veine, rappelle que lors des manifestations, les autorités policières affirmaient que les hommes armés qui tiraient sur les manifestants n’étaient pas des policiers.
Poursuivant son intervention, le député de la majorité se demandant qui étaient ces hommes armés de fusils de guerre qui ne devaient pas être la possession de civils, a indiqué que la loi interprétative permettra à la justice de mener les enquêtes impartiales pour identifier ces personnes. « Les martyres du fond de leur tombe nous regardent. Le monde entier nous regarde aussi. La meilleure façon de rendre hommage aux Forces de défenses et de sécurité, c’est d’apporter toute la lumière sur l’assassinat de deux vaillants soldats qui ont eu à rendre de bons et loyaux services à la nation » appuie Abdoulaye Tall, président de la commission des Lois avant de préciser dans la foulée. « L’amnistie, c’est le pardon mais ce pardon doit intervenir en dernier lieu. Avant de pardonner, il faut qu’on se livre à cet exercice de vérité. Qui a fait quoi ? Qui a demandé à faire quoi ? Et à cet exercice de justice qu’on appelle. Autrement dit, prononcé cette sanction idoine, appropriée aux auteurs de ces assassinats, de ces enlèvements et de ces tortures et peut être à l’occasion de cette œuvre judiciaire, si les Sénégalais ne se comprennent pas peut-être, c’est l’étape de la réconciliation avant de parler de pardon. Il n’est pas question de pardonner des faits qui ne sont pas amnistiables ».
LE BOULEVARD GÉNÉRAL DE GAULLE REBAPTISÉ EN HOMMAGE À MAMADOU DIA
Cette décision marque la réhabilitation officielle d'une figure fondamentale de l'indépendance sénégalaise, longtemps marginalisée dans la mémoire nationale
À l’occasion de la célébration de la fête de l’Indépendance, le président de la République a pris une décision historique : rebaptiser le Boulevard Général De Gaulle en Boulevard Mamadou Dia. Ce choix symbolique marque une reconnaissance nationale envers l’un des principaux artisans de l’accession du Sénégal à la souveraineté internationale.
Ce geste, qui inscrit davantage Mamadou Dia dans la mémoire collective, revêt une signification particulière. Anciennement appelé Allées Coursins, cet axe emblématique de Dakar fut le théâtre du deuxième défilé de l’Indépendance le 4 avril 1962, une initiative prise par Mamadou Dia lui-même alors qu’il occupait la fonction de Président du Conseil.
Homme d’État visionnaire, Mamadou Dia a joué un rôle central dans le processus qui a mené à l’indépendance du Sénégal. Il fut, avec son homologue malien Modibo Keïta, cosignataire des accords de Transfert de compétences du 4 avril 1960 avec le Président français Charles De Gaulle. Ces accords ont marqué la naissance de la Fédération du Mali, première tentative d’union entre le Sénégal et le Soudan français (actuel Mali).
Cependant, l’éclatement de cette fédération en août 1960 marqua une rupture politique entre Mamadou Dia et Léopold Sédar Senghor, aboutissant quelques années plus tard à son éviction du pouvoir et à son incarcération en 1962. Malgré ces épreuves, son engagement en faveur d’un développement économique et social axé sur l’autosuffisance et la souveraineté reste une référence dans l’histoire politique du Sénégal.
En donnant le nom de Mamadou Dia à cet axe majeur de la capitale, l’État sénégalais réhabilite une figure essentielle du nationalisme sénégalais et panafricain. Ce geste s’inscrit dans une dynamique de valorisation des pères fondateurs de l’Indépendance et de transmission de l’histoire aux générations futures.
Dakar, ville chargée d’histoire, voit ainsi l’un de ses plus prestigieux boulevards porter le nom d’un homme dont la contribution à la construction du Sénégal moderne est indéniable. Ce changement intervient à un moment où le pays aspire à réaffirmer son identité et à reconnaître l’héritage de ceux qui ont œuvré pour sa souveraineté.
En ce 4 avril, jour de fête et de mémoire, le nom de Mamadou Dia reprend toute sa place dans l’espace public sénégalais, rappelant son combat pour un Sénégal fort et indépendant.
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MARIE ANGÉLIQUE SELBÉ DIOUF RÉCLAME L'EXTRADITION DE MACKY SALL
Pour la parlementaire proche du Pastef, l'ancien président, qu'elle qualifie de "commanditaire", doit rendre des comptes à la justice sénégalaise pour les exactions présumées commises sous son régime
La séance plénière consacrée à l’examen du projet de loi portant interprétation de la loi d’amnistie a été marquée par une intervention particulièrement virulente de la députée Marie Angélique Selbé Diouf.
Dans un discours, la parlementaire a vivement interpellé les élus de l’opposition, les exhortant à reconnaître leurs responsabilités passées. « Capitulez, faites amende honorable parce que vous n’avez pas droit à la parole. C’est pourquoi vous êtes derrière aujourd’hui en écoutant ceux qui représentent le peuple vous rappeler vos actes », a-t-elle lancé, ajoutant : « Venez ici et ayez le courage et l’humilité de demander pardon aux Sénégalais. »
Poursuivant son intervention, Mme Diouf a accusé l’opposition d’avoir plongé le pays dans une décennie sombre, marquée selon elle par « l’immunité, les tortures et les massacres ». Elle a appelé à l’établissement de la justice, en ciblant directement l’ancien président Macky Sall, actuellement en séjour au Maroc. « Monsieur le Ministre de la Justice, il faut commencer par le commanditaire Macky Sall qui s’est terré au Maroc. Il ne devait même pas quitter le pays. Allez le prendre », a-t-elle lancé, interpellant le Garde des Sceaux.
La députée, proche du parti Pastef, a également critiqué avec sévérité la ministre de la Justice, Aissata Tall Sall. Étonnée par son positionnement, elle s’est interrogée sur les valeurs défendues par cette dernière. « Comment une mère, un juriste, avocate, ministre de la Justice peut-elle descendre aussi bas ? », a-t-elle déclaré avec indignation.
Cette sortie musclée de Marie Angélique Selbé Diouf illustre la tension politique toujours palpable au sein de l’hémicycle, dans un contexte post-électoral où la question de la justice transitionnelle demeure au cœur des débats.
LA NOUVELLE DOCTRINE DE TRUMP FRAPPE L'AFRIQUE DE PLEIN FOUET
Plusieurs pays africains se retrouvent piégés dans un arsenal de tarifs douaniers punitifs. Le Lesotho et Madagascar, avec des taux respectifs de 50% et 47%, figurent parmi les nations les plus lourdement taxées au monde
(SenePlus) - Donald Trump a instauré ce mercredi 2 avril 2025, un régime tarifaire fondamentalement nouveau, imposant un tarif de base de 10% sur toutes les marchandises importées aux États-Unis, quelle que soit leur provenance. Cette mesure de base est complétée par des "tarifs réciproques" plus élevés pour environ 60 pays que l'administration Trump considère comme traitant injustement les États-Unis.
Selon une clarification ultérieure de la Maison Blanche rapportée par le New York Times, les pourcentages présentés dans les tableaux incluent à la fois le tarif de base de 10% et le tarif réciproque additionnel. Par exemple, l'Union européenne fera face à un tarif total de 20%, composé du tarif de base de 10% plus un tarif réciproque de 10%. Pour la Chine, le tarif total de 34% comprend le tarif de base de 10% plus un tarif réciproque de 24%.
Ces tarifs réciproques, entrés en vigueur le 9 avril, sont calculés selon une formule spécifique : l'administration prend le taux tarifaire global qu'elle estime être appliqué par chaque pays (incluant les barrières non tarifaires comme la manipulation monétaire), puis applique la moitié de ce taux sur tous les produits importés de ce pays.
Seuls le Canada et le Mexique sont exemptés de ces nouvelles mesures pour le moment, bien qu'ils soient encore soumis à des tarifs antérieurs de 25%.
Le New York Times souligne que la majorité des nations visées par ces tarifs réciproques sont des économies pauvres et en développement. Le document de huit pages distribué aux journalistes par l'administration révèle que certaines des nations les plus pauvres du monde - comme le Soudan du Sud, le Burundi et la République centrafricaine - ainsi que des pays en pleine guerre, notamment le Soudan, figurent sur cette liste.
Dans ce nouveau contexte commercial, plusieurs pays africains se retrouvent particulièrement affectés:
Le Lesotho fait face à l'un des taux les plus élevés au monde avec un tarif réciproque de 50%, résultant de l'estimation par l'administration Trump que ce pays applique l'équivalent de 99% de tarifs et autres barrières commerciales contre les États-Unis.
Madagascar suit de près avec des tarifs américains de 47%, en réponse aux 93% de barrières estimées. Ces chiffres placent ces deux pays parmi les plus pénalisés globalement, aux côtés de Saint-Pierre-et-Miquelon (50%) et du Laos (48%).
D'autres pays africains font également face à des tarifs réciproques substantiels:
Myanmar (Birmanie): 44% en réponse à des barrières estimées à 88%
Sri Lanka: également 44% pour le même niveau de barrières
Mauritanie: 40% contre des barrières évaluées à 80%
Falkland Islands: 41% suite à une estimation de 82% de barrières
Syrie: 41% en réponse à 81% de barrières estimées
Iraq: 39% contre 78% de barrières
En revanche, de nombreux pays africains maintiennent des relations commerciales plus équilibrées avec les États-Unis et ne feront face qu'au tarif de base de 10%:
De nombreux petits États insulaires africains sont également dans cette catégorie
Comme le rapporte le New York Times, ces mesures tarifaires ont stupéfié de nombreux observateurs par leur ampleur. Bien que des tarifs élevés étaient attendus, le niveau annoncé dépasse les prévisions. Ces mesures vont probablement forcer certaines productions à revenir aux États-Unis, mais également augmenter les coûts pour les consommateurs et fabricants américains, tout en déclenchant des guerres commerciales sur de multiples fronts.
L'administration Trump a également présenté un plan permettant aux Américains de déduire les paiements d'intérêts sur les prêts automobiles de leurs impôts, mais uniquement si la voiture est fabriquée aux États-Unis. Cette mesure est présentée comme une compensation pour les prix plus élevés des automobiles résultant des tarifs, bien qu'il ne soit pas clair combien d'Américains pourront réellement bénéficier de cette déduction fiscale, de nombreux Américains à faible revenu ne payant déjà pas beaucoup d'impôts sur le revenu.
Cette nouvelle structure tarifaire risque d'exacerber les difficultés économiques de certains pays africains déjà fragiles. Les experts en commerce international soulignent que ces mesures pourraient entraver les efforts de diversification économique du continent et compromettre les tentatives d'amélioration des infrastructures commerciales.
Selon certains analystes, la méthode de calcul des "autres formes de tricherie" par l'administration Trump, notamment la manipulation monétaire et les autres barrières commerciales, est particulièrement problématique pour les économies africaines. Ces pays disposent souvent de moins de ressources pour contester ces évaluations dans les forums internationaux comme l'Organisation mondiale du commerce.
Les pays comme le Lesotho, dont l'économie dépend fortement des exportations textiles vers les États-Unis, pourraient être particulièrement vulnérables à ces nouvelles mesures. Madagascar, avec son secteur émergent d'exportation de vanille et d'autres produits agricoles, pourrait également voir ses perspectives de croissance considérablement réduites.
Il est particulièrement préoccupant, comme le souligne le New York Times, que des pays parmi les plus pauvres du monde ou en proie à des conflits armés figurent sur cette liste, ce qui pourrait aggraver des situations humanitaires déjà précaires.
OUSMANE SONKO, UN AN APRÈS
Le chef de Pastef fête son premier anniversaire à la primature en gardant la posture combative qui l'a propulsé au pouvoir. Portrait d'un Premier ministre clivant, entre accusations d'autoritarisme et dévotion quasi-religieuse de ses partisans
(SenePlus) - Cela fait tout juste un an qu'Ousmane Sonko occupe le poste de Premier ministre du Sénégal. Selon Jeune Afrique, qui dresse son portrait à l'occasion de cet anniversaire, l'ancien opposant n'a rien perdu de son intransigeance et continue de former "un duo efficace" avec le président Bassirou Diomaye Faye.
Le 24 mars 2024 restera gravé dans l'histoire politique du Sénégal. Ce soir-là, comme le rapporte Jeune Afrique, Ousmane Sonko découvre sur l'écran de son ordinateur que son protégé Bassirou Diomaye Faye vient d'être élu président de la République. "Bon. C'est plié", lâche-t-il simplement avant de l'appeler pour le féliciter.
Le magazine nous plonge dans l'atmosphère de cette soirée historique : "Rentré de Ziguinchor, où il a voté, Ousmane Sonko n'a pas encore rejoint le QG de la coalition 'Diomaye président', à l'hôtel Azalaï. C'est depuis son domicile de Keur Gorgui qu'il apprend la nouvelle." Malgré l'euphorie ambiante, l'ambiance est teintée d'une certaine gravité. Un proche confie au journal : "C'est difficile d'extérioriser cette joie. Comme lorsqu'on franchit la ligne d'arrivée après une longue course. Le bonheur de la victoire est atténué par la douleur et l'épuisement. Beaucoup de gens sont morts avant d'en arriver là."
Dix jours plus tard, Bassirou Diomaye Faye prend ses fonctions et nomme immédiatement Ousmane Sonko Premier ministre. "Ce sera la toute première décision du nouveau président, mais elle a été actée entre les deux hommes bien avant leur victoire", précise JA.
Un an après, le Premier ministre a imposé son style à la tête du gouvernement. D'après le magazine, "dans un pays autrefois marqué par l'hyper-présidentialisme, le chef des Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l'éthique et la fraternité (Pastef) n'est pas venu faire de la figuration."
Son bureau situé "au neuvième étage du building administratif Mamadou Dia, situé en face du palais présidentiel", est toujours le dernier éclairé tard dans la nuit. Jeune Afrique décrit un chef de gouvernement qui centralise tous les dossiers : "Au sein du gouvernement, tout passe par lui. Tous les audits, lancés depuis avril 2024 arrivent sur son bureau. Idem pour les projets prioritaires des ministères, dont les budgets sont systématiquement réévalués à la primature par une task force dédiée."
Sonko a également imposé une politique de rigueur dans l'administration. "Dans les ministères et dans l'administration, le Premier ministre veut aussi une rationalisation des dépenses : véhicules, carburants, avantages...", rapporte le journal, qui cite l'un de ses conseillers : "On parle de rationalisation, mais à la primature, c'est l'austérité." Cette politique se traduit concrètement : "Ousmane Sonko n'hésite pas à annuler les déplacements de ministres lorsqu'il les juge superflus, et à limiter la taille des délégations à 3 ou 4 personnes."
Si le tandem Sonko-Diomaye continue de fonctionner harmonieusement, c'est grâce à une répartition des rôles bien établie. Selon Jeune Afrique, Ousmane Sonko est "omniprésent sur la scène nationale" et "de toutes les batailles", qu'il s'agisse de "fustiger la présence militaire française dans le pays" ou d'"accuser l'administration précédente d'avoir maquillé les comptes publics et dissimulé une dette de 7 milliards de dollars."
"D'une actualité à l'autre, c'est lui qui prend les coups et la lumière des projecteurs", observe le magazine, qui cite Ousmane Barro, conseiller spécial du président : "Jamais un Premier ministre n'a mis un président de la République aussi à l'aise."
Cette complémentarité n'empêche pas Ousmane Sonko de conserver son caractère bien trempé. Jeune Afrique rapporte que "là où ses adversaires et certains observateurs le disent 'têtu', 'immature', 'incapable d'écouter ses conseillers', ses proches décrivent un Premier ministre 'fonceur', voire 'bagarreur'." Il reste "tranchant" selon ses proches, "même avec nous !", précise un cadre du Pastef. Pour le conseiller du président, "il est comme ça, on ne va pas le changer", tandis qu'Ayib Daffé, président du groupe parlementaire Pastef, défend : "Ce n'est pas parce qu'il est devenu Premier ministre qu'il doit s'embourgeoiser ou diluer son discours."
Derrière cette première année marquée par les audits et la dénonciation de la gestion précédente, Ousmane Sonko doit désormais faire face à d'importants défis économiques. Dans ce contexte difficile, le magazine observe que "la multiplication des audits a rendu les investisseurs frileux et ralenti l'économie." Un constat partagé par l'opposition, notamment par le député Thierno Alassane Sall, qui déclare à Jeune Afrique : "Vu l'euphorie qui a suivi leur élection, ils auraient dû adopter ces mesures dès le début. Les Sénégalais auraient pu y adhérer. À présent, il est trop tard. Ils sont devenus otages de leur démagogie."
Mais comme le souligne Jeune Afrique, "accuser l'ancien chef de l'État ne suffit plus : il faudra désormais que le Premier ministre prouve aux Sénégalais que la souveraineté nationale et la transparence, dont il a fait la colonne vertébrale de son programme, peuvent leur permettre de vivre mieux."
Malgré ces défis, l'entourage du Premier ministre reste confiant. Ousmane Barro, conseiller du président, confie : "Il y a encore beaucoup d'audits en cours. Quand ce sera terminé, on aura une idée de l'ampleur du problème. Le Sénégal a créé des riches sans pour autant créer de la richesse. Nous voulons mettre fin à cette économie de rente et au banditisme d'État."
Et pour expliquer la popularité intacte d'Ousmane Sonko auprès de ses partisans, un proche livre à Jeune Afrique cette confidence révélatrice : "Les gens pensent qu'on est des fanatiques, parce qu'ils ne comprennent pas : il n'est pas un leader politique comme les autres. Ce qu'il fait, ce n'est pas pour le pays, c'est un acte de dévotion envers Dieu. C'est pour ça que ses partisans l'appellent Mou sell mi [le saint, en wolof]."
L'ASSEMBLÉE NATIONALE ADOPTE LA LOI D’INTERPRÉTATION DE L’AMNISTIE
Les députés ont adopté cette loi avec 126 voix pour et 17 contre, sur 143 députés présents. Portée par Amadou Ba de Pastef, elle vise à clarifier certains aspects du texte initial, largement controversé.
Ce mercredi, l’Assemblée nationale a adopté la loi d’interprétation relative à la loi d’amnistie, après un intense débat parlementaire. La proposition de loi, soumise par le député Amadou Ba de Pastef , a recueilli 126 voix en faveur, contre 17 oppositions, parmi les 143 députés présents lors du vote.
Cette adoption marque un tournant dans le processus législatif sur l’amnistie, un sujet qui a suscité de vifs échanges au sein de l’hémicycle. La loi interprétative vise à clarifier certains aspects de la loi d’amnistie, un texte controversé qui a divisé l’opinion publique, la société civile et les partis politiques. Pour ses partisans, cette nouvelle législation est une réponse nécessaire aux préoccupations soulevées par l’application de la première loi, tandis que ses détracteurs dénoncent ce qu’ils considèrent comme un coup de force parlementaire.
Les débats ont été marqués par les interventions de plusieurs députés, qui ont exprimé leurs divergences sur l’impact de la loi sur les victimes et les criminels. Certains, à l’instar de Thierno Alassane Sall, ont critiqué l’initiative comme étant une tentative de manipulation politique, arguant qu’elle favorisait les criminels au détriment des victimes. D’autres ont plaidé pour une révision plus approfondie de la loi d’amnistie afin de garantir un équilibre entre justice et réconciliation.
Le gouvernement, de son côté, a justifié cette loi d’interprétation comme un moyen de garantir la stabilité juridique et de corriger les ambiguïtés apparues après l’adoption de la loi d’amnistie initiale. Malgré les critiques, l’adoption de cette loi représente une victoire pour la majorité, qui a pu compter sur le soutien d’un large groupe de députés.
OUSMANE DIAGNE DÉFEND L’INDÉPENDANCE ET LE RYTHME DE LA JUSTICE
Lors des discussions à l’Assemblée nationale, le ministre de la Justice a rejeté toute pression politique et assuré que les décisions judiciaires ne sauraient être dictées par d’autres intérêts que ceux du droit.
Lors des discussions à l’Assemblée nationale ce mercredi 2 avril 2025, centrées sur la proposition d’interprétation de la loi d’amnistie, le ministre de la Justice, Ousmane Diagne, a répondu aux critiques concernant la prétendue lenteur du système judiciaire. Il a souligné que “le temps de la justice n’est pas le temps des hommes”, rappelant ainsi que les procédures judiciaires nécessitent une rigueur et une minutie incompatibles avec la précipitation.
Affirmant son engagement envers l’indépendance de la justice, M. Diagne a déclaré : “Je ne suis pas là pour que l’on me dicte la conduite à tenir !” . Il a insisté sur le fait qu’il n’accepterait aucune ingérence dans l’exercice de ses fonctions et qu’il n’utiliserait pas la justice pour satisfaire des intérêts politiques. 
Le ministre a également rassuré les citoyens quant à l’intégrité du système judiciaire, affirmant que la justice accomplira son travail sans être manipulée. Cette intervention vise à renforcer la confiance du public en une justice équitable et indépendante, surtout dans le contexte actuel de débats sur l’interprétation de la loi d’amnistie.
Les discussions à l’Assemblée nationale se poursuivent, reflétant les tensions et les attentes autour de la nécessité d’une justice impartiale et efficace au Sénégal.