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6 avril 2025
Politique
LA MÉTHODE SONKO-DIOMAYE INQUIÈTE
Les agents de l'administration fiscale, sous couvert d'anonymat, dénoncent les failles méthodologiques du budget 2025 et la persistance des mauvaises pratiques qu'ils espéraient voir disparaître
L'élaboration de la loi de finances 2025 à partir des évolutions favorables de celle de 2024 alors qu'ils ont produit un déficit abyssal fait grincer des dents dans les régies financières. Ce procédé rompt, aux yeux de certains agents de l'administration, avec les bonnes pratiques qui devraient objectivement exposer entre autres la méthode d’estimation des recettes potentielles pour 2025 et la méthode de calcul des recettes effectivement perçues en 2024. En conséquence, selon eux, le budget 2025 donne l’image d’une comédie dramatique et pathétique.
Faut-il préférer l’immobilisme en 2025 ? C'est l’interrogation que se posent des agents de l'administration et des régies financières. Dans un long texte, ces agents de l'Etat, tenus par le devoir de réserve, ont fait état de leur désenchantement quant à la rupture tant chantée par le tandem au pouvoir.
Dans le texte intitulé “La mobilisation des ressources budgétaires 2025 face au désenchantement dans les régies financières ou le budget 2025, au-delà des chiffres, la désillusion”, ils remarquent d'emblée que le temps brumeux de cette fin d’année traduit parfaitement le moral dans les chaussettes des ménages et des investisseurs toujours frileux, et goorgoorlu à fond de cale. Sous ce rapport, ils ont salué la déclaration de politique générale du Premier ministre qui, à les en croire, a mis en lumière les grandes lignes du PROJET mettant fin ainsi à une longue “période politique” pour se consacrer exclusivement à la République
Toutefois, ils digèrent mal l'absence de débat parlementaire sur les belles perspectives de 2024 qui ont produit un déficit abyssal. Ce débat aurait permis aux nouveaux élus surtout ceux de la majorité de s'interroger sur les origines de ces contreperformances. La question se pose à la lecture de l’exposé des motifs de la loi de finances de 2025 votée par procédure spéciale ce 28 décembre 2024, ont ils insisté.
“Ceux qui ont préparé le budget 2024, les mêmes pour celui de 2025, ignoraient-ils le caractère fantaisiste des prévisions ? Ne maîtrisaient-ils pas la réalité économique du pays ou bien ont-ils juste exécuté une commande politique en se “départissant” de leur objectivité pour lisser les chiffres du budget d’une année électorale ? Aussi, expliquer aux sénégalais comment les emprunts de tous ordres négociés en bons termes ont pu voir leurs charges d’intérêts augmentées de façon significative ? Quelles sont les causes réelles des contreperformances des services du MFB ? Quelles sont les réformes prévues en 2024 et qui n’ont pas été mises en œuvre ? Qui en sont les acteurs et qui sont les responsables identifiés (services et personnes) de leur réalisation ? s’interrogent ces agents de l'Administration.
Poursuivant, ils ajoutent :“Pour que les prévisions de 2025 soient prises au sérieux, il aurait fallu, comme le recommandent les bonnes pratiques, exposer objectivement la méthode d’estimation des recettes potentielles pour 2025 ; la méthode de calcul des recettes effectivement perçues en 2024 et les méthodes de présentation des écarts constatés. Il ne fait pas de doute que l’année 2025 débutera dans la continuité de 2024, c’est-à-dire la morosité économique”. Selon ces agents de l'Administration, le défaut de justification convaincante de ces manquements donne au budget de 2025 les faisceaux d’un manque de transparence. “L’absence de débat lors du vote du budget 2025 en est la preuve. Ces manquements ont fait bondir les charges financières de la dette en 2025”, ont-ils fait remarquer
“Un budget 2025 à l'image d'une comédie dramatique et pathétique”
Au vu de la gravité des faits, en France, pour moins que ça, l’ancien ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté Industrielle et numérique Bruno Le Maire et son premier ministre Gabriel Attal ont été attraits devant la Commission d’enquête parlementaire sur les finances publiques pour s’expliquer relativement aux profonds gaps constatés entre les prévisions de recettes et les réalisations effectives qui ont eu pour conséquences de creuser le déficit public historique avec un endettement jamais atteint, font-ils noter.
“Par contre, au Sénégal, on a fait comme si rien ne s’est passé malgré toutes les diatribes contre le régime de Macky Sall concernant la gestion des finances publiques ces douze dernières années, table rase et silence des nouveaux élus du peuple”, s’indignent ces Agents de l'Administration et des régies financières non sans réjouir: “ Devant l’Assemblée Nationale, le Premier Ministre Ousmane Sonko reconnaît que “la fiscalité est le maillon le plus important de la politique budgétaire. Cependant, le Sénégal peine à mobiliser de manière optimale les recettes fiscales, principal instrument de financement souverain.”
Cependant, ils regrettent des solutions d’amélioration qui ne proposent qu’à taxer davantage sans s’intéresser aux structures opérationnelles chargées de mobiliser les ressources budgétaires. “Et c’est un aspect béant de l’insuffisance de cette fiscalisation à outrance. Ce qui donne au budget 2025 l’image d’une comédie dramatique et pathétique”, ont-ils relevé. Malheureusement, toutes ces prévisions fantaisistes ont été corrigées, par la loi de finances votée, le 24 décembre 2024, sur le plan comptable “avec des éloges dithyrambiques aux auteurs de toute cette gangrène de la dette avec les intérêts onéreux pour les contribuables et les générations futures des travailleurs-consommateurs”. Pire, ajouteront-ils, les arguments servis dans le projet de budget 2025 n’expliquent pas exclusivement le déficit budgétaire abyssal et les contreperformances des services du MFB dans la mobilisation des recettes entraînant par ricochet l'augmentation du niveau préoccupant de la dette publique du Sénégal et des charges du personnel de l’Administration en forte hausse, alors que les services rendus aux populations sont les plus exécrables.
Mais, pour deux raisons au moins, relève-t-on dans la note, la réalité rattrapera très vite le pouvoir en place. Il s'agit de la persistance de la morosité économique durant tout le premier trimestre de 2025 avec un impact élevé sur la productivité des entreprises, l’emploi salarié en stagnation, la consommation des ménages au plus bas avec une inflation toujours en hausse et la confiance des investisseurs. La conséquence immédiate, dira-t-il, est un repli des recettes fiscales. L'autre raison invoquée, c'est l’impact négatif des défaillances dans le management global des services qui ont fini de démoraliser et démobiliser les agents. Ces grands défauts, pointent-ils, sont les conséquences d’une gestion toxique et catastrophique des ressources humaines, et la persistance des mauvaises pratiques administratives.
"Le rêve de voir la politisation a outrance de postes techniques et administratifs s’estomper s’est revele etre un vrai mirage"
Mais, au-delà des chiffres, la gestion des services chargés de la mobilisation des recettes et de l’exécution des dépenses budgétaires souffre, selon eux, de réelles insuffisances managériales. “La gestion des services souffre du management malveillant avec la gangrène du népotisme à travers une gestion affective et relationnelle du personnel jusqu’au foyer familial, du copinage, de l’ostracisme, de la « placardisation» des «talents refusant de se salir les mains » avec le positionnement des proches aux postes stratégiques et la promotion des nouveaux convertis à la "confrérie Pastef", anciens détracteurs acerbes, vindicatifs et dénonciateurs devenus laudateurs, flatteurs et thuriféraires. Ces pratiques inhibant la motivation des agents sont masquées par la mise en œuvre de stratégies de maintien avec l’appui des responsables influents de "Pastef” qui sont les nouveaux «faiseurs de roi ou protecteurs», dénoncent les agents.
En définitive, les agents notent que le rêve de voir la politisation à outrance des postes techniques et administratifs s’estomper s’est révélé être un vrai mirage. Pire, l’année 2025 s’annonce, d'après eux, sous le signe du maintien des hommes et des mauvaises pratiques administratives avec un ministre décrit comme distant et méprisant, maculé par l’ancien système et ayant du mal à se réinventer et à donner une nouvelle impulsion, à réformer en profondeur ses services et les procédures administratives désuètes. À les en croire, une telle absence de perspectives donne le tocsin aux nombreuses promesses, face à l’ampleur inédite du déficit budgétaire et des nombreuses attentes des citoyens. “Les nouvelles autorités ne peuvent pas se permettre de rester placides. La stratégie de non-décisions aura nécessairement un coût social et économique préjudiciable. Après le discours de vœux du Président Diomaye ce 31 décembre 2024, l’espoir d’un changement réel n’est pas encore perdu, seulement il faut prier qu’il ne soit définitivement englouti par les interminables commissions annoncées”, ont-ils conclu.
LA RATIONNALISATION DES PARTIS N'EST PAS AUSSI SIMPLE
Jean Charles Biagui remet en question l'efficacité d'une application stricte de la loi de 1981 sur les partis politiques. Pour lui, la solution passe plutôt par une approche mixte alliant réglementation et concertation
Selon l’Enseignant chercheur en Sciences politiques, Jean Charles Biagui, le débat sur la rationalisation des politiques annoncée par le nouveau régime n'est pas aussi simple à trancher. Interpellé sur la question hier, jeudi 9 janvier, le Maître de Conférences assimilé pointe du doigt la difficulté à modifier par une réglementation certains facteurs à l’origine de l’explosion du nombre de partis politiques au Sénégal.
La rationalisation des politiques voulue par le nouveau régime est-elle finalement plus facile à dire qu’à mettre en œuvre ? Si on en croit l’Enseignant chercheur en Sciences politiques, Jean Charles Biagui, ce débat n'est pas aussi simple à trancher. Interpellé sur la question hier, jeudi 9 janvier, le Maître de Conférences assimilé pointe du doigt la difficulté à modifier par une réglementation certains facteurs à l’origine de l’explosion du nombre de partis politiques au Sénégal. Citant entre autres, la pauvreté du débat politique, la culture politique, le système électoral, l’Enseignant chercheur en Sciences politiques va même plus loin en prenant le contre-pied de ceux qui appellent à l’application stricte de la Loi n° 81-17 du 6 mai 1981 sur les partis politiques pour endiguer ce phénomène de pléthore de partis politiques. En effet, selon lui, une application stricte de cette loi ne va pas nécessairement rationaliser les partis politiques.
Poursuivant son analyse, le spécialiste des Sciences politiques suggère plutôt au Président Diomaye et son régime, en plus de la réglementation, d’allier aussi la carte de la concertation. « Au Sénégal, on évoque souvent le nombre important de partis politiques. Malgré une existence juridique officielle, la plupart de ces partis ne participe pas au débat public, ils ne vont pas à la rencontre des populations dans le cadre d'élections. Dès lors, il s'agirait de les « rationaliser » en faisant probablement le tri ou en mettant un cadre institutionnel qui limiterait leur nombre ou leurs modalités d'action », a-t-il indiqué avant d’insister. « Le débat n'est pas aussi simple de mon point de vue. Les tenants actuels du pouvoir peuvent y contribuer en privilégiant un débat politique sain loin de la politique politicienne, en participant au renouvellement d'une élite administrative et politique qui ferme la porte à tous ces nombreux opportunistes qui créent des partis politiques dans le seul but d'avoir un strapontin et de se servir »
Pour justifier son approche, Jean Charles Biagui souligne que depuis 1981, plusieurs dispositions de la loi sur les partis politiques n'ont jamais été appliquées avant de s’interroger. « En démocratie, est-il de la responsabilité de l'État de le faire ? En tout état de cause, il faudra éviter d'arbitrer à la place du peuple souverain. Il faudra surtout éviter de remettre en cause la liberté d'association ».
SOUKEYNA KONARÉ, UNE PIONNIÈRE DANS L’OMBRE DES GRANDES LUTTES POLITIQUES
Épouse du Bourba Djolof Bouna Alboury Ndiaye et cousine de Me Lamine Guèye, elle a défié les conventions sociales et politiques en militant activement pour la participation des femmes à la vie publique.
Née en 1879 à Saint-Louis, Soukeyna Konaré occupe une place singulière dans l’histoire du Sénégal. Un temps épouse du Bourba Djolof, Bouna Alboury Ndiaye, et cousine de Me Lamine Guèye, elle est aujourd’hui citée comme la première femme politique sénégalaise. À une époque où les femmes sénégalaises étaient exclues des débats politiques, elle n’avait pas hésité à bousculer les mentalités. Aujourd’hui, son nom est régulièrement avancé dans les recherches sur la participation des femmes à la vie politique, en particulier leur droit de vote.
Le Dr Adama Baytir Diop, historien à l’Ucad à la retraite, spécialiste du Sénégal sous la colonisation, ne pense pas elle ait eu comme préoccupation exclusive les droits politiques des femmes. « Parce que dans le contexte historique de l’époque, en France métropolitaine, on n’envisageait pas le droit de vote des femmes », explique le Dr Diop. Il a fallu attendre 1945 pour cela. Mais Soukeyna Konaré s’est engagée bien avant. En 1945, de retour d’une entrevue avec le général De Gaulle en Algérie, Me Lamine Guèye va organiser un meeting à Yaax Jeuf, un des douze Pinthie de Dakar, tout près de l’actuel Sandaga. C’est à cette occasion que le patron de la puissante Sfio locale a annoncé le droit de vote pour les femmes.
En effet, le 6 juin 1945, les femmes des Quatre Communes obtiennent ce droit. Et encore, ce droit ne concernait au Sénégal que les femmes françaises, au prétexte de l’illettrisme des sénégalaises et de l’opposition des marabouts. A force de manifestations, les citoyennes françaises finirent par avoir gain de cause et purent aller voter aux élections de 1945. L’association Soukeyna Konaré, dont elle était la présidente, mobilisa l’électorat féminin en organisant à St-Louis des soirées de mobilisation suivies de séances de thé. Dans son mémoire de DEA intitulé « Contribution à la réflexion sur la participation des femmes sénégalaises à la vie politique de 1945 à 2001 », Seynabou Ndiaye Sylla rapporte une célèbre anecdote : Soukeyna Konaré n’hésitait pas à provoquer son cousin Lamine Guèye pour qu’il s’engage davantage.
Lors d’une réunion en 1930, elle lui lança publiquement : « Si tu es le digne descendant de Bacar Waly Guèye, tu ne devrais pas avoir peur… Si tu recules, donne-moi ta place et tu verras comment une femme se conduit ». Son influence dépassait largement le cadre familial. En présidant l’Association Soukeyna Konaré, elle mobilisait l’électorat féminin de Saint-Louis par des événements sociaux, notamment des soirées dansantes suivies de thés. Ces initiatives, bien qu’inscrites dans un cadre festif, portaient un message politique clair : les femmes devaient participer activement à la vie publique. L’héritage de Soukeyna Konaré demeure vivant à Saint-Louis, notamment à travers l’école qui porte son nom dans le quartier de Balacoss.
Plaidoyer contre une dette sans provision par une piqûre de rappel à Paname !
Remerciements à la France : Plaidoyer contre une dette sans provision par une piqûre de rappel à Paname !
Monsieur le Président, les Africains ne vous ont pas remercié ou pas suffisamment, pour avoir débarrassé le Continent du "terrorisme" ! Je ne sais si j'en ai l'envergure, ce dont je doute fort,mais je voudrais, au nom de tous les "africains libérés" par la France des griffes du terrorisme et offerts en victimes expiatoires à la gueule des "Djiadhistes", vous dire merci d'avoir plié bagages, ou d'être en train de le faire, en vous rappelant toutefois, quelques formules de politesse que vous avez oublié de rendre à l'Afrique ! Vous avez oublié de dire merci aux "tirailleurs" pour avoir participé à sauver la France du "Lieber Straume" que lui promettait un homme à la moustache légendaire !
Vous avez oublié pendant longtemps, de faire amende honorable pour vos grandspères, quand ils ont "blanchi" les combattants à la lisière de Paris, trop noirs à leur goût pour l'ultime parade et massacré leurs frères d'armes a Thiaroye pour une poignée de francs! Vous avez oublié de dire merci à l'Afrique Equatoriale, d'avoir ouvert les bras à la "France libre" à Brazzaville quand, sans domicile fixe, elle écumait les océans à la recherche d'un pied à terre !
Vous avez aussi oublié de dire merci au Niger pour avoir éclairé la France depuis Arlit, elle même plongée dans le noir ! Vous avez oublié de dire merci aux 2400 soldats de "l'opération Fatim" ( Forces Armées Tchadiennes au Mali) quand les combattants Tchadiens, ayant attaqué les Djiadhistes retranchés dans la vallée d'Amatetai, difficile d'accès, à Kidal et Gao, pour reduire les résistances dans la profondeur ont facilité les opérations de ratissage de "Serval" !
C'est une foultitude de remerciements, dont je n'ai cité que les plus flagrants, que vous avez oublié de présenter à l'Afrique qui a tout donné à la France, au prix de sa propre survie et de celle de ses fils , qu'il me plait, si besoin était, de vous rappeler! Au demeurant la nécessité de sécurité, ne peut racheter cette impératif de souveraineté, qui souffle sur votre ancienne chasse gardée ! Celle ci a été à bonne école, pour apprendre de vous, que l'on pouvait éconduire son libérateur au nom de la souveraineté !
En effet n'avez vous pas demandé, dés 1958, aux libérateurs Américains ayant débarqué en Normandie et en Provence, de plier bagages, malgré la nécessité de faire face au spectre de la destruction nucléaire grondant depuis l'Est ? Ainsi paré de votre souveraineté, comme d'une armure d'airain, vous avez su faire face aux risques inhérents à la "guerre froide"!
Ce faisant vous avez su réorganiser votre défense autour de la "suffisance nucléaire" par une "dissuasion" portée par la Triade, Sous Marins Nucléaires Lanceurs d'Engins (S NLE), Force Océanique Stratégique ( Fost) et Forces Aérienne Stratégique ( Fas). Ainsi aujourd'hui, la France est la seule puissance nucléaire de l'Union Européenne, car "ne voulant dépendre de personne dès lors que sa survie pourrait être mise en cause par un adversaire ".
Au nom de cette souveraineté, vous vous êtes aussi retiré du Commandement Allié Intégré de l'OTAN, pour conserver votre liberté d'action et votre indépendance dans le choix de l'emploi de vos capacités militaires! Les Américains vous ont ils exigé des remerciements et des courbettes?
J'en doute fort puisque dès 1961, le Président Kennedy a fait une visite officielle historique en France avec Jacqueline, ayant mis Paris à ses pieds, accueillis en grandes pompes par le "souverainiste" De gaulle, avant même de lancer son fameux "Ich bin ein Berliner" en 1963 dans l'ancienne capitale du 3eme Reich divisée !
Ce fair play américain face à De gaulle, aurait dû vous inspirer face aux Africains ne réclamant que le droit de "dissoudre les liens politiques qui l'ont attaché à un autre, et de prendre parmi les puissances de la terre, la place séparée et égale à laquelle les lois de la nature et du Dieu de la nature lui donnent droit" dixit Thomas Jefferson (La Déclaration d'indépendance)!
Ainsi après ce plaidoyer , j'ose espérer que vous nous accepterez ce droit, sans réclamer outre mesure des remerciements "sans provision", tout en acceptant de faire amende honorable pour tout ce que votre pays a fait subir au Continent!
En définitive vous ne ferez pas moins que l'Amérique, qui a libéré la France, soutenue par le sang des africains, versé aux son des canon, en acceptant de bonne foi, notre
choix de souveraineté clairement exprimé par nos dirigeants. Nous peut être ainsi un jour, dans le respect mutuel, faire le choix souverain, de danser ou pas, ensemble, aux sons des violons!
Colonel (er) Mamadou Adje, makoumba4@yahoo.fr
Expert en Gestion de Situations d'Urgence
Dakar le 09 Janvier 2025
LA PERCEPTION DES SONDAGES VARIE EN FONCTION DES POSITIONS DES ACTEURS
Enseignante chercheuse en Science politique et en journalisme au CESTI, Dr Yacine Diagne souligne que l’interdiction des sondages d’opinion au Sénégal peut être perçue comme une entrave à la liberté d’expression.
Enseignante chercheuse en Science politique et en journalisme au Centre d’Études des Sciences et Techniques de l’Information (Cesti) de l’Ucad, Dr Yacine Diagne souligne que l’interdiction des sondages d’opinion au Sénégal peut être perçue comme une entrave à la liberté d’expression. Dans cet entretien, elle insiste sur la nécessité d’un cadre juridique et d’une régulation indépendante pour garantir une utilisation responsable des sondages.
Selon la chercheuse, l’interdiction des sondages peut être perçue « comme une marque de scepticisme envers la transparence dans le processus démocratique ». Bien que certains sociologues questionnent la légitimité des sondages, « ces derniers peuvent influencer les comportements électoraux en projetant des perspectives, parfois néfastes », explique-t-elle. Ainsi, « leur perception varie en fonction des positions des acteurs dans le champ politique. Les régimes en place peuvent redouter les sondages lorsque leurs résultats révèlent une baisse de leur capital sympathie. Les partis d’opposition, quant à eux, peuvent les suspecter de partialité et les considérer comme un dispositif potentiel de désinformation. Pour les citoyens ordinaires, leur méfiance découle souvent d’un manque d’information sur l’utilité des sondages dans les processus démocratiques ».
Le sondage d’opinion est-il un allié de la démocratie, ou constitue-t-il une menace sur les principes démocratiques ? Pour Yacine Diane, « l’impact des sondages dépend de leur conception, de leur interprétation et de leur usage ». En tant qu’alliés de la démocratie, ils permettent aux décideurs publics d’être mieux informés sur les préoccupations et les attentes des citoyens ordinaires. Cependant, prévient-elle, « lorsque les résultats sont biaisés, manipulés ou mal interprétés, ils risquent de compromettre les principes démocratiques en renforçant la désinformation ou en accentuant la polarisation du champ politique ».
Qui de leur influence sur les politiques publiques et les décisions des gouvernants ? « Ils peuvent guider les pouvoirs publics dans l’élaboration de leur vision stratégique des politiques publiques avec les priorités des citoyens ordinaires lorsqu’ils sont réalisés de manière objective », explique le Dr Yacine Diagne, auteur d’une thèse intitulée « Sociologie politique d’une expérience de démocratie participative. Le cas d’une radio communautaire au Sénégal », en 2014 (Paris 9). Elle souligne aussi qu’une mauvaise interprétation des résultats peut entraîner des effets néfastes et amener les gouvernants à privilégier des mesures inefficaces pour plaire à l’opinion publique, « même si cela met en péril les finances publiques. L’interdiction des sondages d’opinion ne constitue elle pas une entrave à la liberté d’expression ? Selon elle, cela peut être perçu comme « une entrave à la liberté d’expression, un principe fondamental d’un débat éclairé, surtout si elle est généralisée et non motivée ».
En effet, « elle peut empêcher les médias et les citoyens d’accéder à des données et des informations fiables pour enrichir le débat démocratique. Cependant, tout dépend des motifs, du contexte et des implications de cette interdiction ». Se faisant plus précise, elle explique que « l’interdiction peut être légitime si l’objectif est de préserver l’ordre public, surtout dans un contexte de polarisation politique et médiatique. En effet, en période de campagne électorale, les sondages peuvent fausser les résultats en favorisant des effets tels que le « Bandwagon » (suivre le candidat favori) ou le « Underdog effect » (soutenir le candidat perçu comme perdant) » Interrogée sur l’encadrement effectif des sondages d’opinions au Sénégal, elle juge que la mise en place d’un cadre juridique clair, accompagné d’une régulation indépendante et d’une sensibilisation générale, pourrait constituer une alternative viable à l’interdiction des sondages d’opinion au Sénégal.
« La création d’un organe de régulation chargé de superviser les sondages, de vérifier les méthodologies employées et d’auditer les instituts pour garantir le respect des normes, renforcerait la transparence et favoriserait une contribution constructive des sondages au débat public », soutient-elle. Par ailleurs, elle estime que « restreindre la publication des sondages à des périodes précises, notamment en dehors des campagnes électorales, permettrait de limiter les risques de manipulation ou d’influence excessive sur l’opinion publique.
BAROMETRES D’OPINION, UN OUTIL CLÉ POUR UNE GOUVERNANCE PARTICIPATIVE
Des experts politiques plaident pour une réforme du cadre juridique afin de permettre une meilleure intégration des attentes citoyennes dans l'élaboration des politiques publiques.
Des experts politiques soulignent la nécessité de réformer le cadre juridique pour permettre une meilleure intégration des attentes citoyennes dans l’élaboration des politiques publiques. Ils plaident en faveur d’une modernisation de la législation, estimant que la prise en compte effective de l’opinion ne peut que favoriser une gouvernance plus transparente et réactive aux besoins des populations.
Au Sénégal, les sondages sont encadrés par la loi de 1986 et ne sont pas publiés. Les instituts de sondages même s’ils existent ne peuvent porter au public les résultats de leurs enquêtes. Leur action dans ce domaine est limitée et les risques de poursuites sont énormes. Des réformes sont donc nécessaires si l’on souhaite que les sondages d’opinion puissent jouer un rôle important dans la société démocratique. Cela suppose un comportement nouveau de la part de l’administration, notamment la communication des fichiers sur lesquels repose le travail des instituts de sondage et surtout les techniques et méthodes utilisées. En effet, les pratiques de sondages essentiels dans un contexte démocratique ne sont pas autorisées, du moins leur publication comme dans les grandes démocraties.
Selon Moussa Diaw, professeur de sciences politiques à l’Université Gaston Berger (Ugb) de Saint-Louis, un long chemin reste à parcourir si l’on veut que les sondages participent au développement des mœurs démocratiques au Sénégal. « Aujourd’hui, les sondages n’influencent pas les politiques publiques et les décisions gouvernementales, car les citoyens ne sont pas impliqués, simplement parce que ces sondages ne sont pas accessibles au grand public », a-t-il expliqué, estimant que des réformes urgentes sont nécessaires pour prendre en compte l’opinion dans la confection et la mise en œuvre des politiques publiques. « Le sondage d’opinion est donc un outil indispensable pour intégrer les avis des citoyens dans les prises de décision et dans la visibilité des politiques gouvernementales », a-t-il déclaré. À son avis, on se méfie souvent des sondages lorsqu’ils ne sont pas favorables à la politique gouvernementale, dans le but de dissimuler les faiblesses de celle-ci. En outre, poursuit-il, l’État ne s’efforce pas de publier des sondages qui ne lui seraient pas favorables. D’où l’interdiction de la publication des sondages d’opinion. « Il existe également un risque de manipulation de l’opinion. De toute manière, le sondage peut être apprécié sous deux dimensions, mais reste un outil précieux dans une démocratie, car la contradiction est inhérente à l’esprit démocratique », souligne-t-il.
Pour sa part, Momar Thiam, conseiller en communication et responsable du cabinet WellCom’In Communication, affirme que mesurer l’opinion n’est pas une mince affaire pour deux raisons. À son avis, l’opinion est un terme pluriel et complexe. On peut y inclure ce que l’on veut, en fonction de ses objectifs, de son ressenti, du contexte et de la conjoncture du moment, qu’ils soient politiques ou autres. D’après M. Thiam, le sondage représente un instant de l’opinion, qui peut évoluer selon les contextes, les acteurs, les représentations, les actions posées et les résultats attendus. À cet égard, il déclare que « les résultats des mesures d’opinion doivent tenir compte des effets induits par ces éléments, ainsi que des marges d’erreur, surtout dans l’interprétation des résultats ».
Cependant, il souligne que les sondages constituent sans conteste un instrument nécessaire dans la prise en compte des demandes et attentes de l’opinion dans sa globalité. « C’est donc un outil qui peut renforcer la dynamique démocratique dans la gestion des affaires publiques et dans la prise en charge des priorités des populations. Le sondage, dans ce cas, ne doit pas se contenter de mesurer ou de jauger les attentes des électeurs, mais doit également être un outil pour l’exercice du pouvoir », explique-t-il. Selon Momar Thiam, la méthode des sondages d’opinion nécessite une connaissance approfondie des populations sondées et de leurs perceptions des enjeux et politiques publiques. Cela signifie que, pour réaliser un sondage, il est primordial de déterminer d’abord les objectifs prioritaires et secondaires, d’établir un échantillon des populations sondées et de délimiter la période de sondage. « C’est un gros chantier qui mérite une attention particulière et un savoir-faire de spécialistes en la matière », relève-t-il.
Il pense néanmoins que la loi de 1986 mérite d’être modernisée afin d’établir des règles plus affinées et adaptées à la dynamique démocratique et politique actuelle. À son avis, il faudrait que les autorités publiques considèrent les enquêtes d’opinion comme un outil d’orientation et d’organisation des politiques publiques. « Les citoyens, devenus majeurs, ont largement dépassé le stade de simples réceptacles de la chose publique et sont devenus de véritables acteurs dans la gestion des affaires publiques, avec l’avènement des réseaux sociaux et la possibilité d’une rétroactivité permanente. Les associer à la prise de décisions politiques serait un pas en avant vers la prise en charge de leurs demandes et doléances », a-t-il soutenu, ajoutant que cela renforcerait la perception d’une gestion démocratique des affaires publiques tout en facilitant le travail des gouvernants. « Sonder les populations sur des sujets tels que le financement des partis politiques, le nombre de partis politiques, l’emploi des jeunes, la santé publique, la formation professionnelle, etc., permettrait aux acteurs publics de se doter de points de repère précieux pour la conduite de leurs affaires », a-t-il conclu.
MESURER L’AIR DU TEMPS OU PESER L’AVENIR ?
La fréquence des alternances au sommet de l’Etat confirme la vitalité de la démocratie sénégalaise. Pour autant, la question des sondages d’opinions reste en suspens. Qui pèse quoi en dehors des élections ? Quel est l’indice de popularité des leaders ?
La fréquence des alternances au sommet de l’Etat confirme la vitalité de la démocratie sénégalaise. Pour autant, la question des sondages d’opinions reste en suspens. Qui pèse quoi en dehors des élections ? Quel est l’indice de popularité des leaders ? Dès lors, les perceptions sur « l’air du temps » continuent à forger des convictions et assoir des réputations sur la seule base des médias et des réseaux sociaux. Alors que la loi interdisant la publication des sondages durant les périodes électorales vise à protéger l’opinion publique contre la manipulation, des acteurs politiques jugent cette réglementation « obsolète » et plaident pour sa réévaluation.
24 mars 2024. Un vent de changement souffle sur le Sénégal. Une nouvelle alternance, la troisième depuis l’indépendance, est actée au premier tour de scrutin. Bassirou Diomaye Diakhar Faye est élu président de la République du Sénégal avec plus de 54 % des voix. Ce scrutin a été précédé par une guerre des chiffres pour ne pas dire des « sondages ». Entre enquêtes d’opinion prédisant une victoire éclatante de Bassirou Diomaye Faye et scores annonçant la victoire d’Amadou Ba, candidat de la coalition Benno Bokk Yakar. Cette bataille eut surtout lieu sur les réseaux sociaux.
Des chiffres sans aucune base scientifique partagés sur la toile pour faire de son candidat le futur locataire du palais. Illustration, sur X (ex twitter), un sondage non sourcé annonçait Amadou Ba vainqueur, suivi de près par Khalifa Sall, puis par Bassirou Diomaye Faye. Toutes ces publications, dépourvues de fiabilité, sont illégales, car, au Sénégal, la publication de sondages d’opinion est interdite pendant la période préélectorale et électorale, à compter de la date de publication au Journal officiel du décret portant convocation du corps électoral jusqu’à la publication définitive des résultats du scrutin.
« La publication ou la diffusion de tout sondage d’opinion ayant un rapport direct ou indirect avec un référendum ou une élection réglementée par le code électoral est interdite à compter de la date de publication au Journal officiel du décret portant convocation du corps électoral jusqu’à la publication définitive des résultats du scrutin », précise la loi du 14 avril 1986 interdisant les sondages d’opinion. L’ambition de cette loi est de protéger l’opinion publique sénégalaise contre toute manipulation à des fins politiques et commerciales. Les manquements à cette loi peuvent entraîner des peines et amendes prévues par le Code pénal pour diffusion de fausses nouvelles.
Une loi « obsolète et impertinente »
L’ancien député Cheikh Oumar Sy estime que la loi interdisant les sondages d’opinion est « obsolète ». Selon lui, elle doit être revisitée. L’opinion publique, indique-t-il, doit avoir un baromètre pour mesurer la perception des Sénégalais vis-à-vis de la mise en œuvre des politiques publiques et de l’analyse des impacts, y compris ceux liés à la politique et à la vie des partis. « Cette loi n’a plus sa raison d’être. Il faut laisser les structures capables de réaliser des sondages faire leur travail et s’assurer au maximum de la fiabilité. Puisque le seul danger qui menace est la manipulation des chiffres et le traitement de l’information qui peut être orientée dans un sens comme dans l’autre. Il faut, pour cela, la crédibilité des structures qui réalisent ces enquêtes », a déclaré l’ancien parlementaire.
Il ajoute : « Il est important que l’opinion publique puisse être mesurée par des sondages pour mieux orienter les politiques publiques, avoir une appréciation de ce qui est mis en œuvre et aider les décideurs à comprendre où les populations souhaitent que l’on concentre les priorités. Donc, il est nécessaire que ces sondages soient accessibles aux décideurs publics. »
L’ancien maire de Kaffrine et porte-parole du Parti socialiste, Abdoulaye Wilane, abonde dans le même sens. Pour lui, cette loi est « obsolète et inappropriée ». Il explique son point de vue : « Les sondages d’opinion sont des éléments d’évaluation qui peuvent être utiles à un gouvernement, à un décideur et aux acteurs publics en général ». De ce point de vue, il pense qu’il faut s’adapter. L’adaptation, précise-t-il, est une disposition d’esprit et de comportements permettant à l’institution et aux décideurs de s’ajuster. « Aujourd’hui, nous avons besoin, certes, de gouvernants qui ont une vision claire de ce qu’ils veulent faire, une détermination à aller dans le sens de leur conviction, mais aussi d’une capacité à réformer et à envisager l’évolution des choses dans l’avenir », a-t-il indiqué. Selon lui, tout le monde effectue des sondages, qui sont réalisés en fonction d’objectifs précis, qu’ils soient généraux ou spécifiques.
« Un décideur politique doit toujours recourir à une étude d’opinion et à l’analyse des données scientifiques pour savoir quoi faire, comment le faire, à partir de quelles ressources et dans quelle séquence temporelle », a-t-il souligné, ajoutant même que les enquêtes de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd) sont une forme de sondage. Il clame donc : « Je ne vois pas pourquoi il faudrait interdire les sondages ». Mais au-delà de nos frontières, certains maintiennent la même posture que le Sénégal. Dans l’Union européenne, seize des vingt-sept pays interdisent la publication des sondages avant le jour du vote. Trois pays (Italie, Slovaquie et Luxembourg) interdisent la diffusion plus de sept jours avant les élections. C’est tout à fait le contraire aux États-Unis. Au pays de l’oncle Sam, la publication des sondages est considérée comme une liberté d’expression, et donc, ils peuvent être publiés à tout moment. En France, une interdiction de publication a longtemps été en vigueur, mais certains médias enfreignent toujours cette mesure.
Mise en place d’une commission nationale de sondages
Contrairement aux parlementaires, le journaliste et chroniqueur judiciaire, Daouda Mine pense que cette interdiction a encore tout son sens, compte tenu du nombre pléthorique de partis politiques au Sénégal, de la manipulation observée dans le paysage politique et du non-respect des règles techniques indispensables à la fiabilité des sondages. « Si la publication de ces sondages était autorisée, l’opinion serait encore plus brouillée et les contestations électorales exacerbées, chaque parti pouvant brandir un sondage commandité pour soutenir ses allégations », prévient-il, tout en précisant qu’il n’est pas interdit à un parti politique de faire réaliser un sondage par un institut pour sa propre information.
Ce qui est interdit par la loi, c’est la publication des résultats de ces sondages. Selon Daouda Mine, cette loi ne constitue pas une entrave à la liberté d’expression, surtout que les électeurs peuvent s’exprimer librement par la voie des urnes. Les différentes alternances que le Sénégal a connues, dans la paix et la sérénité, le prouvent amplement. « Cette loi sert juste à réglementer le secteur, ce qui est une prérogative régalienne reconnue à tout État », explique-t-il. En effet, la publication des sondages n’est pas interdite à tout moment. En dehors de la période préélectorale, elle est soumise à deux validations : la détention, par l’organisme qui procède à l’enquête, d’un agrément de la commission nationale des sondages (article 16), et l’obtention, par ce même organisme, d’une autorisation de publication, sur la base d’un certain nombre d’éléments à présenter à la commission (articles 17 et décret 86-616 du 22 mai 1986). D’après Daouda Mine, l’État a l’obligation de mettre en place une « commission nationale des sondages » qui devrait superviser les enquêtes d’opinion sénégalaises et donner les autorisations aux instituts de sondage avant publication. Malheureusement, il regrette que « cette commission n’ait pas été instituée ».
Selon Daouda Mine, cette loi ne constitue pas une entrave à la liberté d’expression, surtout que les électeurs peuvent s’exprimer librement par la voie des urnes. Les différentes alternances que le Sénégal a connues, dans la paix et la sérénité, le prouvent amplement. « Cette loi sert juste à réglementer le secteur, ce qui est une prérogative régalienne reconnue à tout État », explique-t-il. En effet, la publication des sondages n’est pas interdite à tout moment. En dehors de la période préélectorale, elle est soumise à deux validations : la détention, par l’organisme qui procède à l’enquête, d’un agrément de la commission nationale des sondages (article 16), et l’obtention, par ce même organisme, d’une autorisation de publication, sur la base d’un certain nombre d’éléments à présenter à la commission (articles 17 et décret 86-616 du 22 mai 1986). D’après Daouda Mine, l’État a l’obligation de mettre en place une « commission nationale des sondages » qui devrait superviser les enquêtes d’opinion sénégalaises et donner les autorisations aux instituts de sondage avant publication. Malheureusement, il regrette que « cette commission n’ait pas été instituée ».
par Fary Ndao
BIRAME SOULEYE DIOP, PROTÉGEZ VOS COLLABORATEURS
Il est inacceptable qu'un journal proche de Pastef se permette de catégoriser les DG entre fréquentables et infréquentables selon leur date de nomination avant ou après avril 2024, sans réaction ferme de votre part
M. le ministre, protégez vos collaborateurs et Directeurs
M. Le ministre,
Permettez-moi de rompre la chaîne hiérarchique pour m’adresser directement à vous afin de vous inviter, respectueusement, à marquer votre désaccord ferme face aux attaques ad hominem et nauséabondes du journal « Yoor-Yoor » envers les dirigeants administratifs et techniques du secteur énergétique sénégalais.
En effet, dans sa Une du jeudi 9 janvier 2025, ce quotidien cite 7 dirigeants dont votre Directeur de Cabinet et votre Secrétaire Général, comme étant des « figures du système Macky Sall qui contrôlent encore le secteur énergétique ».
Ma conviction est que nous ne pouvons pas nous permettre, dans cette aube pétrolière et gazière pour notre pays, où nous devons poursuivre la consolidation de nos rapports avec nos frères mauritaniens dans le cadre du gisement GTA, faire face à des multinationales rompues à la tâche, accélérer la venue du gaz domestique pour baisser le prix de l’électricité et faciliter l’industrialisation, de désigner des bons et des mauvais fonctionnaires. Il est inacceptable qu’un journal, réputé proche de votre parti PASTEF-Les patriotes, se permette de désigner des Directeurs généraux fréquentables parce qu’ils seraient nommés depuis avril 2024 et d’autres infréquentables parce qu’ils auraient été nommés avant, sans que cela n’entraine une réaction ferme de notre Ministère de tutelle. L’administration sénégalaise a toujours servi, malgré ses insuffisances, avec loyauté, voire même avec du zèle, les différents régimes qui se sont succédé. Elle ne saurait être scindée entre fonctionnaires et directeurs du « Projet » et d’autres qui ne le sont pas. Nous servons tous la seule et même République.
Le secteur énergétique sénégalais, sans être parfait, a connu des progrès notables ces dernières années. Notre capacité électrique installée a triplé entre 2012 et 2023, pas moins de quatre nouvelles lois et plus d’une dizaine de décrets associés ont vu le jour pour encadrer le fonctionnement de l’industrie pétrolière (Code pétrolier, Code gazier, Loi sur le Contenu local, Loi encadrant les revenus issus de l’exploitation du pétrole et du gaz), la Commission de régulation du secteur de l’énergie a été réformée, près d’une centaine d’ingénieurs, sur la base d’un concours au mérite, ont été formés par l’Institut National du Pétrole et du Gaz (INPG) depuis 2018. Ces résultats sont le fait, pour partie, de ces fonctionnaires aujourd’hui livrés à la vindicte des radicaux et des journaux qui leur fournissent des cibles à abattre. Nous savons tous que travailler pour l’Etat est ingrat mais il est inacceptable que la moralité, la réputation professionnelle et le patriotisme au service des Sénégalais de hauts fonctionnaires dont l’extrême majorité est non encartée politiquement soient continuellement attaqués par des individus dont la maîtrise des enjeux de ce secteur plus que crucial, comme l’a rappelé le Premier ministre lors de sa Déclaration de politique générale, est au mieux limitée, voire inexistante.
La nécessaire reddition des comptes, exercice indispensable dans une démocratie où des alternances surviennent, ne saurait être un prétexte pour procéder à une « chasse aux sorciers » - car on ne parle ici que d’hommes - au sein de notre administration. Vous le savez bien mieux que quiconque, ministre est un poste politique, et pour vous avoir entendu le dire lors d’un atelier public, vous êtes conscients de la qualité des ressources humaines de ce secteur où la réserve est de mise au vu des enjeux de confidentialité et la dimension stratégique du travail effectué. Je m’autorise donc à sortir de la mienne pour vous inviter à exercer cette prérogative politique qui est la vôtre et à défendre ceux qui vous épaulent au quotidien dans votre travail. Ces hauts fonctionnaires, tous compétents, et cela je peux en témoigner sur l’honneur, permettent aux Sénégalais de ne plus vivre sous le joug des coupures d’électricité, mais aussi de bénéficier d’un approvisionnement continu en produits pétroliers pour leur transport et, contribueront, à n’en pas douter, à faire sentir les bénéfices de l’exploitation de leurs ressources naturelles aux Sénégalais.
Avec respect et considération,
Fary Ndao est Responsable Projets et Prospective
PETROSEN Trading & Services.
LE SÉNÉGAL MET LES INVESTISSEURS EN ALERTE
Le gouvernement promet le rapport de la Cour des comptes dans les prochaines semaines, avec une application de toutes les recommandations et une réorganisation de la gestion de la dette afin de contenter le FMI
(SenePlus) - D'après les informations de Bloomberg, le gouvernement a annoncé mardi aux investisseurs internationaux qu'un audit approfondi des finances du pays sera disponible "dans les prochaines semaines". Cette annonce cruciale a été faite lors d'une réunion virtuelle organisée par Bank of America, selon plusieurs sources proches du dossier citées par l'agence de presse.
Cette vérification des comptes publics constitue une étape déterminante pour le Sénégal qui cherche à négocier un nouveau prêt avec le Fonds Monétaire International (FMI). En effet, comme le rappelle Bloomberg, un précédent programme de 1,8 milliard de dollars approuvé en 2023 est actuellement suspendu. Cette suspension fait suite à une demande du président Bassirou Diomaye Faye, arrivé au pouvoir en avril dernier, de vérifier les finances de l'État - un examen qui a révélé que le gouvernement précédent avait présenté des données économiques erronées.
Selon les sources de Bloomberg, les représentants du ministère des Finances ont assuré lors de la réunion que le gouvernement s'engage à mettre en œuvre toutes les recommandations que formulera la Cour des comptes sur les conclusions de l'enquête. Cette dernière doit certifier les conclusions préliminaires de l'Inspection Générale des Finances concernant la gestion des finances publiques entre 2019 et début 2024.
L'impact de cette situation sur la crédibilité financière du pays est déjà tangible. Bloomberg souligne que l'agence Moody's a récemment dégradé la note de crédit en devises étrangères à long terme du Sénégal à B1, soit quatre niveaux en dessous de la catégorie "investissement". Les obligations sénégalaises en dollars ont également chuté dans le sillage de cette controverse sur les données, les titres à échéance 2048 s'échangeant autour de 68 cents pour un dollar mercredi.
D'après l'agence américaine, le conseil d'administration du FMI devait initialement examiner les révisions des données du Sénégal ce mois-ci. Toutefois, cette réunion pourrait être reportée en raison de l'audit toujours en cours. Le FMI considère les chiffres de la dette publique et du déficit, plus élevés que précédemment rapportés, comme un cas de "déclaration erronée".
Un point positif émerge néanmoins : selon les sources de Bloomberg, les responsables sénégalais ont indiqué lors de la réunion de mardi que le pays est déjà en discussion avec le FMI pour mettre en place des mesures correctives visant à prévenir de tels problèmes à l'avenir, notamment l'unification de l'unité de gestion de la dette du pays.
Un porte-parole du FMI, cité par Bloomberg, a confirmé que "les discussions avec les autorités sénégalaises sont en cours" tout en précisant qu'il est "prématuré de déterminer les mesures correctives" avant le rapport de la Cour des comptes. De son côté, un porte-parole du ministère des Finances a indiqué que les conclusions de l'audit seront partagées dès qu'il sera prêt, sans toutefois commenter le calendrier.
DES PROFESSIONNELS DU TOURISME DESAPPROUVENT
Réciprocité des visas, Le président de l’association des professionnels de l’hôtellerie et de la restauration du Sénégal (APHORES), Pape Berenger Ngom et Cie craignent des conséquences désastreuses pour l’avenir du tourisme au Sénégal.
Le président de l’association des professionnels de l’hôtellerie et de la restauration du Sénégal (APHORES), Pape Berenger Ngom et Cie craignent des conséquences désastreuses pour l’avenir du tourisme au Sénégal. Pour cause, la volonté des autorités d’appliquer la réciprocité des visas. Le président de l’APHORES a clairement exprimé son désaccord sur cette mesure qui risque de porter un coup de massue au secteur du tourisme.
Le président de l’association des professionnels de l’hôtellerie et de la restauration du Sénégal(APHORES) et membre du Conseil national du tourisme a exprimé ses préoccupations sur la réciprocité des visas soulevée lors de la déclaration de politique générale du Premier ministre. Pape Berenger Ngom pense, en la matière, que la mesure une fois mise en œuvre risque de desservir le secteur du tourisme qui peine à afficher carton plein. L’idée d’appliquer une réciprocité des visas, dit-il, pourrait avoir des conséquences désastreuses pour le tourisme sénégalais. En effet, «nos pays voisins offrent des conditions similaires, tout en étant plus attractifs que le Sénégal en tant que destination touristique». Dans ce contexte, le professionnel ne voit pas la pertinence d’une telle mesure. Ce, du fait que le Sénégal, déjà considéré comme une destination relativement chère, ne peut se permettre, à son avis, d’alourdir davantage les démarches administratives liées aux voyages. Actuellement «nous observons une baisse significative du tourisme par rapport aux années précédentes. Si nous ajoutons des barrières supplémentaires, nous risquons de décourager les visiteurs potentiels, ce qui serait catastrophique pour notre économie», signale le président de l’association des professionnels de l’Hôtellerie et de la restauration du Sénégal.
QUE LES AUTORITES FASSENT PREUVE DE RETENUE
Il interpelle à ce sujet les autorités pour que la mesure ne soit pas effective. Je lance un appel à nos autorités pour qu’elles fassent preuve de retenue sur ce sujet.» Dans sa réflexion, il est sur une dynamique de positionnement. «Nous devons nous concentrer sur la promotion de notre destination plutôt que d’ériger des obstacles», dit-il. Malheureusement, «l’ASPT (Agence Sénégalaise de Promotion Touristique) ne semble pas jouer son rôle de manière efficace. Les bureaux de promotion touristique à l’étranger sont souvent perçus comme des structures qui ne servent qu’à engendrer des dépenses sans véritable retour sur investissement. Il est essentiel de dynamiser ces initiatives pour réellement promouvoir le Sénégal à l’international», regrette le membre du Conseil national du Tourisme. Selon lui, il est temps que l’État prenne des mesures courageuses pour redynamiser le secteur. «Je propose que nous nous concentrions sur le tourisme interne. En adaptant les prix des hôtels au pouvoir d’achat des Sénégalais et en facilitant les voyages à l’intérieur du pays, nous pourrions encourager nos concitoyens à découvrir la richesse de notre patrimoine
Parallèlement, le gouvernement devrait envisager de réduire les charges fixes pour les employeurs, ce qui permettrait de diminuer les prix et d’accroître l’accès aux hôtels et restaurants pour tous les Sénégalais», exhorte Pape Berenger Ngom. En conclusion, «le Sénégal doit impérativement repenser sa stratégie touristique. La réciprocité des visas ne doit pas être une option, mais plutôt une opportunité de renforcer notre attractivité sans compromettre notre position sur le marché mondial. Ensemble, travaillons à faire du Sénégal une destination de choix, tant pour les visiteurs étrangers que pour nos compatriotes», invite le président de l’Association des Professionnels de l’Hôtellerie et de la Restauration du Sénégal, Pape Berenger Ngom.