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3 avril 2025
Femmes
EMPLOI, EDUCATION, AUTONOMISATION : LES FEMMES SE HATENT LENTEMENT
L’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd) a procédé hier à la restitution de ses travaux de recherche portant sur les thématiques de l’éducation, l’emploi et les violences faites aux femmes
Dans son projet intitulé «Women count» (les Femmes comptent), qui a pour but d’accélérer l’atteinte des objectifs de développement durable (Odd) niveau 5 visant l’égalité des sexes et l’autonomisation de toutes les femmes et filles, l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd) a procédé hier à la restitution de ses travaux de recherche portant sur les thématiques de l’éducation, l’emploi et les violences faites aux femmes. Et selon le Directeur général de l’Ansd, les statistiques montrent que les filles accèdent de plus en plus à l’éducation. Même s’il y a encore des barrières à franchir.
Dans le but d’informer sur la situation des femmes et des filles, notamment à l’école, l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd) a procédé hier à la restitution de ses travaux de recherche auprès des actrices et acteurs de la politique publi¬que, du développement, de la Société civile et des organisations internationales. Selon Allé Nar Diop, Directeur général de l’Ansd, dans ces trois études, il s’agissait d’identifier les caractéristiques socio-économiques qui guident l’accès à l’éducation des hommes et des femmes, mais également à l’emploi. «Il est montré à travers ces études spécifiquement pour l’éducation, que la taille du ménage est un facteur clé dans l’accès à l’éducation des femmes. Il est constaté également que dans un ménage où le chef est sans niveau d’instruction, les femmes accèdent moins à l’éducation. Pour dire que le profil du ménage a un impact sur l’accès ou non de la femme, des filles à l’éducation», informe le professeur Allé Nar Diop.
Autre chose qui a été démontrée par les travaux de l’Ansd, c’est que ces mêmes caractéristiques guident le degré de l’accès à l’emploi. «Les femmes au niveau rural accèdent moins à l’emploi que les femmes urbaines, de même que les femmes ayant un chef de ménage sans instruction ont un niveau d’emploi plus faible», explique M. Diop qui ajoute que le profil du ménage a un impact sur ces trois variables, à savoir l’éducation, l’emploi et les violences faites aux femmes. Parlant des statistiques sur l’éducation, il estime qu’en Afrique, il existe de grandes disparités d’accès à l’emploi entre les hommes et les femmes et le Sénégal ne serait pas une exception. «Les statistiques montrent que plus de la moitié de la population du Sénégal est féminine», a-t-il fait savoir. Et selon les résultats issus de l’exploitation des données statistiques 2018-2019, le taux d’accès à l’élémentaire des enfants de 6-11 ans est plus élevé chez les filles (57,6 %) que chez les garçons (54,2%). Et 42,6% des filles de 16-24 ans ayant accédé au niveau moyen sont maintenus au niveau secondaire contre 38,5% des garçons.
Pr Allé Nar Diop : «Plus de la moitié de la population du Sénégal est féminine»
Malgré les avancées notées dans l’accélération de la scolarisation des femmes, qui ont contribué à atténuer les disparités au sein de l’accès à l’éducation au niveau élémentaire, l’atteinte des niveaux supérieurs demeurent toujours problématiques chez les filles. Le taux de transition du cycle moyen général au cycle secondaire général reste favorable aux garçons avec 61,9% contre 58,6% chez les filles, d’après le rapport national sur la situation de l’éducation de l’année 2019, informe M. Diop.
Mais pour mieux favoriser l’éducation des femmes, Pr Allé Diop plaide pour une certaine discrimination qui, selon lui, est déjà faite à travers les différentes politiques mises en œuvre, par l’emploi et les financements octroyés aux femmes.
Financés par l’Agence française de développement (Afd) et Onu-Femmes, ces travaux de l’Ansd avaient pour objectif d’une part, d’aider le Système statistique national à retraiter les données existantes relatives à l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes et d’autre part, à soutenir la collecte de données dans les domaines thématiques de l’entreprenariat féminin et de la position des femmes dans les activités économiques. En travaillant sur ces thématiques, l’Ansd voudrait aussi apporter sa contribution à une meilleure connaissance sur les disparités et inégalités existant dans ces secteurs. Et pour le Directeur général de l’Ansd, Allé Nar Diop, ces recherches serviront à l’information non seulement pour les politiques et programmes sur la lutte contre les discriminations et l’autonomisation de la femme, mais aussi pour le Pse qui prête une attention particulière à l’équité et l’égalité homme-femme à tous les niveaux.
DES FEMMES AFRICAINES FORMÉES À S’OPPOSER À LA VIOLATION DE LEURS DROITS
Des femmes venues de plusieurs pays d’Afrique participent à une session de formation ouverte lundi à Saly-Portudal, dans le but de les amener à être en mesure d’exprimer leur refus en cas de spoliations de leurs biens
Saly-Portudal (Mbour), 14 mars (APS) - Des femmes venues de plusieurs pays d’Afrique participent à une session de formation ouverte lundi à Saly-Portudal, dans le but de les amener à être en mesure d’exprimer leur refus en cas de spoliations de leurs biens, a constaté l’APS.
Les participantes sont originaires de l’Afrique du Sud, du Burkina Faso, du Cameroun, de la Côte d’Ivoire, du Liberia, du Nigéria, du Sénégal et de la Sierra Leone.
"Les femmes souffrent souvent de l’exploitation de leurs ressources ; leurs terres sont spoliées, alors que ce sont elles qui nourrissent la population et qui donnent à manger à toute la communauté (…)", a fait valoir Georgine Kegne de l’ONG WoMin.
Elle intervenait à l’ouverture de cette session (14-17 mars) organisée à Saly-Portudal (Mbour, ouest) par les ONG Lumière-synergie-développement" (LSD) et WoMin.
"Nous travaillons avec les communautés dont les terres où les sources de subsistance ont été prises par des entreprises multinationales pour laisser place, soit à des barrages, soit à des grandes plantations, en privant ces communautés de leurs droits", a dit Mme Kegne.
"Nous disons non, pour qu’on ne détruise pas les moyens de subsistance des communautés et les moyens de subsistance de l’environnement. Il y a des minerais qui doivent rester sous terre, donc si l’extraction doit causer des dégâts à la communauté, mieux vaut que l’exploitation soit laissée", a-t-elle préconisé.
Elle déplore que "quand des multinationales s’implantent dans certaines localités, on ne dédommage pas les femmes".
De son côté, Odette Napina de l’Organisation pour le renforcement des capacités de développement (ORCADE) estime qu’il est important que de renforcer davantage les capacités des femmes, de manière à leur permettre de "pouvoir mieux défendre la cause des communautés".
LE REFEPAS EN QUETE DE RECONNAISSANCE
Pêche – Femmes transformatrices de produits halieutiques demandent à l’Etat du Sénégal de signer le décret de reconnaissance et de professionnalisation des métiers de la transformation artisanale des produits halieutiques
Elles exercent un métier important au Sénégal, mais qui ne bénéficie d’aucune protection juridique. Les femmes exerçant les métiers de la transformation artisanale des produits halieutiques, regroupées au sein du Refepas, voudraient en finir avec cette situation et interpellent les autorités.
Les femmes du secteur de la pêche artisanale, regroupées au sein du Réseau des femmes de la pêche artisanale du Sénégal (Refepas), demandent à l’Etat du Sénégal de signer le décret de reconnaissance et de professionnalisation des métiers de la transformation artisanale des produits halieutiques, dont le processus est enclenché depuis dix ans. Elles ont saisi l’opportunité de la Journée internationale de la femme tenue à Mballing pour adresser un mémorandum au chef de l’Etat.
Anta Diouf, la Secrétaire générale du Refepas, a listé les revendications de leur organisation, qui viennent se greffer au besoin du décret pour la protection des métiers des femmes transformatrices. Il s’agit, selon elle, «d’une meilleure protection des ressources halieutiques pour la durabilité des métiers de la pêche et la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations sénégalaises. Il y a également le gel des autorisations d’implantation d’usines de poisson, mais aussi l’interdiction de l’utilisation du poisson entier, propre à la consommation humaine, par les usines de farine de poisson déjà installées. Nous demandons par ailleurs, le gel de toutes nouvelles licences de pêche industrielle ciblant les petits pélagiques côtiers surexploités. La publication du registre des navires de pêche industrielle autorisés à pêcher au Sénégal afin que les acteurs de la pêche puissent savoir quels sont les bateaux qui ont le droit de pêcher au Sénégal et faciliter ainsi l’identification des bateaux exerçant illégalement».
Sur le plan institutionnel, cette organisation a invité également les autorités à intégrer Refepas dans les organes à caractère consultatif du secteur de la pêche comme le Conseil national consultatif des pêches maritimes (Cncpm) et le Conseil consultatif d’attribution des licences de pêche industrielle (Ccalp). Entre autres doléances, les femmes transformatrices veulent l’accès aux financements du secteur de la pêche aux organisations de femmes sans aucune discrimination, mais également l’allocation d’un quota aux femmes mareyeuses et micro mareyeuses, dans le programme de modernisation du parc des camions frigorifiques.
La présidente du réseau, Mme Diaba Diop, a rappelé que la célébration de cette journée se tient cette année dans un contexte particulier pour le secteur de la pêche, car l’année 2022 est décrétée année internationale de la pêche artisanale africaine par la Fao. Toutefois, elle a peint un tableau sombre de la situation de la pêche, caractérisée par une rareté du poisson, qui pousse les acteurs à aller dans les pays frontaliers pour chercher la ressource. Cela n’est pas sans conséquence sur la durabilité des métiers de la pêche mais également de la sécurité alimentaire des populations sénégalaises.
Par ailleurs, elle n’a pas hésité à jeter une pierre dans le jardin du ministre de la Pêche et de l’économie maritime : «Il y a une discrimination dans le dialogue entre les professionnels de la pêche réclamant une meilleure gouvernance et plus de transparence entre le secteur des pêches, et l’autorité en charge du secteur dans un climat tendu et conflictuel non propice à une bonne gouvernance des pêches», a déploré la présidente du Refepas.
L’Ong Greenpeace Afrique, partenaire du réseau, par le biais de son représentant, Abdoulaye Ndiaye, s’est désolé que cette fête soit célébrée sur fond de désespoir des femmes transformatrices de poisson.
Selon lui, avec les impacts négatifs considérables de la pandémie du Covid-19, l’économie mondiale est atteinte et le secteur de la pêche en Afrique de l’Ouest n’est pas épargné. «La situation est encore plus complexe au Sénégal avec la présence d’usines de fabrication de farine et d’huile de poisson, qui sont en concurrence directe avec la consommation locale et privent les femmes transformatrices de poisson, de leur travail et de leur principale source de revenu. Même si l’activité de ces femmes est cruciale pour la sécurité alimentaire et la stabilité socioéconomique du Sénégal, du point de vue légal, elles sont vulnérables car leur métier n’est pas légalement reconnu par les autorités administratives et elles courent depuis des années après la reconnaissance juridique de leur métier de transformatrices de poisson. En ce jour spécial, nous demandons à l’Etat la reconnaissance juridique du statut des femmes transformatrices de poisson et la fermeture des usines de farine de poisson», a déclaré Abdou¬laye Ndiaye.
LES FEMMES DE PASTEF MENACENT DE S’ÉRIGER EN BOUCLIERS AUTOUR DE SONKO
Les femmes du mouvement Jiguéni Pastef ont brandi la menace de s’ériger en bouclier humain contre la campagne de décrédibilisation de leur leader
En assemblée générale de remobilisation de leurs troupes articulée à la célébration décalée de la journée internationale de la femme à Sédhiou, les femmes du mouvement Jiguéni PASTEF ont brandi la menace de s’ériger en bouclier humain contre « la campagne de dé-crédibilisation du président Ousmane Sonko ». La présidente nationale du MOJIP n’est pas allée par quatre chemins pour réaffirmer son engagement ferme à mener le combat pour baliser la voie à leur mentor toujours sous ennuis judiciaires relatifs à l’affaire de viol l’opposant à la fille Adji Sarr.
D’un ton ferme et au milieu de ses pairs de Sédhiou à l’occasion avant-hier, samedi 12 mars, de leur assemblée générale, la présidente nationale du mouvement des femmes de PASTEF (MOJIP) a tapé du poing sur la table « nous réaffirmons tout notre engagement et notre disponibilité à accompagner cet homme, un homme de valeur et de principes, Ousmane Sonko qui a été maltraité, secoué par une machination machiavélique du pouvoir qui veut faire passer cette histoire comme un fait de société alors que tout le monde a compris. C’est une campagne de décrédibilisation du président Ousmane Sonko » déclare Maïmouna Dièye, par ailleurs maire de la Patte D’Oie à Dakar. Sans vraiment d’hésitation et sous les ovations de l’auditoire essentiellement composé de femmes, la présidente ajoutera : « Nous, femmes, en tout cas, nous sommes déterminées comme l’année dernière et nous toutes, nous avons été emprisonnées et cette année encore, nous réitérons notre ferme engagement à faire pire. Nous avons ponctué notre rencontre par une résolution exigeant que le procès se tienne ». L’exaspération prend place : « on ne peut plus attendre pour que des gens malintentionnés, des peureux, des faibles, se réfugient derrière ce genre de machination que le pouvoir a à sa possession pour détruire un homme politique ».
Et Maïmouna Dièye, la présidente du mouvement des femmes de PASTEF de conclure ; « nous disons Non et nous sommes prêtes à tout. D’habitude c’est le procès qui fait défaut. Dans les cas de viol, souvent on n’a pas tous les interlocuteurs mais c’est tout le contraire ici. Le pouvoir a bâclé le travail en enlevant une immunité au député le plus patriote de ce Sénégal pour après laissé le dossier pendant et en faire une épée de Damoclès sur sa tête. On le refuse et on exige un procès ».
DU FÉMINISME EN AFRIQUE
Quelques figures féministes donnent leur interprétation de ce mouvement chargé parfois de négativité sur le continent et de ce que cela implique
BBC Afrique |
Awa Cheikh Faye |
Publication 10/03/2022
Le féminisme veut dire renverser le patriarcat, qui renvoie à l'idée selon laquelle le pouvoir de déterminer comment marche la société soit détenu par les hommes.
Cette définition est d'Aminata Mbengue, psychologue clinicienne et féministe sénégalaise.
"Être féministe a été une libération pour moi. C'est une thérapie malgré toute la violence que l'on se prend au quotidien", dit-elle.
Elle soutient que le féminisme lui a ouvert les yeux sur "la réalité de la domination masculine, et ses conséquences sur la vie des femmes notamment le contrôle sur leurs corps".
"Cette prise de conscience nous donne envie de changer les choses, ça nous donne des outils pour la combattre", ajoute-t-elle.
Toutefois, le féminisme est un terme qui suscite des débats et qui n'est pas universellement adopté par toutes les femmes.
Fatou Diome a une explication simple : "Le féminisme cesse d'être une question à partir du moment où vous avez le courage de mener la vie que vous avez choisi" dit-elle dans une interview sur le CIRTEF (Conseil International des Radios-Télévisions d'Expression Française) en 2015.
L'écrivaine sénégalaise est connue pour avoir traité de la condition des femmes rurales du Sénégal dans certaines de ses œuvres comme Celles qui attendent, (éd. flammarion, 2018), sans pour autant se définir comme féministe.
Le mot peut également être "chargé de négativité et à connotation péjorative au Sénégal par exemple" selon l'écrivaine féministe sénégalaise Ndeye Fatou Kane qui a publié un essai intitulé Vous avez dit féministe ? (éd. Harmattan Sénégal, 2018).
Mais cela évolue.
Richine Masengo nous raconte qu'il y a dix ans les militantes congolaises étaient vues comme des "déviantes, des femmes sans morale, des personnes qui cherchent à copier les manières de faire de l'Occident et détruire les cultures et traditions qui sont propres au Congo".
Cette activiste des droits humains congolaise est la directrice exécutive l'ONG Si jeunesse savait.
Aujourd'hui en RDC, poursuit-elle, le féminisme est compris comme "ces femmes-là qui luttent pour l'égalité entre l'homme et la femme, mais qui ne détestent pas hommes".
Elle explique qu'à ses débuts elle ne connaissait même pas le mot féminisme. Elle l'entendra la première fois de la bouche d'une de ses cousines qui lui recommandait de s'engager dans une organisation partageant ses idées.
Pour elle, le féminisme est devenu une démarche, une volonté de vouloir revendiquer l'égalité entre les Hommes.
"Je suis née féministe, c'est juste qu'à un moment j'ai pu rallier le concept à ma philosophie et ma façon d'envisager le monde, de concevoir les droits humains, les droits des femmes", dit l'activiste. Elle cite la congolaise Francoise Moukoukou et la nigériane Chimamanda Adichie comme ses modèles absolues.
Meganne Boho, activiste féministe, membre Fondatrice de La Ligue ivoirienne des droits des femmes, s'identifie comme féministe car elle estime faire partie d'une génération "qui porte comme un sacerdoce une lutte qui vient avec son lot d'épines et de victoires face à une société qui peine à aller vers la déconstruction de la mentalité qui place l'homme tout puissant au-dessus d'une femme faible et sans défense".
Boho rappelle que l'article 1 de la déclaration universelle des droits humains stipule que tous les êtres humains sont libres et égaux.
"Lorsqu'on regarde nos sociétés, nous nous rendons que compte que depuis des siècles, un système a été mis en place pour reléguer la femme au second plan la privant des droits cités dans cette même déclaration", dit elle.
Elle donne l'exemple des postes de décisions qui sont majoritairement occupés par des hommes "parce que les femmes sont trop émotives et sensibles pour prendre certaines décisions".
"On sort souvent ce genre de phrases aux femmes : Sur le papier, vous avez l'expérience et les diplômes pour occuper ce poste à responsabilité ; mais je me demande si vous avez assez de poigne pour diriger une équipe d'hommes chevronnés. Si je nomme une femme à ce poste, je veux que ça soit un vrai mec sans états d'âme, en fait" poursuit-elle.
"Notre défi majeur, c'est d'arriver à déconstruire les idées préconçues sur la femme afin de faire changer les mentalités et faire plier le patriarcat pour atteindre un monde plus égalitaire", conclut-elle.
Reyhanath Toure Mamadou explique son engagement féministe par l'impératif de lutter contre de représentations sexistes du corps des femmes entre autres.
"Hier encore on discutait d'une publicité d'une bouteille de champagne qui montrait les fesses d'une femme, et le champagne qui les traversait. C'est assez sexiste comme communication", dit cette féministe togolaise.
Cet engagement implique que dans le quotidien de "chaque acte, activité, initiative doit être vue sous les loupes du genre, du féminisme, avec les yeux de quelqu'un qui veut que les inégalités de sexe puissent disparaître", explique-t-elle.
Quel rôle pour les hommes ?
Dans ses chroniques sur un journal local et sur ses réseaux sociaux, le journaliste et chroniqueur sénégalais Paap Seen n'hésite pas à prendre position sur les questions d'égalité entre les genres et les violences sexuelles et sexistes.
Il dit s'être beaucoup interrogé, ses chroniques, sur les conditions des femmes au Sénégal et en Afrique.
En effet dans un de ses textes intitulé Le chapitre féminin, il se penche sur "le statut social des femmes, ainsi que les représentations féodales qu'elles subissent justifient, en grande partie, notre retard économique et politique. C'est une masculinité nocive".
Il dénonce ce qu'il appelle "un modèle d'hommes hyperpuissants, archaïques de la société sénégalaise qui dessert l'intérêt général".
Influencé par la lecture précoce de Simone de Beauvoir et surtout la défunte prix Nobel de la Paix, la kényane Wangarĩ Maathai, il tente de s'ériger contre "le sexisme, la misogynie et les inégalités sociales de genre qui caractérisent la société sénégalaise".
Pour Paap, c'est cela le féminisme.
Certaines femmes pensent que les hommes ne peuvent pas être féministes. Ils peuvent plutôt être pro-féministes, ou alliés des féminis
Ræve se dit pro-féminisme. Il fut un temps où il se déclarais féministe dit-il, "jusqu'à ce que des féministes que je côtoie m'ont expliqué en quoi c'était impropre de me qualifier ainsi. Elles m'ont aussi expliqué la notion d'alliés du féminisme mais que c'est aux féministes elle-mêmes d'en identifier ou désigner".
Cet enseignant en droit à l'Université de Nantes et musicien d'origine sénégalaise voit le féminisme tel un mouvement portant la quête d'une égalité réelle entre les hommes et les femmes, en droits et en dignité.
"Je dis quête dans le sens d'une recherche parce qu'il ne vous aura pas échappé que cela fait longtemps que ça dure. Malgré les avancées il reste beaucoup à conquérir. Je dis 'égalité réelle' car très souvent les déclarations de principe ont promis beaucoup de choses sans que cela se traduise par des droits concrets", précise-t-il.
VIDEO
AU NOM DES FEMMES D'ICI ET D'AILLEURS
Alors que le monde entier venait de célébrer le 8 mars la journée internationale des droits des femmes, journée commémorative des combats pour l'égalité et l'émancipation des femmes, la Télévision Futur Média a rendu hommage la gente féminine de partout.
Alors que le monde entier venait de célébrer le 8 mars la journée internationale des droits des femmes, journée commémorative des combats pour l'égalité et l'émancipation des femmes, la Télévision Futur Média a rendu hommage la gente féminine de partout. Suivez dans cette vidéo, la chronique d'Abdoulaye Cissé qui a porté la plume de la rédaction.
JUSTINE MANGA, PREMIÈRE FEMME MAIRE DE NYASSIA
Son élection alimente toujours des débats à Ziguinchor où leadership politique féminin peine encore à s’affirmer. Mais cela ne surprend guère tous ceux qui ont suivi la trajectoire de cette battante
Jean Diatta Correspondant permanent à Ziguinchor |
Publication 09/03/2022
Justine Manga est une femme pas comme les autres. Elle est l’une des deux femmes, avec la Secrétaire d’Etat Victorine Ndèye, qui ont remporté les élections municipales de leurs localités, dans le département de Ziguinchor, lors des dernières consultations. Ce qui a fait d’elle maire de la commune de Nyassia, située à une vingtaine de kilomètres à l’ouest de Ziguinchor.
Abordant l’élection sous la bannière de la coalition UCS-mboolo, dirigée par Abdoulaye Baldé, cette dame, née dans le petit village de Katouré qui a longtemps subi les affres du conflit casamançais, a ainsi mis fin au règne sans partage des hommes à la tête de cette commune en devenant la première mairesse. Son élection alimente toujours des débats à Ziguinchor où leadership politique féminin peine encore à s’affirmer. Mais son élection ne surprend guère tous ceux qui ont suivi la trajectoire de cette battante qui s’est battue énormément pour l’émancipation et l’autonomisation de la femme casamançaise particulièrement et sénégalaise en général. Elle a fait très tôt de choisir de s’investir en zone rurale pour émerger ensemble avec ses sœurs villageoises, malgré un BTS en commerce international qu’elle a acquis à Dakar.
Cette quadragénaire, qui occupait déjà le poste de deuxième adjointe au maire de l’équipe municipale sortante, a cru en son destin et a visé visant plus haut lors des dernières locales et elle a eu gain de cause en s’imposant devant tous ses adversaires et notamment face au maire sortant Mamadou Diallo qui était le candidat de la mouvance présidentielle et non moins protégé de Benoît Sambou, le président du CNDT. Mais se hisser là où elle est aujourd’hui, la collaboratrice de Abdoulaye Baldé, qui est originaire d’une région (la Casamance) où les femmes sont souvent reléguées au second plan dans les instances de décision politique à cause peut-être des traditions, a dû parcourir un chemin souvent semé d’embûches en se forgeant dans les organisations féminines qui ont beaucoup pesé dans la balance pour son élection. Après l’obtention de son Brevet de Technicien Supérieur (BTS) en commerce international au lycée technique Maurice Delafosse de Dakar, elle a pris le risque de revenir au bercail au lieu de tenter sa chance à Dakar où il est plus facile de s’insérer. Elle s’engage à servir les femmes de sa localité.
Un retour à succès au bercail :
‘’J’avais décidé de revenir dans ma région et particulièrement dans ma commune rurale de Nyassia, pour servir les femmes de mon terroir, de mon département et de ma région. Abandonner tout à Dakar et rentrer au bercail, pour une fille qui a un certain niveau d’études à l’époque, ça n’a pas du tout été facile. Au moment où les autres filles qui avaient le même cursus rêvaient de travailler dans la capitale ou d’émigrer, moi, mon ambition était de venir servir et je ne l’ai jamais regretté. Beaucoup de gens n’ont pas compris mon choix. Certains dont des membres de ma famille s’étaient même fâchés contre moi. Mais moi je savais déjà ce que je faisais’’, a -t-elle confiée à la presse, après son sacre, précisant que c’est à la fin des années 2 000 qu’elle est retournée au bercail et a commencé de s’investir dans les organisations de promotion féminine en apportant son expertise à ses mamans et sœurs du Bayotte (une contrée de l’arrondissement de Nyassia). Elle souligne que son ambition, c’est permettre à ces femmes d’atteindre l’autonomisation et surtout de sonner pour l’éveil des consciences pour un leadership féminin fort, dans cette zone où les orientations sont exclusivement décidées par les hommes. Elle commence, alors, par gérer l’épargne commune des femmes afin que ces dernières puissent obtenir des prêts pour développer de petites activités génératrices de revenus. Chemin faisant, elle est élue après secrétaire générale de la Fédération des femmes de la commune de Nyassia avant d’être cooptée par l’Organisation non gouvernementale Usoforal, dirigée par une autre battante en l’occurrence Seynabou Male Cissé qui œuvre beaucoup pour le retour de la paix en Casamance pour diriger un projet d’autonomisation des femmes dans sa zone de Nyassia. Une mission qu’elle a remplie avec une totale satisfaction, relève Fatou Diallo Guèye, responsable genre de cette organisation, ‘’Je me disais qu’il était hors de question que j’échoue. J’avais les compétences requises et j’y ai mis toutes mes forces pour arriver à ce résultat’’, se réjouit aujourd’hui la nouvelle mairesse de Nyassia qui révèle que parallèlement à ce challenge, elle poursuivait sa carrière politique qu’elle avait commencée au sein de l’UJT, lorsqu’elle était étudiante à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar. Et la domination de l’arène politique de sa contrée par les hommes ne la décourage pas poussée qu’elle est par son envie débordante de faire germer un leadership féminin politiquement inexistant dans le Bayotte. Et les prouesses qu’elle n’a cessé d’accumuler dans ce rude combat pour l’autonomisation des femmes du Bayotte et, audelà, de toute la région de Ziguinchor, ont fini par lui donner un leadership et une légitimité qui l’ont poussée à revoir ses ambitions à la hausse. Autrement, elle s’est dit du poste d’adjointe elle peut devenir maire titulaire. Ayant bénéficié d’un fort soutien des femmes de la contrée et des autres communautés de la contrée qui croyaient en ses capacités managériales, elle a été portée à la tête de la mairie de Nyassia le 23 janvier dernier, devenant ainsi la première femme mairesse de la commune de Nyassia. Elle peut aujourd’hui se glorifier d’être aujourd’hui d’être la première femme de la commune de Nyassia et aussi l’une des premières femmes élues à la tête d’une collectivité territoriale de la Casamance naturelle.
À rappeler qu’elle a émigré, entre temps, du Pds à l’UCS de Abdoulaye Baldé avec qui elle compte poursuivre le compagnonnage. Visera -t-elle quelque chose lors des législatives de juillet prochain ? Si telle est son ambition, elle va falloir en découdre encore avec les hommes qui sûrement chercheront toujours à se tailler la part du lion. Mais l’ardeur des hommes ne fait pas peur apparemment à Justine Manga qui s’est donnée pour mission de se battre toujours se battre pour franchir tous les obstacles afin d’émanciper la femme.
«LES FEMMES SE DEMANDENT CE QU’ELLES GAGNENT À FORMALISER LEUR BUSINESS»
Yacine Dia Ndiaye, fondatrice de la plateforme «Ma Féminité», promeut l’entrepreneurial des femmes en Afrique francophone, revient sur les écueils qui freinent l’ascension de ces dernières dans les affaires
Dans cet entretien, la fondatrice de la plateforme «Ma féminité», qui promeut l’entrepreneurial des femmes en Afrique francophone, revient sur les écueils qui freinent l’ascension de ces dernières dans les affaires. Regrettant le fait qu’elles soient beaucoup plus présentes dans le secteur informel, Yacine Dia Ndiaye a soutenu que de nombreuses femmes pensent qu’elles n’ont aucun intérêt à formaliser leurs activités.
«L’AS» : Les femmes sont en général très dynamiques et travailleuses au Sénégal. Mais vivent-elles dignement de leur travail ?
YACINE DIA NDIAYE : C’est vrai qu’il y a un réel dynamisme à saluer à ce niveau; mais cela ne suffit pas pour vivre décemment. Il faut être dans la pérennité et savoir que quand on met en place un business, il faudrait qu’il soit à forte valeur ajoutée et qu’il réponde vraiment aux besoins du marché. Il faut aussi et surtout être dans l’optique de créer une entreprise viable et génératrice d’emplois.
Comment évaluez-vous aujourd’hui l’entrepreneuriat féminin dans le pays ?
Les femmes sénégalaises ont toujours été entreprenantes et actuellement on voit de très belles avancées, de l’innovation et de la valeur ajoutée dans ce qu’elles font. Mais, il y a encore beaucoup de défis à relever notamment l’accès à l’information, les mécanismes de création d’entreprise et autres opportunités. L’accès à la terre notamment dans les zones rurales est également une vraie préoccupation. Sans compter les difficultés d’accéder aux crédits. A vrai dire, les femmes se rabattent le plus souvent dans les microcrédits dont les taux d’intérêts sont assez élevés. Elles ont également des problèmes de compétences techniques et managériales afin de pouvoir continuer à innover et à répondre aux besoins du marché. Il faut ajouter dans la foulée les barrières socioculturelles. Donc, il y a pas mal de freins qui sont liés à l’entrepreneuriat féminin.
Les femmes investissent plus le secteur informel. Qu’est-ce qu’il faudrait pour inverser cette tendance ?
En effet, dès qu’on parle d’entrepreneuriat féminin, on pense directement au secteur informel. Les femmes sont beaucoup plus présentes dans ce secteur-là. Et c’est dommage. Notre combat au quotidien, c’est de pousser les femmes à formaliser leurs activités entrepreneuriales pour pouvoir bénéficier des avantages que cela procure. Mais, il y a pas mal de barrières qui nous empêchent d’y arriver. Les femmes se demandent souvent ce qu’elles gagnent vraiment à formaliser leur business. Elles sont aussi très réticentes dans tout ce qui est fiscalité. Ces entrepreneures éprouvent énormément de difficultés en ce qui concerne les paperasses administratives. Par exemple, pour qu’une femme qui est dans une zone rurale, il faut qu’elle parte au niveau départemental ou régional pour créer juste son entreprise. Donc, il faudrait encore décentraliser pour faciliter l’obtention de papiers administratifs. Et on voit que l’Etat commence à faire beaucoup d’efforts dans ce sens.
Quel plaidoyer faites-vous pour une meilleure prise en compte des femmes dans le domaine des politiques publiques dédiées l’entrepreneuriat ?
Nous voudrions qu’en termes de politiques publiques que l’Etat renforce les capacités entrepreneuriales des femmes à travers des formations et des mentorats en prenant en compte les barrières linguistiques. C’est aussi faciliter l’accès au financement en développant les compétences financières et les instruments financiers qui seront mis en place. Il faut promouvoir également l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée et l’accès à la protection sociale.
QUAND LES FEMMES PRENNENT LE POUVOIR DANS LA PRESSE
Certaines ont souvent dénoncé la domination masculine dans les médias. Mais depuis quelques années, on voit un assaut des femmes sur le journalisme, certaines occupant même de hautes responsabilités dans les rédactions de grands groupes de presse
Souvent certaines activistes des medias dénoncent la domination masculine dans le secteur des medias. Mais depuis quelques années on voit un assaut des femmes dans le journalisme, certaines occupant même de hautes responsabilités dans les rédactions de grands groupes de presse ou sont tout simplement des patronnes de presse.
De l’époque des premières journalistes de la presse comme Annette Mbaye D’Erneville, Sokhna Dieng, Elisabeth Ndiaye en passant par Diatou Cissé, Jacqueline Fatima Boucoum, Ggnagna Sidibé ou encore Minielle Barro à aujourd’hui, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Des batailles aussi manifestement gagnées.
Et le métier de journalisme attire davantage les femmes qui jouent un rôle prépondérant dans la diffusion de l’information et restent aussi de grandes vigies de la démocratie sénégalaise. Ces 20 dernières années, le pays a traversé plusieurs secousses dans la marche de sa démocratie avec des crises politiques d’envergure qui ont fait trembler la nation. La plus récente est celle de mars 2021. Mais si le pays entier était assis sur une poudrière, les femmes journalistes étaient comme les hommes en premières lignes pour donner des informations fiables, en risquant de leur vie. Par ailleurs force est de constater aussi qu’elles sont dépositaires désormais de grandes responsabilités dans les medias.
Rédactrice en chef, chef de desk, Dirpub …
Les femmes sont au cœur du dispositif dans la presse à commencer par votre canard préféré. En effet la rédaction de l’AS est dirigée par Hawa Boussou. Capitalisant plus d’une quinzaine d’années dans la presse, Hawa a été formée à Sud quotidien par Feu Babacar Touré, Demba Ndiaye, Latif Coulibaly et les autres grandes plumes de Sud qui ont fait les beaux jours de cette profession mais aussi par l’ancien directeur de publication de l’AS Mamadou Talla.
Ancienne du journal l’Observateur, Hawa Bousso est aussi effacée que talentueuse. Au journal Enquête aussi, une femme a pris les rênes de la rédaction en la personne de Bigué Bop. Longtemps sous l’aile du regretté Jean Meissa Diop à Walf Grand place , elle a fait notamment ses preuves dans la presse culturelle. Aujourdui, c’est elle qui coordonne la ‘’team ‘’ du journal Enquête.
La radio Sud Fm est chapeautée par une dame en l’occurrence Ndeye Marieme Ndiaye. Réputée être quelqu’une de très compétente et professionnelle, les reportages de la première radio privée qui a vu passer tant de brillants journalistes du Sénégal doivent avoir en amont son aval. Idem pour Awa Diop Ndiaye de Walfadjri ou encore Evelyne Mandiouba de la SNTV qui occupent des postes de responsabilités dans leurs groupes respectif.
Pour sa part Maimouna Ndour Faye a hissé la barre plus haute. Après était présentatrice de plusieurs émissions politiques, la journaliste a créé son groupe de presse. Et sa télé la 7tv qui prend de plus en plus de place dans le paysage médiatique trace son sillon. Sans oublier toutes ces femmes journalistes qui sont cheffes de Desk dans les rédactions ou qui ont des chaines YouTube très suivies sur les réseaux sociaux.
CES PORTEFEUILLES ET PERCHOIRS QUI RÉSISTENT ENCORE AUX FEMMES
Dans les différents gouvernements du Sénégal indépendant, elles peinent à occuper certains ministère de souverainetécomme ceux de l’Intérieur, des Finances et de la Coopération, de la Défense...
La Femme, socle de la société ! Une source de vie qui mérite d’être fêtée tous les jours. Un seul jour ne suffisant pas, la date du 08 mars a été choisie à titre symbolique. Officialisée en 1975 par les Nations Unies, la Journée internationale de la femme est l’occasion de rappeler le combat pour l’effectivité des droits des femmes. C’est une journée de manifestation mais aussi de bilan sur la situation actuelle des femmes.
C’est en Russie que la Journée des femmes connaît son regain : en 1913 et en 1914, la Journée internationale des ouvrières y est célébrée. Et quelques années plus tard, le 8 mars 1917 ont lieu, à Petrograd (aujourd’hui Saint-Pétersbourg), des manifestations d’ouvrières que les bolcheviques désignent comme le premier jour de la révolution russe. Dès lors, une nouvelle tradition venait d’être instaurée : le 8 Mars sera l’occasion pour les partis communistes de mobiliser les femmes. Après 1945, la Journée des femmes est officiellement célébrée dans tous les pays socialistes (où elle s’apparente à la fête des mères !). Cependant, c’est Clara Zetkin, une enseignante, journaliste et femme politique allemande, qui est la réelle instigatrice de la Journée internationale des femmes. Ainsi, à la suite de l’Allemagne, l’Autriche, le Danemark et la Suisse…, la journée s’est généralisée surtout avec son officialisation, en 1975, par les Nations Unies. Depuis, elle est célébrée partout dans le monde et de nombreuses femmes sont montrées en exemples à l’occasion de cette date dans leurs pays et à l’échelle internationale.
Au Sénégal, alors que la tradition leur a toujours accordé une place de choix, les femmes ont été obligés de se battre pour le respect de leurs droits, après les indépendances et les lois nationales (Code de la famille…) qui les ont reléguées au second plan. Résultats, les conquêtes et acquis sont nombreux. Il en est ainsi, entre autres, notamment de la loi sur la parité qui même si elle ne règle pas tous les problèmes est une avancée non négligeable, la puissance paternelle qui cède la place à l’autorité parentale, le droit de la femme à donner la nationalité à ses enfants et son conjoint de nationalité étrangère...
Auparavant, au Sénégal les femmes ont marqué de leur empreinte l’histoire du pays et on les retrouve désormais dans toutes les instances de décisions ou presque, aussi bien niveau national et qu’international, où elles ne cessent de faire leurs preuves. De la santé à l’économie, en passant par le sport, le social, la politique, la culture, elles sont souvent des exemples partout où le devoir les appelle. Au plan politique et de la gouvernance, elles sont élues locales, maires, présidentes de Conseil départemental, parlementaires, ministres, Premier ministre (Mame Madior Boye et Aminata Touré dit Mimi). Aussi les retrouve-t-on à la tête de différentes Hautes institutions étatiques comme le Conseil constitutionnel (avec Mme Mireille Ndiaye) le HCCT, le CESE, le HCDS, etc. Quid du secteur de la défense et de la sécurité où elles sont désormais dans tous les corps habillées du Sénégal ?
Mieux, dans le domaine sécuritaire, madame le Commissaire Anna Sémou Faye, ancienne directrice de la Police de l’Air et des Frontières au ministère de l’Intérieur, deviendra la première à diriger la Police nationale. En 2013, alors âgée de 55 ans et mère, la commissaire Anna Sémou Faye a été choisie pour son expérience, sa rigueur et son intégrité Directrice générale de la Police nationale. La dignité et la bravoure de ces femmes sénégalaises nous rappelle les femmes de Nder. Ces vaillantes dames qui, par souci de préserver leur dignité de femmes libres, ont combattu l’envahisseur maure allant jusqu’au sacrifice ultime, en cette date mémorable du «Talatay Nder».
Symboles de la résistance féminine, elles ont préféré mourir en martyre plutôt que d’être réduite en esclaves. Ce fut également le combat d’Aline Sitoé Diatta, “la Reine de Kabrousse” qui a incarné, en Casamance, la résistance contre la colonisation française, ‘’une vraie jigene jou meun goor’’. Il est cependant à noter qu’en dépit de la qualité de la ressource humaine dont regorge la gente féminine et des acquis significatifs, certains postes importants résistent encore aux. C’est ainsi que, dans les différents gouvernements du Sénégal indépendant, elles peinent à occuper certains ministère de souverainetécomme ceux de l’Intérieur, des Finances et de la Coopération, de la Défense...
Même si avec les l’expériences de Mimi Touré alors nommée Garde des Sceaux ministre de la Justice, et actuellement Aïssata Tall, première femmes ministre des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur, l’espoir est permis. Et pourquoi pas avoir une femme présidente de l’Assemblée nationale ou présidente de la République ?