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6 avril 2025
Economie
LES TRANSFERTS DE FONDS DE LA DIASPORA ONT ATTEINT 1 842 MILLIARDS F CFA EN 2023
Malgré cet apport financier important, une majorité de ces fonds reste orientée vers la consommation, un constat préoccupant pour le développement économique du pays.
iGFM - (Dakar) La diaspora sénégalaise est un acteur économique plus que jamais incontournable. Une réalité qui a encore été confirmée par la Banque centrale des États de l’Afrique de l'Ouest (BCEAO) qui publie, ce jeudi 23 janvier 2025, le rapport statistique des comptes extérieurs du Sénégal consacré à l’examen de la balance des paiements au titre de l’année 2023.
Il ressort de celui-ci que les transferts de fonds des Sénégalais de l’extérieur ont atteint 1842 milliards de francs CFA en 2023 contre 1600 milliards de francs CFA en 2022.
Ce qui montre, selon François Sène, directeur national de la BCEAO pour le Sénégal, « l’effort continu de la diaspora pour financer l’économie ».
Cependant, constate-t-il pour le déplorer lors de la journée de diffusion de ces chiffres, « une étude récente de la BCEAO et de l’ANSD a montré que 79 % de ces 1 800 milliards restent tournés vers la consommation ». Alors que l’idéal serait que ces importants flux financiers provenant de fils et filles du pays puissent financer le développement afin de permettre au Sénégal d’avoir une croissance plus inclusive.
Pour inciter la diaspora à investir dans le développement, le nouveau régime - dans son nouveau référentiel de développement économique - a annoncé des leviers comme les diasporas-bonds (ou patriotes-bonds) qui vont permettre à la diaspora d’investir dans tous les segments de l’économie. Dans le même sillage, la création d’une banque pour la diaspora est en gestation, comme annoncé par le Premier ministre Ousmane Sonko lors de sa déclaration de politique générale en décembre.
IL N’Y A PAS QUE FARBA NGOM
Si le député membre de la Coalition Takku Wallu, en passe de perdre son immunité parlementaire, fait l’objet de soupçons financières de nature encore indéterminée, le dernier rapport de la Centif montre qu’il n’est pas le seul à être visé
Si le député membre de la Coalition Takku Wallu, en passe de perdre son immunité parlementaire, fait l’objet de soupçons financières de nature encore indéterminée, le dernier rapport de la Centif montre qu’il n’est pas le seul à être visé. Et les infractions les plus notables relevées par cet organisme portent sur les délits de corruption, de détournement de fonds publics, ou même trafic de devises et autres. L’année dernière, 43 dossiers avaient été transmis à la Justice.
Le travail de la Centif, la Cellule nationale de traitement des informations financières, est mis sous le feu de la rampe avec l’affaire Farba Ngom. Il a été dit que cette structure a alimenté le travail du Parquet judiciaire et financier qui a permis d’épingler M. Ngom.
Certains s’attendaient même à ce que le nom du député de la Coalition Takku Wallu se retrouve noir sur blanc dans le dernier rapport d’activité de cet organisme placé sous la tutelle du Ministère des finances et du budget (Mfb). Mais si cela n’est pas le cas, on peut tout de même relever que les infractions épinglées par la Centif ne font qu’augmenter au fil des ans.
Ainsi, concernant les Déclarations de soupçons (Dos) que les entités comme les banques, établissements financiers, notaires ou autres, ont l’obligation de faire si elles soupçonnent que les fonds qui passent entre leurs mains ou à leur vue proviendraient d’activités criminelles, ont sensiblement augmenté. De 330 Déclarations de soupçons en 2022, la Centif a reçu 807 en 2023. Cela représente une augmentation de 145% en une année. Si les banques, établissements financiers, les systèmes de transfert d’argent, ou même les sociétés de courtage, d’assurance et de réassurance, ont pu établir des déclarations, il faut noter qu’un seul notaire a produit une Dos. 3 agents immobiliers ont pourtant pu faire des observations suspectes dans leur domaine, comme aussi deux négociants en métaux précieux.
Les Déclarations de soupçons effectuées par ces entités assujetties portent essentiellement sur des cas de fraude, de corruption, de détournement de fonds par des personnes exerçant une fonction publique. Il y a eu 22 cas enregistrés ainsi.
Malheureusement, ou heureusement pour les concernés, le rapport de la Centif ne donne aucune indication pouvant permettre de les épingler nommément. Comme dit le rapport, en cas de besoin, les personnes incriminées sont mises à la disposition de la Justice, et c’est souvent à ce moment que l’opinion est informée.
Il est tout de même notable que le pays compte des cas importants de détournement de fonds, en plus de ceux portant sur la corruption ou les infractions portant sur des détournements présumés d’impôts. Ce qui laisse présumer que ces infractions seraient commises par des personnes investies d’une parcelle d’autorité publique.
La Centif essaie également de tracer des fonds destinés au blanchiment d’argent et au financement du terrorisme. Avec le concours de la Banque centrale, elle impose à tous les assujettis de relever les Déclarations de transactions en espèces (Dte). Il s’agit ici de versement ou de retrait de montants égaux ou supérieurs à 15 millions de francs Cfa.
Dans ce domaine, le nombre de Dte a dépassé les 16 millions. Il était de plus de 4 millions 336 mille en 2023. Ce qui représente une hausse de 292%. C’est une somme de 133 millions 420 mille francs Cfa qui est concernée par ces Dte en 2023. Si mars 2023 a connu un pic de 16 000 transactions en espèces, on doit relever que le changement de pouvoir a peut-être ralenti le flux, mais ne l’a pas freiné. Le mois de mai a vu ces Dte dépasser les 14 mille, tandis que c’est en septembre seulement que ces Dte ont pu atteindre 12 000. Là aussi, le changement systémique n’est pas encore vérifié.
Concernant tous les dossiers qu’elle a eu à connaître, la Centif en a transmis 43 au Parquet, tandis que 25 étaient en cours d’investigation. 70 autres ont été classés sans suite.
Elle s’arrange par ailleurs à signaler certains dossiers aux autorités administratives telles que la Bceao, les autorités douanières ou fiscales. 45 dossiers ont connu ces différents sorts.
LE COUP DE BALAI DE BASSIROU DIOMAYE FAYE
En plein scandale de détournement de deniers publics suite à l’affaire de l’inspecteur du Trésor, Tabaski Ngom, le président de la République a opéré de vastes changements à la Direction générale du Trésor ainsi qu’à celle du Budget
En plein scandale de détournement de deniers publics suite à l’affaire de l’inspecteur du Trésor, Tabaski Ngom, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a opéré de vastes changements à la Direction générale du Trésor ainsi qu’à celle du Budget.
A la Direction générale du Trésor, l’inspecteur général d’Etat, Amadou Tidiane Gaye, jusque-là directeur du Contrôle interne (DCI), est nommé Directeur général. Il remplace Cheikh Tidiane Diop. Souleymane Séne est nommé Trésorier général, Abdoulaye Fall appelé à d’autres fonctions.
Mor Cissé, précédemment Chef de la Division des Requêtes et du Contentieux de la Direction de la Comptabilité publique, est nommé Directeur de la Comptabilité publique (DCP), en remplacement de Pape Sidy Ndoye.
L’inspecteur principal du Trésor, Ndèye Dieynaba Ndiaye, précédemment Chef de la Division des Vérifications et du Suivi de la Direction du Contrôle interne, est nommée Directeur du Contrôle interne (DCI), en remplacement de Amadou Tidiane Gaye.
Inspecteur principal du Trésor, Amath Aw précédemment Trésorier Payeur pour l’Étranger (TPE), est nommé Directeur de l’Administration et du Personnel (DAP), en remplacement de Madame Sokhna Mbaye Diop. Coumba Awa Odette Ngom lui a succédé à la trésorerie payeur pour l’étranger. Kor Faye est le nouveau payeur général du Trésor. Amadou Oury Ba est devenu le nouveau coordonnateur de la Direction générale de la Comptabilité publique et du Trésor (DGCPT).
Serigne Fall, conseiller technique au Ministère des Finances et du Budget, est nommé Directeur du Secteur parapublic (DSP), en remplacement de Amadou Birahim Guéye. Alioune Diouf est le nouveau directeur de la Dette publique (DDP). A la Direction générale du Budget, l’inspecteur du Trésor Abdou Diouf précédemment Coordonnateur de la Direction générale du Budget, est nommé Directeur général du Budget (DGB), en remplacement de Maguette Niang.
A la Direction générale des impôts et domaines, André Pierre Diokh, précédemment Adjoint au Directeur du renseignement et des Stratégies du Contrôle fiscal, est nommé Directeur des Services fiscaux (DSF), en remplacement de Ibrahima Barry.
PLUS DE 10 MILLIONS DE MENACES IDENTIFIEES SUR DES ENTREPRISES EN 2024
La révélation a été faite par Gladys Salmouth, responsable de la communication de Kaspersky pour l’Afrique du Nord, du Centre et de l’Ouest.
Plus de 10 millions de menaces informatiques sur des entreprises sénégalaises ont été identifiées en 2024. La révélation a été faite par Gladys Salmouth, responsable de la communication de Kaspersky pour l’Afrique du Nord, du Centre et de l’Ouest. Elle s’exprimait hier, mercredi 22 janvier lors d’un atelier de sensibilisation à la cyberhygiène au profit des professionnels des médias, organisé par Kaspersky, une entreprise internationale de cybersécurité.
«En 2024, nous avons identifié plus de 10 millions de menaces sur des entreprises sénégalaises, qui ont été bloquées par Kaspersky. Nous voulons partager des conseils pratiques de cyberhygiène pour vous aider à vous protéger des risques les plus courants », indique-t-.elle Selon Mme Salmouth, les attaques liées au ‘’protocole de bureau à distance’’ étaient les plus fréquentes au Sénégal en 2024. Elle informe qu’elles étaient de l’ordre de 600.668 attaques. Elle renseigne que le nombre d’attaques profitant de la vulnérabilité ou des failles de sécurité des logiciels s’élevait à 293.089 et celles portant sur les vols de mot de passe sont évaluées à 71.865. Pour éviter ces menaces et attaques, Gladys Salmouth recommande aux entreprises et aux particuliers de vérifier l’expéditeur d’un mail avant de cliquer sur un lien, de ne pas répondre précipitamment et de se méfier surtout des deepfakes (les enregistrements vidéo ou audio réalisés ou modifiés à l’aide de l’intelligence artificielle). Pour sa part, Pascal Naudin, un responsable du service commercial de Kaspersky recommande aux entreprises de faire évoluer leur système de protection informatique en même temps que les menaces. « Lorsque vous achetez une solution de sécurité informatique, elle fonctionne dès que vous l’installez. Elle fonctionnera toujours, mais sachez aussi que les menaces évoluent. Si vous restez figés, des personnes malintentionnées cherchent des failles pour vous attaquer. Une fois qu’elles en trouvent, elles les exploitent. Il est important, donc d’être à jour », préconise-t-il.
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SAIF AL-ISLAM KADHAFI ACCABLE NICOLAS SARKOZY
Le fils de l'ancien dirigeant libyen révèle avoir supervisé personnellement le versement de cinq millions de dollars au clan de l'ex-président français. Il détaille pour la première fois depuis 2011 les dessous de ce financement présumé
(SenePlus) - Dans une interview accordée à Radio France Internationale (RFI), Saif al-Islam Kadhafi, fils de l'ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, brise plus d'une décennie de silence sur l'affaire du financement présumé de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007. Ces déclarations interviennent alors que l'ancien président français et onze autres prévenus comparaissent actuellement devant la justice à Paris.
Dans cet échange écrit, sa première prise de parole sur le sujet depuis 2011, Saif al-Islam Kadhafi fait des révélations particulièrement détaillées sur le montant et les modalités du financement présumé. Il affirme avoir personnellement supervisé le transfert de 5 millions de dollars en espèces au "clan Sarkozy". Selon ses déclarations à RFI, la moitié de cette somme, soit 2,5 millions de dollars, aurait été destinée au financement de la campagne présidentielle de 2007, en contrepartie d'accords et de projets favorables à la Libye.
Le fils de l'ancien guide libyen précise que l'autre moitié du versement aurait servi à obtenir l'arrêt des poursuites dans l'affaire de l'attentat du DC-10 d'UTA, survenu le 19 septembre 1989, qui avait fait 170 victimes et pour lequel Abdallah Senoussi, beau-frère de Mouammar Kadhafi, avait été condamné par contumace en 1999.
Plus troublant, Saif al-Islam révèle à RFI avoir fait l'objet de trois tentatives d'approche distinctes depuis 2021 visant à lui faire modifier sa déposition auprès des juges français. La première approche aurait été effectuée en 2021 par l'intermédiaire de Souha Al Badri, une consultante basée à Paris. Une seconde tentative aurait eu lieu fin 2022 via Noël Dubus, qui aurait contacté Hannibal Kadhafi, emprisonné au Liban depuis 2015, promettant sa libération en échange d'un changement de témoignage. Une troisième tentative aurait été menée par un Français d'origine arabe, dont l'identité n'a pas été révélée.
Contacté par RFI, Me Thierry Herzog, avocat de Nicolas Sarkozy, rejette catégoriquement ces allégations, les qualifiant de "fausses", "fantaisistes" et "opportunistes". Il souligne que ces déclarations surviennent au moment précis où s'ouvre le procès et y voit "le cadre d'une vengeance objective", ajoutant que "le dossier est vide".
BRAQUAGE DE L’HOTEL RIU, ONU-TOURISME… : FAOUZOU DEME ETALE SES IDEES
Dans un contexte où le tourisme mondial est en constante mutation, le Sénégal se distingue comme une destination de choix. Mouhamed Faouzou Dème, expert en tourisme et candidat au poste de Secrétaire général de l’Onu-Tourisme, partage sa vision
Dans un contexte où le tourisme mondial est en constante mutation, le Sénégal se distingue comme une destination de choix. Pourtant, des incidents ponctuels, comme l’attaque contre le réceptif hôtelier Riu Baobab perpétrée dans la nuit du samedi 18 au dimanche 19 janvier 2025, peuvent fragiliser cette image et mettre à l’épreuve la résilience des acteurs du secteur. Mouhamed Faouzou Dème, expert en tourisme et candidat au poste de Secrétaire général de l’Onu-Tourisme, partage sa vision sur les enjeux liés à la réputation des destinations touristiques, les mesures sécuritaires nécessaires et l’importance d’une collaboration renforcée entre acteurs publics et privés pour préserver l’attractivité du Sénégal. Il dévoile également les réformes qu’il souhaite impulser à l’échelle mondiale pour un tourisme inclusif, sécurisé et équitable.
Quel impact un incident comme l’attaque contre l’hôtel Riu Baobab peut-il avoir sur la réputation d’une destination touristique comme le Sénégal ?
Vous savez le tourisme s’épanouit et se développe dans la stabilité, la paix et la sécurité. C’est un élément fondamental dans la stratégie de marketing et de communication des destinations touristiques. Cependant, il faut être très prudent dans la communication journalistique dans de pareils incidents, car le langage commercial et diplomatique a un rôle important à jouer dans l’image de la destination. Maintenant, l’impact immédiat, c’est l’annulation de réservations, mais dans le court terme, avec une bonne maîtrise de l’incident et le renforcement des dispositifs sécuritaires, l’image pourrait ne pas être gravement affectée.
Quelles mesures les établissements hôteliers peuvent-ils mettre en place pour rassurer les touristes et renforcer leur sécurité ?
Il est du ressort du gestionnaire des établissements de mettre en place des dispositifs sécuritaires à plusieurs niveaux. Il y a des dispositifs dissuasifs, de contrôle d’accès, d’identification et de patrouilles à l’intérieur et aux points d’accès de l’établissement. Vient ensuite en appoint le dispositif des Forces de défense et de sécurité, ou les établissements disposent des contacts et des numéros verts pour appeler au secours en cas d’infiltration ou d’attaque. Aujourd’hui, avec l’avancée technologique, la vidéo surveillance est à la fois un élément important de la sécurité, mais aussi de la sûreté de l’établissement qui est sous contrôle 24/24h et qui permet de visionner tous les mouvements jusqu’au moindre détail. Il est important pour les établissements d’être très rigoureux dans le recrutement des vigils et des gardiens de nuit, et de veiller à leurs équipements de sécurité et de défense. Souvent, il y a de la complaisance ; or la sécurité ne se négocie pas, elle se paie cash. Cela pose la question des grilles salariales et des primes de risques qui valorisent le salarié au poste de gardien et qui le mettent à l’abri de complicité organisée avec certains bandits.
Comment les autorités gouvernementales, locales et les acteurs du tourisme peuvent-ils collaborer pour prévenir de tels incidents et préserver l’attractivité de la zone ?
Déjà, la prévention et la dissuasion sont des armes indispensables aux dispositifs de sécurité. Il faut rappeler que le tourisme est composé de plusieurs acteurs qui doivent régulièrement se retrouver et échanger sur plusieurs questions concernant l’accès à la mer, l’insalubrité, la sécurité, l’occupation des espaces autour du périmètre des établissements hôteliers, etc. Et c’est généralement à travers un Crd que les autorités territoriales, populations et acteurs touristiques anticipent sur les problèmes, mais aussi discutent des problèmes pour trouver des solutions. C’est ma conviction, il est urgent de travailler sur le transfert de compétences du tourisme, à défaut d’un partage des compétences, pour résoudre certains problèmes de gouvernance. Les bureaux régionaux du tourisme installés dans les pôles touristiques ont besoin d’accompagnement en tous genres pour assurer le contrôle, la vérification et les visites auprès des établissements hôteliers, pour remonter à l’autorité les rapports d’activités sur le pôle en question. Il faut une véritable prise en main du secteur du tourisme à travers des organes du personnel et des équipements pour assurer l’attractivité des pôles touristiques.
Vous êtes candidat au poste de Secrétaire général de l’Onu-Tourisme, pourquoi et quels sont les changements que vous comptez apporter à cette organisation ?
Je suis un des prétendants au poste de Secrétaire général de l’Onu-Tourisme, le seul Africain pour l’instant. La date de clôture de dépôt des candidatures est fixée au 31 janvier 2025 à minuit. Pourquoi être candidat, parce que je souhaite faire briller davantage le Sénégal à l’Onu-Tourisme en étant le premier Sénégalais et Africain à oser ce challenge, donner plus de dynamisme à notre économie par l’apport d’investissement massif, et offrir plus d’opportunités aux acteurs du tourisme à rivaliser avec les grandes destinations du tourisme mondial en augmentant qualitativement et quantitativement la contribution de notre tourisme au Pib national.
Les changements que je compte apporter à l’Onu-Tourisme sont nombreux, mais je commencerai d’abord par limiter le mandat du Secrétaire général à deux. Je m’engage à redessiner la carte du tourisme mondial en donnant plus de priorités à l’Afrique, travailler de façon inclusive et sans discrimination à ramener la paix, renforcer la sécurité et valoriser le capital humain de l’institution.
Je m’engage également à restructurer les organes de gouvernance de l’Onu-Tourisme, veiller à plus de transparence, d’équité, de solidarité et de parts de marchés à toutes les destinations, et valoriser le potentiel touristique des zones défavorisées pour plus de gains aux populations et aux acteurs.
LE RÉVEIL CITOYEN BOUSCULE LES URNES
René Lake dresse sur VOA Afrique, le bilan d'une année 2024 charnière pour la démocratie en Afrique. Selon lui, la simple tenue d'élections ne suffit plus à satisfaire une jeunesse de plus en plus exigeante
Dans une intervention approfondie sur VOA Afrique lors de l'ultime édition de l'émission Washington Forum, René Lake, analyste politique, dresse un bilan nuancé de l'année 2024 et esquisse les perspectives pour 2025, mettant en lumière les défis de la démocratie contemporaine.
"La démocratie électorale semble être une réalité sur le continent, mais elle n'est pas synonyme de démocratie effective, de démocratie citoyenne, de démocratie participative", observe Lake, soulignant une crise démocratique qui dépasse les frontières africaines. Selon lui, ce déficit de participation explique largement le mécontentement populaire et les bouleversements politiques observés à travers le monde.
La question de l'Alliance des États du Sahel (AES) et son retrait de la CEDEAO illustre les tensions régionales actuelles. Lake qualifie cette décision d'"incompréhensible", tout en reconnaissant que "les critiques des pays de l'AES vis-à-vis de la CEDEAO sont ressenties par les populations". Il place ses espoirs dans les efforts diplomatiques, notamment ceux du "professeur Abdoulaye Bathyli, diplomate chevronné et grand pan-africaniste".
Sur le plan international, l'analyste évoque la surprise de la réélection de Donald Trump aux États-Unis, survenue après la campagne éclair de Kamala Harris. "Il y a six mois, personne n'envisageait un tel scénario", note Lake, attribuant ce résultat à "la persévérance de Donald Trump, qui lui s'est préparé pendant quatre années sans répit".
Pour 2025, Lake identifie plusieurs enjeux majeurs pour l'Afrique francophone : l'avenir du franc CFA, la situation sécuritaire au Sahel, l'avenir de la CEDEAO, et les développements politiques au Sénégal et en Côte d'Ivoire. Concernant le conflit en Ukraine, il anticipe une possible résolution sous l'administration Trump, probablement "au détriment des Européens et de l'Ukraine en particulier".
L'analyste conclut sur une note d'espoir, évoquant l'émergence d'une jeunesse africaine "de plus en plus informée" et "très déterminée". "Les jeunesses veulent participer au développement et elles ont une exigence de transparence, de moralité, de décence qui est très élevée", affirme-t-il, suggérant un changement de paradigme nécessaire dans la conception même de la démocratie.
Par Henriette Niang KANDE
QUAND L’ÉTAT RAME, ÇA MOULINE DANS LE VIDE
Quand un chef d'État avoue n'avoir « aucune marge de manœuvre », on pourrait se demander s’il ne manque pas aussi de marge pour une bouffée d’air. Un cri d’alerte ou l’aveu qu’il aurait mieux fait de rester aux Impôts et Domaines ?
Le chef de l’Etat a présidé, lundi dernier, la première Conférence des Administrateurs et Managers Publics (CAMP). Dans son évaluation de l’Administration sénégalaise, il a déclaré en gros qu’après neuf mois aux commandes, le bilan fait tousser
1. D’abord, un État fauché comme les blés, avec des finances qui font grise mine et des marges de manœuvre aussi vastes qu’une boîte de sardines.
2. Ensuite, une Administration républicaine, certes, mais qui tourne encore sous Windows 95, alors qu’on parle d’intelligence artificielle et de révolution numérique à chaque coin de rue.
3. Puis, un secteur parapublic gonflé comme un ballon de baudruche, qui coûte un bras tout en doublonnant les services centraux, avec des dividendes qui se font désirer comme des vacances en première classe.
4. Enfin. Des services publics aussi simples qu’un casse-tête chinois, avec des coûts qui grimpent plus vite qu’un chat sur un rideau, et une image de l’État qui prend la poussière.
Bref, il faut un bon coup de balai pour dépoussiérer tout ça, moderniser, rapprocher l’administration des citoyens et la rendre plus efficace. C’est justement tout l’enjeu de cette Conférence des Administrateurs et Managers publics (CAMP) : causer stratégie, solutions, et surtout éviter la panne sèche.
Quand un chef d’État annonce qu’il n’y a « aucune marge de manœuvre » pour sortir son pays d’une crise, on pourrait se demander s’il ne manque pas aussi de marge pour prendre une bouffée d’air. Est-ce un cri d’alerte sincère, une manière d’éviter le stress des attentes, ou simplement l’aveu qu’il aurait peut-être mieux fait de rester aux Impôts et Domaines ? Explorons cette déclaration avec un brin d’humour.
Quand on parle de « contraintes systémiques », cela sonne un peu comme une excuse que l’on sort à l’école pour ne pas avoir fait ses devoirs. « Ce n’est pas moi, c’est la crise énergétique, la dette et le pays pillé par nos devanciers », semble-t-on entendre. Certes, les chefs d’État, surtout dans les pays en développement, jonglent souvent avec des problèmes qui semblent taillés pour un super-héros… mais sans le costume.
Reste que dire pudiquement « je ne peux rien faire » ressemble à une stratégie curieuse. S’agit-il de transparence pour préparer la population à de futurs sacrifices ? Ou simplement d’un moyen de baisser les attentes, parce qu’après tout, à quoi bon décevoir si tout le monde est déjà déprimé ?
Évidemment, une telle déclaration ouvre la voie à des critiques. Et si le véritable problème était une incompétence bien dissimulée ? Certains diront qu’un bon leader trouverait toujours une solution, même si elle implique de transformer des citrons en limonade. Mais quand on ne voit que des citrons, le casse-tête est qu’il faut choisir entre ceux qui ont des pépins et ceux qui n’en n’ont pas.
Pourtant, il faut bien admettre que tout ne peut pas être imputé à une seule personne. Quand un pays traîne un boulet depuis plusieurs décennies, le dirigeant actuel ressemble davantage à quelqu’un qui tente de réparer un avion en plein vol. Mais bon, si on a promis des réformes miracles et que l’on finit par lancer un SOS, il faut s’attendre à des critiques.
Si le chef d’État évoque une absence de marge de manœuvre, il y a peut-être une logique derrière. C’est un peu comme quand on dit à ses amis qu’on est fauché juste avant qu’ils ne demandent qu’on paye la prochaine tournée. En mettant en avant les contraintes extérieures, il déplace l’attention : ce n’est pas lui, ce sont les gens d’avant.
Mais attention, cette stratégie peut avoir un effet boomerang. Si la population sent que tout est de la faute des autres, elle pourrait finir par se demander pourquoi elle écoute encore quelqu’un qui n’a visiblement pas les commandes.
Les citoyens, eux, oscillent entre l’espoir d’une solution et une envie grandissante d’éclater de rire devant l’absurdité de certaines situations. Entendre qu’il n’y a pas de marge de manœuvre peut sembler honnête, mais cela risque aussi de ressembler à un abandon. Pourtant, l’art du leadership consiste justement à trouver un moyen de transformer une impasse en opportunité. Un peu comme ces gens qui, coincés dans un ascenseur, finissent par inventer un jeu pour passer le temps
Quand un chef d’État affirme qu’il n’y a pas de marge de manœuvre, cela peut être le reflet d’un contexte véritablement difficile, ou une manière astucieuse de réduire les attentes. Mais pour beaucoup de citoyens, cela reste une pirouette rhétorique qui pourrait bien résumer toute la situation : « On est dans le même bateau, mais moi, je ne rame pas. » Au final, la véritable question reste : qui prendra les rames et, surtout, où est-ce qu’on va ?
PAR Ibrahima Dia
PROPOSITION POUR LA FORMALISATION DES CONDUCTEURS DE MOTOS JAKARTA
EXCLUSIF SENEPLUS - Le statut d'entreprenant, pierre angulaire de cette stratégie, permettrait aux conducteurs d'accéder à la formalité sans frais initiaux tout en bénéficiant d'une reconnaissance légale de leur activité
La formalisation des conducteurs de motos taxis et livreurs, communément appelés "Jakarta", est devenue un enjeu crucial et urgent au Sénégal. Les récentes décisions étatiques exigeant une mise en conformité ont exacerbé les tensions dans un secteur qui, bien qu’informel, joue un rôle vital dans l’économie. Ce problème n’est pas nouveau. Déjà sous un précédent régime, des tentatives de régulation avaient provoqué une forte opposition malgré les efforts pour simplifier les démarches et alléger les coûts. Cette situation a permis au phénomène des motos Jakarta de prospérer de manière incontrôlée et les risques de sécurité publique deviennent plus importants.
Ces tensions soulignent l'importance de solutions inclusives et durables pour intégrer ces acteurs dans le cadre légal et économique formel et de traiter cette question structurelles en dehors de toutes considerations politiciennes partisanes. Ce défi s'inscrit dans une dynamique plus large visant à moderniser l'économie et à répondre à la problématique de l'emploi des jeunes, particulièrement marquée par une forte dépendance au secteur informel. En 2016, 97 % des unités économiques étaient informelles, contribuant à 54 % du PIB national, mais affichant une faible productivité et une couverture sociale quasi inexistant
Le succès de ce mode de transport repose sur une forte demande de mobilité rapide, des trajets courts et à bas coût et sur des besoins croissants en livraison, notamment grâce à l’essor du e-commerce. En parallèle, l’offre est alimentée par une main-d’œuvre abondante composée de jeunes sans emploi qui arrivent de plus en plans nombreux sur le marché, d’étudiants et d’autres individus cherchant à accumuler des revenus pour divers objectifs, pour un métier peu exigeant en qualification et avec presque pas de barrières d’entrée. On estime qu’entre 300 000 et 400 000 personnes travaillent dans ce secteur et ce chiffre risque de croitre d’avantage et plus rapidement que prévu.
Défis et enjeux de la formalisation des motos jakarta
Bien que tout le monde s'accorde sur l'importance de réguler l'activité, notamment par l'obtention de documents administratifs et l'immatriculation des motos, plusieurs obstacles majeurs continuent de constituer de fortes barrières si l’on se réfère aux déclarations des acteurs.
Le premier obstacle réside dans le coût élevé des procédures et les contraintes financières qu'elles imposent. Les frais administratifs sont jugés prohibitifs, d'autant plus qu'ils doivent être réglés en une seule fois, ce qui constitue un défi pour des acteurs dont les revenus, souvent modestes et instables, dépendent d'une activité quotidienne.
Ensuite, la complexité des démarches représente un frein significatif. Les étapes à suivre, souvent longues et exigeantes en termes de temps et de ressources, découragent de nombreux individus qui peinent déjà à répondre aux besoins immédiats de leur quotidien.
Enfin, l'achat informel des motos constitue un autre obstacle de taille. Beaucoup de ces véhicules, acquis sans documents officiels, rendent difficile la présentation de preuves de propriété, (avec des soupçons que certains ont fait l’objet de vols), ce qui complique davantage leur intégration dans un cadre formel.
Ces défis appellent des réponses structurelles, intelligentes et pérennes. Des solutions ponctuelles ou conjoncturelles ne suffiront pas à surmonter ces obstacles profondément enracinés. Une approche globale et adaptée est nécessaire pour favoriser une régulation effective et inclusive de ce secteur dans un climat de sérénité.
Une approche structurelle via le statut d’entreprenant
Conceptuellement, les conducteurs de motos Jakarta sont des autoentrepreneurs. Ils travaillent pour leur propre compte, génèrent leurs revenus directement à partir de leur activité et, dans la majorité des cas, possèdent leur outil de travail. Même lorsqu’ils ne sont pas propriétaires, ils ne sont pas des salariés au sens classique, mais partagent les recettes avec les propriétaires des motos. Cette situation les positionne naturellement dans la catégorie des autoentrepreneurs, tels que définis par la loi d’orientation sur les PME et le cadre OHADA.
Le statut d’Entreprenant, introduit par l’Acte Uniforme de l’OHADA et renforcé par le cadre légal national (loi d’orientation n°2020-02 sur les PME et le décret n°2022-1190 du 03 juin 2022 portant statut de l’entreprenant), constitue une opportunité pour formaliser les conducteurs de motos Jakarta. Ce statut, destiné aux entrepreneurs individuels travaillant pour leurs propres comptes, offre une procédure simple et accessible
Caractéristiques du statut d’entreprenant
Le statut d'entreprenant se distingue par sa simplicité et son accessibilité. Toute personne physique majeure peut y prétendre par une simple déclaration, sans frais, à condition de présenter une pièce d’identité et des informations de base sur son activité. Ce statut offre des plafonds de chiffre d’affaires annuels adaptés, variant entre 30 et 60 millions de FCFA selon le type d’activité exercée. Une carte d’Entreprenant est alors délivrée, valable pour une durée de trois ans et renouvelable.
Ce statut garantit également la reconnaissance formelle de l’activité, permettant à ses bénéficiaires de sortir de l’informalité. En parallèle, il ouvre l’accès à des mesures d’accompagnement, incluant des incitations spécifiques, dont la définition est encore en cours.
Cependant, ce statut implique certaines obligations. Les bénéficiaires doivent tenir une comptabilité simplifiée et se conformer aux réglementations sectorielles, notamment en matière de licences pour des activités spécifiques comme le transport. Ces exigences visent à assurer la viabilité et la conformité des activités déclarées tout en favorisant leur développement.
Propositions de mesures opérationnelles
Pour lever les blocages actuels et encourager la formalisation des conducteurs de motos, les mesures suivantes sont préconisées :
Encourager l’enregistrement des conducteurs de motos Jakarta au statut d’entreprenant :
Pour encourager les conducteurs de motos à adhérer au statut d’Entreprenant, plusieurs mesures stratégiques peuvent être mises en œuvre :
D’abord, il est essentiel de faciliter la procédure de déclaration. En collaboration avec les greffes du ministère de la Justice, des guichets uniques mobiles pourraient être déployés pour faciliter les inscriptions directement sur le terrain. Cette approche rapprocherait le service des bénéficiaires et réduirait les obstacles logistiques et administratifs.
Ensuite, une campagne de sensibilisation ciblée devrait être menée pour mettre en avant les avantages du statut notamment l’accès au crédit, la protection sociale et des opportunités d’accompagnement entrepreneurial. Ce travail de sensibilisation, réalisé en partenariat avec les associations de conducteurs de motos, permettrait de mieux informer ces derniers sur les bénéfices concrets de la formalisation.
Enfin, la mise en place d’un dispositif spécifique au sein de la Direction de l’Encadrement et de la Transformation des Entreprises Informelles, relevant du Ministère du Tourisme et de l’Artisanat, serait cruciale. Ce dispositif en intelligence avec le ministère en charge du transport, serait chargé de soutenir et d’encadrer les associations de conducteurs. Il pourrait également faciliter la mise en place d’équipes d’assistance dédiées, aidant les membres à accomplir les démarches nécessaires pour accéder au statut d’Entreprenant. Une telle initiative renforcerait la proximité et l’efficacité des services proposés.
Mise en place de financements adaptés
Pour soutenir les conducteurs de motos dans leur transition vers la formalisation, des actions concertées avec le ministère en charge de l'Économie Sociale et Solidaire (ESS) pourraient être mises en place. Une première initiative consisterait à mobiliser les institutions de microfinance (IMF) pour leur accorder des crédits dédiés, inspirés des nanocrédits de la DER-FJ. Ces financements permettraient de couvrir les frais liés à l’immatriculation, les plaques, les licences, les assurances, et autres démarches administratives nécessaires.
Pour rendre ces crédits accessibles et adaptés aux réalités économiques des bénéficiaires, des modalités de remboursement flexibles seraient proposées. Cela inclurait des échéanciers souples, avec des paiements journaliers ou hebdomadaires, étalés sur une période de 6 à 12 mois. Ces conditions tiendraient compte des habitudes de cotisation déjà pratiquées par les conducteurs dans leurs garages, facilitant ainsi une intégration progressive au processus de formalisation sans alourdir leurs charges financières immédiates. Cette approche inclusive renforcerait leur capacité à s’organiser et à évoluer dans un cadre économique plus stable, plus serein et plus structuré.
Perspectives de développement post-formalisation
La formalisation des conducteurs de motos ouvre la voie à de nouvelles opportunités de développement économique et social, tout en renforçant leur inclusion dans un cadre structuré et sécurisé. Au-delà des étapes initiales d’enregistrement et de mise en conformité, il est crucial d’explorer des mécanismes qui permettent de maximiser les bénéfices de cette transition. C’est le meilleur moyen d’avoir leur adhésion
Les perspectives préconisées visent non seulement à améliorer les conditions de travail des conducteurs, mais aussi à stimuler leur contribution à l’économie locale et à renforcer leur résilience face aux aléas sociaux et économiques.
Pour promouvoir l’inclusion financière et le développement durable des conducteurs de motos, plusieurs mesures stratégiques peuvent être mises en œuvre. D’abord, l’ouverture de comptes bancaires serait encouragée pour une gestion transparente des revenus et une tenue simplifiée de la comptabilité. Cette initiative renforcerait la capacité des conducteurs à gérer efficacement leurs finances tout en facilitant leur accès à des services financiers formels.
En parallèle, des opportunités d’accès au crédit seraient offertes pour financer des investissements essentiels. Ces crédits pourraient couvrir le renouvellement ou l’acquisition de motos, notamment en soutenant la transition vers des modèles électriques, ainsi que l’achat d’équipements divers et la consommation de base. La protection sociale serait également intégrée de manière progressive en liant le paiement des cotisations sociales aux crédits octroyés. Ce mécanisme assurerait une meilleure couverture sociale, incluant l’assurance maladie, pour les conducteurs et leurs familles. Enfin, un appui spécifique serait apporté aux conducteurs pour les aider à créer et à structurer des sociétés coopératives. Ces coopératives seraient en mesure de mettre en place des centrales d’achat pour réduire les coûts liés aux équipements, ainsi que des unités de production de plaques d’immatriculation. Cette perspective renforcerait leur pouvoir économique et leur autonomie.
Gouvernance et suivi pour une formalisation durable
Pour garantir le succès de la formalisation des conducteurs de motos, il est essentiel de mettre en place des mécanismes de gouvernance solides et inclusifs, ainsi que des outils de suivi et d’évaluation performants pour coordonner les efforts entre les différents acteurs impliqués et de mesurer l’impact économique et social des initiatives engagées.
Une première mesure clé consiste à créer un comité national chargé de la mise en œuvre sur le terrain des mesures préconisées. Ce comité, composé des ministères concernés (en charge de l’Économie Sociale et Solidaire, de la formalisation, des PME et du transport, entre autres), des associations de conducteurs, des collectivités territoriales aurait pour mission de piloter les actions stratégiques, d'assurer leur cohérence et d’évaluer leur pertinence.
Par ailleurs, il est crucial de renforcer le comité existant de suivi et d’évaluation de la mise en œuvre du statut de l’Entreprenant pour superviser cette initiative et l’inscrire dans sa feuille de route. En collaboration étroite avec les partenaires techniques et financiers, ce comité pourrait intégrer des indicateurs de performance spécifiques et favoriser des retours réguliers sur l’évolution du processus. Cela permettrait d’adapter les stratégies en temps réel et de garantir que les objectifs initiaux, tels que l’inclusion financière, la protection sociale et le développement entrepreneurial, soient effectivement atteints.
Transformer une crise en opportunité
La situation des conducteurs de motos Jakarta ne doit pas être perçue uniquement comme une contrainte, une crise, une menace à la paix sociale et la sécurité par les gouvernants, un risque par les travailleurs mais comme une opportunité stratégique. Ce secteur constitue une illustration concrète des mutations de l’emploi au Sénégal et des opportunités qu’offre la transition vers une économie plus inclusive et structurée.
La formalisation des conducteurs de motos Jakarta représente donc une opportunité stratégique pour transformer un secteur informel dynamique mais vulnérable en un moteur de développement économique durable. En intégrant ces travailleurs au cadre du statut d’entreprenant, le Sénégal peut non seulement améliorer la régulation du secteur du transport et la sécurité, mais aussi promouvoir l'inclusion financière, sociale, et économique d’une couche importante de la population. Cette démarche s'inscrit dans une stratégie nationale visant à moderniser l'économie informelle, renforcer la protection sociale et créer des emplois décents pour les jeunes.
Cette démarche peut également servir de modèle pour d’autres initiatives visant à intégrer les travailleurs informels dans le secteur formel, tout en promouvant un cadre favorable au développement de l’entrepreneuriat individuel.
La mise en œuvre de cette proposition ambitieuse nécessite un engagement fort des parties prenantes, une coordination efficace et une volonté de transformer les défis actuels en opportunités durable.
Ibrahima Dia est Sociologue-Environnementaliste, expert en politiques de protection sociale, de développement des PME, et de développement rural.
LA FRONDE S'ORGANISE CONTRE LE RETOUR DES VISAS
Le patronat et les opérateurs du tourisme, secteur clé du PIB, s'activent auprès des autorités contre cette initiative annoncée par Ousmane Sonko. L'échec coûteux de 2013-2015 reste gravé dans les mémoires
(SenePlus) - Une levée de boucliers s'organise contre le projet de rétablissement de la réciprocité des visas annoncé par le Premier ministre Ousmane Sonko le 27 décembre devant l'Assemblée nationale, révèle Jeune Afrique.
Les acteurs économiques, échaudés par l'expérience désastreuse de 2013-2015, se mobilisent activement pour faire avorter cette initiative. Selon le magazine panafricain, une coalition regroupant les opérateurs du tourisme et le patronat sénégalais mène actuellement un lobbying intense auprès des plus hautes autorités de l'État, ciblant aussi bien le Premier ministre que la ministre des Affaires étrangères Yassine Fall et le président Bassirou Diomaye Faye.
"Nous ne sommes pas dans le secret des dieux, et nous avons appris la mesure comme tous les Sénégalais", confie à JA un acteur économique de premier plan, qui exige des "véritables concertations" avant toute décision. Cette réaction traduit l'inquiétude d'un secteur touristique qui représente 7% du PIB national et qui garde en mémoire l'échec cuisant de la précédente tentative.
Le "mauvais souvenir" de 2013-2015 reste en effet vivace. À l'époque, rappelle le magazine, l'État avait dû verser 12 milliards de F CFA (18,29 millions d'euros) d'indemnités à la société Snedai pour abandonner le système après seulement deux ans, face à la chute drastique de la fréquentation touristique.
La résistance s'étend même au sein du parti au pouvoir, Pastef, et parmi ses alliés, selon un fonctionnaire du ministère de l'Intégration africaine et des Affaires étrangères cité par Jeune Afrique. Cette opposition interne s'explique notamment par l'impact négatif que la mesure avait eu sur la diaspora sénégalaise et les binationaux, contraints eux aussi de demander des visas pour rentrer au pays.
Le projet semble d'ailleurs loin d'être mûr. Le même fonctionnaire affirme qu'il n'est "même pas encore à l'état de projet", tandis que ni la primature ni le ministère des Affaires étrangères n'ont souhaité réagir aux sollicitations du journal.
Face à cette mobilisation, le Premier ministre tente de rassurer. "Il s'agit, tenant compte de l'expérience précédente, de bien cerner les faiblesses avant toute décision", a-t-il déclaré, évoquant notamment la possibilité d'exemptions pour préserver le tourisme et le secteur des affaires. Mais ces garanties ne semblent pas suffisantes pour apaiser les inquiétudes des acteurs économiques, déterminés à éviter une répétition de l'échec de 2013-2015.