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3 avril 2025
Femmes
À GOMA, LA DIPLOMATIE DANS L'IMPASSE
René Lake dévoile sur VOA Afrique, les mécanismes d'un conflit en RDC où la dimension identitaire se mêle aux enjeux économiques. Selon lui, l'intervention de Marco Rubio pourrait marquer un tournant pour l'implication américaine dans la région
La situation à Goma, grande ville de l’est de la République démocratique du Congo (RDC), semble irréversible ce mercredi 29 janvier 2025. Le mouvement rebelle M23, soutenu par l’armée rwandaise, contrôle désormais la quasi-totalité du centre et des faubourgs de la ville. Cette crise, qui s’est étendue à Kinshasa où plusieurs ambassades ont été attaquées, soulève des questions cruciales sur les perspectives de sa résolution.
Interrogé par VOA Afrique sur la possibilité d’une solution diplomatique, René Lake, analyste politique, a exprimé ses doutes. « Il est très difficile de répondre à cette question avec certitude* », a-t-il déclaré, soulignant le refus catégorique du gouvernement congolais de dialoguer avec le M23, qu’il considère comme un groupe terroriste. En revanche, le Rwanda insiste pour que le M23 soit inclus dans les négociations, une demande rejetée par Kinshasa.
L'invité de VOA Afrique a évoqué le processus de Luanda, initié il y a deux ans, comme le cadre de négociations le plus abouti jusqu’à présent. Comme le rappelle René Lake, ce processus, qui avait réuni les présidents congolais, rwandais, angolais et burundais, avait abouti à un communiqué final appelant à un cessez-le-feu, au retrait du M23 et à la poursuite du dialogue politique.
Cependant, les récentes tensions et le refus du président congolais Félix Tshisekedi de participer à une réunion de la Communauté des États de l’Afrique de l’Est (CAE) convoquée par le Kenya ont jeté un froid sur les efforts régionaux. « C'est malheureux que cette réunion n'ait pas pu se tenir au Kenya, en tout cas avec la participation des principaux acteurs, le président Kagame et le président Tshisekedi », a regretté Lake.
Lake a également souligné les dimensions politiques et économiques du conflit. Il a évoqué les accusations de « haine anti-tutsi » en RDC, un sentiment qui alimente les tensions identitaires. « Les Congolais très clairement ont indiqué qu'il s'agit d'intérêts économiques et financiers, notamment dans l'exploitation des mines, qui poussent le Rwanda à maintenir cette instabilité au Congo parce que cela leur profite économiquement », a déclaré Lake.
La réaction du département d’État américain, marquée par l’intervention du sénateur Marco Rubio, a suscité des interrogations. « L'intervention directe de Marco Rubio qui a appelé Kagame, son implication plus importante me semble indiquer qu'il se pourrait que l'administration Trump soit plus engagée dans l'espace africain et dans ce conflit en particulier », décrypte René Lake.
Cette implication accrue des États-Unis pourrait marquer un tournant dans la gestion internationale de la crise. « On ne sait pas encore si cela est dû à un ajustement de la politique étrangère américaine de Trump ou à la personnalité de Marco Rubio, qui est un spécialiste des relations internationales et qui s'intéresse à l'Afrique », a-t-il conclu.
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L'AFRIQUE PEUT MARQUER LA DIPLOMATIE PAR SA GASTRONOMIE
La cuisine est l’un des éléments que l’Afrique peut apporter à la mondialisation en termes de soft power (influence) aux autres peuples. À Dakar, Table Pana organise depuis quelques années des rencontres avec des chefs africains de la diaspora…
La cuisine est l’un des éléments que l’Afrique peut apporter à la mondialisation en termes de soft power (influence) aux autres peuples. À Dakar, Table Pana organise depuis quelques années des rencontres avec des chefs africains de la diaspora pour leur permettre de partager leurs expériences et de créer des plats originaux, à l’image des artistes visuels ou autres, dans leur processus de création.
« L’idée, c’est de se positionner comme une galerie, un lieu d’expression pour les chefs de la diaspora africaine », explique la fondatrice, Nadia Copogo. Elle ajoute : « Mon travail consiste à identifier les chefs de la diaspora africaine, à les faire venir ici à Dakar et à leur donner carte blanche, avec un seul objectif : sublimer la production locale pour en proposer une interprétation plus créative, contemporaine, voire expérimentale de notre gastronomie africaine. »
Table Pana, c’est de la street food à la haute gastronomie, réalisée à partir de produits africains locaux. C’est un lieu de création et d’affirmation de la cuisine africaine.
« La nourriture est un outil très puissant, un outil de soft power si l’on parle de politique, un outil de diplomatie », affirme la fondatrice. Invitée à la 5e édition des symposiums de Condition Report organisés par la Raw Material Company et intitulés « Le sens du lieu : déplacement, replacement, non-placement », pour réfléchir sur les modalités d’habiter la ville, le monde, l’univers, le cosmos, sous la direction de l’universitaire Felwine Sarr, l’initiatrice du projet, Nadia Copogo, détaille dans cet entretien accordé à AfricaGlobe TV de quoi il s’agit.
Actuellement itinérante, Table Pana s’occupe de projets institutionnels, de dîners privés pour de grandes entreprises, mais ambitionne à terme de devenir le premier tiers-lieu de la gastronomie africaine. Ce lieu inclurait un restaurant, un think tank, un centre de formation et une épicerie fine.
LE MARIAGE N'OBLIGE PAS AU SEXE
Dans un arrêt historique rendu jeudi 23 janvier, la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) a condamné la France pour avoir considéré comme fautive une femme qui avait refusé des relations sexuelles à son mari
(SenePlus) - Dans un arrêt historique rendu jeudi 23 janvier, la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) a condamné la France pour avoir considéré comme fautive une femme qui avait refusé des relations sexuelles à son mari. Cette décision fait jurisprudence en matière de droits des femmes et de consentement au sein du mariage.
L'affaire concerne une Française de 69 ans dont le divorce avait été prononcé aux torts exclusifs par la cour d'appel de Versailles en 2019. Selon Le Monde, la justice française avait alors retenu comme "faute" son refus d'avoir des "relations intimes avec son mari" sur une période de plusieurs années.
La CEDH a fermement rejeté cette interprétation, établissant un principe fondamental : "tout acte sexuel non consenti est constitutif d'une forme de violence sexuelle". La Cour a particulièrement insisté sur le fait que le consentement au mariage ne peut être assimilé à un consentement perpétuel aux relations sexuelles. Comme le rapporte l'AFP, la CEDH a explicitement déclaré qu'une "telle justification serait de nature à ôter au viol conjugal son caractère répréhensible".
Cette affaire met en lumière l'évolution complexe de la jurisprudence française en la matière. Initialement, en juillet 2018, le tribunal de grande instance de Versailles avait adopté une position différente, refusant de prononcer le divorce pour faute et reconnaissant que les problèmes de santé de l'épouse pouvaient justifier l'absence de relations sexuelles dans le couple. Cependant, la cour d'appel avait ensuite inversé cette décision, une position maintenue par la Cour de cassation qui avait rejeté le pourvoi de la requérante.
Face à cette situation, la plaignante s'était tournée vers la CEDH en invoquant l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme relatif au respect de la vie privée et familiale. Sa victoire devant la juridiction européenne représente, selon ses propres mots rapportés par l'AFP, "un tournant dans la lutte pour les droits des femmes en France".
Cette condamnation de la France par la CEDH établit ainsi un précédent juridique majeur en matière de consentement conjugal et de protection des droits fondamentaux des femmes au sein du mariage.
A DAKAR, LES BOUTIQUES DE DROIT ONT RECENSE PLUS DE 90 CAS DE VIOL
La Fidh et ses trois organisations membres au Sénégal – la Lsdh, l’Ondh et la Raddho -, ainsi que, l’Ajs, demandent au gouvernement de prendre les dispositions législatives et judiciaires nécessaires pour une meilleure protection des femmes et des filles
La chargée de projets à l’Association des juristes sénégalaises, Mme Sène, a soutenu qu’en conclusion de la mission de plaidoyer qui a pris fin, hier, la Fidh (Fédération internationale des droits humains) et ses trois organisations membres au Sénégal – la Lsdh, l’Ondh et la Raddho -, ainsi que leur partenaire de longue date, l’Ajs (Association des Juristes du Sénégal) demandent au gouvernement de prendre les dispositions législatives et judiciaires nécessaires pour une meilleure protection des femmes et des filles victimes de violences physiques, sexuelles, psychologiques, économiques.
Elle l’invite également à mettre en place un dispositif efficace d’assistance juridique et judiciaire aux victimes. Ensuite, de prendre les mesures législatives nécessaires pour la mise en conformité des dispositions nationales aux engagements pris en 2004 par la ratification sans réserve le protocole dont l’article 14 prévoit l’accès à l’avortement médicalisé aux victimes de viol et d’inceste, ou lorsque la vie ou la santé de la mère ou du fœtus sont en danger. Enfin, de veiller à l’effectivité de l’application des peines prononcées à l’encontre des auteurs de faits de violences à l’égard des femmes et des filles.
La Fidh salue les militants et militantes « au courage remarquable » qui continuent leur combat malgré les nombreuses menaces et attaques à leur encontre. L’organisation pense qu’en 2025, il est urgent que le gouvernement s’exprime sur le sujet, garantisse le respect de l’État de droit et mène des actions concrètes pour la promotion et une meilleure protection des droits des femmes. « Le Sénégal le doit aux petites filles et aux femmes du pays. Il s’y est engagé il y a 20 ans. Je fais partie de l’association des juristes sénégalaises. Nous avons nos boutiques de droit qui nous servent de relais. Dans ces boutiques de droit implantées à Dakar, Sédhiou, Ziguinchor, Kébémer et Kaolack, nous avons recensé plus de 90 cas de viols », a-t-il fait savoir. Et rien qu’à Dakar, on note plus de 98 cas de viols.
POUR LA LÉGALISATION DE L'AVORTEMENT MEDICALISÉ
Malgré la loi le criminalisant, le viol prend des proportions alarmantes au Sénégal avec son lot conséquences dont la grossesse
Malgré la loi le criminalisant, le viol prend des proportions alarmantes au Sénégal avec son lot conséquences dont la grossesse. Dans le dernier rapport de l’Ansd, on note qu’un peu plus de 30% de victimes de violences faites aux femmes sont des mineures de moins de 16 ans. Hier, la Fédération internationale pour les droits humains a invité l’Etat à respecter son engagement, pris il y a 20 ans, d’autoriser l’avortement médicalisé en cas d’inceste ou de viol.
Les cas de viol et d’inceste sont devenus récurrents au Sénégal. Le 12 janvier dernier, le pays s’est réveillé sous le choc avec le cas d’une petite fille de 9 ans vivant à Joal violée par son maître coranique qui devrait lui transmettre le savoir et la guider sur le droit chemin.
Plus dramatique, le viol a été suivi d’une grossesse mettant en danger la petite fille. Bien avant, en mars 2023, les Sénégalais étaient dans déjà l’émoi et la consternation avec une affaire de viol sur 27 filles âgées de 6 à 15 ans vivant dans la région de Diourbel par un maître coranique. Un phénomène qui prend de l’ampleur avec des victimes qui portent à vie des séquelles de ces atrocités.
Hier, la Fédération internationale pour les droits humains a tenu une rencontre pour inviter l’Etat à réagir face à ce fléau que vivent les femmes et à respecter son engagement de permettre l’avortement médicalisé en cas de d’inceste ou de viol.
Elle a déclaré que cette recrudescence de violences faites aux femmes et aux enfants est mise en exergue par l’Ansd qui, en novembre dernier, à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, avait publié un rapport sur la situation des violences faites aux femmes. Le document indique que 31,9 % des femmes âgées de 15 ans et plus ont subi au moins une forme de violence (physique, psychologique, sexuelle ou économique) au cours des 12 derniers mois. Par ailleurs, poursuit cette association des droits humains, 17,3% des femmes de 15 ans et plus ont déclaré avoir été victimes de violences sexuelles hors union au moins une fois dans leur vie…
Plus de 30 000 femmes recourent à l’avortement clandestin
Même les enfants de moins de cinq ans n’y échappent pas. En 2022, l’Association des juristes sénégalaises a pu relever que, sur 331 victimes de viols recensés, les 43% avaient entre 4 et 14 ans. Dans ce sillage, entre 2016 et 2017, le Centre de Guidance infantile et familiale de Dakar a dénombré 97 cas de viols suivis de grossesse, avec une moyenne d’âge de 11 ans, uniquement dans la région de Dakar.
C’est dans ce contexte de multiplication des violences faites aux femmes et aux filles que la Fédération Internationale des Droits Humains (Fidh), en partenariat avec l’Association des juristes sénégalaises (Ajs) et en étroite collaboration avec les organisations membres, la Raddho, la Lsdh et l’Ondh, a mené, en décembre 2023, une mission de documentation sur les violences sexuelles et l’application du Protocole de Maputo ratifié par le Sénégal en 2004.
La vice-présidente de l’Ondh, Fatou Habibatou Samb, de rappeler que l’Etat a signé et ratifié le protocole de Maputo avant de souligner que le nouveau régime, qui parle de rupture avec son slogan « Jub-Jubbal-Jubbanti », devrait respecter son engagement afin de soutenir les filles qui subissent ces atrocités.
« Ne serait-ce que pour les jeunes filles qui, le matin, quittent leur maison et leurs parents pour aller à l’école, sont agressées sexuellement en cours de route et sont souvent obligées de suspendre leur scolarité et de suivre une grossesse au péril de leur vie, l’Etat doit pouvoir respecter ses engagements », a plaidé la défenseure des droits humains.
Elle a soutenu que cette mission de documentation a donné naissance au rapport intitulé « Double peine : les survivantes de viol et d’inceste contraintes de poursuivre leur grossesse au Sénégal ». Le document analyse les obstacles à la légalisation de l’avortement médicalisé en cas d’inceste ou de viol et fournit des recommandations. Elle poursuit qu’il ressort de ce rapport que, chaque année, plus de 30 000 femmes et filles risquent leur vie et leur liberté en avortant clandestinement.
Présente à la rencontre, la juriste consultante Ndèye Oulimata Sène a déclaré que dans le document, il est indiqué clairement que l’avortement clandestin est l’une des causes principales de décès maternels au Sénégal et que les femmes y ayant recours, qand elles survivent, encourent jusqu’à deux ans d’emprisonnement. En 2024, 11% de la population carcérale concerne les faits d’avortement et d’infanticide. « Il s’agit de la deuxième cause d’incarcération des femmes et des filles », a dit la chargée de projets à l’Association des juristes sénégalaises.
Elle a ajouté que suite à la diffusion de ce rapport, en septembre dernier, et en considération de la nouvelle alternance politique, la Fidh, ses organisations membres (Lsdh, Ondh, Raddho) et l’Ajs ont souhaité rencontrer les nouvelles autorités pour leur présenter les conclusions du rapport et les sensibiliser sur la nécessité de faire appliquer le protocole de Maputo pour aider à la prise en charge médicale des femmes et filles victimes de viols ou d’inceste suivi de grossesse.
L’AVENIR DES JEUNES FILLES EN DANGER
La lutte contre les grossesses en milieu scolaire peine encore à porter ses fruits. Pour cause, 1202 cas de grossesses ont été recensés dans 1332 lycées et collèges du Sénégal en 2024
La lutte contre les grossesses en milieu scolaire peine encore à porter ses fruits. Pour cause, 1202 cas de grossesses ont été recensés dans 1332 lycées et collèges du Sénégal en 2024. L’information est du Groupe pour l’étude et l’enseignement de la population (GEEP) dans son rapport d’observatoire. Ce phénomène de grossesses en milieu scolaire constitue une entrave à la politique de scolarisation et de maintien des filles à l’école. Il risque aussi de donner du fil à retordre à la Première Dame, Marie Khone Faye, qui s’est engagée récemment pour le maintien des filles à l’école.
Les grossesses en milieu scolaire sont une réalité au Sénégal. En atteste le rapport d’observatoire du Groupe pour l’étude et l’enseignement de la population (GEEP) qui indique avoir recensé 1202 cas de grossesses en milieu scolaire en 2024 sur tout le territoire sur des adolescentes âgées entre 12 et 19 ans. Selon le document, « en 2024, le recensement des cas de grossesses a couvert 1332 établissements publics de moyen secondaire sur un total de 1573 ciblés (Cem et lycées de la carte scolaire), soit un taux de couverture de 85% du réseau scolaire ». L’Académie de Fatick occupe la première place avec 166 cas de grossesses, soit 13,81. Elle est suivie de celle de Ziguinchor avec 157 cas, soit 13,06% et de celle de Sédhiou avec 134 cas, soit 11,15%. 100 cas de grossesses ont été recensés dans l’Académie de Tambacounda, celle de Kolda 91, celle de Matam 86 et celle de Thiès 83. Le département de Dakar occupe la dernière place avec 7 cas.
Selon le Syndicat des Enseignants Libres du Sénégal Authentique (SELS/A) qui condamne « ces chiffres alarmants », « le document du GEEP met en lumière une situation préoccupante concernant les grossesses précoces en milieu scolaire ». A l’origine, il pointe de doigt « l’absence de sensibilisation suffisante », « les failles dans l’encadrement social et familial », « la précarité socioéconomique » et « l’impact des conditions scolaires ». Il faut dire que les grossesses en milieu scolaire constituent une véritable menace à la scolarisation et au maintien des filles à l’école. Pour la plupart des jeunes filles, maternité rime avec la fin de la scolarité. Après la naissance de leurs enfants, elles ne reviennent jamais à l’école. Et pour celles qui ont de la chance de poursuivre les cours après l’accouchement, elles se retrouvent avec des mois ou des années de retard. Face à cette situation, le SELS/A exige « une prise de responsabilité immédiate de l’État et des collectivités locales pour instaurer des programmes de sensibilisation sur la santé sexuelle et reproductive », « appelle à un renforcement de la protection des élèves en milieu scolaire, notamment à travers la sécurisation des établissements et des trajets scolaires » et « milite pour une collaboration entre enseignants, parents et partenaires sociaux afin de prévenir ce fléau ».
Même si la question des grossesses en milieu scolaire reste une équation irrésolue, des activités de plaidoyer et de sensibilisation contre le phénomène ne manquent pas. Le GEEP, par exemple, a mis en place depuis quelques années, la stratégie zéro grossesse à l’école. Dans ce cadre, le SELS/A recommande de « renforcer l’éducation à la santé reproductive dès le cycle moyen avec l’implication des enseignants, des ONG et des leaders communautaires », « mettre en place des centres de conseil et d’écoute dans les établissements pour offrir un accompagnement psychologique et social». Il propose également « d’encourager l’autonomisation des jeunes filles, notamment par l’accès aux bourses scolaires et la lutte contre le mariage précoce » mais aussi « d’impliquer la justice pour sanctionner tout adulte responsable d’une grossesse chez une mineure scolarisée ».
En plus d’être parfois une question de santé, les grossesses en milieu scolaire sont aussi une question de développement. C’est pourquoi, le maintien des filles à l’école reste encore un grand défi dans notre système éducatif.
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DIAKHER SENGHOR, L'ARTISTE DU VISIBLE ET DE L'INVISIBLE
Remettre la spiritualité au cœur de la vie de l’Africain : tel est le message de Mariane Diakher Senghor, une plasticienne au talent indiscutable, qui a proposé une prodigieuse exposition autour de l’art et de la spiritualité à la galerie nationale.
La plasticienne Mariane Diakher Senghor expose 16 années de travail réalisées avec maestria autour de l’art et de la spiritualité à la Galerie nationale d’art. À travers cette production réalisée de main de maître, la jeune artiste invite les Africains à remettre la spiritualité au cœur de leur vie. Et cela pourrait être la voie vers le décollage du continent.
Le vernissage de ce projet ambitieux s’est déroulé le 7 janvier dernier, en présence d’artistes de renom, d’universitaires et de plusieurs personnalités, dont le secrétaire d’État à la Culture et l’ancien ministre de la Culture Abdou Latif Coulibaly.
Dans ce projet, Mariane Diakher Senghor réintègre la spiritualité dans l’art et invite les Africains à renouer avec la spiritualité africaine, estimant que cela permettrait de relever de nombreux défis auxquels le continent est confronté.
Au cœur de sa production se trouvent des coiffures, des chapeaux, et des animaux totémiques comme des éléphants, les guides (appelés anges gardiens dans certaines religions révélées, etc.). Pour Mariane Senghor, Dieu parle et a toujours parlé à l’homme, à l’Africain, et ce bien avant l’avènement des religions révélées.
De ce fait, nous pouvons encore prêter attention pour écouter la voie de Dieu, brouillée, selon elle, par le matériel et nos obsessions. C’est ce qui fait que nous avons du mal à entendre Dieu.
Nous devons non seulement entendre Dieu, mais aussi lui parler à travers nos guides. L’Africain devrait également apprendre à connaître les animaux, car ceux-ci peuvent aussi nous montrer le chemin à suivre et nous aider à guérir de certains de nos maux.
Au-delà des enjeux nationaux, la spiritualité africaine vise également à résoudre des problèmes individuels dans nos vies.
Avant le vernissage, la soirée a été précédée d’un panel autour de la spiritualité et de l’art, animé notamment par Charles Katy, spécialiste des savoirs endogènes, et le célèbre artiste Viyé Diba, modéré par le Pr Pape Massène Sène.
L’Institut culturel italien a accueilli une exposition off dans le cadre du Dak’Art 2024, qui s’inscrit également dans le Parcours. Le projet, intitulé « Souvenirs d’Italie », met en lumière trois jeunes artistes prometteurs ayant la particularité d’être Italiens tout en étant d’origine africaine : Binta Diaw, Adji Dieye et Delio Jasse.
Leurs créations, présentées de manière collective, explorent des thématiques telles que la mémoire, la post-colonialité et l’émigration. La sélection des artistes a été réalisée par Eugenio Viola, l’un des commissaires d’exposition italiens les plus influents à l’international, actuellement basé en Colombie.
Selon la directrice de l’Institut, Serena Cinquegrana, « grâce à la culture et à l’art, Italiens et Sénégalais peuvent mieux se connaître et se rapprocher ».
LA PREMIERE DAME S’ENGAGE
Le Sénégal est décidé à garantir une éducation inclusive pour toutes les filles. Le ministère de l’Education nationale a célébré hier, jeudi 9 janvier, à Diamniadio, la Journée nationale de l’éducation des filles.
Le ministère de l’Education nationale a célébré hier, jeudi 9 janvier, à Diamniadio, la Journée nationale de l’éducation des filles. La cérémonie marquée par la présence de la Première Dame Marie Khone Faye, marraine de l’évènement, a été une occasion de plaider pour une éducation inclusive pour toutes les filles, avec le lancement des campagnes « Le Sénégal éduque ses filles » et « Initiative priorité à l’égalité ».
Le Sénégal est décidé à garantir une éducation inclusive pour toutes les filles. Hier, jeudi 9 janvier au Centre de conférences Abdou Diouf de Diamniadio, la célébration de la Journée nationale de l’éducation des filles par le ministère de l’Education nationale a été une occasion pour sensibiliser et mobiliser davantage les acteurs sociaux et institutionnels en faveur d'un accès équitable des filles à une éducation de qualité. Axé sur le thème « Pour une éducation inclusive de qualité, les filles s’engagent et engagent la communauté », l’évènement a permis de procéder au lancement des campagnes « Le Sénégal éduque ses filles » et « Initiative priorité à l’égalité ». « Promouvoir l’engagement des filles est crucial pour favoriser des changements positifs et durables. En s’impliquant activement dans leur environnement, les filles deviennent des catalyseurs de transformation sociale », a déclaré le ministre de l’Education nationale Moustapha Guirassy.
En effet, les défis sont encore nombreux pour garantir l’accès à l’éducation pour toutes les filles au Sénégal malgré les progrès réalisés. Mariages précoces, pauvreté, manque d’infrastructures scolaires avec des écoles sans toilettes, violence basée sur le genre… les obstacles à l’éducation des filles subsistent. « Ces obstacles peuvent être physiques, sociaux ou économiques et leur impact est indéniablement profond non seulement pour les filles elles-mêmes mais aussi pour les communautés et les pays dans leur ensemble », a fait savoir le représentant de l’UNICEF, Jacques Boyer.
Venue présider la Journée nationale de l’éducation des filles dont elle est la marraine, la Première Dame, Marie Khone Faye, a plaidé en faveur d’une éducation inclusive et équitable pour toutes les filles. « Je me fais le porte-étendard de cette noble cause et je m’engage à vos côtés pour que toutes les filles soient à l’école et s’épanouissent dans un environnement scolaire sûr, sécure et inclusif. Je lance donc un appel, à toutes et à tous, pour réussir ce pari de la société éducative que nous voulons bâtir. Les filles nous y invitent. Du haut de cette tribune, je m’engage solennellement à porter le plaidoyer pour la promotion de l’éducation des filles au Sénégal et dans le monde », a déclaré Marie Khone Faye. La Journée nationale de l’éducation des filles a vu la présence de tous les acteurs de l’éducation notamment les enseignants, la société civile, les parents d’élèves, les partenaires.
LA PREMIERE DAME MARIE KHONE FAYE PRECONISE DES ACTIONS CONCRETES EN FAVEUR DES FILLES
Mme Faye a souligné que le Sénégal a tous les atouts pour devenir un exemple de progrès et de solidarité sous la chaîne internationale.
La Première Dame du Sénégal, Marie Khone Faye, plaide pour que cette année nouvelle soit marquée par des actions concrètes en faveur des filles. Elle s’exprimait jeudi, lors à l’occasion de la nationale de l’éducation de cette couche vulnérable, dont elle est la marraine.
Le Sénégal, à travers le ministère de l’Education nationale, a célébré, jeudi, la Journée nationale de l’éducation des filles. Pour cette édition, la Première Dame, Marie Khone Faye été choisie, comme marraine. Présidant cette cérémonie, Mme Faye a souligné que le Sénégal a tous les atouts pour devenir un exemple de progrès et de solidarité sous la chaîne internationale.
« Pour ce faire, nous devrons ensemble, mobiliser toutes les forces vives de la Nation, afin de surmonter les défis et bâtir un devenir meilleur pour tous et toutes. Ainsi, nous contribuerons à la construction d’une société plus juste et plus équitable tel que préconisé par l’agenda de la transformation nationale Sénégal 2050 », a dit la première épouse du Chef de l’Etat, Bassirou Diomaye Faye.
Dans cette optique, la Première Dame souhaite que cette année nouvelle soit marquée par des « actions concrètes » en faveur des filles. « Cette journée est un moment précieux où nous mettons en lumière, l’importance vitale de l’éducation pour toutes les filles du Sénégal. Cet événement incarne notre vision commune d’un avenir où chaque fille quel que soit son lieu de naissance, son statut, aura les mêmes chances d’apprendre, de grandir et de participer pleinement au développement socioéconomique du pays », a-t-elle ajouté.
Le thème de cette année, « l’équité sociale et scolaire, pour une éducation inclusive et de qualité, au cœur de nos missions », souligne, selon Marie Khone Faye, l’importance de l’éducation des filles dans le développement socioéconomique.