L’Alliance nationale femmes et foncier (ANFF) organise, depuis hier, un atelier de deux jours sur l’accès des femmes au foncier. Ainsi, la cérémonie de lancement de la campagne dénommée ’’Debout sur sa terre’’, a permis de passer en revue les pesanteurs qui bloquent l’accès des femmes à la terre, afin d’y remédier.
L’accès des femmes au foncier, au Sénégal, constitue toujours une problématique, malgré les nombreux acquis enregistrés. Les différentes organisations qui s'activent dans ce domaine ont jadis mené des actions isolées qui ont rendue inefficace le combat pour l’égalité homme-femme dans l’acquisition des terres.
Ainsi, l’Alliance nationale femmes et foncier (ANFF) en partenariat avec Landesa, a lancé hier, à Dakar, la campagne ’’Debout pour sa terre’’. Le directeur exécutif de l’Institut panafricain pour la citoyenneté, les consommateurs et le développement (Cicodev) renseigne que des organisations comme Actionaid, Ipar et le Congad ont décidé de mettre sur pied l’Alliance nationale femmes et foncier (ANFF) en 2018.
D’après Amadou Kanouté, cette décision résulte d’un constat qui relève que ces structures agissent toutes pour que les femmes puissent accéder au foncier, mais séparément. ’’On s’est rendu compte qu’il y avait un gab entre le cadre normatif et la réalité du terrain, malgré le fait que notre ordonnancement juridique est parfait. De la Constitution jusqu’aux textes réglementaires, tous reconnaissent que l’homme et la femme sont égaux pour l’accès aux ressources naturelles’’, a indiqué M. Kanouté, par ailleurs Coordonnateur de l’Alliance nationale femmes et foncier.
Ainsi, pour rendre leur plaidoyer plus efficace, ces structures ont jugé nécessaire de mener des actions conjointes, à savoir parler aux mêmes cibles, aux mêmes ministères, mais également développer un plan stratégique dans le cadre de l’alliance, qui permettra de faire en sorte que leur travail puisse aboutir à des résultats. ’’La mise en œuvre en 2018, a permis de donner de la visibilité à l’alliance et à faciliter notre insertion dans les réseaux au plan international. C’est l’objet de la campagne que nous allons lancer à partir de cet atelier. Faire en sorte que la pratique sur le terrain reflète le cadre normatif, c’est ce gab que nous essayons de combler en lançant cette campagne’’, a fait savoir le directeur exécutif du Cicodev Afrique, qui assure par ailleurs la présidence de cette alliance nouvellement constituée.
Après cette synergie, les membres de l’alliance devront faire face aux pesanteurs qui sont de plusieurs ordres et empêchent aux femmes d’accéder à la terre. Concernant ces dernières, Amadou Kanouté liste les contraintes sociales, économiques ou religieuses. Selon lui, dans certaines sociétés, il est difficile, pour la femme, de posséder des terres ou d’obtenir la moitié de l’homme, en cas de partage sur le plan religieux. A cela s’ajoutent les faibles revenus économiques des femmes qui font qu’elles peinent à acheter des terres et s’adonner à des activités agricoles.
’’Les femmes font face à toutes ces difficultés. Il s’agira, pour le projet, de travailler à faire en sorte que ces difficultés puissent être réduites à travers la sensibilisation, l’information et des conversations avec les leaders d’opinion pour qu’ensemble, on puisse dire les lois dans ce pays qui consacrent que l’homme et la femme sont égaux dans l’accès au foncier’’, explique le directeur exécutif du Cicodev.
Il prévoit, dans le même sillage, l’implication des institutions financières pour appuyer les femmes, afin de leur permettre de mettre en valeur ces terres arables. ‘’Cela ne sert à rien de donner une terre à une femme qui peut cultiver, mais qui n’a pas les moyens économiques de garder le contrôle effectif réel de la terre. C’est tout cela qui fait que nous lançons cette campagne avec l’appui de Landesa’’, poursuit-il.
La secrétaire exécutive d’Enda Pronat estime, pour sa part, qu’il s’agit, à travers cette campagne, d’un combat pour le rétablissement de la justice sociale et la légalité des communautés. D’après Mariem Sow, les pesanteurs sont là, mais cela n’empêche en rien les résultats satisfaisants qui sont en train d’être réalisés. ’’Des femmes parviennent, dans la zone des Niayes, à hériter de terres. Avec la parité, le combat se fait par la formation, l’information, le renforcement des capacités de ces femmes qui sont dans les instances locales. Donc, l’espoir est permis au Sénégal’’.
Madame Sow pense néanmoins que quelle que soit la volonté des organisations, tant que les politiques nationales ne s’engagent pas, il restera du chemin à faire. A ses yeux, le combat ne peut être efficace que si l’on trouve des systèmes de financement et d’appui aux femmes, car, fait-elle remarquer, c’est bien d’avoir de la terre, mais c’est encore mieux de pouvoir la mettre en valeur.
A ces préoccupations, la conseillère en genre au ministère de l’Elevage et des Productions animales rassure que l’Etat appuie cette couche de la société par le biais des mécanismes institutionnels. Ndèye Safietou Diop rappelle, à cet effet, la loi agro-sylvopastorale qui, dit-elle, est loin d’être discriminatoire. ’’On se rend compte que les femmes ignorent et vivent des barrières pour accéder aux terres, mais cette loi permet à toutes les femmes de demander la terre pour travailler’’. Toujours dans ces mécanismes, elle cite la stratégie d’égalité et d’équité des genres dans ses composantes, qui encourage les femmes les accompagne pour accéder à la terre et les encadre pour le financement’’, souligne la représentante du ministère de l’Élevage. Pour qui les mécanismes d’accès au financement se sont améliorés avec le dernier-né qu’est la Délégation à l’entreprenariat rapide (Der).
Il s’agit, selon Ndèye Safiétou Diop, des fonds qui existent dans les différents ministères et qui sont ouverts aux femmes. ’’Je suis venue vous assurer de la main tendue de l'Etat par rapport à cette campagne de plaidoyer. L’Etat vous ouvre ses portes à travers ses différents ministères, institutions et structures pour qu’ensemble, nous atteignions cet objectif qui est d’accéder à la terre de manière pratique. La cause que vous défendez est plus que noble. Vous le faites pour l’Etat’’, se réjouit-elle.
VIOLENCES FAITES AUX FEMMES DURANT LE CONFINEMENT, LE SÉNÉGAL A ENREGISTRÉ PLUS DE 1000 CAS
Les violences à l’égard des femmes ont considérablement monté en flèche durant le confinement dans le monde.
Les violences à l’égard des femmes ont considérablement monté en flèche durant le confinement dans le monde. Et le Sénégal n’a pas été épargné par le phénomène puisqu’il a enregistré plus de 1000 cas de violences. C’est la principale information livrée hier lors d’un atelier de formation sur les instruments de protection des droits des femmes et de la loi criminalisant le viol. Une rencontre organisée par le collectif «Dafa doy», en partenariat avec Osiwa.
Les droits des femmes au Sénégal ont connu ces dernières années des améliorations significatives sur le plan juridique et institutionnel. En effet, les organisations de la société civile de femmes (Osc/f) mènent une lutte acharnée pour protéger les droits fondamentaux et particulièrement ceux des femmes. Cette démarche a conduit les autorités étatiques à prendre un certain nombre de mesures condamnant les pratiques violant leurs droits. Cependant, il existe encore des discriminations et des violences à l’égard des femmes malgré les textes nationaux et internationaux adoptés ou ratifiés par le Sénégal.
L’ampleur de ces violences et le désir de les éradiquer ont poussé l’Etat du Sénégal à adopter, en janvier 2020, la loi 2020-05 criminalisant le viol et la pédophilie. Un phénomène auquel font aujourd’hui face toutes les couches de la population, notamment les jeunes, les femmes et même les personnes du troisième âge. L’alerte est du chargé des organismes régionaux et internationaux à Osiwa, Ibrahima Kane qui estime que le contexte sénégalais, du point de vue légal, pose beaucoup de difficultés d’actions aux organisations de femmes. «Car, elles ne peuvent pas se constituer partie civile lorsque des femmes sont victimes de violences», se désole-t-il. C’est pourquoi, il trouve que les organisations de femmes devraient nécessairement, dans le cadre de leurs actions, commencer à discuter avec l’Etat de la mise en place d’une législation qui leur permette de suppléer les victimes lorsque ces dernières sont dans l’incapacité d’agir en leurs noms propres.
«LA LOI SUR LA CRIMINALISATION DU VIOL A ETE ADOPTEE DANS LA PRECIPITATION»
Pour Ibrahima Kane, il urge de faire de loi sur la criminalisation du viol un bon usage. Toutefois, il considère que cette disposition a été adoptée dans la précipitation. «Et elle s’attache beaucoup plus à gérer le coupable qu’à assister la victime», relève Monsieur Kane qui n’a pas manqué d’énumérer beaucoup de points sur lesquels les victimes sont laissées à elles-mêmes. «Il s’agit de protection de la victime au niveau de la société et de sa prise en charge psychologique entre autres. La question du viol est tellement complexe qu’il ne s’agit pas seulement de mettre le bourreau en prison et de s’arrêter là», affirme-t-il. A propos de la hausse des violences pendant le confinement, Ibrahima Kane souligne que «nous sommes dans une société où toutes les questions liées au viol sont souvent cachées au sein des familles».
Chargée de la communication du collectif «Dafa doy», Awa Tine renseigne que plus de mille cas de violences faites aux femmes ont été enregistrés pendant la période de Covid-19. «Et 70 à 80% sont des actes posés par les hommes à l’égard des femmes. Donc, cela prouve que les violences existent dans notre pays», indique-t-elle. En effet, les violences subies par les femmes constituent un frein important à leur épanouissement, des atteintes à leur autonomie, une entrave à de nombreuses initiatives et opportunités en matière de lutte contre la féminisation de la pauvreté. Elles ont principalement lieu dans les couples, selon elle, dans les familles, les lieux de travail, les quartiers, et toutes impactant considérablement dans leur punition. «Les violences faites aux femmes ont de nombreuses conséquences négatives sur leur santé et leur bien-être. Les conséquences de cette violence peuvent s’avérer fatales.»
MAL-VIVRE ET MALAISE QUOTIDIEN DES FEMMES DE MÉNAGE
Conditions de travail inhumaines, rapports parfois heurtes avec les patronnes et/ou patrons, Originaires des contrées lointaines du pays, les femmes de ménage sont parfois confrontées à des situations très pénibles et parfois inhumaines
Originaires des contrées lointaines du pays, les femmes de ménage sont parfois confrontées à des situations très pénibles et parfois inhumaines. Venues chercher du travail dans les grandes villes comme la capitale Dakar, elles se heurtent parfois à certaines difficultés qui peuvent rendre leur séjour très incommodant. Entre travaux pénibles, discrimination, harcèlement et agression parfois sexuels, violences physique, économique et morale, viol, accusation de vol, escroquerie sur leurs maigres rémunérations (de la part de véreux patronnes ou tutrices), problèmes d’accès à des soins sanitaires, ces braves dames font preuve d'une forte résilience. Même s’il y en a parmi elles certaines qui ne sont pas exemptes de reproches.
Elles sont rompues à la tâche. Parmi les premières à se lever le matin et les dernières à aller au lit le soir, elles travaillent en toutes heures et toute la journée durant, sans repos ou presque. Du ménage à la vaisselle, le linge, de l’entretien de maisons, locaux d’entreprises ou sociétés et d’immeubles à la prise en charge des enfants notamment dans des ménages à couple de travailleurs salariés, y compris la cuisine, même s’il leur arrivent rarement de partager la table familiale du patron, pardon de la patronne qui circonscrit leur territoire pour les petit-déjeuner, déjeuner et diner dans la cuisine si on ne leur réserve pas des restes, elles sont des bonnes à tout faire et en quelque sorte «l’âme non reconnue» des maisons et foyers. Elles, ce sont ces bonnes dames (filles, jeunes femmes…) appelées femmes de ménages. Elles sont pour la plupart originaires du Sine-Saloum, des Terres Neuves, du Sud de la petite Côte du Sénégal et même d’autres contrées de l’intérieur du pays. Elles sont d'une grande aide pour les femmes fonctionnaires/salariées ou au foyer qu’elles assistent pour les tâches quotidiennes. Le travail abattu étant la seule partie visible de l'iceberg, elles vivent un calvaire dans certaines familles où elles ne bénéficient d'aucune once d'empathie de la part de certains patrons et surtout de certaines patronnes. Il est 12h ! Nous sommes au rond-point Liberté 6. Sur cette voie occupée par les vendeurs, tabliers et marchands ambulants et dévisagée par les travaux du Bus rapid transit (BRT). D’habitude assises par petits groupes et par affinité, au bas-côté des deux voies de Sacré-Cœur, juste après la station d’essence de ce carrefour, elles n'occupent plus leur place habituelle. Du coup il devient difficile de les remarquer. Mais, à côté de la station-service, des femmes de tous âges sont assises sous un arbre, attendant un patron ou un employeur potentiel. Pour plus de garantie, minimiser les contrecoups de partons véreux et s’assurer d’un bon contrat pour mener à bien leur travail, elles ont, à la tête de chaque groupe, un homme qui est chargé de leur trouver un potentiel emploi ou de discuter avec l’employeur désireux d’engager n’importe qui d’entre elles.
PLUSIEURS INTERPELLATIONS, PAR LES MEDIAS, SUR LES CONDITIONS DE TRAVAIL, MAIS LE MAL RESTE ENTIER
L'attente est interminable. Une situation difficile à gérer selon Pierrette Ndour la vingtaine. "Je suis là tous les jours. C'est quand-même compliqué d'attendre, en plus des conditions de travail difficiles qui nous attendent. Il nous arrive de travailler dans une maison où les tâches à faire sont à n’en plus finir, avec un traitement inhumain et dégradant, alors qu'on est là que pour travailler. Ce n'est pas évident avec un salaire de 40.000 F CFA ou 50000 F CFA en ces temps-ci." Etudiante à l'université Cheikh Anta Diop de Dakar elle n'a eu d'autres choix que de se tourner vers ce métier. "Je suis étudiante à l'université. En ce moment, je suis en vacance, c'est pour cela que je suis là pour essayer d'avoir de quoi m'acheter mes tickets de resto à la reprise des cours et aider ma mère et mes petits frères en ces temps difficiles." Assis à côté de Pierrette, un Monsieur, la quarantaine, se charge de trouver des clients(es)/patrons(nes) pour ces femmes. Interpellé au sujet de leur travail, il reste sceptique. "Nous avons longtemps été interpellé sur notre travail, mais rien n'a été fait jusqu'à présent. Nos conditions de travail n'ont pas évolué. En parler ne servirait à rien, de toute façon", conclutil.
PLAIDOYER POUR UN BUREAU ETATIQUE DEDIE AUX FEMMES DE MENAGE
Parmi ces femmes certaines ont su très tôt mettre des limites, même si parfois elles sont victimes de leurs patrons qui deviennent leurs bourreaux. Astou Fall, originaire de Bambey, est à Dakar depuis plus de 10 ans. Des difficultés, elle en a vécu. "J'ai longtemps travaillé dans des maisons où j'ai vécu des situations que je n'arrive pas à oublier. Un des faits qui m'a le plus marqué est la fois où j'ai travaillé dans une maison pendant 15 jours. Un jour, en préparant mon petit-déjeuner, la femme qui m'employait m'a demandé de changer de tasse, sous prétexte que c'était celui de son fils. Et pourtant, c'est moi qui préparais à manger et qui veillais à la propreté de la maison. Ne supportant pas cette situation, j'ai immédiatement arrêté." Et de confier : "ce n'est pas parce que nous n'avons pas assez de moyens que nous devons supporter certaines choses. Les patrons doivent également bien nous traiter". Demandant l'aide de l'Etat, Astou ajoute : "on est laissé en rade par l'Etat. Aujourd'hui, on a pas les moyens de nous soigner en cas de maladie ou de blessure, ce qui arrive fréquemment, on est donc obligé de faire avec. Ce serait bien qu'on ait un bureau accrédité pour nous permettre au moins d'avoir des avantages au même titre que les fonctionnaires".
ENTRE AVANCES ET AGRESSIONS SEXUELLES…
Ces femmes sont confrontées à des agressions de la part des hommes. "Le mari de ma patronne profitait de l'absence de cette dernière pour me draguer, alors que je suis mariée. Elle n'était pas au courant, certes, mais j'ai dû arrêter ce travail car, par dignité et par principes, je ne pouvais accepter cela. Nous sommes fatigués de toujours subir l'injustice au travail." Cependant si on ne se contente que d’évoquer les difficultés liées au travail des domestiques, on serait tenté d'oublier l'envers du décor. En effet, force est de constater les désagréments causés par certaines aides ménagères à leurs patronnes. Nombreuses sont celles qui vivent le martyr en leur lieux de travail ; mais elles ne sont pas toutes exemptes de reproches.
L'ENVERS DU DECOR : CES FEMMES DE MENAGE BRISEUSES DE FOYER
Madame Niang en a vécu l'expérience. Cette mère de famille dit être traumatisée par le passage d'une de ses employées. "J'avais employé une femme de ménage qui était très belle d'ailleurs. Et ce fut une grosse erreur ; aujourd'hui, je regrette amèrement cette décision parce qu'elle a essayé de charmer mon mari. Avec sa manière de s'habiller, sa démarche, au fur du temps, je me suis aperçue que mon mari commençait à céder et c'est là que j'ai réagi. Je lui ai donné ce que je lui devais et elle est partie. Depuis lors, j'ai arrêté de prendre des femmes de ménage. Il y va de la stabilité de mon couple. Cette expérience m'a vraiment traumatisée." Dernièrement, des images glaçantes circulaient sur la toile ; on pouvait y voir une domestique battue par sa patronne. Des images insoutenables qui démontrent encore une fois que le problème est plus profond que ce que l'on pense et voit. Chaque année le phénomène de l'exode rural s’accentue de plus en plus. Ces femmes, en très grand nombre, quittent leurs villages pour espérer avoir une vie meilleure dans une ville où les réalités sont parfois loin des espérances. Généralement, sans aucune qualification, filles/femmes rompues aux tâches ménagères, elles travaillent comme domestiques, avec tous les risques et surprises qu’elles courent dans les familles d’accueil et lieux de travail.
L’ONP NOTE UNE PERCÉE DES FEMMES À LA TÊTE DES CONSEILS DÉPARTEMENTAUX ET MUNICIPAUX
L’Observatoire national de la parité (ONP) a déclaré mardi noter une hausse du nombre de femmes maires et de présidentes de conseil départemental, au fur et à mesure que les élus des élections locales du 23 janvier prennent fonctions.
Dakar, 15 fév (APS) – L’Observatoire national de la parité (ONP) a déclaré mardi noter une hausse du nombre de femmes maires et de présidentes de conseil départemental, au fur et à mesure que les élus des élections locales du 23 janvier prennent fonctions.
‘’Nous avons noté (…) une progression du nombre de femmes maires, 18 contre 15 à la veille des élections. Il y a trois présidentes de conseil départemental contre deux en 2014’’, a indiqué Fatou Kiné Diop, la présidente de l’ONP, lors d’un point de presse.
Elle a salué le ‘’remarquable’’ travail de terrain du Réseau national de veille et d’alerte pour le respect de la loi sur la parité aux élections départementales et municipales de 2022, créé par l’ONP et dirigé par des organisations de la société civile.
Ne sachant pas encore combien de femmes ont été élues à la tête d’une municipalité, l’Observatoire national de la parité continue de faire le décompte, afin d’analyser plus tard les données, selon sa présidente.
Mais l’ONP n’est pas satisfait du niveau d’application de la loi sur la parité entre les hommes et les femmes au sein des conseils départementaux et municipaux.
‘’Nous avons répertorié beaucoup de cas de violation de la loi dans la constitution des bureaux des conseils départementaux et municipaux déjà mis en place’’, a-t-elle signalé.
Selon Mme Diop, la loi sur la parité n’a pas été respectée, soit à cause de sa ‘’méconnaissance’’ par les élus, soit par ‘’refus’’.
Au moins sept cas de violation de ladite loi ont été répertoriés dans les conseils départementaux, et plus de 80 cas dans les conseils municipaux, a indiqué la présidente de l’ONP.
Elle a identifié trois catégories de violation : l’absence d’alternance des genres entre le maire et le premier adjoint, entre le président du conseil départemental et le premier vice-président, l’absence d’alternance femme/homme entre les adjoints du maire, les vice-présidents et les secrétaires élus, et un troisième cas consistant à ne désigner aucune femme parmi les membres du bureau du conseil départemental ou municipal.
‘’Le premier adjoint du maire doit être de sexe opposé que lui (…) jusqu’à l’épuisement du nombre de postes’’ à pourvoir pour le bureau, a rappelé Fatou Kiné Diop, se basant sur la loi instituant depuis 2010 la parité entre les hommes et les femmes dans les fonctions électives au Sénégal.
Elle invite les préfets et les sous-préfets chargés de superviser l’installation des conseillers élus à veiller au strict respect des dispositions législatives et réglementaires sur la parité, pour les bureaux non encore constitués dans les conseils départementaux et municipaux.
DIEYNABA SIDIBÉ, PREMIÈRE FEMME GRAFFEUSE DU SÉNÉGAL
Sur les murs de l'Institut français de Dakar sont exposées jusqu'en avril les œuvres d'un projet qu'elle vient de mener avec 15 jeunes graffeurs sénégalais
Dieynaba Sidibé, surnommée Zeinixx, est la première femme sénégalaise graffeuse professionnelle qui a su s'imposer dans le milieu influent du street art dominé par les hommes. Sur les murs de l'Institut français de Dakar sont exposées jusqu'en avril les œuvres d'un projet qu'elle vient de mener avec 15 jeunes graffeurs sénégalais.
Dans son atelier lumineux et coloré, au centre culturel Léopold Sedar Senghor, les murs sont recouverts de projets divers. Dans un coin, des sprays sont rangés sur une étagère, et sur l’un de ses bureaux sont étalées des ébauches de dessins.
« En amont, on peut préparer des esquisses, on peut extérioriser ce que l’on a à l’intérieur, ce que l’on projette. L’idée est de visualiser ce que cela pourrait donner sur un mur, précise la graffeuse Zeinixx. Là, c'est déjà un projet qui murit : c’est très coloré et il y a pas mal de formes, arrondies, ondulées, des vagues, des fleurs et c’est comme ça que j'ai envie de le voir : éclatant ! »
Zeinixx, de son vrai nom Dieynaba Sidibé, a commencé à graffer en 2008 en autodidacte. Accompagnée par d’autres graffeurs plus anciens, elle s’est imposée dans ce milieu d’hommes, malgré le refus de sa famille au début. « C’était difficile à cause du public. Contrairement à ce que l’on peut penser, ce sont les graffeurs avec qui j’étais qui m’ont boostée, parce qu’ils ne m’ont jamais regardée en tant que femme, mais toujours en tant qu’artiste. Ça m’a poussé au-delà de mes limites. »
L’ONP DÉPLORE LE NON-RESPECT DE LA PARITÉ DANS CERTAINS BUREAUX DE CONSEILS TERRITORIAUX
L’Observatoire national de la parité (ONP) et ses partenaires de la Société civile, déclarent avoir constaté que la parité Homme-femme alternée ‘’n’a pas été respectée’’ dans les bureaux de certains Conseils départementaux et municipaux
Dakar, 11 fev (APS) – L’Observatoire national de la parité (ONP) et ses partenaires de la Société civile, déclarent avoir constaté que la parité Homme-femme alternée ‘’n’a pas été respectée’’ dans les bureaux de certains Conseils départementaux et municipaux, issus des locales du 23 janvier dernier.
‘’Dans le cadre la mise en place des organes des Conseils territoriaux, issus des élections départementales et municipales du 23 janvier 2022, il a été constaté que la parité alternée femme-homme n’a pas été respectée dans les Bureaux de certains Conseils départementaux et municipaux’’, indique un communiqué transmis, vendredi à l’APS.
‘’Des bureaux ont notamment été installés sans tenir compte de l’alternance des sexes entre le maire et le premier adjoint ou le président du Conseil départemental et le premier vice-président’’, ajoute la source.
Elle signale que de telles pratiques constituent une violation manifeste de l’article 2 du décret n° 2011-819 du 16 juin 2011 portant application de la loi sur la Parité qui impose l’alternance des sexes au sein des Conseils territoriaux, leur Bureau et leurs Commissions’’..
L’ONP et ses partenaires rappellent que la Cour d’Appel de Dakar, dans son arrêt n°77 du 21 août 2014, avait annulé l’élection du bureau municipal non paritaire de Keur Massar, à partir du 1er adjoint, car ce dernier était de même sexe que le maire.
’En confirmant cette décision par un arrêt en date du 26 février 2015,, la Cour suprême a entendu affirmer que le maire, bien qu’étant élu en premier, fait partie du Bureau (article 92 nouveau alinéa 4 du Code Général des Collectivités territoriales). Dès lors, le premier adjoint doit être de sexe opposé’’, indique le communiqué.
L’ONP, selon le texte, rappelle par ailleurs que le non-respect de la parité alternée femme-homme dans l’élection des membres des organes des Conseils territoriaux, est susceptible de mener à l’annulation devant les juridictions compétentes, conformément aux articles 99 Code Général des Collectivités territoriales, L.261 et L.299 du Code électoral.
L’ONP, ajoute le communiqué, exhorte tous les acteurs du processus électoral, notamment les préfets et sous-préfets,, de veiller au respect des dispositions réglementaires et invite les maires et présidents de Conseil départemental des Collectivités territoriales concernées, à faire reprendre l’élection complémentaire des membres du Bureau, dans le strict respect des textes sur la Parité.
LE SÉNÉGAL, PAYS PILOTE DE L'INITIATIVE IYBA
Il s'agit d'un fonds de 4,6 milliards d'euros, soit 3,000 milliards FCFA visant à soutenir les jeunes entrepreneurs, les start-up en croissance et les écosystèmes d'entrepreneuriat locaux et nationaux en Afrique
Le mercredi 9 février 2022, le Consortium Jeunesse Sénégal a eu l'honneur d'accueillir en son siège à Guédiawaye, la présidente de la Commission Européenne Mme Ursula Von der Leyen, accompagnée de la vice-présidente Mme Margrethe Vestager et de 4 Commissaires : Mme Jutta Urpilainen - Partenariats Internationaux, M. Thierry Breton - Marché Intérieur, Mme Ylva Johansson - Affaires intérieures, et Mme Kadri Simson - Énergie.
Les ministres de l'Economie, du Plan et de la Coopération M. Amadou Hott, et de la Jeunesse Mme Néné Fatoumata Tall, le préfet adjoint Mme Coumba Sall Wade, et le maire de la commune M. Racine Talla, étaient aux côtés du président du Consortium Jeunesse Sénégal, M. Sobel Aziz Ngom pour les accueillir.
Cette rencontre a permis à cette délégation européenne en visite officielle au Sénégal de rencontrer une trentaine de jeunes apprenants, militants et entrepreneurs, et de discuter avec franchise de sujets préoccupant pour les jeunes tels que l'inclusion systémique, l'équité dans la mobilité, les investissement verts, l'accès au capital, ou encore l'accès au marché pour les jeunes entrepreneurs sénégalais.
La présidente Von der Leyen y a également lancé l'initiative IYBA (Investing in Young Business in Africa), un fonds de 4,6 milliards d'euros, soit 3,000 milliards FCFA visant à soutenir les jeunes entrepreneurs, les start-up en croissance et les écosystèmes d'entrepreneuriat locaux et nationaux en Afrique. Le Sénégal sera le pays pilote de cette initiative.
Enfin, la Commissaire Urpilainen a procédé à la signature d'un accord de partenariat avec un groupe d'associations des femmes dirigé par Mme Mame Diarra Ndiaye, présidente de Solidarité Active.
La rencontre s'est terminée en fin d'après-midi dans une bonne ambiance par une photo de groupe avec les autorités présentes et les jeunes participants sur le parvis de l'Espace Jeunes Yaakaar.
VIOLATION DE LA LOI SUR LA PARITE A NDINDY, LA COUR D’APPEL DE THIÈS SAISIE
Les conseillers municipaux qui s’opposent au maire de Ndindy ont décidé de déposer un recours auprès de la Cour d’appel de Thiès pour faire respecter la loi sur la parité au niveau de leur bureau municipal.
Des conseillers municipaux de l’opposition ont décidé de saisir la Cour d’appel de Thiès pour non-respect de la parité. Ils accusent le Sous-Préfet de Ndindy Demba Guèye de n’avoir pas empêché la violation des textes par le député-maire Cheikh Seck. Le bureau du conseil municipal de Ndindy est composé de 3 hommes et d’une dame.
Les conseillers municipaux qui s’opposent au maire de Ndindy ont décidé de déposer un recours auprès de la Cour d’appel de Thiès pour faire respecter la loi sur la parité au niveau de leur bureau municipal. Kène Niang, conseiller municipal de Ndindy, leur porte-parole explique : «nous avons eu des problèmes parce que le sous-préfet a clairement lu le texte sur la parité qui stipule que si le maire est un homme dans une collectivité locale, le premier adjoint doit être une femme. Au niveau de la commune de Ndindy, le maire entrant Cheikh Seck par ailleurs maire sortant a catégoriquement refusé cela devant le sous-préfet .Ce dernier a dit qu’il ne peut que constater les dégâts alors qu’il devait superviser les élections des adjoints au maire, c’est-à-dire le droit mais aussi veiller à ce qu’on ne viole pas la loi. Le maire a dit que cette loi, on peut l’interpréter mais il l’a interprétée comme il veut. Celui-ci indique qu’il a été élu au suffrage universel direct et l’élection de ces adjoints ne le concerne. On dirait qu’il ne fait pas partie du bureau alors qu’il est composé du maire et de ses adjoints ». Et il poursuit ; « la loi stipule que dans une commune ou dans un département, si le maire ou le président est homme, son adjoint ou son vice-président doit être une femme. Mais sous avons constaté un forcing au vue et au su du souspréfet qui n’a rien fait que de constater les dégâts .Nous pensons que l’autorité administrative est là pour superviseur et non pour observer. Nous savons que cela ne l’arrange pas parce qu’il est difficile de trouver dans son camp un seul adjoint homme et deux adjointes femmes. Son seul souhait c’est d’avoir deux adjoints hommes et une adjointe au maire sinon il allait y avoir des défaillances dans son propre camp ».
Pour autant, a-t-il dit, « Nous allons saisir qui de droit pour qu’on revienne à Ndindy refaire cette élection des membres du bureau ». L’Association des juristes du Senegal (AJS), le Réseau siggil Jigeen qui sont entrés dans la danse ont décidé avec certains conseillers de déposer un recours auprès de la Cour d’appel de Thiès pour le respect de la parité. Le sous-préfet de l’arrondissement de Ndindy Demba Guèye, joint au téléphone, ne veut pas se prononcer sur la question.
PARITE L’ONP DÉPLORE LE NON-RESPECT DANS CERTAINS BUREAUX DE CONSEILS TERRITORIAUX
L’Observatoire national de la parité (ONP) et ses partenaires de la Société civile, déclarent avoir constaté que la parité Homme-femme alternée ‘’n’a pas été respectée’’ dans les bureaux de certains Conseils départementaux et municipaux, issus des locales du 23 janvier dernier. ‘’Des bureaux ont notamment été installés sans tenir compte de l’alternance des sexes entre le maire et le premier adjoint ou le président du Conseil départemental et le premier vice-président’’, ajoute la source. Elle signale que de telles pratiques constituent une violation manifeste de l’article 2 du décret n° 2011-819 du 16 juin 2011 portant application de la loi sur la Parité qui impose l’alternance des sexes au sein des Conseils territoriaux, leur Bureau et leurs Commissions’’.. L’ONP et ses partenaires rappellent par ailleurs que le non-respect de la parité alternée femme-homme est susceptible de mener à l’annulation devant les juridictions compétentes, conformément aux articles 99 Code Général des Collectivités territoriales, L.261 et L.299 du Code électoral
SCANDALE MISS SENEGAL, J’AI ÉTÉ VIOLÉE DANS MA CHAMBRE D’HÔTEL
L’affaire miss Sénégal refait surface. En effet, ce scandale présumé au cœur du comité d’organisation de Miss Sénégal avait fait les choux gras de la presse il y’a quelques mois.
L’affaire miss Sénégal refait surface. En effet, ce scandale présumé au cœur du comité d’organisation de Miss Sénégal avait fait les choux gras de la presse il y’a quelques mois. Alors qu’on pensait que le dossier a été rangé dans les tiroirs, la miss Sénégal 2020, Fatima Dione, 21 ans, victime présumée de viol, a été entendue à deux reprises par les enquêteurs. Selon le quotidien Libération qui nous donne les détails de l’enquête, la plaignante a révélé avoir été violée dans sa chambre d’hôtel, au Radisson de Diamniadio, lors de la pose de la première pierre du stade du Sénégal, où logeait la délégation turque. A l’en croire, elle était sur les lieux avec Amina Badiane qui aurait tout fait pour la « placer » aux Turcs.
Interrogée sur le viol, elle déclare avoir un « trou noir » après avoir bu quelque chose. Cependant, sa version a été battue en brèche par la Miss Sénégal 2019, Alberta Diatta. Elle a indiqué aux enquêteurs qu’elle dormait avec Fatima Dione et qu’elle était avec elle tout le temps ensemble. Quand les enquêteurs ont demandé à Fatima Dione l’acte de naissance de son bébé, elle dit ne pas l’avoir déclaré. Ils reviennent à la charge et lui demandent de leur communiquer donc le certificat d’accouchement de l’enfant. La Miss Sénégal 2020 leur promet de revenir vers eux avant d’organiser son injoignabilité.
RESPECT DE LA LOI SUR LA PARITE HOMME-FEMME DANS LES CONSEILS DEPARTEMENTAUX ET MUNICIPAUX, L’APPEL DU PIED DES DÉFENSEURS DES DROITS DE L’HOMME
La RADDHO, la LSDH, Amnesty International Sénégal exhortent les autorités administratives compétentes, les préfets et les sous-préfets en l’occurrence, à veiller au respect scrupuleux de la loi dans la composition des bureaux et commissions des Conseils
Instituée par la loi n°2010-11 du 28 mai 2010 et applicable à toutes les fonctions totalement ou partiellement électives, la parité constitue une préoccupation pour les défenseurs des droits de l’homme dans la composition des bureaux et commissions des Conseils départementaux et municipaux. En ce sens qu’elle favorise l’égalité homme-femme.
Ainsi, dans un communiqué conjoint parvenu hier, mercredi 9 février 2022, à la Rédaction de Sud Quotidien, la RADDHO, la LSDH, Amnesty International/Sénégal appellent les acteurs des partis politiques au respect scrupuleux de la loi.
«La Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme (RADDHO), la Ligue sénégalaise des droits de l’homme (LSDH) et Amnesty International appellent les partis politiques, les coalitions de partis politiques et toutes les listes de candidatures indépendantes gagnantes aux élections territoriales du 23 janvier 2022 à appliquer la parité absolue homme-femme dans la composition des bureaux et commissions des Conseils départementaux et municipaux, conformément à la loi n°2010- 11, du 28 mai 2010, instituant la parité absolue homme-femme dans toutes les institutions totalement ou partiellement électives et son décret d’application», lit-on dans un communiqué conjoint des trois organisations de défense des droits humains, parvenu à la Rédaction de Sud Quotidien hier, mercredi 9 février 2022.
De plus soutiennent les signataires du document, «la Chambre administrative de la Cour suprême, par son arrêt n°2 du 8 janvier 2015, a réaffirmé l’obligation faite aux Conseils départementaux et municipaux de respecter scrupuleusement les dispositions de la loi sur la parité lors de la composition de leurs bureaux et commissions».
Par ailleurs, a-t-on conclu, «la RADDHO, la LSDH, Amnesty International Sénégal exhortent les autorités administratives compétentes, les préfets et les sous-préfets en l’occurrence, à veiller au respect scrupuleux de la loi dans la composition des bureaux et commissions des Conseils départementaux et municipaux».