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6 avril 2025
Economie
LA BAD FINANCE UN PROJET D’EFFICACITE ENERGETIQUE
La Banque africaine de développement (BAD) a approuvé un prêt de 8,51 millions d’euros pour le Programme de promotion des lampes d’éclairage efficace au Sénégal (PPLEEF)
La Banque africaine de développement (BAD) a approuvé un prêt de 8,51 millions d’euros pour le Programme de promotion des lampes d’éclairage efficace au Sénégal (PPLEEF), a appris mercredi APA.
Initiative inédite, le Programme de promotion des lampes d’éclairage efficace (PPLEEF) vise à améliorer l’efficacité énergétique au Sénégal. Le projet constitue le premier investissement de la BAD entièrement dédié à l’efficacité énergétique côté demande. Il devrait profiter à près de 700 000 ménages et à 80 000 petites entreprises dans les régions de Dakar, Thiès et Diourbel, situées entre l’ouest et le centre du Sénégal.
Le programme prévoit notamment le remplacement des ampoules à incandescence par des éclairages LED modernes. Cette transition permettra d’importantes économies d’énergie, une réduction des coûts de l’électricité et une diminution des émissions de carbone. Un modèle innovant de financement sur facture permettra aux consommateurs de rembourser progressivement le coût des nouvelles lampes grâce aux économies réalisées sur leurs factures d’énergie.
« Le Programme de promotion des lampes d’éclairage efficace du Sénégal est une étape importante dans l’engagement national du Sénégal en faveur du développement durable et de l’accès universel à l’énergie. Ce programme permettra de réduire la demande et la consommation d’énergie aux heures de pointe, et l’approche de financement sur facture sera utilisée ultérieurement pour introduire des appareils plus efficaces », a expliqué Jalel Chabchoub, chargé en chef de l’efficacité énergétique au sein de la BAD.
« En tant que première phase du programme d’éclairage efficace du Sénégal, le PPLEEF ouvrira la voie à un avenir énergétique plus durable, non seulement au Sénégal, mais aussi dans toute l’Afrique », a-t-il ajouté.
Le programme devrait aussi retarder les besoins d’investissement dans de nouvelles centrales électriques en réduisant la consommation d’énergie, notamment en période de forte demande. « Ce projet aura un impact positif sur les budgets des ménages et des petites entreprises en réduisant leurs factures d’énergie », a souligné Mme Mame Coumba Ndiaye, directrice générale de l’Agence pour l’économie et la maîtrise de l’énergie (AEME) du Sénégal.
Elle a précisé que le programme permettrait également d’économiser plus de 189 GWh d’électricité chaque année, allégeant ainsi le réseau électrique et facilitant l’amélioration de l’accès à l’énergie pour les populations.
La BAD, qui a engagé 6 milliards de dollars dans le secteur énergétique en Afrique entre 2019 et 2024, continue d’appuyer des initiatives innovantes à travers le continent. Le PPLEEF s’inscrit dans cette dynamique, soutenue également par l’initiative « Mission 300 », menée conjointement avec le Groupe de la Banque mondiale et d’autres partenaires, pour combler le déficit d’accès à l’énergie en Afrique.
LE SECTEUR AGRICOLE, UNE NICHE D’OPPORTUNITES
Des experts du secteur agricole se sont réunis hier, à Dakar, pour explorer les voies et moyens susceptibles d’aider les pouvoirs publics à développer des politiques publiques appropriées à l’emploi des jeunes et à la création de richesse.
Des experts du secteur agricole se sont réunis hier, à Dakar, pour explorer les voies et moyens susceptibles d’aider les pouvoirs publics à développer des politiques publiques appropriées à l’emploi des jeunes et à la création de richesse.
Le secteur agricole constitue une niche d’opportunités permettant aux pouvoirs publics de répondre efficacement au défi de l’emploi des jeunes et des femmes et, par ricochet, de favoriser la création de richesse pour un développement durable. Toutefois, il est indispensable de disposer de données probantes pouvant guider les autorités dans la prise de décisions éclairées en matière de politiques publiques. C’est dans ce cadre que Dakar accueille depuis hier, mardi 14 janvier 2025, une conférence internationale portant sur la problématique suivante : « Le futur du travail et de l’emploi dans le secteur agricole et agroalimentaire en Afrique de l’Ouest ».
Ouvrant les travaux, le secrétaire d’État aux Coopératives et à l’Encadrement paysan, Alpha Ba, a souligné l’importance de disposer de « données probantes » pour l’élaboration des politiques publiques et la création d’emplois, notamment dans le secteur agricole. « Nous savons tous que l’une des faiblesses des politiques publiques en Afrique réside dans l’absence fréquente de données probantes. Nous ne mesurons pas pleinement l’ampleur et la portée des informations nécessaires pour éclairer les politiques publiques que nous mettons en place », a-t-il déclaré.
Selon Alpha Ba, le secteur primaire, notamment l’agriculture, offre des « opportunités énormes », et il suffirait de former les jeunes pour en faire un vivier d’emplois afin de pallier le manque d’opportunités dans ce domaine. « Nous sommes dans un contexte où le principal défi à relever est celui de l’emploi des jeunes. C’est un défi énorme face à des moyens et des opportunités limités », a-t-il souligné lors de cette rencontre conjointement organisée par le Bureau d’analyses macroéconomiques de l’Institut sénégalais de recherches agricoles (ISRABAME), le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD) et l’Institut national de la recherche agronomique (INRAE). Abordant les liens entre agriculture et transformation, l’économiste Ahmadou Aly Mbaye a déploré la précarité des emplois agricoles et la faiblesse des industries africaines. « Quand vous additionnez le taux de chômage et le taux d’emplois vulnérables dans nos pays, vous atteignez 80 % », a indiqué l’ancien recteur de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, selon qui « pratiquement, tous les emplois agricoles sont des emplois précaires ».
Ahmadou Aly Mbaye, citant des données de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), a souligné qu’il y a environ 470 000 travailleurs affiliés à l’Institution de prévoyance retraite du Sénégal (IPRES), contre quelque 150 000 fonctionnaires, sur une population en âge de travailler de 9 millions de personnes.
En Afrique, « l’agriculture perd des ressources productives, des emplois agricoles disparaissent chaque année, et le secteur manufacturier peine à prendre le relais », a-t-il observé. De son côté, le directeur régional du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD) a salué cette synergie d’action entre les différents acteurs du secteur agricole pour répondre aux défis des pouvoirs publics, notamment ceux liés à l’avenir du travail, à l’employabilité des jeunes et à la création de richesse.
UNE TABLE RONDE PUBLIC-PRIVE TENUE A NOUAKCHOTT
Co-présidée par les chefs de gouvernement, cette rencontre a réuni des acteurs économiques majeurs sous l’égide l'Agence de Promotion des Investissements en Mauritanie (APIM) et l’Agence pour la Promotion des Investissements et des Grands Travaux ...
Dans le cadre de la visite officielle de Ousmane Sonko, Premier Ministre de la République du Sénégal, en Mauritanie, à l’invitation de son homologue, Mokhtar Ould Diay, une table ronde public-privé a été organisée hier, mardi 14 janvier, au Palais des Congrès de Nouakchott par l'Agence de Promotion des Investissements en Mauritanie (APIM) et l’Agence pour la Promotion des Investissements et des Grands Travaux du Sénégal (APIX).
Co-présidée par les chefs de gouvernement des deux pays, cette rencontre stratégique a réuni des acteurs économiques majeurs tels que : des représentants des organisations patronales, des membres du Conseil d’affaires sénégalo-mauritanien, les ambassadeurs, les directeurs généraux des agences APIM et APIX, ainsi que des délégations ministérielles multisectorielles. « Les discussions ont porté sur des thématiques cruciales visant à renforcer la coopération économique entre les deux pays notamment le renforcement des liens économiques : Encourager la complémentarité des secteurs clés, tels que les énergies, l’agriculture, les infrastructures, et les échanges commerciaux pour une meilleure intégration économique régionale. L’amélioration du climat des affaires a été aussi abordée avec la densification des mesures pour faciliter les investissements bilatéraux. Pour le renforcement de l’investissement privé, il est question du promouvoir les partenariats public-privé et encourager les initiatives complémentaires », rapporte un communiqué conjoint de l’Apix et de l’Apim.
Selon la source, cette table ronde marque une nouvelle étape dans la dynamique de collaboration entre l’APIM et l’APIX, concrétisée par plusieurs initiatives phares, notamment le Forum économique de Dakar, organisé en octobre 2024, et la signature d’un protocole d’accord historique entre les deux agences ; la création d’un Conseil d’affaires Mauritanie-Sénégal, qui est un cadre d’échange et de coopération pour les investisseurs ; la visite de travail du Directeur Général de l’APIX en Mauritanie, en novembre dernier, qui a permis d’aligner les efforts pour maximiser l’impact des actions conjointes. Selon toujours le communiqué, cette initiative s’inscrit dans une volonté commune de transformer les relations économiques bilatérales en un modèle de partenariat régional exemplaire, axé sur l’intégration économique et le développement durable.
LE OUI VIGILANT DES ÉCONOMISTES À LA RÉFORME FINANCIÈRE DE SONKO
La centralisation des pouvoirs financiers entre les mains de la Primature divise les observateurs. Les experts y voient toutefois une opportunité d'optimiser la gestion des deniers publics, à condition de surmonter certains obstacles
Lors du Conseil des ministres du mercredi 8 janvier 2025, le Premier ministre Ousmane Sonko a annoncé la mise en place d’un dispositif renforcé pour le pilotage, le suivi et l’évaluation des programmes et projets issus des 26 objectifs stratégiques et des réformes du plan quinquennal 2025-2029. Cette nouvelle donne a généré une polémique mettant en avant, selon la position des divers acteurs, les avantages ou inconvénients d’une option qui pourrait contribuer à restreindre les prérogatives du ministre des Finances. Pour certains économistes interrogés par Sud Quotidien, à l’instar de Mor Gassama et Souleymane Keita, enseignants chercheurs à l’Ucad, cette centralisation peut se révéler judicieuse dans le cadre de l’optimisation des dépenses d’investissement mais à condition de respecter certaines conditions.
La décision du Premier ministre (PM) de valider en aval toutes les dépenses d’investissement, dans un souci de rationalisation, de priorisation et d’efficience dans l’utilisation des ressources publiques, présente des avantages et des inconvénients selon les économistes. Ainsi, pour l’économiste et enseignant-chercheur à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), Mor Gassama, le Premier ministre a la charge de coordonner l’action du gouvernement. De ce point de vue, la centralisation des projets d’investissement au niveau de la Primature lui permet de contrôler de près les différents projets et programmes du gouvernement, de les faire valider par ses services et d’assurer un suivi rapproché. Par cette approche, il vise une meilleure coordination pour plus d’efficacité. Ce qui constitue une bonne chose pour un gouvernement très attendu sur ses réalisations. Toutefois, il convient d’éviter les lourdeurs ou lenteurs administratives, qui pourraient faire perdre un temps précieux. À l’en croire, « la vigilance et la rigueur dans le traitement des dossiers doivent nécessairement être au rendez-vous, sinon il y aura des conséquences non désirées », a-t-il prévenu.
Centraliser pour mieux optimiser
Souleymane Keita, enseignant-chercheur à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), estime pour sa part que la centralisation des dépenses d’investissement à la Primature s’inscrit dans la logique de gouvernance des nouvelles autorités. Ces dernières entendent gérer les deniers publics avec transparence. Cette centralisation permet une meilleure optimisation des recettes de l’État et permet à celui-ci de définir des actions concrètes et des stratégies pour maximiser les ressources financières engagées.
Toutefois, il convient de souligner que toute œuvre humaine est perfectible. Parmi les avantages, il liste entre autres : une gestion optimale des ressources et une meilleure coordination, une répartition plus équitable des investissements, ainsi qu’une amélioration de la transparence. Précis dans ses propos, il note que dans plusieurs directions, il existe des programmes poursuivant les mêmes objectifs. De ce point de vue, la centralisation est pertinente en termes d’optimisation des ressources.
Quant aux difficultés, il mentionne les capacités institutionnelles et humaines limitées, notamment le manque de cadres capables de suivre correctement le traitement des informations afférentes. De plus, la centralisation des décisions pourrait impacter négativement sur les actions en termes de temporalité. Cependant, globalement, « c’est une bonne décision, compte tenu de la nécessité qui s’impose. Pour ce faire, cela devra être bien encadré et bien coordonné pour permettre d’agir en temps réel par rapport à l’objectif recherché. »
PAR Jean Pierre Corréa
LE PATRONAT SÉNÉGALAIS EN ORDRE DE RUPTURE…S ?
EXCLUSIF SENEPLUS - La sortie médiatique du président de l'UPIC, Amadou Seck, dénonçant l'immobilisme de certains leaders qui confondent leurs organisations avec des propriétés privées, a mis le feu aux poudres
Vous connaissez la fameuse réplique ''il faut que tout change pour que rien ne change'' ? Elle est attribuée à Tancrède Falconeri dans ''Le Guépard'' de Luchino Visconti. Il y a pire que de vouloir tout changer pour que rien ne change. C’est de ne rien vouloir changer du tout.
L’année 2024 a été évidemment marquée au Sénégal par la forte manifestation électorale d’une population qui a tranquillement et assurément décidé qu’elle aspirait à un changement, voire une « révolution » systémique, structurelle, des modes et coutumes de nos hommes et femmes politiques, leaders économiques, comme d’opinion, pour disposer notre pays dans le temps du monde.
Des impatiences se manifestent ça et là, de manière sporadique, accompagnés de visions et vœux parfois turbulents, qui ont l’avantage de secouer certains cocotiers dont les fruits tombent drus sur nos faciles accoutumances, et réveillent les désirs enfouis dans les fatalités, avant de les redéployer vers des risques salvateurs. 2050 comme objectif ? Les caps à prendre doivent souvent s’emprunter dès 2025, et dans bien des secteurs de notre vie nationale, les choses devront évoluer de manière énergique et éclairée, pour qu’advienne véritablement ce changement tant attendu… souvent différé, dissous dans nos commodes attentismes et installé dans nos confortables archaïsmes.
Le leadership d’un patronat en questionnement
Une des forces sans lesquelles nos nouveaux dirigeants ont compris qu’ils n’arriveraient pas à faire décoller la fusée Sénégal vers 2025, est bien sûr le secteur privé, avec ses organisations qui semblent être en pleine réorganisation, si ce n’est en fort bouillonnement. Les divers questionnements sur la mission du patronat sénégalais sont d’ors et déjà posés et les mois et les semaines à venir sont cruciaux et chargés d’antagonismes qui ne sont pas seulement conjoncturels mais structurels, et plus près de nous, le CNP devra dès ce jeudi affronter un mouvement de clarification amorcé par quelques-uns de ses membres, lors d’une réunion du Bureau Exécutif du Conseil nationale du Patronat qui a inscrit tout en haut de son ordre du jour, la Déclaration du président de l’UPIC sur la TFM concernant le CNP. Y’aurait-il de l’eau dans le gaz ? Ce n’est pas encore « Règlement de comptes à OK Corral », mais ça en prend le chemin. Rappel du Casus Belli et des faits…
Quelques jours derrière nous, Mouhamadou Mohamed Ndiaye reçoit sur la TFM dans Soir Infos, Monsieur Amadou Seck, sémillant et décomplexé DG de Eurogerm, et président de l’Union des Prestataires Industriels et Commerçants du Sénégal, UPIC. L’entretien semble être axé sur le voyage qu’a effectué Amadou Seck en Gambie en compagnie du Premier ministre Ousmane Sonko au Forum Économique et Commercial Sénégambien. La conversation roule aisément sur les bénéfices économiques de ce Forum qu’a pu enregistrer le Sénégal, lorsque, tout à coup au détour d’une question, s’invitent la Une d’Enquête Quotidien qui titre « Le Patronat sous pression » et celle surtout de la Dépêche annonce : « Jub Jubal Jubanti au COSEC : LE DG MET FIN AU PARTAGE PAR LE PATRONAT D’UNE CAGNOTTE DE MILLIONS », sans omettre de commenter en ce qui concerne le journal Enquête, la sortie du DG de CCBM Serigne Mboup, qui compare certains dirigeants de ces organisations à des Khalifes Généraux et à des Imams. Selon lui, “le Cosec donne 400 millions F CFA à quatre organisations patronales que sont le Conseil national du patronat (CNP), la Confédération nationale des employeurs du Sénégal (Cnes), le Mouvement des entreprises du Sénégal (Meds) et les Groupements économiques du Sénégal (Ges).
« C'est d'ailleurs pourquoi, relance le journaliste de la TFM, certains patrons refusent de lâcher la tête de leurs organisations, même après des décennies de règne sans partage, appuyant Serigne Mboup qui déclare que "seule la mort peut les faire quitter”, rajoutant le en citant que c’est l'une des raisons pour lesquelles le secteur privé est en mille morceaux, chacun cherchant à avoir sa part du gâteau ». Le président de l’UPIC démontre alors les mécanismes de fonctionnement de son entité patronale et l’idée qu’ils s’y font de la transparence et de la démocratie.
Amadou Seck questionné sur la cagnotte et sur le manque criant de démocratie dans ces instances, ne donne absolument pas l’impression d’avoir une patate chaude dans la bouche et avec aisance et clarté, répond avoir été informé de la décision du Cosec et déclare avec une franchise souriante autant qu’absolue, que « les organisations patronales devraient s’interroger pour évaluer leurs modes de fonctionnement, travailler à plus de démocratie interne et éviter de faire de leurs positions des propriétés privées, au point pour certains d’entre eux de pouvoir choisir leurs successeurs »… Ces propos seraient-ils en fait l’objet du délit de franchise avérée, qui est sur le point d’être signifié à Monsieur Amadou Seck lors de la réunion du CNP de ce jeudi après-midi ?
Pas un combat personnel. Ni une question taboue
Pour Amadou Seck, « c’est effectivement un problème. En Côte d'Ivoire, ça change tous les cinq ans, maximum 10 ans. En France et dans tous les pays, ça change. Même en Gambie, il y a des changements à la tête du patronat ». Ces préoccupations gouvernementales sur la démocratie interne dans les organisations patronales, expliquent que la visite du Premier ministre Ousmane Sonko en Mauritanie, ait pu être marquée par la décoration qui a été octroyée à l’ancien président du patronat Mauritanien Mohamed Ould Bouamatou, accompagné de l’actuel président, l’industriel Mohamed Zeine El Abidine Ould Cheikh Ahmed.
« Pourquoi ici les gens ne veulent pas partir et qu'on ne doit pas en parler ? C'est un vrai problème”, s’interroge aussi Amadou Seck.
Et pourtant, il est fortement impliqué dans le CNP, saluant même que dans l’intérêt du Sénégal, il faudrait un secteur privé fort et uni. Il n’est pas le dernier à se féliciter de l’union entre le CNP et la CNES, n’étant point favorable à la multitude d'organisations
‘’Aujourd’hui, avec l’avènement du Projet et du nouveau référentiel des politiques publiques, les nouvelles autorités veulent parler avec le patronat d’une seule voix. C’est la raison pour laquelle, aujourd’hui, la Confédération nationale des employeurs du Sénégal (CNES) et le Conseil national du patronat (CNP), qui sont les deux structures plus importantes du patronat, vont fusionner’’, a-t-il déclaré.
Besoin urgent d’un secteur prive uni et fort
Pour beaucoup, il y a trop d'organisations patronales au Sénégal. Le CNP de Baidy Agne, la Cnes d'Adama Lam, le Meds de Mbagnick Diop, le CIS de Pierre Goudiaby Atépa, le C50PN d'Abdoulaye Sylla, ou les 2 UNACOIS. La liste est loin d'être exhaustive. Si pour certains de ces dirigeants, on connait bien les entreprises, pour d'autres, il est difficile d’en dire les noms et qualités. Une véritable question de légitimité qui se pose. Et pourtant, leurs positions leur permettent d'avoir de nombreux privilèges et d'aller partout soi-disant pour représenter un secteur où ils sont loin d'être les plus méritants.
Pour le président de l’UPIC et personnalité influente du CNP, l’État veut un secteur privé uni et qui soit une force de proposition à côté de tous les programmes de politiques publiques de l’État qui sont destinées notamment à l’employabilité des jeunes sénégalais.
Réinventer les rapports entre l’État et un secteur privé rénové et dynamisé empreint d’un souffle nouveau ? Cela vaut bien un débat non ? Rien ne va plus. Faites vos vœux ! Pour qu’enfin « tout change »….
MISER SUR DES DONNÉES PROBANTES POUR DES POLITIQUES EFFICACES
Le secrétaire d’État aux Coopératives a rappelé que les données sont indispensables pour mieux cerner les défis, notamment dans le secteur agricole, et pour créer des opportunités d’emploi adaptées aux réalités socio-économiques.
Le secrétaire d’État aux Coopératives et à l’Encadrement paysan, Alpha Ba, a magnifié, mardi, à Dakar, l’importance de ‘’données probantes’’ dans l’élaboration des politiques publiques et la création d’emplois, en particulier dans le secteur agricole.
« Nous savons tous que l’une des faiblesses des politiques publiques en Afrique, c’est qu’elles n’ont pas souvent été alimentées par des données probantes. Nous ne prenons pas l’ampleur et la significativité de toutes les données pour éclairer les politiques publiques que nous édifions », a-t-il déclaré.
Il lançait les travaux d’un séminaire international sur le futur du travail et de l’emploi dans le secteur agricole en Afrique de l’Ouest.
Cette rencontre est initiée conjointement par le Bureau d’analyses macro-économiques de l’Institut sénégalais de recherches agricoles (Isra-Bame), le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad) et l’Institut national de la recherche agronomique (Inrae).
Selon Alpha Ba, le secteur primaire, notamment l’agriculture, offre des « opportunités énormes », et il suffit de former les jeunes pour en faire un vivier d’emplois afin de pallier le manque d’opportunités dans ce domaine.
« Nous sommes dans un contexte dans lequel s’il y a un défi à relever principalement, c’est le défi de l’emploi des jeunes. C’est un défi énorme face à des moyens limités, face à des opportunités limitées », a souligné le secrétaire d’État.
Abordant les liens entre agriculture et transformation, l’économiste Ahmadou Aly Mbaye a déploré la précarité des emplois agricoles et la faiblesse des industries africaines.
« Quand vous additionnez le taux de chômage et le taux d’emplois vulnérables dans nos pays, vous êtes à 80% », a indiqué l’ancien recteur de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar, selon qui « pratiquement tous les emplois agricoles sont des emplois précaires ».
Ahmadou Aly Mbaye, citant des données de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), a signalé qu’il y a à peu près 470.000 travailleurs affiliés à l’Institution de prévoyance retraites du Sénégal (IPRES), contre environ 150.000 fonctionnaires, sur une population en âge de travailler de 9 millions.
En Afrique, « l’agriculture perd des ressources productives, il y a des emplois agricoles qui se perdent d’année en année, et le secteur manufacturier peine à prendre le relais », a-t-il fait observer.
Prévu pour deux jours, ce séminaire international a comme objectif d’ouvrir un espace de réflexion, de collaboration scientifique entre différentes institutions, mais également différents acteurs, a expliqué Astou Diao Camara.
« Nous pensons qu’à partir d’aujourd’hui, la communauté qui réfléchit sur l’emploi va s’élargir davantage à d’autres scientifiques et qu’à partir d’ici également, on pourra davantage redessiner les questions et les problématiques qui permettront de bien caractériser ces questions d’emploi et de travail », a ajouté la directrice d’Isra-Bame.
AFFAIRE 125 MILLIARDS, LES LANGUES SE DELIENT
Le rapport explosif de la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif) bouleverse la scène politico-financière du Sénégal.
Le rapport explosif de la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif) bouleverse la scène politico-financière du Sénégal.
Selon les révélations du quotidien Libération repris par nos confères de Dakaractu, une enquête judiciaire a été ouverte autour de transactions suspectes d’une valeur estimée provisoirement à 125 milliards de FCFA, impliquant des sociétés écran, des figures influentes et des mécanismes sophistiqués de blanchiment de capitaux.
Des opérations suspectes au cœur du scandale
Entre 2021 et 2023, pas moins de huit Déclarations d’opérations suspectes (DOS) ont été remontées par des banques, selon la Centif. Ces déclarations pointent vers des mouvements financiers complexes impliquant des entités comme Sofico, Sci Haba, et des personnalités, dont le député Farba Ngom. Ces fonds, initialement issus du Trésor, auraient transité par des circuits opaques avant d’atterrir dans des comptes de sociétés et de particuliers.
Un arsenal d’accusations graves
Le procureur financier El Hadj Alioune Abdoulaye Sylla a annoncé, dimanche soir, l’ouverture d’une information judiciaire pour une liste d’infractions lourdes : association de malfaiteurs, blanchiment de capitaux, escroquerie portant sur des deniers publics, corruption et trafic d’influence. Selon Libération, les enquêteurs soupçonnent des rétrocommissions déguisées, versées en échange de facilitation de marchés publics.
Les acteurs clés : noms et structures dévoilés
Parmi les noms cités dans cette affaire, Tahirou Sarr joue un rôle central. Les fonds en question auraient été transférés par lui à des entités comme Sci Haba, une société appartenant au député Farba Ngom. D’autres structures, comme Scp Doworo, Sci Diamalaye ou encore le Groupe Immobilier Suisse (GIS), apparaissent dans le réseau de transactions analysé par la Centif. Ces entités auraient été utilisées pour des mécanismes sophistiqués de dissimulation, selon le parquet.
Un débat crucial à l’Assemblée nationale
Face à la gravité des accusations, le Garde des Sceaux a saisi l’Assemblée nationale pour demander la levée de l’immunité parlementaire de Farba Ngom. Une réunion cruciale est prévue ce mardi, avec la convocation du bureau à 16 heures, suivie d’une conférence des présidents à 17 heures. Cet épisode marquera un tournant dans le traitement de cette affaire tentaculaire.
Les enjeux d’un scandale national
Bien que Farba Ngom et ses proches défendent la légitimité de ses activités en évoquant des paiements réguliers perçus via Sofico, les soupçons de blanchiment et de rétrocommissions continuent de planer. Pour Libération, cette affaire met en lumière la capacité des élites à manipuler des outils financiers sophistiqués pour des intérêts personnels, au détriment des deniers publics.
Alors que la justice s’active, l’opinion publique s’interroge : cette affaire sera-t-elle un signal fort dans la lutte contre la corruption ou un énième scandale relégué aux oubliettes ? Une chose est sûre, les révélations de la Centif et les décisions des jours à venir seront décisives pour l’avenir de la gouvernance financière au Sénégal.
LE SÉNÉGAL PRÊT À RAFFINER SON PÉTROLE
Dans quelques semaines, les premières gouttes de brut de Sangomar seront traitées dans les installations de la SAR à Mbao. Un moment historique qui marque la fin de la dépendance du pays aux raffineries européennes
(SenePlus) - Une page importante de l'histoire pétrolière du Sénégal est sur le point de s'écrire. Selon les informations de Jeune Afrique, le pays s'apprête à franchir une étape décisive en raffinant localement son propre pétrole dès le premier trimestre 2025, une avancée majeure pour son indépendance énergétique.
La Société africaine de raffinage (SAR), dirigée par Mamadou Abib Diop, est en train de finaliser les derniers ajustements techniques dans ses installations de Mbao, en banlieue de Dakar. D'après JA, les équipes techniques procèdent actuellement aux ultimes réglages après avoir minutieusement analysé les échantillons du gisement de Sangomar pour déterminer avec précision la teneur en soufre du brut.
Ce virage stratégique marque une évolution significative pour la SAR qui, jusqu'à présent, ne raffinait que du pétrole brut nigérian. Comme le révèle un cadre de l'entreprise cité par Jeune Afrique, la décision initiale de ne pas raffiner le brut de Sangomar était "un choix technique et stratégique", justifié par la nécessité d'attendre une stabilisation de la qualité du brut. Cette prudence explique pourquoi les premières cargaisons extraites par l'australien Woodside ont été dirigées vers des raffineries allemandes et néerlandaises.
Dans le cadre de l'accord de partage de production conclu entre la Société pétrolière du Sénégal (Petrosen) et Woodside, Dakar dispose de 20% d'une production totale estimée à 100 000 barils par jour. Cependant, rapporte le magazine, un défi majeur se profile : la capacité de la SAR à traiter l'ensemble de cette production nationale.
Bien qu'un programme de modernisation lancé en 2020 vise à augmenter la capacité de raffinage de 1,2 à 1,5 million de tonnes annuelles, les installations actuelles ne peuvent absorber la totalité de la production locale. Celle-ci a dépassé les prévisions initiales, atteignant 16,9 millions de barils entre juin et décembre 2024, contre 11,7 millions anticipés, selon les chiffres rapportés par Jeune Afrique.
Face à ce défi, le journal révèle que Dakar envisage la construction d'une seconde raffinerie d'ici 2028. Ce projet baptisé "SAR 2.0" permettrait d'atteindre une capacité globale de 5,5 millions de tonnes par an, suffisante pour traiter les 5,3 millions de tonnes que Woodside peut extraire annuellement du gisement offshore de Sangomar.
Cette évolution marque une étape cruciale dans la stratégie énergétique du Sénégal, qui passe ainsi du statut de simple producteur à celui de pays capable de transformer sa propre ressource pétrolière.
LE PRÉSIDENT DU RNES PLAIDE POUR UNE ALTERNANCE GÉNÉRATIONNELLE DANS LE PATRONAT
Pour Mamadou Thiam, ce renouvellement est crucial pour soutenir la vision du Sénégal à l’horizon 2050 et intégrer les jeunes dans le processus économique.
Mamadou Thiam, président du Réseau National des Entrepreneurs du Sénégal (RNES), a lancé un appel aux autorités pour qu’elles œuvrent en faveur d’une alternance générationnelle au sein du patronat sénégalais. Selon lui, cette alternance est essentielle pour accompagner la vision du Sénégal à l’horizon 2050.
« Presque dans tous les pays du monde, il y a une alternance chaque dix ans. Au Sénégal, depuis plus de 50 ans, ce sont les mêmes têtes qui occupent les postes de décision. Vu leurs âges, ils ne peuvent pas accompagner cette vision », a déclaré Thiam. Il a souligné que l’enjeu ne se limite pas à accompagner le président lors de ses voyages ou à bénéficier de subventions, mais qu’il est crucial de travailler pour intégrer les jeunes dans le processus économique.
Mamadou Thiam a également insisté sur le fait que ceux qui soutiennent le projet des nouvelles autorités, et qui possèdent une expertise, doivent avoir l’opportunité de contribuer activement au développement du pays. « Nous sommes engagés dans la formation et l’accompagnement des jeunes dans presque tous les domaines. Mais il faut que l’État nous épaule pour changer le patronat », a-t-il conclu.
MOODY’S FAIT DE BONNES PREDICTIONS POUR 2025
L’Afrique subsaharienne devrait enregistrer une croissance économique de 4,2% en 2025 contre une estimation de 3,8% en 2024. Ces prédictions sont faites par l’agence Moody’s qui relève cependant que cette croissance reste fragile.
L’Afrique subsaharienne devrait enregistrer une croissance économique de 4,2% en 2025 contre une estimation de 3,8% en 2024. Ces prédictions sont faites par l’agence Moody’s qui relève cependant que cette croissance reste fragile.
“Afrique subsaharienne : De bonnes perspectives en 2025 grâce à l'amélioration des conditions de financement ; mais le coût de la dette reste élevé”. Tel est l’intitulé du nouveau rapport de l’agence de notation financière Moody’s publié dans un contexte économique mondial bien agité. En effet, l’étude fait ressortir que l’Afrique subsaharienne devrait enregistrer une croissance économique de 4,2% en 2025 contre une estimation de 3,8% en 2024.
Le rapport précise que la croissance économique moyenne de la région devrait être plus élevée que celle enregistrée au cours de la dernière décennie. Il indique dans la foulée que cette étape a été marquée par plusieurs chocs endogènes et exogènes tels que la chute des prix des matières premières durant la période 2014-2016, la pandémie de covid-19 et l’envolée de l’inflation consécutive au déclenchement du conflit russoukrainien.
Moody’s estime aussi que la hausse prévue de la croissance durant l’année en cours, devrait notamment découler de l’assouplissement des conditions financières, des investissements accrus dans les infrastructures et le secteur de l’énergie, de l’accélération du rythme des réformes économiques et de l’expansion du secteur des services.
Elle souligne d’ailleurs que plusieurs facteurs contribuent à cette hausse. Car, ajoute-t-elle, la plupart des économies mondiales, y compris celles d'Afrique subsaharienne, sont en phase de reprise après les perturbations causées par la pandémie. La levée des restrictions sanitaires et la reprise des activités économiques devraient stimuler la croissance, renchérit-elle.
Parallèlement, l’étude révèle qu’un autre élément de cette augmentation est la résultante du fait que de nombreux pays d'Afrique subsaharienne sont de grands producteurs de matières premières. A l’en croire, une hausse des prix de ces matières premières, comme le pétrole, les minéraux et les produits agricoles, pourrait améliorer les revenus d'exportation et stimuler la croissance économique.
Sur un autre plan, le rapport affirme que les investissements étrangers directs (IED)joueront un rôle crucial dans le développement économique de l'Afrique subsaharienne. A cet effet, note-t-il, l’augmentation des IED pourrait soutenir la croissance en créant de nouveaux emplois et en transférant des technologies.
A ces facteurs s’ajoute la mise en œuvre des réformes économiques visant à améliorer l'environnement des affaires et à attirer les investissements. Selon l’étude, ces réformes pourraient porter leurs fruits à moyen terme et contribuer à la croissance.
Toujours d’après le rapport, Moody's note que le recul de l'inflation et la baisse des taux directeurs opérés par les principales banques centrales mondiales soutiendront une tendance générale à l'assouplissement de la politique monétaire dans la région, ce qui permettrait une réduction progressive des coûts de financement
Concernant les contraintes liées à la disponibilité, Moody’s indique que des financements persisteront pour un certain nombre d'États, tandis que les besoins élevés en financements nécessaires au service de la dette extérieure par rapport aux réserves de change utilisables constitueront une autre source de risque souverain. Une appréciation soutenue du dollar en 2025 pourrait également augmenter le coût du service de la dette en devises étrangères, note-t-elle
En définitive, Moody's relève que sa prévision est encourageante, mais il est important de garder à l'esprit que la croissance économique en Afrique subsaharienne reste fragile et dépend de nombreux facteurs. Pour tirer pleinement parti des opportunités qui se présentent, les pays de la région devront relever les défis liés à l'instabilité politique, au changement climatique, à l'endettement, apprend-on.