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6 avril 2025
Economie
LES PREMIERS COUPS DE FILET DU PJF
Derrière les murs du Building administratif, une équipe de 27 magistrats mène une lutte sans merci contre la criminalité économique. Les premiers résultats révèlent plus de deux milliards de francs saisis et plus de 160 arrestations effectuées
(SenePlus) - D'après un reportage de la RTS, le Pôle Judiciaire Financier (PJF) affiche un bilan considérable après seulement quatre mois d'existence. Cette nouvelle institution, créée en août 2023, s'impose déjà comme un acteur majeur dans la lutte contre la délinquance économique et financière au Sénégal.
Au sixième étage du Building administratif, vingt-sept magistrats, épaulés par leurs greffiers, travaillent sans relâche sur des dossiers sensibles. Selon le reportage de la RTS diffusée vendredi 17 janvier 2025, l'institution a déjà traité 91 affaires concernant des crimes économiques et délits financiers.
Le procureur de la République, El Hadji Aliou Abdoulaye Sylla, révèle des chiffres éloquents : "À ce jour, il y a eu 162 arrestations. Il y a 87 dossiers qui ont été transmis au juge d'instruction." Plus impressionnant encore, le montant des saisies et cautionnements s'élève à "2 milliards 500 millions", auxquels s'ajoutent divers "moyens roulants" confisqués.
Le directeur des affaires criminelles et des grâces (DACG), Yakham Leye, souligne la spécificité du PJF par rapport à son prédécesseur, la Cour de Répression de l'Enrichissement Illicite (CREI) : "Le pôle judiciaire et financier va connaître de la grande délinquance économique et financière. Il sera donc animé par des magistrats spécialisés et qui seront assistés [...] par des assistants de justice qui sont également des experts dans des domaines aussi divers que la finance, la banque, l'informatique, les marchés publics."
Une avancée majeure distingue le PJF : l'introduction du double degré de juridiction. Comme l'explique le DACG, cette innovation permet désormais aux personnes jugées de faire appel, un droit qui n'existait pas sous la CREI.
Le procureur du PJF insiste sur la diversité des sources des dossiers traités : "Nous avons reçu des dossiers de l'Ofnac. Nous avons également été saisis récemment de certains dossiers de la CENTIF." Il réaffirme l'engagement de l'institution envers la transparence, tout en respectant "les règles relatives à la présomption d'innocence et aux droits de la défense."
L'actualité récente du PJF a été marquée par l'annonce d'une traque portant sur 125 milliards de francs, révélée dans un communiqué le 12 janvier dernier. Cette affaire illustre l'ampleur des enjeux auxquels fait face cette nouvelle institution judiciaire.
Le fonctionnement quotidien du PJF, tel que décrit par la RTS, révèle une procédure rigoureuse. Les personnes convoquées sont entendues en présence de leur avocat, avec la possibilité de répondre ou non aux questions du juge. Si des charges sont retenues, leurs dossiers sont transmis au parquet pour la suite de la procédure.
par Jean Pierre Corréa
LA RÉUNION HOULEUSE DU CNP
EXCLUSIF SENEPLUS - Face au tollé suscité par ses récents propos sur la gouvernance des organisations patronales, Amadou Seck, président de l'UPIC est resté ferme sur ses positions, appelant à un renouvellement des instances
Les propos tenus lors d’une émission de la TFM par Amadou Seck, évoquant un déficit de démocratie à l’interne des organisations patronales, avaient abouti à une convocation d’une réunion du CNP, plaçant ce fait au premier rang d’un ordre du jour aux allures de règlement de comptes. Selon des sources concordantes, ce fut le cas.
En effet, plusieurs participants eurent à reprocher au président de l’UPIC ses propos jugés comme dissidents, alors que « l’accusé », a, selon nos sources, avec tranquillité, rétorqué que ses propos étaient d’une part, généraux, mais qu’il les maintenait, même si certains s’étaient sentis visés par sa sortie, appelant à un renouvellement de plusieurs instances patronales. Tous les reproches faits à Amadou Seck ont semble-t-il été balayés par le président de l’UPIC, devant un président du CNP, Baïdy Agne, quelque peu gêné aux entournures, face à la direction que prenait ce débat d’un autre temps. Car, l’évidence semble être de constater l’importance prise par l’UPIC et sa gestion, qui aura valu à Amadou Seck d’être du voyage en Gambie en compagnie du Premier ministre Ousmane Sonko, et surtout les nouvelles orientations du pouvoir en place, dans sa collaboration avec le secteur privé, désorientant un peu les personnalités d’un patronat devenu archaïque dans son fonctionnement, lequel paralyse ses objectifs d’accompagnement du pouvoir en place dans les mécanismes notamment de mise en place de stratégie liées à l’emploi, des jeunes en particulier.
Le débat fut donc houleux, même si Amadou Seck, est resté droit dans ses mocassins, avant d’être orienté sur des objectifs de changer de politiques, comme à l’IPRES ou à la Caisse de Sécurité Sociale, qui faisaient partie du même ordre du jour.
Il faut maintenant espérer que les observations de Monsieur Amadou Seck soient prises en considération pour une meilleure et plus efficace participation de nos organisations patronales aux politiques publiques qui mettront notre pays sur la voie définitive du progrès et du développement.
LES BOULANGERS DANS LA FARINE
Le pain risque d’être une denrée rare au Sénégal, si l’on n’y prend garde. Les boulangers sont en train de mettre la clé sous le paillasson, depuis la baisse des prix du pain décidée par les nouvelles autorités.
«Des boulangers sont en train de mettre la clé sous le paillasson à cause du prix diminué du pain et de la pression fiscale.» Une annonce faite par Amadou Gaye, président de la Fédération nationale des boulangers du Sénégal (Fnbs). Ce dernier tire la sonnette d’alarme et demande de la diligence aux nouvelles autorités pour sortir de l’ornière les boulangers. Plus de 72 boulangeries ont été déjà fermées entre Touba, Dakar et Fatick.
Le pain risque d’être une denrée rare au Sénégal, si l’on n’y prend garde. Les boulangers sont en train de mettre la clé sous le paillasson, depuis la baisse des prix du pain décidée par les nouvelles autorités. «Nous nous réunissons pour évoquer les défis que rencontre le secteur de la boulangerie sénégalaise. Depuis la décision des nouvelles autorités de baisser le prix du pain le 21 juin 2024, nous avons été témoins de la fermeture de plusieurs boulangeries à travers le pays. Pour ne pas être long, je peux citer le cas de Touba où dix-neuf boulangeries, plus neuf, ça fait vingt-huit boulangeries fermées. A Dakar, notre dernier décompte a fait état de trente-sept ; à Fatick, sept boulangeries ont été fermées», a révélé Amadou Gaye, pour attirer l’attention des autorités. Le président de la Fédération nationale des boulangers du Sénégal (Fnbs) animait hier, une conférence de presse à leur siège, en présence des autres membres de la structure qu’il dirige. Donc, dit-il, la situation est très inquiétante.
Plus de 72 boulangeries déjà fermées
«Il y a des boulangeries qui sont fermés à cause de la fiscalité qui est un danger pour ce pays. Aujourd’hui, nous concentrons des boulangeries qui sont fermées, à cause de l’impôt», affirme M. Gaye. «Trop de taxes tuent les boulangers. On ne peut pas nous dire que le pain est un produit social et que nous ne pouvons pas bénéficier d’une tarification sociale. Le pain n’est pas vendu à son véritable prix. Ce n’est pas la vérité des prix. Si nous appliquions la vérité des prix, le pain devait coûter au minimum 200 à 250 francs Cfa», argue le président de la Fnbs. Qui invoque d’autres goulots d’étranglement au fonctionnement du secteur des boulangers.
«Il y a des boulangeries qui sont fermées à cause d’un problème social aussi. Il y a des boulangers qui ne peuvent plus continuer, parce qu’ils n’ont pas de recettes.
L’industrie de la boulangerie sénégalaise est en crise. Une industrie qui se caractérise par plus de trente-mille emplois directs, quarante-mille emplois indirects, six-cents milliards de chiffre d’affaires. 3% du Produit intérieur brut (Pib).
Est-ce qu’un Etat doit pouvoir laisser cela continuer ? Donc, cette situation a entraîné des conséquences économiques et sociales désastreuses», dénonce M. Gaye.
Il considère que cela résulte également de la non-application de la réglementation et de ses conséquences sur le prix du pain et le poids du pain. «Cette situation est aggravée par le manque d’implication des autres ministères pour appuyer le ministère du Commerce et de l’industrie. Le ministère du Commerce essaie de faire de son mieux, pour régler les problèmes. Je peux témoigner ici sa ferme volonté de nous trouver des solutions. Mais en tant qu’industriels, ce dont nous avons besoin, ce sont des actes. C’est pourquoi nous avons tenu à faire cette conférence de presse, pour prendre à témoin la population, pour expliquer nos problèmes», déclare Amadou Gaye.
La Fnbs réclame ainsi, dans les meilleurs délais, l’assainissement du secteur avec le respect des dispositions du décret 22-117 et des arrêtés 113-118 du 3 mars 2020, arrêté 00-97-93 du 13 mai 2020 et l’arrêté 118-75 du 26 avril 2022.
«La Direction des hydrocarbures est en train de bloquer les quotas de diesel auxquels les boulangers ont droit», indexe M. Gaye, qui trouve cela anormal. L’autre contrainte soulevée, c’est la hausse des intrants. «La levure coûtait 20 000 francs Cfa. Aujourd’hui, ce produit coûte entre 26 000 et 30 000 francs Cfa», s’offusquent-ils. Cette hausse, selon lui, «est due simplement aux impôts, les prix de la levure et des améliorants augmentés sur le plan international».
par Birane Diop
« LE LAMBEAU » DE PHILIPPE LANÇON EST UNE ŒUVRE MAJEURE
Il incarne une conscience universelle dans un monde sous tension, marqué par le terrorisme et les menaces fascistes. De sa "gueule cassée" à sa renaissance, son récit est un monument de dignité et de résilience
Le 7 janvier 2025, la France a commémoré le dixième anniversaire des attentats contre l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo. Cette date, gravée dans la mémoire collective de la République, ravive des souvenirs douloureux et des cicatrices toujours béantes dans le corps social. Des vies ont été fauchées au nom d’une idéologie meurtrière. Cette barbarie inqualifiable, perpétrée par les frères Kouachi, deux ennemis des joies simples et du bonheur fugace, a coûté la vie à douze personnes et en a blessé plusieurs autres.
Parmi les survivants de ce drame figure Philippe Lançon. J’ai beaucoup pensé à lui le jour de la cérémonie d’hommage aux victimes. Depuis que j’ai lu son livre Le Lambeau, d’une traite, un après-midi d’été 2018 sur les berges du Rhône, son récit me hante et me bouleverse.
Né en 1963 à Vanves, Philippe Lançon est à la fois journaliste et romancier. Il exerce son métier au quotidien Libération et en tant que chroniqueur à Charlie Hebdo. Il a été grièvement blessé lors de cet attentat, tout comme Coco et Riss. C’est cette histoire tragique que Philippe Lançon raconte dans son roman autobiographique Le Lambeau. Un ouvrage dans lequel chaque mot célèbre la liberté, l’intimité, l’universalité, la fraternité, mais aussi la fragilité de la vie. Cette vie qui ne tient parfois qu’à un fil, le tout bercé par la musique de Bach et les textes de Proust.
Philippe Lançon retrace, à cœur ouvert et avec une grande dignité, les quelques minutes qui ont bouleversé sa vie et celle de ses collègues, ainsi que les deux années de convalescence médicale qui ont suivi l’attentat, marquées par des opérations chirurgicales de six à huit heures. Pourtant, la veille de l’attentat, il s’était rendu au théâtre avec Nina. Le lendemain, Philippe Lançon se réveille de mauvaise humeur, fait des exercices tout en écoutant l’interview de Michel Houellebecq sur France 2. Partagé entre Libération et Charlie Hebdo, il décide de se rendre à la réunion de rédaction de Charlie. Était-ce un signe du destin ?
Philippe Lançon dresse un panorama dont il est le centre, à la fois acteur et metteur en scène de son propre drame. Avec son visage défiguré et sous l’emprise des hallucinations provoquées par la morphine, Lançon mène un combat acharné. Il va réapprendre à affronter sa « gueule cassée » dans le miroir, de sa nouvelle maison, à la Salpêtrière. Il écrit : « Mon corps entier devenait ma mâchoire, cette inconnue qui m’écartelait et semblait parcourue par des courts-circuits. »
Cet événement lui fera cependant comprendre l’importance de la famille. Pendant ces moments extrêmement douloureux, c’est son frère qui resta à son chevet, l’aidant et répondant à ses moindres besoins. En une phrase : Le Lambeau est une ode à la famille et à l'amitié sans faux-semblants.
Ce texte de 512 pages dégage une profonde humanité. C’est un ouvrage dont la plume a été trempée dans l’encre de l’humanisme et de la vulnérabilité. Malgré tout ce qu’il a vécu, Philippe Lançon n’a exprimé ni haine, ni désir de vengeance. Il distille de l’amour et de l’empathie dans toute sa complexité humaine et avec ses failles assumées. Le Lambeau nous interroge, nous bouleverse et, par moments, nous réduit au silence. Tous les mots de ce récit de vie sont d’une justesse incroyable.
J’ai été terriblement frappé par le bel hommage qu’il a adressé au personnel soignant qui était à son chevet, pendant cette longue et douloureuse période de réparation. Passer trois mois, alité à hôpital est une épreuve considérable. Je n’ai jamais lu une page de Charlie, mais jamais je ne cautionnerai la mort d’un journaliste ou d’un dessinateur pour ses écrits ou ses dessins. Écrivain de talent, Philippe Lançon incarne une grande conscience universelle dans un monde sous tension, marqué par le terrorisme et les menaces fascistes. Il fait partie de ces grands écrivains qui occupent une place spéciale dans mon panthéon personnel, celui de la littérature et de l’humanisme. Le livre de Philippe Lançon nous montre encore magnifiquement cette vérité implacable : Quand tout sera perdu, ou presque, il ne restera que la littérature, la musique, l'art, le cinéma et les liens tissés avec ceux que nous aimons d'un amour pur et désintéressé.
Post-scriptum : voici les mots que j’avais écrits sur ma page Facebook le jour où il a reçu le prix Femina, le 5 novembre 2018 : « Le prix est amplement mérité. Félicitations à Philippe Lançon pour ce récit bouleversant et poignant, écrit avec une grande dignité et un courage admirable. Je suis vraiment heureux pour lui. »
LE GOUVERNEMENT S’ENGAGE À ÉPONGER LA DETTE DES PRODUCTEURS DE LA VALLÉE DU FLEUVE
Mabouba Diagne a pris l'engagement à résoudre la dette de 9 milliards de francs CFA contractée par les producteurs. Ces derniers, impactés par les inondations, peinent à honorer leurs engagements financiers depuis trois ans.
Saint-Louis, 16 jan (APS) – Le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Mabouba Diagne, a promis, jeudi, à Saint-Louis (nord), de trouver une solution à la dette d’un montant de 9 milliards de francs CFA contractée depuis trois ans par les producteurs de la vallée du fleuve Sénégal (nord) pour financer leurs activités rizicoles.
À cause des inondations qui ont ravagé leurs champs, ils n’ont pas pu la payer, selon le président du Comité interprofessionnel riz (Ciriz), Ousseynou Ndiaye.
‘’Nous allons trouver une solution à cette dette de 9 milliards mais il faudra que vous respectiez votre parole’’, a dit M. Diagne en s’adressant à leur représentant, le président du Ciriz.
Ce dernier a informé le ministre de la difficulté à payer la dette, à l’occasion de la cérémonie officielle d’ouverture des assises nationales de la riziculture, organisées par la Société d’aménagement des terres du delta et de la Falémé et le Ciriz.
‘’Nous allons résoudre ce problème. Nous pensons vous ne pourrez jamais, sans cela, atteindre la souveraineté alimentaire’’, a assuré Mabouba Diagne, invitant les producteurs à s’engager à respecter leur engagement.
Il a exprimé le souhait que les producteurs lui montrent, au terme des assises, la voie à suivre pour augmenter la productivité, sans quoi la souveraineté alimentaire ne serait pas possible.
M. Diagne considère que l’agriculture et l’élevage doivent être considérés comme une priorité. ‘’Les autorités […] en sont conscientes’’, a-t-il dit.
Le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage a rappelé les contraintes à la production de riz, dont la forte consommation implique des sorties de devises contribuant à déséquilibrer la balance commerciale du pays.
Le président du Ciriz s’est réjoui de l’engagement pris par le ministre sur la nécessité de trouver une solution à l’endettement des producteurs envers les banques.
Ousseynou Ndiaye a invité le ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage à trouver une solution à l’invasion d’oiseaux migrateurs et aux risques d’inondation qui, selon lui, nuisent souvent à la production.
Mathieu Bosc, du département eau, agriculture et climat à l’Agence française de développement, a assuré Mabouba Diagne et les riziculteurs de la vallée du fleuve du Sénégal de la disponibilité de la structure qu’il représente à soutenir la politique de souveraineté alimentaire du Sénégal.
Les assises nationales de la riziculture, qui vont durer trois jours, vont déboucher sur de ‘’fortes recommandations’’ en vue de l’atteinte de la souveraineté alimentaire, selon les organisateurs.
Ces recommandations seront, disent-ils, une contribution du Ciriz au programme ‘’Sénégal 2050’’, le programme de développement du pays.
TENSIONS AUTOUR DU SUCRE ET DE L'HUILE
Des consommateurs, des commerçants et des membres d’associations consuméristes, interrogés par l’APS, ont alerté sur une tension concernant le sucre et l’huile, à Mbour...
Des consommateurs, des commerçants et des membres d’associations consuméristes, interrogés par l’APS, ont alerté sur une tension concernant le sucre et l’huile, à Mbour, une situation née d’une ‘’baisse de stocks’’ qui a été »corrigée », a rassuré le commissaire aux enquêtes économiques Mamadou Lamine Ndiaye, le chef de service départemental du commerce.
»Tous les produits, notamment le sucre et l’huile, sont en hausse. On vendait le kilogramme à 600 francs Cfa mais présentement, nous l’achetons à 650 francs, il y en a même qui le vendent à 700 francs’’, a dit Fatoumata Sylla, une vendeuse de jus au marché central de Mbour.
En plus de la hausse sur le prix, poursuit Fatoumata, ‘’on ne voit plus de sucre sur le marché, même les boutiques de quartiers n’en disposent pas. La situation est la même, concernant l’huile’’.
Selon elle, ‘’les boutiquiers ont augmenté le prix’’, en vendant à 1.200 francs le litre qui coûtait auparavant 1.000 franc CFA.
« ’C’est une situation alarmante pour les familles’’, signale-t-elle.
‘’Les prix auxquels nous achetons nous avaient obligé à vendre, c’est 19. 150 pour le bidon de 20 litres, mais là, ce bidon est à plus de 21.000 francs. Et là nous ne pouvons pas l’acheter à ce prix’’, déplore M. Dia, grossiste au marché central de Mbour.
« Pour ce qui est du sucre, a relevé encore le commerçant, le prix au détail qui avait été homologué, était de 28.750 francs le sac, un tarif que nous n’avons pas le droit de dépasser, même si parfois, nous l’achetons au même prix chez le grossiste ».
‘’Ce qui explique tout le problème’’, a-t-il commenté.
Sur les quatre boutiques visitées par l’APS au quartier Grand Mbour, une seule dispose de sucre et en petite quantité.
‘’Les commerçants font tout pour créer des pénuries artificielles et généralement, c’est pour augmenter les prix surtout à l’approche du Ramadan’’, regrette Serigne Ba, qui représente à Mbour, SOS Consommateur, une association consumériste dirigée par l’avocat Me Massokhna Kane.
Pour cet acteur de la société civile, ‘’l’État doit prendre les décisions idoines pour protéger les consommateurs contre les commerçants véreux, et revoir la politique de contrôle des prix’’’.
Le Commissaire aux enquêtes économiques Mamadou Lamine Ndiaye, le chef de service départemental du commerce de Mbour, a expliqué à l’APS que cette tension était liée à une ‘’baisse de stocks’’.
Toutefois, il a rassuré qu’elle ‘’a été corrigée grâce à la collaboration » avec les commerçants, grossistes, demi-grossistes.
‘’A l’heure où je vous parle, on a un stock de sucre très important qui nous permet d’approvisionner correctement le marché. Pas plus tard que ce matin (mercredi), deux commerçants ont déclaré avoir reçu 40 tonnes de sucre chacun. Ce qui fait 80 tonnes, largement suffisant pour le moment pour approvisionner le marché au niveau du département’’, a rassuré le chef de service départemental du commerce de Mbour.
M. Ndiaye a écarté toute pénurie d’huile sur le marché, en ce moment.
‘’Le marché est très bien approvisionné. Les quantités que nous avons nous permettent de satisfaire très largement le marché et ce matin (mercredi), nous avons fait un relevé de stocks de 79 mille litres disponibles’’, a-t-il dit.
Il a souligné, par ailleurs, que le service qu’il dirige travaille avec ses partenaires pour que l’huile reste disponible sur le marché et à un prix moindre pour les consommateurs.
LE DÉPART DE L’ARMÉE FRANÇAISE INQUIÈTE A DAKAR
"Ne pas être les agneaux du sacrifice." Tel est le cri du cœur des employés sénégalais de l'armée française. La nouvelle politique de souveraineté de Diomaye menace directement les moyens de subsistance de près de 500 familles
(SenePlus) - Le départ programmé de l'armée française du Sénégal cette année provoque de vives préoccupations chez les employés locaux. Selon l'AFP, plusieurs centaines de civils sénégalais se sont rassemblés mercredi à Dakar pour exprimer leurs inquiétudes et revendiquer des conditions équitables de licenciement et de reclassement.
Cette décision historique s'inscrit dans le contexte politique du nouveau président Bassirou Diomaye Faye, arrivé au pouvoir en 2024. Son programme prévoit la fin de toute présence militaire étrangère sur le territoire national, marquant une rupture significative dans les relations franco-sénégalaises.
L'impact social de ce retrait s'annonce considérable. D'après l'AFP, les installations militaires françaises à Dakar et ses environs emploient directement environ 170 personnes, avec un effectif total oscillant entre 400 et 500 personnes en incluant les sous-traitants. Le secrétaire général du syndicat du personnel des Éléments français au Sénégal (EFS), Djibril Ndiaye, a exprimé les attentes des travailleurs : soit une réintégration dans les services de l'État sénégalais, soit un accompagnement pour leur réinsertion professionnelle.
L'histoire semble se répéter pour ces employés. En 2011, rappelle l'AFP, une précédente réorganisation de l'armée française avait déjà entraîné des centaines de pertes d'emplois. Les syndicats, refusant d'être les "agneaux du sacrifice", réclament aujourd'hui "un plan social meilleur que celui d'alors".
Face à ces inquiétudes, le commandant des EFS, le général de brigade Yves Aunis, a tenu à rassurer le personnel. Selon ses déclarations à l'AFP, l'État français est "très conscient des enjeux humains et des impacts sur les familles sénégalaises". Il a promis le respect du droit du travail sénégalais et de "bonnes conditions de départ", assurant qu'"il y aura un plan de licenciement" et qu'"il n'y aura pas de mesquinerie".
Comme le souligne l'AFP, bien que le Sénégal ait été l'un des alliés africains les plus fidèles de la France depuis son indépendance en 1960, la nouvelle administration souhaite désormais placer la France sur un pied d'égalité avec les autres partenaires étrangers, revendiquant une souveraineté pleine et entière.
UN COUP DUR POUR LES MENAGES ET LA SECURITE ALIMENTAIRE
La filière avicole sénégalaise traverse une crise sans précédent, marquée par une flambée des prix des poussins et des œufs à couver.
La filière avicole sénégalaise traverse une crise sans précédent, marquée par une flambée des prix des poussins et des œufs à couver. Cette situation, qui met en péril l'accès aux produits avicoles pour les ménages, soulève des inquiétudes quant à la sécurité et la souveraineté alimentaire du pays.
La filière avicole du Sénégal repose sur une interprofession composée de plusieurs collèges : accouveurs, provendiers, producteurs et prestataires. Cette industrie produit entre 70 et 90 millions de poussins par an. Mais elle est confrontée à des défis structurels majeurs
Les accouveurs, par exemple, se divisent en plusieurs catégories selon leurs modes d'approvisionnement : certains disposent de reproducteurs locaux, tandis que d'autres importent leurs œufs à couver. Les prix de ces œufs, qui ont explosé au cours des dernières années, atteignent aujourd'hui 350.000 francs CFA par carton, contre 250.000 francs CFA il y a peu. Cette hausse se répercute directement sur le coût des poussins, qui peut atteindre 27.500 francs CFA le carton de 50.
Cette flambée des prix affecte gravement les ménages et les petits éleveurs, qui représentent la majorité des acteurs de la filière. Les conditions d’élevage souvent précaires et les problèmes sanitaires récurrents amplifient leurs difficultés. Les périodes de froid, couplées à la propagation de maladies aviaires, aggravent encore leur vulnérabilité.
En conséquence, les ménages voient leur accès aux produits avicoles — source importante de protéines — se restreindre, accentuant ainsi l’insécurité alimentaire. Cette situation constitue également une menace pour la souveraineté alimentaire, le Sénégal demeurant dépendant des importations pour une partie de ses œufs à couver.
Face à cette crise, des efforts sont en cours pour assainir et structurer la filière. Le gouvernement s’est engagé à soutenir les accouveurs par des crédits spot, notamment pour accroître leur capacité de production. Cependant, l’assainissement du secteur passe également par une meilleure régulation des acteurs, un renforcement des normes sanitaires et un accompagnement technique des petits éleveurs.
Par ailleurs, des initiatives visent à atteindre l’autosuffisance en œufs à couver dans les années à venir. Ce projet, soutenu par le ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Elevage, est perçu comme une solution durable pour stabiliser les prix et réduire la dépendance aux marchés internationaux.
La filière avicole est un pilier essentiel de l’économie agricole sénégalaise et un vecteur crucial de sécurité alimentaire. La crise actuelle met en lumière les fragilités du secteur, mais aussi l’urgence d’agir pour préserver son avenir. Les réformes en cours devront être accompagnées d’un engagement soutenu des acteurs publics et privés afin de garantir une production avicole durable et accessible à tous les Sénégalais.
BABACAR MBAYE, UN EXPERT CHEVRONNÉ À LA TÊTE DES DOUANES SÉNÉGALAISES
L’inspecteur principal des douanes de classe exceptionnelle Babacar Mbaye a été nommé, hier en Conseil des ministres, directeur général des douanes
L’inspecteur principal des douanes de classe exceptionnelle Babacar Mbaye a été nommé, hier en Conseil des ministres, directeur général des douanes.
Il remplace à ce poste Dr Mbaye Ndiaye. Né à Thiès en 1975, le nouveau patron des douanes est titulaire d’une maîtrise en sociologie des organisations. Fort d’une expérience de plus de 21 ans, il occupait, depuis janvier 2023, le poste stratégique de directeur des opérations douanières (Dod). Une fonction essentielle pour superviser et coordonner les activités douanières à l’échelle nationale.
Auparavant il a été successivement vérificateur au bureau de Dakar-Port-sud, chef de division de Tambacounda, Kaolack et Dakar-Port, puis chef du bureau Dakar-Port sud, directeur régional des douanes du nord et directeur régional de Dakar-Port. Ces différentes affectations, lui ont permis d’acquérir une expertise globale des défis et des opportunités liés à la gestion douanière dans un contexte de mondialisation croissante.
La carrière de Babacar Mbaye est jalonnée de distinctions qui témoignent de son professionnalisme et de sa contribution. Officier de l’Ordre du mérite, il a également été décoré de la médaille d’honneur des douanes ainsi que de la médaille de l’Organisation mondiale des douanes.
Le successeur de Mbaye Ndiaye devra relever le défi de diriger une institution essentielle à l’économie sénégalaise. Les douanes occupent une place stratégique en assurant la mobilisation des ressources financières de l’État, en facilitant les échanges commerciaux et en luttant activement contre la fraude et la contrebande.
CAP SUR 2026 POUR LA LIVRAISON COMPLÈTE DES 1 700 VILLAS DE LA CITÉ DES AKYS
Ce projet pharaonique, qui a déjà livré 1 250 villas, transforme le quotidien des familles modestes sénégalaises. À Bambilor, chaque nouvelle maison représente un espoir pour l'avenir et un moteur pour l'économie locale
Avec déjà 1 250 villas livrées, la Cité des Akys se rapproche de son objectif final de 1 700 villas, prévu pour 2026. Ce projet est plus qu’un simple programme immobilier, il représente une solution durable à la crise du logement qui affecte particulièrement les ménages à revenus modestes au Sénégal.
« C’est une grande fierté pour nous de voir autant de familles s’installer dans leurs nouvelles maisons », déclare le responsable du service client. « Nous nous efforçons de respecter nos engagements afin que d’ici 2026, toutes les villas soient livrées et pleinement opérationnelles, offrant un cadre de vie agréable et sécurisé. »
Un impact social et économique
Au-delà de la simple construction de logements, la Cité des Akys joue un rôle clé dans le développement économique de la région de Bambilor. En générant des emplois locaux et en améliorant les infrastructures, ce projet contribue à dynamiser l’économie régionale tout en répondant à un besoin crucial en logements.
Une vision pour l'avenir
Avec des objectifs ambitieux et une approche résiliente face aux obstacles, le promoteur de la Cité des Akys est bien placé pour devenir un acteur clé de la réduction du déficit de logement au Sénégal. Alors que le projet avance vers sa phase finale, il représente un symbole d’espoir pour de nombreuses familles qui rêvent d’accéder à la propriété.
En 2026, lorsque les 1 700 villas auront toutes été livrées, la Cité des Akys aura marqué un tournant dans l’histoire du logement sénégalais, tout en contribuant à améliorer les conditions de vie de milliers de citoyens.