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19 avril 2025
Culture
RÉFORMES DU FOOTBALL, MOUSTAPHA KAMARA INDIQUE LA VOIE À LA FSF
«Les Réformes du football au Sénégal » : C’est le titre du nouvel ouvrage du professeur de droit du sport, Me Moustapha Kamara, paru aux éditions Harmattan
«Les Réformes du football au Sénégal » : C’est le titre du nouvel ouvrage du professeur de droit du sport, Me Moustapha Kamara, paru aux éditions Harmattan. Dans le livre préfacé par l’ancien directeur de l’Administration générale et de l’Equipement du ministère de la Jeunesse et des sports (DAGE), Sidikh Diakhaté, l’auteur retrace les différents aspects juridiques qui ont marqué l’évolution du football et fait des propositions de réformes pour un football sénégalais plus émergent. La cérémonie de dédicace du livre a eu lieu ce jeudi 12 mai, à Dakar au Good Rade (Dakar).
Le football sénégalais a parcouru du chemin pour devenir ce qu’il est aujourd’hui. Des dirigeants se sont battus à travers la mise en œuvre de beaucoup de réformes pour sa structuration. Une histoire beaucoup plus ancienne que d’aucuns le pensent que le professeur de droit du sport, Me Moustapha Kamara a retracé dans un ouvrage de 267 pages intitulé «Les Réformes du football au Sénégal» paru aux Editions Harmattan et présenté au public avant-hier, jeudi 12 mai.
De la période coloniale aux années d’indépendance de 1920 à 1962, puis de 1965 à 1968 avec l’apport du ministre Amadou Racine Ndiaye, ensuite de 1968 à 1972 avec la réforme du Commissaire général aux sports, Lamine Diack suivie de l’adoption de la Charte du sport par une loi de 1984 et enfin les états généraux du football présidés par le ministre Landing Sané qui consacrent la création d’une ligue professionnelle en 2009, l’auteur a revisité tous les différents aspects juridiques de l’évolution du football sénégalais.
Pour le préfacier Sidikh Traoré, ancien directeur de l’Administration générale et de l’Equipement (DAGE) du ministère de la Jeunesse et des sports, le livre composé de quatre parties et dont l’avant-propos porte la signature de l’ancien ministre des Sport, Mbagnick Ndiaye, est un «outil didactique mis à la disposition et à la connaissance du monde sportif en général et de celui du football en particulier».
Prenant la parole, le directeur exécutif de la Ligue sénégalaise de football professionnel, Amsatou Fall a fait savoir que l’ouvrage permet de comprendre «la longue marche du football sénégalais et de se familiariser avec les acteurs qui ont impulsé le secteur». Un secteur dont ses débuts au Sénégal remontent à 1920, selon l’auteur. C’est pourquoi, dira le président de la l’Association nationale de la Presse sportive (ANPS), Abdoulaye Thiam : « J’ai sous les mains 102 ans du football sénégalais, les hommes qui les ont mis en place, les réformes qui ont été engagées ».
En effet, même si le football au Sénégal connait des progrès à travers les réformes, tout n’est pas encore parfait pour autant. Dans ce qui constitue son 10e ouvrage, Me Moustapha Kamara fait aussi des propositions de réformes dans ses textes, sa gouvernance, ses infrastructures, son modèle économique pour un football sénégalais émergent.
L’auteur a, entre autres, appelé à régler le problème de gouvernance au niveau de la Fédération sénégalaise de football (FSF) pour limiter le nombre de mandat, à respecter la parité dans les postes au vu du développement du football féminin et à travailler sur le sponsoring pour le football et le changement du modèle sociétal des clubs.
Me Moustapha Kamara a aussi insisté sur la mise en œuvre d’une «politique marketing» au sein de la FSF. «Mon livre n’est pas un critique mais une façon de contribuer au développement du football sénégalais par l’élaboration d’une politique sportive au Sénégal», a dit l’auteur. A travers son ouvrage, le professeur de droit du sport rend hommage aux dirigeants, arbitres, journalistes et joueurs et à la Ligue de football professionnel sénégalais.
NOUS VOULONS FAIRE DE DAKAR LA CAPITALE DU RIRE EN AFRIQUE DE L’OUEST
Samba Kanté, créateur de Samba Show : Le festival «Dakar fait sa comedy», qui est devenu un rendez-vous incontournable de l’humour, revient dans la capitale sénégalaise ce 14 mai 2022, au Grand Théâtre Doudou Ndiaye Coumba Rose
Le Grand Théâtre de Dakar abritera la 3e édition du festival d’envergure internationale «Dakar fait sa comedy», le samedi 14 mai 2022. Après deux éditions marquées par un succès absolu, Samba Kanté et Cie veulent exporter l’humour sénégalais dans le monde entier, mais aussi faire de Dakar la capitale du rire en Afrique de l’Ouest.
Le festival «Dakar fait sa comedy», qui est devenu un rendez-vous incontournable de l’humour, revient dans la capitale sénégalaise ce 14 mai 2022, au Grand Théâtre Doudou Ndiaye Coumba Rose.
Le rire est déjà au rendez-vous avant le jour J. Ce mercredi, les humoristes, notamment Paston, Phil Darwin, Moussier Tombola, Zatis et Kalvin, Fodje Sissoko (France), Oualas, Prissy La Degameuse (Cote d’ivoire), Hervé Kimenyi (Gabon) et Mister Keke, ainsi que des artistes et humoristes locaux dont Mahfousse, Singom, Mbow le caméléon, Mame Balla et Astar La chanteuse, ont échangé avec les journalistes dans une ambiance décontractée. De l’humour à couper le souffle.
En effet, Samba Kanté et sa bande reviennent à Dakar pour la 3e édition du festival «Dakar fait sa comedy». Un évènement d’envergure internationale qui ambitionne, selon les organisateurs, de faire de Dakar une plateforme culturelle à travers le rire, l’humour et le stand-up.
Percevant les enjeux d’une telle manifestation, Samba Kante, créateur de Samba Show et producteur de l’évènement, estime que, en tant que digne fils du pays, c’est normal qu’il vienne à Dakar pour contribuer à l’évolution de l’humour sénégalais. «Je passe un message à nos anciens, Per Bou Xar, Sanekh, Kouthia, entre autres, pour faire en sorte que ce rendez-vous soit un rendez-vous incontournable de l’humour et de la culture sénégalaise, mais aussi de faire de Dakar la capitale du rire en Afrique de l’Ouest.» Selon lui, un pays sans culture, ce n’est pas un pays comme il se doit. «Donc apporter une touche de rire dans le cœur des Sénégalais est primordial», a-t-il soutenu lors de cette conférence de presse. Pour cette 3e édition, ils ont misé aussi sur les influenceurs à forte notoriété de ce pays, pour que le message passe mieux auprès des Sénégalaises et Sénégalais et qu’eux aussi, «ils puissent s’ouvrir au monde», a expliqué Macky Madiba Sylla.
Samba Kanté, l’humoriste sénégalais basé en France, admet que ce n’est pas facile d’imposer la comédie sénégalaise au niveau international, vu que la plupart des humoristes s’expriment en wolof. Mais, pour lui, c’est un combat qu’il faut mener. «Le Sénégalais est marrant dans les gimmick. Donc on va essayer de faire le mélange entre le français, le wolof et le gimmick pour que le monde adapte l’humour sénégalais», a-t-il fait savoir.
A rappeler que cette année, le festival apporte un show exceptionnel avec un programme de 3h de sketchs, stand-up, chants et danses inédits, organisé en l’honneur de l’Afrique dans toute sa diversité, sa dimension continentale et diasporique, indique les organisateurs. Paston, de son vrai nom Patrice Kouassi, humoriste et comédien ivoirien, prévient déjà les spectateurs. «On ne vient pas à Dakar pour juste figurer. On vient à Dakar parce que c’est chez nous, c’est notre continent», a-t-il lancé en toute sincérité. Avant de déplorer le fait que le Sénégal, qui est un pays culturellement riche, n’a aucun artiste comédien international. Selon lui, le Sénégal a des artistes comédiens qui jouent dans des films sénégalais et se vendent dans la diaspora. Mais ses comédiens, dit-il, se limitent à la communauté sénégalaise. «On ne fait pas une ouverture d’Afrique en s’enfermant. Le wolof doit être enseigné et soutenu», a-t-il plaidé. Il estime que le problème de la comédie au Sénégal, c’est le fait que tout soit dit en wolof et que tout le monde ne parle pas wolof. «L’idée, c’est vraiment de démocratiser tout ça», a conclu l’humoriste ivoirien, qui ajoute que pour aider l’Afrique, il faut joindre l’utile à l’agréable. «L’utile, c’est le social et l’agréable, c’est le spectacle. C’est pourquoi je dis que moi, je ne viens pas que pour le spectacle. Je viens pour l’utile et l’agréable en même temps», conclut-il.
LE MASTER DOCUMENTAIRE RELANCÉ PROCHAINEMENT À L'UGB
Après cinq années de fermeture, le Master II de réalisation documentaire de l’université Gaston Berger de Saint-Louis pourrait rouvrir dès la prochaine rentrée
Après cinq années de fermeture, le Master II de réalisation documentaire de l’université Gaston Berger de Saint-Louis pourrait rouvrir dès la prochaine rentrée. Selon le directeur de la Cinématographie du Sénégal, des discussions sont menées pour une réouverture prochaine.
Le Master de réalisation documentaire de l’université Gaston berger de Saint-Louis devrait renaître de ses cendres très prochainement. Le directeur de la Cinématographie du Sénégal, Germain Coly, en a fait l’annonce ce 10 mai, en procédant au lancement du Festival international du film documentaire de Saint-Louis. «Ce qui est prévu, c’est de reprendre les discussions avec l’Ugb, pour essayer de lever les difficultés qui ont conduit à l’arrêt de ce master», indique M. Coly. En 2017, le retrait des paritaires français, l’université de Gre¬noble et l’association Ardèche Image/Africadoc, entraîne une fermeture du master.
Le ministre de la Culture d’alors ayant refusé d’allouer les maigres ressources de son département à une action de formation relevant du ministère de l’Ensei¬gnement supérieur. «C’étaient des difficultés un peu complexes. Il y avait le problème des moyens mais aussi autre chose derrière, d’autres problèmes qu’il va falloir lever avec l’Ugb et les enseignants qui intervenaient dans ce master», souligne M. Coly.
Après 5 années d’arrêt, le master va ainsi renaître au sein de l’Ufr Civilisation, religion art et culture de l’Ugb. «Je ne peux pas donner de date mais nous allons intensifier la discussion et ça va se faire très bientôt», informe le Dci en se refusant de donner la date du démarrage. Mais, selon certaines informations, la prochaine rentrée pourrait bien être la bonne.
Depuis la sortie de la première promotion en 2008, le Master de Réalisation de documentaire de création (Rdc) a permis de former des dizaines de documentaristes sur le con¬tinent et ailleurs. Lors du dernier Fespaco, plusieurs films primés étaient l’œuvre de sortants de ce master, notamment le directeur du Cinéma du Niger, Sani Magori, et la réalisatrice Aïcha Macky, du même pays, Ousmane Samassekou du Mali dont le film était qualifié aux oscars, Delphine Yerbanga et Galadio Parfait Kabore du Burkina Faso, entre autres. «Au ministère de la Culture comme au Fonds de promotion de l’industrie cinématographique et audiovisuel (Fopica), ce que nous voulons faire c’est insister sur la formation, en relation avec les universités et écoles qui sont en train de s’implanter à Dakar dans le secteur du cinéma», indique le directeur de la Cinéma¬togra¬phie.
Germain Coly réaffirme ainsi son engagement à travailler avec les professionnels du 7e art pour installer une véritable industrie du cinéma.
IL Y A 41 ANS DISPARAISSAIT BOB MARLEY, L’ICÔNE DU REGGAE
Il figure également parmi les artistes musicaux les plus vendus de tous les temps, tandis que son style a influencé des artistes de différents genres
Robert Nesta dit Bob Marley, né le 6 février 1945 à Nine Miles (Jamaïque) et mort le 11 mai 1981 à Miami (États-Unis) d’un cancer généralisé, était un auteur-compositeur-interprète et musicien jamaïcain. Il rencontre de son vivant un succès mondial, et reste à ce jour le musicien le plus connu du reggae, tout en étant considéré comme celui qui a permis à la musique jamaïcaine et au mouvement rastafari de connaître une audience planétaire. Il a vendu plus de 200 millions de disques à travers le monde.
Bob Marley commence sa carrière musicale en 1962. En 1963, Robert Nesta Marley forme avec Neville O’Reilly Livingston (plus tard Bunny Wailer) et Wynston Hubert McIntosh (plus tard Peter Tosh) un trio vocal sur le modèle des groupes vocaux américains comme les Impressions. Le trio est tout d’abord appelé les Wailing Wailers, avant de finir par s’appeler The Wailers. C’est avec Simmer Down (en), en 1964, que The Wailers rencontreront leur premier vrai succès local en Jamaïque. Il s’agit d’un appel à la cessation des luttes entre les ghettos et à l’union contre la pauvreté. Beaucoup d’autres chansons suivront jusqu’à 1968. Entre-temps, Bob Marley est devenu rasta à partir de 1966, sous l’influence de personnages importants (comme Mortimo Planno) du mouvement rastafari, alors en plein essor en Jamaïque. Entre 1968 et 1971, les Wailers, alors composés de Bob Marley, Bunny Livingston et Peter McIntosh, collaboreront avec le producteur Lee « Scratch » Perry.
Natty Dread, début du succès mondial de Marley
Cette collaboration très fructueuse générera quatre albums synthétisés en 1972 par le label Trojan à travers l’album African Herbsman.
Tout au début de1973 sort sous le nom de groupe The Wailers l’album Catch A Fire, puis Burnin’ en avril 1973, tous deux chez Island Record, le label fondé par Chris Blackwell. C’est à l’issue de la tournée anglaise Burnin’ Tour 1973 que Bunny Livingston puis Peter McIntosh quittent le groupe fin 1973. Bob Marley, évoluant désormais en solo, s’appuie sur la remarquable section rythmique composée par Aston « Family » Man Barrett (basse) et Carlton « Carly » Barrett (batterie) pour s’affirmer sous le nom de Bob Marley & the Wailers. À ce noyau dur s’ajoutent le claviériste Touter (remplacé dès Rastaman Vibration par Tyrone Downie et Earl « Wya » Lindo), le guitariste américain Al Anderson et le trio vocal The I-Threes composé de Rita Marley (sa femme), Judy Mowatt et Marcia Griffiths. En 1974, sort l’album Natty Dread qui marquera le début du succès mondial de Bob Marley, notamment sous l’impulsion de la reprise du titre I Shot the Sheriff par Eric Clapton. L’album est un succès à travers le monde.
S’ensuit l’album Rastaman Vibration (1976) qui fait définitivement de Bob Marley une star mondiale et le plus grand porte-parole du reggae. Quelques mois après la sortie de cet album, Bob Marley survit en décembre 1976 à une tentative d’assassinat chez lui, à Kingston, en Jamaïque, durant la campagne électorale, qui le pousse à s’installer à Londres. Il relate cet épisode dans la chanson Ambush in the Night sur l’album Survival. C’est durant cet exil, qui durera jusqu’à mi-1978, et le One Love Peace Concert à Kingston, que sort l’album Exodus(1977), œuvre considérée par Time Magazine comme le meilleur album du XXe siècle.
En mai 1977, au cours d’un match de football avec des journalistes à Paris, Bob Marley se blesse au pied droit et on lui diagnostique un mélanome au gros orteil. Il est opéré en juillet 1977 et il se croit tiré d’affaire. En 1978 sort l’album Kaya, puis Survival en 1979, qui est considéré par nombre de spécialistes musicaux comme son album le plus abouti. Avant et après Survival, Bob Marley fera plusieurs voyages en Afrique et donnera quelques concerts sur ce continent, notamment à l’occasion de l’indépendance du Zimbabwe en 1980.
Au cours de Exodus Tour, qui débute à Paris le 10 mai 1977 au Pavillon de Paris, que Bob Marley se blesse au pouce du pied droit lors d’un match de football avec des journalistes français, la veille du concert. Quelques jours plus tard, en sortant d’un concert au Rainbow Theater à Londres, Bob a le pied en sang. Il effectue une batterie d’examens, dont une biopsie, qui révèle un mélanome malin au gros orteil (maladie de la peau qui ne représente que 4 % des cancers), sans doute dû à une trop longue exposition au soleil.
Un médecin américain lui prescrit une amputation urgente de l’orteil. Mais un mélange de superstition de son entourage (selon ses proches, cette amputation l’empêcherait de danser sur scène ou de rejouer au football et surtout la culture rastafari interdit toute amputation) et de pression en pleine tournée européenne où il rencontre enfin son public, contribuent à retarder l’opération. Après beaucoup d’hésitations, un médecin de Miami lui retire uniquement le lit unguéal, croyant à tort arrêter la progression du cancer.
La tournée américaine d’Exodus est annulée. Début 1980 sort l’album Uprising et c’est au cours de la tournée mondiale Uprising Tour que Bob Marley est pris d’un malaise dans Central Park le 21 septembre 1980. Les médecins donnent à Bob Marley moins d’un mois à vivre, son cancer étant généralisé. Bob assure malgré tout le concert du 23 septembre à Pittsburgh, avant que la tournée ne soit définitivement annulée. Bob Marley ne remettra jamais plus les pieds ni en studio, ni sur scène. N’ayant plus grand espoir de s’en sortir, et sur des avis n’ayant pas vraiment fait l’unanimité, Bob Marley est alors soigné, à partir de novembre 1980, dans la clinique du controversé Dr Issels à la Ringberg-Klinik, en Bavière (Allemagne).
Le traitement « révolutionnaire » de ce docteur n’ayant pas produit les effets espérés, Bob Marley est rapatrié vers la Jamaïque pour y vivre ses derniers instants. C’est au cours d’une escale à Miami que Bob Marley meurt le 11 mai 1981, à l’âge de trente-six ans. Il est enterré le 21 mai dans son village natal de Nine Miles, paroisse de Saint Ann, Jamaïque. Ses funérailles nationales à Kingston et son rapatriement à Nine Miles où il repose aujourd’hui réunissent des centaines de milliers de personnes.
Au cours de sa carrière, Bob Marley est devenu le plus grand musicien de reggae à travers le monde et une icône du mouvement rastafari. Il est également considéré comme un symbole mondial de la culture et de l’identité jamaïcaine, tout en plaidant également pour le panafricanisme, le tiers monde et la réduction des inégalités et de la misère.
Bob Marley figure également parmi les artistes musicaux les plus vendus de tous les temps, tandis que son style a influencé des artistes de différents genres. La Jamaïque l’a honoré à titre posthume peu de temps après sa mort, puisqu’il a été nommé à l’ordre du Mérite jamaïcain. Il reste au XXIe siècle le Jamaïcain le plus connu dans le monde aux côtés d’Usain Bolt.
(Source : Wikipedia)
ABDOUL AZIZ DIENG ÉLU PRÉSIDENT DU COMITÉ PERMANENT DU DROIT D’AUTEUR ET DES DROITS CONNEXES DE L’OMPI
Le Sénégalais Abdoul Aziz Dieng a été élu, lundi à la présidence du Comité permanent du droit d’auteur et des droits connexes de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI), a appris l’APS de l’intéressé.
Dakar, 10 mai (APS) – Le Sénégalais Abdoul Aziz Dieng a été élu, lundi à la présidence du Comité permanent du droit d’auteur et des droits connexes de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI), a appris l’APS de l’intéressé.
Cette élection s’est déroulée à Genève en Suisse lors de la 42e session régulière dudit comité, a précisé Dieng lors d’un entretien téléphonique avec l’APS.
‘’Je suis très fier et satisfait de cette élection dont la candidature a été portée par le Sénégal, le président de la République en premier, le ministère de la culture et le Conseil économique social et environnemental dont je suis membre et tous les pays africains’’, a souligné le conseiller technique n°1 au ministère de la Culture.
‘’La culture du droit d’auteur n’est pas développée en Afrique et l’expertise est faible. Cette éléction est un signal donné à l’Afrique et qu’ à force de travail, on peut se hisser à toutes les stations’’, a-t-il fait valoir.
Abdoul Aziz Dieng devient ainsi président du comité pour un mandat de deux ans renouvelable après avoir assuré l’intérim de la présidence du comité pendant un an (en 2021).
Il a été aussi vice-président dudit comité en 2017, un mandat renouvelé en 2019.
‘’Le Sénégal était en compétition avec le Canada. Il ne s’agissait pas de candidatures individuels. Ce sont Les pays qui proposent des candidatures’’, explique-t-il.
Aziz Dieng souligne que sa candidature a été portée par le Sénégal et soutenue par tous les pays africains représentés aux Nations Unies.
‘’J’ai eu le soutien de tous les pays africains, celui de la Chine, de l’Iran, de la Fédération de Russie et d’autres pays’’, précise-t-il lors d’un entretien téléphonique.
Mais il a fallu, dit-il, d’âpres négociationS entre les ambassadeurs des deux pays pour arriver à un consensus consistant à une ‘’présidence alternée’’ entre le Sénégal et le Canada.
‘’Il y a eu d’âpres négociations pendant plusieurs jours et je voudrais souligner le rôle capital joué par notre ambassadeur en Suisse Coly Seck. Accompagné par tout son cabinet, il a négocié avec l’ambassadeur du Canada et c’est aujourd’hui que l’on est arrivé à un consensus’’, raconte Aziz Dieng.
Le consensus trouvé est une proposition d’un ticket : ‘’le Sénégal et le Canada vont faire une présidence alternée’’, poursuit l’ancien PCA du Bureau sénégalais du droit d’auteur devenu aujourd’hui la Société sénégalaise du droit d’auteur et des droit voisins.
Abdoul Aziz Dieng va assurer ainsi la présidence du Comité permanent du droit d’auteur et des droits connexes de l’OMPI pendant un an au moment où le canada et la Hongrie assurent la vice-présidence.
Au bout d’un an le Canada sera à la présidence du comité et le Sénégal vice-président avec la Hongrie.
L’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle est un organisme des Nations Unies et a pour missions d’administrer les traités internationaux sur le droit d’auteur et les droits voisins entre autres.
Le rôle du Comité permanent du droit d’auteur et des droits connexes est de diriger les négociations multilatérales entre les pays des Nations-Unies pour l’adoption par consensus des traités.
LES FEMMES APPELEES A JOUER LEUR PARTITION DANS LA LITTÉRATURE
«On dit que les femmes doivent se faire entendre. Ça, c’est vrai mais il faut qu’elles soient visibles. Il faut qu’on vous identifient», a introduit la célèbre écrivaine, Mariétou Mbaye, Ken Bugul, par ailleurs marraine de cette première édition du Salon
Pour faire la promotion de la production littéraire féminine, les femmes doivent oser encore écrire, bien travailler leurs textes et se rendre plus visibles. C’est la conviction de Mariétou Mbaye, dite Ken Bugul, qui s’exprimait ce jeudi, lors du lancement de la premiere édition du Salon du livre féminin de Dakar.
«On dit que les femmes doivent se faire entendre. Ça, c’est vrai mais il faut qu’elles soient visibles. Il faut qu’on vous identifient», a introduit la célèbre écrivaine, Mariétou Mbaye, Ken Bugul, par ailleurs marraine de cette première édition du Salon du livre féminin de Dakar. Selon elle, quand on parle des femmes qui entreprennent, qui écrivent, c’est un défi qu’on lance aux femmes parce que, dit-elle, pour écrire comme pour entreprendre, et pour être visible, il faut une dose de courage et, dans le courage, il y a le refus du déni, du cloisonnement et du cadrage. «Il faut le courage, c’est fondamental et essentiel. Il faut refuser d’être cadré ou affecté dans un rôle. Et pour avoir ce courage, il faut une dose de folie parce que c’est dans cette folie qu’on a cette liberté», a-t-elle avancé.
Très active dans la cause et les activités des femmes, Mariétou Mbaye, auteure du Baobab fou , un roman autobiographique, encourage les femmes à plus oser dans le domaine de l’écriture et se rendre plus visibles. Ken Bugul estime également qu’il ne suffit pas seulement d’écrire, mais il faut aussi maintenir le rythme. «Une femme ne doit jamais entreprendre quelque chose et ne pas continuer. C’est pourquoi il faut bien travailler vos textes. Une femme, celle qui est responsable de la vie, qui donne la vie, qui entretient la vie, qui assure la vie, ne doit pas échouer ; sinon la vie aura échoué. Donc tout ce que nous faisons, nous devons bien le faire», poursuit-elle, tout en indiquant que l’écriture, par son côté intime aussi, permet de s’exprimer. Tout en se félicitant de la participation à ce salon, de plus d’une vingtaine d’auteures, elle a indiqué que cette initiative qui sert comme «un dictionnaire», vise à identifier partout en Afrique, les femmes écrivaines.
Dans la même veine, elle estime que si Sembéne Ousmane était vivant, Amina Seck l’aurait certainement invité à ce salon Ecrire au féminin parce que selon elle, Sembéne Ousmane, dans toutes ses oeuvres, n’a parlé que des femmes. «Il a mis en valeur les femmes. C’était un écrivain pour les femmes», s’est félicité la marraine.
Ce salon, Ecrire au féminin, qui fait la promotion de la production littéraire féminine, a été initié par l’agence «Les Cultur’Elles». Quant à la promotrice de cet évènement, Amina Seck, elle indique que c’est l’occasion de découvrir des livres et idées qui expriment la vision des écrivaines sénégalaises et africaines, en les rendant plus visibles.
A l’en croire, ce Salon du livre féminin de Dakar, qui est le deuxième volet du projet qui a réuni les écrivains pendant 3 jours (du 5 au 7 mai) à l’Hôtel de ville de Dakar, a aussi pour but d’inciter les jeunes à l’écriture, les aider, les orienter et les accompagner pour qu’elles puissent rentrer dans le milieu, afin de pouvoir écrire et s’exprimer à travers le monde. «Il y a plus de 150 femmes, voire même plus, qui ont écrit depuis Mariama Bâ jusqu’à nos jours et la plupart de ces écrivaines, on ne les connait pas. Donc, c’est grâce à ça qu’il faut impérativement avoir un cadre pour se retrouver et exposer les œuvres littéraires féminines, les vendre, les lire et les connaître», a-t-elle fait savoir pour justifier le choix du projet. Avant de regretter le fait qu’il n’y ait pas beaucoup de maisons d’édition qui éditent les femmes. «C’est vraiment dommage et donc on a eu 18 maisons d’édition qui ont exposé», précise Amina Seck, qui est également écrivaine et scénariste.
Au menu de ce salon, plusieurs activités dont une conférence traitant du thème : «Parcours littéraire de Mme Mariétou Mbaye dite Ken Bugul», ainsi que des panels d’écriture pour les féministes, sur le thème : «Quel impact sur les luttes pour les droits des femmes.» En outre, la projection du film-documentaire La fenêtre ouverte de Khady Sylla, est prevue. A la suite de ces ateliers, un recueil collectif de nouvelles sera produit par les participantes et édité par la Direction du livre, informe Amina Seck.
BABA MAAL ELEVE LA VOIX
Le Dande Leniol, l’orchestre de Baba Maal, a 37 ans. Pour marquer cette date symbolique, l’artiste s’est lancé, durant cette année, dans une tournée internationale qui le mènera en France, en Afrique centrale et en Angleterre notammen
A quelques semaines d’un concert au Zenith de Paris, c’est un Baba Maal engagé qui a fait face à la presse. Le lead vocal du «Dande Leniol» entend saisir l’occasion de ce concert anniversaire afin d’appeler la diaspora à joindre ses forces aux siennes pour le développement du continent.
Le Dande Leniol, l’orchestre de Baba Maal, a 37 ans. Pour marquer cette date symbolique, l’artiste s’est lancé, durant cette année, dans une tournée internationale qui le mènera en France, en Afrique centrale et en Angleterre notamment. La Mauritanie, qui a déjà ouvert le bal, donne le relais à la France, où l’artiste se produira le 28 mai prochain au Zenith. En prélude à cet évènement, Baba Maal a fait face à la presse ce samedi pour un showcase. Et il faut dire que c’est un artiste d’une nouvelle dimension qui s’est prêté au jeu des questions réponses. Dans sa posture ou dans son discours, Baba Maal affiche un engagement fort pour les questions de développement. Il embrasse aussi plus large.
Le Fouta est presque expurgé de son discours, pour laisser la place à des entités plus vastes et plus symboliques, comme le Sahel et l’Afrique. «Nous avons chanté pendant 37 ans, peut-être même plus, avec Mansour Seck. Maintenant, nous voulons être une porte d’entrée pour aller vers des actions plus concrètes, pour le développement du continent africain», annonce l’artiste. Très soucieux du devenir de l’Afrique, Baba Maal estime que le temps est venu d’élever la voix. «De plus en plus, je pense que je dois parler plus que chanter», confie-t-il.
Développer le continent
A la pointe de ce combat, de ce combat, NannK, la structure qu’il a mise en place et dont il espère élargir la sphère d’influence à la sous-région. Sur la scène du Zenith de Paris ce 28 mai, Baba Maal compte élever la voix pour la réussite de ses projets. «Le Zenith sera l’occasion pour moi de faire un appel à la diaspora tout entière, pour leur dire que je peux être leur créneau s’ils veulent faire des actions de développement dans l’Afrique tout entière. Je voyage un peu partout et je collabore avec des Ong qui ciblent le continent», indique l’artiste. Selon l’artiste, le moment est venu de faire plus d’actions concrètes. Cet évènement sera également, dit-il, «l’occasion de souligner ce qui se passe dans le Sahel». «C’est vrai que nous ne supportons pas de voir ce qui se passe entre l’Ukraine et la Russie et les conséquences de cette guerre. Mais, il ne faut pas oublier que dans le Sahel aussi, il y a des problèmes d’insécurité, les femmes et les enfants sont déplacés, maltraités, en manque d’éducation, de repère. Ça doit s’arrêter et je voudrais élever la voix pour que les gens réfléchissent à ce qu’on doit faire pour cette région, qui englobe toute cette bande de l’Est à l’Ouest, Mali, Mauritanie, Niger, Tchad, et qui risque de basculer.»
Selon Baba Maal, un album est en projet. «J’ai travaillé durant le Fespaco dernier avec des artistes du Niger, du Burkina Faso et de la Mauritanie et nous projetons un album qui va s’appesantir sur les problèmes du mariage précoce et du maintien des filles à l’école, et pour les femmes et les jeunes.» Selon lui, cet album pourrait s’appeler «Les larmes du Sahel» et sa sortie devrait précéder la sortie de son propre album, en fin d’année.
A en croire le lead vocal du Dande Leniol, le passage au Zenith, déjà reporté du fait de la pandémie, promet d’être un moment de partage entre l’artiste et ses fans, mais aussi un moment pour hisser la jeune génération au-devant de la scène. «Ce sera un concert avec beaucoup d’invités, mais je vais surtout essayer de faire la promotion des jeunes artistes. Je crois beaucoup à la continuité», annonce Baba Maal, qui cite le nom de Adviser, entre autres artistes invités.
Encadré
Entrée en politique de Baba Maal : «On ne sait jamais mais…»
Si l’engagement est devenu un cheval de bataille pour le roi du yella, il ne faut pas trop espérer le voir sur le terrain politique. Interpellé sur la question d’un possible engagement politique, Baba Maal a plutôt joué la carte de la prudence. «On ne sait jamais», dit-il, en relevant la complexité de ce monde. Mais il n’empêche, son engagement en faveur de certaines questions ne souffre d’aucun doute. Ainsi, évoquant ce que certains qualifient de «génocide des Peuls» dans le Sahel, Baba Maal a rappelé que «tous les Peuls ne sont pas des djihadistes». Il a aussi invité les dirigeants du continent à rester constants dans la défense de la démocratie.
BAABA MAAL ANNONCE LA CREATION D'UN CENTRE DE FORMATION DES METIERS DES ARTS
Le chanteur Baaba Maal a déclaré, samedi, à Dakar, vouloir créer un centre de formation aux métiers des arts, un projet pour lequel il va solliciter le président de la République, Macky Sall.
Dakar, 8 mai (APS) - Le chanteur Baaba Maal a déclaré, samedi, à Dakar, vouloir créer un centre de formation aux métiers des arts, un projet pour lequel il va solliciter le président de la République, Macky Sall.
‘’L’idée de créer un centre de formation, nous l’avions depuis le gouvernement du président Abdoulaye Wade. Mais nous ne l’avons pas abandonnée. Nous irons vers le président Macky Sall pour qu’il nous aide à réaliser ce projet’’, a-t-il dit lors d’une rencontre avec la presse, en prélude à son concert du 28 mai prochain à Paris.
La mission du futur centre de formation sera notamment de venir en aide aux jeunes musiciens sénégalais, a précisé le chef du groupe ‘’Daande Leñol’’ (la voix du peuple).
Le concert du 28 mai est un rendez-vous qu’il a pris avec les ressortissants des pays d’Afrique vivant en France, a dit Baaba Maal. ‘’Ce sera un cadre de promotion des jeunes artistes, avec une musique acoustique et traditionnelle’’, a-t-il promis.
Invité à commenter l’actualité politique au Sénégal, il a appelé les politiciens à privilégier les intérêts des populations sur les leurs. ‘’Les hommes politiques ne doivent pas mettre en avant des intérêts particuliers. Chaque homme, dans le champ politique, doit travailler pour l’intérêt général des populations’’, a lancé le chanteur.
Baaba Maal a promis de continuer à travailler et à prier pour une paix définitive dans le sud du Sénégal et dans le monde entier.
‘’Lorsqu’il y a conflit au Sénégal, en Afrique ou ailleurs dans le monde, les acteurs impliqués doivent s’asseoir autour d’une table et discuter pour arriver définitivement à la paix’’, a-t-il-dit.
Interrogé sur les coups d’Etat en Afrique de l’Ouest, il affirme que le continent gagnera à renforcer sa démocratie. ‘’En Afrique, nous avons besoin d’une démocratie dynamique. A mon avis, les coups d’Etat ne sont pas une solution. Au contraire, ils retardent les pays.’’
9 FINALISTES DÉSIGNÉS PAR LE JURY POUR LE CONCOURS NATIONAL DU LIVRE
Les finalistes de la première édition sont connus. Les organisateurs ont rendu publique hier une liste de 9 finalistes, 3 par genre.
Les finalistes de la première édition du Concours national du livre sont connus. Les organisateurs ont rendu publique hier une liste de 9 finalistes, 3 par genre.
Ainsi dans la catégorie roman, Ken Bugul pour Aller et Retour, paru aux Neas, Tabara Niang pour Calèche d’une demoiselle, paru à l’Harmattan, et Idrissa Sow Gorkodio pour Le nid de la torture, paru aux Editions Aminata Sow Fall, sont présélectionnés. Pour les nouvelles, Boubacar Ndiaye, Sokhna Fatou dieng et Maguèye Touré sont les finalistes. Tandis que pour la poésie, le jury devra juger les œuvres de Elaz Ndongo Thioye, Anna Ly Ngaye et Salif Niokhor Diop.
LES FRÈRES GUISSÉ SE RACONTENT
Parcours – Invités du «Pencum Yaraax» - c’est pour jeter un œil dans le rétroviseur et dérouler le film d’une carrière née d’une passion qu’un père muezzin n’a jamais souhaitée pour ses enfants.
Leur nom est Guissé. Ils sont frères et les notes acoustiques qui sortent de leurs instruments leur ont forgé une réputation dans la musique sénégalaise. Après plusieurs décennies de carrière, Djiby et Cheikh Guissé se sont posés, le temps d’un après-midi, à «Pencum Yaraax». Et c’est pour jeter un œil dans le rétroviseur et dérouler le film d’une carrière née d’une passion qu’un père muezzin n’a jamais souhaitée pour ses enfants.
La compagnie théâtrale Kaddu Yaraax est en plein dans le déroulement de sa saison culturelle 2022, avec la tenue mercredi dernier de Pencum Yaraax, qui est une tribune offerte aux personnalités qui ont marqué la vie sociale du quartier de Yaraax. Pour cette fois, ce sont les frères Guissé qui étaient à l’honneur. Aliou Guissé étant en voyage, ce sont Djiby et Cheikh Guissé qui ont tenu à partager la longue marche qui les a menés au sommet de la musique sénégalaise. Une réussite qui s’est faite au prix de gros sacrifices, selon ces natifs de Yaraax. Déjà, fils du muezzin de la mosquée, les Frères Guissé n’étaient pas destinés à une carrière musicale. En ce temps-là, le showbiz était loin de figurer dans le modèle de réussite des parents sénégalais. Et les frères Guissé ont dû convaincre leur père par de bons résultats scolaires, avant de pouvoir vivre leur passion. «Nous étions très bons à l’école. Mon père m’avait promis que j’aurai tout ce que je voulais une fois que j’aurais réussi à l’examen. Ce que j’ai fait, avec un 17 en maths. Je lui ai donc rappelé la promesse qu’il m’avait faite. Et il m’a demandé ce que je voulais. Je lui ai répondu que j’avais un concert et que j’avais besoin qu’il m’offre le billet pour y aller. Mon père n’en revenait pas. C’est ainsi que j’ai eu mon billet. Je suis allé animer un concert à Gorée. C’était la première fois que j’y mettais les pieds. C’était en 1984 et la deuxième fois que je montais sur scène», se rappelle Djiby Guissé, qui souligne que son père ne prenait pas trop au sérieux la musique, qu’il considérait comme «un jeu». «Mon père a cherché à brider notre passion sans y parvenir.» Pour brouiller les pistes, donner l’impression qu’il s’est détourné de la musique, Cheikh Guissé dit avoir pris l’option de la mécanique. Et c’est à partir du garage où il exerçait qu’il partait pour faire ses prestations avec son frère. «Je le prenais à son garage. Il y a une photo où Cheikh était en tenue de mécanicien. Il reste toujours un bon mécanicien. C’est le réparateur de ma voiture», témoigne son frère, Djiby Guissé. Et ce dernier de se remémorer l’époque où il enjambait le pont de Yaraax pour rejoindre les Hlm en vue de se former à la musique. C’était du temps où il évoluait à l’époque dans l’orchestre de l’Udp, un parti politique maoïste. «J’étais jeune à cette époque, on m’a fait intégrer cet orchestre. C’est là où j’ai commencé ma carrière en tant que chanteur», dit Djiby Guissé, qui soutient avoir été encadré par Lamine Faye Docteur, bassiste, et Moustapha Diop, guitariste. «On a fait comprendre à notre père que nous voulions réussir dans la musique», soutiennent les frères Guissé, qui ont fini par laisser tomber les études pour se consacrer à leur carrière musicale.
Surmonter les réticences du père
S’offrant en exemples à la jeune génération, les frères Guissé disent n’avoir jamais cédé aux pièges des tentations du showbiz. Au contraire, leur propension à se limiter aux boissons sucrées à un concert «open bar» ne cessait de surprendre. «On ne peut pas travailler en n’étant pas lucide. On n’a jamais touché à l’alcool. C’est dans la lucidité qu’on peut réussir», relèvent les frères Guissé, qui incitent les jeunes à se détourner des «mauvaises pratiques» souvent liées à la musique.
Le groupe reçoit aujourd’hui les éloges des habitants de Yaraax, pour avoir contribué à faire connaître le quartier partout dans le monde à travers les tournées qu’ils ont eu à faire dans le cadre de leur carrière musicale. 3e membre de la fratrie, Aliou Guissé, qui assurait les percussions dans le groupe, vit désormais au Canada et y poursuit sa carrière avec d’autres musiciens. Mais il n’hésite pas, à l’occasion, à rejoindre ses frères durant leurs tournées au Canada ou aux Etats-Unis. «On a joué ensemble, avec lui, il y a cinq ans de cela aux Etats-Unis», fait savoir Djiby Guissé.
Une enfance baignée dans la musique
«A l’âge de 11 ans, j’étais dans le théâtre, je chantais dans la troupe de Dolé Mbolo, devenue Kassanga. C’est à l’âge de 16 ans que j’ai commencé à pratiquer de la musique. Beaucoup de griots et de Bambado défilaient chez nous. Et cela nous a beaucoup forgés. Nos grandes sœurs, mariées en Côte d’ivoire, ramenaient des musiques maliennes comme celles de Amy Koïta», indique Djiby Guissé pour expliquer la connexion des frères Guissé avec la musique. «La culture est une identité. Nous sommes les défenseurs de notre identité culturelle», se targuent les frères Guissé, qui ont enregistré deux albums avant Covid-19 et n’ont pas encore de titre. Parlant des œuvres musicales à leur actif, les frères Guissé disent avoir réalisé beaucoup d’albums de collaboration à l’international. «On a ciblé des pays, collaboré avec des musiques slovène, hollandaise très connues et on vient de finir une collaboration avec un musicien français, un ancien militaire», que Djiby Guissé dit avoir connu depuis 1992.
Elève au lycée Blaise Diagne, contraint de se séparer de ses amis d’enfance tous partis à l’extérieur, Djiby Guissé fréquentait d’autres localités comme les Hlm. «Tous mes amis sont partis à l’extérieur, j’étais seul donc tout ce que j’ai appris, je l’ai appris en dehors de Yaraax», indique celui qui a joué au football, dans le championnat national populaire, avec l’équipe de Som. Après avoir titillé la chanson, Djiby Guissé a pris la décision d’ajouter une corde à son arc en se proposant de découvrir les secrets de la guitare. C’est ainsi qu’il quittait Yaraax pour se rendre aux Hlm afin de se forger à cet instrument. «Je rejoignais la chambre d’un ami aux Hlm qui avait mis sa guitare à ma disposition. J’attendais qu’il soit à l’université pour répéter mes gammes. Lorsqu’il rentrait, je revenais à la maison pour déjeuner avant de revenir l’après-midi poursuivre ma formation», poursuit Djiby Guissé. En 1982, alors qu’il faisait la classe de 5e, un artiste du nom de Mamadou Guissé le trouve au lycée Blaise Diagne entrain de chanter.
Profitant de l’arrivée de Nelson Mandela au Sénégal, Djiby Guissé dit avoir réussi à trouver un modus operandi pour faire partie des artistes qui devaient animer le show organisé à cette circonstance. «Lorsque j’élevais la voix, les gens jubilaient. A cette époque, les gens écoutaient de la musique», fait-il savoir avec une pointe de nostalgie. Aujourd’hui, leur nom est associé au quartier qui les a vu naître et leurs voisins ne cessent de leur exprimer leur fidélité tout en louant leur engagement dans les questions environnementales, avec en toile de fonds la baie de Hann, à travers surtout l’organisation de Festivert, un festival centré sur l’environnement.