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27 février 2025
Culture
FESTIVAL KOOM KOOM, LA CASAMANCE SOUS LES PROJECTEURS
Le Gie Goorgoorlou initiateur du festival Koom Koom qui se déroule à Ziguinchor du 23 au 26 décembre entend faire de la Casamance une des meilleures destinations touristiques du pays.
Le Gie Goorgoorlou initiateur du festival Koom Koom qui se déroule à Ziguinchor du 23 au 26 décembre entend faire de la Casamance une des meilleures destinations touristiques du pays. Pour réussir ce pari, cette structure veut s’appuyer sur la culturelle, l’artisanat mais aussi l’environnement.
Cocktail culturel explosif, le Sud du pays est un territoire où l’on retrouve pratiquement toutes les ethnies. Du fait de sa proximité avec les autres pays de la sous-régionale, notamment la Gambie et la Guinée-Bissau, la Casamance est connue pour sa richesse culturelle et sa diversité linguistique. Ses forêts danses et luxuriantes lui confère, au-delà d’être la région la mieux boisée du pays, un statut assez particulier. C’est sur ce potentiel et ce patrimoine que compte s’appuyer le Gie Goorgoorlou pour développer l’industrie touristique en vue de « vendre » la Casamance et en faire un pôle de développement stratégique. Selon président du Gie Goorgoorlou et initiateur du festival Koom Koom, cela est « bien possible ».
Pour lui, il faut juste changer de paradigme et savoir comment articuler l’offre préférentielle pour « vendre » la destination Casamance. «La question de l’offre est très importante. Depuis déjà une trentaine ou quarantaine d’années, nous faisons la même chose. Nous faisons du surplace, surtout par rapport au tourisme. Les mamelles qui permettent au tourisme de bien téter, c’est la culture, l’artisanat et l’environnement quand on tient compte des prévisions statistiques de l’organisation mondiale du tourisme sur les destinations à vocation culturelle et de la biodiversité. Donc, il faudrait vraiment refaire cette offre. Celle-ci est obsolète. Il faudrait innover et être créatif pour proposer une meilleure offre au monde entier», a préconisé Khalifa Dramé, jeudi lors du démarrage du festival Koom Koom.
Poursuivant, le président du Gie Goorgoorlou a précisé que, cette offre doit être proposée aux visiteurs locaux mais aussi à tous les citoyens qui viennent des autres continents pour créer les conditions d’un tourisme durable pour la Casamance et pour le Sénégal. Venu présider la cérémonie de lancement des travaux de la 14e édition du festival Koom Koom, le président de la Chambre commerce, d’industrie et d’agriculture, a au nom du gouverneur de la région Ziguinchor, affirmé que la Casamance est «un territoire vendable ». « Nous avons d’énormes potentialités en Casamance sur lesquelles on peut s’appuyer pour développer davantage le tourisme dans cette partie du pays », a dit Pascal Ehemba, par ailleurs opérateur touristique.
A l’ouverture du festival, des panels ont été organisés pour pousser la réflexion au niveau scientifique pour voir quelle offre proposer au marché local et international afin de parvenir aux modalités d’articulation du tourisme, de l’industrie culturelle, de l’artisanat et de l’environnement (Ticae). Outre ce cadre de réflexion, il y a eu des rencontres professionnelles. Tout au long de ce festival, Ziguinchor va vibrer pendant les jours restants au rythme de plusieurs autres prestations culturelles, notamment des défilés de mode et des concerts. Objectif, faire connaître toute l’offre de la Casamance de manière à ce que cette celle-ci puisse servir aux acteurs du tourisme et d’autres acteurs dans le but de la promouvoir au niveau national et international. Pour cette année, la 14 e édition du festival Koom Koom a été célébrée sous le thème : « Comment vendre la destination Casamance au marché local et international et quelles sont les modalités d’articulation de la Grappe Ticae ».
LES SECRETS DU THIÉBOUDIÈNE
Retour sur les recettes de ce plat devenue une tradition culinaire au Sénégal, à l'heure de son incription par l'Unesco au patrimoine culturel immatériel de l’humanité, avec René Lake au micro de VOA Afrique
Retour sur les recettes de ce plat devenue une tradition culinaire au Sénégal, à l'heure de son incription par l'Unesco au patrimoine culturel immatériel de l’humanité, avec René Lake au micro de VOA Afrique. Ecouter à partir de la 6'50".
JOAL EXIGE LE RAPATRIEMENT DES SENGHOR
Le retour des restes de Léopold Sedar Senghor, sa femme, Collette, et son fils, Philippe, qui étaient attendus à Joal hier à 11h, n’aura finalement pas eu lieu
En ce 20 décembre, qui marque l’anniversaire de la disparition du premier Président sénégalais, Léopold Sedar Senghor, les habitants de Joal, sa ville natale, avait bon espoir de recevoir les restes de la famille Senghor au complet. Mais, il faudra attendre encore. «Des lobbys» ont empêché l’accomplissement du vœu du défunt Président, dénoncent des membres du Cercle culturel Léopold Sédar Senghor.
Le retour des restes de Léopold Sedar Senghor, sa femme, Collette, et son fils, Philippe, qui étaient attendus à Joal hier à 11h, n’aura finalement pas eu lieu. Pourtant, le transfert était bien prévu, mais la famille maternelle du Président-poète n’est pas emballée par l’idée d’exhumer les restes de ces dépouilles pour les enterrer à Joal. Une attitude qui n’a pas manqué de créer des frustrations au niveau du Cercle culturel Léopold Senghor, qui a organisé une messe de requiem pour exiger le retour des restes des Senghor à Joal.
Cette messe de requiem, qui a été célébrée ce samedi à l’église de Joal par le curé doyen Jean Felix Diandy de la paroisse Notre Dame de la Puri¬fication de Joal, a enregistré la participation de plusieurs amis et sympathisants du Cercle culturel Léopold Sédar Senghor. Selon Michel Diouf, président, cette messe de requiem devait être célébrée le 20 décembre. «Mais puisque c’est un jour ouvrable, nous l’avons ramenée à aujourd’hui, samedi 18 décembre 2021, pour permettre à ceux qui le désirent, d’y assister.
Cette messe fait partie de notre calendrier annuel, qui tourne autour de quatre points. Il y a la naissance de Senghor, le 9 octobre, où nous organisons une marche silencieuse vers le cimetière ; le 20 décembre, date de sa mort, nous organisons une messe de requiem dans le royaume d’enfance.
En janvier, nous organisons le fameux drapeau du royaume d’enfance et au mois de juin, nous organisons tous les deux ans, le Salma d’Or, une distinction pour ceux qui ont œuvré pour la mémoire de Senghor. Voilà les quatre évènements qui ponctuent la vie du Cercle culturel Léopold Sédar Senghor», a déclaré le président du Cercle.
Il a profité de la fin de cette messe, pour rappeler que Joal est toujours dans cette optique de ramener les restes de Senghor à Joal. «Nous avons tenu beaucoup de réunions et un calendrier avait été établi. Il avait été prévu que le corps viendrait à Joal le 19 décembre 2021 à 11h et qu’ou aurait fait le transfert au cimetière catholique et le lendemain, on devait tenir une cérémonie pour magnifier Senghor», a rappelé Michel Diouf. Une vieille doléance qui ne sera pas satisfaite et qui n’a pas manqué de créer des frustrations dans la ville natale de Léopold Senghor.
D’ailleurs, Gabriel Diam, président d’honneur du Cercle culturel Léopold Sédar Senghor, ne cache pas sa colère. «Nous sommes encore surpris par ce qui se passe et pourtant on avait bien programmé le transfert des dépouilles de Senghor, Colette, sa femme, et Philippe, son fils. Nous sommes déterminés à suivre un programme, qui a été dégagé par la Fondation Léopold Sédar Senghor. C’est que le corps repose à Joal, comme l’avait souhaité ce dernier», a précisé M. Diam.
Pour montrer la détermination de la fondation à transférer les restes de Senghor à Joal, il a rappelé qu’avant leur slogan était «Joal attend», mais aujourd’hui le nouveau slogan, c’est «Joal exige que le corps de Senghor soit rendu, comme il l’a constamment demandé». «C’est pourquoi toutes les communautés sont venues lors de cette messe. Nous demandons que le programme continue, Senghor est, et restera fils de Joal.
Que le corps vienne ou ne vienne pas, Senghor restera toujours avec nous. Il y a ceux qui ne sont pas d’accord pour le transfert, ils ont mis en place un lobby. Mais nous sommes très déterminés et nous continuerons notre programme. Nous savons qu’il y a des hommes tapis dans l’ombre, qui ne veulent pas de ça. Mais qu’ils sachent que nous sommes déterminés», a averti le président d’honneur du Cercle culturel Léopold Sédar Senghor.
VIDEO
SIDY SAMB : JE NE M'ENFERME PAS DANS LE MBALAKH
Basé en Espagne depuis une trentaine d’année, l’artiste Sidy Samb se refuse de s’enfermer dans une musique exclusivement sénégalaise. Il mêle les sonorités sénégalaises aux sonorités andalouses et reste ouvert à toutes sortes d'expressions musicales
Basé en Espagne depuis une trentaine d’année, l’artiste Sidy Samb se refuse de s’enfermer dans une musique exclusivement sénégalaise. Étant donné l’universalité de la musique, il doit communiquer avec tous les peuples du monde. Du coup, il reste ouvert à toutes les formes musicales.
A Dakar dans le cadre de la cérémonie d’ouverture du centre culturel espagnol, Instituto Cervantes de Dakar par la reine Letizia Ortiz, AfricaGlobe a interrogé cet artiste éclectique. Son Album « IDA Y VUELTA», «DEM DIKK» qui dont la sortie est imminente, Sidy Samb mêle des sonorités, pular, mandingue au flamenco. Actuellement, l’artiste prépare la nouvelle édition de son festival afro flamenco qui sera la 4è édition.
Attiré par la musique andalouse, notamment le flamenco, c’est cette expression artistique que Sidy mêle au «mbalack» du Sénégal et qui notamment lui permet de sortir des sonorités qui vont intéresser aussi bien en Afrique (au Sénégal) qu’en Espagne (en Occident). "Je ne me considère pas comme un musicien sénégalais mais comme un Sénégalais qui fait de la musique" affirme Sidy Samb. La suite dans cet entretien
LE FAGOT DE MA MÉMOIRE
Le philosophe sénégalais Souleymane Bachir Diagne a rendu hommage à ses parents, principalement sa mère dans son livre ‘’Le fagot de ma mémoire’’, publié en mars dernier, aux éditions ‘’Philippe Rey’’
Dakar, 18 déc (APS) – Le philosophe sénégalais Souleymane Bachir Diagne a rendu hommage à ses parents, principalement sa mère dans son livre ‘’Le fagot de ma mémoire’’, publié en mars dernier, aux éditions ‘’Philippe Rey’’ (France), a appris l’APS de l’auteur.
‘’Ce livre est un hommage principalement à ma mère et à mon père’’, a-t-il dit, lors de la présentation de son œuvre, vendredi, au musée des civilisations noires à Dakar, à l’occasion du ‘’Book club’’, une cérémonie dédiée aux livres et organisée par la directrice de ‘’Intelligence magazine’’ Amy Sarr Fall.
‘’C’est aussi un hommage aux villes que j’aime, des villes auxquelles, je suis attaché ainsi qu’à mes amis et mes anciens étudiants’’, a-t-il ajouté.
Souleymane Bachir Diagne estime que ‘’notre époque est en train de mourir des ethno-nationalistes’’.
‘’Elle est en train de mourir des égoïsmes qui sont là, qui nous divisent et nous partagent en des tributs et qui s’expriment dans les inégalités profondes qui fragmentent l’humanité entre un nord et un sud’’, a déploré le philosophe sénégalais.
L’ouvrage ‘’Le fagot de ma mémoire’’ est un voyage qui retrace son parcours de Saint-Louis (Nord du Sénégal) à Colombia University (Etats-Unis) en passant par Ziguinchor (Sud), Dakar, Paris (France) entre autres.
Selon lui, ‘’ce fragment de l’humanité se voit dans l’injustice vaccinale avec la Covid-19, mais également à l’intérieur des Nations elles-mêmes qui partagent les peuples entre ceux qui sont riches et ceux qui sont pauvres créant des inégalités profondes’’.
’’Aujourd’hui, cela va être les grands défis des temps présents et c’est dans ces défis que la philosophie doit s’inscrire’’, estime M. Diagne, enseignant de Colombia University, en Amérique.
L’Universitaire, considéré comme ‘’l’un des grands penseurs’’ de cette époque, revient dans son ouvrage sur son parcours de jeunes sénégalais, élevé dans la tradition d’un islam soufi et lettré, a confié à l’APS, un participant à la cérémonie.
‘’La génération de Bachir et notre propre génération ont l’obligation de transmettre à nos enfants, nos propres parcours intellectuels et humains’’, a pour sa part indiqué El Hadj Hamidou Kassé, ministre-conseiller à la Présidence de la République.
’’On ne peut pas se mouvoir dans la société, si on n’a pas de maître, qui est pour nous une boussole, un conducteur, quelqu’un de qui on s’inspire pour bien maîtriser sa société et pouvoir se construire soit même une belle trajectoire et un bon parcours’’, a-t-il conseillé aux élèves, venus assister à la présentation du livre.
Selon lui, tout le travail de Souleymane Bachir Diagne consiste à dire que ‘’le monde en général est un monde de différence, de disparité et de diversité’’.
Il pense que ‘’notre tâche en tant qu’humain est de construire l’humanité, c’est-à-dire construire un être ensemble, un vivre ensemble’’.
‘’On a tous vu la beauté de la philosophie, on a vu à quel point, c’est beau d’écouter des personnes partager leur savoir’’, s’est réjoui Amy Sarr Fall.
Elle a appelé les jeunes à s’adonner à la lecture en période de vacances. ‘’Reconnectez-vous davantage à la lecture, profitez de ces quelques jours de vacances pour lire l’œuvre du professeur Souleymane Bachir Diagne +Fagot de la mémoire+’’, leur a-t-elle lancé.
Le professeur Souleymane Bachir Diagne entreprend de publier au mois de mars prochain, son prochain livre intitulé : ‘’De langue à langue, tradition et hospitalité langagière’’.
Né le 8 novembre 1955 à Saint-Louis, il a enseigné à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) avant d’aller donner des cours à Colombia Université aux USA.
UNE PLACE DES TIRAILLEURS SÉNÉGALAIS ANNONCÉE À PARIS
Le Conseil de Ville de Paris a décidé ce vendredi de baptiser la Porte de Clignancourt « Place des Tirailleurs sénégalais », en hommage à ces soldats africains qui se sont battus lors des deux grandes guerres mondiales pour libérer la France impérialiste
Le Conseil de Ville de Paris, assemblée délibérante de la municipalité de la capitale française, a décidé ce vendredi de baptiser la Porte de Clignancourt « Place des Tirailleurs sénégalais », en hommage à ces soldats africains qui se sont battus lors des deux grandes guerres mondiales pour libérer la France impérialiste sous occupation allemande.
La Porte de Clignancourt, carrefour populaire du nord de Paris, va devenir la « Place des Tirailleurs sénégalais », en hommage aux soldats africains qui se sont sacrifiés pour la France lors des deux grandes guerres mondiales, a décidé vendredi à l’unanimité le Conseil de Paris dirigé par la maire socialiste Anne Hidalgo.
Selon son adjointe à la Mémoire de la Ville de Paris, Laurence Patrice, « L’histoire courageuse de ces hommes doit être transmise. Cette place leur rendra hommage à tous ». Parmi les 134 mille tirailleurs qui ont combattu l’Allemagne lors de la 1ere Guerre mondiale (1914-1918), « environ 30 mille d’entre eux trouvent la mort ou sont déclarés disparus », souligne la mairie de Paris. Environ 175 mille Africains ont ensuite combattu pour libérer la France lors de la 2de Guerre mondiale (1939-1945), notamment lors du débarquement de Provence. Ce qui fera dire à la conseillère Raphaëlle Primet que « « la France s’est mal, très mal comportée » envers eux. « Elle a effacé des images de victoire ces soldats venus des colonies, elle les a parqués, maltraités et même massacrés comme à Thiaroye », près de Dakar, où, en décembre 1944, plusieurs dizaines d’entre eux sont morts, réprimés par l’armée française », a-t-elle poursuivi.
Plusieurs monuments en hommage aux soldats africains existent en France, notamment en Provence, en Champagne, en Aquitaine ou à l’Ile-d’Yeu, théâtres de leur intervention ou de leur disparition. Début septembre, la ville de Pierrefitte-sur-Seine, en Seine-Saint-Denis, a inauguré une place des Tirailleurs africains.
Des fantassins au service de la France
Créé par Napoléon III en 1857 au Sénégal, d’où son nom de « Tirailleurs sénégalais », ce corps d’infanterie s’est ensuite élargi dans son recrutement à des hommes d’autres régions d’Afrique occidentale et centrale conquises par la France à la fin du XIXe siècle. Ainsi, à la fin du « corps des tirailleurs sénégalais » au début des années 1960, ceux-ci « n’ont pas reçu la reconnaissance qui leur était due. Ces hommes nourrissent une forme de rancune (…), de l’incompréhension et parfois même de la colère ». Ce, en raison d’une « retraite inférieure à leurs compatriotes français » ou encore « la difficulté d’obtenir des visas pour leurs descendants », rapporte Le Figaro.
Au Sénégal, en hommage à ces vaillants bâtisseurs d’un monde libre, la « Journée des tirailleurs sénégalais », journée commémorative institutionnalisée proclamé par le Président de la république d’alors, Me Abdoulaye Wade, est célébrée le 23 août chaque année dans les 14 régions du pays sous l’égide du ministère des Forces armées. La date avait été choisie en référence à la libération de Toulon où dans la soirée du 23 août 1944, « les soldats du 6e Régiment de Tirailleurs Sénégalais du Colonel Salan pénètrent les premiers à Toulon ».
COMME DISAIT BOB MARLEY, IL FAUT SORTIR DE L'ESCLAVAGE MENTAL
Dans son quatrième album, le chanteur sénégalais, installé aux États-Unis, Meta Dia, chante le peuple noir dans un contexte qui ravive le mouvement Black Lives Matter
Jeune Afrique |
Eva Sauphie |
Publication 18/12/2021
« Le rastafarisme, c’est l’unité », martèle Meta Dia, un impressionnant foulard dressé sur la tête, lors de son passage à Paris pour la promotion de son quatrième album, Dia (prononcer « Jah »). Ce grand gaillard natif de Dakar a élu domicile à New York depuis plus de vingt ans. Ce qui ne l’empêche pas d’avoir un regard global sur la scène qu’il défend. Reggae européen, reggae africain, reggae jamaïcain… Des classifications qui, selon lui, cloisonnent et qu’il refuse. « On fait tous partie de la même famille », assure-t-il dans un français mâtiné d’un fort accent anglais.
En 2001 pourtant, quand il débarque aux États-Unis, il ne comprend pas un traître mot. « C’était d’autant plus difficile avec le patwa, mais aux côtés de la diaspora jamaïcaine, haïtienne et trinidadienne, j’ai su me frayer un chemin personnel et musical. » Même à des milliers de kilomètres du pays qui l’a vu naître, celui qui collabore aujourd’hui avec les dignes représentants de la scène jamaïcaine, comme les fils Marley, n’en oublie pas ses racines. Des arpèges de khalam, guitare traditionnelle de la tribu peule, accompagnent ainsi ses morceaux.
La musicalité du Coran
« Le seul problème, c’est qu’en Afrique, malgré les talents qui existent au Sénégal ou ailleurs, le reggae est encore très stigmatisé, il reste associé aux fumeurs de weed », observe celui qui conjugue, en harmonie, Islam et rastafarisme. Une religion et une spiritualité parfaitement compatibles pour ce fils d’un ex-professeur d’éducation islamique à l’Université du Michigan, ayant grandi dans une famille d’imans. « J’ai d’abord trouvé ma voix en déclamant les récitations coraniques, se souvient-il. Il y a une vraie musicalité dans la lecture du Coran. » Une éducation dont il a su tirer profit pour concevoir, en 2017, son album le plus méditatif Hira – titré en référence à la grotte du même nom, où le prophète Mahomet effectuait ses retraites spirituelles.
C’est pourtant sur la scène hip-hop sénégalaise que Meta Dia a fait ses premières gammes à la fin des années 1990 au sein de la formation de rap contestataire Yalla Suuren (« la bénédiction de Dieu » en wolof). Sur Dia, il renoue d’ailleurs avec ses premières amours en mêlant roots reggae et rap. Mais fini de « tacler le gouvernement » (d’Adbou Diouf, le président en place à l’époque), avec la fougue insolente de l’adolescent d’alors. La distance géographique et l’expérience lui ont permis de prendre de la hauteur et d’apaiser son discours, qu’il souhaite aujourd’hui positif et humaniste. « Nous [les Noirs] n’avons pas à justifier notre existence, ni à porter les stigmates du passé pour que la société fasse attention à nous. Nous devons être présents et conscients que notre plus grande force est d’être ensemble et de donner de l’amour. »
FRANCOPHONIE, EL HADJ HAMIDOU SALL RECOIT UNE DISTINCTION
Hier, jeudi 16 décembre, l’Assemblée Parlementaire de la Francophonie (APF) a organisé à Paris un hommage à Léopold Senghor à la Maison de l’Amérique Latine.
Hier, jeudi 16 décembre, l’Assemblée Parlementaire de la Francophonie (APF) a organisé à Paris un hommage à Léopold Senghor à la Maison de l’Amérique Latine. Placée sous le thème “La Francophonie : l’Universalité pour Horizon”, la cérémonie s’est déroulée a enregistré la participation d’un parterre de personnalités : Moustapha Niasse, Président de l’Assemblée nationale du Sénégal, Felwine Sarr, auteur, universitaire et économiste, Mohamed Mbougar Sarr, récent lauréat du Prix Goncourt, et El Hadj Hamidou Sall, poète. Ce dernier a d’ailleurs reçu une distinction de la part de cette structure rattachée à l’Organisation Internationale de la Francophonie. L’auteur Hamidou de Rhapsodies fluviales en 2010 et Circonstances du cœur en 2011, est l’un des poètes africains les plus estimés de la littérature contemporaine.
Neveu des écrivains sénégalais Cheikh Hamidou Kane auteur de L’Aventure ambiguë et Abdoulaye Elimane Kane, il est par ailleurs un exégète réputé de Léopold Senghor.
FILM SUR LA MIGRATION, LA GUINÉENNE DIARRA KOUROUMA REMPORTE LE PREMIER PRIX
La Guinéenne Diarra Kourouma a remporté, vendredi, le premier prix du Festival international du film sur la migration
Dakar, 17 déc (APS) - La Guinéenne Diarra Kourouma a remporté, vendredi, le premier prix du Festival international du film sur la migration, a constaté l’APS.
Le lauréat a été primé par l’Organisation internationale des migrations (OIM) pour son film ’’Avenir incertain’’.
En plus d’une attestation, Diarra Kourouma va bénéficier d’un lot d’équipements audiovisuels d’une valeur de 1 157 000 francs CFA, (2 000 dollars).
Le Sierra-Léonais Abdou Karim Sonkoh a remporté le deuxième prix pour son film ’’Enough is enough’’. Il gagne lui aussi un lot d’équipements audiovisuels pour un montant de 867 750 francs CFA (soit 1 500 dollars).
Le troisième prix est revenu à la Sénégalaise Fatou Guett Ndiaye pour son film ’’Goudi gou leundeum’’ (Une nuit obscure). Elle gagne elle aussi un lot d’équipements d’une valeur de 655 000 francs CFA (1 000 dollars).
Les prix ont été remis lors de la célébration de la Journée internationale de la migration fêtée chaque année le 18 décembre.
’’C’est un film de 8 minutes qui parle de l’histoire d’une fille dont les parents voulaient donner en mariage à son cousin qui l’a violé durant son enfance. Ne voulant pas se marier avec cet homme, la fille a décidé de prendre la pirogue pour rallier l’Europe’’, a expliqué la réalisatrice Fatou Guett Ndiaye.
Tous ces films ont été réalisés par des migrants de retour soutenus par l’OIM dans le cadre du projet ’’Migrants comme messagers’’ (MAM), afin de leur permettre de retrouver une nouvelle vie, après un échec dans leur tentative de regagner l’Europe par la mer.
’’Tous les films sélectionnés pour le festival ont été réalisés avec des téléphones portables. Ils parlent tous de la migration avec son lot de conséquences. Le festival s’est tenu dans quatre régions que sont Dakar, Saint-Louis, Thiès et Kolda’’, a expliqué William Diandy, un des organisateurs du Festival.
Sept pays de la sous-région ont présenté des productions. Il s’agit du Sénégal (deux films), du Mali, de la Guinée, du Nigéria, du Libéria, de la Sierra Léone, de la Gambie et de la Côte d’Ivoire, selon lui.
Au total 15 films étaient en lice.
PRIX DECOUERTE RFI 2021, L'ARTISTE ALESH LAUREAT
Le jury présidé cette année par le chanteur Lokua Kanza, a choisi de récompenser Alesh qui vit et travaille entre Kinshasa et le reste du monde. De son vrai nom Alain Chirwisa, le rappeur est arrivé devant les 9 autres finalistes.
Le jury présidé cette année par le chanteur Lokua Kanza, a choisi de récompenser Alesh qui vit et travaille entre Kinshasa et le reste du monde. De son vrai nom Alain Chirwisa, le rappeur est arrivé devant les 9 autres finalistes.
Alesh tombe dans la musique tout petit, sous les influences sonores de son grand-frère Patrick. Tous les grands y passent: James Brown, Elvis Presley, Michael Jackson, MC Hammer, MC Solaar, et tant d’autres.
C’est une enfance qu’il décrit comme un passage sensible de sa vie, qui déclenche une révolte intérieure, la nécessité de dire, d’extérioriser, et de témoigner à travers le rap de ce qu’il se passe autour de lui.
À l’âge de 15 ans, Alesh découvre le micro, un levier pour la prise de parole. Il se lance ainsi dans la chronique et la critique musicales à la Télévision Nationale Congolaise (RTNC), aux côtés de Freddy Saleh. Trois ans après, il intègre les Hot Boys, un groupe de rap de la ville. Devenu deux ans plus tard l’un des trois piliers du groupe, il décide de poursuivre l’aventure en solo. Alesh affirme alors sa vision du monde. Des textes acérés qui racontent, rappellent, interpellent et revendiquent quand il le faut. En février 2008, il participe à un atelier focalisé sur le cinéma et l’image avec Faustin Linyekula (chorégraphe-metteur en scène), et le réalisateur congolais Petna Ndaliko.
Fin 2008, en compagnie de ses amis, Alesh crée le Mental Engagé, une structure associative de production, d’encadrement et de diffusion d’initiative artistique autour des cultures urbaines et hip hop. Le début du parcours professionnel d’Alesh, c’est également un 1er album (La mort dans l’âme) en août 2010, suivi d’une tournée Américaine en 2012.
En 2014, il se fait remarquer par sa musique et son engagement communautaire, et participe au Mandela Washington Fellowship, une initiative de l’ex-président américain Barack Obama visant à renforcer les capacités des jeunes leaders africains. Alesh le rencontre et lui offre une copie de son premier album.
Alesh, artiste engagé et amoureux du continent africain remporte donc le Prix Découvertes RFI 2021. Bravo à lui !