SenePlus | La Une | l'actualité, sport, politique et plus au Sénégal
6 avril 2025
Femmes
VIDEO
NOUS NE SOMMES PAS FIÈRES DE CE QUI S'EST PASSÉ À L'ASSEMBLÉE
EXCLUSIF SENEPLUS - Ndioro Ndiaye déplore la non prise en compte de la question du droit des femmes en politique, alors qu'elles ont tant à apporter à la bonne marche des pouvoirs publics
Boubacar Badji, Sadikh Ndiaye et Jallo Jerry |
Publication 03/12/2018
Plus de 100 femmes sont sorties très satisfaites des trois jours de dialogue sur la question de leurs droits en politique. Tout en reconnaissant l’effort du gouvernement sur l’autonomisation de la gent féminine, Ndioro Ndiaye ministre conseiller, pense que le droit des femmes en politique n’a jamais été un sujet de préoccupation. ‘’La question du droit des femmes en politique n’a jamais été prise en compte pour qu’on puisse en tirer des leçons et surtout faire des recommandations’’, a t-elle déclaré.
Le ministre conseiller a aussi déploré ce qui s’est passé à l’Assemblée nationale. ‘’Nous ne sommes pas fières de ce qui s’est passé à l’Assemblée nationale. Et je pense que c’est une conséquence du manque de formation des femmes'', a-t-elle regretté.
Cette manifestation qui a vu la participations de toutes les candidates à la candidature s’est tenue du 26 au 28 novembre 2018 sous l'égide de l’Alliance pour la migration, le leadership et le développement en partenariat avec le Pnud et l’Onuwas.
Voir la vidéo.
PAR MADIAMBAL DIAGNE
MARÈME SALL, UN ATOUT MAJEUR POUR MACKY
Ils seront nombreux à choisir de voter pour Macky Sall, le 24 février 2019, avec pour principale motivation de pouvoir garder la première dame au Palais - Avec elle, le chef de l'Etat aura pris une bonne avance sur ses challengers
On peut dire que ce fut, le samedi 1er décembre 2018, un très beau congrès d’investiture du candidat Macky Sall à l’élection présidentielle du 24 février 2019. Les symboles étaient nombreux comme la présence aux côtés du candidat Sall, de pas moins de quatre chefs d’Etat étrangers, qui avaient tenu à lui apporter publiquement un soutien et surtout un satisfecit pour leur collaboration, mais aussi l’estime que chacun d’eux porte à son endroit. L’autre symbole fort a été que le président sortant a tenu à organiser son congrès d’investiture dans l’enceinte du Dakar-Arena, qui constitue une réalisation révélatrice de l’ambition que le président Sall nourrit pour son pays. Mais c’est surtout, l’ensemble du site de la ville de Diamniadio qui restera dans les annales de l’histoire. Macky Sall avait fait le pari, à l’aune de son premier mandat présidentiel, d’ériger une ville nouvelle devant accueillir 350 mille habitants. Le projet de Diamniadio ville-nouvelle avait été chahuté, tourné en dérision. Moins de cinq ans après l’entame des travaux d’édification de la nouvelle ville, plus personne ne peut nier que Diamniadio ville-nouvelle devient une réalité avec son centre de conférences internationales, ses hôtels, ses sphères ministérielles, ses infrastructures sportives et sociales, ses habitations, son université et ses espaces de services et aménagements industriels.
Si Macky Sall avait voulu montrer ce qu’il a bien pu faire durant son premier mandat, il en a donné plein la vue. «Les opposants du président Sall devraient être énervés de passer par Diamniadio», disait un observateur. Peut-être et le cas échéant, ils ne devront plus sortir car, partout à travers le Sénégal, les réalisations portant la signature du Président Sall sont visibles, tangibles. On a pu lui reprocher l’agenda frénétique de ses sorties pour inaugurer telle ou telle infrastructure ? Justement, c’est parce qu’il y a des choses à inaugurer ! Qui a jamais vu inaugurer des réalisations fantômes ? Le Président Sall se plaît à le dire, «depuis 2012, le Plan Sénégal émergent (Pse) a permis de réaliser des performances exceptionnelles». Ce sont des performances dans les secteurs de l’agriculture, de la pêche et de l’élevage, mais aussi, le Président Sall a gommé «les retards critiques dans les domaines des infrastructures». Le Sénégal est devenu un «vaste réseau interconnecté de ponts, de routes, d’autoroutes, de pistes de production». Des projets générateurs d’emplois ont été engagés. Le Président Sall a exhibé, comme un trophée acquis de haute lutte, une infrastructure qui, à elle seule, suffirait à rendre élogieux son bilan, à savoir le pont sur le fleuve Gambie. Il a qualifié l’infrastructure de «trait d’union entre le Sénégal et la Gambie». Tous les prédécesseurs du Président Sall s’y étaient essayés en vain. Macky Sall a eu l’aura, la vaine, l’entregent, le tact et le sens de l’opportunité nécessaires pour arriver à relier la région naturelle de Casamance au reste du Sénégal, grâce à un pont qui enjambe la barrière que constituait le fleuve Gambie. Le Président Sall voudrait rééditer ce coup de génie, cette fois-ci, du côté de la frontière avec la Mauritanie. Il a engagé son homologue mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, à poser la première pierre d’un pont reliant les deux Rosso, de part et d’autre du fleuve Sénégal.
C’est dire que le bilan parle pour le Président Sall. Il a aussi dit son ambition de parachever les actions déjà entreprises mais surtout, il a indiqué vouloir fonder son action, pour les cinq prochaines années, si les Sénégalais lui renouvellent leur confiance au soir du 24 février 2019, autour de quelques axes de gouvernance, notamment autour d’initiatives au profit de la jeunesse, des initiatives dans le domaine de l’économie sociale et solidaire, de l’économie numérique inclusive, de la transition agro-écologique et de l’industrialisation. Le Président Sall voudrait supprimer les bidonvilles, avec un programme «Zéro Bidonville» et travailler dans le domaine de la gestion de l’environnement avec un autre programme «Zéro déchet».
Marème Faye Sall, un bonus électoral
La première dame, Marème Faye Sall, a fait au congrès d’investiture une entrée triomphale. Bras-dessus bras-dessous, le couple présidentiel a marché sur une longue distance pour saluer les foules de militants amassés sur les bords de la route qui conduisait au Dakar-Arena. C’était l’apothéose à leur entrée dans l’enceinte. Une belle mise en scène avait été organisée pour permettre à Macky Sall et à son épouse de marcher sur une sorte de ponton, aménagé pour faire le tour de la salle et saluer les militants. On a pu observer que les gestes étaient quelque peu empruntés, mais le couple présidentiel a fait un tabac. Mme Sall, manifestement surprise par la chaleur de l’accueil, a montré des signes d’émotion, surtout que les militants et militantes l’apostrophaient directement pour lui témoigner de leur sympathie. A la fin de la cérémonie, tout le monde s’était rué vers elle pour l’encourager. Marème Faye Sall s’est fait incontestablement adouber par le monde de militants et sympathisants. Enfin, elle se fait accepter. Ils étaient nombreux à se montrer particulièrement injustes avec la première dame, en lui prêtant plus que de raison, mais Marème Faye Sall a su rester ancrée sur ses principes, son mode de vie et surtout a continué à faire preuve d’ouverture, et d’œcuménisme. Les attaques dirigées contre la première dame apparaissent tellement injustes et parfois abjectes, qu’on ne pouvait s’empêcher d’élever la voix. Nous relevions, dans une chronique, en date du 10 octobre 2016, intitulée : «Elle devrait s’appeler Mar(tine) Fay(ard) Sall» que «dès l’accession du président Macky Sall au pouvoir, son épouse avait été particulièrement prise en grippe. La première dame ne semblait pas comprendre ce qui lui arrivait. On lui reprochait tout. Comme par exemple son port vestimentaire, sa coiffure, son maquillage, la façon de se tenir aux côtés de son mari, sa spontanéité naturelle, son sourire débonnaire, son penchant à fréquenter tout le monde, le sac à main qu’elle porte qui, un jour peut paraître bas de gamme et un autre jour peut être vu comme trop cher».
Faye Sall a continué son bonhomme de chemin en multipliant les gestes et actions de bienfaisance. Elle se montrait aimable, sociable et s’investissait exclusivement à aider les couches sociales les plus défavorisées. Elle a distribué des vivres, des petits matériels domestiques, construit des latrines, soigné des personnes âgées et soulagé des nécessiteux. Elle a su se mettre à la hauteur des populations qu’elle se proposait d’aider, on dira même de «servir». Inébranlable et stoïque, elle continua à aller vers les gens et leur apporter secours et surtout une attention qui surprenait toujours. Marème Faye Sall a fini par gagner les cœurs de ses compatriotes. Les attaques devenaient moins virulentes sur les réseaux sociaux et finalement, Marème Faye Sall suscitera une sympathie qui ne laissera plus à ses pourfendeurs des espaces pour la flétrir.
Dans le même temps, la première dame s’évertuera à rester sur le front pour travailler à raffermir les relations entre son époux et les autres acteurs politiques. Les interventions discrètes de la première dame ont permis incontestablement de restaurer des relations distendues ou de rapprocher des positions qui pouvaient être considérées comme éloignées à jamais. Le président Sall lui dédie son livre «Le Sénégal au cœur», écrivant : «A Marème, mon épouse, en reconnaissance de sa fidélité, de sa constance et de son combat, pour dire sa part inestimable dans mon parcours.» Plus loin, narrant les péripéties de sa rupture avec le président Abdoulaye Wade, le président Macky Sall souligne notamment : «Dans cette épreuve au cours de laquelle on a cherché à me traîner dans la boue, j’ai eu une alliée de taille en la personne de ma femme Marème.»
Marème Faye Sall a sans doute été à sa place et dans son rôle pour avoir porté son époux à conquérir le pouvoir. Mais assurément, elle continue de participer à consolider celui-ci et surtout à lui donner un visage assez social. «J’ai la chance d’avoir une épouse admirable, dévouée, et dotée d’un sens extrêmement aigu des réalités et des situations», souligne Macky Sall. Ils seront nombreux à choisir de voter pour Macky Sall, le 24 février 2019, avec pour principale motivation de pouvoir garder la Première dame au Palais présidentiel du Sénégal. Marème Faye Sall aura incontestablement beaucoup contribué à la victoire de Macky Sall. On peut même dire qu’elle se révèle être son premier agent électoral. El Hadji Mansour Mbaye, qui a eu la chance d’avoir connu toutes les premières dames du Sénégal indépendant, a fait rire le public du congrès d’investiture en enjoignant le candidat Macky Sall de choisir son épouse comme «Directrice de campagne». C’est juste une boutade mais avec Marème Faye Sall, Macky Sall aura pris une bonne avance sur ses challengers à la prochaine élection présidentielle.
LES MARIAGES PRÉCOCES N'ONT PAS DISPARU EN AFRIQUE DE L'OUEST
Malgré le lancement de nombreuses initiatives pour y mettre fin, le fléau persiste dans certaines régions du continent
The Conversation |
Aïssa Diara |
Publication 01/12/2018
« Musulmans et musulmanes du Niger, les lâches promoteurs du sexe pour tousayant rompu la fragile trêve, les associations islamiques se sentent en droit d'informer et de mobiliser les musulmans. » Cet extrait est issu d'une « Déclaration des associations islamiques contre la dégradation des mœurs et l'introduction de l'éducation sexuelle à l'école », publiée le 25 mars 2017 sur le site Niger Inter. Ces organisations prônent que cette « éducation » favoriserait une trop grande liberté sexuelle, contraire aux mœurs, pratiques religieuses, et serait par ailleurs fomentée par des agents étrangers. En même temps, ces associations s'opposent avec véhémence aux projets de loi interdisant « le mariage des filles de nos villes et villages avant l'âge de 18 ans ». Comment comprendre ces positions à première vue contradictoires ?
En 2014, le nombre de femmes mariées avant 18 ans est estimé à 700 millions, et plus de 1 sur 3 l'a été avant l'âge de 15 ans. La majorité des mariages précoces (MP) a lieu dans les pays en développement. L'Afrique de l'Ouest est la région du monde où la prévalence est la plus élevée. Parmi les 10 pays enregistrant les taux les plus élevés de MP, la moitié se situe dans cette région. Le Niger et le Mali sont les plus concernés, avec une prévalence de respectivement 77 % et 61 % de MP.
Notre recherche au Mali et au Niger, réalisée en 2016 et 2017, a porté sur les causes profondes qui expliquent la persistance du mariage précoce. Pourquoi et comment le mariage précoce est-il pratiqué et pourquoi persiste-t-il dans certaines régions malgré les multiples projets mis en œuvre pour y mettre fin ?
Une méthodologie mixte d'enquête combinant approches qualitative et quantitative a réuni des chercheurs des deux pays aux profils divers pour une analyse comparative menée sur la base de quatre approches disciplinaires : socio-anthropologie du développement, anthropologie de la santé, sciences de l'éducation, sciences juridiques. Nos résultats sur le Niger publiés dans le rapport "Filles pas épouses" et le Mali reviennent sur les facteurs couramment pointés du doigt, mais en développant des aspects sous-jacents et des causes profondes non analysées habituellement et non prises en compte par les pouvoirs publics et les ONG intervenant sur ces questions.
Le mariage précoce comme alternative
Les normes sociales locales au Niger comme au Mali influencent largement les logiques d'acteurs mobilisés dans les trajectoires matrimoniales des adolescentes. Dès la puberté, une fille non mariée est considérée comme une célibataire pour laquelle un conjoint est souhaitable et, passé 15 ans, cette situation est perçue comme constituant un problème. Durant l'adolescence, la principale crainte des parents est que leur fille puisse devenir enceinte hors mariage. En effet, l'idéal de virginité est loin d'être réalisé dans la pratique.
Il en résulte que plus une adolescente est mariée tôt, plus le risque d'une grossesse hors mariage s'éloigne. Face aux difficultés économiques mais aussi morales de prise en charge d'une fille-mère et ses enfants au sein du foyer familial, le mariage apparaît comme la meilleure solution aux yeux des parents.
Un choix pour de nombreuses jeunes femmes
Mais il faut souligner que c'est aussi souvent un choix des adolescentes elles-mêmes : au Niger, par exemple, d'après les rapports cités plus haut, 56 % des femmes mariées avant 18 ans déclarent que c'était leur choix personnel. La honte suscitée par une grossesse hors mariage vaut aussi pour les adolescentes (qui risquent d'être bannies par leur famille). Les garçons, quant à eux, ne subissent pas autant cette pression sociale.
En outre, le statut de femme mariée apparaît comme une promotion dès l'enfance, le mariage devient un idéal pour les filles (comme le montrent divers jeux de petites filles). Par ailleurs, le faible niveau et l'échec scolaire favorisent la décision du mariage précoce. Sur un effectif total de 916 femmes mariées précocement au Mali, 366 ont dû quitter l'école tandis que 294 ne sont jamais allées à l'école.
Le mariage précoce est un facteur de rupture scolaire mais aussi une conséquence de la faillite du système éducatif. L'école, qui devrait en principe être un facteur d'émancipation, n'est plus perçue comme un ascenseur social pour nombre de jeunes générations et de parents, elle est aujourd'hui d'une qualité déplorable et synonyme d'échec. On observe alors un cercle vicieux où la défaillance de l'école et les minces chances d'emploi qu'elle offre à terme favorisent le mariage précoce, qui à son tour contribue à la déscolarisation des filles.
La résistance se manifeste surtout à travers les discours, comme en témoignent ces extraits d'entretiens : « Dieu nous a fait le choix, nous devons le suivre… Nous devons suivre le prophète comme modèle, mais aujourd'hui, les organismes et certains oulémas sont en train de lutter contre le soi-disant mariage précoce, alors que beaucoup de filles de 13 ans tombent enceintes hors mariage. De ce fait, on a commis un péché. » (leaders religieux, commune I de Niamey, Niger.)
« Je suis convaincu que, s'il y avait eu le référendum, les Maliens allaient boycotter le code. Je suis convaincu aussi que les Maliens ne sont pas contre les mariages précoces. » (coordinateur des chefs de village, région de Kayes, Mali)
Comme le soulignent ces discours, collectés en 2017, issus des rapports de terrain (cités plus haut) et dont la synthèse sera bientôt publiée dans Études & Travaux du Lasdel, certaines communautés musulmanes vont ainsi à l'encontre des politiques de populations (espacement des naissances, planning familial), car elles sont influencées par certaines prescriptions coraniques et le poids croissant de l'idéologie salafiste.
Des pressions agressives, sur un ton extrêmement virulent, ont été exercées sur les élites politiques et ont parfois réussi à infléchir les positions gouvernementales. Au Niger, le projet du Code de la famille et du statut de la personne n'a jamais pu être adopté, et le projet de loi sur la scolarisation de la fille, incluant un module sur l'éducation sexuelle dans les programmes de l'enseignement secondaire, a été retiré par le gouvernement en 2014, à l'origine de ces projets, face à la mobilisation islamiste qui avait ébranlé sa propre majorité à l'Assemblée nationale. Par la suite, le gouvernement a adopté comme stratégie la dilution du programme d'éducation sexuelle dans deux autres programmes au secondaire (économie familiale et science de la vie et de la Terre).
Au Mali, sous la pression de certains courants religieux musulmans, un nouveau Code de la famille a été adopté en 2011, en nette régression sur le statut de la femme et de la fille par rapport à l'ancien. Mais l'opposition des conservateurs islamistes est aussi une réaction à ce qu'ils considèrent comme un impérialisme culturel, comme le témoignent ces propos collectés lors d'une étude sur les politiques de population au Niger (rapport à paraître dans Études & Travaux : « On ne nous imposera pas une vision occidentale de la famille ». (leader de groupe islamique, Tchadoua, Niger) ; « Les politiques de populations au Niger ne correspondent pas à la foi des Nigériens » (leader religieux, Radio Anfani Niamey, Niger).
Cet argument rencontre un fort écho au sein des populations, comme en témoigne une commerçante rencontrée à Niamey (Niger) : « Les Blancs n'aiment pas qu'on ait beaucoup d'enfants parce que, quand on a beaucoup d'enfants, ils n'auront pas notre richesse. C'est une façon de limiter les naissances, c'est Allah qui amène la maladie et c'est Allah qui amène la santé, les Blancs nous considèrent comme des animaux. »
Les politiques de contrôle de la natalité sont en effet promues par l'Occident (États ou ONG, souvent chrétiennes) et apparaissent comme méprisantes pour les valeurs identitaires africaines, qui considèrent la fertilité comme une valeur, et une nombreuse progéniture comme une richesse et l'assurance d'être pris en charge pour ses vieux jours.
Une lourde incompréhension quant à l'âge
Les politiques publiques se réfèrent à des normes internationales où sont clairement compartimentées les périodes de l'enfance, de l'adolescence et de l'âge adulte. Pour chaque tranche d'âge, des programmes spécifiques standardisés sont élaborés, mais ils sont mis en œuvre dans des contextes locaux où les normes de référence des communautés sont très différentes. Auparavant, les rites de passage et les classes d'âge permettaient, en Afrique, de préparer les individus à un nouveau statut social d'adulte.
Les enfants apprenaient ainsi un savoir-faire et les normes de conduite qui lui sont liées. Ces rituels sociaux ont presque totalement disparu. Aujourd'hui, des filles se retrouvent brusquement plongées dans le monde des adultes sans préparation, sans transition, munies de leur seul savoir-faire d'enfant qui s'avère inopérant pour leur nouvelle vie. La catégorie « adolescente » n'existe presque pas dans la réalité sociale, alors qu'elle est une cible favorite dans les programmes des institutions de développement.
La réalité des mariages précoces est donc plus complexe qu'il n'y paraît. Les nombreuses interventions jusque-là réalisées, pilotées de l'extérieur, ont certes contribué à maintenir le problème sur l'agenda des politiques internationales et nationales, mais sans modifier les comportements des populations de façon significative.
Il reste à saisir cette opportunité pour approfondir les connaissances sur les logiques sociales (pas forcément en lien avec la tradition) qui sous-tendent le mariage précoce et élaborer avec les populations des réponses adaptées à leurs contextes locaux et qui n'apparaissent pas comme des injonctions occidentales.
CHINE: BÉBÉS GÉNÉTIQUEMENT MODIFIÉS
Le professeur He Jiankui qui affirme avoir créé les tout-premiers bébés au monde génétiquement modifiés.
Décision très attendue après la séance de question-réponses mercredi entre des scientifiques chinois et étrangers sur les recherches du professeur chinois.
Dans une vidéo en ligne publiée lundi, il a annoncé que des jumelles immunisées contre le VIH étaient nées en bonne santé il y a quelques semaines et qu’elles avaient été conçues grâce à la fécondation in vitro. Elles ont également reçu un traitement spécifique contre l’infection par le VIH-Sida.
L’Union chinoise des sociétés des sciences de la vie et le comité d‘éthique de l’Académie chinoise des sciences (CAS) ont déclaré que ses recherches sur les bébés génétiquement modifiés sont en conflit avec les principes moraux et éthiques.
“Je pense toujours que la déclaration que nous avons faite à la fin de la dernière réunion, selon laquelle il serait irresponsable de poursuivre toute recherche clinique de l‘édition du génome à moins que, et jusqu‘à ce que les problèmes de sécurité aient été traités, en accord avec un consensus de société qui est fondamentalement, un processus ouvert, qui n’a pas eu lieu serait toujours considéré comme irresponsable “, s’est indigné David Baltimore, lauréat du prix Nobel de physiologie/de médecine et président du comité d’organisation du sommet.
Le professeur Jiankui a expliqué que huit couples – composés de pères séropositifs et de mères séronégatives – s‘étaient volontairement inscrits pour participer à cette expérience.
Selon lui, l‘étude avait été soumise à un journal scientifique pour examen, bien qu’il n’ait pas nommé le journal.
Malgré les explications du scientifique, les chercheurs et les scientifiques présents ont pour la plupart maintenu leurs doutes et leurs préoccupations.
Le scientifique a également annoncé une “autre grossesse potentielle” d’un embryon à modification génique était en cours, mais pour l’instant, au tout début du processus.
VIDEO
NOUS NE DEVONS PLUS ÊTRE DES COLONISÉS FINANCIERS DE LA FRANCE
EXCLUSIF SENEPLUS - Le phrasé direct, Yassine Fall aborde sans langue de bois les questions ‘’tabous’’ : le franc CFA et les langues nationales, entres autres - Elle prône la rupture par rapport à une économie néo-classique
Boubacar Badji, Alioune G Sall et Coumba Thiam |
Publication 30/11/2018
Fonctionnaire des Nations-unies à la retraite Yassine Fall est une candidate à la candidature convaincue que la société sénégalaise est prête à élire une femme à la fonction de présidente de la République. Le phrasé direct, elle aborde sans langue de bois les questions ‘’tabous’’ : le franc CFA et les langues nationales, entres autres.
Elle prône la rupture par rapport à une économie néo-classique. ‘’ Le développement nécessite une approche plus courageuse qui puisse briser certains liens ombilicaux que nous avons notamment avec le secteur privé français’’ soutient-elle.
Tout en évaluant les risques, Yassine pense qu’il est important d’enclencher ce tournant qui est "décisif pour notre avenir politique, social économique et financier". ‘’En 2019, nous devons balayer tout argumentaire qui dit que nous devons continuer à être des colonisés financiers de la France’’ a t-elle martelé.
Voir la vidéo
VIOLENCE BASÉE SUR LE GENRE : 68 % DES VICTIMES NE FONT PAS RECOURS À LA JUSTICE
Quelque 68% des victimes de violence basée sur le genre (VBG) au Sénégal ne font pas recours à la justice ou ne dénoncent pas les exactions commises contre elles, a relevé la coordonnatrice du programme ONUFEMME-Sénégal, Dieynaba Wane Ndiaye.
‘’Il y a également que pour la pratique de l’excision et des mutilations génitales, quelques régions sortent du lot’’, a-t-elle notamment dit à la fin d’un atelier de partage des données de l’Enquête démographique et de santé-2017 (EDS-2017) sur le pouvoir d’action des femmes et les VBG.
Cette rencontre organisée en collaboration avec le ministère de la Femme, de la Famille et du Genre entre dans le cadre de l’agenda des ‘’16 jours d’activisme pour mettre fin à la violence à l’égard des femmes et des filles’’.
D’après la coordinatrice du programme ONUFEMME-Sénégal, progressivement, la pratique de l’excision et des mutilations génitales est de moins de 5% dans le nord du Sénégal, mais dépasse 10% dans le sud.
‘’Nous savons tout de même qu’au nord, il y a un hub de plus de 61% et cela démontre que nous avons une cartographie de ce phénomène qui va nous permettre de développer des programmes d’actions pour voir quelles sont les actions à mener."
Elle a fait savoir que l’étude a révélé que toutes ces sortes de violences relèvent de violences domestiques, de violences en milieu professionnel et de violences en milieu de formation.
‘’Les résultats que nous venons de partager vont nous permettre ensemble de développer des stratégies permettant d’éradiquer ce phénomène dans les toutes prochaines années’’, a dit Mme Ndiaye, précisant que cela passe par le renforcement de la sensibilisation, de l’information et de la formation.
Elle s’est dite satisfaite du déroulement de cet atelier de restitution de l’EDS-2017 qui, pour la première fois, a intégré les questions de VBG et d’autonomisation de la femme dans ses activités.
‘’Cette restitution nous montre qu’il y a encore beaucoup à faire sur les questions de violence, mais aussi nous gratifie de statistiques fiables pour les différentes régions du Sénégal’’, a dit Dieynaba Wane Ndiaye.
VIDEO
LES FEMMES PRÔNENT LA RUPTURE
EXCLUSIF SENEPLUS - Nafissatou Wade, Yassine Fall et Aida Mbodjie, toutes candidates déclarées à la présidentielle, sont décidées à impulser une nouvelle dynamique dans la gestion des affaires publiques
Boubacar Badji, Alioune G Sall et Coumba Thiam |
Publication 27/11/2018
Des femmes engagées a créer une rupture définitive avec le système actuelle ont pris la parole lundi, à l’occasion du dialogue sur la participation des femmes à l’élection présidentielle du 24 février 2019, initiée par le ministre conseiller Ndioro Ndiaye. Nafissatou Wade, Yassine Fall et Aida Mbodjie toutes candidates déclarées à la candidature ont débattu sur des questions d’actualité.
Voir la vidéo.
AFRIQUE: "COMMENCER PAR COMPTER SES ENFANTS"
Le recensement, gage des politiques de gestion des enfants de la rue
Très souvent, on déplore l’absence de politiques d’insertion des enfants africains dits de la rue. Et pourtant tout devrait commencer par leur dénombrement.
L’humanité célèbre ce 26 novembre, la journée des enfants des rues initiée par l’UNESCO en mémoire de la convention relative aux droits de l’enfant signée en 1989. En partenariat avec des ONG, l’institution onusienne organise de nombreuses activités dont des séminaires ayant trait à la politique d’insertion des enfants des rues.
Des enfants qui rompent avec leurs parents biologiques à cause de nombreux facteurs : pauvreté familiale, conflits, dislocation familiale, marginalisation communautaire, maltraitances familiales, …. La liste n’est pas exhaustive.
Ayant sa part d’enfants des rues, l’Afrique se veut déterminée à « rendre la dignité à tous les enfants en situation de rue ». Ainsi qu’en témoigne la campagne intitulée « Pour des villes africaines sans enfant en situation de rue », lancée le 24 novembre en marge du 8è sommet « Africités », organisé à Marrakech.
-COMMENCER PAR COMPTER SES ENFANTS-
Et le Maroc occupe déjà le devant de la scène avec son initiative : « Rabat : une ville sans enfant en situation de rue ».
Une politique qui « vise à intégrer la question de l’enfance dans la politique urbaine, la gouvernance, les programmes et plans de développement des villes et des territoires locaux et ainsi contribuer à protéger l’enfance et à éradiquer, à terme, le phénomène des enfants en situation de rue, souvent oubliés ».
Mais, combien sont ces enfants africains dans la rue pour qu’ils ne soient plus oubliés des politiques publiques ? Sur la base des données fournies par des ONG, l’Afrique abriterait plus de 30 millions d’enfants vivant dans la rue contre 120 millions pour toute la planète.
Or, ce ne sont que des estimations, car selon des observateurs, depuis la nuit des temps, il n’y a jamais eu un dénombrement exact de ces enfants. Y compris dans des pays développés. Comment alors prendre en charge tout le monde sans s’appuyer sur des données précises ? Il y a là, risque d’oubli de certains enfants de la rue au cas où des politiques efficientes sont enfin mises en œuvre par les pouvoirs publics.
Et quelque banals qu’ils soient, ces chiffres sont « en contradiction avec les valeurs ancestrales des sociétés africaines, fondées sur la solidarité et la primauté de la famille », comme l’a dénoncé le 24 novembre, le Roi Mohamed VI du Maroc, dans un message lu aux Africités par la Princesse Lalla Meryem, présidente de l’Observatoire national des droits de l’enfant (ONDE) du Maroc.
UNE SÉNÉGALAISE MORTELLEMENT POIGNARDÉE PAR SON MARI, EN ESPAGNE
Une émigrée sénégalaise d’une quarantaine d’années a été mortellement poignardée par son mari, ce dimanche, à Monzón, une localité de la province espagnole de Huesca, a appris l’APS de bonne source.
Une enquête a été ouverte par la police espagnole qui a déjà arrêté le présumé meurtrier. Les faits se sont déroulés à la mi journée au domicile des deux époux originaires du Saloum, au centre du Sénégal.
La victime laisse derrière elle un garçon de six ans et une fille agée de dix ans, a expliqué à l’APS, une voisine de la défunte en Espagne.
AVORTEMENT MÉDICALISÉ
Contradictions entre les législations internationale et nationale
L’Etat du Sénégal devrait lever ‘’les contradictions qui existent entre les instruments juridiques internationaux et la loi interne en ce qui concerne le droit à l’avortement’’, a plaidé samedi, Ndéye Madjiguène Sarr de l’Association des Juristes Sénégalaises (AJS).
‘’Le Sénégal a signé et ratifié l’essentiel des instruments juridiques internationaux, régionaux et sous-régionaux consacrant le droit à l’avortement. Malgré cela, il n’existe toujours pas de cadre juridique interne favorable à l’accès à l’avortement médicalisé’’ a-t-elle notamment déploré.
Elle s’exprimait ainsi à travers une communication axée sur le thème ‘’environnement juridique de l’interruption de grossesse au Sénégal et la cartographie des législations africaines’’ dans le cadre d’un atelier de formation organisé par l’Association des Journalistes en Santé, Population et Développement (AJSPD).
L’atelier porte sur la clarification des valeurs et le cadre juridique relatif au plaidoyer sur les Droits et Santé Sexuels et de la Reproduction et l’avortement médicalisé. La rencontre entre dans le cadre de la troisième phase du projet ‘’Voix pour la santé’’.
L’Association des journalistes en santé population et développement, selon son Président, Alassane Cissé, ‘’organise un atelier de formation car leur (les journalistes) implication est nécessaire pour une meilleure connaissance et un meilleur traitement de l’information relative à l’avortement médicalisé’’.
‘’Au Sénégal, il est souhaité une modification du Code pénal pour autoriser l’avortement médicalisé en cas de viol ou d’inceste’’ a plaidé la juriste.
Aussi, évoque-t-elle, le protocole à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, adopté par la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement à Maputo (Mozambique), le 11 juillet 2003, ratifié par le Sénégal le 8 janvier 2005.
Par exemple dans le protocole de Maputo, a-t-elle expliqué ‘’ dans l’article 14, il est dit que les Etats assurent le respect et la promotion des droits de la femme à la santé, y compris la santé sexuelle et reproductive. Ces droits comprennent : le droit d’exercer un contrôle sur leur fécondité, le droit de décider de leur maternité, du nombre d’enfants et de l’espacement des naissances, le libre choix des méthodes de contraception’’.
Revenant sur la législation en matière d’avortement dans certains pays africains, Mme. Sarr a souligné que ‘’ l’avortement est dans la plupart des pays africains illégal ou d’un accès très restrictif. Seuls trois pays sont totalement sortis du cadre normatif colonial en rendant gratuit l’Interruption Volontaire de Grossesse (IVG) tant que la grossesse n’a pas atteint 12 semaines’’.
Il s’agit de la Tunisie en 1973, du Cap-Vert 1986 et de l’Afrique du Sud en 1996.
Selon elle, ‘’au Burkina Faso, le Code pénal autorise l’avortement en cas d’inceste et de viol et au Ghana la loi autorise, depuis 1985, l’avortement en cas de viol, d’inceste ou de menace pour la santé mentale ou physique de la mère’’.
En Côte d’Ivoire, l’article 367 du Code pénal dit qu’il ‘’n’y a pas d’infraction lorsque l’interruption de la grossesse est nécessitée par la sauvegarde de la vie de la mère gravement menacée’’.
En Zambie, a-t-elle ajouté, ‘’on peut pratiquer l’avortement pour cause de risque pour la santé mentale de la femme ou de la fille enceinte. Il est requis l’autorisation d’un psychiatre’’.