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6 avril 2025
International
L’EX-PRESIDENT ALI BONGO EN GREVE DE LA FAIM
Au Gabon, l'ancien président Ali Bongo et ses deux plus jeunes fils Jalil et Bilal ont entamé une grève de la faim pour protester contre la « séquestration » et les « actes de torture » dont plusieurs membres de leur famille seraient victimes.
Au Gabon, l'ancien président Ali Bongo et ses deux plus jeunes fils Jalil et Bilal ont entamé une grève de la faim pour protester contre la « séquestration » et les « actes de torture » dont plusieurs membres de leur famille seraient victimes. L’annonce a été faite mardi 14 mai par leurs avocats, qui indiquent également qu'une plainte a été déposée devant le tribunal judiciaire de Paris.
Les maîtres François Zimeray et Catalina de la Sota ont publié un communiqué annonçant leur dépôt d'une plainte avec constitution de partie à Paris. Cela alors que le général Brice Oligui Nguema, à la tête du Gabon depuis le putsch d'août 2023, doit se rendre à Paris dans les prochains jours. Avec cette procédure, la défense de la famille Bongo vise à obtenir la désignation d'un juge d'instruction en France pour enquêter sur ces accusations.
Une première plainte simple déposée par l'épouse d'Ali, Sylvia Bongo, le 1er septembre, deux jours après le coup d'État, pour dénoncer cette détention arbitraire, a déjà été classée en octobre, d'après les avocats.
La nouvelle plainte dénonce une « arrestation illégale, la séquestration aggravée par des actes de tortures et les actes de barbarie commis à l'encontre d'Ali Bongo Ondimba, de Sylvia Bongo et de leurs fils Noureddin, Jalil et Bilal », les quatre premiers étant présentés comme ressortissants français.
D'après les conseils, Noureddin Bongo a été « torturé à plusieurs reprises, battu avec un marteau et un pied-de-biche, étranglé, fouetté ou encore électrocuté au taser. Sylvia Bongo, contrainte d'assister aux tortures [...], a également été battue et étranglée, dans le cadre d'une dépossession sans limite des biens de la famille ».
Ali, Jalil et Bilal ont quant à eux « été assignés à résidence, privés de moyens de communication avec l'extérieur et également soumis à des actes de torture », soutiennent encore les conseils.
Dans une interview à RFI, Me François Zimeray explique que des membres de la famille Bongo ont décidé de commencer une grève de la faim, « parce que cela fait neuf mois que cette famille est privée de sa liberté, que leur mère et leurs frères sont arrêtés et torturés, et qu’eux-mêmes ne jouissent d’aucun des droits fondamentaux qui sont reconnus à chacun ».
par le chroniqueur de seneplus, Jean Pierre Corréa
MULTIPLE PHOTOS
UN MERVEILLEUX BOUILLON DE CULTURE…S
EXCLUSIF SENEPLUS - Du 16 mai au 16 juin, Blaise Senghor est au faîte de la Culture urbaine et surtout…en fêtes. Parce que Dakar, avec ou sans Biennale mérite "Encounters" avec un éventail impressionnant d'œuvres au programme
Le monde des Arts du Sénégal est encore tout abasourdi du report de la Biennale de Dakar, du fait des lacunes du régime sortant qui avait jugé plus important de classer Monument Historique l’école primaire où Macky Sall avait fait ses classes, que de maintenir cette prestigieuse manifestation au niveau où des hommes et des femmes de notre pays, pétris de qualités humaines et artistiques, l’avaient élevée dans l’agenda mondial de la culture et des arts plastiques et visuels. Heureusement, aujourd’hui, des initiatives tendent à prouver qu’il ne serait pas si stupide de privatiser la culture, tant le milieu artistique sénégalais démontre à l’envi, sa turbulente vitalité et son joyeux bouillonnement.
Mais heureusement, pendant que certains avaient de « la fuite dans les Idées », d’autres s’amusaient à montrer qu’ils avaient de la suite dans les leurs, et ont pu à travers un collectif dynamique et inventif, nommé avec toute la fierté requise « Black Rock Sénégal », mettre en œuvre leur deuxième exposition de groupe au Sénégal, au nom évocateur d’Encounters, organisée par le Dr Jareh Das. Cette exposition sera présentée au Centre culturel Blaise Senghor du 16 mai au 16 juin 2024, dans un Centre culturel bellement rénové par Black Rock Sénégal.
Du 16 mai au 16 juin Encounters présente un éventail impressionnant de médias artistiques, comprenant la peinture, la sculpture, les installations, la photographie, la gravure, le dessin, le cinéma et le multimédia.
Chaque artiste participant à cette exposition a effectué une résidence à Black Rock Sénégal de 2022 à 2024.
Les œuvres exposées expriment l'engagement profond des artistes envers les grandes questions culturelles et sociales, illustrant des ères où pensées et actions entrent en collision, se contrastent, convergent et s'entremêlent.
L’exposition explore le travail d'artistes de différentes générations qui opèrent à l'échelle internationale et proviennent de divers horizons sociaux et culturels. Ils sont unis par leur passage au Sénégal, un lieu où chacun a pu évoluer et repousser les limites de sa pratique artistique hors de son contexte habituel. Nos intersections actuelles avec les arts visuels et les cultures—tant historiques que contemporaines—ainsi que les diverses théories et méthodologies, positionnent cette exposition comme une plateforme propice à de nouvelles collaborations dans les arts visuels. Elle favorise le croisement des différentes manières de penser, de créer et de réaliser dans le domaine artistique.
À propos de Black rock Sénégal
La résidence rassemble des artistes internationaux qui viennent vivre et travailler à Dakar, au Sénégal, pour des séjours de 1 à 3 mois. La mission de ce collectif ardent est de soutenir la nouvelle création artistique par le biais d'échanges collaboratifs et d'inciter au changement dans le discours mondial sur l'Afrique.
Le design composé de la Résidence Black Rock a été conçu par l'architecte Sénégalais Abib Diène avec une collaboration pour la décoration intérieure entre Wiley, Fatiya Diène, architecte et Aissa Dione.
Cette aventure est une invitation pour les artistes à s'engager avec les artistes sénégalais.
Venez découvrir ce résultat, saisissant de créativité enthousiaste et de générosité artistique, et promenez-vous sous de surprenantes cimaises et autres installations d’une étonnante diversité.
Ce 16 mai, la musique sera aussi en fêtes avec une scène où de célèbres DJ se produiront dès 20 heures dans un Centre Blaise Senghor, rénové et offert à l’esprit festif que seuls des arts visuels et plastiques savent encore offrir à nos émotions en quête de curiosités créatives.
À propos de Kehinde Wiley
Kehinde Wiley est un artiste visuel de renommée mondiale, surtout connu pour ses représentations dynamiques d'individus afro-américains et afro-diasporiques contemporains qui renversent les hiérarchies et les conventions du portrait européen et américain. Travaillant dans les médiums de la peinture, de la sculpture et de la vidéo, les portraits de Wiley défient et réorientent les récits de l'histoire de l'art, réveillant des problèmes sociopolitiques complexes que beaucoup préféreraient rester en sourdine. En 2018, Wiley est devenu le premier artiste afro-américain à peindre un portrait présidentiel américain officiel pour La Smithsonian National Portrait Gallery. L'ancien président américain Barack Obama a choisi Wiley pour cet honneur.
En 2019, l'artiste a lancé sa première sculpture publique à grande échelle à Times Square, New York, un monument équestre en bronze honorant l'héroïsme des jeunes hommes noirs en Amérique. Wiley est le fondateur et président de Black Rock Sénégal. Il vit et travaille à Pékin, Dakar et New York.
Du 16 mai au 16 juin, Blaise Senghor est au faîte de la Culture urbaine et surtout…en fêtes. Parce que Dakar, avec ou sans Biennale des Arts mérite ENCOUNTERS. Ne vous le faites pas raconter.
Par Ismaila A. Guisse
LETTRE DE DEMISSION A L’ALLIANCE POUR LA REPUBLIQUE
Lorsqu’on apprend que le leader d'un parti fait la promotion de l’impunité, de l’injustice et de la médiocrité, lorsque ce même leader a contribué à l’échec de son propre parti aux élections, il est clair que je n’ai plus rien à y faire
Lorsqu’un parti est pointé du doigt du fait de la gestion scandaleuse du foncier national par les hommes de confiance du président, lorsque les rapports de l’OFNAC, de la Cour des Comptes et de l’IGE révèlent des fautes graves liées à la gestion des deniers publics et l’enrichissement illicite, lorsqu’on apprend que son leader avait préféré d’estampiller ses coudes sur ces rapports en refusant de les déclassifier en toute connaissance de cause, lorsqu’il fait la promotion de l’impunité, de l’injustice et de la médiocrité, lorsque ce même leader a contribué à l’échec de son propre parti aux élections, il est clair que je n’ai plus rien à y faire. Un peu plus de quatorze années d’engagement politique a l’APR, avec une collaboration uniquement politique d’autres responsables très engagés de l’APR Canada, au mépris de l’injustice que nous avons subie, je me suis efforcé de promouvoir les réalisations du président Macky Sall, de vulgariser sa vision du PSE à travers les médias et les réseaux sociaux, mais aussi d’assumer les conséquences des errements de son pouvoir et de ses proches collaborateurs, d’oublier ma propre personne pour maintenir l’unité du parti en dépit du manque de considération à l’égard de notre DSE, d’y colmater jour après jour des brèches béantes et des nouvelles stratégies suicidaires inspirées par le président, sa belle-famille et son entourage. Bien que je ne me sois en aucun moment impliqué ni dans la gestion des administrations ni du gouvernement du régime Macky Sall, je me sens concerné, préoccupé et leurré par les informations préoccupantes que les rapports des corps de contrôle ont publiquement révélées.
En conseil des ministres du 17 avril 2024, le nouveau président de la République Bassirou Diomaye Faye et son premier ministre Ousmane Sonko ont ordonné la publication des rapports sur les 5 dernières années de l’OFNAC, de la Cour des Comptes et de l’IGE. Ainsi, ces organes assermentes de l’Etat ont publié plus de 75 documents annuels explosifs révélant des fautes graves, conflits d’intérêts, entorses au code des marchés, infractions présumées pénales commises sur la gestion du fonds de riposte Covid durant les années 2020-2021 ; des nébuleuses affaires sur la délivrance des licences de pêche en violation du code de la pêche maritime par le ministère en charge des pêches, des scandales portant sur une grosse assiette financière allouée à des ministères, destinée à l’acquisition de vivres, de kits détergents, d’autres produits et prestations de services de transport dans le cadre de la lutte contre la pandémie Covid-19 ; des actes de gestion nébuleuse du patrimoine foncier au Sénégal dont le récent dossier de Mbour 4 et la Nouvelle Ville de Thiès. Il a fallu que tous ces rapports soient récemment déclassifiés pour comprendre les raisons pour lesquelles le président Macky Sall, qui était le seul et le premier destinataire de ces dossiers top-secret, avait préféré y poser son coude dans l’ignorance d’authentiques et fidèles militants.
Par ailleurs, les dernières décisions impopulaires prises par le président Macky Sall, à savoir l’amnistie de toutes les violences survenues en 2021-2022-2023, son implication personnelle et l’usage de tous ses moyens pour repousser les élections sous prétexte d’accusation de corruption qu’il impute à Amadou Ba et à des magistrats constitutionnels, ont plongé le pays dans l’incertitude et ont déstabilisé le dernier processus électoral au Sénégal.
À cela s’ajoute une situation de crise institutionnelle sans précédent, entre le Conseil constitutionnel, l’Assemblée nationale et le président de la République, que cela aurait pu engager le pays. De ces situations confuses, les sénégalais ont été incapables d’avoir une idée claire sur la vision et les programmes de tous les candidats à l’élection présidentielle. Sur le plan politiquement interne à l’APR, son discours adressé aux militants à New York le 21 septembre 2023 où le président Macky Sall disait qu’Amadou Ba était un candidat passable mais meilleur que les autres candidats de BBY (en wolof - « Si candidats Benno yeup, Amadou Ba mooy candidat bi si tané ») suivi de son abstinence et du sabotage pendant la campagne du candidat de BBy avec l’aide de ses responsables complices, m’ont permis de douter de la sincérité de son choix. Aux vues de tous ces éléments et après avoir mûrement réfléchi, j’ai pris la décision de démissionner et de quitter l’Alliance Pour la République à compter de la présente date pour devenir libre de tous partis politiques
Soucieux du développement de mon pays, je continuerai à m’y impliquer en m’appuyant sur son développement à travers mon mouvement « Sunu yitte », mais aussi sur mon expertise, mes ressources et mon réseau personnels. Ma priorité sera de continuer les actions sociales et économiques que j’avais initiées l’année dernière à Louga, ensuite je procéderai à l’élargissement de celles-ci au niveau national. Je vous remercie.
Ismaila A. Guisse est membre fondateur d’APR au Canada en 2009, ancien coordonnateur national en 2011- 2018, mandataire national de BBY lors des élections présidentielles et législatives de 2012, ancien coordonnateur-adjoint en 2018- 2024/05. Actuellement Président du mouvement « Sunu Yitte » / « Louga Sunu Yitte » Unis pour le Développement de nos localités
LES DÉFIS D'AIR SÉNÉGAL
Le pavillon national peine à assurer un service de qualité. Son recours fréquent à des appareils âgés et peu réglementés soulève de sérieuses interrogations sur la sécurité de ses vols. Une situation alarmante qui remet en cause la gestion de la compagnie
(SenePlus) - L'incident du 9 mai impliquant un avion affrété par Air Sénégal soulève des questions sur l'état de sa flotte et son recours fréquent à des appareils vétustes, mettant en évidence les défis auxquels la compagnie aérienne nationale est confrontée.
La sortie de piste d'un Boeing 737-300 de la compagnie privée sénégalaise Transair, affrété par Air Sénégal pour un vol vers Bamako, a fait 11 blessés parmi les 85 personnes à bord. Cet incident met en lumière les problèmes récurrents auxquels le pavillon national fait face en raison de son vieillissement de flotte et de sa dépendance croissante à la location d'avions auprès d'autres compagnies, souvent moins réglementées.
Selon Jeune Afrique, l'appareil impliqué, âgé de plus de 30 ans, avait été acheté neuf par la compagnie roumaine Tarom avant d'être retiré du service en 2022 pour être "hors d'usage". Pourtant, depuis mi-janvier 2024, il effectuait des vols réguliers pour Transair, une compagnie dont la flotte a un âge moyen de près de 29 ans, bien supérieur à celle d'Air Sénégal.
"En principe, une compagnie labellisée IOSA ne doit passer d'accord qu'avec des compagnies elles-mêmes labellisées, pour assurer un certain standard de qualité et de sécurité", a déclaré un expert de l'aviation à Jeune Afrique, soulignant que Transair n'est pas certifiée IOSA, contrairement à Air Sénégal.
Cette collaboration surprenante met en évidence les défis auxquels Air Sénégal est confrontée, avec des problèmes moteur récurrents et une pénurie de pièces détachées, qui l'obligent à louer régulièrement des avions auprès d'autres compagnies. Comme l'explique Jeune Afrique, "le 14 mai, c'est un A340-300 loué à la compagnie maltaise Hi-Fly de plus de 20 ans et son équipage qui ont effectué le vol entre Dakar et Paris en lieu et place des A330 de la compagnie".
Alioune Badara Fall, le directeur général d'Air Sénégal, a assuré que "cette collaboration qui ne date pas d'aujourd'hui se fait sous la supervision de la direction qualité" et que "tout est orthodoxe" dans le contrat avec Transair. Cependant, les raisons précises de l'incident du 9 mai restent à déterminer par le Bureau d'enquête et d'analyse (BEA) sénégalais.
Un ancien pilote cité par Jeune Afrique penche pour l'erreur humaine, affirmant qu'"une panne inopinée, cela arrive, mais il est impossible de sortir ainsi de la piste dans des conditions normales". Il souligne que les procédures ont pu ne pas être respectées lors de la seconde tentative de décollage.
En fin de compte, cet incident met en évidence les défis majeurs auxquels Air Sénégal doit faire face, notamment le vieillissement de sa flotte et sa dépendance croissante à des appareils loués auprès de compagnies moins réglementées. Une situation préoccupante qui soulève des questions sur la sécurité et la qualité du service offert par le pavillon national sénégalais.
L'OMBRE TUTÉLAIRE DE MAMADOU DIA PLANE SUR LA NOUVELLE PRÉSIDENCE
Longtemps occulté, ce "premier souverainiste sénégalais" fascine aujourd'hui la jeunesse panafricaine et anti-impérialiste. Cette tendance à la réhabilitation de l'ancien président du Conseil transparaît jusqu'au plus haut sommet de l'État
(SenePlus) - La figure de Mamadou Dia, président du Conseil de 1960 à 1962 avant d'être écarté du pouvoir par Léopold Sédar Senghor, connaît un regain d'intérêt ces dernières années, notamment auprès de la jeunesse. Depuis son élection à la présidence le 24 mars dernier, Bassirou Diomaye Faye, connu pour être un admirateur de Dia, semble vouloir s'inscrire dans l'héritage de cet homme politique emblématique, selon une analyse du site d'information Afrique XXI.
"Vous avez devant vous un diaïste convaincu !", s'exclame Ousmane Barro, militant du parti présidentiel Pastef, cité par Afrique XXI. Le siège même du parti à Dakar porte le nom de "Keur Mamadou Dia" (Maison Mamadou Dia) en hommage à celui qui incarna, l'espace de deux ans seulement, les aspirations d'indépendance réelle et de développement autocentré du Sénégal.
Si la jeunesse se réapproprie aujourd'hui Mamadou Dia, c'est que ce "premier souverainiste sénégalais", selon les termes d'Ousmane Barro, symbolise la lutte contre le néocolonialisme et pour un "développement par en bas des campagnes". Son programme d'"animation rurale" et de "politique autogestionnaire", inspiré du socialisme, l'avait rapidement mis en porte-à-faux avec les élites locales, de l'establishment politique aux marabouts mourides impliqués dans l'économie de l'arachide.
Arrêté en 1962 après une violente crise institutionnelle, Mamadou Dia fut condamné au bagne à Kédougou. Libéré en 1974, cet homme "réservé" et "rigoureux", décrit par Afrique XXI, continua d'influencer une partie de la jeunesse sénégalaise, attirée par ses idées réformistes en matière agricole et religieuse.
"Toutes ses réflexions sur le réformisme islamique, la revivification d'un message religieux de combativité sociale [...] intéressent de nombreux jeunes", souligne ainsi Dialo Diop, un dirigeant de Pastef cité par le média en ligne.
Au-delà de Dia, c'est "tout un pan de l'histoire" anticoloniale et contestataire du Sénégal qui resurgit aujourd'hui, des grèves cheminotes de 1947 immortalisées par Ousmane Sembène aux luttes syndicalistes marginalisées par le régime postrévolutionnaire. "À travers Mamadou Dia, c'est tout un pan de notre histoire qu'on soulève et redécouvre", se réjouit Ahmadou Djibril, jeune militant cité par Afrique XXI.
Cette soif de réhabilitation historique transparaît dans le programme de Pastef, qui promeut une "éthique du travail" et "la nécessité de démarchandiser la politique", autant de principes chers à Mamadou Dia. Si celui-ci a incarné un temps les espoirs d'émancipation du Sénégal postcolonial avant d'être écarté, son autoritarisme envers les franges radicales lui a aussi valu des inimitiés durables. Mais pour la nouvelle génération au pouvoir, brandir l'étendard diaïste semble désormais un moyen de se démarquer d'un "récit national lissé" et d'inscrire son action dans l'héritage historique des luttes pour l'indépendance réelle.
HAMEDINE LAMINE KANE SOUPÇONNE LE MINISTÈRE DE L’INTÉRIEUR DE VOULOIR INVALIDER SA CANDIDATURE
Le candidat à la présidentielle mauritanienne a accusé le gouvernement d’exercer des pressions sur les préfets pour qu’ils refusent de valider les signatures nécessaires au parrainage.
Le candidat indépendant Hamedine Lamine Kane a accusé, dans un communiqué, le gouvernement par le biais du ministère de l’Intérieur d’exercer des pressions sur les préfets pour qu’ils refusent de valider les signatures nécessaires au parrainage
« Nous nous adressons à vous aujourd’hui avec une grave préoccupation concernant les élections présidentielles en Mauritanie, prévues pour le 29 juin 2024. Nous assistons à un acte profondément anti-démocratique qui menace le processus électoral et les principes fondamentaux de notre société. Le dépôt des candidatures pour ces élections est imminent, fixé au 15 mai. Cependant, nous avons découvert que le gouvernement, par le biais du ministère de I’Intérieur, exerce des pressions sur les préfets pour qu’ils refusent de valider les signatures nécessaires au parrainage du candidat indépendant Dr Hamedine Lamine Kane », a-t-il alerté.
Scrutin prévu le 15 mai
Selon lui cette tentative flagrante de bloquer la candidature d’un individu légitime est inacceptable.
« Cela va à l’encontre des valeurs démocratiques que nous, en tant que société, devons protéger et promouvoir. Nous soulignons également que le candidat visé, Dr Hamedine Lamine Kane, a un projet qui suscite un intérêt réel et une adhésion significative de la part de nombreux citoyens mauritaniens », note le document.
Le candidat indépendant estime, cette situation est d’autant plus alarmante compte tenu du rôle actif de la Mauritanie en tant que présidente de l’Union africaine.
« En tant que pays membre de cette organisation et représentant de ses valeurs, il est impératif que la Mauritanie montre l’exemple en matière de démocratie et de respect des droits politiques de ses citoyens. Nous appelons donc à votre aide précieuse pour faire entendre cette injustice ».
« Ensemble, nous pouvons faire pression sur le gouvernement mauritanien pour qu’il respecte les principes démocratiques et garantisse un processus électoral juste et équitable pour tous les candidats », a-t-il déclaré.
TUNISIE, LES MULTIPLES ARRESTATIONS INQUIÈTENT L’UE
L’Union européenne précise que les libertés d’expression et d’association, au même titre que l’indépendance de la justice, sont garanties par la Constitution tunisienne et constituent le socle de son partenariat avec le pays.
Dakar, 14 mai (APS) – L’Union européenne (UE) a fait part de son ‘’inquiétude’’ suite aux récentes arrestations de plusieurs figures de la société civile, de journalistes et d’acteurs politiques en Tunisie, a indiqué mardi son porte-parole, Nabila Massrali.
‘’L’Union européenne a suivi avec inquiétude les récents développements en Tunisie, notamment les arrestations concomitantes de plusieurs figures de la société civile, de journalistes et d’acteurs politiques’’, a-t-elle dit dans une déclaration publiée sur le réseau social X.
Nabila Massrali a rappelé ‘’le rôle fondamental’’ que les associations de la société civile et les médias jouent dans toutes les démocraties.
L’Union européenne précise que ‘’les libertés d’expression et d’association, au même titre que l’indépendance de la justice, sont garanties par la Constitution tunisienne et constituent le socle” de son ”partenariat’’ avec la Tunisie.
Nabila Massrali a rappelé que la Tunisie est un pays qui s’est de tout le temps distingué par le dynamisme de sa société civile et c’est dans ce sens que ‘’l’Union européenne continuera à travailler conjointement avec les associations afin de soutenir leurs activités dans le respect du cadre juridique en place’’.
L’avocate Sonia Dahmani fait l’objet d’une enquête, depuis samedi, pour diffusion de “fausses informations dans le but de porter atteinte à la sûreté publique” et “incitation à un discours de la haine”.
Les chroniqueurs Mourad Zeghid et Borhen Bsaies ont été placés en détention dimanche pour des critiques sur la situation du pays.
par Jean-Luc Mélenchon
À L'ÉCOUTE DE LA LEÇON SÉNÉGALAISE
Notre thème en marge de mon séjour dakarois sera l’étude des causes ayant provoqué l’insurrection populaire et des méthodes ayant permis la victoire électorale contre le régime libéral de Macky Sall devenu autoritaire
Du 14 au 19 mai, je séjourne au Sénégal, à l’invitation du chef du gouvernement et président du Pastef, monsieur Ousmane Sonko, et de l’École supérieure de commerce de Dakar (SUPDECO). Depuis, une université publique nous fait aussi l’honneur de nous recevoir pour une conférence avec Ousmane Sonko.
Les deux premiers m’avaient invité depuis plusieurs mois. Nous étions dans le feu de la première phase de l’insurrection. D’abord poursuivi, dans un pur lawfare (coup monté judiciaire à finalité politique), Ousmane Sonko avait été emprisonné. On retrouva là le scénario traditionnel qui a frappé au Brésil, en Mauritanie, aux Philippines, en France (contre moi et mes proches), et récemment en Espagne, d’abord contre Podemos, puis contre Pedro Sánchez du PSOE : lancement d’une campagne médiatique prétexte à « autosaisine » judiciaire.
Divers agents d’influence nous approchèrent en vain pour nous alerter sur « le cas Sonko » et des « graves révélations » qui devaient intervenir. Dans le contexte de manifestations et de répression ultra-violente, l’École supérieure de commerce avait accepté de reporter son invitation à tenir ma conférence de sciences politiques. Mais, tout au long des évènements, les Insoumis avaient soutenu de toute leur force Ousmane Sonko et ses camarades dans leur combat pour la démocratie. Nous avons d’ailleurs tenu une conférence Skype, Arnaud Le Gall et moi avec Sonko et son équipe pour faire le point.
Depuis, le peuple a eu le dernier mot au Sénégal. Le prisonnier politique Ousmane Sonko est devenu Premier ministre, son parti et son candidat ont gagné l’élection présidentielle. Le pays s’est apaisé en s’engageant vers un tout nouvel horizon. De la sorte, les établissements d’enseignement supérieur, gardiens de la liberté d’esprit, sont en excellente situation pour m’accueillir en toute liberté. Heureuse différence d’attitude avec la France, où j’ai déjà été interdit de conférence par les universités de Bordeaux, Rennes et Lille, à la demande de groupes racistes ou de personnalités de la droite et de la macronie, universitaires ou pas.
Mon objectif était d’abord de présenter mon livre Faites mieux, comme j’avais prévu de le faire dans les universités francophones. J’avais commencé au Maroc, à Casablanca, et continué à Kinshasa. Très récemment, j’étais en Arménie à Erevan, dans le même but. Mon premier projet était d’enchaîner la conférence de Casablanca et celle de Dakar. Je voulais m’adresser aux intellectuels et universitaires sénégalais qui souhaiteraient connaître les nouveaux paradigmes d’analyse de notre époque que je propose depuis la publication de L’Ère du peuple et mes trois candidatures pour la campagne présidentielle. Mais vite, nous en fûmes au début de la mobilisation populaire. Rien n’aurait été plus contre-performant pour chacun que de donner l’impression d’une ingérence de ma part.
L’instrumentalisation de la justice contre Ousmane Sonko et ses amis, les violences gouvernementales qui ont suivi ont fait craindre la fin de la démocratie au Sénégal. On a vu alors la magnifique mobilisation engagée par le peuple mobilisé. Elle a non seulement permis d’éviter le pire, mais surtout ouvert de toutes nouvelles perspectives pour le Sénégal. Ce dénouement, autant que ses prémices, sont un cas concret de révolution citoyenne. Et il aura conduit ses porte-paroles au pouvoir. Leur rude tâche est dorénavant d’assurer la mise en œuvre du programme des attentes populaires. Ce processus nous intéresse au plus haut point. Le moment est favorable pour l’étudier auprès de ceux qui en ont été les principaux porte-paroles.
Mon séjour et celui de ma délégation prévoient un ensemble d’activités partagées. Nous aurons donc deux conférences et diverses interventions retransmises sur ma chaîne YouTube et celle de l’Insoumission des rencontres avec les hautes autorités de l’État, des temps symboliques, des rencontres avec le monde politique et associatif. Notre thème commun sera l’étude des causes ayant provoqué l’insurrection populaire et des méthodes ayant permis la victoire électorale contre le régime libéral de Macky Sall devenu autoritaire.
Comme d’habitude, nous formons une délégation très organisée. Elle forme une équipe de travail. Elle est coordonnée par Lise Maillard. Elle est composée à notre mode demi-institutionnel, demi-militant de Nadège Abomangoli, députée insoumise de Seine-Saint-Denis, secrétaire de la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale, Arnaud Le Gall, député insoumis du Val-d’Oise, coordinateur du livret international de LFI, Manuel Bompard, député insoumis des Bouches-du-Rhône, coordinateur général de LFI. Paola Collado assurera la chronique pour notre site d’info « l’Insoumission » et notre site international « le Monde en commun » ainsi que le compte rendu pour le laboratoire Révolution citoyenne de l’Institut La Boétie qui assure la documentation technique de la délégation. Se joint à nous Aurélien Taché, député du Val-d’Oise, membre du groupe parlementaire EELV, en charge d’un rapport pour l’Assemblée nationale sur l’avenir de la Francophonie.
L'ÉTAT PASSE AU CRIBLE LES TITRES FONCIERS DU DOMAINE PUBLIC
Par arrêté du Premier ministre, une commission vient d'être créée pour vérifier un à un les titres de propriétés délivrés dans cette zone. Juridique, environnemental, social : tous les aspects seront audités avant un rapport au président
(SenePlus) - Le Premier ministre Ousmane Sonko a pris un arrêté ce 13 mai 2024 portant création d'une "Commission ad hoc chargée du contrôle et de la vérification des titres et occupations sur les anciennes et nouvelles dépendances du Domaine Public Maritime (DPM) dans la Région de Dakar". Cet arrêté n°006632, dont l'intégralité a été consultée, fait suite à des préoccupations croissantes sur la légalité de certaines occupations du littoral dans la capitale.
Selon l'article 1er, cette commission instituée "au sein de la Primature" aura pour mission de "procéder à la vérification de la légalité et de la conformité des titres délivrés et occupations faites dans les zones ciblées".
Une composition interministérielle et multisectorielle
La composition de cette commission témoigne de la volonté d'avoir une approche transversale et inclusive sur cette question sensible. Comme le stipule l'article 2, elle sera "présidée par le Ministre, Secrétaire général du Gouvernement" et "coordonnée par le Ministre des Finances et du Budget", son secrétariat étant "assuré par le Ministre de l'Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l'Aménagement des territoires".
Outre les ministères techniques concernés (Finances, Urbanisme, Environnement, Justice), la commission comprendra des représentants de diverses institutions dont l'Assemblée nationale, le Conseil Économique Social et Environnemental, le Haut Conseil des Collectivités Territoriales, les ordres professionnels d'avocats, notaires, architectes et géomètres, ainsi que la société civile à travers un représentant du Laboratoire national de référence dans le Bâtiment et Travaux publics.
"La commission peut s'adjoindre les compétences jugées utiles de toute autre personne", précise l'arrêté, montrant l'ouverture pour une participation élargie.
Deux groupes de travail thématiques
Pour mener à bien ses travaux, la commission sera scindée en deux groupes :
- Un groupe sur "les aspects juridiques et techniques"
- Un groupe sur "les impacts sociaux et environnementaux"
Cette répartition en deux volets distincts mais complémentaires permettra "de procéder à la vérification de la légalité et de la conformité des titres délivrés et occupations faites", comme l'indique la mission principale.
Un rapport très attendu
A l'issue de ses travaux, la commission devra produire "un rapport qui sera soumis à la Très haute attention de Monsieur le Président de la République", peut-on lire à l'article 3. Ce rapport fera sans doute l'objet d'une grande attention au sein de l'opinion publique et des populations riveraines, qui suivent avec beaucoup d'intérêt ce dossier sensible lié à l'aménagement du littoral dakarois.
Suspension des travaux pour deux mois
Dans l'attente des conclusions de cette commission, l'arrêté prévoit dans son article 4 "à titre conservatoire, (que) instruction est donnée au Directeur Général de la Surveillance et du Contrôle de l'Occupation du Sol, de procéder à la suspension de toutes les constructions et autres travaux sur les anciennes dépendances du Domaine Public Maritime (DPM) dans la Région de Dakar, pour un délai de deux (02) mois, à compter de ce jour."
Cette mesure conservatoire vise à geler la situation en attendant que la commission fasse toute la lumière sur la légalité des titres fonciers et occupations dans cette zone particulièrement sensible du littoral dakarois.
DIALOGUE ET APRES ?
Le dialogue inter-Maliens est terminé : et maintenant ? Le 10 mai 2024, après un mois de discussions organisées par les autorités maliennes de transition, quelque 300 recommandations ont été formulées par les participants.
Le dialogue inter-Maliens est terminé : et maintenant ? Le 10 mai 2024, après un mois de discussions organisées par les autorités maliennes de transition, quelque 300 recommandations ont été formulées par les participants. Parmi lesquelles, notamment, la prolongation de la transition « jusqu'à la stabilisation du pays ». Durée estimée : deux à cinq ans. Les partis politiques maliens ont dénoncé, dans une déclaration rassemblant la quasi-totalité des formations du pays, un « grotesque piège politique » orchestré par les autorités de transition pour se maintenir au pouvoir. Que peut-il se passer à présent ?
Parmi les recommandations les plus notables : la prolongation de la transition, la possibilité pour le colonel Assimi Goïta de se présenter à la présidentielle - lorsqu'elle sera organisée - ou encore l'élévation des colonels qui dirigent actuellement le pays au grade de général.
Pour autant, aucune décision n'a été prise, ou du moins annoncée, à ce stade. Il appartient désormais aux organes de transition, c'est-à-dire au gouvernement ou au Conseil national de transition (CNT) - qui fait office d'assemblée législative - de se saisir de ces recommandations et de les mettre en œuvre. Aucune échéance n'a été fixée, mais on peut donc s'attendre bientôt à de nouveaux projets de loi ou de décrets.
C'est en tous cas la démarche rappelée par le colonel Assimi Goïta lui-même lors de la clôture des travaux - il a demandé aux organes de transition une application « diligente », rapide, des recommandations - décriées par la quasi-totalité des partis politiques maliens, qui soulignent que les participants au dialogue ne sont pas des élus mandatés par le peuple, et qui estiment que leurs conclusions ne devraient donc pas être « exécutoires ».