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5 avril 2025
Femmes
LOUGA : UNE UNITÉ DE TRANSFORMATION DE "NIÉBÉ" EN JANVIER
L’unité de transformation, de commercialisation de niébé (haricot) et de ses dérivés (UTN) de Kelle Guèye, d’un coût de 250 millions de francs CFA sur financement de la coopération luxemboursoise, sera inaugurée en janvier prochain.
L’unité de transformation, de commercialisation de niébé (haricot) et de ses dérivés (UTN) de Kelle Guèye, d’un coût de 250 millions de francs CFA sur financement de la coopération luxemboursoise, sera inaugurée en janvier prochain, a annoncé, vendredi, le premier vice-président du Conseil départemental de Louga, Badara Samb.
Il en a fait l’annonce lors d’un forum sur la sensibilisation et l’animation économique pour une mobilisation autour du projet de l’unité de transformation de niébé, organisé par ledit conseil départemental.
Les travaux de l’unité de transformation, fruit d’une initiative du conseil départemental de Louga, avaient démarré en début 2018.
"Nous sommes en phase d’inauguration. Les activités vont démarrer d’ici un mois. Nous avons mis en place une stratégie pour la recherche de partenaires chinois ou indiens pour accompagner le projet, le département et les acteurs", a-t-il dit
Selon M. Samb, cette unité mise en place en collaboration avec tous les acteurs concernés, va permettre de créer des emplois dans la localité de Kelle Guèye.
"Nous sommes réunis, aujourd’hui, avec les acteurs pour faire une évaluation des cinq foires et expositions tenues dans ce cadre et tirer des recommandations et conclusions pour l’installation de l’usine", a-t-il dit.
PAR MAMADOU DIOP
UNE HONTE NATIONALE
EXCLUSIF SENEPLUS #Enjeux2019 - Pourquoi le Sénégal, pays démocratique, partie prenante à de nombreux instruments juridiques internationaux de défense des droits humains, pratique-t-il encore la traite des enfants ?
#Enjeux2019 - En dépit des réalisations indéniables sur le plan social de l’Etat, allant par exemple de la CMU, à la mise en place de la bourse de sécurité familiale, il y a une tache sur le visage de notre pays qui doit enfin être éradiquée. Il s’agit du phénomène des talibés.
Des dizaines de milliers d’enfants errent dans les rues de nos villes, abandonnés à eux-mêmes et à tous les dangers que peuvent receler la rue, pour des petits êtres vulnérables et sans défense. Il y a une faillite de la société qui laisse ce phénomène prospérer sans qu’aucune initiative - malgré les changements de régime - ne vienne y apporter une solution. L’élite politique, les familles religieuses et la société de façon générale posent un regard sur un drame national en feignant de ne rien voir. Or, le phénomène des enfants de la rue doit faire l’objet d’une prise en charge politique pour devenir un enjeu sociétal.
Il faut tout de même reconnaître la prise de position forte du maire de la Médina visant à interdire la mendicité des enfants sur le territoire de sa commune. Mais quelque fut l’importance de cette prise de position, son application semble douteuse.
L’échéance électorale de 2019 sera-t-elle un prétexte pour poser enfin un débat là-dessus ? J’en doute, car même dans la confrontation, souvent vive et tranchée, les hommes politiques, du pouvoir comme de l’opposition, évitent d’aborder ce drame, faisant, comme l’ensemble de la société, l’impasse sur une honte nationale.
Il existe pourtant une loi au Sénégal interdisant la mendicité. Donc, il se pose une inadéquation entre les principes (lois et règlements) et la réalité sociale (près de 50 000 enfants de la rue au Sénégal). Souvent, les autorités sénégalaises se complaisent dans les discours stériles pour « calmer » les bailleurs sans un début de solution.
- Où en est la législation ? -
Malgré des mesures sévères constamment annoncées par les plus hautes autorités pour éradiquer le phénomène des enfants de la rue, le mal est toujours aussi persistant. A y voir de plus près, il semble que la rigueur dans l’application des textes a fait défaut.
Or, il existe de temps en temps une forme de regain de volonté pour mettre un terme à la mendicité des enfants. Souvent, ces poussées volontaristes font suite à des drames. Par exemple, en 2013, neuf enfants sont tués dans l’incendie de leur école à la Médina, l’émoi et le choc ont fait réagir le chef de l’Etat, qui promettait « des mesures très sévères » à l'endroit de tous ceux qui organisent la mendicité des enfants.
Ces paroles n’ont guère été suivies d’effet…jusqu’en juillet 2016, avec une nouvelle annonce du président de la République du « retrait en toute urgence des enfants des rues, tout en prévoyant des amendes et peines de prisons pour ceux qui les faisaient mendier ». Aucun effet significatif n’a suivi malgré l’espoir d’une partie de la population de voir enfin une mesure forte, définitive visant à mettre fin à cette traite humaine.
Deux ans plus tard, à la veille d’une échéance électorale cruciale où un bilan fait face à des multiples propositions, le mal est toujours prégnant, voire plus profond. Aujourd’hui, selon des chiffres de Human Right Watch, ils sont plus de 50 000 enfants rien qu’à Dakar.
Selon l’ONG, dans un rapport intitulé « Insuffisance du programme gouvernemental pour protéger les enfants Talibés au Sénégal : Réaction timide », de juillet, près de 60 opérations de rue ont été menées par la police et les travailleurs sociaux. Mais elles n’ont permis de recueillir « que » près de 1 500 enfants qui mendiaient dans les rues de Dakar.
Malgré l’existence d’un dispositif réprimant la mendicité allant jusqu’à une peine de 5 ans d’emprisonnement ferme, aucune poursuite judiciaire n’a été notée contre les maîtres coraniques impliqués.
Cheville ouvrière de l’Etat dans l’accueil des enfants de la rue, le Centre Guindi constate que les résultats sont encore trop faibles au vu de l’ampleur du mal.
S’il est vrai que l’Etat a manifesté une certaine volonté, du moins dans les textes, la mise en pratique fait toujours défaut. « La menace d’arrêter tout enfant trouvé dans la rue n’a jamais été suivi d’effets. Dans les axes les plus fréquentés de la capitale, les enfants sont visibles et ne se cachent même plus », explique un ancien encadreur dans un centre d’accueil.
- Un business sans éthique mais florissant -
Pourquoi le Sénégal, pays démocratique, partie prenante à de nombreux instruments juridiques internationaux de promotion et de défense des droits de l’homme, pratique-il encore la traite humaine, notamment d’enfants ? Il s’agit d’une question souvent formulée et qui peut trouver de nombreuses réponses. Outre, l’incapacité de l’Etat à faire appliquer les lois existantes comme nous l’avons mentionné plus haut, il y a aussi l’existence d’un fort lobby maraboutique qui sape les rares volontés de l’Etat pour mettre fin à la mendicité des enfants. Pays à 95% musulman, avec une configuration sociale qui accorde une place particulière aux docteurs de la foi, une partie des marabouts ont imposé une sorte d’omerta sur ce qu’il est convenu de reconnaître comme un business sur le dos d’enfants.
Car il faut admettre que le drame des talibés nourrit bon nombre de « maîtres coraniques » à tel point que des familles, dont certaines viennent de la sous-région, s’y sont lancées rendant plus inextricable la difficulté de la question.
Ce drame des talibés sera-t-il au cœur des débats relatifs à la prochaine présidentielle ? La classe politique aura-t-elle la maturité pour arriver à un consensus national visant à sortir tous les enfants du Sénégal de la rue, afin d’être à la hauteur de notre ambition de pays démocratique et soucieux du respect des droits de tous les humains ?
Le grand fossé qui existe entre les normes religieuses et les pratiques quotidiennes qui fondent le mariage, notamment la polygamie, la méconnaissance des tenants et aboutissements des liens du mariage, le non-respect des critères de choix d’une bonne épouse, la mésentente sexuelle sans compter la disparition des valeurs sociales… Tout cela fait qu’aujourd’hui, la ligne qui séparait la masculinité de la féminité s’est rétrécie, pour ne pas dire qu’elle tend à disparaitre de façon progressive. Le Témoin fait le point sur ce phénomène des temps nouveaux avec des Sénégalais lambda, des sociologues, des islamologues et associations de maris battus, pour mieux comprendre ce qui, de jour en jour, réveille l’esprit « criminel » qui dort chez la femme.
Les faits divers macabres où les femmes tiennent le (mauvais) rôle central se multiplient et sont devenus banals. Aujourd’hui, la femme sénégalaise, hier soumise et fataliste, brûle et tue son homme. Le drame de Hann Maristes où la Aïda Mbacké a brûlé vif son mari et ce qui s’est passé tout dernièrement à Yeumbeul où un agent d’une compagnie pétrolière du nom de Mangoné Léye a failli être tué par sa femme lorsqu’il a annoncé à cette dernière son désir de prendre une seconde épouse, sont les derniers exemples en date de cette furie vengeresse, pour ne pas dire criminelle, de nos femmes. D’autres faits divers aussi cruels les uns et les autres remplissent les pages Société des quotidiens. On pourrait aussi citer cette femme qui, à Thiaroye, a charcuté à l’aide d’une machette sa nouvelle coépouse. Elle est d’ailleurs dans l’attente du verdict de son procès devant le tribunal de Pikine-Guédiawaye. Le paradoxe, c’est que si, jusqu’à un passé encore récent, ce sont les hommes qui se signalaient par des crimes et autres atrocités, de nos jours, et plus en plus, ce sont les femmes qui défraient la chronique au rayon cruauté. L’une des causes en est qu’aujourd’hui, nous vivons dans un monde où copier et adopter les comportements d’autres sociétés est devenu une banalité. Ces postures sont facilitées par les réseaux sociaux ! Au Sénégal, on ne parvient plus à différencier l’homme de la femme.
L’identité sexuelle exprimée est d’une ambiguïté inquiétante aussi bien dans l’habillement, le langage, l’activité professionnelle… Disons dans presque tous les aspects de la vie ! On a mal assimilé les influences venues des autres notamment des occidentaux. Nous nous sommes appropriés ce que ces derniers ont de plus pernicieux. Hélas ! La situation est même devenue alarmante. Les mouvements féministes, la lutte contre la misogynie et le machisme tendent à rendre le sexe et le genre totalement homogènes. Permettant ainsi de déclassifier les cases homme ou femme. Au nom de la liberté, dit-on, certains réclament même la suppression du genre tel que connu, où alors une plus grande diversité de genre, de telle sorte que le sexe ne définisse plus le genre.
A cela s’ajoute la disparition de certaines valeurs sociales qui conféraient à l’homme où à la femme le statut de son genre à savoir un langage particulier, en tout cas une certaine façon de s’exprimer, un comportement physique spécifique, l’intégration du sens de la responsabilité sous l’autorité d’une famille qui veille au respect des principes de base, le changement de modèle social institutionnalisé à travers le concept des droits humains incluant l’idéal d’égalité entre les hommes et les femmes, entre autres. Des hommes utilisent certaines expressions qui, dans l’opinion générale, étaient associées à la femme. Il n’y a presque plus d’activités qui appartiennent strictement à un sexe et ainsi de suite
Disparition progressive de l’identité sexuelle
Pour le sociologue Djiby Diakhaté, l’explication à cette « masculinisation » des femmes est simple. « Nous sommes dans une société où la ligne qui séparait la masculinité de la féminité est en train de se rétrécir, de disparaitre progressivement. Avant, il y avait un type d’éducation qui avait essentiellement pour objectif de conférer à l’individu une identité sexuelle remarquable. Dès le bas âge, on éduquait le jeune garçon de manière à l’amener à se rendre compte qu’il est un garçon, qu’il est un homme. Or, un homme, c’est un comportement, une attitude, une façon de parler, de s’habiller, de se coiffer… Le garçon intériorisait cela par ce processus d’insertion psychologique... Aujourd’hui, les façons de parler deviennent identiques, les hommes s’habillent, se tressent et mettent des boucles d’oreille de la même manière que les femmes. Cette identité sexuelle remarquable est en train de disparaitre ».Le spécialiste des faits sociaux estime qu’il est donc difficile, de nos jours, de distinguer l’homme de la femme dans certaines situations. Or, le statut d’homme sous-entend, dans notre société, la domination, la virilité, la suprématie et la puissance. Aujourd’hui la tendance s’est inversée. La « puissance » de la femme est en train de prendre le dessus sur celle de l’homme. Notamment dans la vie de couple où la puissance rivalise d’ardeur avec la « férocité ». Et où des coépouses s’éborgnent, se mordent, s’entretuent et s’aspergent d’eau ou d’huile chaudes. Et où l’épouse va jusqu’à brûler vif celui qui l’a choisie parmi tant d’autres femmes pour être sa compagne pour la vie. Comme cela s’est passé avec la dame Aïda Mbacké Moukabaro qui, dans le courant du mois de novembre, a écourté la vie de son époux en le brûlant vif. Une réalité de violences que vivent aujourd’hui beaucoup d’hommes dans leur vie conjugale.
La « férocité » de la femme sur l’homme
Les femmes trottent très souvent sur l’intégrité morale et même physique de leurs hommes. Qui subissent d’abord une emprise psychologique qui les affaiblit. Une faiblesse que la femme exploite avec des menaces puis une violence physique allant même jusqu’à gifler, griffer ou donner des coups de talon, de pilon ou de louche aux conjoints. Par peur d’être taxés de maris « faibles, complexés et impuissants » au sens large des termes, les hommes ont honte de faire part de ces violences conjugales subies à leur entourage. Seuls les plus courageux osent en parler. Comme ceux, à l’image de l’artiste comédien Charles Foster, qui se sont constitués en un réseau dénommé : « Association des maris battus » pour dénoncer leur situation de « maris terrorisés, maltraités et humiliés » par des conjointes violentes. Et qui ne se contentent plus seulement d’être des mégères. On assiste aujourd’hui à une féminisation de la violence physique entre conjoints (mari et femme) et entre coépouses. Des violences perpétrées par une femme contre son mari, ou par une femme contre sa coépouse.
Pourtant la marque de fabrique de la femme — du moins, dans nos sociétés — serait la délicatesse, la soumission et le respect ! Hélas, aujourd’hui, ces valeurs tendent à s’effriter de jour en jour pour céder la place à l’esprit criminel ! Les femmes sénégalaises d’aujourd’hui mordent bêtement, brûlent vif, ébouillantent leurs conjoints ou leur coépouses voire tuent froidement, et de la manière la plus odieuse ! Des actes ignobles que Dieynaba Keïta Diakité, femme au foyer et mère de deux bouts de bois de Dieu, ne souhaiterait même pas à son pire ennemi à plus forte raison celui qu’on dit aimer. D’ailleurs son mari, Abdoulaye Diakité, se demande, lui, « comment peut-on regarder une personne que l’on a choisie comme celle qui mérite d’être notre moitié pour lui faire une chose aussi ignoble que répugnante consistant à lui verser de l’eau ou l’huile chaude dessus voire d’autres formes de violences ? ». Le sieur Diakité pense qu’on assiste tout simplement à une crise profonde des valeurs qui, dit-il, le dépasse.
Décalage entre la norme et la pratique
Quant au sociologue Djiby Diakhaté, il convoque le « décalage qui existe entre les normes religieuses et les pratiques quotidiennes du mariage qui sont édictées pour donner une orientation à nos couples ». Il considère que, « autant nous disons que c’est la religion qui constitue la base du lien du mariage, oriente et organise le fonctionnement du couple, autant, dans nos conduites quotidiennes, nous posons des actes qui n’ont absolument rien à voir avec les principes du mariage. En réalité, il ne faudrait pas que, lorsque l’homme choisit la polygamie, cela repose essentiellement sur des considérations de type physique ou matérialiste. Et dire que ma femme s’est enlaidie, qu’elle est devenue vieille, qu’elle me crée des problèmes, donc je vais chercher une seconde épouse. Il ne faudrait pas non plus que la femme dise que je n’accepterai pas du tout d’avoir une coépouse parce que je serais mal vue dans ma communauté ». Il se demande même s’il y a réellement une rupture correcte des considérations spirituelles qui fondent le mariage notamment la polygamie. Ces considérations qui invitent à respecter normalement les règles sociales et religieuses qui organisent le mariage. « On ne peut pas avoir avec la religion une relation de type opportuniste ». Telle est la philosophie de notre interlocuteur pour qui les dogmes sont à respecter comme tels. Non sans souligner que la femme doit certes accepter de jouer le jeu mais que l’homme doit surtout faire preuve d’équidistance et de communication dans cette atmosphère de vie à deux ou polygame.
Critères de choix d’une bonne épouse
Seulement beaucoup d’hommes ne disent pas la vérité aux femmes qu’ils veulent prendre comme épouses. C’est l’avis de l’islamologue Iran Ndao qui reste convaincu qu’ « un homme qui n’est pas dans la capacité de bien entretenir une femme ne doit jamais s’engager à en épouser deux, trois voire quatre ». Et le célèbre prédicateur religieux de rappeler les critères du choix d’une bonne épouse. Ce sont entre autres, selon lui, la bonté de cœur, l’éducation, la richesse, le niveau de croyance en Dieu pour que, dans la famille, y règnent la paix et la stabilité. « Malheureusement, le choix pour le meilleur et le pire ne repose plus sur ces critères », a-t-il déploré. Et son collègue prêcheur Oustaz Taïb Socé de renchérir. « En s’engageant aujourd’hui en mariage, on ne met plus le côté amour et affectif en avant. Mais plutôt le matérialisme ». Taïb Socé plaide d’ailleurs pour le retour aux valeurs et recommande surtout d’« éviter les appartements toi et moi pour aller vivre chez les beaux-parents ». Une meilleure manière pour lui de régler les conflits à temps. « Quand un jeune couple est guidé par une grande personne, les deux conjoints déraillent rarement. Et apprennent mieux les règles de base qui fondent le mariage. Ce qui va épargner aux conjoints des conséquences fâcheuses comme le divorce ou encore les violences physiques qui peuvent finir par mort d’homme ». Comme c’est arrivé avec le cas Khadim Ndiaye brûlé vif par sa femme. Ce qui fera dire au président de l’Association des maris battus, Charles Foster, lui également « homme battu », que toute femme et tout homme doivent connaitre les tenants et les aboutissants du mariage avant de s’engager pour le meilleur et pour le pire. Pour avoir eu à subi les affres de sa femme — l’affaire, qui avait fait grand bruit à l’époque, avait même atterri au tribunal —, M. « Kakatar » pense que c’est le mariage dans toute sa dimension qui doit être revu avec une communication permanente entre les conjoints. Lesquels devraient être accompagnés et guidés dans ce défi. Comme on le voit, le mariage, ce n’est pas une affaire simple !.
L’INQUIETANTE MONTEE EN PUISSANCE DE LA VIOLENCE FEMININE !
Aujourd’hui, la violence perpétrée par la femme sur son mari ou sur sa coépouse va crescendo jusqu’au meurtre...
L’homme a toujours été violenté par la femme. Seulement cette dernière avait comme arme de défense sa bouche pour se plaindre, accabler son homme de toutes insanités pour blesser son orgueil. Si elle ne restait dans son coin pour pleurer et libérer sa colère.
Retour sur quelques cas de violences !
Tend à minimiser le phénomène. Et on se demande même avec un sourire narquois comment un homme peut-il être bastonné par une « simple » femme ? Chez certaines femmes, on en rigole même. Pour d’autres sœurs sans cœur, « tabasser » son mari n’est qu’un phénomène de mode. En atteste cette vidéo dans laquelle cinq femmes — sûrement des Awo —, menacent de « brûler vif » tout homme qui s’évertuerait à prendre une deuxième femme. Toutes déclenchent un fou rire en chantonnant : « Koufi takk niaarél, dagnoulay taal. Koufi Takk niaarél, dagnoulay tall. Takk tall. Takk Tall. Takk taal ».
Pourtant, la violence exercée par des femmes sur des hommes n’a rien de drôle. Des hommes victimes de leur masculinité. On leur a appris, dès le bas âge, à ne pas pleurer, à rester hommes devant toutes situations et en toutes circonstances. Ce qui fait que, dans l’esprit général, la violence conjugale rime avec la femme battue. Ce qui semble être la norme si on se fie aux cas recensés par une étude produite par le laboratoire Genre et sociétés(Gestes) de l’Université Gaston Berger de Saint Louis. Une étude qui révèle que plus de 60 % des violences conjugales sont perpétrées par des hommes sur leurs épouses. La catégorie la plus touchée par ces violences physiques est la tranche d’âge des femmes âgées de 25 à 40 ans.
Seulement voilà, les hommes n’ont plus l’apanage de la violence. Mais si dans certains pays africains le phénomène a fait l’objet d’études comme au Togo où le nombre d’hommes battus était estimé à 20 % en 2016, au Ghana où on a recensé quelque 770 cas en 2013, et un peu plus de 23 000 hommes affaiblis au Maroc, au Sénégal, le nombre d’hommes battus occupe une part marginale dans les chiffres des violences conjugales. A part les quelques cas rendus publics par la presse, « il n’y a pas d’hommes battus au Sénégal », serait-on tenté dire. Au niveau national, il est en effet impossible d’avoir des données sur le nombre d’hommes victimes de violences conjugales. Il n’y a aucune étude sur la question. Du moins, à notre connaissance. La question ne semble intéresser personne. Leur situation d’hommes battus est pourtant devenue une réalité douloureuse. Beaucoup d’hommes vivent dans la solitude et en situation de détresse. La violence sur les hommes est même allée crescendo puisque, des simple sinsultes, on est passé à présent aux meurtres.
Les chefs de ménages vivent l’enfer dans leur ménage. Ils sont terrorisés, malmenés, battus, bastonnés, poignardés, séparés de leurs enfants… S’ils ne sont pas envoyés en prison, ils sont tués. La liste est plus que sombre. Le plus récent, le plus dramatique, et le plus atroce des cas, reste celui de Khadim Ndiaye qui a été brûlé vif, le 04 novembre dernier, par son épouse Aïda Mbacké Moukabaro dans le quartier des Maristes où logeait le couple Ndiaye. La dame, pour une histoire de jalousie, nous-dit-on, avait aspergé d’essence sa victime avant de mettre le feu dans la chambre.
Le pauvre mari, brûlé au troisième degré, a finalement rendu l’âme quelques jours après l’acte odieux perpétré par sa « dulcinée ». Alors que sa famille n’a pas encore fini de faire le deuil, un autre homme a failli perdre la vie le 14 décembre passé au centre-ville. Un certain M. Kane, habitant le quartier populeux de la Medina, a failli perdre sa virilité. Sa femme l’aurait mordu. Au cours d’un échange de propos aigres-doux, A. Niang s’était vite agrippée au sexe de M. Cissé, son époux, pour le mordre. Un cas moins dramatique que celui perpétré en juin 2016 par la dame F. Nd qui avait abrégé la vie de son mari à Darou Tanzil, à Touba. Le drame avait pour soubassement, la série Wiri Wiri. L’épouse furieuse reprochait à son mari son manque de galanterie. Elle voulait que son homme soit comme Jojo, un des héros de la série télévisée. Quatre mois seulement après ce drame, un jeune fraichement marié avait été ébouillanté par son épouse. Dans le même mois de cette année 2016, Babacar Mbaye a été ébouillanté par sa femme Ndèye Diallo qui lui avait versé de l’huile chaude sur le visage.
L’acte horrible et inhumain s’était passé dans la banlieue dakaroise, précisément à Yeumbeul. La féminisation des violences conjugales ne se traduit pas seulement par des altercations entre maris et épouses. En effet, il y a souvent, on l’a dit, mort d’hommes. Des bagarres, des agressions et des machinations entre coépouses sont souvent sources de conflits qui se traduisent par des drames.
Dans le Fouladou, région de Kolda, le cas de la dame Adama Cissokho qui avait été ébouillantée avec de l’huile chaude par sa coépouse Mariama Bayo n’est que l’arbre qui cache la forêt. Le 30 octobre passé, une femme ne pouvant plus supporter l’idée de partager encore moins de cohabiter avec sa nouvelle coépouse avait décidé de la charcuter à la machette. En emportant une bonne partie du côté gauche du visage de la nouvelle épouse de son mari. Laquelle s’en était tirée avec une incapacité temporaire de travail (Itt) de 60 jours. Soit deux mois de congés forcés. L’affaire a atterri au tribunal d’instance de Pikine-Guédiawaye pour coups et blessures volontaires. Au cours du mois de novembre passé, une autre histoire de jalousie entre coépouses a viré au drame suite à une altercation. Dans cette bagarre, Mbodja Gadiaga a charcuté et édenté sa coépouse. Mama Diarra, la niaarél, a été lacérée avec des débris de verre par la Awo, laquelle, après avoir commis son forfait, a pris la tangente. La scène s’est passée à Touba Darou Minam.
VIDEO
NDIORO NDIAYE CONTENTE POUR MACKY
EXCLUSIF SENEPLUS - La présidente de la Constance Citoyenne était à Rufisque afin de remercier généreusement ses militants pour le travail abattu lors de la collecte de signatures pour parrainer le candidat Macky Sall
Le professeur Ndioro Ndiaye, présidente de la Constance Citoyenne était à Rufisque pour remercier ses militants pour le travail abattu lors de la collecte de signatures pour parrainer le président Macky Sall.
‘’Nous avons largement dépassé notre objectif de 3 000 signatures. C’est pourquoi je viens féliciter mes camarades de la Constance Citoyenne à qui j’ai remis un financement de 2 000 000 de FCFA ‘’, a t-elle déclaré.
Voir la vidéo.
L’ORCHESTRE «JIGEEN NI» S’IMPLIQUE
L’orchestre «Jigeen Ni» s’est mis dans la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles.
Il a, en effet, lancé une campagne de sensibilisation pour l’abandon de l’excision mais aussi des violences basées sur le genre surtout dans le milieu de la musique. La cérémonie s’est déroulée à la Médina, au rythme de musique et des débats sur la sensibilisation.
Elles font partie des Sénégalais qui veulent pérenniser l’image de la musique sénégalaise. L’orchestre «Jigeen Ni», composée essentiellement de femmes, a décidé de s’impliquer dans la lutte contre l’excision et les violences faites aux femmes. Ces violences qui sont physiques, économiques, morales et bien d’autres, ont aussi des conséquences négatives sur la femme.
Pour mettre fin à ce fléau, l’orchestre Jigeen Ni a lancé une campagne de sensibilisation sur ces violences à la Médina, dans une ambiance de musique et de débat.
«Dans notre plan d’actions 2018, on y a inscrit la création d’un centre d’écoute pour les filles artistes qui sont violentées, en même temps aussi, on vient d’avoir une audience avec l’Association des femmes juristes du Sénégal (AJS) avec qui, on sera lié par une convention qui va beaucoup parler de violences faites aux femmes artistes à tous les niveaux. C’est pour cela qu’on va faire des séries de sensibilisation», a fait savoir le manager de l’orchestre, Aminata Diallo et non moins présidente de la Commission genre de l’Association des métiers de la musique. Pour elle, il est temps que les «filles mettent à côté toutes les pesanteurs socioculturelles et qu’elles puissent parler, extérioriser, aller même vers la justice si besoin, pour parler des violences qu’elles subissent».
Quant à Ngoné Sarr de la plateforme Girl Génération, qui est le principal partenaire de l’évènement, elle dira: «on accompagne ces jeunes de l’orchestre pour une plus grande ouverture ou visibilité de cette activité d’information, d’éducation, de sensibilisation pour l’abandon de l’excision et des violences basées sur le genre».
Pour sa part, Samba Diaité, manager de l’orchestre Jigeen Ni, qui est aussi le coordonnateur de ce projet qui allie «rencontre, musique, débat et sensibilisation», «le concept, c’est de mettre la musique au service du social, du développement, à travers une innovation qui est une grande première dans l’environnement musical sénégalais où on assiste à un orchestre 100% femmes. On a voulu mettre notre musique au bénéfice d’une activité citoyenne, pour sensibiliser sur les questions de violences faites aux femmes et on a choisi Médina pour cette première phase».
Né dans un environnement culturel africain, en particulier sénégalais «dominé essentiellement par des hommes» surtout en ce qui concerne le secteur de la musique, l’orchestre Jigeen Ni est une formation musicale constituée à 100% de femmes instrumentistes. Elles ont pour ambition d’occuper la scène musicale sénégalaise et mondiale, d’accompagner les chanteuses et chanteurs qui n’ont pas d’orchestre et surtout de redonner à la femme instrumentiste sa place dans le monde de la musique, au Sénégal.
PAR MOHAMED DIA
LA FAILLITE COLLECTIVE
EXCLUSIF SENEPLUS #Enjeux2019 - Il faut que les daaras aient un statut clair, que des sanctions soient appliquées aux contrevenants et que les parlementaires fassent du problème des talibés, un débat à régler définitivement
#Enjeux2019 - À la fois omniprésent et invisible, le problème des talibés est un sujet sensible, à cause des maisons confrériques qui prennent fait et cause pour les daaras (écoles coraniques), car les considérant comme partie intégrante de notre patrimoine religieux et culturel. Étymologiquement, un talibé est un disciple, un étudiant ou un élève apprenant le coran. Le nombre de talibés au Sénégal dépasse les 50 000 enfants, principalement dans le département de Dakar, celui de Pikine, de Rufisque et de Guédiawaye. Dans l’ensemble, ils sont très jeunes d’âge, entre 5 et 10 ans avec une forte densité de garçons. Ils sont pour la plupart originaires des régions du Sénégal et des pays limitrophes comme la Guinée-Bissau, la Guinée, le Mali, et la Gambie.
- Défaite de la société ou du gouvernement -
Le 1 juillet 2016, le président de la République du Sénégal, dans une série de tweets disait vouloir "ordonner le retrait d’urgence des enfants des rues pour la protection de leurs droits". Il disait également que "pour sauver les talibés, l'Etat prévoit des amendes et des peines de prison pour ceux qui mettent leurs enfants dans la rue". L’exécution de ces menaces a contraint les talibés à disparaitre des rues pendant quelques semaines. Mais faute de suivi, le problème est resté entier.
Durant la même période du programme de "retrait des enfants de la rue", un rapport des Etats-Unis sur la traite des personnes, menaçait la coopération bilatérale avec le Sénégal, si le gouvernement ne prenait pas de décisions pour réduire le phénomène. L’Etat avait publié un rapport dans ce sens pour annoncer l’initiation de plus de 60 opérations de retrait des talibés dont plus de 1.500 talibés retirés des rues et envoyés dans des centres d’accueil.
Human Rights Watch révélait que "le ministère de la Famille et les centres d’accueil pour enfants avaient finalement renvoyé plus de 1 000 talibés à leurs maîtres coraniques, sans qu’aucune inspection officielle n’évalue les conditions de vie dans leurs daraas, et sans qu’aucune enquête officielle n’ait été ouverte concernant les maîtres coraniques qui les avaient forcés à mendier". Selon ledit rapport, l’objectif du "retrait" était de "mettre fin au phénomène des enfants de la rue dans la région de Dakar afin de les protéger de toutes formes d’exploitation et de promouvoir leur bien-être social". Le même rapport précisait qu’en mars 2017, le gouvernement a indiqué que 1 456 enfants avaient été "retournés". Les médias en avaient d’ailleurs fait l’écho comme si ces enfants étaient "retournés à leur famille". Or, selon Human Rights Watch, il s’agit d’une interprétation erronée, puisque les 1 006 enfants retirés des rues pendant les opérations, puis accueillis au Centre Ginddi, ont fini par être renvoyés auprès de leurs maîtres coraniques, qui les ont ensuite ramenés aux daaras. Selon le ministère de la Famille, seize daaras dont les talibés avaient été retirés des rues ont reçu des subventions totalisant environ 950.000 francs CFA chacune.
- Esquisse de solutions -
Malgré que le Sénégal soit la 29e économie africaine et la 4e de la sous-région après le Nigéria, la Côte d'Ivoire et le Ghana, il a une dette représentant 61,44 % du PIB, un taux de chômage de 47 %, un indice de développement très faible. Cela pèse sur les parents qui n’ont pas les moyens de subvenir à leurs besoins primaires et qui se retrouvent de fait dans l’obligation d’envoyer leurs progénitures mendier. Il faut que le prochain gouvernement éradique ce problème dans un pays avec forte proportion de jeunes. Rappelons que 41,5 % de la population a entre 0 et 14 ans. Il faut aussi noter qu’en 2017 notre croissance démographique était de 2,39 %. Cette forte croissance a pour conséquence l'exode des populations des zones rurales. En outre, l'accroissement du trafic dans la capitale entraîne une augmentation de la pollution sonore et atmosphérique. Il faut également que les daaras aient un statut clair et que les parlementaires fassent du problème un débat afin qu’il soit réglé définitivement.
La constitution donne à l’éducation une place très importante comme mentionnée dans les articles 21 et 22. Il faut faire de telle sorte que l’article 3 de la Loi 2005-06 relative à la lutte contre la traite des personnes et pratiques assimilées et à la protection des victimes, soit respecté. Il faut ouvrir des enquêtes et traduire en justice ceux qui forcent les enfants à mendier.
Dans la même lancée, il faut appliquer les dispositions de la même loi qui criminalise la traite des enfants. Il faut également faire de telle sorte que l’article 298 du code pénal relatif aux blessures volontairement faites aux enfants de moins de quinze ans, soit appliqué. Nous avons souvent tendance à essayer de guérir les symptômes et non la maladie. Si les parents sont obligés d’envoyer leurs enfants dans les daaras, c’est par faute de moyens. Il est impératif donc que le problème soit résolu à la base, en boostant l’économie pour créer une croissance forte, gage d’emplois décents. Cela permettrait aux parents de pouvoir prendre leurs enfants en charge et ne pas avoir à choisir, entre les garder ou les envoyer dans des daaras. De Plour disait que "la famille est une école de droiture, d’équilibre, de force et de progression, et de ceux qui s’y soustraient s’engagent infailliblement dans la voie du mal et de la perdition". George W Bush avait proposé la loi "No child left behind" ou "aucun enfant laissé derrière" en français. Il s’agit d’une loi fédérale qui prévoit une aide financière supplémentaire pour les enfants pauvres, en contrepartie d'une amélioration de leurs progrès scolaires. Le Sénégal sera-t-il en mesure de faire passer une loi pour le retrait des talibés face à la pression des chefs religieux, celles des enseignants coraniques, de la société civile et des ONG ? Quelle est la place des talibés dans le programme des candidats à l’élection présidentielle et que proposent-ils pour éradiquer la mendicité infantile au Sénégal ?
Mohamed Dia est banquier de formation, spécialiste dans le management du risque et de l’immobilier. Responsable du portfolio immobilier à JP Morgan Chase Bank durant la crise financière financière de 2008, il gère à présent un cabinet de consultance chargé d’aider les petites et moyennes banques aux Etats-Unis, mais aussi les start-ups au Sénégal.
ÊTRE ADOLESCENT ET GAY AU BÉNIN
Malgré des tentatives pour criminaliser l’homosexualité dans les années 1990, le pays est resté relativement neutre sur la question - Mais cette tolérance ne signifie pas absence de difficultés pour les gays et lesbiennes, notamment pour les adolescents
Le Monde Afrique |
Glory Cyriaque Hossou |
Publication 26/12/2018
Wilfried* et Herman* sont tous deux instituteurs dans une école primaire et impliqués au sein de l’église catholique de leur localité située dans le département de l’Ouémé, au Bénin. L’un est lecteur et l’autre maître de chœur. A 27 et 23 ans, tout porterait à croire qu’ils vivent une jeunesse sans problème. Ce n’est pourtant pas le cas. Wilfried a de l’attirance aussi bien pour les femmes que pour les hommes. Il est bisexuel et a du mal à se faire accepter comme tel. « Je ne peux pas le dire à tout le monde par crainte de subir des moqueries et d’être exclu par mes amis et ma famille, raconte-t-il. A l’église, personne ne m’acceptera comme je suis et je ne pourrai plus continuer à assumer mon rôle de lecteur. » Ses journées, il les passe entre l’école où il enseigne, l’église et une association de défense des minorités créée en 2013 et dont il est vice-président.
Au Bénin, l’homosexualité n’est pas pénalisée, contrairement aux pays voisins que sont le Togo, le Ghana, le Cameroun ou le Nigeria. Dans ce dernier, les douze Etats du Nord qui suivent même la charia(la loi islamique) condamnant les gays à la lapidation.
Malgré des tentatives législatives pour criminaliser l’homosexualité dans les années 1990, le pays est resté relativement neutre sur cette question, accordant aux adultes consentants le droit d’avoir des relations homosexuelles. Mais cette tolérance ne signifie pas absence de difficultés pour les gays et lesbiennes, notamment pour les adolescents. Car le Code pénal, dans un amendement datant de 1947 – quand le Bénin appartenait encore à l’Afrique occidentale française (AOF) –, fixe la majorité sexuelle à 13 ans pour les personnes hétérosexuelles et à 21 ans pour les personnes homosexuelles. La menace d’une condamnation de six mois à trois ans d’emprisonnement pousse donc les jeunes qui se découvrent gays à vivre cachés dans un monde d’adultes libres. Et fige l’homosexualité comme un tabou dans les mentalités.
« Je ne suis pas prêt à tout dévoiler »
La famille de Wilfried, elle aussi, ignore son orientation sexuelle. Depuis un moment, sa mère lui réclame un petit-fils. Mais Wilfried est encore loin de la paternité. « Je sors avec Joy*, une jeune fille qui ne connaît pas ma bisexualité, confie-t-il. Je ne suis pas prêt à tout dévoiler, ni à elle, ni à ma mère. Le moment viendra pour cela. Puisque mon association travaille sous couvert d’actions de santé et de défense des droits économiques et sociaux, je les invite à nos activités de sensibilisation, où nous parlons parfois de la question des minorités sexuelles. C’est une manière pour moi de les préparer à la nouvelle. » Au Bénin, sur la dizaine d’associations LGBTQI en activité, aucune n’est légalement reconnue comme défendant les droits des homosexuels. Toutes doivent donc travailler sous une « couverture » officielle.
Quand Wilfried sort le soir et qu’il prévoit de « rencontrer du monde », il utilise des codes. « Nous avons des expressions pour nous reconnaître entre gays. Quand j’arrive à un endroit où quelqu’un me semble être homosexuel, je dis un ou deux mots précis pour m’en assurer. La plupart du temps, s’il acquiesce, cela confirme tout. »
Herman, lui, se définit comme « trans ». Il a un autre prénom quand il se travestit en femme. Son statut, il l’a compris il y a quatre ans, en classe de terminale. Le jour de notre entretien, il porte un tee-shirt sur un collant noir et parle d’un air un peu timide. « C’était au cours de SVT, on travaillait en groupe quand un camarade de classe m’a envoyé “je t’aime” sur un bout de papier, souffle-t-il. Au début, j’ai pris ça pour une blague, mais il a insisté. C’est ensuite que j’ai su qu’il était homo. Nous sommes restés ensemble un moment. »
Harcèlement quotidien
Contrairement à Wilfried, Herman raconte qu’il est quotidiennement moqué par son entourage. « A cause de ma démarche et parce que je suis efféminé, les gens se moquent de moi. Quand je fais des activités artistiques avec mes apprenants, mes collègues me disent devant les élèves : “Ah toi, tu es une femme hein ! Pourquoi tu parles comme ça ? Pourquoi tu marches de la sorte ?” Je suis quotidiennement harcelé. » Le harcèlement dont il est victime peut même aller plus loin soutient-il : « Un jour, la directrice de l’école dans laquelle j’interviens a voulu prendre mon téléphone pour regarder mes photos. Elle avait été informée par des collègues que je m’habillais en femme et que je me photographiais. C’est grâce à Wilfried que j’ai pu m’en sortir. Il m’a rappelé que l’engagement qui me lie à l’établissement n’autorise pas la directrice à fouiller dans mon téléphone et qu’il s’agit de ma vie privée. Mais nous les avons quand même effacées. »
Des Wilfried et des Herman, il y en a des milliers au Bénin, obligés de cacher leur véritable identité sexuelle. Aujourd’hui, ils soutiennent que l’Etat ne les protège pas suffisamment. Selon l’ONG Hirondelle Club, qui défend la cause de ces minorités dans le pays, de nombreux adolescents béninois sont encore chassés de leur foyer familial à cause de leur homosexualité et finissent par vivre à la rue. D’autres sont insultés, brimés, perdent leur emploi, sont exclus de leur école, de leur église, ou sont gravement agressés. Wilfried et Herman vivent dans la peur. Ils craignent un jour de subir le même sort que certains de leurs amis : mourir, tués par la haine et l’intolérance.
*Les prénoms ont été modifiés.
Glory Cyriaque Hossou est un Béninois de 25 ans engagé sur de nombreux fronts. Secrétaire général de la société des Blogueurs du Bénin, il est aussi coordinateur du comité contre la peine de mort d’Amnesty International dans son pays et étudiant en master 2 en droit des personnes. Sensible aux discriminations que subissent les minorités en Afrique de l’Ouest et centrale, il met sa plume au service des droits humains.
APRÈS REBEUSS, BOUGANE À MBEUBESS
C'est la première fois qu'un candidat a la présidentielle présidentielle se rend a la décharge de Mbeubeuss.
C'est la première fois qu'un candidat a la présidentielle présidentielle se rend a la décharge de Mbeubeuss.
Au moment ou la délégation du mouvement déposait sa candidature au conseil constitutionnel, l'homme d'affaires était en communion avec la population de Mbeubeuss.
Bougane a donc rendu visite cet après midi aux 7000 récupérateurs de la décharge située au coeur de la capitale sénégalaise.
Cette visite entre dans le cadre de la sensibilisation sur la philosophie Gueum sa Bopp.
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LA BIZ "EMPOISONNÉE" DE LA QUEEN
EXCLUSIF SENEPLUS - Des larmes de joie aux répliques virulentes, le tout ponctué de quelques moments de rigolade - Coumba Diallo était dans tous ses états au moment de répondre à ses détracteurs
Boubacar Badji et Youssou Ba |
Publication 20/12/2018
Coumba Diallo alias Queen Biz était dans tous ses états lors de la présentation de son nouvel album "Puissance 3". L'artiste qui se dit objet de plusieurs critiques a tenu à apporter la réplique à ses détracteurs. Un moment ponctué par des larmes de joie et quelques blagues savoureuses.