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4 avril 2025
Société
L'IMAM DE KOLDA MET EN GARDE CONTRE LE FLÉAU DES ACCUSATIONS GRATUITES
Thierno Alassane Tall a insisté sur l'importance de la responsabilité dans la prise de décision, exhortant les fidèles à toujours mettre en avant leur créateur
L’imam de la grande mosquée de Kolda (Sud), Thierno Alassane Tall, a invité, lundi, les musulmans à promouvoir la paix et œuvrer pour la cohésion sociale et la concorde nationale, tout en s’en efforçant d’agir avec responsabilité.
”Nous venons de sortir du mois béni [de ramadan]. Nous devons promouvoir la paix, travailler pour la cohésion sociale entre communautés de toutes religions confondues, gage de la stabilité sociale et la cohésion’’, a-t-il exhorté, dans son serment à l’occasion de la prière de l’Aid-el-Fitr, la fête marquant la fin du mois du jeûne musulman.
Selon lui, ‘’chaque personne, homme ou femme, ayant des responsabilités et/ou qui dirige des institutions, doit mettre en avant son créateur sur toute prise de décision”.
Le guide religieux a en outre exhorté les fidèles à éviter les calomnies et les accusations gratuites, notamment à travers les réseaux sociaux. ”Il faut suivre les recommandations divines, et chaque musulman doit éviter l’individualisme, les calomnies et accusations gratuites portées sur des gens. En somme, éviter de juger les autres, surtout à travers les réseaux sociaux. Nous devons promouvoir l’esprit de solidarité et de partage”, a souligné l’imam Thierno Alassane Tall.
Le gouverneur de la région de Kolda, Moustapha Ndiaye, a saisi l’occasion pour féliciter la Ouma islamique et saluer l’esprit de cohésion sociale ayant marqué tout le mois béni de ramadan.
”Nous venons de procéder à la prière qui marque la fin du jeûne à Kolda dans la cohésion sociale, et je félicite toute la Ouma islamique. Nous avons également entendu le message de l’imam à travers son sermon axé sur deux points essentiels, à savoir la promotion de la culture de la paix, la cohésion sociale, la concorde nationale, et surtout, le sens des responsabilités pour chacun d’entre nous”, a indiqué le gouverneur de la région de Kolda.
A Kolda, la grande majorité des fidèles ont célébré la fête de la korité ce lundi.
Pour l’essentiel, les sermons ont été axés sur la paix et la cohésion sociale au Sénégal et en particulier dans la région de Kolda, frontalière à trois pays de la sous-région : Gambie, Guinée Bissau et République de Guinée.
LES PRIÈRES DE MABOUBA DIAGNE POUR NOURRIR LE SÉNÉGAL
À l'occasion de l'Aïd-el-Fitr, le ministre de l'Agriculture a exprimé son souhait de voir le Sénégal réaliser ses ambitions en matière de sécurité alimentaire, qualifiant cet objectif de "noble ambition"
Le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Elevage, Mabouba Diagne, a prié, lundi, pour un bon hivernage, cette année, et pour l’atteinte de la sécurité et de l’autosuffisance alimentaires.
‘’Nous profitons aussi de cette journée pour prier pour que ce prochain hivernage que nous entamons, qu’Allah le Tout-Puissant fasse que la souveraineté alimentaire et la sécurité alimentaire, qui sont notre ambition la plus noble, qu’on les réalise’’, a-t-il dit.
Le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Elevage Mabouba Diagne s’exprimait après la prière de l’Aïd-el-Fitr ou Korité, à la mosquée Massalikul Jinaane, à Dakar. Cette prière marquant la fin du mois du jeûne musulman a été dirigée par l’imam Serigne Moustapha Mbacké, en présence de plusieurs autorités étatiques et de responsables de l’opposition.
Mabouba Diagne a invité les Sénégalais à s’unir derrière le chef de l’Etat, Bassirou Diomaye Faye, et son Premier ministre, Ousmane Sonko, dont ‘’l’unique ambition est de développer notre pays, le Sénégal’’.
‘’J’ai l’intime conviction que si nos cœurs s’unissent, si nos bras s’unissent, nous n’avons aucune raison de ne pas atteindre nos objectifs’’, a affirmé Mabouba Diagne.
L'APPEL À LA PIÉTÉ DE CHEIKH MOUHAMADOUL MAHI ALIOUNE CISSÉ
L’imam ratib de Médina Baye a souligné dans son sermon ce lundi, que la célébration de l'Aid-el-fitr constitue une bénédiction divine et un renforcement de la foi pour tous les musulmans
L’imam ratib de Médina Baye (Kaolack, centre), Cheikh Mouhamadoul Mahi Alioune Cissé, s’est appesanti, lundi, sur l’importance du mois du ramadan et de la Korité, qui, selon lui, représentent ‘’un moment de pardon, de solidarité, de partage et de tolérance’’.
‘’Le mois de ramadan, tout comme la korité, est un moment de pardon, de solidarité, d’entraide, de partage, de tolérance et de renforcement de la piété’’, a notamment rappelé le guide religieux.
Il prononçait son sermon à l’occasion de la prière de l’Aid-el-fitr, communément appelée Korité au Sénégal, qu’il a dirigée à la mosquée de Médina Baye.
Plusieurs personnalités politiques, administratives, religieuses, coutumières, militaires et paramilitaires ont accompli cette prière dans cette mosquée pour marquer la fin du ramadan
Celle-ci a aussi vu la participation du préfet du département de Kaolack, Latyr Ndiaye, ainsi que de Cheikh Mouhamadoul Mahi Ibrahima Niass, khalife général de la Faydatou Tidjania.
Dans un sermon prononcé en arabe puis en wolof, l’imam ratib a insisté sur l’importance de la fête de l’Aid-el-fitr qui marque la fin du mois béni de ramadan, ‘’le meilleur des mois de l’année’’, selon lui.
Il a aussi axé son sermon sur le prochain pèlerinage aux Lieux Saints de l’Islam.
Cheikh Mouhamadoul Mahi Alioune Cissé a rappelé aussi l’obligation pour le musulman qui en a les moyens de donner de la Zakat- al-Fitre, l’aumône donnée à la fin du ramadan.
Le khalife général de la Faydatou Tidjania, Cheikh Mouhamadoul Mahi Ibrahima Niass, affirme que la célébration de l’Aid-el-fitr est une bénédiction divine qui profite à tous les croyants, mais aussi un privilège qui renforce également la foi des musulmans.
Le patriarche de Médina Baye a prié pour la paix et la cohésion sociale au Sénégal, ainsi que pour le développement individuel et collectif.
De même, il a prié pour qu’Allah accorde une bonne santé aux populations afin qu’elles puissent s’acquitter convenablement des recommandations divines et des enseignements du Prophète Mohamed (PSL).
‘’La fin du mois béni de ramadan ne doit pas mettre un terme aux bonnes pratiques telles qu’enseignées par le Tout-Puissant à travers le Coran. Nous [musulmans] devons constamment demander pardon à Dieu et nous efforcer de suivre le droit chemin comme nous l’a enseigné le prophète Mohamed (PSL)’’, a insisté le khalife général de Médina Baye.
Invitant les fidèles au repentir, il a prié pour la réussite des autorités sénégalaises, particulièrement du gouvernement à qui, il demande d’apporter assistance aux populations et d’assurer leur sécurité.
‘’Que Dieu vous [autorités gouvernementales] vous donne les moyens de réussir vos missions à la tête du pays. Si vous vous engagez dans cette voie, sachez que Dieu sera avec vous pour vous y accompagner’’, a lancé Cheikh Mouhamadoul Mahi Ibrahima Niass.
DIOMAYE PRÔNE L'UNION ET LE DÉPASSEMENT
S'exprimant après la prière de l'Aïd-el-Fitr à la grande mosquée de Dakar, le chef de l'État a réitéré son engagement à servir le peuple avec rigueur et humilité, tout en appelant à bâtir une nation de paix et d'équité
Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a invité, lundi, les Sénégalais à ‘’cultiver l’esprit de solidarité, d’écoute et de dépassement’’, estimant que ‘’le Sénégal a besoin de toutes ses forces pour avancer dans l’harmonie’’.
‘’En ce jour sacré, j’invite chaque citoyen à cultiver l’esprit de solidarité, d’écoute et de dépassement. Le Sénégal a besoin de toutes ses forces pour avancer dans l’harmonie’’, a-t-il dit.
Le président de la République s’exprimait après la prière de l’Aïd-el-Fitre, la fête marquant la fin du jeûne chez les musulmans, communément appelée Korité au Sénégal.
Le chef de l’Etat, qui a accompli cette prière à la grande mosquée de Dakar, a appelé à continuer ‘’à bâtir une nation de paix, de fraternité et d’équité’’.
Il a réitéré son engagement ‘’à rester à l’écoute’’ du peuple sénégalais et à ‘’le servir avec loyauté, avec rigueur, mais aussi avec humilité pour répondre aux attentes légitimes des Sénégalais’’.
‘’L’avenir que nous construisons ensemble doit être à la hauteur des sacrifices et des espérances de nos concitoyens’’, a-t-il souligné.
Le président de la République a aussi exhorté les chefs religieux à continuer ‘’à prier pour le Sénégal, pour sa stabilité, pour son unité et pour que les choix que nous posons collectivement nous rapprochent toujours plus d’un avenir de dignité’’.
‘’Vos prières sont un rempart pour toute la Nation, un souffle de paix pour notre vivre ensemble’’, a-t-il soutenu.
Le président Faye a salué toutes les autorités religieuses et coutumières du pays, insistant sur leur rôle important dans la société sénégalaise.
‘’Je les remercie pour le rôle essentiel dans la préservation de la paix sociale, de la cohésion nationale et l’enracinement des valeurs spirituelles dans notre société’’, a insisté le chef de l’Etat.
La prière s’est déroulée sous la direction de l’imam de la grande mosquée de Dakar, El Hadji Moussa Samb, en présence du Grand Serigne de Dakar, Abdoulaye Makhtar Diop, et du ministre des Forces Armées, général Birame Diop, entre autres personnalités.
L’imam a insisté ‘l’importance de la foi, de la discipline, du pardon et du partage.
Pour le président Faye, ‘ces vertus sont aussi piliers d’une République juste et solidaire” , a-t-il dit.
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CINQ ANS D'AVEUGLEMENT VOLONTAIRE
Alors que le pays découvre une dette de 7 milliards de dollars cachée par l'ancien régime, l'économiste Demba Moussa Dembélé pointe la responsabilité d'un FMI qui n'aurait rien vu... ou aurait choisi de ne rien voir
L'affaire de la dette cachée sénégalaise de 7 milliards de dollars secoue actuellement le pays, mais au-delà de la responsabilité de l'ancien président Macky Sall, c'est le rôle du Fonds Monétaire International qui est sévèrement remis en question par des experts financiers africains.
Demba Moussa Dembélé, économiste reconnu et directeur du Forum africain des alternatives, ne mâche pas ses mots concernant la responsabilité de l'institution internationale. "Comment se fait-il que pendant 5 ans une telle fraude ait échappé à la vigilance du FMI et de la Banque mondiale qui ont des représentants résidents au Sénégal depuis de nombreuses années?", s'interroge-t-il.
Pour l'économiste, membre du conseil du Forum social africain à Dakar, le constat est accablant : avec tous les moyens dont dispose le FMI, travaillant étroitement avec tous les ministères clés et ayant accès à l'ensemble des données économiques du pays, il est impensable que l'institution n'ait rien détecté pendant cinq années consécutives.
"Si pendant 5 ans ces institutions avec tous les moyens dont elles disposent n'ont pas été capables de détecter des fraudes [...], ça veut dire que quand même il y a un problème avec la façon dont ils gouvernent l'économie mondiale", affirme-t-il.
Dembélé évoque une possible complicité délibérée, motivée par des considérations géopolitiques : "Le régime de Macky Sall était un des chouchou de l'Occident et comme nous sommes dans une région où le souverainisme avec ce qui se passe dans les pays du Sahel inquiète l'Occident [...], le Sénégal comme la Côte d'Ivoire d'ailleurs réputé stable et démocratique, il fallait les épargner."
Le chef de la mission du FMI a d'ailleurs récemment commencé à reconnaître une forme de "responsabilité partagée" dans cette affaire, selon Dembélé, qui y voit un aveu partiel de complicité.
La situation place désormais le nouveau gouvernement sénégalais dans une position délicate. Le FMI exige que le déficit budgétaire, actuellement proche de 12%, soit ramené à 3-4% d'ici 2027, ce qui impliquerait des mesures d'austérité drastiques : réduction des subventions énergétiques, gel des recrutements dans la fonction publique, et restructuration des agences gouvernementales.
"Ce sera la croix et la bannière", prévient l'économiste, qui s'inquiète de voir le peuple sénégalais, non responsable de ces dérives, en payer le prix. Selon lui, les nouvelles autorités, notamment le président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko, tentent de préserver la population en concentrant les efforts sur la réduction des dépenses étatiques.
Cette affaire révèle les failles profondes de la gouvernance financière internationale appliquée à l'Afrique. Demba Moussa Dembélé souligne que ces institutions internationales "existent surtout à cause de l'Afrique" et que "si l'Afrique n'avait pas de programme avec la Banque mondiale et le FMI, la moitié de leur staff serait licencié".
Alors que l'opinion publique sénégalaise réclame des comptes aux responsables de cette situation, y compris à l'ancien président Macky Sall qui vit désormais au Maroc, le débat s'élargit aux responsabilités des institutions internationales censées surveiller et garantir la stabilité financière mondiale.
Cette crise de confiance envers le FMI n'est pas sans rappeler celle qui a suivi la crise financière mondiale de 2008, où l'institution avait également été prise au dépourvu malgré ses prétentions à anticiper les risques systémiques.
AMADOU BA DRESSE LE BILAN DE L’AN UN DE DIOMAYE FAYE
S'exprimant à l'occasion de l'Aïd-el-Fitr à Thiès, le parlementaire a évoqué les "actions énergiques" engagées par le gouvernement malgré l'héritage d'une "dette cachée" considérable, tout en lançant un appel à la mobilisation collective
La première année d’exercice du pouvoir bien que “difficile” a été “profitable” parce qu’ayant permis de jeter les bases d’un véritable programme de développement, a estimé, dimanche, le président du groupe parlementaire du Pastef (majorité au pouvoir), Amadou Bâ.
“Cette année est profitable à plusieurs niveaux. A partir d’une situation budgétaire réelle connue, on peut jeter maintenant les bases d’un véritable programme de développement”, a dit l’honorable député Amadou Ba.
Le parlementaire s’adressait à la presse, après avoir effectué, au Terrain Tound de la Cité Ousmane Ngom de Thiès, la prière de l’Aïd-el-Fitr marquant la fin du ramadan pour une partie des musulmans sénégalais.
“Nous avons pris le pays dans une situation très difficile, vu le contexte politique et électoral qui a précédé l’accession au pouvoir du président Diomaye Faye”, a dit Amadou Bâ.
Cette difficulté est liée, selon lui, au “déficit abyssal” trouvé sur place, avec une “dette cachée de près de 5.000 milliards (de FCFA)”, donnant “très peu de marge budgétaire” au nouveau gouvernement.
“Néanmoins, des actions énergiques ont été engagées dès le départ, (pour) maîtriser les dépenses, empêcher la corruption”, a-t-il relevé.
Ces mesures ont permis au gouvernement de faire preuve de “résilience, malgré les difficultés”, a-t-il dit.
Il a pu ainsi “soutenir les populations en maintenant les subventions, au moment où les partenaires techniques et financiers demandaient leur suppression”, et baisser les prix, poursuit le député.
Selon le parlementaire, tout le gouvernement s’attelle à poser les jalons d’un programme de développement.
“Il reste, a-t-il dit, l’appui et la participation du peuple sénégalais”, le développement étant “une affaire de chacun”.
Soulignant la responsabilité individuelle de chaque Sénégalais dans l’atteinte de cet objectif, il a ajouté que c’est la “convergence de toutes les énergies” qui permettra d’y arriver.
Il a insisté sur le “message d’espérance et d’espoir”, qu’il souhaite livrer aux Sénégalais et selon lequel, “la première année a été difficile, mais chaque année, les difficultés vont s’amoindrir jusqu’à la fin du mandat” de Bassirou Diomaye Faye.
Amadou Bâ a profité de l’occasion pour formuler des prières pour “le peuple frère palestinien qui subit actuellement les foudres d’un État criminel, avec des meurtres d’enfants et de femmes”.
“Nous prions qu’Allah, seul détenteur de la puissance, leur vienne en aide”, a-t-il dit. Il a aussi adressé ses félicitations aux musulmans sénégalais après un mois dévotion.
TRUMP AMBITIONNE L'IMPENSABLE, BRIGUER UN TROISIÈME MANDAT
À 78 ans, le président américain affirme que "beaucoup de gens veulent" qu'il poursuive au-delà de 2029, malgré l'impossibilité constitutionnelle d'une telle ambition sans une improbable révision du 22ᵉ amendement
(SenePlus) - Selon des informations rapportées par le journal Le Monde avec l'AFP, le président américain Donald Trump a clairement exprimé son intention d'envisager un troisième mandat présidentiel, et ce malgré l'interdiction formelle inscrite dans la Constitution américaine.
Dans une interview téléphonique accordée à la chaîne NBC et rendue publique ce dimanche 30 mars, Donald Trump a affirmé avec assurance qu'il ne plaisantait pas lorsqu'il évoque cette possibilité. « Je ne blague pas », a-t-il déclaré sans équivoque, ajoutant : « Il existe des méthodes pour faire ça. » Le président américain a également assuré que « beaucoup de gens veulent [qu'il le] fasse », tout en précisant qu'il était actuellement « bien trop tôt pour y penser ».
Interrogé sur les moyens qui permettraient de contourner cette interdiction constitutionnelle, Donald Trump a évoqué un scénario particulier. Lorsque NBC lui a demandé si le vice-président J.D. Vance pourrait se présenter à l'élection présidentielle pour ensuite lui céder sa place, le président a répondu que c'était « une » méthode possible, en précisant qu'il « en existait d'autres ».
Cette déclaration s'inscrit dans une continuité de propos similaires tenus par le président américain. Le Monde rappelle qu'en janvier dernier, Trump avait déjà indiqué qu'il ne « savait pas » s'il lui était interdit de se présenter à nouveau à la présidentielle. Selon le New York Times, il aurait également confié à des élus républicains : « J'imagine que je ne me présenterai pas à nouveau à moins que vous ne disiez : "Il est si bon que nous devons trouver un moyen." »
Le principal obstacle à cette ambition présidentielle se trouve dans le 22ᵉ amendement de la Constitution américaine, ratifié en 1951, qui stipule clairement que « personne ne peut être élu plus de deux fois au poste de président ». Donald Trump, âgé de 78 ans, a déjà exercé un premier mandat entre 2017 et 2021, et vient d'entamer son second.
Face à cette limitation, des tentatives législatives ont été amorcées. Le Monde rapporte qu'un élu républicain du Tennessee a déposé en janvier une proposition de révision constitutionnelle visant à modifier le texte pour passer de « deux fois » à « trois fois ». Cependant, cette initiative semble vouée à l'échec.
Modifier la Constitution américaine représente un défi considérable. Le processus exige « de réunir une majorité des deux tiers au Congrès, que les républicains sont loin d'avoir, avant une ratification par au moins 38 États américains, elle aussi très improbable », explique Le Monde.
Ce n'est pas la première fois que le président américain fait des déclarations controversées concernant son avenir politique. Lors d'un rassemblement de chrétiens conservateurs, il avait notamment suggéré qu'ils n'auraient « plus besoin de voter » s'il remportait l'élection, des propos qui avaient suscité de vives réactions. Paradoxalement, Donald Trump a également laissé entendre que la campagne qui l'a reconduit à la Maison Blanche serait sa dernière.
LES CHEMINS SINUEUX DU TEXTE CORANIQUE
Alors que les musulmans célèbrent l'Aïd el-Fitr, l'islamologue François Déroche retrace l'histoire mouvementée de la compilation du Coran, entre crainte de perdre la parole divine et luttes d'influence entre les différentes sensibilités de l'islam
(SenePlus) - Alors que les musulmans du monde entier célèbrent l'Aïd el-Fitr ce 30 mars, marquant la fin du mois de Ramadan, l'histoire de la composition du livre sacré de l'islam reste méconnue du grand public. François Déroche, éminent islamologue, révèle dans Le Monde les complexités historiques de la mise par écrit du Coran.
De la révélation orale aux premiers manuscrits, la formation du texte coranique s'est étendue sur plusieurs siècles, loin de l'idée d'une transmission linéaire et uniforme souvent présentée.
Comme le souligne François Déroche, la tradition musulmane considère le Coran comme « la Parole de Dieu, telle que révélée à Mahomet à partir de l'an 610 par l'intermédiaire de l'ange Gabriel ». Le terme même de "Coran" signifie "récitation", rappelant la nature originellement orale de ce texte sacré.
À la mort du Prophète en 632, « les sources arabes s'accordent pour affirmer qu'il n'existe pas [...] de texte continu de la Révélation sous forme d'un livre », précise l'islamologue. Cette absence s'explique logiquement : « il semblait ainsi impossible de clore un message en continuelle mutation, du fait de la venue de nouvelles révélations qui prenaient éventuellement place au milieu d'autres, plus anciennes. »
Néanmoins, certains passages auraient été consignés par écrit du vivant même de Mahomet. Selon Le Monde, « la tradition musulmane est même unanime pour faire remonter les débuts de la transmission écrite à l'époque même de la prédication de Mahomet », certains fidèles prenant l'initiative de noter des révélations, tandis que le Prophète en dictait à des « scribes de la Révélation ».
C'est après la mort du Prophète que l'urgence d'une mise par écrit se fait sentir. Selon le récit traditionnel rapporté par François Déroche, la bataille d'Aqraba (début 633) aurait joué un rôle déterminant : « plusieurs des musulmans qui connaissent par cœur le Coran y périssent, ce qui fait alors craindre à Omar [...], l'un des compagnons de Mahomet et futur calife, que le texte ne vienne à disparaître. »
Omar convainc donc le calife Abou Bakr de faire transcrire l'ensemble des révélations. Cette mission est confiée à Zayd ibn Thabit, « l'un des scribes de Mahomet, [qui] connaît le Coran par cœur et sait écrire non seulement l'arabe, mais aussi le syriaque ». Pour accomplir cette tâche, Zayd s'appuie sur des supports variés où des passages ont été notés (« tessons, pierres plates, omoplates de chameau, pétioles de palme »), ainsi que sur la mémoire des contemporains du Prophète.
Mais cette première compilation n'empêche pas l'apparition de divergences dans la récitation du texte. Sous le règne du calife Othman (644-656), ces différences deviennent préoccupantes. Hudhayfa, commandant militaire, alerte le calife vers 650, lui demandant d'agir pour éviter que « les membres [de la communauté] ne soient, sur le Livre, dans un désaccord similaire à celui des juifs et des chrétiens ».
Othman confie alors à Zayd et à une commission la mission d'établir une recension officielle du texte coranique. Des copies sont ensuite envoyées dans les grandes villes de l'empire « pour servir de base à la transmission écrite ultérieure ». Le calife ordonne également la destruction de tous les autres documents écrits, une décision qui aura des conséquences durables sur notre connaissance des premières versions du texte.
François Déroche souligne toutefois que ce récit traditionnel répond davantage à « des préoccupations religieuses » qu'à une démarche historique objective. Plusieurs contradictions apparaissent à l'examen des sources : « le but fixé par Omar ne coïncide pas avec le résultat de l'opération », « des textes de la tradition elle-même permettent de douter du fait qu'un nombre important de musulmans connaissant le Coran par cœur aient trouvé la mort à Aqraba ».
Par ailleurs, d'autres traditions musulmanes contestent ce scénario. D'après Le Monde, « plusieurs sources anciennes indiquent ainsi que la recension établie par Ibn Masud comportait quelques sourates en moins que la vulgate othmanienne, alors que celle d'Ubayy en comptait deux supplémentaires. »
Plus significatif encore, « du côté des musulmans chiites, des traités mettent même en cause l'intégrité du texte tel que nous le connaissons aujourd'hui et assurent que des parties ont été supprimées ou modifiées » jusqu'au Xe siècle.
L'analyse des plus anciens manuscrits vient confirmer cette diversité textuelle. L'islamologue rappelle que l'écriture arabe de l'époque « ne permet pas de prendre des notes sans ambiguïté ». Surtout, la découverte d'un palimpseste de la seconde moitié du VIIe siècle dans la grande mosquée de Sanaa au Yémen dans les années 1970 prouve que « la destruction des recueils concurrents n'a pas été complète ». Ce fragment archéologique crucial « confirme l'existence, d'une part, d'un texte coranique différent et, de l'autre, de variations dans l'ordre des sourates. »
Les belles feuilles de notre littérature par Amadou Elimane Kane
DE LA DÉCOLONISATION DE LA PENSÉE CRITIQUE AU RÉCIT AFRICAIN
EXCLUSIF SENEPLUS - Son essai, riche en références et en analyses, pose les bases d'une méthodologie qui intègre l'histoire, la cosmogonie et l'oralité comme pierres angulaires d'une lecture authentique de la littérature africaine
Notre patrimoine littéraire est un espace dense de créativité et de beauté. La littérature est un art qui trouve sa place dans une époque, un contexte historique, un espace culturel, tout en révélant des vérités cachées de la réalité. La littérature est une alchimie entre esthétique et idées. C’est par la littérature que nous construisons notre récit qui s’inscrit dans la mémoire. Ainsi, la littérature africaine existe par sa singularité, son histoire et sa narration particulière. Les belles feuilles de notre littérature ont pour vocation de nous donner rendez-vous avec les créateurs du verbe et de leurs œuvres qui entrent en fusion avec nos talents et nos intelligences.
L’essai littéraire, dans son acceptation traditionnelle, est un texte qui, par ses arguments, cherche à convaincre le lecteur. Pour cela, l’auteur utilise différents procédés qui enrichissent une réflexion, sans viser à divertir, et propose une vision nouvelle sur une problématique donnée, en structurant son propos et en l’appuyant d’exemples significatifs.
Cette démarche est véritablement à l'œuvre dans l’essai de Mamadou Kalidou Ba qui porte un titre enrichi de plusieurs paradigmes : Décoloniser la critique littéraire africaine - Nouvelles perspectives théoriques et critiques - Approche ontologique du texte africain.
Cette proposition est éminemment pertinente pour parvenir à une analyse approfondie et juste du texte littéraire africain, avec des entrées d'études qui tiennent compte des symboles et de l’imaginaire littéraires de la littérature africaine.
En effet, Mamadou Kalidou Ba, spécialiste de l’analyse littéraire africaine, s’attache à démontrer combien les référents culturels, l’empreinte sociale, les enjeux sociétaux et symboliques doivent être au centre de la critique littéraire, si l’on veut restituer, dans sa complexité, l’imaginaire littéraire africain qui s’inspire d’un réel historique, tout autant que de ses représentations structurelles.
Même si Mamadou Kalidou Ba prend le soin de préciser qu’il ne s’agit pas de circonscrire l’espace littéraire africain dans un carcan identitaire, il convient toutefois d’en faire un portrait qui prend sa source dans des archétypes qui sont définis par une expérience cognitive africaine.
Comme le souligne Aimé Césaire, cité par l’auteur dans son essai, la conception littéraire, au-delà de son universalité, est travaillée par ce qui est fondamental, ce sur quoi tout le reste s’édifie et peut s’édifier : le noyau dur et irréductible ; ce qui donne à un homme, à une culture, à une civilisation sa tournure propre, son style et son irréductible singularité.[1]
En effet, malgré ses déplacements géographiques liés à la migration choisie ou celle plus tragique de la traite et de l’esclavage, l’anthropologie africaine et ses spécificités possèdent un ancrage qui s’inscrit dans son parcours ontologique.
De plus, Mamadou Kalidou Ba souligne la mise en demeure idéologique qui incarne un négationnisme culturel, imposé par l’esclavage, la période coloniale et postcoloniale comme autant de simulacres d’un impérialisme de la pensée.
Et c’est ce qu’aujourd’hui les chercheurs, les intellectuels et les écrivains africains doivent non seulement combattre mais également transformer en essais qui relèvent d’une véritable analyse anthropologique et sociologique qui s’occupent, dans un mouvement pluriel, de la trajectoire africaine dans son histoire et dans son imaginaire.
Ainsi à travers son étude, Mamadou Kalidou Ba pose plusieurs problématiques pour recouvrir un nouveau paysage dans la critique littéraire africaine.
Il s’agit tout d’abord de se débarrasser de l’utilisation des logiques occidentales qui ne convoquent que des réflexions ethniques ou tribales, asservies à un phantasme irréel, qui sont des impasses culturelles et humaines. Il ne faut pas oublier l’impact de toutes les ruptures épistémologiques liées à l’imposition de langues et de croyances exogènes qui a perduré pendant plusieurs siècles.
En réalité, l’imaginaire africain possède des savoirs pluriels qui prennent leur racine dans un multilinguisme étonnant et créateur de récits et dans un passé à la didactique orale. De plus, la cosmogonie qui oeuvre dans la narration africaine est celle qui finalement est aux origines de la création du monde et de celle des humains. Cette empreinte culturelle puissante constitue un assemblage littéraire singulier qui métamorphose la mise en récit, la temporalité, l’imaginaire et la personnification de l’univers africain.
La critique littéraire moderne doit donc se situer à cette intersection, celle de l’intertextualité fondatrice et des spécificités ontologiques de la pensée africaine.
Tout comme, il faut retenir que la création littéraire africaine puise dans tous ses totems pour parvenir à des caractéristiques narratives originales qui s’entendent à la lumière d’une critique qui accepte toutes les tensions ne cherchant qu’à rompre avec l’ignorance.
Cette nouvelle ontologie de la critique littéraire africaine est une révélation indispensable à la poursuite de notre propre récit. Ainsi, l’histoire, la cosmogonie, les langues africaines, la culture de l’oralité deviennent des angles d’analyse, en somme à valeur pédagogique, pour éclairer les sources natives de la critique littéraire africaine.
Ainsi, l’essai, éminemment scientifique, historique et engagé, de Mamadou Kalidou Ba devient un ouvrage incontournable de la pensée critique littéraire africaine. Argumenté, illustré et référencé, il devient un opus indispensable à tous ceux qui travaillent sur la formation de la création littéraire et à ses analyses théoriques et méthodologiques. Cet ouvrage, qui pose une première pierre à notre pyramide métaphysique de la critique littéraire africaine, en appelle d’autres qui pourront encore embrasser toute la production littéraire africaine contemporaine.
Amadou Elimane Kane est écrivain, poète.
[1] Aimé Césaire, Discours sur le colonialisme, Paris, Présence Africaine, 1955, p. 89.
Prières collectives, festins sucrés et traditions familiales : l'Aïd el-Seghir, qui clôture le mois sacré du Ramadan, est bien plus qu'une simple célébration religieuse. Plongée dans l'histoire et les coutumes d'une fête qui a traversé les siècles
(SenePlus) - La fête de l'Aïd al-Fitr, qui marque la fin du mois sacré du Ramadan, est célébrée cette année le 30 ou 31 mars 2025 selon les pays. Mais d'où vient cette tradition et comment s'est-elle implantée et développée en Afrique du Nord ? Un voyage dans l'histoire et les coutumes de cette célébration majeure du calendrier musulman.
Comme le rapporte Jeune Afrique, l'Aïd al-Fitr est également connue sous le nom d'« Aïd el-Seghir », ce qui signifie « la petite fête », par opposition à l'Aïd al-Adha, la fête du sacrifice, aussi appelée « Aïd el-Kebir » ou « grande fête ». Au début du XXe siècle, le diplomate et ethnographe Eugène Aubin évoquait aussi l'appellation « eker Baïram » utilisée dans le Machrek, mot d'origine turque signifiant également « petite fête », reflétant l'influence ottomane dans la région.
La date de l'Aïd al-Fitr est déterminée par le calendrier hégirien, établi à partir de l'hégire du Prophète Muhammad en 622. Comme l'explique l'anthropologue Malek Chebel dans son ouvrage « L'Imaginaire arabo-musulman » (1993), ce calendrier est lunaire : « Le comput du temps dans les pays musulmans était fondé sur l'année lunaire, laquelle comptait trois cent cinquante-quatre jours, répartis sur douze mois [...] La journée de vingt-quatre heures débute au coucher du soleil. »
Cette particularité explique pourquoi la date de l'Aïd recule d'environ dix jours chaque année dans notre calendrier grégorien. Chebel précise également que « si la lune était, selon le mot de Louis Massignon, 'le régulateur des actes canoniques', plusieurs réformateurs ont voulu généraliser le calcul astronomique dans l'espoir d'établir avec plus d'exactitude le début et la fin du mois sacré de ramadan, mois référentiel de l'année musulmane. »
Selon Jeune Afrique, le premier Aïd al-Fitr de l'histoire de l'islam fut célébré en 624, soit deux ans après l'hégire, au lendemain de la bataille de Badr qui marqua le début de l'expansion de la religion musulmane. La célébration s'est ensuite propagée avec l'islamisation des territoires.
L'Égypte fut le premier pays africain à adopter cette fête, vers la fin du VIIe siècle. C'est sous la dynastie des Fatimides (909-1171), installée au Caire à partir de 969, que les festivités prirent une dimension sociale majeure. À cette époque fut créée la Dar al-Fitr, une institution dotée de 1 000 dinars, chargée de confectionner et distribuer gâteaux et vêtements aux quatre coins du califat fatimide.
Les célébrations de l'Aïd sont basées sur deux actes symboliques du Prophète Muhammad. Comme l'expliquait déjà au XIVe siècle l'imam Ibn Qayyim al-Jawziyya, le premier est le prône collectif du matin. Roger Le Tourneau précise dans « La Vie quotidienne à Fès en 1900 » (1965) que « les deux principales fêtes, la petite et la grande, étaient marquées, si le temps le permettait, par une prière solennelle en plein air dite aux deux oratoires situés en dehors de Fès Jdid et de la rive des Andalous. »
Le second geste symbolique concerne l'importance accordée au premier repas de la journée festive, marquant la rupture définitive avec le mois de jeûne. Pour l'occasion, chacun porte ses plus beaux vêtements après s'être purifié au hammam.
L'aumône, un aspect fondamental de cette célébration, prend la forme de la zakat al-fitr, que tout musulman aisé doit verser aux plus démunis, en espèces ou en nature selon ses moyens.
Les préparatifs commencent dès la 26e nuit du Ramadan, appelée Laylat al-Qadr ou « nuit du destin », qui commémore la première révélation du Coran au Prophète. Jeune Afrique rapporte qu'à partir de ce jour, « les minarets des mosquées des principales villes sont illuminés de lampes à huile. »
Au Caire, à l'époque fatimide, la veille de l'Aïd, une procession de notables politiques et religieux se rendait au Jabal al-Mukattam pour observer collectivement la nouvelle lune, Hilal Chawal. Le matin de l'Aïd, la population se rassemblait devant le palais du Calife, qui se dirigeait ensuite avec sa suite vers Bab al-Nasr pour la prière.
Les festivités durent traditionnellement trois jours, pendant lesquels le sucré est mis à l'honneur, « comme pour rebrancher les corps amoindris par un mois de jeûne à la vie 'normale' », analyse Jeune Afrique.
Certaines traditions spécifiques ont traversé les siècles, comme celle d'offrir de l'argent aux enfants, pratique introduite par les Mamelouks et aujourd'hui répandue tant au Machrek qu'au Maghreb.
Au Maroc persiste la tradition du « hak el-melh » (le « droit du sel »), un cadeau symbolique offert par les hommes aux femmes de leur famille en reconnaissance de leur contribution culinaire durant le Ramadan. Comme l'explique JA, « dans une société traditionnelle, la cuisine est le domaine réservé de la mère, l'épouse, la sœur, et c'est donc à l'une de ces femmes de déterminer si la nourriture est ou n'est pas suffisamment salée. »
L'Aïd al-Fitr représente ainsi un moment de renaissance après le mois d'abstinence : « Du vide au plein, l'Aïd al-Fitr est un printemps de l'organisme. Celui de la (re)fleuraison du corps et du cœur ! » conclut poétiquement Jeune Afrique.