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6 avril 2025
Politique
GAZA, MALICK NDIAYE PLAIDE EN FAVEUR D’UN RETOUR RAPIDE À LA PAIX
Le président de l’Assemblée nationale a reçu en audience l’Ambassadeur de Palestine ce mercredi. Tout en dénonçant les violences, il a réitéré l’engagement du Sénégal en faveur d’une solution durable et équitable.
Le président de l’Assemblée nationale du Sénégal, Malick Ndiaye, a accordé, ce mercredi 8 janvier, une audience à Son Excellence Nasser Jaddalah, Ambassadeur de la Palestine au Sénégal. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre des efforts continus pour renforcer les relations bilatérales entre les deux pays et promouvoir la diplomatie parlementaire, pilier essentiel de la coopération internationale.
Lors de cet entretien, Malick Ndiaye a exprimé sa profonde préoccupation face à la détérioration de la situation humanitaire à Gaza. Qualifiant cette crise de « massacre », il a dénoncé les violences persistantes et plaidé pour un retour rapide à la paix. Il a également souligné l’urgence de trouver une solution durable et équitable pour mettre fin à cette tragédie humaine.
Le Sénégal, à travers son Assemblée nationale, a réitéré son soutien indéfectible au peuple palestinien. Le président Ndiaye a rappelé que le pays demeure fidèle à ses principes de solidarité internationale et s’aligne sur les efforts globaux en faveur de la paix et de la stabilité dans cette région troublée du Moyen-Orient.
De son côté, l’Ambassadeur Nasser Jaddalah a salué le rôle historique du Sénégal dans la défense de la cause palestinienne et remercié les autorités sénégalaises pour leur soutien constant. Il a également mis en lumière les défis actuels auxquels son pays est confronté et a appelé à une mobilisation accrue de la communauté internationale pour répondre à l’urgence humanitaire à Gaza.
Cette rencontre témoigne une fois de plus de l’engagement du Sénégal à maintenir un dialogue constructif et à œuvrer pour un monde plus juste et solidaire. Elle illustre également l’importance de la diplomatie parlementaire dans le renforcement des liens d’amitié et de coopération entre les nations.
POUR FAYE-SONKO, L'ANNÉE DE TOUS LES DÉFIS
Après une victoire éclatante aux législatives, le duo doit désormais transformer cela sur cinq dossiers brûlants. Des relations avec Paris aux contrats gaziers, en passant par le FMI, chaque décision sera scrutée au cours des prochains mois
(SenePlus) - Selon un article approfondi de Jeune Afrique, le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko, forts d'une majorité écrasante à l'Assemblée nationale obtenue en novembre 2024, font face à cinq dossiers brûlants qui marqueront l'année 2025.
La rupture avec la France s'accélère
Le premier dossier concerne la relation avec l'ancienne puissance coloniale. Comme le rapporte Jeune Afrique, le président Faye a clairement affiché sa volonté de rompre avec l'héritage colonial en annonçant le départ prochain des militaires français du Sénégal. "Quel pays peut avoir des militaires étrangers sur son sol et revendiquer son indépendance ?", a-t-il déclaré le 28 novembre dernier dans un entretien accordé aux médias français.
Cette position s'est récemment cristallisée autour d'un échange tendu avec Emmanuel Macron. Selon le journal, quand le président français a reproché aux pays africains de ne pas dire "merci", Ousmane Sonko a répliqué sèchement que "la décision prise par le Sénégal découle de sa seule volonté, en tant que pays libre, indépendant et souverain."
Le bras de fer avec le FMI
Le deuxième défi majeur concerne les relations avec le FMI. Le Sénégal n'a reçu aucun décaissement depuis l'élection de Bassirou Diomaye Faye. Un audit diligenté par Sonko a révélé que le déficit budgétaire moyen atteindrait en réalité 10,4% sur la période 2019-2023, bien au-delà des 5,5% annoncés précédemment. La dette publique s'élèverait quant à elle à 83,7% du PIB.
La question des hydrocarbures
Le troisième enjeu porte sur la renégociation des contrats pétroliers et gaziers. Le magazine panafricain souligne que le statu quo actuel bloque l'exploitation du gisement Grand Tortue Ahmeyim (GTA), objet de discussions tendues entre le Sénégal, la Mauritanie et BP. Un échec sur ce dossier pourrait, selon Jeune Afrique, compromettre le développement d'autres projets et limiter les revenus attendus des hydrocarbures.
La succession à la mairie de Dakar
Le quatrième dossier sensible concerne l'avenir de la mairie de Dakar. Jeune Afrique détaille comment Barthélémy Dias, maire depuis 2022, s'est vu déchu de ses mandats de député et de maire en décembre 2024, suite à une condamnation judiciaire. Son recours ayant été rejeté le 31 décembre, l'incertitude plane sur la gouvernance future de la capitale.
Une opposition fragilisée
Enfin, le magazine souligne la faiblesse actuelle de l'opposition qui, avec seulement 30 députés sur 165, peine à faire contrepoids face à l'hégémonie du Pastef. Selon Jeune Afrique, c'est davantage du côté de la société civile que pourrait émerger un véritable contre-pouvoir, bien que des inquiétudes existent déjà quant à la capacité des voix dissidentes à s'exprimer librement sous la nouvelle administration.
LES CONTOURS ENCORE FLOUS DU RETRAIT MILITAIRE FRANÇAIS DU SÉNÉGAL
Deux bases sont déjà vidées, mais le transfert effectif se fait attendre, Dakar ayant demandé un délai supplémentaire. Pendant ce temps, les discussions politiques avec les nouvelles autorités sénégalaises tardent à se concrétiser
(SenePlus) - D'après les informations rapportées par RFI, le retrait des forces militaires françaises du Sénégal, annoncé fin décembre pour 2025, s'annonce comme un processus graduel dont les modalités précises restent encore à définir.
La présence militaire française à Dakar se compose actuellement de quatre installations distinctes, abritant environ 200 militaires, selon le radio internationale française. Une situation qui devrait connaître des évolutions significatives dans les mois à venir, bien que le calendrier définitif ne soit pas encore arrêté, comme le soulignent plusieurs sources gouvernementales citées par RFI.
Deux des emprises françaises situées à proximité du port de Dakar sont déjà vacantes depuis plusieurs mois et prêtes à être transférées aux autorités sénégalaises. Fait notable rapporté par le site d'information : "Dakar aurait demandé un délai supplémentaire avant d'en récupérer les clefs."
Les deux autres installations militaires françaises encore actives présentent des caractéristiques distinctes. La base de Rufisque, en périphérie de la capitale, comprend des logements équipés d'antennes de communication sécurisée. La base de Ouakam, située en zone urbaine, constitue quant à elle un centre névralgique où "un peu plus de 200 militaires français assurent des formations avec l'armée sénégalaise et des officiers de la région", précise RFI.
Une proposition française visant à transformer la base de Ouakam en installation franco-sénégalaise à l'été 2024 avait été avancée, permettant le maintien d'un contingent français réduit. Cependant, comme le souligne une source militaire française, "aucune discussion politique avec les nouvelles autorités n'a encore eu lieu sur le sujet."
Cette situation intervient dans un contexte de désaccord diplomatique, le Sénégal ayant vivement contesté les récentes déclarations du président Emmanuel Macron selon lesquelles ces retraits résulteraient de négociations avec les pays africains concernés.
MACRON NE VISAIT NI LE SÉNÉGAL NI LE TCHAD
Selon les confidences recueillies par Le Monde auprès de diplomates français, la sortie présidentielle sur l'ingratitude africaine visait principalement le Mali, où 58 soldats français ont perdu la vie en moins de dix ans
(SenePlus) - Les déclarations du président français Emmanuel Macron sur l'intervention militaire de la France en Afrique ont provoqué une onde de choc diplomatique. Selon les informations du journal Le Monde, les diplomates français tentent de déminer la situation tout en révélant une profonde amertume, particulièrement vis-à-vis du Mali.
Une source diplomatique citée par Le Monde s'est empressée de préciser que "le Tchad et le Sénégal n'étaient absolument pas visés par ces propos". Elle explique que pour ces deux pays, les départs des forces françaises "étaient déjà actés", même si "le timing de ces annonces nous a surpris".
La même source diplomatique révèle que les propos présidentiels visaient en réalité spécifiquement l'Alliance des États du Sahel (AES) et "en particulier le Mali". Le ressentiment est palpable dans ses confidences au Monde : "On l'a tous mauvaise avec le Mali quand on voit le dispositif, l'investissement humain et financier que cela a représenté pendant des années à la demande des autorités maliennes, et alors que l'on pensait bien faire."
La diplomatie française semble particulièrement marquée par le bilan humain de ces interventions. Le Monde rapporte que les propos de Macron s'inscrivaient dans un contexte plus large où il évoquait "les pertes humaines françaises au Sahel", qui s'élèvent à 58 morts en moins d'une décennie.
Les confidences recueillies par le journal français laissent transparaître une certaine désillusion dans les rangs diplomatiques français. La source citée conclut avec une forme d'amertume : "Alors oui, le président a exprimé quelque chose de déceptif pour nous mais aussi pour les populations concernées, c'est tellement décevant." Elle en tire une leçon sans appel : "Il faut une approche transactionnelle comme [avec] les autres [partenaires non africains] et arrêter d'être les dindons de la farce."
PRÉSENCE MILITAIRE FRANÇAISE EN AFRIQUE, VERS LA FIN D’UNE INFLUENCE CONTESTÉE
En 2010, l’ancien président sénégalais Abdoulaye Wade avait exprimé son souhait de voir l’armée française quitter le Sénégal. Une position partagée par d’autres leaders africains, notamment Idriss Déby du Tchad, qui critiquaient également cette dépendance
Lors de son passage à la matinale Salam Sénégal de Radio Sénégal, Dr Adama Sadio, analyste politique, a abordé la présence des bases militaires françaises en Afrique. Cette discussion s’est inscrite dans le contexte des récentes déclarations du président français, Emmanuel Macron fustigeant ce qu’il a qualifié d’ingratitude de certains dirigeants africains. Selon lui, ces dirigeants doivent leur maintien au pouvoir à l’intervention militaire française, ce qui a suscité une vive réaction, notamment celle du Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko.
Une présence militaire controversée
Dr Sadio a souligné que, dans des pays comme le Mali, le Niger ou encore le Tchad, le départ des troupes françaises a souvent été ardu et empreint de tensions. Ces situations témoignent, selon lui, d’une remise en question généralisée de l’utilité et de la légitimité des bases militaires françaises sur le continent.
« Si on observe la trajectoire politique de ceux qui sont aujourd’hui au pouvoir au Sénégal , ils avaient déjà dénoncé la présence de ces bases, affirmant qu’elle n’est pas un gage de souveraineté », a rappelé Dr Sadio. Cependant, ce débat n’est pas récent.
Une remise en question amorcée dès 2010
En 2010, l’ancien président sénégalais Abdoulaye Wade avait exprimé son souhait de voir l’armée française quitter le Sénégal. Une position partagée par d’autres leaders africains, notamment Idriss Déby du Tchad, qui critiquaient également cette dépendance militaire.
Dr Sadio a mis en lumière un changement de paradigme : « Ce basculement découle d’un manque de prise de conscience des pays occidentaux, qui continuent à percevoir l’Afrique à travers le prisme des années 1960. Cette condescendance persistante ignore les transformations profondes opérées sur le continent. »
La fin de la diplomatie de soumission
L’analyste a également rappelé qu’il fut un temps où les leaders africains en quête de légitimité internationale se rendaient en France pour recevoir un aval tacite. Cette époque, marquée par une diplomatie centrée sur les besoins économiques de l’Hexagone, semble révolue.
Aujourd’hui, la critique s’étend au rôle de la francophonie, au Franc CFA, et à la présence militaire française, considérés comme des outils de domination culturelle et économique.
Une souveraineté à reconstruire
Pour Dr Sadio, la montée des contestations populaires et politiques contre la France marque un tournant important. Ces luttes traduisent une aspiration croissante des peuples africains à une souveraineté véritable, débarrassée de toute influence étrangère.
Il conclut en soulignant que ce débat, bien que difficile, est essentiel pour redéfinir les relations entre l’Afrique et la France : « Il appartient désormais aux dirigeants africains de bâtir une souveraineté qui reflète les aspirations de leurs peuples et de sortir du cadre hérité de la colonisation. »
QUAND LE SÉNÉGAL AVANCE À RECULONS
Comment rationaliser un système politique qui compte désormais 430 partis ? Dans un pays où la majorité des formations ne respecte même plus les obligations légales élémentaires, la tâche s'annonce particulièrement ardue
Agitée par le président Bassirou Diomaye Faye lors de son discours du 31 décembre dernier, la rationalisation du système politique sénégalais n’a cessé d’intéresser les différents régimes qui se sont succédé à la tête de l’Etat sénégalais. Souvent inscrite au menu des concertations politiques sur la revue du processus électoral, organisées la veille de chaque élection, la question de la rationalisation des partis politiques et leur financement à travers la modification de la Loi n° 81-17 du 6 mai 1981 relative aux partis politiques a toujours buté sur des divergences presque irréconciliables entre acteurs.
Le président Bassirou Diomaye Faye réussira-t-il là où Abdou Diouf, Abdoulaye Wade et Macky Sall ont échoué relativement dans le cadre de la rationalisation du système politique sénégalais.
En tout cas, lors de son discours à la Nation, prononcé le 31 décembre dernier, Bassirou Diomaye Diakhar Faye a exprimé sa ferme volonté « d’apporter plus de lisibilité, plus de transparence et plus de rationalisation » dans le système politique sénégalais marqué aujourd’hui par une pléthore de partis politiques.
En effet, de quatre formations légalement reconnues sous le régime du président Senghor, le nombre de partis politiques a explosé en passant à 45 à la fin du régime Diouf, à 188 au cours des12 ans de présidence de Abdoulaye Wade avant d(atteindre aujourd’hui la barre des 430 formations sous la gestion du Président Macky Sall, si on en croit Alioune Badara Diouck, porte-parole de l'Alliance des forces de progrès (Afp).
L’équation de la non-application effective de la loi n° 81-17 du 6 mai 1981 relative aux partis politiques
Cette hausse vertigineuse du nombre de partis politiques au Sénégal s’explique en grande partie par la non-application effective de la Loi n° 81-17 du 6 mai 1981 relative aux partis politiques, au-delà de la fin de l’idéologie politique qui semble, aujourd’hui, laisser la place à un engagement militant basé sur la recherche de l’intérêt crytopersonnel favorisant ainsi le phénomène de la transhumance politique. En effet, cette loi, qui a été modifiée en 1989 avec l’introduction de dispositions interdisant « tout financement provenant de l’étranger » sous peine de dissolution pour tout parti qui reçoit directement ou indirectement des subsides de l’étranger ou d’étrangers établis au Sénégal », fixe un certain nombre d’obligations à respecter sous peine de dissolution. Parmi celles-ci, on peut citer l’obligation de déclarer, chaque année, au plus tard dans les huit jours qui suivent la date anniversaire du récépissé de ses statuts, les prénoms, noms, professions et domiciles de ceux qui, à un titre quelconque, sont chargés de son administration. On y relève également la déclaration sans délai de toute modification apportée à ses statuts au ministre de l’Intérieur qui dispose du pouvoir de refuser toute modification non conforme aux obligations prescrites par la présente loi.
Il y a aussi l’obligation de déposer chaque année, au plus tard le 31 janvier, le compte financier de l’exercice écoulé en faisant apparaître que le parti politique ne bénéficie d’autres ressources que celles provenant des cotisations, dons et legs de ses adhérents et sympathisants nationaux et des bénéfices réalisés à l’occasion de manifestations.
Le respect de ces obligations permet aux partis politiques d’avoir accès aux médias publics notamment la Radiodiffusion Télévision du Sénégal pour la diffusion de leurs communiqués de presse, la couverture de leurs manifestations statutaires mais aussi de se faire inviter à participer à des émissions à caractère politique, sous la forme de débats ou de tables rondes.
Cependant, aucune de ces dispositions n’est respectée dans les faits. Quasiment, tous les partis politiques au Sénégal ne tiennent pas de congrès annuels encore moins ne transmettent aux services du ministère de l’Intérieur leurs états financiers. A cela, il faut ajouter la problématique de la participation aux élections. En effet, l’immense majorité des formations politiques créées au cours de ces dernières années ne font pas de la conquête et la conservation du pouvoir leur finalité. Ils servent plutôt d’escalier au leader dans le cadre de la mise en œuvre de son agenda personnel.
Des concertations sans impacts
Véritable serpent de mer du système politique sénégalais, la question de la rationalisation des partis politiques et celle leur financement a toujours a été brandie par les différents régimes qui se sont succédé ces dernières années à la tête de l’Etat sans que cela ne soit traduit en acte Il en est ainsi de la question de modification de la Loi n° 81-17 du 6 mai 1981 dont l’adaptation au contexte politique sénégalais actuel a toujours été bloquée par les différentes majorités arrivées au pouvoir. Inscrite parfois au menu des concertations des acteurs politiques sur la revue du processus électoral, organisées à la veille de chaque élection, elle n’a jamais fait l’objet de consensus. Conséquence, les partis politiques continuent de pousser comme des champignons après la pluie dans des conditions qui restent perplexes.
Par Henriette Niang KANDE
LES HÉROS DE LA RÉSISTANCE ... À LA CRITIQUE
Si certains considèrent que critiquer le Projet est un crime de lèse-majesté, peut-être est-ce simplement parce que la vision qu’en ont ceux qui le défendent est tellement lumineuse qu’elle ébloui. Oui, c’est doit être ça
La nomination de certaines personnalités non affiliées à Pastef, à des postes de responsabilités étatiques a fait sortir de l’univers du parti au pouvoir, des acteurs réfractaires à la critique. Ce n’est pas la première fois que cela arrive. Des choix portés sur les personnes qui avaient critiqué le « Projet » et/ou ses initiateurs ont été rapportés ou demandés à l’être, parce que ces dernières avaient émis des objections, des critiques, avant que le parti n’accède au pouvoir.
Ah, la mélodie du panafricanisme des auteurs et promoteurs du Projet ! Ce mots qui fait vibrer les âmes, soulever les foules et réveiller les tambours d’une souveraineté flamboyante. A entendre leurs discours, on pourrait croire que la souveraineté est un cocktail de bissap pour l’extérieur, mais agrémenté d’une pincée de "ne dites que du bien de notre Projet" à l’intérieur.
Derrière les grandes proclamations se cachent des partitions bien plus discordantes. Le Projet donc, oui avec un grand P, doit être « englouti », jusqu’en 2050, sans aucun froncement de sourcils. Ceux qui ont ou qui osent encore demander s’il est une idée lumineuse se retrouvent ou se sont retrouvés exilés au royaume des bannis. C’est là que la souveraineté prend un tournant intéressant : à l’extérieur, on clame haut et fort que le Sénégal est un pays qui se tient debout, mais à l’intérieur, mieux vaut s’asseoir et garder ses idées pour soi.
Ça donne un peu l’impression d’un orchestre où le chef veut jouer une symphonie panafricaine, mais exige que les violons et le piano soient accordés comme les koras, ignorant que les uns sont des instruments à cordes et que l’autre est de touches. Et ainsi de suite, jusqu’à ce qu’il ne reste qu’une fanfare de décibels uniformément dociles. C’est l’obsession pour le consensus interne forcé. Vous savez, ce moment où le chef d’orchestre se retourne vers une salle clairsemée et demande : « Qui est avec moi ? » Devinez quoi ? Tout le monde l’est ! Comme par magie. C’est beau, n’est-ce pas ? Une unité parfaite, obtenue par le silence stratégique des derniers musiciens
Ceux qui ne sont pas férus de cette musique, deviennent les victimes d’un autisme politique sur les réseaux sociaux, qui offrent bien plus de places que dans un stade de foot. Ils sont devenus un terrain de jeu où les arguments jouent à saute-mouton avec la logique. Il suffit d’un tweet pour déclencher une guerre civile virtuelle, où les grossièretés se le disputent aux insanités. Et la surenchère finit par ressembler à une compétition de surdité collective. Chacun est enfermé dans sa bulle « idéologique », hermétique à toute intrusion dans la réalité. « L’autre ? Quel autre ? Celui qui ne s’est pas battu ? Celui qui n’a pas mené le combat ? Celui qui a fait partie du « système » alors que nous, nous sommes anti-système ? » semblent répondre ces valeureux soldats du clavier.
Pour justifier la transhumance à la veille élections législatives anticipée, la facétie a été poussée avec la fameuse théorie de la dichotomie entre les « adversaires » et les « ennemis » du Projet. La rhétorique du Bien et du Mal, du transhumant acceptable et celui banni car le promoteur du Projet ne l’a pas couvert de son gracieux pardon.
Et pourtant, l’idée d’une souveraineté réelle et d’un panafricanisme sincère est noble. Elle résonne dans le cœur de beaucoup de Sénégalais. Car l’exigence d’une Afrique digne et souveraine, débarrassée des scories humiliantes de la colonialité est réelle chez tous. Partout sur le continent on appelle à la liberté et à la dignité. La manière avec laquelle la commémoration de Thiaroye a été célébrée, révèle quelque chose de ce désir de changement que le politique a le droit d’encadrer et de traduire en idée et en matérialité.
Mais peut-être faudrait-il commencer par cultiver cette souveraineté en interne, en apprenant à accepter la dissonance et les débats. Parce que, à ce rythme-là, le Projet risque de se retrouver avec une souveraineté monophonique – et avouonsle, ce n’est pas très fun pour une symphonie. Alors, souverainistes et panafricanistes, un peu de courage ! Laissez les critiques jouer leur mélodie. On ne construit pas une nation forte en étouffant les notes discordantes, mais en les intégrant à l’ensemble. Et qui sait, peut-être que le "Projet" pourrait finalement devenir une véritable œuvre collective ? Après tout, ce n’est pas un orchestre de yes-men qui fera vibrer le cœur du peuple, mais une symphonie de voix diverses, mais unies dans sa commune souveraineté. La politique n’est pas le règne du consensus permanent, de la soumission à un discours voire pire un homme. C’est le règne du dissensus car des idées opposées cohabitent pour produire du bien commun.
Après tout diriger, c’est tout un art. Savoir jongler entre souveraineté extérieure et harmonie intérieure n’est pas chose facile pour des novices. Si certains considèrent que critiquer le Projet est un crime de lèse-majesté, peut-être est-ce simplement parce que la vision qu’en ont ceux qui le défendent est tellement lumineuse qu’elle éblouit. Oui, c’est doit être ça. Ç’est ça.
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JE RESTE ET DEMEURE LE MAIRE DE DAKAR…
Malgré le rejet par la Cour d’appel de sa requête en annulation de la décision du préfet constatant sa radiation de la mairie de Dakar, Barthélemy Dias entend user de ses prérogatives de maire de la capitale jusqu’au bout
Barthélemy Dias entend toujours user de ses prérogatives de maire Dakar jusqu’à nouvel ordre, malgré la décision de la Cour d’appel qui a rejeté sa requête en annulation concernant sa radiation. Il a continué à dénoncer la révocation de son mandat de maire, mardi, lors d’un point de presse tenu à Dakar.
Malgré le rejet par la Cour d’appel de sa requête en annulation de la décision du préfet constatant sa radiation de la mairie de Dakar, Barthélemy Dias entend user de ses prérogatives de maire de la capitale jusqu’au bout. « Jusqu’à nouvel ordre, je reste et demeure toujours le maire de Dakar n’en déplaise à certains. À ce que je sache, je n’ai pas encore de successeur à la tête de la mairie », s’est-il exclamé, hier, lors d’un point de presse tenu à Dakar. Poursuivant, la tête de liste nationale de la coalition « Samm Sa Kaddu » lors des dernières législatives qualifie cette révocation de « braquage » contre le vote des habitants de Dakar. « Cette révocation est un braquage orchestré par les nouvelles autorités. Quand on bunkérise une mairie pour empêcher le maire de présider un conseil municipal et permettre à un préfet de radier un élu, je ne peux appeler cela que du braquage. En outre, je prends date pour l’avenir », a-t-il déclaré. Après la confirmation de la radiation de Barthélemy Dias par la Cour d’appel de Dakar, les avocats de l’ancien maire de Mermoz Sacré-Cœur ont annoncé qu’ils allaient déposer un recours devant la Cour suprême. Concernant le sort des membres de sa garde personnelle qui ont comparu, lundi dernier, au tribunal de grande instance de Saint-Louis et dont plusieurs ont écopé de condamnation allant de six mois à trois ans ferme pour des actes de violence dans la capitale du Nord, Barthélemy Dias parle de « prise d’otages ».
Pour lui, cela n’avait qu’un seul but : l’empêcher de poursuivre sa campagne lors des élections législatives. « Une trentaine de nos éléments restent toujours emprisonnés à Saint-Louis. Nous allons nous battre pour que dans les deux prochains mois, ils connaissent le même sort que cinquante de leurs camarades qui ont été relaxés lundi dernier. Sur ce, j’interpelle l’Union des magistrats du Sénégal (Ums), car une justice qui refuse de dire le droit au nom du peuple sénégalais est une justice qui refuse de s’assumer », a-t-il soutenu avant d’ajouter : « Je reste convaincu qu’il reste des magistrats de valeur dans notre pays. Car les Sénégalais souffrent des faillites d’une justice qui reste toujours aux ordres », a dénoncé le responsable de Taxawu Sénégal. Par ailleurs, à l’occasion de son point de presse, Barthélemy Dias a brocardé le Comité national olympique et sportif sénégalais (Cnoss) qu’il accuse de refuser à la capitale tout héritage en matière de dotations d’infrastructures sportives au sortir des Jeux olympiques de la jeunesse de 2026. « Le Cnoss n’est pas partie prenante du contrat d’hôte pour les Jeux olympiques. Les signataires de ce contrat sont l’État du Sénégal, la mairie et le Comité international olympique (Cio). À ce titre, la ville mérite un minimum d’égard au titre des sacrifices consentis pour avoir déposé et obtenu ces Jeux olympiques de la jeunesse », s’est-il offusqué. Enfin, Barthélemy Dias dénonce l’attitude du Cnoss qui, malgré un budget de 80 milliards de FCfa, refuse, selon lui, « tout renforcement des infrastructures sportives dans la capitale ».
par Abdou Sène
LE JUB JUBAL JUBBANTI ÉCORNÉ
EXCLUSIF SENEPLUS - Qui a mené l’enquête de moralité à propos d'Aoua Bocar Ly ? Comment ses malheureuses déclarations ont pu échapper à la vigilance du président qui a signé et à celle du Premier ministre qui a contre-signé le décret la nommant ?
Dans le document de la Stratégie nationale de Développement 2025-2029, on peut lire : « La bonne gouvernance est un pilier fondamental du développement économique et social. A cet égard, elle occupe une place centrale dans les politiques publiques et repose principalement sur les principes d’éthique, de transparence et de redevabilité, faisant du « Jub, Jubal, Jubbanti » (JJJ) un levier de la Transformation systémique. »
Si nous avons combattu le régime de Macky Sall, c’est parce que nous nous sommes rendus à l’évidence, comme beaucoup de Sénégalais, qu’il avait fini par s’empêtrer dans la tyrannie, la turpitude et la promotion de l’anti-JJJ. Et c’est dans la même logique que nous avons soutenu les hérauts du JJJ. Comme nous, peu de Sénégalais avaient une idée claire des compétences de ces derniers à diriger un pays, si on se réfère à leurs états de service. Notre engagement pour qu’ils accèdent au pouvoir était essentiellement motivé par le fait qu’ils nous ont présenté une idéologie reposant sur un souverainisme courageux et intelligent et surtout sur le JJJ. Ce dernier, d’après l’acception que nous en avons, s’il est mis en œuvre dans toute sa plénitude, suffit largement pour inscrire un pays dans les différentes dimensions du développement. Économique, sociale, culturelle, spirituelle…
Nous avions renoncé à publier le présent article le 31 décembre, date de sa production, lorsque nous avions appris le limogeage de Monsieur Cheikh Oumar Diagne, dont le maintien dans l’équipe de la présidence de la République en était le seul motif. Mais, la nomination de Mme Aoua Bocar Ly Tall, le 11 décembre 2024, au Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA) rajoute une couche au souci que nous avons pour la sauvegarde du JJJ, et nous fait revenir sur cette renonciation.
A cause de ces deux affaires, notre espoir suscité par l’avènement du JJJ a pris un coup dont nous espérons qu’il va rapidement se relever. Effet, nous avions beaucoup de mal à comprendre pourquoi Monsieur Cheikh Oumar Diagne restait encore dans l’entourage du président de la République, en tant que Directeur des moyens généraux de la présidence de la République (DMGPR). Le JJJ appliqué dans toute sa rigueur aurait dû amener le président de la République à mettre fin aux fonctions de Monsieur Diagne au sein du palais de la République dans les 24 heures qui ont suivi ses déclarations sur les tirailleurs sénégalais et la CEDEAO (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest), le 21 décembre 2024, sur la chaîne Fafa TV. Nous considérons que ses propos, pleins d’arrogance et très peu empreints de sens politique, sont une offense, un manque de respect au chef de l’Etat. Nous ne les aurions pas nommés ainsi s’ils émanaient d’un opposant politique ou d’un citoyen lambda. Ils ont été tenus par l’un des proches collaborateurs du président de la République. Afin de vous permettre de vous faire une idée de l’extrême gravité de la sortie de Monsieur Diagne, nous vous invitons à écouter vous-mêmes attentivement ses propos dont nous allons vous relater les parties les plus choquantes.
Sur le massacre de Thiaroye.
Le 1er décembre 2024, Monsieur le président de la République, en présence de ses invités dont 5 chefs d’Etat et le corps diplomatique, commémore le massacre des tirailleurs sénégalais, et rend un vibrant hommage à ces derniers. Trois semaines plus tard, le 21 décembre 2024, Monsieur Cheikh Oumar Diagne fait une sortie pour démonter de toute pièce tout le bien que le président de la République pense des héros-victimes du massacre de l’aube du 1er décembre 1944.
Suivons le malheureux duel que Monsieur Diagne a imposé à son patron, le président :
Monsieur le président de la République salue le courage moral du président Français Emmanuel Macron pour avoir assumé que ce qui s’est passé à Thiaroye le 1er décembre 1944 était un massacre et dit : « Je salue l’ouverture des autorités françaises actuelles qui ont accédé à notre requête pour la manifestation de la vérité » ; Monsieur le DMGPR dans un long ddéveloppement sur la diplomatie sénégalaise vis-à-vis de la France, traite cette dernière de pays lâche.
Monsieur le président de la République, parlant des tirailleurs sénégalais, dans un ton empreint d’émotion dit : « …des héros Africains sans défense, armés de courage, de dignité, et de fraternité africaine, ont été froidement abattus… », « Ils méritent tous les honneurs, ils méritent notre respect, ils méritent notre admiration. » ; Monsieur le DMGPR dit qu’il n’aime pas les tirailleurs, qu’il ne les honore pas et qu’ils sont des traîtres, ils ne sont pas des héros. Il rajoute qu’il n’y a aucun pays où on honore des traîtres, et fait même un benchmarking pour son patron, le président de la République, en France, en Algérie et en Italie pour le convaincre et lui donner des exemples de maltraitance infligée à des traîtres comme les tirailleurs sénégalais.
Monsieur le président de la République dit «…il s’agissait d’Africains, en majorité, arrachés à leur terroir contre leur gré pour aller combattre au service de l’empire colonial français d’alors. », « Les tirailleurs sénégalais n’étaient pas des mercenaires, mais bien les défenseurs d’une dignité humaine universelle. » ; Monsieur le DMGPR réplique qu’ils ne sont intéressés que par l’argent et c’est pour cette raison qu’ils ont été humiliés à Thiaroye.
Monsieur le président de la République annonce : « Des rues et des places porteront le nom de cet événement tragique, de ces soldats,.. », « L’histoire de Thiaroye sera enseignée dans les curricula éducatifs » ; Monsieur le DMGPR n’est, une fois de plus, pas d’accord et décrète : « Baptiser des rues au nom des tirailleurs sénégalais revient à enseigner la traîtrise à nos enfants. »
Monsieur le président de la République dit que la cérémonie du 1er décembre 2024 a été organisée « pour nous acquitter d’une dette morale vis-à-vis des tirailleurs et de leurs familles » ; Monsieur le DMGPR dit que ceux qui honorent les tirailleurs ignorent qui ils sont réellement.
Coïncidence troublante entre les déclarations du président de la République dans son discours du 1er décembre 2024 et la façon harmonieuse dont son Directeur des moyens généraux lui a porté la contradiction. L’opposant le plus radical n’aurait pas fait mieux.
Sur la CEDEAO
Monsieur Diagne jette un pavé encore plus gros dans la mare de la diplomatie sénégalaise, en soumettant à une terrible diatribe la CEDEAO dont le Sénégal est membre fondateur depuis un demi-siècle. Soit dit en passant, même la ministre chargée de la diplomatie sénégalaise n’aurait pas dû accepter les violations de son périmètre par le DMGPR.
Les déclarations de Monsieur Diagne sont d’autant plus graves que trois mois après l’accession de Monsieur le président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye au pouvoir, alors qu’il participait pour la première fois à la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO, la 65ème, l’Institution l’a désigné « comme Facilitateur de la CEDEAO dans les discussions de la Communauté avec l'AES (Burkina Faso, Mali, Niger), en collaboration avec S.E. Faure Essozimna Gnassingbé, président de la République Togolaise ». Ce sont les termes du communiqué final, une grande fierté pour le Sénégal.
Suivons maintenant le deuxième duel que Monsieur Diagne a imposé à son patron, le PR :
Monsieur le président de la République, lors de ce 65ème sommet de la CEDEAO, a déclaré « Nous devons tout faire pour éviter le retrait des trois pays frères de la CEDEAO. Ce serait le pire des scénarios et une grande blessure au panafricanisme » ; Monsieur Diagne développe tout un argumentaire et décrète que les Etats de l’AES ont le droit de sortir de la CEDEAO, et que c’est acté, ils ne reviendront pas.
Monsieur le président de la République, lors de sa première participation au Sommet de la CEDEAO a appelé à « travailler pour débarrasser la CEDEAO des clichés et stéréotypes qui la réduisent à la posture d'une organisation soumise aux influences de puissances extérieures et distante des populations qu'elle a la responsabilité historique de servir, conformément à son acte constitutif. » ; Monsieur Diagne déclare que la CEDEAO est le bras armé de l’Occident pour humilier des peuples africains.
Monsieur le président de la République, toujours au 65ème Sommet, dit « alors que nous sommes à la croisée des chemins, le legs précieux des pionniers nous impose l’obligation de retrouver l’unité de la CEDEAO des peuples et son lustre d’antan » ; Monsieur Diagne s’y oppose en déclarant que la CEDEAO, qu’il traite en passant de syndicat de chefs d’Etat, n’est d’aucune utilité, évoque sa dissolution et dit en conclusion que c’est une organisation sans futur.
Noter aussi que dès son premier discours à la Nation, le 4 avril 2024, Monsieur le président de la République avait annoncé la couleur quant à sa position par rapport à la CEDEAO. Il disait : « Nous veillerons, sans cesse, à maintenir et raffermir les relations de bon voisinage et de solidarité agissante au sein de nos organisations communautaires, notamment la CEDEAO et l’UEMOA. »
Pendant que Monsieur Diagne se dressait contre la CEDEAO et les positions du chef de l’Etat vis-à-vis de l’Institution, lors de son 66ème sommet tenu en décembre 2024, une semaine avant sa sortie, la CEDEAO avait chaleureusement félicité Monsieur Bassirou Diakhar Diomaye Faye pour ses efforts de médiation entre la CEDEAO et les pays de l’AES, lui avait renouvelé sa confiance et avait annoncé qu’il se rendrait prochainement dans les pays de l’AES pour poursuivre le dialogue diplomatique en vue de leur réintégration.
Les deux sorties de Monsieur Cheikh Oumar Diagne sur les tirailleurs d’une part, et la CEDEAO d’autre part, à la suite des positions prises par le président de la République, donc par le Sénégal, s’appellent tout simplement du « yabaate » à l’état pur. Passez-moi le mot français s’il vous plaît.
Rappelons que, comme l’y oblige l’article 37 de la Constitution, le président de la République, le 2 avril 2024, lors de sa prestation de serment avait juré devant Dieu et la Nation sénégalaise de « consacrer toutes ses forces à défendre les institutions constitutionnelles,… ». Dès lors, il n’avait plus le choix. Compte-tenu des graves manquements liés à la sortie sur Fafa TV de Monsieur Cheikh Oumar Diagne, le président de la République devait, sans délai, démettre ce dernier de ses fonctions au sein de la présidence de la République, au nom de la défense des institutions constitutionnelles - comme le président de la République - à laquelle il s’est engagé. Même si l’article 44 de la Constitution lui confère le droit de nommer aux emplois civils, il est non seulement légalement tenu par son serment, mais aussi moralement par le JJJ.
Par ailleurs, la faute commise par Monsieur Diagne s’inscrit dans une tendance générale au Sénégal à déconsidérer, offenser, calomnier, insulter l’autorité au nom de la liberté d’expression. Le président de la République et les institutions compétentes de l’Etat devraient travailler sur des mécanismes pour une protection spéciale des autorités politiques. Des ministres au président de la République en passant par les députés. Ils sont dans des positions qui ne leur permettent pas de se défendre comme le fait le commun des mortels. En plus, mettre un terme à leur maltraitance serait plus conforme à la tradition africaine, et à la civilisation tout court. En Afrique, une autorité, on ne l’insulte pas, on ne la gifle pas, en temps normal. Les « grands intellectuels complexés » et certains « défenseurs des droits de l’Homme obligés » vont encore se dresser en défenseur de la liberté d’expression. Hélas, en général, ils ne font que répéter ce que dit l’Occidental. Oui à la liberté d’expression, non au libertinage d’expression. Tout citoyen a le droit de s’opposer radicalement et de formuler des critiques les plus véhémentes à l’encontre des autorités à qui les destinées de la cité sont confiées, dans la limite de ce que permet la civilisation. Ceci est une digression importante par rapport à notre propos du jour.
Pendant que Monsieur Cheikh Oumar Diagne ramait à contre-courant des convictions et orientations historiques et diplomatiques du président de la République, Mme Aoua Bocar Ly Tall tenait des propos éthnicistes en s’essayant à une hiérarchisation des ethnies du Sénégal à la tête de laquelle elle place les Haal Pulaar. Rappelons que l’Article 42 de la constitution stipule que « Le président de la République est le gardien de la Constitution. » et que « Il incarne l’unité nationale. ». Par conséquent, il est difficilement concevable que le président de la République nomme une telle personnalité à un poste aussi important dans un organe national de régulation. De l’audiovisuel de surcroît. Qui a mené l’enquête de moralité à propos de Mme Tall ? Comment ses malheureuses déclarations ont pu échapper à la vigilance du président de la République qui a signé et à celle du Premier ministre qui a contre-signé le décret la nommant ? N’a-t-on pas vu qu’elle avait tenu sur les ethnies des propos de peu de moralité, dans une société pluri-ethnique, où la sauvegarde de la cohésion nationale doit être une lutte de tous les jours ? Notez qu’avant elle, Monsieur Cheikh Oumar Diagne avait déclaré qu’il ne portait pas Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké, fondateur du Mouridisme, dans son coeur. Ce qui ne l’a pas empêché d’être nommé au poste de DMGPR. Quelles que soient, par ailleurs, les valeurs et les compétences que l’on pourrait reconnaître à une personnalité, ces types de déclaration la disqualifie d’office pour un poste de responsabilité publique d’envergure nationale. Ils constituent un danger pour la Nation.
Les faits ainsi décrits nous amènent à revisiter la définition et l’application du JJJ. Nous aimerions d’abord en préciser une conception que nous partageons sans doute avec beaucoup de Sénégalais. Ce puissant concept va bien au-delà de « travailler 15 ans aux impôts et domaines sans un seul franc détourné ». Il importe de bien saisir le sens du JJJ intégral qui fonde la décision et l’espoir de beaucoup parmi les 54.28% d’électeurs qui ont voté le 24 mars 2024 pour le Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye. A notre sens, le JJJ intégral s’appuie essentiellement sur 5 piliers :
La préservation des deniers publics au sens large. Le niveau le plus élémentaire étant le fait de ne pas en détourner, il s’agit surtout de prendre les meilleures décisions pour le bien du pays, en s’appuyant sur une bonne intelligence économique.
Le souverainisme et la fin du complexe vis-à-vis de l’autre qui plombe nos capacités d’initiative comme disait Aimé Césaire. C’est la mort du « mental slavery » comme l’appellait Bob Marley.
L’application de la justice dans toute sa rigueur. Pour cela, la base philosophique devrait être l’article 1 de la Charte du Mandé, déclaration des droits de l’Homme du Royaume du Mali de 1236 : « Une vie est une vie ; une vie n'est pas plus ancienne ni plus respectable qu'une autre vie, de même qu'une autre vie n'est pas supérieure à une autre vie. »
La transparence et la reddition des comptes. Les nouvelles autorités sénégalaises ne devraient pas se laisser brider par le complexe de l’« élégance républicaine » qu’on leur chante tous les jours. Pas d’élégance à l’égard des non-élégants avec le peuple ! L’exemple doit être donné pour inspirer les acteurs politiques actuels et futurs.
La rigueur dans le choix des principaux acteurs du JJJ, et la force mentale et l’humilité de s’amender lorsqu’on fait fausse route. Il s’agit notamment de mûrir les décisions à prendre, d’accepter de changer d’orientation politique lorsque celle en cours nous mène vers le mur, mais aussi de se séparer de collaborateurs pour incompétence ou manquements. Ceci est un impératif, quelle que soit la relation ou l’affection qui pourrait lier l’autorité au collaborateur en question.
Pour les 4 premiers piliers, les signaux envoyés depuis l’installation du président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye à la tête du pays nous fondent à être optimiste. Par contre, la nomination de Monsieur Cheikh Oumar Diagne, sa réaction tardive face à l’attitude de ce dernier à son égard, et la nomination de Mme Aoua Bocar Ly Tall administrent une inquiétante écornure au 5ème.
Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar Faye,nous comprendrions parfaitement que vous ayez humainement la largesse d’être indulgent par rapport à certains actes répréhensibles posés par vos proches, mais le président de la République du Sénégal que vous incarnez a le devoir constitutionnel de préserver le respect dû à l’Institution qui transcende les locataires temporaires du palais de la République ; et de veiller à l’unité de la Nation sénégalaise. Permettez-moi, Monsieur le président de la République, de ramener un rappel que j’avais fait à Monsieur Macky Sall, dans un article intitulé « Trop, c’est trop Macky », publié le 9 février 2024 dans SenePlus : « Nous vivons dans une société organisée qui, à tour de rôle, confie la coordination de ses activités à un de ses membres, appelé président de la République. » Ce dernier a donc, entre autres, la lourde responsabilité de protéger l’Institution à lui confiée par le peuple, afin que ses successeurs n’aient pas à pâtir du peu de considération que le citoyen pourrait en avoir ; et de choisir les meilleurs parmi nous, du point de vue technique et moral, pour construire le Sénégal.
Monsieur Ousmane Sonko, président du Pastef, dans sa déclaration du 5 janvier 2025 visant, à juste titre, à rassurer les militants et sympathisants du parti et défendre le président de la République, a donné l’impression de minimiser les faits qui ont soulevé un tollé dans les rangs de ses souteneurs ces derniers jours. Mais permettez-nous de souligner que, au-delà des affaires Cheikh Oumar Diagne et Aoua Bocar Ly Tall, notre inquiétude se situe surtout dans ce qu’elles laissent augurer. La perspective de voir le JJJ souffrir des difficultés que nos nouvelles autorités auraient à choisir les profils adéquats aux différents postes, et à relever leurs collaborateurs lorsque cela s’impose. Ces types d’exercice sont inhérents à la marche de toute organisation qui se veut juste et efficace. Pire, toute entreprise incapable de sélectionner convenablement et de sanctionner positivement et négativement ses acteurs est vouée à l’échec. Que Dieu nous garde de l’échec du régime du Jub, Jubal, Jubbanti ! L’espérance est énorme mais nous restons vigilants. Et, nous nous réjouissons du dialogue qui s’installe entre l’opinion et les nouvelles autorités politiques. A ma connaissance, le Sénégal n’a jamais eu une opinion publique aussi regardante par rapport à la gestion de l’Etat et de ses démembrements. Et il est heureux de voir les autorités leur apporter la réplique en termes d’explications et de clarifications. Monsieur le Premier ministre, ce phénomène est à encourager, il révèle une maturité démocratique qui ne pourrait être que bénéfique pour notre pays. Rassurez-vous, l’opinion publique sénégalaise a une profonde conscience politique et fait bien le discernement entre erreur, faute et turpitude. C’est d’ailleurs, cette faculté qui a amené ce vaillant peuple à vous porter au pouvoir malgré la campagne de diabolisation sans nom que vous et le Pastef avaient subie pendant trois longues années.
Que vive la révolution du Jub, Jubal, Jubbanti intégral ! Elle est une voie qui peut certes avoir un coût important en capital social et politique mais il faut se préparer à assumer les pertes qui y sont inhérentes, car elle est le seul chemin qui mène vers le bout du tunnel, la prospérité de notre cher Sénégal.
Abdou Sène est Professeur titulaire de classe exceptionnelle en mathématiques appliquées, Université numérique Cheikh Hamidou Kane.
POUR LA BAD, HOTT JOUE LA CARTE DE LA CONTINUITÉ
Le Sénégalais, fort de son expérience ministérielle et de sa connaissance des enjeux climatiques, se pose en candidat de premier plan. Face à lui, le Zambien Samuel Munzele Maimbo bénéficie du soutien de nombreux pays d'Afrique australe et orientale
(SenePlus) - La succession d'Akinwumi Adesina à la tête de la Banque africaine de développement (BAD) s'annonce particulièrement disputée, selon une enquête publiée par Jeune Afrique. Alors que la date limite du dépôt des candidatures est fixée au 31 janvier, cinq prétendants se sont déjà officiellement déclarés, dont l'ancien ministre sénégalais des Finances, Amadou Hott.
D'après JA, ce dernier fait figure de favori aux côtés du Zambien Samuel Munzele Maimbo, dans une course qui pourrait encore réserver des surprises. "Il mène une campagne très active. Il connaît ses dossiers, notamment l'énergie et la finance verte. Et il bénéficie d'un capital sympathie dans beaucoup de capitales du continent", confie au magazine un cadre africain de l'institution.
Une bataille qui se joue sur deux fronts
Pour remporter cette élection stratégique, les règles sont précises : le futur président devra obtenir une double majorité, comme le souligne Jeune Afrique. Il lui faudra convaincre à la fois les actionnaires africains, qui détiennent 60% des droits de vote, et les actionnaires non régionaux, principalement occidentaux, qui contrôlent les 40% restants.
La candidature d'Amadou Hott, qui était jusqu'à récemment l'envoyé spécial du président de la BAD pour l'Alliance pour l'infrastructure verte en Afrique (Agia), est perçue comme celle de la continuité. Cette proximité avec l'actuel président Adesina pourrait, selon le magazine, "lui porter préjudice auprès des actionnaires non régionaux", même si elle ne semble pas affecter son image auprès des pays africains.
Un paysage politique complexe
Face à lui, Samuel Munzele Maimbo bénéficie déjà de soutiens conséquents. Jeune Afrique révèle que le Zambien, vice-président à la Banque mondiale, est soutenu par "près de la moitié des pays du continent" grâce aux appuis de la SADC et du Comesa. Son passé comme directeur de cabinet de David Malpass, l'ex-président de la Banque mondiale proche de Donald Trump, pourrait également peser dans la balance, les États-Unis étant le deuxième actionnaire de la BAD.
Parmi les autres candidats déclarés figurent le Tchadien Mahamat Abbas Tolli, le Béninois Romuald Wadagni et la Sud-Africaine Swazi Tshabalala. Le magazine évoque également la possible candidature du Mauritanien Sidi Ould Tah, qui selon leurs informations "a déjà engrangé des soutiens de poids". "Le Mauritanien jouit d'une très bonne réputation, il est apprécié par tous", rapporte un cadre de la BAD cité par JA.
Face à ces enjeux majeurs pour l'avenir de la première institution financière du continent, le suspense reste entier jusqu'à la clôture des candidatures.