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6 avril 2025
Politique
la chronique de Ndèye Dieumb Tall
MULTIPLE PHOTOS
LA CORNICHE DES INÉGALITÉS
EXCLUSIF SENEPLUS - Qu’il soit végétal, animal ou humain, la course au capital et au développement laisse le vivant sur le bas-côté. À combien de talibés avons-nous répondu cette semaine ? LA RUE SÉNÉGALAISE, CETTE ACTRICE OUBLIÉE
Comment Médina[1] et Fann Résidence[2] coexistent dans 83 km2 [3]? Comment les fàq-men[4] et les ministres se croisent-ils aussi régulièrement à tous les carrefours de l’une des anciennes quatre communes[5]? Tant de questions auxquelles les sociologues, responsables publiques et chercheurs doivent se pencher. À cette question, je propose mon humble réponse : la rue.
La société sénégalaise est constituée de multiples acteurs et actrices. Parmi elles, une me saute particulièrement aux yeux : la rue sénégalaise. Pensez-y. Bopp u koñ bi[6], tali bi[7], bunt u kër gi[8]… Tant d’expressions faisant référence à la rue.
Cependant, cette rue est difficile à apprivoiser. La temporalité et la géographie jouent un rôle majeur dans l’approche que l’on a et que l’on devrait avoir de la rue et de nos interactions sociales en général. Médina, un premier jeudi de décembre à 7h du matin n’est pas les Almadies[9] un dimanche de fin de mois à 23h. Au milieu de tout cela, la corniche Ouest fait office de frontière. Surplombant l'océan Atlantique par son extrémité la plus à l'Est, la vue y est aussi faramineuse que les montants mobilisés par Karim Wade[10] pour sa construction. Exit la plage publique accessible à toutes et tous durant les longues journées ensoleillées. Désormais, pour en profiter, il faudra débourser au mieux 5.000 FCFA[11](fcfa note de bas de page), au pire 15.000 FCFA. Après tout cela, j’espère que vous n’êtes pas une femme musulmane et ne comptez-pas entacher les belles plages de sables fin du Terrou-bi[12].
Vous l’aurez compris, la rue joue un rôle de plus en plus accessoire dans la vie sociale et politique sénégalaise. Je crois qu’il y a là les symptômes d’un pays qui se perd. Ne vous y méprenez pas ! Je suis l'opposé d’une conservatrice. Par contre, vouloir l'émancipation et le progrès n'empêchent pas de se reposer sur un socle constant et stable.
Étudiante à New York, globe trotteuse devant l'éternel, les rues de Dakar possèdent un je-ne-sais-quoi que je n’ai retrouvé dans aucune ville ou bourg du monde. À vrai dire, je ne m'en étais pas rendu compte avant de quitter le cocon familial. Je me suis rendu compte de la chance que j’avais eu d’avoir pu grandir dans un tel joyau. Pour en revenir à notre histoire, j’avais décidé la semaine dernière, un matin à 10 heures, de me promener. De notre maison à Fann-Résidence à la librairie Les 4 vents de Ouakam. C’était l’occasion pour moi de jouer à la Mère Noël et de refaire mon stock de livres locaux. Sur le chemin, j’ai été frappée par les interpellations des gardiens des somptueuses villas d’ambassadeurs de mon quartier. Ils étaient étonnés qu’une inconnue disrupte leur petit quotidien. “Quel est ton nom de famille ?”, “Où habites-tu ?”, “Depuis combien de temps ? “Tu es étudiante ?”. Ah lala, s’il y a une chose qui ne m’avait pas manquée lors de mon exil volontaire c’est bien l'intrusivité de certains et certaines de mes compatriotes. C’est aussi le revers de notre légendaire chaleur[13].
Quelques foulées plus tard, je suis interpellée par un homme âgé, peut-être la soixantaine. Il tenait dans ses bras frêles un kilo de mburu[14] . Il demandait aux passants et passantes pressés d’être un énième rouage dans la machine capitaliste de quoi assaisonner son pain. Il est vrai que le pain blanc sec ne glisse pas très bien le matin lorsqu’on n’est pas sérère[15]. En discutant avec lui un peu, il m’est apparu que le vieil homme était déboussolé par mon intérêt.
Même scène avec les talibés[16] et femmes assises juste à côté du kiosque du primeur[17]. Au cours de cette courte promenade, j’ai pu croiser des personnes âgées, des enfants, des hommes, des femmes, des personnes à mobilité réduite, des personnes handicapées mentalement, des gens sur le chemin du travail, des gardiens, des animaux… J’ai eu à observer aussi l'état de la rue : le pavé, le goudron, le trottoir inexistant, le sable, les publicités et affiches.
J’ai été frappée par la particularité géographique et urbaine d’un quartier comme Fann-Résidence ou Fann Hock[18], comparée à la Médina ou à Colobane[19] par exemple. Le sable et la poussière de Dakar mériteraient presque d’en être les acteurs principaux. Sans oublier les embouteillages. Comment oublier les embouteillages à Dakar ?! À Fann-Résidence, l’absence de trottoirs et de zones de stationnement ne se font pas ressentir car les villas qui bordent la mer sont en général équipées de parkings. A l’inverse, la cité Mbackiyou Faye[20] et cité Avion[21] sont constituées de chemins exigus et sinueux que seules les siru-man[22] peuvent naviguer habilement.
Ces inégalités dans l’urbanisme ne se limitent pas seulement aux places de stationnement et à l'état des routes. Les bâtiments et immeubles n’occupent pas la même fonction dépendamment du quartier. Alors que le pôle Fann-Residence, Mermoz, Point E fait écho au quartier latin et au 5e arrondissement de Paris, abritant tous les deux l’Ecole Normale Supérieure (ENS) et de belles maisons, des quartiers comme Ñaari-Tali, HLM 5[23] sont des méli-mélo de bâtisses à moitié construites, de charrettes, dibiteries et mosquées. Là ou a Fann-Residence les habitations sont jalousement gardées par des gardiens et des bergers allemands, aux HLM 5 les portails, s’ils existent, sont grand ouverts. On y entend les conversations, bêlements de moutons et cris de siru-man. D’un côté, les restaurants huppés ou la bouteille Kirène[24] de 500 ml coûte 1.500FCFA, de l’autre les inondations et eaux usées décorent et parfument les rues.
La négligence du mobilier urbain s'étend au-delà des objets inanimés. La maltraitance animale est sous nos yeux tous les jours. Il suffit d’observer les moutons dans nos maisons, censés être des réceptacles de toutes les malédictions dirigées vers la famille, les chevaux, les chiens et chats errants. Les êtres humains sont eux aussi traités comme des objets inanimés. Lorsqu’ils ne sont pas méprisés, ils sont ignorés. La semaine dernière, à bord d’un Yango, le conducteur fait tout son possible pour éviter le chien errant qui traverse en catastrophe la rue. A peine dix minutes plus tard, une personne qualifiée de folle slalome sans objectifs entre les véhicules. Le chauffeur ne lui prêta aucune attention. De la même façon, une personne à mobilité réduite assise dans une impasse à côté de son véhicule me raconte comment régulièrement il est écrasé par les passants et les voitures.
Si Fann-Résidence, la Médina, Mermoz et les Almadies sont présentés comme acteurs principaux de ce premier épisode, ils ne sont en réalité qu’un prétexte pour mettre en exergue le plus important : le vivant. Qu’il soit végétal, animal ou humain, la course au capital et au développement les laisse sur le bas-côté de la route rocailleuse. À combien de talibés avons-nous répondu cette semaine ? Lorsque l’on donne l’aumône à ces braves gens, sommes-nous plus intéressé•e• par les monts et merveilles promis par notre marabout ou par comment cette offrande va améliorer leur conditions matérielles d’existence ? Ces questions nous concernent toutes et tous et devraient nous empêcher de dormir.
Ndèye Dieumb Tall est étudiante en sociologie et sciences sociales.
[15] Ethnie du Sénégal stéréotypé pour leur amour du pain. Léopold Sedar Senghor, premier président de la République du Sénégal, académicien, membre de la Négritude est sérère.
[16] Enfants mendiant, confiés à des serignes (guides religieux traditionnels) par des familles généralement démunies.
[17] Communément appelés Diallo, du fait de la prédominance des primeurs d’origine fulani, notamment venant de la Guinée.
"Il y a un an, au Gabon, au Sénégal, en Côte d'Ivoire ou au Tchad, le message consistait plutôt à nous demander de ne pas partir". Jean-Marie Bockel révèle comment la France a été prise à contre-pied par ses partenaires historiques
(SenePlus) - Dans un entretien accordé à Jeune Afrique ce lundi 12 janvier 2025, Jean-Marie Bockel, envoyé personnel d'Emmanuel Macron pour l'Afrique et ancien secrétaire d'État à la défense, livre une analyse approfondie des mutations radicales qui secouent les relations militaires entre la France et ses partenaires historiques africains. Son témoignage révèle les complexités d'une transition qui échappe au contrôle de Paris.
Une mission avortée par les événements
Nommé par Emmanuel Macron pour repenser la présence militaire française en Afrique, Jean-Marie Bockel a mené pendant neuf mois un travail de fond auprès de quatre pays clés : la Côte d'Ivoire, le Gabon, le Sénégal et le Tchad. Mais à peine trois jours après la remise de son rapport à l'Élysée, le 25 novembre, un premier coup de théâtre survient : le Tchad dénonce unilatéralement ses accords de défense avec la France, rapidement suivi par le Sénégal.
Cette rupture brutale contraste fortement avec le climat des discussions préalables. "Il y a un an, au Gabon, au Sénégal, en Côte d'Ivoire ou au Tchad, le message consistait plutôt à nous demander de ne pas partir. Aucun de ces pays ne nous a dit souhaiter le départ des soldats français et la fermeture, du jour au lendemain, de nos bases", souligne Jean-Marie Bockel dans les colonnes de JA.
Le cas tchadien, symbole d'une rupture inattendue
Le Tchad illustre particulièrement ce paradoxe. L'envoyé spécial détaille des négociations qui semblaient constructives : "Quand je suis allé au Tchad en mars dernier, les discussions se sont bien déroulées. Les autorités tchadiennes étaient d'accord avec l'idée d'une baisse importante de la présence militaire au profit d'un partenariat, dont nous avons commencé à définir les contours lors de réunions de travail."
Plus révélateur encore, ces discussions avaient progressé jusqu'à des aspects très concrets : "Nous sommes allés loin dans les détails, jusqu'aux attentes de nos partenaires en matière d'équipements militaires", précise-t-il. Début octobre, les discussions portaient encore sur une présence minimale sur les trois bases françaises, au moins à titre transitoire.
Une méthode qui questionne
La brutalité de la rupture soulève des questions sur la méthode. "Les responsables africains ont des susceptibilités légitimes. Chacun considère, à raison, qu'il a le droit d'être correctement traité. Mais c'est aussi vrai du côté français. Et quand, dans un contexte où la discussion semble bien se dérouler, vous apprenez une demande de fin de partenariat par voie d'un communiqué de presse, la méthode est discutable", déplore Jean-Marie Bockel.
Cette situation est d'autant plus surprenante que l'annonce tchadienne est intervenue quelques heures seulement après le départ du ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, en visite à N'Djamena.
Vers un nouveau modèle de partenariat
Face à ces bouleversements, la France semble s'orienter vers une nouvelle approche. Jean-Marie Bockel note avec intérêt que "le président Macron a eu raison de préciser que la relation avec un certain nombre de pays anglophones se renforçait." Il souligne un avantage majeur de cette évolution : "D'une certaine manière, c'est plus simple, cela permet d'expérimenter une relation sans le soupçon d'un agenda secret ou d'une attitude néocoloniale."
Le rapport Bockel, bien que largement rendu caduc par les événements, proposait déjà une réduction significative de la présence militaire française, privilégiant la formation via "22 écoles déjà présentes dans plusieurs pays africains, ainsi que l'Académie d'Abidjan, spécialisée dans la lutte contre le terrorisme."
Un tournant historique
Cette séquence marque un tournant décisif dans l'histoire des relations franco-africaines. Après avoir quitté le Mali, le Burkina Faso et le Niger, la France voit son dispositif militaire traditionnel en Afrique francophone se réduire drastiquement. Cependant, Jean-Marie Bockel refuse de parler de déclin : "Il n'y a pas de déclin militaire de la France. Il y a en revanche un retrait, et c'est normal. Il était temps que cela soit assumé pleinement."
L'ANNONCE D'OUSMANE SONKO A NOUAKCHOTT
Un comité sera créé par la Mauritanie et le Sénégal pour travailler à l’achèvement de la construction du pont de Rosso, situé à la frontière des deux pays en vue de sa livraison d’ici à juillet 2026, a annoncé le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko
Un comité sera créé par la Mauritanie et le Sénégal pour travailler à l’achèvement de la construction du pont de Rosso, situé à la frontière des deux pays, en vue de sa livraison d’ici à juillet 2026, a annoncé le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, lundi, à Nouakchott.
Le comité sera chargé de ‘’lever les dernières équivoques’’ liées à la réalisation de cette infrastructure, a dit M. Sonko lors d’une réunion avec son homologue mauritanien, Mohamed Ould Diay.
Selon lui, les travaux du pont ont atteint un taux d’exécution de 30 %.
D’une longueur de 1,5 kilomètre, le pont de Rosso enjambera le fleuve Sénégal pour relier le sud de la Mauritanie au nord du Sénégal. Son coût global est de 88 millions d’euros, soit 57,7 milliards de francs CFA.
Les travaux de construction de cet ouvrage ont été lancés en 2021 par les présidents mauritanien et sénégalais.
‘’Une intensification des relations bilatérales’’
S’exprimant en présence de plusieurs ministres sénégalais et mauritaniens, Ousmane Sonko a salué le ‘’partenariat stratégique’’ noué par les deux pays autour du gisement de gaz naturel Grand Tortue Ahmeyim (GTA), situé sur la frontière du Sénégal avec la Mauritanie. ‘’GTA, qui symbolise notre partenariat stratégique autour du gaz et du pétrole, est un exemple de réussite de partenariat Sud-Sud porté de surcroît par deux pays voisins’’, a dit Ousmane Sonko.
Une réunion interministérielle de coordination du projet d’exploitation de ce gisement s’est tenue les 19 et 20 décembre 2024 à Nouakchott, a rappelé M. Sonko.
Plusieurs rencontres bilatérales se sont déroulées en 2024 entre les deux pays, à Dakar et à Nouakchott, ainsi que plusieurs visites officielles, dont le premier voyage à l’étranger du président Bassirou Diomaye Faye, réservé à la Mauritanie.
Tout cela doit pousser la Mauritanie et le Sénégal à parler désormais d’une ‘’seule voie’’, selon Ousmane Sonko.
‘’Je vous disais tantôt (…) que nos deux pays doivent désormais ne parler que d’une seule voix’’, a-t-il affirmé en présence de Mohamed Ould Diay et de plusieurs ministres sénégalais et mauritaniens.
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‘’Je vous renouvelle (…) mon entière disponibilité à œuvrer avec vous au renforcement des liens d’amitié fraternels unissant nos deux peuples et à la consolidation du partenariat stratégique qui existe entre nos deux pays’’, a poursuivi Ousmane Sonko, saluant ‘’une intensification des relations bilatérales sénégalo-mauritaniennes sous l’impulsion des présidents Bassirou Diomaye Diakhar Faye et Mohamed Cheikh Ould El Ghazouani’’.
La Mauritanie et le Sénégal ont, ‘’au fil des années, établi de solides rapports de confiance basés sur le respect mutuel, ce qui leur a permis de relever les nombreux défis qui se sont dressés devant eux’’, a souligné M. Sonko.
‘’Sincérité’’
‘’Votre présence aujourd’hui parmi nous, tout en attestant de la profondeur des liens historiques qui unissent nos deux pays frères, traduit avec force la solide volonté de nos dirigeants respectifs […] à toujours œuvrer au renforcement de nos relations bilatérales, à diversifier et à élargir les cadres de coopération entre nos deux pays’’, a affirmé Mohamed Ould Diay.
Il estime que ‘’rien n’illustre mieux la sincérité de cette volonté commune que l’honneur fait à la Mauritanie d’avoir été choisie par […] le président Bassirou Diomaye Faye comme destination de son premier voyage à l’extérieur, après sa brillante élection’’.
Les deux pays ont en commun ‘’un islam sunnite et tolérant, porté par des chefs et d’éminents érudits’’, selon le chef du gouvernement mauritanien.
La Mauritanie et le Sénégal ont contribué à la réalisation ‘’de grands projets’’, dont l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS), a-t-il rappelé.
L’OMVS est considérée dans le monde comme un modèle de gestion des bassins hydrographiques, a-t-il dit en se réjouissant du projet commun d’exploitation du gisement gaz naturel de GTA et de la construction du pont de Rosso à la frontière des deux pays.
‘’Une complémentarité qui enrichit et fortifie’’
Le Sénégal et la Mauritanie sont dans ‘’une complémentarité qui enrichit et fortifie nos deux nations’’, a poursuivi Mohamed Ould Diay, exhortant Dakar et Nouakchott à ‘’renforcer [leurs] relations bilatérales et à explorer le moyen le plus à même de les […] diversifier’’.
Ousmane Sonko est arrivé dimanche soir à Nouakchott pour une visite officielle de deux jours consacrée essentiellement à l’énergie, aux transports, à la sécurité et à la migration.
Pour cette visite également dite d’amitié et de travail, il est accompagné de plusieurs ministres, dont Yassine Fall, chargée de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères, et Jean Baptiste Tine, celui de l’Intérieur et de la Sécurité publique.
Birame Souleye Diop, le ministre de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, Yankhoba Diémé, chargé des Infrastructures, des Transports terrestres et aériens, et Fatou Diouf, la ministre des Pêches, des Infrastructures maritimes et portuaires, y prennent part.
La délégation conduite par Ousmane Sonko comprend aussi les directeurs généraux de l’Agence nationale chargée de la promotion des investissements et des grands travaux, Bakary Séga Bathily, et de la Société des pétroles du Sénégal, Alioune Guèye.
MAME BIRAME WATHIE EXPLORE LES COULISSES DE LA RÉVOLUTION GÉNÉRATIONNELLE DU PASTEF
La présentation du livre « La jeunesse prend le pouvoir, une révolution démocratique à la sénégalaise » a offert un éclairage inédit sur les évolutions politiques du Sénégal.
La cérémonie de dédicaces du livre « La jeunesse prend le pouvoir, une révolution démocratique à la sénégalaise » a été l’occasion pour l’auteur, Mame Birame Wathie, de dresser un jugement sans complaisance sur une période de la vie politique de notre pays depuis la première alternance en 2000 jusqu’à la consécration du Pastef en mars 2024.
La cérémonie de présentation et de dédicaces du livre du journaliste Mame Birame Wathie, « La Jeunesse prend le pouvoir, une révolution démocratique à la sénégalaise » s’est tenue, samedi dernier, dans la grande salle de conférence du Musée des Civilisations noires. Devant un parterre d’autorités étatiques parmi lesquels Moustapha Ndieck Sarré, ministre de la Formation professionnelle et porte-parole du gouvernement, Olivier Boucal, ministre de la Fonction publique, les différents intervenants ont salué un travail rigoureux et d’analyses précises.
Divisé en quatre chapitres, l’ouvrage prend le parti de l’audace à travers des titres accrocheurs comme « Abdoulaye Wade, le gourou », « Macky Sall le grand Almamy », « Macky Sall le démolisseur » ou « Khalifa Sall tête de Turc », attirant l’attention du lecteur dans un univers de luttes politiques, de rebondissements et de manœuvres depuis les deux premiers mandats de Wade jusqu’à la consécration de Pastef en mars 2024.
Pour son préfacier Bara Tall, chef d’entreprises, le livre de 205 pages se présente comme un outil pédagogique devant permettre d’étudier, de manière approfondie, les différentes péripéties de cette période. « Mame Birame Wathie retrace et consigne certains faits majeurs de notre histoire politique, sociale et économique », nous révèle sa préface.
Le projet avorté des libéraux pour rester 50 ans au pouvoir
L’ouvrage n’est que le prolongement du dernier livre de Mame Birame Wathie « Affaire Karim Wade et Macky Sall : la double victimisation gagnante de Maître Wade » publié en 2016, constate Ndiaga Diouf, chef du service départemental de l’Action sociale à Ziguinchor.
« Cette œuvre très bien écrite et largement documentée permettra aux lecteurs d’avoir une meilleure connaissance de la dynamique psychosociale du champ politique et des trajectoires de ses personnages les plus en vue. Mais aussi, ils prendront conscience des manœuvres et des intrigues qui causèrent la perte des libéraux et de leurs alliés », dit-il.
L’autre intérêt que présente cet ouvrage est sans doute le récit de la chute des libéraux, balayés par ce que Mame Birame Wathie appelle la révolution démocratique à la Sénégalaise, dont les héros sont la jeunesse et Ousmane Sonko, le leader charismatique du Pastef, analyse M. Diouf. L’auteur, lui, soutient avoir choisi d’écrire ce livre dans le but de figer dans l’encre l’exactitude des évènements politiques pour les générations futures afin d’éviter toute altération des faits réels.
« L’ancien journaliste de l’As Quotidien a voulu aussi démontrer comment l’émergence du Pastef a permis de contrecarrer la volonté des libéraux de demeurer 50 ans au pouvoir. « Dès 2004, Abdoulaye Wade manœuvrait pour mettre en place son projet pour garder au pouvoir les libéraux pendant 50 ans. Quand Ousmane Sonko, lors de sa campagne présidentielle de 2019, avait sollicité son soutien, ce dernier le lui refusa ainsi qu’à Idrissa Seck, préférant appeler au boycott. Macky Sall passa au premier tour lors de cette présidentielle.
Ousmane Sonko, qui commençait à s’imposer aux yeux de l’opinion comme alternative crédible au plan des libéraux, va voir surgir l’affaire « Sweet Beauté » et celle en diffamation de Mame Mbaye Niang pour l’écarter définitivement de la présidentielle de 2024 », rappelle le chroniqueur à Walf Tv. La jeunesse, en consacrant la victoire d’un opposant, Bassirou Diomaye Faye, en mars 2024, a finalement sonné le glas de ce projet des libéraux depuis 2000.
MACKY RECONVERTI
Macky Sall s’est lancé dans les affaires. L’ancien président de la République, établi au Maroc depuis son départ du pouvoir en avril dernier a créé un cabinet dénommé Semo Holding.
Macky Sall s’est lancé dans les affaires. L’ancien président de la République, établi au Maroc depuis son départ du pouvoir en avril dernier a créé un cabinet dénommé Semo Holding.
«Cette société propose des services dans les domaines de l’environnement, de l’énergie et des stratégies politiques», rapporte le journal marocain Le Desk, repris dans L’AS de ce lundi 13 janvier.
La même source indique que l’entreprise est établie à Guéliz, un quartier huppé de Marrakech. «Semo Holding ambitionne de devenir un acteur majeur en Afrique et au-delà grâce à un vaste réseau de partenaires internationaux, soutenu par le riche carnet d’adresses de l’ancien Président. [Le cabinet se veut] une plateforme hébergeant de nombreuses entreprises», complète L’AS.
L'APPEL DE DJIMO SOUARE
Dans un message synonyme d'une alerte, reçu à L'As, Djimo Souaré a appelé à la restructuration de l'Alliance pour la République. Le député se dit convaincu que son parti ne peut pas continuer de regarder dans le rétroviseur.
Dans un message synonyme d'une alerte, reçu à L'As, Djimo Souaré a appelé à la restructuration de l'Alliance pour la République. Le député se dit convaincu que son parti ne peut pas continuer de regarder dans le rétroviseur.
Qui d'autre de plus légitime que Djimo Souaré pour appeler à la restructuration de l'Alliance pour la République ? Le néo député élu au scrutin majoritaire lors des dernières élections législatives dans le département de Goudiry a poussé un cri d'orgueil. Dans un message intitulé “ Reconstruire ou Périr : L’Urgence d’un nouveau souffle pour l’APR/Yakaar”, le président du Conseil départemental de Goudiry a appelé à restructurer sa formation politique.
“Depuis les récentes élections législatives, le paysage politique sénégalais a connu un bouleversement significatif. L’Alliance pour la République (APR), jadis éclatante et dominante, s’est retrouvée face à une défaite qui, bien que douloureuse, constitue une opportunité unique pour une introspection profonde. En réalité, cette série de défaites a commencé avec l’échec lors de l’élection présidentielle de 2024, suivi des législatives de novembre dernier. Il est temps pour nous, militants et responsables de l’APR, de réfléchir à l’avenir de notre parti. Ce moment critique nous impose une alternative claire : reconstruire ou périr”, at-il écrit.
Dans son diagnostic, Djimo Souaré pense qu'il serait malhonnête de nier les réalisations majeures de l’APR à la tête du pays. “Des progrès significatifs ont été accomplis dans les domaines de l’infrastructure, de l’éducation, de la santé et de l’emploi. Ces avancées font partie de notre héritage et nous en sommes fiers. Le Président Macky Sall a pleinement joué sa partition, en menant à bien plusieurs réformes et en posant les jalons d’un développement durable”, a insisté le parlementaire qui note toutefois que s’accrocher uniquement à ce bilan, aussi élogieux soit-il, ne suffira pas pour regagner la confiance des Sénégalais.
Il est convaincu que l’Apr est à la croisée des chemins. Face à cette urgence, il a invité son parti à se réinventer qui, à l’en croire, n'a que deux choix : “ nous réinventer pour redevenir une force politique majeure ou disparaître dans l’oubli. La reconstruction n’est pas une option, c’est une nécessité. En tant que membres de l’APR, nous avons la responsabilité historique de rebâtir notre parti avec humilité, détermination et vision. Ce n’est qu’en nous adaptant aux nouvelles réalités et en proposant des solutions crédibles que nous pourrons regagner la confiance des Sénégalais. L’APR doit être plus qu’un parti politique ; elle doit être un moteur de changement pour un Sénégal meilleur”.
“L'APR NE PEUT PLUS SE CONTENTER DE REGARDER DANS LE RÉTROVISEUR”
Dans cette quête de nouveau souffle,Djimo Souaré constate un changement de dynamique. “Le monde change, le Sénégal change, et nous devons également nous adapter à ce changement. L’APR ne peut plus se contenter de regarder dans le rétroviseur. Nous devons développer un paradigme novateur et proposer une vision qui répond aux aspirations actuelles et futures des citoyens”, a-t-il relevé avant d'appeler à un impératif retour à la base. Le temps est venu, dira le président du Conseil départemental de Goudiry, de reconstruire notre parti de manière structurelle et idéologique.“Nous devons revenir à la base, là où tout a commencé. Ce retour à la base n’est pas seulement une stratégie, c’est une obligation. Nous devons recréer nos comités, réactiver nos sections locales et renforcer notre présence au sein de la diaspora”, a invité Djimo Souaré.
Dans l'optique de reconstruction, cela implique, selon lui, de former une nouvelle génération de leaders. Il est impératif, à cet effet, d’ouvrir le parti à de nouveaux visages, à des idées innovantes et à des thématiques actuelles. “Un renouvellement des bases et des instances est incontournable. Du sang neuf est indispensable pour insuffler une nouvelle dynamique”, a invité le parlementaire. “
LA RECONSTRUCTION DE L'APR EXIGE UN TRAVAIL IDÉOLOGIQUE PROFOND”
L’Apr, théorise Djimo Souaré, ne devrait pas se limiter à une simple opposition. Elle doit être intelligemment repensée.“Nous ne pouvons pas nous contenter de critiquer pour critiquer, ni de rester bloqués dans des querelles rétroactives”, a-t-il indiqué non sans appeler ses camarades de parti à adopter une posture constructive, axée sur des propositions concrètes. “Les questions d’éducation, de santé, d’emploi des jeunes, de migration, d’équité territoriale, de transformation digitale et de réduction des inégalités doivent être au cœur de nos combats. Notre rôle en tant qu’opposition ne se limite pas à contrer le pouvoir en place.Nous devons être une force de proposition. Offrons aux Sénégalais un projet sociétal novateur, pragmatique et ambitieux. La politique n’est pas seulement une question de conquête du pouvoir ; c’est avanttout un engagement envers le peuple et ses aspirations”, lance Djimo Souaré
À ses yeux, la reconstruction de l’APR exige un travail idéologique profond. La réflexion devrait porter, dit-il, sur ce que le parti veut incarner, ses valeurs, son projet pour le Sénégal. Ce travail de fond doit être complété, à l’en croire, par une mobilisation stratégique à tous les niveaux, notamment local, national et international. Dans cette démarche, il est également crucial, poursuit-il, d’écouter les Sénégalais sur leurs besoins réels. “Le dialogue avec les citoyens doit devenir une pratique régulière pour l’APR. Cela implique des rencontres communautaires, des consultations citoyennes et une présence accrue sur le terrain”, at-il appelé.
LA RECETTE DU PRESIDENT OUSSEYNOU KEITA POUR FAIRE REBONDIR LE PS
Le débat autour de la reconstruction du Parti socialiste (PS) continue de faire rage et les réactions des responsables du parti se comptent à la pelle.
Le débat autour de la reconstruction du Parti socialiste (PS) continue de faire rage et les réactions des responsables du parti se comptent à la pelle. Ousseynou Keita, Secrétaire général de l’union des coordinations socialistes de la ville de Thiès, est allé plus loin en exposant ses idées pour la remise en selle du parti. Il a proposé la mise en place d’un comité national de pilotage, le recrutement de jeunes lycéens et universitaires, la reprise des activités de l’école du parti.
Depuis que l’ancien Ministre Serigne Mbaye Thiam a publié son appel, allant dans le sens de la reconstruction du Parti socialiste (PS), les réactions positives se comptent à la pelle. C’est le cas de celle du président Ousseynou Keita, Secrétaire général de l’union des coordinations socialistes de la ville de Thiès. Et au-delà de l’approbation de la démarche, il a mis le curseur sur des propositions, pour remettre en selle le parti. Il s’agit entre autres de la mise en place d’un comité national de pilotage dont les démembrements, en l’occurrence les comités communaux et départementaux, procéderont à des recrutements de jeunes lycéens et d’universitaires, la reprise des activités de l’école du parti, la tenue d’un congrès après deux ans de transition. Pour lui, « il n’existe pas de panacée pour rebondir ». Et d’un tel de point de vue, il a laissé entendre que dans le contexte actuel, c’est totalement inutile de s’attarder sur des indexations injustifiées et vexatoires, des querelles infantiles inopérantes et de surcroît, contre-productives. Fort de ce constat, il est d’avis que l’appel à la reconstruction a « toute sa signification et tout son intérêt, en ce sens qu’il invite à la réflexion lucide prospective dont le déficit aujourd’hui plus que par le passé serait hautement et lourdement préjudiciable à notre parti. Les lignes doivent bouger et les principes fondateurs de la relance clairement définis ».
L’usure du temps, la corrosion du pouvoir et les contorsions normales d’une fin de cycle parviennent toujours et de manière implacable et imprévisible à bout de toute association privée. Et le PS en est une au regard de la loi précisément du code des obligations civiles et commerciales », a-t-il par ailleurs fait savoir. Pour lui, au risque de plonger dans des situations encore plus complexes et difficiles à prendre en charge, il est impératif de dépasser « les accusations tendancieuses, les stigmatisations grossières, l’auto flagellation destructrice et surtout éviter de faire porter, de manière loufoque, le chapeau à d’autres, ou de vouer aux gémonies des cibles vulnérables. Personne n’est responsable de la situation que nous vivons en même temps que nous le sommes tous paradoxalement ».
D’après lui, les raisons de ce recul inquiétant de ce patrimoine national qu’est le PS, dans l’arène politique nationale, sont surtout à chercher dans les conséquences découlant de choix parfois égarés et d’orientations souvent discutables, depuis l’avènement de la première alternance et de l’accompagnement dans la coalition Benno Bokk Yaakaar ces 12 dernières années. « C’est aussi l’aboutissement inéluctable d’un processus dégénératif irréversible, dont il faut prendre acte froidement et passer sans préjugé et sans précipitation à la phase suivante », a-t-il ajouté.
Au regard de ces considérations, il a mis l’accent sur la nécessité d’amorcer une grande entreprise volontariste, de revivification du parti. Et à ce sujet, il a indiqué qu’il faudra absolument tenir compte de l’environnement créé par les deux dernières élections, en l’occurrence la présidentielle et les législatives qui, à ses yeux, « ont définitivement sonné le glas d’une certaine classe politique, poussée à la sortie par l’usure du temps, et corrélativement l’inadéquation d’un discours obsolète, incompris, qui se heurte brutalement à l’intransigeance d’une fracture sémantique, créée en opposition, et qui rend improbable, inaudible tout dialogue civilisé apaisé et constructif ». D’un tel point de vue, il affirme que l’heure est de s’adapter ou disparaître. D’où pour lui, l’impératif de remodeler le parti, pour le départir des structures qui sont passées de mode, qui ne sont par conséquent plus adaptées au contexte actuel. « Elles sont devenues désuètes et ne répondent plus aux contingences nouvelles. Il faut avoir l’intelligence de les suspendre, dès lors qu’elles ne répondent plus à nos préoccupations d’émancipation et nous pèsent plutôt comme une chape de plomb », a-t-il martelé.
"UN CONGRÈS APRÈS 2 ANS DE TRANSITION, POUR ADOPTER DE NOUVEAUX TEXTES"
C’est dans cette veine qu’il a émis la proposition d’une organisation « articulée autour d’un comité national de pilotage, qui pourrait regrouper une vingtaine de membres dirigés par un triumvirat, issu d’une classe médiane se situant entre les anciens et les jeunes. Les jeunes seraient évidemment bien représentés dans ce comité. Et il faudrait aussi dans une première étape éviter de faire de la gestion de ce comité une affaire individuelle. Le comité national édifiera des groupes de réflexion et de travail sur la refonte des textes, l’élaboration d’un programme d’activités et d’animation du parti etc…De la même manière, des comités régionaux et départementaux de pilotage seront créés à l’image du comité national, avec une bonne présence des jeunes et des femmes ». Poursuivant son argumentaire, il ajoute que les comités régionaux et départementaux de pilotage auront, durant la période de transition, la charge de diriger le parti, et seront investis des prérogatives habituellement dévolues aux instances régulières auxquelles ils se substituent.
A l’en croire, l’une des priorités des comités régionaux et départements seraient « de recruter des jeunes lycéens et universitaires, pour renouveler nos effectifs de jeunes militants, et organiser des rencontres périodiques d’animation et de formation à leur endroit », notamment à travers les thés débat, qui sont plus simples et mieux adaptés à cette tâche. Dans ce même sillage, il a aussi insisté sur l’importance de reprendre les activités de l’école du parti, « en organisant des sessions de formation périodiques et régulières, à l’attention des jeunes recrues des établissements scolaires et universitaires. Bien entendu, ces mesures ne sont pas antinomiques de toutes initiatives individuelles ou collectives intégrées visant à développer ou à renforcer le parti ».
Selon lui, le déroulement de cet agenda de remise en route du parti aboutira, après deux années de transition, à la tenue d’un congrès, « pour approuver les nouveaux textes, adopter les nouvelles structures et installer le nouveau patron du parti avec son équipe, pour mettre fin à la transition, et rendre visible le nouvel homme fort du parti, le leader dont l’on s’évertuera tous ensemble à vendre l’image, pour le préparer aux joutes futures ». Il a dans le même temps théorisé l’idée de s’ouvrir à la gauche traditionnelle dite plurielle, aux camarades qui avaient quitté et qui veulent retourner au bercail. "Gardons notre acronyme et travaillons sans relâche dans la paix, la solidarité et la concorde, car la reconstruction ne résultera pas d’une panacée qui nous tomberait du ciel », a-t-il conclu.
PAPE MALICK NDOUR PARLE D’«INCOHERENCE» ET D’«INEFFICACITE»
Ancien ministre de la Jeunesse, Pape Malick Ndour n’approuve pas la décision qui consiste à impliquer désormais le Premier ministre, Ousmane Sonko, dans la gestion des Finances publiques.
L’immixtion du Premier ministre, Ousmane Sonko, dans la gestion des Finances publiques n’est pas du goût de l’ancien ministre de la Jeunesse, Pape Malick Ndour. Ce dernier s’en est exprimé hier à l’émission «Le Grand Jury» en listant les impacts négatifs sur l’efficacité de l’Administration.
Ancien ministre de la Jeunesse, Pape Malick Ndour n’approuve pas la décision qui consiste à impliquer désormais le Premier ministre, Ousmane Sonko, dans la gestion des Finances publiques. Pour justifier sa position, l’ancien ministre sous le régime de Macky Sall voit cette implication du Premier ministre comme une entrave aux missions du ministère des Finances et du budget. Il s’exprimait hier sur les ondes de la Radio Futurs Médias au cours de l’émission «Le Grand Jury» où l’ancien ministre de la Jeunesse, de l’entrepreneuriat et de l’emploi était l’invité.
M. Ndour estime que la validation des dépenses d’investissement relève, en effet, du rôle du ministère des Finances. «Au niveau du ministère des Finances, il y a un comité qu’on appelle le comité de modulation des dépenses qui, en principe, joue le rôle de conseiller du ministre, chaque fois qu’il faut moduler les dépenses», fait savoir Pape Malick Ndour.
Cette décision du chef du gouvernement de s’immiscer dans la gestion des Finances publiques constitue, selon lui, une entrave au budget-programme.
«On nous a toujours vendu un budget sincère, un budget qui, aussi bien en recettes qu’en dépenses, reflète vraiment une sincérité extraordinaire. Donc, pourquoi valider les dépenses d’investissement, si la sincérité de ton budget garantit des ressources suffisantes et bien estimées ?», s’interroge celui qui est aussi président du Conseil départemental de Guinguinéo. Economiste de profession, M. Ndour en est arrivé au diagnostic selon lequel il y aura une «lourdeur administrative» que cela va causer en parlant toujours de l’implication du Pm dans la gestion des Finances publiques qui, selon lui, va «nuire» à l’efficacité de l’Administration. «Dans le budget-programme, il y a une responsabilisation accrue des responsables de programme qui héritent de la fonction d’ordonnateur des dépenses. En centralisant la validation des dépenses d’investissement, je pense que nous risquons de nuire à l’efficacité des gestionnaires de programme, de freiner la décentralisation des responsabilités, de réduire la flexibilité et l’adaptabilité nécessaires dans un système axé sur les résultats», prévient le membre fondateur de l’ancien parti au pouvoir, Alliance pour la République (Apr)
Le communiqué du Conseil des ministres, qui rendait compte de la réunion hebdomadaire du mercredi 8 janvier dernier informait, en effet, que «le Premier ministre a décidé que toutes les dépenses d’investissement seront validées à son niveau. Un tableau prévisionnel des opérations financières de l’Etat sera soumis par quinzaine»
SUR LA PISTE D'UN RÉSEAU CRIMINEL TENTACULAIRE
La CENTIF révèle un système de blanchiment sophistiqué impliquant 125 milliards FCFA. Le Pool judiciaire financier alerté par plusieurs rapports, prépare l'ouverture d'une information judiciaire
Dimanche 12 janvier 2025, un peu avant minuit, un communiqué de presse attribué au pool judiciaire financier inonde la toile.
Le document indique que le député « Farba ngom est impliqué dans des faits présumés graves. Et que les investigations menées jusqu’à présent révèlent des mécanismes sophistiqués de blanchiment de capitaux impliquant la création de sociétés écrans utilisées pour des transactions suspectes totalisant plus de 125 milliards de Francs CFA, des flux financiers injustifiés entre les comptes personnels de Mouhamadou Ngom dit Farba, ceux de ses proches, et des sociétés partenaires ».
Soleil Check a automatiquement contacté le ministère de la justice qui nous a fourni le bon communiqué de presse, indiquant que l’autre document était un faux.
Ce qu’il en est officiellement…
Ainsi, le Parquet du Pool judiciaire financier a récemment été saisi de plusieurs rapports transmis par la Cellule Nationale de Traitement des Informations Financières (CENTIF), dans le cadre d’une vaste enquête sur des activités suspectes de blanchiment de capitaux. Ces rapports, actuellement en cours d’analyse, mettent en lumière des faits graves impliquant plusieurs individus.
L’examen approfondi de l’un des rapports a révélé des mécanismes particulièrement élaborés, impliquant l’utilisation de sociétés écrans pour effectuer des transactions suspectes. Ces opérations, dont la valeur provisoire est estimée à plus de 125 milliards de Francs CFA, soulèvent des doutes sérieux quant à leur légalité. Ces pratiques semblent être orchestrées dans le but de dissimuler l’origine illicite des fonds concernés.
En vertu de l’article 66 de la loi n° 2024-08 relative au blanchiment de capitaux, au financement du terrorisme et à la prolifération des armes de destruction massive, le Parquet financier a décidé d’envisager l’ouverture d’une information judiciaire. Cette démarche vise à approfondir les investigations et à établir les responsabilités pénales des personnes impliquées.
Les infractions présumées, particulièrement graves, incluent :
• Association de malfaiteurs,
• Blanchiment de capitaux,
• Escroquerie portant sur les deniers publics,
• Corruption,
• Trafic d’influence,
• Abus de biens sociaux.
L’ouverture d’une information judiciaire permettra de mobiliser tous les moyens nécessaires pour démanteler ce réseau criminel. Les investigations viseront notamment à identifier l’ensemble des responsables et à tracer les flux financiers pour en déterminer l’origine exacte.
par Aziz Fall
L’HISTOIRE EST D’ABORD LE PRÉSENT
Le pays de Macron n'a pas le choix que de procéder à une lecture actualisée de l'Histoire qui n'a jamais été une proposition statique mais plutôt le maelstrom de l'évolution des êtres, des peuples, des Nations...
Je suis toujours à la recherche de la formule la plus conforme à notre identité culturelle, à notre héritage de peuple soucieux du respect et de la considération à l’égard des autres. Cette sensibilité aigue à ces valeurs se manifeste aussi bien dans l’interaction que dans l’évocation.
C’est pour cette raison et cette raison seulement que je ne dirais rien de la sottise historique du président français qui, lors d’une récente sortie sur les relations entre la France et certains pays du continent africain, est entré dans le trou noir réservé aux bannis de l’Histoire.
Parfois, cette dernière nous offre des scénarii qui nous enseignent plus que toute autre œuvre ou entreprise humaine sur nous-mêmes et sur les autres pour nous laisser entrevoir la relation dialectique et rarement magnifiée entre le présent le passé et le futur. C’est sous cette lumière qu’il est difficile de trouver meilleure coïncidence dans ce moment précis de l’Histoire que le couple France Macron en marche cadencée vers l’abîme ; car tout laisse à croire qu’il y a comme le glas qui sonne dans ce pays après les présidences de Mitterrand, Chirac, Sarkozy, Hollande et maintenant le marcheur en panne. Évidemment, il s’accroche autant qu’il peut pour sauver sa peau affectée. Il le fait sur la corde pourrie de l’histoire d’un pays qui se délite et se déshabille pour dévoiler un visage meurtri par la réalisation de l’imposture de sa soi-disant grandeur. Une grandeur qui reposait sur une construction de l’esprit, certes sophistiquée, mais vouée à la fermentation comme son emblématique fromage
La belle France ; qui est belle parce que la nature y est belle et cette portion de notre planète habitée des Français a aussi une belle culture parce qu'elle s'est auréolée de trophées à la dérobée, tirant profit des offrandes de l'histoire où le vide de ces temps lui donnait une occasion de s'imposer, priant que les choses ne changeassent jamais.
Mais dans leur subconscient, les dirigeants soupçonnaient que la position de la France comme puissance ne perdure que parce que les autres étaient dans un sommeil anesthésique. Seulement, l’on se réveille toujours d’un sommeil même s’il peut durer ou paraître interminable.
Dans son ouvrage, « Saara et les vagues de l’Atlantique », l’auteur partage avec nous son point de vue sur les sentiments d’un nombre grandissant de jeunes Africains dont l’histoire était pendant longtemps liée à la France jusque dans la quête identitaire, dans ce passage où le narrateur donne l’estocade : « La France, en rétrospective, a juste été une escale plus dans l’espace que dans le temps, car j’y ai passé mon séjour à me projeter en dehors d’elle. Elle n’a jamais représenté une station référentielle pour moi, ni constitué un élément organisateur de ma vision du monde. Je savais que je pouvais me faire, me former ; apprendre à lier le bois au bois pour faire des édifices de bois sans m’en remettre à la France. D’ailleurs, c’est durant mes jours dans l’Hexagone que j’ai commencé à parler anglais ».
Ce sentiment révélateur d’un profond changement mental à l’égard de la France va continuer de prévaloir en Afrique. Il est désormais question dans ce continent d’une jeunesse qui assume fièrement sa volonté de reprendre possession de sa destinée d’affranchissement par rapport à un héritage qu’elle travaille à déconstruire à travers l’affirmation sans compromis de soi.
Pour ma fille, qui suit l’actualité, ce gars est déraisonnable. Comment ose-t-il proférer ces énormités devant l’Histoire, devant les témoins, devant les héritiers enfin devant ceux qui, désormais, refusent de se taire et de se terrer, s’interroge-t-elle ?
Elle parle, bien entendu, du président français à moins, ajoute-t-elle que ce soit une vidéo fake générée par les plateformes intelligentes qui pullulent maintenant dans le monde virtuel. Non, lui rétorquai-je, il s’agit bel et bien de l’élève de Brigitte, président de la France qui parle ; c’est bien lui sur scène, comme à l’accoutumée, résolu à vouloir impressionner ses professeurs de ses capacités performatives et sa conviction qu’avec des contorsions discursives, il serait à nouveau colinéaire avec le reste du monde. Que nenni ; il est désaxé depuis un long moment sans s'en rendre compte ; ses fausses notes récentes sur la gamme de l'histoire l'illustrent à suffisance. Nul besoin d’aller loin pour réaliser l’ampleur de ses dérapages à l’autel de la nation française, à commencer par la déconvenue de l'élection Européenne suivie du yoyo institutionnel qui donne le tournis aux populations de France, celles d’Outre-mer désemparées et aux partenaires. On ne sait plus où va la France, en dépit de son leader qui persiste à croire qu’il peut indiquer aux autres ce qu’il faut faire ou la direction à prendre dans la marche de leur existence ; qu’il s’agisse d’Etats ou de communautés. En définitive, l’on est témoin en temps réel d’un être dans le besoin d’une prise en charge clinique ou plus précisément psychiatrique ; car il souffrirait dans ce cas d'espèce du complexe de Gribouille.
Il donne l'impression d'être conscient de l'inéluctable et dans sa précipitation ontologique, démontrée à souhait par son parcours d'homme pressé, il s'attèle à accélérer l'échéance de sa déchéance et celle de ce qui reste de son pays face à l'Histoire et devant les hommes. Il a perdu la maitrise. Il n'est plus calme, il est aux abois ; face à ce constat, nous avons presque une obligation morale de le comprendre et de lui proposer de l'eau fraiche.
Oui, dans une perspective de relations internationales la France reste un partenaire privilégié du Sénégal, eu égard au volume de nos échanges commerciaux, de la diversité et la pluralité de nos accords et Conventions supposés apporter des avantages appréciés de part et d’autre. Elle contribue, en outre, de manière décisive dans le financement d'un grand nombre de programmes et de projets prioritaires de notre pays. Il faut, cependant, rappeler que cette situation est loin d'être motivée par une inclinaison naturelle de la France à être généreuse avec notre pays ; les enjeux stratégiques le justifient autant que la longévité des relations entre nos pays.
Seulement, les pays africains n’ont rien à craindre de la France, ni ses menaces enveloppées ni ses pressions voilées. Les pays de l’AES, pour leur part, ont déjà tourné le dos à ce qu’ils considèrent comme un facteur bloquant à leur aspiration légitime de souveraineté inconditionnelle.
Aujourd'hui, le pays de Macron n'a pas le choix que de procéder à une lecture actualisée de l'Histoire qui n'a jamais été une proposition statique mais plutôt le maelstrom de l'évolution des êtres, des peuples, des Nations avec son corollaire d'ajustements et de réajustements perpétuels. Dans son ouvrage " People count", James Rosenau fait état du caractère inévitable du réveil des peuples, qui relève d'un impératif épistémologique autant qu'historique. La France de Macron vient de comprendre qu'on ne peut s'asseoir sur le dos d'un homme debout.