SenePlus | La Une | l'actualité, sport, politique et plus au Sénégal
5 avril 2025
Femmes
LE DRAME SOCIAL DU REFUS DE LA PATERNITÉ
Bien des familles se remettent difficilement de ce déchirement exacerbé par les considérations socioreligieuses et un environnement juridique laissant peu de possibilités d’action à la femme
La naissance d’un enfant est pour beaucoup un rayon d’espoir ; et pour d’autres, une descente aux enfers surtout quand celui qui est supposé en être le père refuse la paternité. Bien des familles se remettent difficilement de ce déchirement exacerbé par les considérations socioreligieuses et un environnement juridique laissant peu de possibilités d’action à la femme.
Arame Faye voyait la vie en rose jusqu’au jour où elle a basculé pour en faire une douloureuse traversée. «Une erreur de jeunesse» l’a plongée dans les vicissitudes de l’existence humaine. Le récit de cette femme d’âge mûr exacerbe la déchirante douleur d’une époque tumultueuse : «J’ai eu un enfant hors des liens du mariage. Quand j’en ai parlé à la mère de mon amant, elle n’y a pas cru. Mon fils, aujourd’hui âgé de 25 ans, connaît la famille de son père mais n’entretient aucune relation avec elle. Pire, lorsqu’il y va, on le traite comme un pestiféré. En le déclarant, je lui ai donné le nom de sa famille paternelle. Son père ne s’occupe même pas de lui». Cette femme ne larmoie plus sur son sort mais reste affectée par celui qui frappe son fils et l’insensibilité de ce vieil amour de jeunesse. «Je suis passée par toutes les émotions : le dégoût, la haine, la résignation, l’apaisement… J’en ai voulu à l’homme qui prétendait m’aimer, puis j’ai détesté mon fils. Je me suis faite violence avant d’accepter cette situation et de la vivre dignement. Mais ce sont des choses qui ne s’oublient pas. Les gens seront toujours là pour te rappeler que tu as mis au monde un enfant naturel», confie-t-elle, le regard perdu.
De douloureux souvenirs refluent quand elle repense à ce qu’elle assimile à une «erreur de jeunesse» commise en pleine période de vacances sur l’enflammée Petite Côte. Soutenu par sa mère, le «géniteur» nie être l’auteur de la grossesse. Le monde s’arrête pour Arame Faye. Comme pour la narguer, celui qui lui promettait monts et merveilles se marie avec une autre femme. Une autre dame, qui préfère garder l’anonymat, a vécu la même mésaventure. Elle entretient son fils de trois ans dans la douce illusion d’un long voyage de celui qui n’a jamais reconnu être son père. «Ceux qui me courtisent ne voient jamais en moi une fille sérieuse. Ils cherchent juste à passer du bon temps car, pour eux, je suis une personne souillée qui n’a rien à préserver comme si je ne devais pas à cet enfant un minimum de dignité», dit la jeune mère, amère.
«Je suis comme un boulet pour mon prétendu père»
Les enfants naturels sont également en proie au chagrin. En plus de porter le poids du regard de la société, le rejet de la famille paternelle peut être un violent choc psychologique. Gilbert continue d’en subir les conséquences. «À l’âge de 17 ans, j’ai voulu me rapprocher de la famille de celui qui est censé être mon père. Celui-ci, issue d’une famille musulmane, a été plus réceptif à mon approche que ses parents. Ayant été élevé par ma grand-mère de foi chrétienne, je me suis toujours consacré à cette religion. Cela n’a sans doute pas facilité les choses. Le fait que cette famille soit plus nantie que la mienne a certainement jeté la suspicion sur une visée ambitieuse alors que je ne cherchais qu’à connaître celui que ma mère, dans la confidence, m’avait présenté comme mon père», confie ce quadragénaire à la mémoire suppliciée. Aujourd’hui, Gilbert a renoncé par découragement. Son orgueil était plus fort que ce désir ardent de connaître davantage son père qui ne l’a jamais reconnu, pour, pense-t-il, «sauvegarder son prestige social. J’étais comme un boulet pour lui. Ma mère, stoïque, a souffert en silence jusqu’à son dernier souffle. C’est la douloureuse impression que j’ai eue quand, pour la première fois, j’ai vu mon père. J’ai fait le premier pas mais je crois que la pression familiale a été plus forte que son envie de rectifier le tir».
Le refus de paternité est un drame social qui frappe plusieurs familles sénégalaises. Les pesanteurs sociales et le rapport à la religion poussent certains hommes au déni de la réalité. Lamine Daff est de ceux qui ont confessé leurs torts quand le remords est devenu obsédant et que l’âge a porté conseil. «J’étais un fougueux et insouciant jeune homme qui croquait la vie à pleines dents. J’ai engrossé une fille à l’âge de 21 ans. Pour ne pas m’embarrasser de cette responsabilité, j’ai nié en être l’auteur. Quand la petite et innocente fille a eu cinq ans, il devenait difficile de ne pas reconnaître l’évidence, mais je m’obstinais à ignorer cette ressemblance qui attirait les railleries de mes amis», dit-il, heureux toutefois d’être revenu à la raison. Cependant, le mal était déjà fait. La mère refuse toute relation entre le père et le fils gagné par la «rancune». La société sénégalaise avait trouvé des réponses à la question de la paternité lorsque la conception d’un enfant avait blessé les convenances. «Avant, lorsque cette situation se produisait, la famille de la fille allait voir celle du garçon afin de trouver un terrain d’entente. Si le garçon accepte, on lui propose alors de l’épouser après l’accouchement. S’il ne choisit pas cette option, l’enfant portera quand même son nom. Rares sont les fois où l’homme refusait car toute sa famille prenait part aux discussions. Il faut aussi regretter l’attitude des filles volages qui sèment le doute dans l’esprit de leurs amants», laisse entendre la griotte Ndèye Samb qui déplore l’éclatement de la cellule familiale où les jeunes sont, de plus en plus, laissés à eux-mêmes. Et d’innocents enfants à leur sort et égarement.
Le Code de la famille encourage-t-il le phénomène ?
Au Sénégal, le refus de paternité est courant car les possibilités judiciaires ne sont pas trop larges pour les mères célibataires. Le Code de la famille en offre davantage aux hommes. L’article 196 du dudit code précise que la recherche de paternité est interdite. Ainsi, l’établissement de la filiation paternelle est interdit à tout enfant qui n’est pas présumé issu du mariage ou n’a pas été volontairement reconnu par son père. Selon le professeur en Droit, Isaac Yankhoba Ndiaye, «c’est inadmissible que dans un pays comme le Sénégal qu’on refuse à un enfant de rechercher son père. Pire, il n’y a aucune possibilité judiciaire». Si le père décide de ne pas reconnaître son enfant, assure cet éminent juriste, aucun rapprochement paternel ne sera fait. La loi l’interdit. Isaac Yankhoba Ndiaye préconise une mise à jour du Code de la famille qui date de 1972. «Entre temps, la science a évolué et permet de déterminer avec précision la filiation paternelle», avance-t-il. D’après lui, «l’enfant naturel perd tous ses droits au Sénégal dans la mesure où il ne succède à personne». Ceci est, pour lui, un paradoxe dans la mesure où le Sénégal a ratifié toutes les conventions relatives à l’enfant interdisant toutes formes de discrimination.
Toutefois, le législateur a prévu une exception. L’article 211 prévoit que «l’enfant pourra établir sa filiation paternelle si le prétendu père a procédé ou fait procéder à son baptême ou lui a donné un prénom. Toutefois, ne pourront être entendues comme témoins que les personnes ayant assisté au baptême invoqué ou à l’imposition du prénom. La preuve contraire pourra être rapportée par tous moyens», indique le Code de la famille.
L’abrogation de l’article 196 préconisée
De l’avis d’Awa Cissé, membre de l’Association des juristes sénégalaises (Ajs), le Code de la famille permet la non reconnaissance d’un enfant naturel. «Ni le juge ni aucune autre personne ne sauraient y obliger le père.» Ainsi, la solution pour mettre fin au refus de paternité repose sur la refonte juridique notamment du Code de la famille. L’Ajs plaide pour l’abrogation de l’article 196 pour une harmonisation avec la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant, de même que la convention des Nations unies sur les droits de l’enfant.
MULTIPLE PHOTOS
SHINE TO LEAD LANCE UN AMBITIEUX PROGRAMME DE COURS DE VACANCES EN LIGNE
L’objectif est de permettre à plus de 100 lycéennes issues des 14 régions du Sénégal de combler les lacunes liées aux longs mois de fermeture des établissements scolaires
L’objectif majeur de ce programme est de permettre à plus de 100 lycéennes issues des 14 régions du Sénégal de combler les lacunes liées aux longs mois de fermeture des établissements scolaire et de réduire ainsi au maximum le risque de décrochage scolaire à la rentrée prochaine.
« Lorsque j'ai vu le nombre de candidatures en si peu de temps, je me suis dit que la situation était inquiétante pour l'éducation dans notre pays. La pandémie de COVID-19 exacerbe tout. Ce programme nous aidera à comprendre comment amplifier nos actions au profit de l'éducation des jeunes filles (…) Elles sont pour la plupart préoccupée par leur avenir et leur principale requête est de ne pas décrocher ou perdre leurs acquis », explique Seynabou Thiam Monnier, Bénévole, chargée de la sélection des candidates du programme.
Grâce au soutien de partenaires et des contributions individuelles de personnes de bonnes volontés, Shine to Lead a lancé depuis le 10 août, un programme inédit au Sénégal de cours de vacances et de développement du leadership 100 % digital.
Chaque semaine, jusqu’au 11 septembre, ces lycéennes, sélectionnées parmi plus de 1500 candidatures et élèves en classe de seconde et de première scientifique, bénéficient de huit heures d’enseignement en ligne dans les matières essentielles (Mathématiques, Physique-Chimie, SVT et Anglais), ainsi que d’une heure de session interactive avec une personnalité inspirante.
Dès l’appel à candidature, ce programme a suscité énormément d’espoir et d’attente chez ces jeunes filles dont le niveau académique a été largement perturbé depuis le mois de mars par la fermeture des établissements scolaires et qui sont sollicitées plus fréquemment pour effectuer des tâches ménagères.
« Il faut que nous maintenions un niveau adéquat d’instruction pendant que les jeunes sont obligés de rester à la maison en raison de la pandémie. C’est à cela quenous contribuons, car nous ne pouvons pas perdre uneannée scolaire ! », explique Nayé Anna Bathily, fondatrice de l’initiative Shine to Lead Jiggen Jang /Tekki qui vise depuis 2018 à offrir de meilleures conditions de scolarisation à des jeunes filles brillantes issues de milieux défavorisés et au développement de leur leadership à travers différentes actions et programmes.
FATOU SOW SARR SE TROMPE SUR LE TAUX D'ALPHABÉTISATION DES FEMMES AU SÉNÉGAL
« En 1960, on n’était que 3 % des femmes alphabétisées. Aujourd’hui on n’est à 46-47 % », estime la socio-anthropologue. Ces chiffres ne correspondent pas à la réalité
Africa Check |
Azil Momar Lô |
Publication 10/08/2020
A l’occasion de la Journée mondiale des femmes 2020, célébrée le 8 mars, la socio-anthropologue sénégalaise Fatou Sarr Sow était l’invitée de l’émission Jury du Dimanche, diffusée sur la chaîne de télévision Itv.
Au cours de l’émission, elle a abordé l’évolution de la situation des femmes sénégalaises, notamment en matière d’alphabétisation, depuis l’indépendance du pays en 1960.
« Si nous regardons avec le long terme, il y a des avancées remarquables qui ont été réalisées dans ce pays. 1960 on n’était que 3 % des femmes alphabétisées. Si on regarde aujourd’hui on n’est pas satisfait parce qu’on a 46 – 47 % (…) », affirme-t-elle.
Africa Check a vérifié les deux affirmations.
Qu’est-ce qu’une personne alphabète ?
Dans le Recensement Général de la Population et de l’Habitat, de l’Agriculture et de l’Elevage 2013 (RGPHAE 2013) qui se réfère à la définition de l’UNESCO, il est noté qu’« une personne est alphabète si elle peut à la fois lire et écrire un énoncé simple et bref se rapportant à sa vie quotidienne en le comprenant » (UNESCO, 1958).
Mais l’alphabétisation est définie dans le Recensement comme « le fait pour une personne âgée de 6 ans et plus de savoir lire et écrire dans une langue quelconque ».
« Bien que souvent mesurée auprès des 15 ans et plus, certains organismes tels que l’UNESCO publient de plus en plus des statistiques sur l’alphabétisation auprès de la population de 10 ans, ce qui justifie le choix fait sur cette tranche d’âge pour la suite de la section », est-il précisé dans le RGPHAE 2013.
Africa Check a contacté Fatou Sow Sarr, pour connaître la source de l’information selon laquelle on comptait « 3% de femmes alphabétisées » au Sénégal en 1960. Elle a indiqué s’être basée sur le « Premier Plan de Développement du Sénégal ».
La patiente de Covid-19, victime de viol dans un centre de traitement des épidémies, brise le silence. La victime âgée de 20 ans, accable le volontaire de la Croix-rouge, B. Niang.
La patiente de Covid-19, victime de viol dans un centre de traitement des épidémies, brise le silence. La victime âgée de 20 ans, accable le volontaire de la Croix-rouge, B. Niang.
"Le 23 juin 2020, diagnostiquée positive à la Covid-19, j’étais internée au centre de traitement des épidémies à l’hôtel Novotel. Au troisième jour, j’étais tellement angoissée que, même le médecin consultant, s’en est rendu compte au moment où il passait dans ma chambre pour les consultations quotidiennes. Au sixième jour, un individu que je n’arrivais pas à identifier à cause de sa tenue de protection est venu dans ma chambre pour m’apporter le petit déjeuner", narre-t-elle, dans son témoignage repris par Libération.
Avant de poursuivre : "Ainsi, lorsque je lui ai ouvert la porte, il m’a dit je suis timide et qu’à chaque fois qu’il m’apporte le petit déjeuner, je ne daigne pas le regarder dans les yeux. Avant même que je ne lui réponde, il s’est introduit dans ma chambre, ce qu’ils ne sont pas autorisés à faire. Je lui ai dit que je suis angoissée parce que j’ai peur que je veux rentrer chez moi. De suite, il m’a réconfortée en me disant que cette maladie n’était pas du tout grave, que je guérirais bientôt et rentrerais chez moi. Il m’a laissé un numéro de téléphone pour que je l’appelle si le besoin se faisait sentir. Ensuite, il est sorti de la chambre pour m’y laisser seule. Quelques minutes après, la même personne est revenue dans ma chambre avec six bouteilles d’eau qu’il a déposées sur l’armoire. Au même moment, je l’ai senti me toucher par derrière pressant très fort mes seins. J’étais prise de peur mais personne ne pouvait m’entendre à cause des portes blindées. De même chaque malade a sa chambre et personne n’était dans les couloirs. Je lui ai demandé de me laisser tranquille mais il ne voulait rien entendre. Il a continué à palper mon corps. Ensuite, il m’a soulevé et m’a demandé de l’embrasser. J’ai refusé. J’ai réussi à me libérer avant de me réfugier dans un coin près du lit. Il est parti fermer à clé la porte ainsi que la fenêtre. Lorsqu’il est revenu vers moi, il m’a bousculé sur le lit."
La victime ajoute : "Il a commencé à caresser tout mon corps et à m’embrasser. J’ai résisté, et c’est ainsi que je me suis mise sur le ventre. Je lui ai dit que ce qu’il faisait c’est du viol. Il m’a bluffé en me faisant croire qu’il allait partir et me laisser tranquille. Je le croyais et je me suis levée pour fermer la porte. C’est là qu’il m’a encore bousculé sur le lit en recommençant de plus belle sa sale besogne. Il a réussi à me pénétrer alors qu’un bout de ma robe était collé à son sexe... C’était horrible. »
CONCILIER TRAVAIL ET ALLAITEMENT, UNE GAGEURE POUR LES MÈRES AU SÉNÉGAL
Avec l’avancée de l’emploi des femmes, la pratique de l’allaitement maternel exclusif a tendance à diminuer, surtout en milieu urbain
Le Monde Afrique |
Théa Ollivier |
Publication 07/08/2020
Ventre arrondi sous sa longue robe verte, Aïssatou, 24 ans, entre dans la salle de consultation gynécologique du poste de santé de Grand Médine, un quartier populaire de Dakar. Les vérifications de routine effectuées, Ramatoulaye Diouf Samb, la sage-femme principale, demande à la jeune mère si elle a entendu parler de l’allaitement maternel exclusif, sans eau, durant les six premiers mois du nourrisson. « Je l’ai pratiqué avec mon premier enfant car je l’emmenais sur mon lieu de travail. Il est maintenant en très bonne santé. J’espère pouvoir faire de même avec mon second, si mon employeur actuel me le permet », répond Aïssatou, qui travaille comme domestique.
Au Sénégal, où six enfants sur dix souffrent d’anémie et où un tiers des décès néonataux sont liés à une sous-alimentation, 99 % des femmes allaitent leurs bébés, mais seulement 42 % sans ajout d’eau, comme le recommande l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Responsable de la division nutrition et alimentation du ministère de la santé, la docteure Maty Diagne Camara se bat pour changer les pratiques et rappelle combien « l’allaitement maternel exclusif assure un bon départ de croissance de l’enfant ».
Les bienfaits du lait maternel sont multiples pour la mère, qui expulse rapidement le placenta, jouit d’une contraception naturelle pendant six mois et voit se réduire les risques de cancer de l’utérus. Pour l’enfant, ce lait contient des nutriments faciles à digérer et l’aide à lutter contre les maladies infectieuses et respiratoires. Mais si ce discours passe bien, il se heurte aux modes de vie. « Avec l’avancée de l’emploi des femmes, la pratique de l’allaitement maternel exclusif a tendance à diminuer, surtout en milieu urbain », note Maty Diagne Camara.
L’eau fragilise le système intestinal
Dans son poste de santé de Grand Médine, vêtue de sa blouse rose à rayures et masque sur le nez, Ramatoulaye Diouf Samb tente de sensibiliser un maximum de mères. « J’ai eu un déclic en voyant une grand-mère donner de la bouillie à un bébé de 2 mois pendant que la maman était au travail », se souvient avec dépit la sage-femme, qui rappelle que donner de l’eau ou de la bouillie fragilise le système intestinal du nourrisson.
Invité de la matinale d'ITV mardi, Penda Mbow s'est prononcée sur la gestion du coronavirus par le Sénégal, dans un contexte de relâchement quasi général de l'observance des gestes barrières.
DÉCÈS DE LA JOURNALISTE REINE MARIE FAYE
La journaliste Reine Marie Faye, ancienne présentatrice de la RTS (publique), de Sud FM et Walf FM (privées), est décédée vendredi à Dakar, à l’âge de 68 ans, a appris l’APS auprès de sa famille.
Dakar, 31 juil (APS) – La journaliste Reine Marie Faye, ancienne présentatrice de la RTS (publique), de Sud FM et Walf FM (privées), est décédée vendredi à Dakar, à l’âge de 68 ans, a appris l’APS auprès de sa famille.
Mme Faye, à la retraite depuis plusieurs années, fut d’abord téléspeakerine à la RTS. Elle a ensuite travaillé comme présentatrice pour Radio Sénégal - la branche radio de la RTS - avant d’être employée par la radio Sud FM, où elle présentait le journal en wolof.
La journaliste a également été présentatrice du groupe Walfadjri.
Reine Marie Faye fait partie de l’équipe qui a auditionné les premiers présentateurs du journal en wolof et les animateurs de Walf FM, radio fondée vers la fin des années 90, se souvient son confrère Jean Meissa Diop.
‘’Ce qui caractérisait son expérience dans le journalisme en langues nationales, c’était son wolof pas académique ni banal non plus’’, ajoute Diop dans un entretien à l’APS.
L’ancien chef du service Culture du quotidien Walfadjri - devenu WalfQuotidien – rappelle que Reine Marie Faye a pratiqué le théâtre, ‘’avec un célèbre rôle dans la série dramatique ’Yadikone’’’.
‘’Elle avait le rôle d’une indicatrice de police, chargée de piéger et de confondre un avorteur illégal, un garçon de salle clandestin’’, a-t-il témoigné.
Informaticienne de formation, Mme Faye a fait une ‘’reconversion réussie’’ dans le journalisme, se rappelle Jean Meissa Diop. ‘’Sa belle voix lui a valu de signer des spots mémorables. Sa voix était reconnaissable entre mille.’’
CES HÉROÏNES AFRICAINES QUI ONT LUTTÉ CONTRE LE COLONIALISME
A l'heure où de nombreux pays africains célèbrent leurs 60 ans d'indépendance, voici 5 portraits de femmes africaines qui ont combattu le colonialisme tout au long des siècles
La Journée internationale de la femme africaine (JIFA) a été créée en 1962 et promulguée par l'ONU et l'OUA le 31 juillet 1963. Elle est célébrée tous les 31 juillet.
Cette année, cette célébration tombe dans un contexte particulier où la mort de l'afro-américain George Floyd, tué lors de son arrestation à Minneapolis aux Etats-Unis, a redonné une vigueur au débat sur les traces du colonialisme en Afrique.
Voici cinq héroïnes de la lutte contre le colonialisme à découvrir ou à redécouvrir.
Aline Sitoé Diatta, Sénégal (1920-1944)
Originaire de la basse-Casamance, Aline Sitoé Diatta fut l'une des premières résistantes contre la domination française.
Orpheline très jeune, elle a été élevée par son oncle paternel. Quand celui-ci est mort à son tour, elle est partie vivre à Ziginchor où elle a travaillé comme docker puis à Dakar où elle trouva du travail comme domestique chez un colon.
Un jour de 1941, elle entend une voix lui dire d'entrer en résistance contre les colons pour sauver le Sénégal et de retourner en Casamance sous peine de connaître un malheur. Elle choisit tout d'abord d'ignorer cette voix et devient paralysée quatre jours plus tard.
Ce n'est qu'une fois de retour en Casamance, en 1942, que la paralysie disparait même si elle garde en séquelle un léger boitillement.
A cette époque, la France est pleinement engagée dans la deuxième guerre mondiale et demande à ses colonies de contribuer à l'effort de guerre de la métropole. Les autorités françaises au Sénégal ponctionnent la moitié des récoltes de riz de Casamance. Révoltée par cet état de fait, Aline Siloé Diatta dissuade les habitants de sa région de participer à l'effort de guerre et les pousse à refuser l'enrôlement dans l'armée française.
On prête également à celle qui était surnommée "la femme qui était plus qu'un homme" des pouvoirs de guérison et de nombreuses personnes se déplacent pour la voir en pèlerinage afin d'obtenir un miracle. Ce pouvoir spirituel, lui confère également une forte autorité sur la population.
Craignant de possibles troubles dans cette région de Casamance traditionnellement réfractaire au pouvoir colonial, les autorités françaises arrêtent Aline Sitoé Diatta le 8 mai 1943, en même temps que son mari.
Elle est ensuite transférée de prison en prison, au Sénégal, en Gambie puis à Tombouctou au Mali où elle décède finalement du scorbut en mai 1944.
Lalla Fatma N'Soumer, Algérie (1830-1863)
Femme éduquée née dans une famille de lettrés, elle rejoint la résistance kabyle à l'âge de 20 ans.
Prophétesse et stratège, elle est très respectée parmi les combattants. En 1854, elle succède au chef de la résistance Chérif Boubaghla.
Cette même année, elle remporte la bataille du Haut Sebaou, sa première victoire contre les français. Capturée au combat par l'armée française en 1857, elle meurt en prison à l'âge de 33 ans.
Sarraounia Mangou, Niger, XIXe siècle
« Sarraounia » signifie « reine » en langue haoussa. Elel a été chef politique et religieuse présidant depuis Lougou, la capitale aux destinées du royaume Azna, dans le sud-ouest du Niger.
En 1899, elle organise la résistance contre la colonne d'exploration Voulet-Chanoine, réputée l'une des missions les plus meurtrières de la colonisation française en Afrique de l'Ouest.
La Mission Afrique centrale, créée en 1898 et dirigée par les capitaines Paul Voulet et Julien Chanoine, partie de Saint-Louis du Sénégal devait rejoindre le Tchad.
EXCLUSIF SENEPLUS - L’homme a pris le dessus dès le début. S’en sont suivies injustices et dominations millénaires au détriment de la femme. Mais comme au cours du cycle de la vie, les sociétés sont en train de tendre vers un équilibre naturel
Dans ce texte initiatique et fort, Fatoumata Sissi Ngom déplie les dimensions originelles de l’homme et de la femme et mêle Science, biologie cellulaire et philosophie pour expliquer les inégalités hommes-femmes et analyser la fin prochaine, naturelle et programmée de la masculinité nocive.
Rokhaya se lamente beaucoup sur le sort de la femme dans la société africaine. Elle veut comprendre l’origine des règles de la vie du monde et des injustices envers les femmes. Rokhaya a un don extraordinaire. Celui d’entrer dans des sortes de limbes, espace magique et indéterminé, et d’y construire ses propres rêves. On appelle cela les rêves lucides. Elle s’allongea sur son lit, appliqua la méthode dont elle seule a le secret et plongea dans un doux sommeil. Aujourd’hui, elle a décidé de converser en rêve avec un très grand biologiste, le Docteur Shettles, qui avait fait, il y a très longtemps, une formidable découverte.
– Dr Shettles, dit-elle, je voudrais comprendre le début de la vie et examiner l’origine des inégalités entre l’homme et de la femme. Qu’avez-vous à m’apprendre ?
– Et si on faisait un jeu ? lui répondit-il. Je vous donne quelques petits indices, et vous réfléchissez après.
Il continua.
– Avant le début de la vie, les spermatozoïdes mâles, qui font un voyage fantastique vers l’ovule pour former un bébé garçon, sont ultra rapides. Cependant, ils sont fragiles et leur durée de vie se mesure en heures. Les spermatozoïdes femelles, eux, qui font le même merveilleux voyage vers l’ovule pour former un bébé fille, sont plus lents, mais beaucoup plus résistants et résilients. Elles peuvent vivre jusqu’à trois jours ou même plus parfois.
Soudain, dans son propre rêve, Rokhaya eut une illumination. L’origine du monde se dessina devant elle. N’y a-t-il pas là un puissant message caché ? La Nature est extraordinaire.
Elle se mit à méditer pour élaborer une théorie.
– Ah ! Voilà donc pourquoi il y a plus d’hommes que de femmes qui naissent dans ce monde, pensa-t-elle. Ils arrivent à l’ovule plus rapidement. J’avais un jour posé la question à un professeur de géographie, mais il avait uniquement convoqué Dieu dans ses explications. Voilà pourquoi aussi, naturellement, les femmes vivent plus longtemps que les hommes : la Nature reprend ses prédispositions. Mais alors, que s’est-il passé dans le monde ? Se demanda-t-elle.
La réponse lui vint. C’est l’homme qui a décidé des premières règles et défini les premiers ordres du monde. C’est un homme qui a décidé que la femme lui était inférieure. C’est un homme qui a décidé que la femme doit lui être soumise. C’est un homme qui a décidé de quelle façon une femme doit s’habiller. L’homme a pris le dessus dès le début du monde. S’en sont suivies injustices et dominations millénaires au détriment de la femme. Mais comme au cours du cycle de la vie, les sociétés sont en train de tendre vers un équilibre naturel qui redonnera sa place à la femme. Cette marche est lente et se déroule dans le temps du monde. La femme marche avec force et tranquillité vers son temps. Elle prouve qu’elle peut faire les mêmes choses que l’homme. Il en existe des guerrières, des héroïnes, des inventrices, des créatrices. En Afrique, comme dans tous les autres continents du monde, justice est en train d’être faite pour la femme. Mais le temps semble plus long en Afrique.
Alors elle décida, dans son rêve, d’écrire une lettre aux enfants d’Afrique.
À la petite fille qui me lit, sache que tu n’es ni inférieure, ni moins forte que les petits garçons. Ton cerveau est capable des mêmes choses que celui d’un garçon. Tu as le droit d’étudier, de travailler et de participer plus tard au développement de ton pays. Toi aussi tu peux changer le monde pour le meilleur. Tu es libre. Mais en grandissant, sache que l’homme n’est pas ton ennemi: il peut être ton partenaire. Si vous coopérez, il peut te compléter.
Au petit garçon qui me lit, ouvre les yeux autour de toi et observe les injustices envers les filles. Si tu vois qu’on frappe une fille, proteste. Si tu vois qu’on te sert une plus grande quantité de nourriture que ta sœur, ta cousine, ou ton amie, uniquement parce que tu es un jeune homme et que tu dois être plus fort, proteste. Si tu vois qu’une petite fille passe beaucoup de temps en cuisine au lieu de faire ses devoirs comme toi, proteste. En grandissant, sache que la soumission et la faiblesse sont des anomalies: la femme est ton partenaire. Si vous coopérez, elle peut te compléter.
Rokhaya remercia le Dr Shettles et décida d’ouvrir les yeux. Elle jeta un regard circulaire dans sa chambre et remarqua une feuille de papier pliée en deux sur son bureau. Alors elle la déplia et découvrit la lettre qu’elle avait écrite dans son rêve.
Ce texte a été écrit dans le cadre d’un futur projet éducatif et artistique au Sénégal, Gno Yam (Nous sommes égaux).
Fatoumata Sissi Ngom est analyste de politiques, écrivaine (Le silence du totem, 2018), (La tragédie des horizons, Revue Apulée, 2020), ingénieur en informatique et en mathématiques financières et diplômée de Sciences Po Paris.
LA CHRONIQUE HEBDO DE PAAP SEEN
LE CHAPITRE FÉMININ
EXCLUSIF SENEPLUS - Le statut social des femmes, ainsi que les représentations féodales qu’elles subissent justifient, en grande partie, notre retard économique et politique. C’est une masculinité nocive - NOTES DE TERRAIN
La grosse vague arrivera forcément. Si c’était un jeu, on aurait pu, dès maintenant, parier. Dans 5 ans ? Dans moins de 10 ans ? Un peu plus tard peut-être ? Rien, pour le moment, ne donne de vraies indications. L’avenir est encore indéchiffrable. Mais, il y a une lame de fond, qui fait son travail, sur internet et qui ne tardera pas atteindre toute la société. Elle préfigure des bouleversements silencieux, qui vont irrémédiablement agir sur le corps social. Il était temps. La vie des femmes au Sénégal, et en Afrique, doit changer. C’est une question politique majeure. Qui n’est pas encore soulevée de manière franche et très audible. Pour l’instant, c’est dans des espaces très réduits, que les femmes confessent leur ras-le-bol. Sur Twitter, on ne peut pas passer à côté des désirs de libération. Depuis quelques temps, des jeunes femmes y engagent des discours musclés contre le patriarcat. C’est aussi sur les réseaux sociaux que le collectif « Doyna ! », contre les violences faites aux femmes, se fait le plus entendre. L’engagement de ces femmes n’est pas encore « musculaire », dans le sens d’un militantisme social et politique. Toutefois, le discours d’émancipation, qu’elles portent, est nécessaire. Il permet de conflictualiser les rapports de genre. De les rendre visibles et politiques.
Les réseaux sociaux sont aussi des espaces de liberté et d’émancipation. Ils peuvent aussi être une caisse de résonance de la société. De ses valeurs et de ses tourments. Je suis tombé sur deux posts, dernièrement, sur Twitter. De deux femmes. L’une dénonçant le harcèlement permanent dont elle est victime. L’autre relatant les abus sexuels subis durant sa petite enfance. À vrai dire, je connais des vraies histoires de viols. Je sais aussi que la chosification de la femme, dans notre pays, est une réalité. Objets de désir, objets sexuels, ou simples objets de procréation. Le regard de l’homme sénégalais, sur la femme, est presque toujours celui d’un prédateur ou d'un oppresseur. Il faut écouter les propos moralisateurs sur les devoirs de la femme, à l’égard de sa famille, de son mari, de sa progéniture. Elles sont tout le temps infantilisées. Il y a toute une sémantique aliénatrice. La femme doit accepter, subir. Baisser le regard et la garde. Elle est en permanence rabaissée. Les rapports sociaux, entre hommes et femmes, sont de fait biaisés.
L’infériorisation de la femme est fortement ancrée dans notre système de valeurs. La production sociale veut que la femme reste l’obligée de l’homme. Chacun peut le vérifier à la lumière de son expérience personnelle. Les garçons et les filles n’ont pas les mêmes armes, au départ, pour réussir dans la vie. Les filles ont plus d’obligations et de tâches, à effectuer. Il y a une plus grande exigence, les concernant. Elles doivent se préparer à un univers social impitoyable, à leur égard. Les garçons ont toujours plus de liberté. Un meilleur accès à l’épanouissement personnel, de moindres devoirs contractuels à l’endroit de la morale sociale. La société sénégalaise prépare les garçons à être conquérants et dominateurs, contre les femmes. Concernant ces dernières, leur utilité sociale répond à deux injonctions : assouvir les désirs des hommes et leur donner une progéniture. Les femmes sénégalaises subissent un manque de considération effroyable. Elles sont précarisées, harcelées sexuellement et psychologiquement, violentées. Et tout cela est structurel.
Un regard lucide s’apercevra de l’occurrence entre la misère endémique, dans les sociétés africaines post-coloniales, et la place attribuée à la femme. Le statut social des femmes, ainsi que les représentations féodales qu’elles subissent justifient, en grande partie, notre retard économique et politique. Une communauté qui empêche la mobilité sociale et l’épanouissement de tous ses membres est vouée à l’échec. L'implication et le respect de l’intégrité des femmes sera le pas décisif vers le salut, pour tous les citoyens africains. C’est la seule manière de prendre en compte l’intérêt général. Et de sortir de notre marasme civilisationnel. Thomas Sankara, dans son discours d’orientation politique, en octobre 1983 le soulignait : « Le poids des traditions séculaires de notre société voue la femme au rang de bête de somme. Tous les fléaux de la société coloniale, la femme les subit doublement : premièrement, elle connaît les mêmes souffrances que l’homme ; deuxièmement, elle subit de la part de l’homme d’autres souffrances. »
Dans notre pays, l’Etat pousse à la participation politique des femmes, et essaie de leur attribuer une place dans le système éducatif et académique. Ainsi, en 2015, au Sénégal, le taux brut de scolarisation des filles était de 63,3 %, contre 56,6 % pour celui des garçons. Sur le plan institutionnel, la loi sur la parité a permis aux femmes d'occuper 70 places à l’Assemblée nationale, soit un taux de représentation de 42 %. Mais leur inclusion dans le système social est entravée. En 2014, l’indice d’inégalité de genre, qui calcule la différence entre sexe dans un pays, place le Sénégal à la 125ème place sur 162 pays. En même temps, l’indice de développement humain qui mesure le développement humain d’un pays à partir du produit intérieur brut, de l’espérance de vie et du niveau d'éducation des habitants d’un pays, fixe le Sénégal à la 166ème place sur 189 pays. Il s'agit bien de cela : nous sommes pauvres parce que nous ne respectons pas les femmes.
Pour un bond en avant. Une civilisation est en expansion lorsqu’elle est intransigeante sur l’égalité et le respect de l’intégrité humaine. Il faut être stupide ou avoir un penchant pervers et sadique pour ne pas voir que, sur ce plan, nous sommes très en retard. Au Sénégal, le système social et moral est encore dominé par les hommes. Conservateurs, faussement puritains et insensibles aux droits des femmes. C’est une masculinité nocive. Ainsi, c’est tout le processus de transformation économique, politique et sociale, qui n’avance pas. À cause de l’archaïsme du système, imposé et perpétué par l’élément masculin. Il revient aux femmes d’organiser leur révolution contre les mentalités féodales. Elles doivent refuser l’assignation à la servitude. Dans les familles, dans les foyers, dans l’espace public et social. Le mépris de la femme sénégalaise ne peut plus perdurer. Disons les choses clairement : la phallocratie doit être ouvertement remise en cause. Car c’est une aberration. Une des nombreuses formes de la décadence culturelle.
L’avant-garde qui compose, le mouvement féministe naissant, est encore bourgeoise. C’est normal. Car la majorité des femmes de la banlieue, des quartiers populaires, du monde rural doit ferrailler avec l’existence, déjà difficile. Mais, pour que le féminisme gagne largement du terrain, et s’affirme au Sénégal, de manière durable, la jonction doit être faite entre toutes les femmes. De toutes les couches sociales. Ce combat-là est celui des femmes. Mais, pas seulement. Elles doivent compter sur des alliés masculins. Il s’agit bien, pour les hommes, de défendre les droits de leurs mères, de leurs sœurs et de leurs épouses. De renoncer à certains de leurs privilèges à l’échelle individuelle. Et mieux, il en va de notre souveraineté, à tous, à l’échelle des communautés nationales. On ne peut pas atteindre, en Afrique, l’autosuffisance politique et spirituelle si les femmes ne sont pas émancipées. Ou leur pleine participation à l’œuvre communautaire soumise au veto masculin. Ou encore leur droit à la plénitude nié. Il ne faut pas se faire d’illusions. Les hommes respireront avec les femmes ou ils resteront étouffés dans leurs postures sexistes et débiles. L’émancipation des femmes sera la condition de la Renaissance africaine !
Retrouvez sur SenePlus, "Notes de terrain", la chronique de notre éditorialiste Paap Seen tous les dimanches.