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4 avril 2025
Femmes
LA FACE HIDEUSE DE L'AMÉRIQUE
René Lake en débat sur VOA avec le républicain Herman Cohen, ancien ministre de Bush - La société américaine est structurellement raciste - L'affaire Floyd rappelle trop d'autres cas similaires - Donald Trump a fait preuve d'un leadership défaillant
René Lake en débat sur VOA avec trois autres invités, y compris le répubicain Herman Cohen, ancien ministre chargé des affaires africaines de George H. Bush. Le sujet : Le cas de George Floyd, la face visible de l'iceberg ? Comment réformer cette société américaine dans ses structures les plus discriminatoires à l'égard des minorités ? Quid de la posture de Donald Trump en ces moments troubles pour le pays ?
L'émission "L'Amérique et vous", remet au centre des débats, la question des discriminations raciales aux Etats-Unis, ravivée par le récent meurtre de George Floyd, Afro-américain, par un policier blanc.
par Nayé Anna Bathily & Rokhaya Solange Ndir
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L'ÉCOLE SÉNÉGALAISE FACE AU COVID-19, VULNÉRABILITÉS EXACERBÉES ET NÉCESSITÉ D'INNOVATION
Nous sommes face à une occasion historique d’améliorer notre système éducatif et de mettre fin aux injustices socio-économiques et culturelles qui continuent de maintenir les jeunes filles hors des chemins de l’école et de la réussite
Nayé Anna Bathily et Rokhaya Solange Ndir |
Publication 05/06/2020
Le monde entier est en état de choc depuis le début de la pandémie de Covid-19. Alors que dans certains pays la vie commence timidement à reprendre ses droits, d'autres sont encore dans l’œil du cyclone. Dans les pays en développement, la tâche de relever une économie très souvent sinistrée dans certains secteurs, une société profondément touchée dans ses modes de fonctionnement et des institutions souvent fragiles est particulièrement ardue. Les expériences précédentes ont montré les effets dévastateurs des épidémies et pandémies sur les systèmes éducatifs. En Afrique de l’ouest, l’épidémie d’Ebola en 2014-2015 avait causé la déscolarisation de plus de 5 millions d’élèves[1]. Avec les mesures de confinement et de restriction des déplacements partout dans le monde, ce sont aujourd’hui plus d'un milliard d’apprenants qui sont encore affectés. Le Sénégal a très vite pris des mesures drastiques pour lutter contre la propagation du Covid-19. Toutes les écoles du pays ont été fermées dès le 16 mars 2020. La date initiale de réouverture du 4 mai avait d’abord été repoussée au 2 juin avant d’être reportée sine die à la veille de la reprise prévue. Cette réouverture ne concerne de surcroît que les élèves en classes d'examens (CM2, Troisième et Terminale), soit 551.000 sur 3,5 millions d’élèves du public et du privé réunis.
L'école sénégalaise devait déjà faire face à de nombreux défis avant la pandémie. Alors que le taux de scolarisation au primaire est de 86,4%, il baisse au collège et au lycée avec 49,5% et 33,8% respectivement, puis seulement 12,76% à l'université en 2018[2]. Le baccalauréat, sésame d'entrée à l'université, n'a été réussi que par 37,65% des candidats en 2019 et 35,9% en 2018. La moitié de la population reste analphabète et seule une femme sur quatre est alphabétisée en milieu rural. Les taux de redoublement des filles restent inquiétants, en particulier dans les régions de Kolda, Kédougou, Ziguinchor, Fatick, Sédhiou et Matam où les taux de redoublement au secondaire dépassent 25%. Les filles sont en outre moins représentées dans les filières scientifiques. Les priorités en ces temps de pandémie doivent être d’assurer la qualité de l’éducation malgré la fermeture des écoles et l’accès de tous aux moyens déployés pour assurer la continuité pédagogique. Nous devons également dès à présent réfléchir au retour de tous à l’école après la pandémie, en particulier des plus marginalisés, ainsi qu’à l’école sénégalaise de demain. Pour elle, aussi, il y aura un avant et un après Covid-19.
La crise du Covid-19 exacerbe les défis de l’école sénégalaise
Assurer la continuité pédagogique est le premier des défis. Mais les efforts des autorités se heurtent à la réalité des insuffisances et inégalités préexistantes du système éducatif sénégalais. Le ministère a mis en place le dispositif « Apprendre à la maison » et prévu la distribution de clés USB et de CD-ROM pour aider les élèves à suivre les cours en ligne. Des initiatives privées comme la plateforme « Ecoles au Sénégal », Télé Ecole et des émissions télévisées comme « Salle des profs » essaient également de jouer leur partition. Ces efforts, quoique louables, ne permettent pas à toutes les populations d'accéder aux contenus pédagogiques. Dans un pays où seuls 46% de la population utilisent internet en 2017[3] et où les prix des forfaits internet sont élevés pour de nombreuses familles à revenus moyens et faibles, la mise en place de plateformes d'enseignement numérique ne suffit pas. Moins de 20% des élèves et étudiants ont les moyens d’accéder aux ressources en ligne selon l’UNESCO[4].
Les autorités affichent une volonté ferme de sauver l'année scolaire et universitaire. Mais le risque d’invalidation menace de nombreux élèves. La reprise des cours pour les classes d'examen est prévue en ce mois de juin, mais quid des autres classes ? La saison des pluies commence en juillet voire en juin dans certaines zones du pays alors que certaines écoles n’ont pour classes que des abris provisoires. Sur cinq salles de classe, les trois sont des abris provisoires construits en « crintin » et ne permettent donc pas le retour des élèves en plein hivernage. Il est essentiel d'apporter des réponses rapides et des solutions aux élèves et aux parents pour atténuer autant que possible le risque de déscolarisation.
Accompagner les jeunes filles des milieux défavorisés pour éviter leur déscolarisation en masse
Toutes les populations ne sont pas pareillement exposées au risque de déscolarisation. Les jeunes filles sont particulièrement vulnérables face aux crises, en particulier lorsqu'elles viennent de milieux défavorisés. Des catastrophes naturelles comme le cyclone tropical Idai au Mozambique et le séisme de 2018 en Indonésie ont provoqué des hausses substantielles du nombre de filles déscolarisées. En Afrique de l'ouest, des crises précédentes comme l'épidémie d'Ebola ont montré que l'éducation des filles est l'un des premiers investissements à être abandonné lorsque les ressources économiques ou la nourriture viennent à manquer. Selon Plan International[5], en temps de crise, les filles ont 2,5 fois plus de risques d’être déscolarisées que les garçons.
Les filles marginalisées ont aussi moins accès à la technologie et à l'internet. Lorsqu’elles restent à la maison, elles voient leur temps très souvent accaparé par les corvées ménagères. Il est impossible dans ces conditions de suivre les cours à distance au même niveau que les garçons. La violence envers les femmes et les filles est un autre fléau de la pandémie de Covid-19 et un obstacle à la scolarité des filles. Une augmentation du nombre des grossesses et des mariages précoces et forcés est à craindre. Au lendemain de la crise Ebola en 2014, les grossesses d’adolescentes ont augmenté jusqu’à 65 % dans certaines communautés en Sierra Leone[6]. Un récent rapport du Malala Fund a montré que plus de 10 millions de jeunes filles en âge d'être à l'école secondaire pourraient être déscolarisées après la crise de Covid-19 dans le monde[7]. Plus que jamais, il faut accompagner les jeunes filles pour atténuer l'impact du Covid-19 sur leur scolarité et s'assurer qu'elles puissent reprendre le chemin de l'école après la crise.
Pour une école sénégalaise moderne, juste et inclusive à la sortie de la crise du Covid-19
Les défis que pose la crise actuelle à l’école sénégalaise ne sont pas nouveaux. La pandémie du Covid-19 ne fait qu’exacerber leur gravité. Cette crise est une occasion de remettre en question notre système scolaire et de le rendre plus juste, inclusif et performant. Nous devons nous attaquer aux causes profondes de la déscolarisation. Le principal frein au retour des élèves dans les classes est le manque de moyens économiques. L’exemption de frais de scolarité est un moyen rapide et efficace d’encourager les communautés les plus fragiles à réinscrire leurs enfants à l’école. La Sierra Léone avait par exemple supprimé les frais d’inscription pour deux années scolaires après l’épidémie d’Ebola. Les mesures économiques ne peuvent cependant être efficaces qu'accompagnées d'un effort conséquent de communication et de sensibilisation. Nous devons donc travailler avec les communautés et les organisations de la société civile pour rappeler l'importance du retour des filles à l'école et lutter contre les préjugés qui voudraient que leur éducation soit moins cruciale que celle des garçons.
Si le Covid-19 nous a appris une chose, c'est que la société civile et les initiatives citoyennes ont un énorme potentiel d'impact. Notre initiative SHINE TO LEAD / Jiggen Jang Tekki travaille pour l'amélioration des conditions d'études des jeunes filles dans les milieux défavorisés, le développement du leadership féminin… Des masques, du gel hydroalcoolique ainsi que des kits alimentaires ont été distribués aux familles défavorisées dès le début de la pandémie. Une série de Talks réunissant des experts porte le plaidoyer pour la cause. Nous avons aussi très tôt compris la nécessité d’initier les jeunes filles au numérique. C’est ainsi qu’elles ont suivi des séances d’initiation au codage et ont toutes été équipées de smartphones et dotées de pass internet ainsi que d’un catalogue pour accéder à du contenu pédagogique en ligne. De telles initiatives peuvent atténuer la vulnérabilité des familles face à la pandémie et ses conséquences socio-économiques, et permettre aux jeunes filles de pleinement bénéficier des initiatives numériques pour la continuité pédagogique.
S'il est vrai que la pandémie du Covid-19 nous montre tout le potentiel des outils numériques pour l’éducation, elle révèle également les profondes inégalités d'accès aux technologies et à internet. Le déploiement des outils numériques ne sera pleinement effectif que s’il est accompagné d’un réel développement des infrastructures pour une meilleure couverture internet. L’éducation à distance nécessite en outre plus d’assistance pour les enseignants et parents très souvent atteints d’illectronisme et une communication prenant en compte les réalités socio-culturelles, dont certaines, comme la surcharge de tâches domestiques, limitent l’accès des filles à l’éducation. La mise en place d’une plateforme dédiée à l’assistance et la formation à l’enseignement en ligne pourrait considérablement améliorer la qualité de l’encadrement des élèves.
La pandémie du Covid-19 ne laissera aucun pays indemne. Il nous faudra fournir un effort de reconstruction et de réinvention de nos institutions fragilisées et de nos modes de fonctionnement remis en cause. Les crises sont des défis pour les sociétés, mais également des moments féconds d'où peuvent jaillir des idées et des transformations de fonds qui auraient pris plus de temps à se réaliser sans le choc. Nous sommes donc face à une occasion historique d’améliorer notre système éducatif et de mettre fin aux injustices socio-économiques et culturelles qui continuent de maintenir les jeunes filles hors des chemins de l’école et de la réussite. Ce n’est qu’avec une école inclusive et performante que nous pouvons espérer une jeunesse bien formée et capable de porter le développement du Sénégal. Nous invitons toutes les forces vives de la nation à rejoindre l'effort afin que l’école sénégalaise sorte de cette pandémie meilleure et grandie.
Nayé Anna Bathily, Founder Shine to Lead/ Jiggen Jang Tekki
Rokhaya Solange Ndir, Vice-Présidente, Shine to Lead/ Jiggen Jang Tekki
Shine to lead / Jiggen Jang Tekki est une initiative lancée pour permettre à des filles brillantes issues de milieux défavorisés du Sénégal de poursuivre leurs études dans les meilleures conditions possibles.
[1] Action contre la Faim. « Des millions d’enfants eux aussi victimes ».
Le ressenti du confinement (Table-ronde virtuelle sur Zoom) D’une manière inédite, le cours de la vie personnelle, professionnelle et sociale de chacun d’entre nous est encore profondément bouleversé. Le Sénégal sous état d’urgence, le temps semble ralenti, le monde à l’arrêt. Des peurs, des craintes mais aussi des rêves et des espoirs germent dans les esprits et apparaissent dans quelques œuvres éparses. Le désir de partage titille visiblement les consciences. Partageons donc !
- 12 intellectuels et grands leaders d’opinion sénégalais sur Zoom.
- Tous répondent à une question et une seule : « Au plan personnel, au plan humain quel est l’impact de cette crise mondiale sanitaire qui pourrait alimenter de manière significative votre réflexion sur les prochaines années ? »
- Liste des participants : o Didier Awadi o Souleymane Bachir Diagne o Babacar Buuba Diop o Ousmane Blondin Diop o Elgas o Penda Mbow o Fatoumata Sissi Ngom o Alioune Sall Paloma o Pierre Sané o Mbougar Sarr o Marie-Angelique Savané o Rama Yade
- Facilitation de la discussion : René Lake
PAR 12 INTELLECTUELS ET LEADERS D'OPINION SÉNÉGALAIS
VIDEO
LE SILENCE DU TEMPS
EXCLUSIF SENENPLUS - D’une manière inédite, le cours de la vie personnelle, professionnelle et sociale de chacun d’entre nous est encore profondément bouleversé - Des peurs, des craintes mais aussi des rêves et des espoirs germent dans les esprits
Le ressenti du confinement est exprimée dans cette table-ronde virtuelle organisée par SenePlus. D’une manière inédite, le cours de la vie personnelle, professionnelle et sociale de chacun d’entre nous est encore profondément bouleversé. Le Sénégal sous état d’urgence, le temps semble ralenti, le monde à l’arrêt. Des peurs, des craintes mais aussi des rêves et des espoirs germent dans les esprits et apparaissent dans quelques œuvres éparses. Le désir de partage titille visiblement les consciences. Partageons donc !
12 grands leaders d’opinion sénégalais se sont retrouvés sur Zoom. Et tous, répondent à une question et une seule : « Au plan personnel, au plan humain quel est l’impact de cette crise mondiale sanitaire qui pourrait alimenter de manière significative votre réflexion sur les prochaines années ?
Les participants pour cette première, l'artiste musicien Didier Awadi, le philosophe et chercheur Souleymane Bachir Diagne, l'historien Babacar Buuba Diop, le politologue Ousmane Blondin Diop, l'écrivan et journaliste Elgas, l'historienne Penda Mbow, écrivaine et analyste politique Fatoumata Sissi Ngom, l'expert en prospective Alioune Sall Paloma, l'analyste et ancien patron d'Amnestie internationale Pierre Sané, l'écrivain Mbougar Sarr, l'experte en développement Marie-Angelique Savané, et enfin, la politologue et ancienne ministre de France Rama Yade. La facilitation de la discussion est assurée par l'analyste René Lake.
LE SÉNÉGAL ENREGISTRE DEUX NOUVEAUX DÉCÈS LIES AU COVID-19
Le premier est une femme âgée de quarante ans (40) ans décédée au centre de traitement de CUOMO. Le deuxiéme est un homme âgé de soixante-douze ans (72) décédé au centre de traitement de Ziguinchor.
Ce mercredi 3 juin 2020, le Sénégal a enregistré deux nouveaux décès liés à la Covid19.
Le premier est une femme âgée de quarante ans (40) ans décédée au centre de traitement de CUOMO.
Le deuxiéme est un homme âgé de soixante-douze ans (72) décédé au centre de traitement de Ziguinchor.
A ce jour, le Sénégal compte au total quarante-cinq (45) décès.
Le Ministère de la Santé et de l'Action Sociale présente ses condoléances à leurs familles attristées.
UNE POUPÉE QUI PARLE PLUSIEURS LANGUES AFRICAINES
Dègla Awohouedji responsable qualité en France, a créé la poupée Nayanka en s’inspirant de sa fille issue d’un métissage entre le Burkina Faso le Bénin et la France
Dègla Awohouedji est responsable qualité dans une entreprise qui fait de l’ingénierie acoustique haut de gamme. Il est né au Bénin et réside actuellement en France. A 35 ans, il a créé la poupée Nayanka qui parle sept langues différentes et inspirée de sa fille issue d’un métissage entre le Burkina Faso le Bénin et la France.
REPERCUSSIONS NEGATIVES CHEZ LES FILLES EN PERIODE DE MENSTRUES
L’absence de toilettes ou leur manque d’hygiène influe négativement sur la fréquentation scolaire des filles, notamment celle des adolescentes.
L’absence de toilettes ou leur manque d’hygiène influe négativement sur la fréquentation scolaire des filles, notamment celle des adolescentes. Elles ratent souvent les cours pendant leurs menstrues. Une situation qui risque d’être exacerbée par cette réouverture des classes en pleine pandémie du Covid-19. Le Chef de la section éducation du Fonds des nations unies pour l’enfance (Unicef), Matthias Lansard, trouve qu’il faut apporter des améliorations dans la prise en charge de cet aspect dans les écoles.
Ce 28 mai, date à laquelle est célébrée la Journée mondiale de l’hygiène menstruelle, coïncide cette année avec la propagation de la pandémie à Covid-19 et la reprise annoncée des cours, pour les élèves en classe d’examens, le 2 juin prochain. Une situation qui risque d’être inconfortable pour les potaches, notamment les filles en période de menstrues, à cause de l’absence d’un système d’assainissement adapté. Le Chef de la section éducation de l’Unicef, Matthias Lansard, en se fondant sur des données du ministère de l’Education nationale publiées en 2018, soutient que 69% des établissements préscolaires ont des latrines, et ces données sont portées à 77% pour l’élémentaire et 84% pour le moyen.
Par contre, ajoute-t-il, de fortes disparités existent selon les milieux urbain ou rural. En guise d’exemple dit-il, «seules 54% des écoles élémentaires ont des toilettes à Kédougou». En conséquence, il trouve que «les conditions d’hygiène sont malheureusement loin d’être optimales dans les établissements scolaires, et ce particulièrement en milieu rural. Cette situation s’illustre en termes de disponibilité de toilettes, mais c’est également le cas en termes d’accès à l’eau potable, et à des dispositifs de lavage de main».
Pis, ajoute-t-il, le nombre de toilettes est souvent insuffisant et les infrastructures qui existent ne permettent pas toujours d’offrir des toilettes séparées aux filles et garçons. Mathias Lansard déplore, en outre, le fait qu’au-delà de la disponibilité, ces équipements posent souvent la question de leur entretien et de leur utilisation. «Si les toilettes ne sont pas propres, elles ne sont forcément pas utilisées de manière optimale. L’usage du savon fait également souvent défaut et les environnements scolaires sont parfois sales, sans système de nettoyage vraiment effectif et systématique».
S’agissant des conséquences de ce manque d’hygiène sur la scolarisation, surtout sur chez les adolescentes en période de menstrues, il estime qu’il ne peut pas manquer d’avoir des répercussions sur leur présence à l’école. «Ce n’est pas encore bien documenté au Sénégal, mais il est indéniable que les filles, en période de menstrues, manquent régulièrement l’école lorsque les conditions d’accueil des établissements scolaires ne sont pas optimales», a-t-il soutenu.
Pour changer cette donne, Mathias Lansard juge qu’il faut promouvoir l’intégration de la gestion de l’hygiène menstruelle dans les établissements scolaires (élémentaire et moyen) avant que les filles n’aient leurs premières menstrues. Il trouve aussi qu’il faut donner une voix aux élèves pour qu’ils puissent exprimer leurs besoins et leurs demandes, notamment à travers la généralisation de la mise en place des gouvernements scolaires. Pour lui, il convient aussi de promouvoir le développement des réseaux d’enseignantes à travers le ministère de l’Education et la mise en place de modalités de soutien et d’entraide pour les filles.
par la chroniqueuse de seneplus, Rama Salla Dieng
FÉMINISME, RELIGION ET CULTURE AU SÉNÉGAL
EXCLUSIF SENEPLUS - L’Islam est interprété pour asseoir la position dominante des hommes - Cette suprématie masculine est la cause de toutes nos revendications - ENTRETIEN AVEC MAIMOUNA E. THIOR ET ADAMA POUYE
Elles sont jeunes et pleines d’énergie. Débarrassées du complexe de la femme chosifiée auquel la gent feminine est souvent en butte dans la société sénégalaise, elles ont décidé d’épouser l’idéal féministe pour un changement de comportement à l'endroit de leurs paires. Entretien croisé avec Maimouna Eliane Thior, vivant en France et Adama Pouye, à Dakar.
Bonjour Maimouna et Adama, c’est un plaisir d’avoir récemment échangé avec vous au sujet de l’actualité sénégalaise. Pouvez-vous vous présenter s’il vous plait ?
Maimouna: Bonjour Rama, merci de nous offrir cette tribune pour pouvoir nous exprimer sur ces questions. Je m’appelle Maimouna Eliane Thior, j’ai vingt-six (26) ans. Je suis en deuxième année de doctorat en sociologie et je travaille sur l’histoire politique et socio religieuse des sénégalaises et leur rapport à la globalisation: entre féminisme occidental et féminisme islamique. Je m’intéresse à l’évolution et/ou au changement de l’identité des sénégalaises partagées entre la religion majoritaire du Sénégal qu’est l’Islam et le legs de la culture occidentale accentué par la mondialisation et la modernité à travers les médias sociaux.
Adama: Bonjour Rama, le plaisir est partagé. Je suis Adama Pouye et j’ai vingt-trois (23) ans. Je suis étudiante en master 2 communication, bibliothécaire de profession. J’ai commencé à réellement m’engager sur les questions féministes depuis peu. Je travaille actuellement, dans le cadre de mon mémoire de master, sur la place du corps féminin dans la publicité ces dernières années.
Quelle est votre définition du féminisme ? Et quelles sont vos influences et inspirations feministes ?
Maimouna: Ma définition du féminisme est très simple, j’emprunterai la réponse de Mariama Bâ dans Une si Longue Lettre: « Si défendre l’intérêt des femmes c’est être féministe, oui je suis féministe ». Je m’inspire des noires américaines, qui à elles seules peuvent subir toutes formes de discriminations qui puissent exister. Au-delà des discriminations dues aux rapports sociaux que chaque femme subit dans le monde, les américaines peuvent être confrontées aux discriminations liées à la race, à la religion, au capitalisme…Je vois les africaines en situation d’immigration subir ces mêmes injustices, et cela qu’elles veuillent conserver leur culture d’origine ou pas. Je convoque très souvent l’outil “intersectionnalité”, qui est en sociologie une notion de réflexion politique développée par une universitaire américaine (Kimberlé Crenshaw) pour évoquer la situation des personnes subissant simultanément plusieurs formes de stratification. Ce concept me permet donc, d’analyser les différentes oppressions des sénégalaises à un niveau local mais aussi les situer dans la hiérarchisation mondiale en terme de race.
Adama: Pour moi, le féminisme est une revendication des droits de la femme, une aspiration vers l’équité. Equité au lieu d’égalité pour être plus juste. L’équité fera que dans tous les domains, on verra la femme au-delà de son genre, rien ne sera plus basé sur le sexe. Le féminisme est une dénonciation pour tendre vers une société plus juste et plus humaniste. Une de mes grandes influences est Chimamanda Ngozi Adichie avec son “happy feminism” qu’elle a mentionné dans “nous sommes tous féministes”
Chaque mois, nous remarquons des scandales sexistes sur les plateaux d’émission télé. Nous nous rappelons toutes avec émoi l’affaire Songué, et il y a eu cette semaine l’émission de Sen TV qui a aussi été le théâtre de propos misogynes intolérables, quelle lecture faites-vous de ces événements?
Maimouna: Je trouve que ces émissions reflètent la réalité de nos sociétés actuelles. La plupart des « expressions choquantes » est ce que pense vraiment la majorité. Cela nous choque parce c’est à la télé et qu’on met des visages sur ces mots. Il faut regarder ces émissions pour savoir comment les gens pensent pour trouver des solutions de sensibilisation afin de changer certaines visions. La dernière émission sur le féminisme sur la SenTV a fait voir qu’il y avait différentes catégories de femmes, celles qui défendent la polygamie, celles qui veulent un époux possessif et rigoureux, celles qui ne travaillent pas pour être au service exclusif de l’époux, les plus diplomates, les féministes radicales… Sans oublier les deux hommes qui s’accrochent à leur pouvoir. Cela devrait nous rappeler qu’il y a encore du travail à faire en occupant l’espace public, les médias et même impacter l’éducation nationale. Nous n’avons plus le droit de baisser les bras et écourter les travaux entamés par nos aînées qui nous ont permis d’aller massivement à l’école. Maintenant qu’on a toutes massivement été l’école jusqu’à un certain niveau, le défi serait de rendre la prochaine génération plus autonome et plus libérée dans leurs choix de vie.
Adama: Ces nombreuses sorties scandaleuses peuvent être vues comme encouragées par le peuple sénégalais lui-même. Plus les émissions choquent plus elles attirent le grand public. Les offenses faites aux femmes ne se limitent pas à la presse audiovisuelle. En décembre passé, le quotidien L’observateur, l’un des journaux les plus lus au Sénégal avait à sa une “Objet de tous les désirs: IPhone fait perdre la tête aux sénégalaises. Elles sont capables de vendre leur corps pour un IPhone”, quelques jeunes ont dénoncé par-ci par-là à travers Twitter, entre autres média social, mais sans résultat. Les auteurs s’en sortent pratiquement toujours indemnes. Pour revenir sur le plateau de cette semaine sur la SenTV, il y avait des femmes qui étaient sur le plateau qui semblaient même encourager ces dires. Une des femmes a d’ailleurs dit ouvertement “dama bëgg goor bu tang”, comme quoi certains sévices dont sont victimes nombre de femmes sont normalisés et mêmes appréciés. Un plateau où il y avait plus de cinq femmes n’a guère découragé le monsieur qui a comparé les femmes à des chiennes.
J’ai personnellement partagé les passages en question sur mon compte Twitter et sur mon statut Whatsapp pour m’en indigner. La majeure partie des réactions étaient du genre: “ils n’ont rien dit de grave, c’est à prendre au sens figuré”. Notre société elle-même a associé aux femmes l’acceptation, le silence et ces dernières l’ont accepté de la manière la plus naturelle.
Ces propos ne sont-ils que le reflet de la société sénégalaise? Pensez vous qu’ils sont dus à l’ambivalence de notre société à califourchon entre culture islamique et occidentale? Doit-on parler d’un patriarcat ou de plusieurs patriarcats?
Maimouna: Comme je l’ai dit plus haut, ces propos ne sont pas des révélations exclusives. Les personnes invitées dans ces émissions donnent leurs avis sincères sur les sujets liés aux rapports sociaux. En effet, le Sénégal est partagé entre héritage islamique et occidental. Ces propos choquent très souvent parce que dès lors qu’on évoque des questions féminines, nous sommes souvent renvoyé.es à des références religieuses pour essayer de bloquer un débat. Une bonne partie des sénégalais.es ont grandi donc avec ces rhétoriques et ont fini par croire qu’il n’y avait d’autres versions en dehors de celles rattachées à la religion. Or, j’estime que les sources religieuses font l’objet d’interprétations diverses dépendant de la culture, de l’époque, de la position géographique, etc. Il y a aussi ces sénégalais.es foncièrement coutumiers (ères) qui peuvent faire des amalgames entre des traditions et les préceptes de l’Islam. Ils/Elles ne croient pas à une quelconque évolution de la culture au nom de la modernité ou de la mondialisation. De la même façon, ils conservent le traitement d’un verset concocté pour un contexte ou une situation précise. Dans ces cas-là, le cocktail des us et de la religion peut être explosif.
Pour ce qui est des influences occidentales, bon nombre de sénégalais sont allergiques à des concepts modernes comme le féminisme. Il est vu comme un outil péjoratif qui cherche à détruire l’écosystème sénégalais. Dakar peut vivre au rythme de Paris en termes de mode, d’actualité, de façon de parler, de manger dans une famille nucléaire, mais se rétracte dès qu’il s’agit d’émanciper les femmes ou leur donner du pouvoir. Encore que le pouvoir des femmes dans des sphères professionnelles peut-être bien vu, mais la phobie réside principalement dans les répercussions au niveau des ménages ou la répartition des rôles.
Adama: Effectivement, comme l’a dit Maimouna, ces sorties reflètent la réalité sénégalaise. La condition de la majorité des femmes reste précaire malgré que les femmes ells-mêmes pensent le contraire. Beaucoup d’anti-féministes se fondent sur la religion pour rejeter la place que la femme doit occuper dans la vie sociale, professionnelle, religieuse. L’Islam est interprété pour asseoir la position dominante des hommes, assouvir les envies d’un mari irresponsable qui ne se base sur la religion que quand il a tort, conserver des privilèges qui ne reposent sur aucun mérite. La religion musulmane peut être vue comme l’une des plus féministes qui soit, la femme y occupe une grande place. D’aucun.es diront que la femme ne doit pas occuper de hautes responsabilités ou diriger un homme ; pourtant le prophète Mouhamed PSL travaillait pour celle qui devint son épouse (Khadija). Cette dernière était une très grande commerçante à l’époque et donc une entrepreneure ou businesswoman à la nôtre, pourtant elle était la femme modèle en Islam. Voyez la contradiction avec ce que veulent nous faire croire les prêcheurs et prêcheuses. Certaines sources notamment du côté du sociologue britannique et australien Bryan Turner en matière de sociologie des religions nous révèlent qu’avant l’arrivée de l’Islam, dans certaines tribus arabes, existaient des pratiques d’infanticides de filles et que le statut de la femme y était médiocre. Cela a été d’ailleurs rapporté que Ibn Abbas, un des compagnons du Prophète (PSL) en avait parlé « Si vous voulez découvrir l’ignorance des Arabes (avant l’Islam), lisez le verset de la sourate « El An’am» : « Ils sont perdus ceux qui ont tué leurs enfants par sottise et par ignorance et qui déclarent illicites les choses que Dieu leur a dispensées. Ils sont égarés et ne suivent point la bonne direction. » (Coran 6.140). L’Islam a permis d’abolir ce genre de pratiques, de valoriser la femme. La culture islamique ne peut donc être la raison d’une si grande méprise des relations de genre dans le discours de certains Sénégalais.
Nous devons dès lors chercher les raisons de cet acharnement du côté de la tradition sénégalaise et du côté des valeurs qu’elle inculque. Kocc Barma, cité comme une référence en matière de sagesse disait “Jigeen sopal te bul woolu”(Oumar Sall, a récemment montré qu’il pourrait s’agir d’une déformation, et plutôt: “Jigeen soppal, du la woolu”). D’autres expressions comme celles-ci sont répétées à longueur de journée aux hommes et aux femmes le fameux “jigeen moytul” ou encore “jigeen day mugn ngir am njabott bu baax” ou encore lorsque l’enfant commet des maladresses “doom ja, ndey ja”. Tous ces messages misogynes véhiculés dans l’apprentissage de comment devenir un(e) adulte, durant la circoncision (neegu goor), les discussions avant mariage pour la femme (yebb) et notamment dans l’affectation des tâches ménagères instaurent un subconscient arrêté qui ne peut concevoir une certaine égalité en droit, en dignité entre sexe féminin et masculin. C’est un message implicite, subtil, que les Sénégalais(es) se passent de génération en génération sans forcément s’en rendre compte.
Au Sénégal, quels sont les stéréotypes les plus établis qui sont associés aux féministes (colériques, mal-baisées, anti-hommes)? Qu’est-ce qui les explique? Pensez-vous qu’ils soient dus à la pseudo incompatibilité entre culture africaine ou sénégalaise et féminisme?
Maimouna: Je pense qu’on cherche à nous rabâcher un cliché qui vient d’ailleurs. Les premières féministes européennes étaient traitées d’hystériques, aujourd’hui on leur reproche de trop réfléchir parce que le féminisme est devenu un outil intellectuel admis à l’université. Dans une société où le mariage détermine la valeur de la femme, je ne vois pas comment les Sénégalaises peuvent être anti-hommes. Dans une société où l’éducation sexuelle (même sous l’angle religieux) est taboue, où l’aspect érotique du couple est réservé qu’aux femmes, je ne pense pas qu’elles se connaissent assez pour savoir si elles sont bien ou mal baisées. Les sénégalais.es ont besoin d’une définition spécifique du féminisme pour pouvoir l’adopter. Ce qui est très normal parce qu’il y a autant de féminisme(s) que de pays, il s’adapte selon les besoins et les urgences de chaque société. Si les sénégalais.es ont besoin qu’on leur explique que les féministes sénégalaises ne cherchent pas à copier le modèle occidental, nous devons recommencer à zéro. Il est très souvent dit que les africaines ont toujours été féministes dans la pratique, là où les européennes ont eu une liberté d’expression. Nous avons alors une base sur laquelle il faut ajouter des notions modernes à l’image des réalités de notre époque.
Adama: Il faut savoir que la mentalité populaire sénégalaise place toute l’essence de la femme chez l’homme. Pour elle, femme épanouie est surtout une femme mariée avec des enfants. Toujours si l’on s’y base, lorsqu’une femme est heureuse elle n’a pas besoin de se plaindre et donc de se soucier de questions féministes “importées”. Le travail des féministes sénégalaises contemporaines devra s'intéresser à un processus de déconstruction de toutes ces idées faites. Le féminisme est large et mène plusieurs combats. A nous de contextualiser chacune des revendications, que les problèmes féministes soulevés soient les nôtres, conformes à notre société et exprimés dans un langage qui parle au Sénégalais. Ainsi, je pense qu’au fur et à mesure le large public s’y retrouvera et ces clichés disparaîtront peu à peu. Persévérance !
Un mot sur les violences basées sur le genre?
Maimouna: Les violences basées sur le genre sont de plus en plus dénoncées, la parole se libère avec l’arrivée des médias sociaux et des dispositifs mis en place par des hommes et des femmes pour éradiquer ce fléau. Cependant, il s’agit d’informer et d’éduquer les femmes afin qu’elles connaissent leurs droits juridiques pour leur propre bien-être mais aussi pour leur progéniture. Beaucoup de femmes hésitent à quitter leurs foyers, si oppressées, par faute de moyens. Elles ne savent pas si elles doivent bénéficier de pension ou non. Je suis contente de constater qu’il y a une sensibilisation progressive sur ce domaine parce que les violences physiques et sexuelles des femmes sont une atteinte à leur dignité, leur sécurité et leur autonomie.
Adama: Injustes ! Elles sont récurrentes, que ce soit dans la presse ou à travers les histoires rapportées dans les quartiers. Le travail à faire consiste à faire comprendre les limites du “muugn” et du”sutura” qui retiennent certaines femmes dans les ménages où elles en sont victimes. Les violences ne sont pas que physiques, elles peuvent être orales et tout aussi destructrices. Il faut que chaque femme soit consciente que c’est une offense à sa dignité qui doit être dénoncée, que la peur du “xawi sa sutura” ou du “je n’ai pas les moyens” ne soit pas une entrave à la traduction en justice. Les associations de femmes doivent réfléchir à un appui pour leurs paires, que ce soit en logement, en apprentissage de métier, ou sous forme de soutien social, moral et psychologique.
A votre avis, comment changer le discours, les normes et valeurs, et les réalités patriarcales?
Maimouna: Sensibiliser, communiquer, débattre. Ce sont les mots-clés pour un changement de paradigme social. Une culture n’est pas figée, mais un changement brusque pourrait heurter. Nous avons beaucoup de bonnes valeurs à conserver et à partager avec le reste du monde, ce qui ne devrait pas nous empêcher de nous ouvrir aux autres pour nous enrichir et évoluer dans le temps et l’espace.
Adama: Je dirai aussi qu’il faudra remonter jusqu’aux racines, changer l’éducation. Il est important, avant de dénoncer qu’on puisse comprendre et faire comprendre ce qu’est le patriarcat, ce qu’est le féminisme. Dans les foyers, il faudrait équilibrer les droits des uns et des autres et apprendre les tâches ménagères aux femmes comme aux hommes. Il est aussi important d’omettre ou de reformuler tous les proverbes sexistes du dictionnaire Wolof et d’avoir des interprétations du Coran faites par des femmes averties. Dans les écoles aussi, Il faut avoir des cours via lesquels faire passer des messages d’égalité homme/femme.
Quel est le rôle et la place de l’hégémonie masculine, acceptée et magnifiée par les femmes, et du capitalisme dans cette critique sociale de la société sénégalaise ?
Maimouna: Je dis très souvent que le patriarcat est une machine nourrie par des hommes et des femmes contre toutes les femmes. Ce sont les femmes qui entretiennent le patriarcat de façon consciente et/ou inconsciente pour véhiculer depuis plusieurs générations des pratiques qui portent atteinte à l’intégrité morale et physique des femmes. Même les hommes sénégalais sont victimes de ce système parce qu’ils sont élevés par les mères comme des rois, ne devant participer à aucune tâche domestique, entre autres. Les rares hommes qui participent aux tâches domestiques sont vus comme des peureux ou des « toubabs », d’autres pensent qu’ils « aident » ou font une « faveur » à leur épouse alors que c’est leur foyer à eux deux, leurs enfants à eux deux si progéniture il y a. Cette suprématie masculine est la cause de toutes nos revendications, mais je pense que les hommes sont tout autant prêts à en découdre avec nous pour préserver leurs privilèges.
Adama: Je suis d’accord avec Maimouna. C’est justement ce sur quoi toute cette critique est basée.
Pourquoi, à votre avis, y a t-il un tel tabou à parler de sexe et de plaisir féminin, entre femmes sénégalaises plus jeunes ?
Maimouna: Euuuh, personnellement je ne vois pas qu’il y’a un tabou à parler sexe. J’ai l’impression d’ailleurs qu’on ne parle que de sexualité dans les réseaux sociaux. Les jeunes filles en âge de se marier ont des bons plans pour attiser leur intimité. Si jadis, on préparait sérieusement les filles à affronter le mariage selon les règles de leur ethnie ou de leur famille, aujourd’hui on les outille de « feem » ou astuces pour retenir leur homme. C’est mon impression.
Adama: Tout ce qu’a dit Maimouna, en plus de la peur d’être taxée de “tiaga”, de dévergondée. La peur que les propos tenus soient rapportés aux parents (qui témoignerait d’une vie sexuelle active), le focus sur la chasteté de la femme. Le débat est pensé comme réservé aux femmes mariées.
Comment, à votre avis, la pandémie du coronavirus a-t-elle renforcé les inégalités de genre au Sénégal où vous vivez Adama? Et en France où vous vivez Maimouna?
Maimouna: En France, j’ai remarqué que les secteurs qui n’étaient pas concernés par les arrêts d’activité étaient souvent des lieux où travaillent des femmes. Parmi ces femmes-là, il y a beaucoup de noires ou racisées. Je les ai remarquées dans les grandes surfaces, les deux femmes de charge de mon immeuble n’ont pas été concernées par le confinement et une jeune étudiante d’origine sénégalaise à la station d’essence. Il y a aussi le taux de violence conjugale qui a accru à cause de la promiscuité. Des numéros secours ont été mis à disposition pour dénoncer son conjoint ou même sa voisine en situation de danger. Je n’aurai pas hésité à appeler au besoin parce que rien ne justifie une forme de violence basée sur le genre.
Adama: Déjà les femmes sont très exposées par rapport à cette maladie. Le corps sanitaire est majoritairement composé de femmes (53% de l’effectif global, selon l’audit genre du ministère de la Santé, 2015), elles sont donc au chevet des malades et fragilisées. Dans les ménages, c’est aussi les femmes qui font les courses au marché, s’occupent des tâches domestiques et sont encore fragilisées face à la menace. Un passage d’un article intéressant du Dr Selly Ba nous ramène aux effets de la «féminisation de la pauvreté ". En effet, dans ce récent article, elle analyse le fait que “ Covid-19 peut davantage renforcer la féminisation de la pauvreté qui à son tour peut limiter la participation des femmes au marché du travail et l’inégalité devant l’accès aux ressources et la jouissance de celles-ci”.
A celà s’ajoute les violences domestiques accentuées par la promiscuité de certains ménages où les humeurs ne tiennent plus avec la cohabitation familiale imposée par le couvre-feu.
Quelle est votre routine de bien-être?
Maimouna: Ma première source de bien-être, est de beaucoup communiquer avec mes proches au Sénégal. Le fait d’échanger avec mes parents me fait beaucoup de bien, ils supportent tous mes projets, connaissent toutes mes activités au détail près. Le simple fait de savoir que je peux compter sur eux à mon grand âge me fait beaucoup de bien.
Je suis passionnée d’images et de videos « vintage », j’aime tout ce qui est images, films, musiques rétro ayant trait au Sénégal. Je passe du temps à collecter ces belles archives.
La lecture et l’écriture sont aussi des thérapies pour l’apprenante que je suis. J’essuie mes larmes avec l’écriture, parce que je pleure très souvent quand je suis déprimée par la solitude, la morosité, la routine de la France.
J’aime aussi la mode, je tiens beaucoup à mon style vestimentaire parce que c’est une partie de mon identité. Dès que la météo me le permet, j’enfile mes tenues cousues au Sénégal et qui renvoie à l’Afrique de façon générale. Savoir que je fais des choses pour le Sénégal, au Sénégal, savoir que je m’habille Sénégal, que mes turbans renvoient au Sénégal… Tout cela me procure beaucoup de bien. Je suis une Sénégalaise dans l’âme, après plusieurs années en France, j’ai toujours l’impression de laisser mon âme à Dakar, et qu’elle ne se reconnecte à mon physique que quand je foule le sol dakarois. En gros, ma vie n’a de sens qu’au Sénégal.
Adama: Je n’en ai pas vraiment, je suis une grande “viveuse au jour le jour”. Ma routine du lundi peut différer de celle du mardi et de tous les autres jours de la semaine. Je suis mes envies au réveil, quand bien même je peux dire qu’un bon sommeil réparateur, une bonne douche chaude, une mise impeccable me font me sentir la plus heureuse !
Mes petits plaisirs tournent autour de la lecture, des photos, de la mode, des conversations avec mes proches.
Dr. Rama Salla Dieng est écrivaine, universitaire et activiste sénégalaise, actuellement maîtresse de conférence au Centre d'études africaines de l'Université d'Édimbourg, Ecosse.
Cette interview fait partie de la série d’entretiens sur les féminismes en Afrique: Talking Back, éditée par Rama Salla Dieng sur Africa Is A Country. Il sera publié en anglais sous peu. Rama est aussi la co-éditrice de Feminist Parenting: Perspectives from Africa and beyond avec Andrea-O’Reilly, ouvrage collectif qui a reçu les contributions de parents feministes du monde entier.
ROKIA TRAORÉ ROMPT SON CONTRÔLE JUDICIAIRE
La chanteuse franco-malienne a rejoint le Mali en violation d'une interdiction émise par la justice française, qui devait la remettre à la Belgique dans le cadre d'une procédure liée à la garde de sa fille
La chanteuse franco-malienne Rokia Traoré a rejoint le Mali en violation d'une interdiction émise par la justice française, qui devait la remettre à la Belgique dans le cadre d'une procédure liée à la garde de sa fille, a indiqué dimanche son avocat. "C'est une mère aux abois qui a peur qu'on lui arrache son enfant, c'est pour ça qu'elle est partie au Mali, où elle habite", a expliqué à l'AFP Kenneth Feliho."De retour au Mali. La quête de justice continue", indiquait déjà la chanteuse dans un message en anglais posté mardi sur son compte Facebook et repéré dimanche par le quotidien français Le Parisien.
Dans un post daté de vendredi, elle assurait ne pas être "une terroriste".La cour d'appel de Paris avait approuvé la remise de Mme Traoré à la Belgique fin mars, en vertu d'un mandat d'arrêt européen dans le cadre du litige qui l'oppose au père de sa fille. En attendant cette remise, elle avait d'abord été écrouée, avant d'être libérée sous contrôle judiciaire avec interdiction de quitter la France. Le mandat d'arrêt qui la vise pour "enlèvement, séquestration et prise d'otage" a été émis par un juge d'instruction de Bruxelles et découle du non-respect d'un jugement rendu fin juin 2019 et exigeant la remise de sa fille de 5 ans à son père belge, dont Rokia Traoré est séparée. La chanteuse, qui affirme dans son message avoir quitté la France par un vol privé, conteste la décision de la justice belge de confier la garde exclusive de l'enfant à son père.
Selon son avocat, une décision de la justice malienne a accordé à la chanteuse la garde de sa fille. Le mandat d'arrêt émis par la Belgique entraîne l'inscription de Rokia Traoré au fichier des personnes recherchées mais elle a quitté le pays de façon régulière depuis l'aéroport du Bourget (nord de Paris), a rapporté une source policière française. Selon une source judiciaire, le parquet général de la cour d'appel de Paris est en attente d'éléments pouvant attester que Mme Traoré n'a pas respecté son contrôle judiciaire. Si cela est avéré, il requerra sa révocation auprès de la chambre de l'instruction, qui pourra ordonner un mandat d'arrêt contre Mme Traoré.
Rokia Traoré, chanteuse et guitariste, est aussi connue pour son engagement en faveur des réfugiés et pour avoir été nommée en 2016 ambassadrice de bonne volonté par le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).
LA CHRONIQUE HEBDO DE PAAP SEEN
SOLEIL ET RAYONS DE MAGUETTE
EXCLUSIF SENEPLUS - L’avant-garde, de toutes les élites dirigeantes, depuis les indépendances, est composée d’hommes - Si la gouvernance ne marche pas, c’est aussi parce que peu de femmes ont des rôles de direction dans notre pays
Y avait-il quelque chose à attendre ? Non, pas vraiment. Un peu de curiosité peut-être. Tout avait déjà fuité dans les médias. Mais faut-il que je sois aussi borné et impeccablement naïf pour attendre du chef de l’Etat un sens de l’alternative. Cette période d’incertitudes et de crise ne va pas aboutir à un vrai changement de cap. J’en suis maintenant persuadé. Dans notre pays, c’est sûr, le paradigme va demeurer. Nous n’avons pas à la tête de notre nation, un leadership fort et vraiment porteur de génie créatif. Capable de soutenir un idéal progressiste et de puissantes dynamiques de changements. Le président de la République ne veut pas briser les faux équilibres. En est-il simplement incapable ? Ou n'a-t-il pas l'intention de l'assumer, en définitive ?
Ce lundi 11 mai 2020, le chef de l’Etat a jeté un trouble, en faisant une volte-face et un revirement dans sa stratégie de lutte contre le Covid-19. Certains ont parlé d’ajustements, nécessaires, pour ne pas exacerber les frustrations. Certes, il y a des contradictions intenables pour tous les dirigeants du monde. Actuellement en « guerre » contre le coronavirus. Il faut arbitrer entre les intérêts sanitaires, économiques, sociaux. Évidemment, il faut écouter. Car l’opinion publique à son mot à dire. Mais il n’y a aucune cohérence entre les mesures prises et la situation sanitaire qui prédomine actuellement. Le président de la République a pris un verdict dilatoire. Les hôpitaux sont surchargés. La maladie gagne du terrain et l’on s’achemine inévitablement vers le pic de la pandémie au Sénégal. Visiblement, sans possibilité de résorber la courbe.
Macky Sall a décidé de laisser tanguer le navire. Dangereusement. Il ne l’a pas quitté, puisqu’il reste le commandant en chef. Avec toutes les prérogatives d’un chef d’Etat dans un régime présidentiel. Et tous les pouvoirs conférés par l’article 77 de la Constitution, en ce moment. C’est-à-dire dire qu’il exerce le pouvoir sans le consentement de l'Assemblée nationale. Ni de qui que ce soit d’ailleurs. Il est monarque. Mais un monarque, qui partage ses compétences avec d’autres seigneurs et qui le sait, et qui en profite peut-être. Sauf qu’à trop laisser de la place, à négocier et à ruser pour des ambitions personnelles et des combinaisons politiques, on finit par renier les principes qui fondent la souveraineté populaire et la République.
Faut-il vivre avec la maladie ? La question mérite d’être débattue. Tout simplement parce que personne ne sait si l’on trouvera, très prochainement, des solutions pour éradiquer le Covid-19. Aussi, parce que la peur ne doit pas l’emporter. Dans nos pays africains où très peu de moyens sont mis dans la recherche et le développement, où nous serons encore à la remorque, en regardant les autres mener une course au vaccin, nous ne pouvons pas rester indéfiniment les mains croisées. Les petites gens doivent survivre. C’est parfois la seule dignité qui leur reste. L’économie, surtout informelle ici, ne peut pas rester confinée en attendant une hypothétique réponse des pouvoirs publics. Il y avait certainement des aménagements à faire. Tout cela est vrai. Par contre, il y a beaucoup de choses réfutables, dont le fondement ne répond ni à la raison, ni à la science. Ni même à la spiritualité. En décidant de rouvrir les lieux de culte, le président de la République a abdiqué face à certaines pressions religieuses. Et peut-être a-t-il trouvé un moyen inespéré de desserrer l’étau économique. De ne prendre aucun risque. D’utiliser des circonstances favorables à ses seuls desseins politiques. Quoi qu’il en soit, cela en dit long sur la marche de notre pays. Qui fatalement va vers l’instabilité de ses institutions politiques. L’Etat ne peut pas continuer à instrumentaliser « la paix sociale » pour éviter de prendre des décisions courageuses. Sans s’en trouver diminué.
Les affaires publiques sont complexes. C’est pourquoi les femmes et les hommes en charge de les mener sont dotés d’un pouvoir discrétionnaire. Un levier pour renforcer l’autorité des représentants du peuple. En optant pour la solution de la demi-mesure, le président de la République ne change pas seulement de ton et de direction dans la lutte contre le Covid-19. Il affaiblit le pouvoir de l’Etat. Il fait preuve de passivité. Il laisse torpiller l’armature des institutions politiques par des groupes de pression. Il démissionne. La prééminence de la République s’en trouve interrogée. Les cellules religieuses sont-elles, réellement, plus importantes et solides que l’Etat et ses représentants ? Le contrat social peut évidemment laisser une large place à la coutume, et instituer des relations cordiales. Mais il ne lui délègue pas des responsabilités et un droit de regard sur les politiques publiques. Au risque de dégrader sa confiance auprès des citoyens. Et d’aller vers toujours plus de compromissions. Vers la remise en cause de l’hégémonie politique de ceux qui ont été élus au suffrage universel. L’Etat a une vocation : celle de garantir la justice et le bien-être. Quelles qu’en soient les conséquences. Nous n’avancerons pas, si nous ne nous mettons pas d’accord sur les termes de notre contrat social. Sur la vraie nature des rapports entre le religieux et le politique. Il y va de l’avenir de notre nation.
Ouvrir l’avenir. L’Etat s’est débiné. Mais ce n’est pas la décision de rouvrir les lieux de culte seulement qui pose problème. Le retour des élèves, en classe d’examen, à partir du 02 juin, est difficilement compréhensible. Les garanties du ministre de l’Education nationale ne tiennent pas devant l’âpreté de la réalité. Les disparités entre les régions sont importantes. Certaines règles d’hygiène et de distanciation sociale seront difficilement respectées dans beaucoup de localités. Pourtant l’Etat tient à expédier l’année scolaire en cours. Pour quelles raisons ? Pourquoi faire fi du principe de précaution ? De l'impératif sanitaire et des inégalités ? Il n’y a aucune nécessité de précipiter la réouverture des classes. Ce sera encore désastreux au niveau des résultats scolaires. Cela va encore dévaluer la valeur intellectuelle de l'apprenant sénégalais. Mais certains veillent. Heureusement. Il en est du collectif des gouvernements scolaires. À la tête de celui-ci, une jeune fille. Active. La tête couverte d’énergie, de courage. D’aphorismes. Maguette Ba est l’une des lueurs d’espoir de cette nation qui ne sait plus où elle va vraiment.
Écoutons-la plutôt. « Sacrifier un élève, c’est sacrifier une famille ; sacrifier une famille, c’est sacrifier un quartier ; sacrifier un quartier, c’est sacrifier une ville, et sacrifier une ville, c’est sacrifier une nation », a-t-elle martelé. Maguette est déjà impressionnante, malgré son apparence frêle, de conscience intellectuelle et politique. Elle a 18 ans. Elle habite à Keur Massar-Village. Localité qu’elle quitte tous les jours, à 06 heures du matin, pour aller au lycée Seydina Limamoulaye de Guédiawaye. Elle y passe son baccalauréat, S2. Elle rentre tard le soir, à 22 heures. Des rêves pleins la tête. Plus tard, elle souhaite travailler dans l’intelligence artificielle. Elle veut aussi « protéger l’environnement et participer au bien-être de la planète ». S’occuper de sa communauté. En ces temps de doute et de crise, c’est une vraie bouffée d’espoir et de fraîcheur. Une surprise. Maguette est déjà brillante et passionnée. Comment entretenir son talent, pour qu’elle ne soit pas éclipsée dans quelques temps. En montant les étages de la vie associative, sociale et politique ? Cela appelle une question. L’avenir de notre pays peut-il se faire sans le retour du leadership féminin ? Non. Et, il n’y a absolument rien d’inédit en cela. L’on assisterait tout simplement au retour d’un héritage positif. Aujourd’hui, force est de constater une discrétion des femmes dans la sphère publique et les grands centres de décision.
Notre modèle social et politique, actuel, a presque rendu invisible le patrimoine politique des femmes. Or, elles participaient pleinement à la pratique du gouvernement dans nos sociétés matriarcales. Comme le précisait Cheikh Anta Diop, dans « Les fondements économiques et culturels d’un État fédéral d’Afrique Noire ». « De l’étude de notre passé, nous pouvons tirer une leçon de gouvernement. Le régime matriarcal aidant, nos ancêtres, antérieurement à toute influence étrangère, avaient fait à la femme une place de choix. Ils voyaient en elle, non la courtisane, mais la mère de famille. […] Aussi, les femmes participaient-elles à la direction des affaires publiques dans le cadre d'une assemblée féminine, siégeant à part, mais jouissant de prérogatives analogues à celles des hommes. » Nos sociétés avaient ainsi mis en exergue un bicaméralisme, reposant sur l’égalité des sexes.
L’avant-garde, de toutes les élites dirigeantes, depuis les indépendances, est composée d’hommes. Et nous sommes encore englués dans l’impasse. Cela doit pousser à la remise en question de ce modèle. À l'invention d'un nouveau paradigme élitaire. Si la gouvernance ne marche pas, c’est aussi parce que peu de femmes ont des rôles de direction et d’influence dans notre pays. La maigre consolation de la loi sur la parité, et les quelques ministres dans les gouvernements ne doivent pas faire oublier que ce sont les hommes, en grande majorité, qui tiennent le gouvernail. Et, de fait, leurs orientations présentent des lacunes. Puisque l'horizon reste encore bouché. Puisque nous n’entrevoyons pas le bout du tunnel. Après 60 ans d’indépendance. La construction de la nation sénégalaise ne s’est pas faite avec « la moitié du ciel ». Ce qui est une hérésie. Le gouvernement des hommes, sans les femmes, est celui de l’âge archaïque. Celui de la colonisation. De l’absolutisme. D’une catégorisation sociale. Il favorise un amenuisement des valeurs démocratiques et un effacement des intérêts de la gent féminine. C’est un recul civilisationnel.
Il faut donc un retour aux sources. Les femmes doivent gérer. Co-gérer avec les hommes. Dans une relation de coopération redéfinie. Qui consacre la primauté de l’intelligence collective. Pour un épanouissement ordonné et juste de l’ensemble du corps social. Si notre nation veut constituer une vraie force motrice pour, dans l’avenir, affronter les problèmes du monde, cette direction sera celle de son destin. Non seulement ce sera une évolution de portée universelle mais aussi un élan d’humanité. Un pacte sur l’égalité des droits. Cette proposition ne va pas agréer les milieux conservateurs. Qui ne peuvent pas supporter le partage de pouvoir. Qui ne sont solidaires que dans leurs intérêts égocentrés. Qui ne voudront pas comprendre une nouvelle répartition politique et sociale, intégrant positivement les femmes. En associées majoritaires. C’est pourquoi, il faudra une vraie conspiration de la jeunesse. Pour nous sortir de la léthargie. Comme beaucoup de jeunes filles de son âge, Maguette est un soleil. Il reste maintenant à faire éclater ses rayons. Pour qu’ils ne restent pas seulement des lueurs de l’aube. Mais des zéniths toujours incandescents, accompagnant la marche de notre pays. C’est un enjeu de civilisation. Un investissement d’avenir. Une exigence civique et morale. Ce sera la voie de notre émancipation collective.
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