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5 avril 2025
Femmes
PAR ADAMA NDIAYE
HOMMAGE A MAGUETTE GUISSE
Il faut aller au service le matin pour la voir aux côtés de ses collaborateurs dans une posture debout, avec une rare élégance, se confondant dans la masse, accomplir un travail avec dignité et célérité
Sans vous consulter, encore moins vous demander votre avis, j’ai pris sur moi la responsabilité de vous rendre un hommage déférent, à la mesure de votre dévouement et de votre constance dans l’exécution de la difficile et noble mission, mais combien ingrate que les Autorités de votre Département ont bien voulu vous confier.
Vous accomplissez avec panache et dextérité votre travail, avec un sens élevé de patriotisme et d’abnégation.
Au delà de votre modeste personne, c’est la Femme Sénégalaise qui se trouve honorée, prouvant à souhait que la Femme a bel et bien sa place au même titre que l’Homme dans l’édification et la consolidation d’un Etat qui, fort opportunément, a adopté le principe de la parité.
Monsieur Adama NDIAYE
Conseiller Juridique
Professeur de Droit Bancaire
Spécialiste en contentieux et Recouvrement de Créances
Dans des conditions particulièrement difficiles, avec souvent les moyens du bord, vous arrivez admirablement à prouver au quotidien que le culte de l’excellence et du travail bien fait nous donnent quelques fois des plaisirs incommensurables que rien ne peut remplacer.
Il faut aller au service le matin pour la voir aux côtés de ses collaborateurs dans une posture debout, avec une rare élégance, se confondant dans la masse, accomplir un travail avec dignité et célérité. Avec un trait de caractère alliant à la fois la rigueur et l’esprit d’ouverture, elle me renvoie l’image de la Grande Royale de Cheikh Hamidou KANE dans « L’aventure ambiguë », de cette icône « avec des mains de fer enveloppées dans des gants de velours ». C’est fort justement de ces compétences et de ces plus-values positives dont notre pays a besoin.
A ces femmes et Hommes compétents, dévoués à l’exécution de la mission de service public avec ses pesanteurs et ses contraintes, mais aussi et surtout eu égard aux difficiles conditions de travail de tous les agents et cadres au service des mines, je rends un hommage particulier et solennel.
Vous méritez les hommages de la Nation et que vivement les autorités etatiques vous portent au pinacle du processus décisionnel.
A monsieur le ministre de tutelle, Me Oumar Youm, je réitère mes félicitations pour le travail remarquable qu’il est en train de faire depuis son arrivée à la tête de ce « Département de feu ».
Que Dieu guide vos pas dans la réussite de la mission qui vous est confié.
LE BEN DU SYNPICS ''EXIGE LA MISE A L’ARRET DE LA MACHINE DE L’INTIMIDATION...''
Après le cas de la Dame Fatou Ly épouse Croquette, «brutalement et abusivement licenciée pour avoir éternué au bureau en plein période de Covid», c’est au tour de Dié Maty Fall d’être victime d’«intimidation» de la part de Yakham Mbaye
Après le cas de la Dame Fatou Ly épouse Croquette, «brutalement et abusivement licenciée pour avoir éternué au bureau en plein période de Covid», c’est au tour de Dié Maty Fall, journaliste au quotidien national «Le Soleil», d’être victime d’«intimidation» de la part du directeur général de l’astre de Hann, Yakham Mbaye. Le Bureau exécutif national (Ben) du Synpics «exige la mise à l’arrêt» de cette «machine de l’intimidation mise en branle avec une demande d’explication aux motifs honteux…»
Les abus sur des femmes dans les médias inquiètent le Syndicat des professionnels de l’information et de la communication du Sénégal (Synpics). Dans une déclaration publique, le Bureau exécutif national (Ben) du Synpics «exige la mise à l’arrêt de la machine de l’intimidation mise en branle avec une demande d’explication aux motifs honteux, puis une mise au placard consistant à traiter des communiqués».
Cela fait suite à une «intimidation» surla journaliste Dié Maty Fall au quotidien national «Le Soleil». «Après l’épisode de la Dame Fatou Ly épouse Croquette, brutalement et abusivement licenciée pour avoir éternué au bureau en plein période de Covid et refusé d’être ostracisée, nous apprenons que la journaliste, doyenne dans la profession, Dié Maty Fall est dans le collimateur du directeur général du Soleil qui lui en fait voir de toutes les couleurs. Dié Maty Fall, journaliste sénior avec près de trente ans de service, est depuis quelques jours la cible privilégiée du ‘’commandement’’ du Soleil qui lui refuse même d’invoquer sa clause de conscience et veut l’obliger à traiter de sujets politiques, alors qu’il est de notoriété publique qu’elle est membre du Bureau Politique du Parti Socialiste Sénégalais», a fait savoir le Synpics dans sont document daté d’- hier, jeudi 3 septembre.
Le comble, relève le syndicat, c’est que «malgré ses protestations d’ordre éthique, la dame est aujourd’hui victime d’un harcèlement qui répond simplement à la technique du management par la terreur. Son seul tort, ne pas avoir sa langue dans sa poche et surtout refusant systématiquement d’être piétinée par un autoritarisme croissant au Soleil où le Directeur Général se mêle ostensiblement de questions relevant du Rédactionnel alors qu’il n’est pas plus journaliste que le dernier sortant du CESTI (Centre d’études des sciences et techniques de l’information)». Ce qui laisse dire au Synpics : «pour une journaliste de sa trempe, s’obliger à traiter des communiqués de presse, qui plus est, obsolètes et dépassés, c’est le comble de l’humiliation».
Le Ben du Synpics dit prendre à témoin «l’opinion qu’au delà des questions de droits du travail, il est inacceptable de laisser des pratiques dictatoriales avoir cours et pour victime des femmes dont le professionnalisme et l’honnêteté intellectuelle n’est plus à démontrer». Pour rappel, avant le cas de Dié Mati Fall, Mesdames Yaye Fatou Ndiaye et Fatou Diop, ont été «illégalement licenciées pour avoir osé porter plainte contre le directeur de l’APS (Agence de presse sénégalaise) pour violence et voies de faits». Le Bureau exécutif national du Synpics note avec «effroi une vendetta en cours dans deux des médias publics sénégalais, le Soleil et l’APS, ciblant exclusivement des femmes, victimes faciles de prédation et d’abus de pouvoir sur fond de sexisme mal placé».
LE SHINE TO LEAD TALK
CULTURE ET IDENTITÉ
Discussion avec Angèle Diabang, productrice/réalisatrice, Mbougar Sarr, romancier d'expression française et plusieurs jeunes filles sélectionnées dans le cadre du programme de cours de vacances en ligne
Talk inspirant le 29 août dernier sur le thème « culture et identité » avec Angèle Diabang, productrice/réalisatrice et CEO de Karoninka, Mbougar Sarr, Romancier d'expression française et plusieurs jeunes filles sélectionnées dans le cadre de notre grand programme de cours de vacances en ligne.
Les échanges sont modérés par Seynabou Dia, Co-fondatrice de l'initiative AAC55.
LES FEMMES DE MEDINA GOUNASS AU FOND DES PUITS DE MISÈRE
Dans la ville qui côtoie Medinatul Huda, l’accès à l’eau potable est assimilable à l’exploration du pétrole dans les profondeurs offshore. Les femmes de la localité souffrent quotidiennement le martyre
A Medina Gounass, ville sainte qui côtoie Medinatul Huda, l’accès à l’eau potable y est assimilable à l’exploration du pétrole dans les profondeurs offshore, tellement c’est éprouvant pour les femmes de la localité. Du fait d’un système hydraulique défaillant et des robinets archaïques, les populations de cette ville, notamment la gent féminine, sont rongées par un calvaire quotidien autour des puits de misère. Le «Témoin» est allé à la rencontre de ces braves femmes qui souffrent le martyr. Reportage…
Medina Gounass est célèbre par sa retraite spirituelle, la fameuse «dakka» annuelle. Elle est également connue pour être le fief de Thierno Amadou Balndé, surnommé khalife du Fouladou. Par ailleurs, une destination très fréquente du chef de l’Etat, Macky Sall, depuis l’aube de sa conquête du pouvoir. Devenu président, il continue de sacrifier au même rituel aux côtés de ses guides dans des tentes et bâches où jaillit la lumière. Prières et sermons en abondance. Mais derrière ce décor toujours projeté sur les écrans, on perçoit les longs sanglots des femmes rongées par la soif et la fatigue avec la recherche du liquide précieux. La ville de Medina Gounass fait face à un criard problème d’accès à l’eau potable. Une situation qui a fini de plonger les femmes de cette localité dans le désarroi.
Femme au foyer, la quarantaine révolue, Ramatoulaye Diao s’est arrachée de son lit conjugal dès l’aube dans l’espoir d’être la première dans la concession où se trouve l’unique puits du voisinage. D’autres, plus matinales, avaient déjà envahi les lieux. Le sceau vide coincé à l’aisselle, Ramatoulaye s’est résignée à faire la queue. Dans l’unique puits de ce voisinage, il faut faire la queue pour avoir de quoi gérer un quotidien déjà très éprouvant pour ces braves femmes. «Bien que j’ai dormi d’un seul œil avec l’espoir de me réveiller très tôt, plusieurs femmes m’ont précédée. Et cela ne me surprend guère parce que ce puits est très sollicité. Dans tout le coin, il est le seul où on peut trouver de l’eau. Normal donc que toutes les femmes du voisinage se ruent ici dès les premières heures de la matinée pour leurs besoins quotidiens », raconte- t-elle, debout au milieu d’un parterre de sceaux jetés à terre. Un coup d’œil dans le trou en profondeur, on aperçoit une longue corde attachée sur le bout d’une bouteille de 20 litres remplie d’eau et colmatée pour l’extraire de la nappe phréatique. Un procédé artisanal qui relève d’un véritable supplice pour ces femmes, tellement la manœuvre requiert des efforts soutenus.
Déployant toutes leurs forces physiques, deux dames, en action autour du puits, tirent difficilement la longue corde. Au bout d’une minute, surgit la grande bouteille. Un long souffle, expression de la fatigue de ces femmes, est envoyé en l’air. Aissatou Ba, le foulard courageusement noué sur les reins, hurle presque sa douleur sortie de ses entrailles : « C’est vraiment pénible ! Notre vie est réduite à cette souffrance à laquelle vous assistez. En tant que femmes, il nous est très difficile de puiser dans ces conditions. D’ailleurs, une seule d’entre nous ne peut ressortir cette lourde bouteille des profondeurs du puits. Nous sommes obligées de manœuvrer à deux. Ensuite, on se partage le liquide de façon équitable ». Mariée et vivant dans un grand foyer, celle avec qui elle partageait les tâches, chiffre ses besoins journaliers à 10 rotations équivalant au contenu de dix bassines. «Que cela soit pour la vaisselle, le linge, la douche ou la cuisine, c’est notre peine quotidienne. Je m’approvisionne avec dix bassines d’eau et dans la journée, je suis obligée de revenir deux fois » explique-t-elle avant de verser brusquement l’eau dans la bassine.
« L’eau se trouve à 26 mètres de profondeur »
De l’avis du maitre des lieux, le puits a une profondeur de 26 mètres. « Il est à l’image des quelques rares sources où on peut trouver de l’eau dans Medinatul Huda. D’ailleurs, dans un passé récent, ce fut un puits abandonné. Mais avec le manque criard d’eau auquel nous sommes confrontés, j’avais décidé de le réaménager pour le bien de toute la communauté. Et depuis lors, ma maison ne désemplit pas. Je suis devenu l’homme le plus visité du quartier à cause d’un simple puits», témoigne Hama Seydi, venu saluer les femmes qui avaient envahi sa concession tôt le matin. Dans un autre coin de la ville, règne la même ambiance et le même décor. Mais ici, la scène heurte l’entendement. Aux abords d’un bâtiment en construction, un groupe de jeunes filles se disputent des positions selon leur arrivée. L’espace, aux yeux de ces populations qui peinent à trouver le liquide précieux, constitue un miracle. En effet, c’est dans une fosse en cours d’aménagement qu’a surgi l’eau. Une sorte de liquide noirâtre. L’endroit est bondé de monde. L’enthousiasme se lit sur tous les visages. «C’est un beau jour ! C’est alors que des ouvriers creusaient pour l’aménagement d’une fosse septique, que l’eau a jailli de ce trou. Depuis lors, l’endroit est transformé en source malgré que l’eau soit de très mauvaise qualité. Nous n’arrivons toujours pas à trouver une explication à ce phénomène dans la mesure où les puits de la localité sont quasiment secs. Comment se fait- il que ce soit dans ce bâtiment en construction que surgit soudainement cette eau en grande quantité ? Peut-être aussi que ce sont nos prières de toutes ces années qui se voient aujourd’hui exaucées par Allah, le Tout- Puissant », relate en toute conviction le propriétaire des lieux tandis que des gamines, surexcitées, pataugent dans la boue, fruit du contact de l’eau et du sable de la maison en construction.
Les robinets, l’autre casse-tête dans la ville sainte
Seydou Kandé est un patriarche. Replié dans un coin de sa demeure, égrenant les perles de son chapelet, il reçoit avec sollicitude. A l’entrée de son domicile, un trou circulaire est visible sur le sol. Les installations souterraines d’un robinet sautent aux yeux. A l’intérieur de l’endroit, une bassine est soigneusement posée. Sa propriétaire attendant qu’elle soit remplie. Selon le chef de famille, il s’agit là d’un procédé mijoté par les habitants pour pallier à la défaillance du système hydraulique. « Avec les installations de base, nous avons souffert en étant obligés de patienter pendant des heures juste pour voir se remplir un sceau à partir de nos robinets. C’est par la suite que nous avons eu l’idée d’anticiper le trajet de l’eau en creusant un trou sur l’installation du tuyau. De ce fait, même si nous avons conscience d’agir dans la clandestinité, en revanche, la longue attente avec nos robinets au débit lent est allégée. C’est un mal nécessaire. Car si vraiment les autorités étaient préoccupées par cette situation, elles allaient résoudre définitivement notre problème d’accès à l’eau », alerte t- il. Dans les parages, le ton est beaucoup plus élevé face à la pénurie d’eau qui sévit dans la ville sainte.
Encerclant l’espace, tout autour des récipients posés à terre, une dame fait d’incessants va- etvient entre le robinet et sa cuisine. « Cela fait une demie heure que je patiente pour remplir ce petit sceau. Je risque encore de présenter tardivement le repas à ma famille et de faire face aux remontrances de mon époux déjà aux champs. C’est pourquoi je dis souvent que nous, les femmes, souffrons de ce manque d’eau dans la localité. Car les tâches ménagères ne peuvent se passer d’eau. Il faut que ça cesse ! » rouspète-t-elle. Ce casse- tête du débit lent des robinets de Gounass a fini de mettre Mamadou, un autre chef de famille, dans tous ses états. «Voilà que depuis 6 ans, l’eau coule à peine de nos robinets. C’est une situation inadmissible à l’heure où l’on parle du Sénégal émergent. Peut-être que nous, nous sommes laissés à nous-mêmes dans ce pays. Seules les prières de nos guides religieux semblent intéresser les gouvernants du pays. Hormis cela, notre existence est le cadet de leurs soucis. Surtout que nous sommes dans une zone reculée et loin de la capitale. De ce fait, personne ne parle de nos difficultés quotidiennes», fustige le vieil homme tout noir de colère et déversant sa rancœur sur les autorités en charge de l’hydraulique. En attendant, à Gounass, la population broie du noir et attend que cette vieille doléance pour l’accès à l’eau soit résolue.
ADJI BOUSSO DIENG
Elle sera la première femme noire à intégrer la prestigieuse école d’ingénierie et de sciences appliquées de l’Université de Princeton dans l’Etat du New Jersey, aux Etats-Unis.
Adji Bousso Dieng sera la première femme noire à intégrer la prestigieuse école d’ingénierie et de sciences appliquées de l’Université de Princeton (Princeton School of Engineering), dans l’Etat du New Jersey, aux Etats-Unis.
Selon le site de Forbes, visité par Emedia.sn, cette chercheuse sénégalaise a contribué au domaine de la Modélisation générative et est sur le point de devenir l’une des premières femmes noires professeur en informatique de l’Ivy League (groupe de huit universités privées du Nord-Est des États-Unis. Elles sont parmi les universités les plus anciennes), mais elle aide également les Africains en STEM (Science, Technologie, Engineering et Mathématiques) à raconter leur propre succès.
Adji Bousso Dieng, spécialisée en Intelligence artificielle, est actuellement chercheuse chez Google, travaille dans un domaine de l’intelligence artificielle appelé Modélisation générative. « Cela vous permet d’apprendre à partir des données sans avoir besoin de supervision », a-t-elle déclaré. « Les modèles génératifs ont de nombreuses applications dans le monde réel en ce qui concerne le traitement du langage naturel, la vision par ordinateur, les soins de santé, la robotique et dans une gamme de sciences », explique-t-elle.
En plus de cela, elle a lancé The Africa I Know (TAIK), une plate-forme qui présente les Africains qui ont eu des carrières réussies, afin de souligner comment les Africains tirent parti de la technologie pour résoudre les problèmes de développement - dans l’agriculture, la santé et l’éducation - et de raconter l’histoire de l’Afrique par les Africains.
« J’ai fondé TAIK pour dénicher les réussites de l’Afrique et de ses habitants et pour favoriser une conscience économique et sociale en Afrique », argumente-t-elle, ajoutant que les volontaires de TAIK sont un groupe de jeunes Africains enthousiastes, venant de toutes les régions du continent, proposant un contenu en anglais et en français.
La crise du COVID-19 a accéléré ses plans de lancement de sa plate-forme, parce que plusieurs pays africains ont adopté la technologie pour lutter contre le virus COVID-19, et avec succès, mais cela a été négligé dans les médias, estime-t-elle, dans les colonnes de Forbes.
Pour elle, « les réussites ne sont pas racontées : la majorité des gens ne savent pas grand-chose de l’Afrique et ont une vision négative du continent étant donné la façon dont il est décrit dans les médias ». De l’avis de notre brillante compatriote, la conséquence de ce biais, est que « cette vision négative de l’Afrique a des répercussions importantes sur l’Afrique et ses populations. »
Née à Kaolack, où elle a également grandi, Adji Bousso Dieng a pu bénéficier du système scolaire public dans sa région natale, car sa mère, même n’ayant pas terminé ses études au-delà du lycée, comprenait la valeur de l’éducation.
Après avoir remporté un concours organisé pour les filles africaines en STEM par la Fondation Pathfinder pour l’éducation et le développement, Adji Bousso a reçu une bourse pour étudier à l’étranger. Elle a poursuivi ses études en France et a obtenu un diplôme d’ingénieur de Telecom ParisTech en France et un Master en Statistique de l’Université Cornell, aux États-Unis.
Pour elle, il est très important d’avoir une représentation féminine noire dans le monde universitaire. « Je n’ai jamais eu de conférencier noir depuis que j’ai quitté le Sénégal, et encore moins une conférencière noire. J’ai appris à ne pas laisser cela me démotiver dans ma quête de connaissances... »
Inspirée par le théorème de statistique de Rao-Blackwell, alors qu’elle était étudiante en première année de doctorat à l’Université de Columbia, Adji Bousso Dieng se rappelle combien elle était excitée de découvrir que l’auteur dudit théorème était un Afro-américain, le premier à obtenir un poste à l’UC Berkeley et le premier à être intronisé à l’Académie nationale des sciences des États-Unis. « J’ai recherché qui étaient les auteurs du théorème et j’étais au-delà de l’extase en apprenant que (David) Blackwell était noir ! J’avais finalement trouvé un scientifique noir derrière l’un de ces théorèmes ! », s’extasie-t-elle.
« Il est important d’avoir des modèles, des modèles qui vous ressemblent et la représentation compte, car cela donne l’espoir et le courage de poursuivre ses efforts. C’est l’une des raisons pour lesquelles j’ai créé TAIK, pour donner aux jeunes Africains des modèles de réussite qu’ils peuvent admirer. »
par Aminata Libain Mbengue
CRIMINALISER LE VIOL ET LA PÉDOPHILE NE SUFFIT PAS
EXCLUSIF SENEPLUS - Il est inconcevable que des femmes, qui veulent partir d’un foyer toxique, soient bloquées avec leurs bourreaux parce que des hébergements alternatifs n’existent pas. La justice ne guérit pas les traumatismes subis
Depuis janvier 2020, le viol et la pédophilie sont devenus des crimes au Sénégal, cela veut dire qu’ils sont enfin reconnus pour ce qu’ils ont toujours été : des meurtres psychiques. Mais cette criminalisation du viol et de la pédophilie ne suffit pas !
Ouvrir des lieux de prise en charge pour les victimes est aussi crucial que la reconnaissance de la gravité de ces actes. Subir des violences sexuelles, à n’importe quel âge, fait voler en éclats notre intégrité. Se reconstruire est une étape nécessaire.
Nous ne connaitrons peut-être jamais l’ampleur des violences sexuelles, mais nous sommes entourés de victimes. Il nous faut des lieux de prise en charge pour soigner les victimes de violences sexuelles, c’est une urgence absolue.
La justice ne guérit pas les traumatismes subis. Si la loi permet de qualifier, de nommer les faits, elle ne prend pas en compte la réalité des victimes dans un environnement social marqué par une « culture du viol »[1]. Ces idées reçues entretiennent une « confusion ». Le viol, ce n’est pas de la sexualité, c’est une effraction dans le corps et l’esprit de l’autre. Le viol n’est pas un « trop plein de pulsions incontrôlables », c’est une domination, une possession du corps des femmes. Et à cause de toutes les pesanteurs patriarcales, la majorité des victimes de violences sexuelles ne vont pas s’engager dans une démarche judiciaire bien souvent très re-traumatisante.
Combien y a-t-il de victimes de violences sexuelles silencieuses ? Parce qu’une parole libérée s’accompagne toujours de représailles. Combien pensent que ce qu’elles ont subi est un fait isolé ? Combien de victimes de violences conjugales continuent de subir parce que ces actes sont banalisés, parce qu’elles sont sous une emprise psychologique et/ou une dépendance économique ?
Il est inconcevable que des femmes, qui veulent partir d’un foyer toxique, soient bloquées avec leurs bourreaux parce que des hébergements alternatifs n’existent pas. Même si toutes les victimes ne vont pas porter plainte, toutes ont besoin de soins. Le Sénégal doit disposer de centres d’accueils et d’hébergements où les victimes peuvent recevoir des soins médicaux, psychologiques afin de se reconstruire.
Comme partout, les violences envers les femmes ont augmenté pendant cette pandémie du Covid-19. Les associations de défense des droits des femmes ont toutes reçu plus d’appels et de demandes que d’habitude. Ces associations font un travail remarquable sur le terrain, elles font face à la détresse des femmes tous les jours, mais elles se sentent démunies et abandonnées. C’est une responsabilité de l’Etat de prendre soin des victimes car les répercussions de ces violences sur la vie sont considérables.
Les troubles post-traumatiques qui en découlent détériorent la santé mentale et physique sur de longues années. Une prise en charge précoce améliore la qualité de vie des femmes. Ces soins spécifiques réduisent les conduites dissociantes : les conduites à risques, les épisodes dépressifs ou anxieux, les troubles addictifs, les troubles alimentaires…
Il faut aux victimes, un lieu pour se poser, pour mettre des mots, pour décoloniser la mémoire traumatique. Certes, aujourd’hui, les voix se lèvent de plus en plus contre les violences subies par les femmes, mais nous n’y arriverons pas sans un dispositif national de prise en charge efficace.
Pour accompagner les victimes, il faut, dans toutes les grandes villes du Sénégal, des maisons d’accueil et de prise en charge, une ligne de soutien téléphonique, accessible 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24. La charge financière des soins ne doit pas reposer sur les victimes, car elle constitue un coût supplémentaire qui fait renoncer beaucoup de femmes victimes.
Les violences faites aux femmes sénégalaises ne sont pas une fatalité ; les dénoncer ne suffit pas, il faut des actions concrètes : éduquer sur le consentement, déconstruire les préjugés sexistes, garantir un accès à la justice, former les forces de l’ordre à l’écoute des victimes et soutenir les associations financièrement.
[1] La culture du viol est l’ensemble des croyances et préjugés que nous avons sur les comportements des auteurs de violences sexuelles et des victimes de ces violences. Exemple : « les violeurs sont malades », « comment étais-tu habillée ? Pourquoi n’as-tu pas crié ? »
Aminata Libain Mbengue est psychologue clinicienne et féministe.
YÉEN ÑIY SIIF JIGÉEN ÑI : NGEEN TEG KO FAN ?
« Daf maa sàkku ci lu ma neexul… Egg na ci man… »
Lu defu waxu |
Ndey Koddu Faal |
Publication 24/08/2020
Kàddu yu naqaree dégg yii te daw yaram ñu ngi tukkee ci benn xale bu jigéen, dib way-tawatu covid-19 bi. Kenn ci way-wallu yee ko siif ca bérébu fajukaay ba. Nga ni ma ? Déedéet kay… Waa-waaw. Ana kon kuy mucc ? Ndax xel nangu na ku feebar, ki ko war adimbali di ko siif ? Ngay taafantoo faj jigéen di ko jaay doole ba tëdde ko fa muy fajoo.
Looloo ngi xewe ci weeru Sulet bii ñu weesu ca ”Hôtel Novotel” bu Ndakaaru. Teeru way-tawati covid-19 dafa xawoon a jafe ndax li lim bi takku te jumtukaay yi tamit matewu ko. Looloo waral ñu soppi yenn ndal yi (centres) ak yenn otel yi bérébi fajukaay, dalal fa ñi mbas mi dal. Ndaw saa ngi tollu ci 20i at, ki mu joxoñ baaraamu tuuma di xale bu góor bu am 25i at, bokk ci ndawi Croix-Rouge yiy jàppale doktoor yi.Kon ndaw si, mën nañoo wax ni covid-19 bee ko yóbbee li ko dal. Moo tax mu dajeek ku fàtte warugaram.
Nu samp laaj yii : ndax ngóor si dafa àndul woon ak sagoom ba mënta muñ ki mu war a aar ? Ndax neexi tànk war na la yóbbu ci sàq moo beyul ?
Li xew Novotel danuy delloo ginnaaw tuuti, fàttali nu faatug Binta Kamara miñ reyoon ca Tàmbaakundaa.
Ayu-bés yi ñu weesu it ci Sacré-Cœur amoon na ndaw soo xam ni dañ koo tuumal càcc, ay góor di ko widéwoo ak a làmbaatu ba faf ko def daanaka yaramu neen.
Jigéen ñi ñu sàkku ci lu ñu àndul ak jigéen ñi ñu bóom fii ci Senegaal kenn xamul nu seen lim tollu. Hibaa Caam, ca Almaadi, buñ ko wallu woon, mën naa am mi ngi dund ba tey.
Kon, ñaawteef yooyu yépp ay góor a koy def. Fuñ ko teg ? Naka-jekk du mujj fenn. Xéy-na mooy waral njombe yu ni mel di wéy. Ba kañ nag ?
Xew-xew yii dañuy yee ci man yenn yu ma fàtte woon. Am na bés may waxtaan ak sama benn nijaayu taskatu xibaar ci xaritam boo xam ni fentaakoon la. Ma ni ko
– Kooku de, nee nañ bëgg jigéen a ko taxoon a dugg kaso. Moom népp nee nañ daa bëgg jigéen. Xam naa li mu digaaleek xale bu amagul 18 at moo ko gën a suuxloo.
Sama nijaay ree ba tàqaaju, daldi may tontu lii :
-Aa, góor gu wér kay day bëgg jigéen, bu doon wérul nag, xéy-na góoru ñaari tur lay doon.
Ma ni ko :
– Dëgg la… Kuy liggéey xaalis nga ciy séentu waaye suñ demee ba ñépp di la jëwe bëgg xaalis daa fekk mu yóbbu sa fit walla nga koy ame amin wu ñaaw. Góor it, suñ demee ba ku la tudd ñépp teg ci ni daa bëgg jigéen, daa fekk gorewu ci, àndu ceek sagoom…
Ñàkk sago googu tey jàpp naa ni moo waral liggéeykatu Croix Rouge Senegaal boobu songjanq bi. Ndax su àndoon ak sagoom, doon na bàyyi xel ci naqar wi mu naroon a teg doomu-jàmbuur. Ku jigéen ki mën na faa jaare ragal góor, mu jural ko musiba, yàq àddinaam, walla mu jéppi góor ñépp, di leen yakk lu mel ni xeme, di leen naqaral te fekkdefuñ ko dara. Looloo mën naa tax sax jigéen dem bay jaay boppam.
Bu nu fàtte yit ne ka ñu siifoon Novotel mën naa wàll xale bu góor bi covid. Balaa yàgg dinan ci xam dara ndax nee nañu yoon teg na ko loxo. Li am solo mooy mu bañ cee génne noonu.
Ci xibaar yi mujj yi nag, doktoor bi biral na ne way-aar bi tëdde na ndaw si waaye neewul da koo siif. Xanaa nuy fàttali rekk ni « lu ŋaaŋul du màtt ».
JE VEUX REPRÉSENTER LE SÉNÉGAL AUX JO DE TOKYO
La boxeuse sénégalaise Khadija Timéra, championne 2019 de la zone 2 Afrique, a exprimé, samedi, son souhait de se qualifier aux prochains Jeux olympiques de Tokyo, lors du tournoi de rattrapage prévu à Paris
Louga, 22 août(APS) - La boxeuse sénégalaise Khadija Timéra, championne 2019 de la zone 2 Afrique, a exprimé, samedi, son souhait de se qualifier aux prochains Jeux olympiques de Tokyo, lors du tournoi de rattrapage prévu à Paris (France).
‘’Mon ambition est de me qualifier pour les Jeux olympiques. Nous attendons l’accord du Comité olympique international pour les qualifications mondiales qui vont se dérouler à Paris. Je souhaite me qualifier là-bas pour représenter le Sénégal à Tokyo’’, a-t-elle dit.
S’exprimant lors d’une visite du nouveau bureau de la Fédération sénégalaise de boxe à Louga, elle a insisté sur sa volonté de contribuer au développement de la boxe sénégalaise et faire connaître le Sénégal à travers sa discipline sportive.
Khadija Timéra a obtenu sa première sélection en équipe nationale en 2019, via un test de qualification. La même année, en juillet, elle avait participé aux championnats d’Afrique de la zone 2 à Praia (Cap-Vert) et remporté la médaille d’or dans la catégorie super mouche (moins de 51 kg).
Pour sa deuxième sélection, elle prit part aux Jeux africains de Rabat (Maroc), où elle avait été éliminée en quart de finale.
En février 2020, à Dakar, elle participa pour sa troisième sélection au tournoi qualificatif des Jeux olympiques et perdit en quart de finale contre l’Ouganda.
‘’Il y a eu beaucoup de difficultés sur le parcours des boxeurs durant l’entrainement et la préparation à ces jeux. Quand nous avons les qualifications aux JO à Dakar et que nous ne parvenons à qualifier aucun athlète, c’est vraiment négliger le potentiel que nous avons’’, a-t-elle regretté.
Finançant ses propres préparations aux Etats-Unis et à Londres, Khadija Timéra, qui est juriste d’affaire, espère avec la nouvelle équipe fédérale une meilleure organisation de la discipline afin que le Sénégal puisse répondre présent aux prochaines échéances internationales.
Selon la diplômée en droit de l’Université de Berkeley en Californie (Etats-Unis), l’Afrique a besoin de leaders et le Sénégal ‘’a le potentiel pour guider que ce soit dans le sport ou en politique’’.
‘’Les JO sont devenus un moyen d’aider les pays à compétir et rayonner. Certains l’ont compris et mettent tout le budget dans le sport pour apporter le maximum de médailles, faire connaître leur pays et apporter des fonds internationaux pour financer l’éducation’’, a-t-elle expliqué.
Passionnée de boxe depuis son enfance, elle estime que le Sénégal a ‘’une grosse marge de manœuvre au niveau du sport et dans la boxe’’.
‘’Représenter le Sénégal a toujours été un rêve pour moi. J’ai toujours voulu faire de la boxe, mais mon entourage masculin m’en a dissuadé, parce que considérant que c’est un sport pour homme’’, a-t-elle fait savoir. Aujourd’hui, elle dit pratiquer ce sport pour valoriser la femme sénégalaise et la femme noire.
‘’C’est difficile en tant que femme de boxer et d’être dans le haut niveau, mais ça aide à prendre confiance et à se connaître. Il y a beaucoup de gens qui cherchent la compétition chez les autres alors que la compétition c’est en soi’’, fait-elle valoir.
LE SUMMUM DE L’EXPLOITATION HUMAINE
Elles sont indispensables dans la marche de nos familles. Difficile à Dakar de trouver une famille aisée sans femme de ménage. Communément appelées bonnes ou domestiques, elles font le boulot de toute une maison
Elles sont indispensables dans la marche de nos familles. Difficile à Dakar de trouver une famille aisée sans femme de ménage. Communément appelées bonnes ou domestiques, elles font le boulot de toute une maison. A la fin, elles ne récoltent que des miettes et beaucoup d’ingratitude de la part de leurs employeurs.
Trouvées dans une grande chambre au quartier Dalifort, elles ne sont pas moins d’une dizaine à se la partager. Toutes issues du même village dans la région de Thiès, elles ont coordonné leur jour de repos pour se retrouver ensemble le temps d’un week-end. Cela se fait tous les quinze jours. Ce sont les seuls moments du mois où elles sont maîtresses de leur temps. La plus âgée, Fatou Ndiaye, est allongée sur un des trois matelas qui composent la chambre.
Les yeux fixés sur le téléphone, elle a l’air fatigué. C’est à l’âge de 17 ans qu’elle est venue à Dakar. Aujourd’hui âgée de 26 ans, elle dit en avoir vu de toutes les couleurs. «J’ai failli tout abandonner et retourner au village. Au début, on m’avait dit que ce n’était pas trop pénible. Je ne m’occuperais que des tâches classiques. Nettoyer, préparer les repas et faire la vaisselle. Mais ma patronne était presque inhumaine. Je me réveillais à 6 heures du matin pour préparer les enfants. Je ne m’arrêtais plus jusqu’à 23 heures. Parfois même, elle me réveillait pour que je lui nettoie les chaussures qu’elle doit porter le lendemain», se souvient-elle. Le plus dur, c’est que Fatou ne percevait que 35 000 francs Cfa par mois. «Au début, j’étais impressionnée. C’était la première fois que je touchais un tel montant», dit-elle avec ironie. Si à un moment elle a pensé tout abandonner, Fatou a été convaincue par une de ses cousines qui lui a trouvé un autre point de chute. «Là aussi, c’était presque pareil, mais on me traitait avec beaucoup plus d’égards», se souvient-elle. Depuis, elle n’a plus jamais quitté cette maison. Alima est sa cousine. Aujourd’hui elle travaille comme ménagère dans un restaurant au centre-ville. Un travail qu’elle a choisi par défaut. « Je suis venue du village pour être femme de ménage. Mais je n’ai pas fait plus de quatre mois. On me payait 40 000 francs cfa. Mais je perdais ma dignité à la limite. On ne me parlait presque pas. Je n’étais jamais avec les gens. Quand on me parlait, c’était pour me donner un ordre. Même les enfants ne me considéraient pas. C’était comme une boule à la gorge», dit-elle dans un bégaiement.
16 HEURES DE TRAVAIL PAR JOUR
Même si elle a tenté de tenir le coup au début, au bout de deux mois, elle en avait marre. «J’en ai parlé à celle qui m’avait amenée là-bas. Je n’en pouvais plus. J’ai décidé de rentrer au village», se souvient-elle. Alors qu’elle avait fini de prendre sa décision, ses sœurs la convainquent finalement. « Après, j’ai été recrutée chez une femme qui avait à peu près mon âge, soit 35 ans. Si au début elle me traitait bien, elle a complètement changé par rapport aux tâches que je devais faire. Je faisais le tour de la maison que je nettoyais de fond en comble, avant de préparer le repas, faire la vaisselle, préparer le dîner, préparer son petit-déjeuner du lendemain, et faire le linge tous les dimanches. Alors qu’il était convenu que je ne ferais que les repas et nettoyer la maison. J’ai tenu deux mois pour un salaire de 40 000 francs. Je n’en pouvais plus.» C’est comme ça qu’elle a démissionné. «Je travaillais de 7h à 23 heures presque tous les jours. Je ne dormais pratiquement pas. C’était à la limite inhumain», se plaint-elle. Si elle a pris le soin de négocier un week-end de repos tous les 15 jours, Nogaye dit n’en bénéficier qu’au gré de sa patronne. «Au début, elle faisait tout pour me donner une tâche rude le samedi, de sorte que je finissais très tard avant de prendre mon week-end. Mais quelle que soit l’heure, je partais. A la fin, c’est à la limite si elle ne m’ordonnait pas de surseoir à mes weekends parce qu’elle avait un rendez-vous ou une cérémonie, alors que c’était dans mes droits», regrette-t-elle. Pour un salaire de 45 000 francs, dit-elle, il fallait attendre le 10 du mois pour être payée. «C’était de l’exploitation», clame-t-elle. Pire, quand elle a commencé à lui opposer un refus, la patronne a tout bonnement décidé de la remercier. «De manière froide, elle m’a demandé d’arrêter alors qu’elle ne m’avait pas encore payée. Elle m’a dit qu’elle m’appellerait pour mon argent. Il s’en est suivi une dispute. Il a fallu l’intervention de son mari pour que je rentre dans mes fonds», se rappelle-t-elle.
F. T : « IL M’EST ARRIVÉ DE DORMIR DANS LA CUISINE»
Très battante et bien préparée aux affres de ce métier, F. T, originaire de Safène, pensait pouvoir supporter. Si au début tout se passait bien entre elle et sa patronne, les problèmes ont commencé à se poser quand le traitement qui lui était infligé se dégradait au fur à mesure. «Au début, on me faisait croire que j’étais comme chez moi, qu’il n’y aurait pas de différence entre moi et les enfants de la famille. On regardait la télévision ensemble dans la cour. Je commençais même à avoir certaines affinités avec les enfants», se souvient-elle. La nuit, dit-elle, je dormais dans une chambre avec la nièce de ma patronne. Mais tout a basculé quand une de ses sœurs leur a rendu visite. «C’est elle qui a commencé à me différencier des autres. Par exemple, quand elle faisait du lait ou des jus de fruits, elle servait les autres dans des verres, moi dans un pot en plastique. Et ma patronne l’a suivie», se souvient-elle.
A son arrivée, poursuit-elle, le mari de ma patronne était en voyage. «Elle dormait avec ma patronne, mais quand son mari est rentré, la dame a décidé d’occuper la chambre dans laquelle je dormais. Elle m’a demandé de choisir entre le couloir et la cuisine. Même si cette dernière était spacieuse, je n’imaginais pas qu’on pouvait y faire passer une nuit à un être humain. Mais comme il y avait beaucoup de chats dans la maison, j’ai préféré dormir dans la cuisine. Cela a duré plus d’une semaine», se rappelle-t-elle, amère. Il a fallu que le chef de famille découvre cela pour que tout revienne à la normale. «Mais ma patronne n’a jamais supporté cela. Elle était persuadée que j’avais tout manigancé pour que son mari soit au courant. Elle m’a mené la vie dure. J’ai fini par démissionner », dit-elle.
VOL, COURTISANERIE… DES ACCUSATIONS PARFOIS GRATUITES
Selon Fallou Guèye qui place des femmes de ménage dans des maisons, beaucoup de ses collaboratrices sont très souvent accusées de vol, de courtisanerie par des patronnes véreuses. Mais d’après lui, c’est une façon de se débarrasser d’elles. « Qui veut noyer son chien l’accuse de rage. Un jour, une de mes clientes a été accusée d’avoir volé les bijoux de sa patronne. Le comble, c’est le jour où elle devait lui donner son salaire après l’avoir renvoyée qu’elle a sorti cette histoire. Si son mari n’était pas tombé sur l’affaire, la femme de ménage aurait même pu atterrir à la Police. Des cas comme ça, on en vit presque chaque semaine. En plus de payer des miettes, ces patronnes surexploitent les femmes de ménage», dénonce Fallou. Taille élancée, teint d’une noirceur brillante, Saly Soumaré ne laisse personne indifférent. Femme de ménage de son état, elle peine à durer quelque part. La faute à la jalousie chronique de ses patronnes. «J’en souffre beaucoup. J’ai fait tous les efforts du monde. J’ai même décidé de ne plus porter certains habits pour ne pas attirer les regards, mais rien », dit-elle désolée. La dernière scène l’a poussée à suspendre ses activités. «Alors que je m’apprêtais à prendre mon week-end, le mari de ma patronne me demande de lui donner à boire. Je le sers et attends qu’il finisse de boire. Son épouse tombe sur la scène et pète un câble. Elle amplifie les choses allant jusqu’à m’accuser d’avoir embrassé son mari. Cette histoire a même eu des répercussions au village. Comme j’étais fiancée, les gens en ont fait une histoire de famille. Depuis lors, je ne suis pas retournée travailler. Il y a de cela deux ans», se souvient-elle.
OULIMATA FAYE, INSPECTEUR DU TRAVAIL «LES FEMMES DE MÉNAGE PEUVENT POURSUIVRE LEURS EMPLOYEURS, MÊME SANS CONTRAT ÉCRIT»
A défaut d’une médiation, les femmes de ménage finissent toujours par perdre leur bras de fer contre leurs employeurs. Pourtant, selon l’inspecteur du travail Oulimata Faye, elles peuvent bel et bien poursuivre leurs patronnes si elles estiment avoir été lésées. Selon elle, même s’il n’y a pas de contrat écrit, on considère que l’employeur et l’employé sont liés par un contrat verbal. « Si la durée de travail n’est pas mentionnée au moment de l’embauche, la loi considère que l’employée travaille dans le cadre d’un CDI ou Cdd. Même si elle est renvoyée, elle peut porter plainte pour licenciement abusif. En effet, dit-il, la section gens de maison au tribunal du travail concerne ce type de litige. «Mais comme elles ignorent leurs droits, parce que pour la majorité non instruites, elles sont très souvent victimes.»
LES AUTEURS CONDAMNÉS À DES PEINES FERMES
Le tribunal des flagrants délits de Dakar a prononcé, mardi, des peines d’emprisonnement ferme à l’encontre de trois individus cités dans une affaire d’agression d’une femme, une scène filmée et diffusée sur les réseaux sociaux.
Dakar, 18 août (APS) - Le tribunal des flagrants délits de Dakar a prononcé, mardi, des peines d’emprisonnement ferme à l’encontre de trois individus cités dans une affaire d’agression d’une femme, une scène filmée et diffusée sur les réseaux sociaux.
Les trois mis en cause ont été reconnus coupables de collecte illicite de données à caractère personnel, attentat à la pudeur et outrage public à la pudeur, a-t-on appris de sources médiatiques.
Ils ont été condamnés respectivement à trois, deux et un mois de prison ferme et au paiement de 5 millions FCFA pour cause et préjudice confondus.
La diffusion, au mois de juillet, sur les réseaux sociaux d’images montrant une femme en train d’être agressée par un groupe d’individus pour un présumé vol avait suscité des réactions de condamnation et d’indignation.
’’Il est choquant et inadmissible de profiter d’une femme rendue faible par deux hommes, qui la maîtrisent, pour la tripoter et exhiber son corps aux yeux de tous. Cela constitue une infraction qu’il convient de sanctionner fermement", avaient soutenu dans une déclaration commune, AJS, Amnesty international, Dafadoy et Jamra.
Selon ces organisations, "ces justiciers autoproclamés n’avaient nullement le droit de violer son intimité, de l’humilier publiquement comme ils l’ont fait, encore moins de publier cette vidéo (….)".
"L’affaire est d’autant plus grave que la présumée voleuse fait l’objet d’un traitement psychiatrique (….)", ajoutaient ces organisations qui "félicitent la police nationale dont la prompte réaction a permis l’arrestation des présumés auteurs".
Le Comité de lutte contre les violences faites aux femmes (CLVF) avait rendu public un communiqué pour s’indigner et condamner ‘’fermement les violences ignobles commises sur une présumée voleuse prise à Sacré cœur".
"C’est une grave atteinte à la dignité et à l’intégrité de la personne humaine", estimait le CLVF qui avait condamné "des paroles obscènes, blessantes et déshonorantes" proférées à l’endroit de la victime.
Le CLVF et la Synergie des organisations de la société civile pour l’élimination des violences basées sur le genre avaient dénoncé ‘’vivement cet acte ignoble auquel a été soumise la jeune dame et demandent que justice soit faite !’’.
De nombreuses voix s’étaient élevées pour dénoncer cette agression et sa diffusion sur les réseaux sociaux.
Sur la plateforme change.org, l’association Ensemble d’Activistes Féministes au Sénégal avait lancé cette pétition adressée au Procureur de la République.
Pour ses initiateurs, ’’ces actes, leur captation et partage sur les réseaux sociaux témoignent d’un mépris total pour l’intégrité physique de la femme en question’’.
Ils avaient rappelé aussi que ’’le corps de la femme est tous les jours sujets à toutes formes d’assauts, et qu’une telle agression est inadmissible dans un contexte où les combats contre les violences basés sur le genre sont de plus en plus entendus et compris’’.
Les auteurs de la pétition demandaient ainsi ’’le retrait de ces images violentes et traumatisantes, la condamnation des agresseurs suite aux plaintes déposées par différentes personnes et organisations, un suivi psychologique de la victime et une réflexion sur le rapport au corps de la femme dans la société et les violences basées sur le genre en général’’.