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6 avril 2025
International
LA FRANCE REND SES CLÉS AU SÉNÉGAL EN SEPTEMBRE
Cette échéance aurait été évoquée lors d'une visite de courtoisie du général Pascal Ianni, chef du commandement pour l'Afrique, auprès du chef d'état-major sénégalais, le général Mbaye Cissé, la semaine dernière
(SenePlus) - Le Sénégal s'apprête à fermer définitivement les dernières bases françaises sur son territoire. Selon les informations de RFI, cette décision majeure prendra effet en septembre 2025, marquant ainsi la fin d'une présence militaire permanente française dans ce pays d'Afrique de l'Ouest.
Cette échéance a été évoquée lors d'une visite de courtoisie du général Pascal Ianni, chef du commandement pour l'Afrique, auprès du chef d'état-major sénégalais, le général Mbaye Cissé, la semaine dernière. Bien que le calendrier ne soit pas encore définitivement arrêté, septembre 2025 apparaît comme l'horizon privilégié pour la remise du camp Geille, dernière base militaire française d'importance au Sénégal, aux forces armées sénégalaises.
La présence militaire française au Sénégal compte actuellement plus de 200 militaires et leurs familles stationnés au camp Geille, situé dans le quartier de Ouakam au centre-ville de Dakar, ainsi qu'une vingtaine de personnels sur la base de Rufisque, en périphérie de la capitale. Comme l'explique une source militaire française citée par RFI, le choix de septembre s'explique par des considérations pratiques : "Les mouvements de mutation au sein de l'armée se font à l'été" et des "raisons familiales et logistiques" justifient cette période.
Le processus de désengagement est déjà en cours, puisque trois autres emprises militaires françaises - les bases Maréchal et Saint-Exupéry près du port, ainsi que la base Protet dans l'enceinte navale sénégalaise - sont déjà vides et fermées depuis le premier semestre 2024, selon les déclarations de l'armée française à RFI.
L'avenir des relations militaires franco-sénégalaises reste à définir. Des discussions techniques doivent reprendre prochainement, même si aucune date n'a encore été fixée. Les deux parties se disent confiantes, mais le principal enjeu réside désormais dans la définition des futures modalités de coopération militaire entre les deux pays.
Cette décision s'inscrit dans un contexte plus large de reconfiguration de la présence militaire française en Afrique, marquant un nouveau chapitre dans les relations entre la France et ses anciens territoires sur le continent africain.
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SAIF AL-ISLAM KADHAFI ACCABLE NICOLAS SARKOZY
Le fils de l'ancien dirigeant libyen révèle avoir supervisé personnellement le versement de cinq millions de dollars au clan de l'ex-président français. Il détaille pour la première fois depuis 2011 les dessous de ce financement présumé
(SenePlus) - Dans une interview accordée à Radio France Internationale (RFI), Saif al-Islam Kadhafi, fils de l'ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, brise plus d'une décennie de silence sur l'affaire du financement présumé de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007. Ces déclarations interviennent alors que l'ancien président français et onze autres prévenus comparaissent actuellement devant la justice à Paris.
Dans cet échange écrit, sa première prise de parole sur le sujet depuis 2011, Saif al-Islam Kadhafi fait des révélations particulièrement détaillées sur le montant et les modalités du financement présumé. Il affirme avoir personnellement supervisé le transfert de 5 millions de dollars en espèces au "clan Sarkozy". Selon ses déclarations à RFI, la moitié de cette somme, soit 2,5 millions de dollars, aurait été destinée au financement de la campagne présidentielle de 2007, en contrepartie d'accords et de projets favorables à la Libye.
Le fils de l'ancien guide libyen précise que l'autre moitié du versement aurait servi à obtenir l'arrêt des poursuites dans l'affaire de l'attentat du DC-10 d'UTA, survenu le 19 septembre 1989, qui avait fait 170 victimes et pour lequel Abdallah Senoussi, beau-frère de Mouammar Kadhafi, avait été condamné par contumace en 1999.
Plus troublant, Saif al-Islam révèle à RFI avoir fait l'objet de trois tentatives d'approche distinctes depuis 2021 visant à lui faire modifier sa déposition auprès des juges français. La première approche aurait été effectuée en 2021 par l'intermédiaire de Souha Al Badri, une consultante basée à Paris. Une seconde tentative aurait eu lieu fin 2022 via Noël Dubus, qui aurait contacté Hannibal Kadhafi, emprisonné au Liban depuis 2015, promettant sa libération en échange d'un changement de témoignage. Une troisième tentative aurait été menée par un Français d'origine arabe, dont l'identité n'a pas été révélée.
Contacté par RFI, Me Thierry Herzog, avocat de Nicolas Sarkozy, rejette catégoriquement ces allégations, les qualifiant de "fausses", "fantaisistes" et "opportunistes". Il souligne que ces déclarations surviennent au moment précis où s'ouvre le procès et y voit "le cadre d'une vengeance objective", ajoutant que "le dossier est vide".
FACE A TRUMP, L’AFRIQUE N’EST PAS MIEUX PRÉPARÉE QU’IL Y A 8 ANS
Le continent est-il mieux préparé face à Trump II ? L’historien sénégalais Mamadou Diouf, enseignant à Columbia University, aux États-Unis, analyse les enjeux
Entretien réalisé par Seydou KA |
Publication 22/01/2025
Durant son premier mandat, Donald Trump avait traité l’Afrique avec mépris, prenant de court ses dirigeants. Le continent est-il mieux préparé face à Trump II ? L’historien sénégalais Mamadou Diouf, enseignant à Columbia University, aux États-Unis, analyse les enjeux.
À quoi l’Afrique doit-elle s’attendre pour ce deuxième mandat de Donald Trump ?
Le président Trump n’a pas fait mention de l’Afrique dans son discours d’investiture. Il a plutôt insisté sur ses thèmes favoris de politique intérieure : l’immigration, la lutte contre les cartels de la drogue (bien sûr latino-américains), le contrôle de la frontière avec le Mexique, l’imposition de tarifs élevés sur les produits importés… Des politiques dont l’objectif est de mettre fin au déclin de l’Amérique, de «restaurer l’hégémonie (Make America great again (Maga movement) et la souveraineté américaines», dans un monde qu’il décrit comme «en colère, violent et imprévisible».
Quelle est la place de l’Afrique dans ce monde qu’il décrit en termes énergétique, technologique et de matières premières ?
L’absence de l’Afrique dans le discours de Trump traduit-elle une marginalisation continue dans la nouvelle économie internationale dominée par les nouvelles technologies ? La présence de Musk, Bezos et Zuckerberg aux premières loges de la cérémonie d’investiture signale-t-elle une réorientation des choix économiques et financiers ?
L’Afrique n’apparait nullement dans ce paysage, d’autant plus que le cri de ralliement («drill baby drill») d’une exploitation de «l’or liquide sous les pieds des Américains» va assurer l’autosuffisance énergétique et une position d’exportateur majeur des États-Unis, en concurrence avec les pays africains producteurs de pétrole et de gaz.
Les dirigeants africains sont-ils mieux préparés qu’il y a 8 ans ?
Je ne pense pas. La réflexion indispensable à une préparation de l’Afrique pour faire face à la nouvelle présidence de Trump doit d’abord faire un état des lieux des effets produits par le premier mandat de Trump (2016-2020). L’Afrique était décrite comme «un trou à m…».
Le positionnement de l’Afrique sur la scène mondiale et la défense de la souveraineté et des intérêts africains ne doivent pas être compris comme une réponse/réaction aux interventions des grandes puissances économiques et politiques. Les engagements africains doivent être proprement déterminés par les situations africaines tout en tenant en compte les effets de la compétition économique sur le continent (Chine, États-Unis et Europe). Aujourd’hui, l’énorme déficit en termes d’infrastructures et de recherches sur les questions relatives aux relations internationales indique la non-préparation de l’Afrique, tant au niveau des États que des institutions régionales et continentales. L’Afrique est à la traîne ; exclue qu’elle est des sites où les décisions relatives aux questions économiques, politiques et financières sont prises. Trump a promis d’expulser des millions de migrants.
À votre connaissance, y a-t-il beaucoup de Sénégalais qui sont concernés ?
Il est difficile de procéder à une évaluation numérique du nombre de Sénégalais légalement ou illégalement présents aux États-Unis. Pour les Africains au sud du Sahara, les estimations tournent autour d’un peu plus de deux millions de personnes (2018), soit 4 % des 43 300 000 migrants. Les Africains ne représentent donc qu’une infime minorité.
Les ressortissants du Nigeria, de l’Éthiopie, du Kenya, de la Somalie, du Ghana et de la République démocratique du Congo font 54 %.
Selon les études menées par le Migration policy institute (Carlos Echeverria-Estrada & Jeanne Batalova, «Sub-Saharan African immigrants in the United States», Nov. 6 2019), 50 % des Africains sont naturalisés Américains et à peu près 97 800 sont des résidents permanents légaux (titulaires de la « carte verte »/green card).
Les sans-papiers (undocumented migrants), à peu près, 900 000, complètent cette population. L’immense majorité de cette population, venant de l’Amérique du Sud et du centre, est la cible principale de Trump. Il est vrai que l’apparence physique (la couleur) et les activités dans l’espace public (livreurs, marchands ambulants…) rendent les Africains plus visibles et plus vulnérables. La conséquence la plus terrible de l’expulsion des migrants africains est la chute draconienne des transferts de fonds des migrants vers leurs pays d’origine et leurs communautés.
Des transferts qui ont été multipliés par 13 depuis 2000 et qui s’élèvent à un peu plus de 45 milliards en 2018, soit 3 % du Gdp de l’Afrique au sud du Sahara (World bank prospects group. 2018, Annual remittance data. Révision, avril 2019).
Dans votre perspective, comment Trump va aborder la compétition avec la Chine sur le continent ?
Le continent africain n’est pas, pour le moment, le terrain principal de la compétition entre la Chine et les États-Unis. L’Amérique latine, l’Asie et l’Europe sont les régions où les deux puissances économiques dominantes vont engager une bataille féroce. Il est clair que les États-Unis, sous Trump, vont tenter de s’assurer le contrôle exclusif du continent américain. L’Afrique deviendra probablement le terrain de la lutte économique et géopolitique entre l’Europe, la Russie et la Chine.
Il est impératif et urgent que les Africains fourbissent les armes dans les registres intellectuels, politiques et économiques, pour s’accorder sur une vision à long terme et une politique commune. Il faut toujours garder à l’esprit que les approches de Trump sont pragmatiques, opportunistes et sans considération éthique. Il est donc indispensable d’accorder une grande place à la flexibilité et à l’innovation.
Trump va-t-il détricoter le système multilatéral et quelles en seraient les conséquences pour le monde et pour l’Afrique ?
Le multilatéralisme est absent de l’arsenal des relations internationales de Trump. Son objectif est de rétablir l’hégémonie américaine (influence politique) et l’hégémonie économique grâce à des méthodes transactionnelles et de désengager les États-Unis des guerres et bases militaires à l’étranger. Ne proclame-t-il pas avec force que son pays ne défendra plus les frontières des pays étrangers (sans le nommer, il fait allusion à l’Ukraine), mais ses propres frontières. Son appel à reconsidérer les rôles et missions de l’Otan est le signe d’un repli géostratégique.
Dans tous les cas, son discours d’investiture ne mentionne pas les Nations unies et son évocation de «l’esprit de la frontière» pour rétablir «la dignité, le pouvoir et la puissance» des États-Unis est un désengagement du multilatéralisme. Les pays qu’il privilégie dans les relations internationales, comme en témoignent les chefs d’État et de gouvernement invités à la cérémonie d’investiture, sont des pouvoirs autoritaires de droite.
Si on se réfère à ce qu’il dit sur le canal de Panama et le Canada, faut-il s’attendre à un retour de l’impérialisme ?
Je pense que dans le cas du Canada, il faut plutôt parler de provocation pour acculer le voisin du Nord à faire des concessions politiques et économiques et à maintenir le pays dans le giron américain en termes de coopération. En revanche, son traitement de la question du canal du Panama relève doublement de la référence impériale. D’une part, Trump dénonce la décision de Jimmy Carter de remettre le canal à l’État de Panama (Torrijos-Carter treaties, 1977). Trump va très certainement évoquer, en cas d’intervention militaire, le premier «Traité concernant la neutralité permanente et le fonctionnement du canal de Panama» qui stipule que «les États-Unis conservent le droit permanent de défendre le canal contre toute menace susceptible d’entraver la poursuite de son service neutre pour les navires de toutes les Nations».
Il peut ainsi évoquer la menace chinoise pour dénoncer le second «Traité du canal de Panama» qui a transféré le contrôle du canal à l’État panaméen à partir du 31 décembre 1999.
Trump a l’intention de le reprendre, car il est une possession américaine. Les Américains, selon lui, ont payé un prix très élevé en ressources financières et vies humaines. D’autre part, il s’élève avec véhémence contre «le contrôle du canal» par les Chinois au détriment des intérêts américains.
L’AES CRÉE UNE FORCE UNIFIÉE
Face à l’escalade djihadiste, les trois pays sahéliens membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) annoncent la mise en place imminente d’une « force unifiée » de 5 000 hommes. Cette armée commune est dotée de moyens aériens, terrestres ...
Face à l’escalade djihadiste, les trois pays sahéliens membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) annoncent la mise en place imminente d’une « force unifiée » de 5 000 hommes. Cette armée commune est dotée de moyens aériens, terrestres et de renseignement.
Le Niger, le Burkina Faso et le Mali, trois pays sahéliens dirigés par des régimes militaires depuis des coups d’État entre 2020 et 2023, franchissent un nouveau cap dans leur coopération sécuritaire. Ces États, réunis au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), ont décidé de créer une armée commune pour lutter contre la menace djihadiste, a annoncé, mardi 21 janvier, le ministre nigérien de la Défense, le général Salifou Mody.
Selon le général, cette force sera composée de 5 000 soldats, appuyée par des moyens aériens, terrestres et de renseignement, et dotée d’un système de coordination avancé. « Dans cet espace commun, nos forces pourront désormais intervenir ensemble », a-t-il affirmé lors d’une interview à la télévision publique nigérienne, précisant qu’il s’agit d’une « question de semaines » avant que cette force ne devienne opérationnelle.
Une réponse à une menace commune
Ces trois pays partagent une vaste zone enclavée de 2,8 millions de kilomètres carrés, soumise depuis une décennie à des attaques récurrentes de groupes armés liés à Al-Qaida ou à l’État islamique. La zone des « trois frontières », en particulier, reste un épicentre de la violence.
Le général Mody a insisté sur la nécessité de mutualiser les efforts pour faire face aux défis sécuritaires communs : « Nous sommes dans un même espace, nous faisons face aux mêmes types de menaces. Cette force unifiée est une réponse nouvelle et sécurisante pour nos populations. »
Un départ effectif de la Cedeao
Parallèlement à cette initiative, les trois membres de l’AES ont réitéré leur rupture avec la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), qu’ils considèrent comme inefficace et partiale. Leur retrait, annoncé il y a un an, deviendra effectif le 29 janvier 2025, conformément aux dispositions de l’organisation.
Les trois pays accusent la Cedeao d’être influencée par la France, ancienne puissance coloniale, et ont choisi de privilégier de nouveaux partenariats stratégiques, notamment avec la Russie, pour répondre à leurs besoins sécuritaires.
LE RÉVEIL CITOYEN BOUSCULE LES URNES
René Lake dresse sur VOA Afrique, le bilan d'une année 2024 charnière pour la démocratie en Afrique. Selon lui, la simple tenue d'élections ne suffit plus à satisfaire une jeunesse de plus en plus exigeante
Dans une intervention approfondie sur VOA Afrique lors de l'ultime édition de l'émission Washington Forum, René Lake, analyste politique, dresse un bilan nuancé de l'année 2024 et esquisse les perspectives pour 2025, mettant en lumière les défis de la démocratie contemporaine.
"La démocratie électorale semble être une réalité sur le continent, mais elle n'est pas synonyme de démocratie effective, de démocratie citoyenne, de démocratie participative", observe Lake, soulignant une crise démocratique qui dépasse les frontières africaines. Selon lui, ce déficit de participation explique largement le mécontentement populaire et les bouleversements politiques observés à travers le monde.
La question de l'Alliance des États du Sahel (AES) et son retrait de la CEDEAO illustre les tensions régionales actuelles. Lake qualifie cette décision d'"incompréhensible", tout en reconnaissant que "les critiques des pays de l'AES vis-à-vis de la CEDEAO sont ressenties par les populations". Il place ses espoirs dans les efforts diplomatiques, notamment ceux du "professeur Abdoulaye Bathyli, diplomate chevronné et grand pan-africaniste".
Sur le plan international, l'analyste évoque la surprise de la réélection de Donald Trump aux États-Unis, survenue après la campagne éclair de Kamala Harris. "Il y a six mois, personne n'envisageait un tel scénario", note Lake, attribuant ce résultat à "la persévérance de Donald Trump, qui lui s'est préparé pendant quatre années sans répit".
Pour 2025, Lake identifie plusieurs enjeux majeurs pour l'Afrique francophone : l'avenir du franc CFA, la situation sécuritaire au Sahel, l'avenir de la CEDEAO, et les développements politiques au Sénégal et en Côte d'Ivoire. Concernant le conflit en Ukraine, il anticipe une possible résolution sous l'administration Trump, probablement "au détriment des Européens et de l'Ukraine en particulier".
L'analyste conclut sur une note d'espoir, évoquant l'émergence d'une jeunesse africaine "de plus en plus informée" et "très déterminée". "Les jeunesses veulent participer au développement et elles ont une exigence de transparence, de moralité, de décence qui est très élevée", affirme-t-il, suggérant un changement de paradigme nécessaire dans la conception même de la démocratie.
DEPUIS MARRAKECH, MACKY SALL PRÉPARE SA RIPOSTE
L'ancein président peut compter sur l’appui d’un collectif de poids lourds du monde judiciaire pour organiser sa défense et celle de ses proches, dont certains sont déjà dans le viseur de la justice sénégalaise
Exilé au Maroc depuis son départ du pouvoir en avril 2024, Macky Sall reste au cœur des enjeux politiques sénégalais. Depuis la Palmeraie de Marrakech, l’ancien président suit de près les vagues de poursuites qui visent ses proches, à l’instar de Farba Ngom, député-maire des Agnams, au centre d’une affaire de blanchiment d’argent. Craignant que la justice sénégalaise ne s’oriente vers des mesures le visant directement, Macky Sall s’appuie sur un réseau d’experts juridiques et politiques, tant au Sénégal qu’à l’international, pour organiser sa défense.
Redoutant une vendetta politique menée par l'administration de son successeur, Macky Sall peut compter sur l’appui d’un collectif de poids lourds du monde judiciaire pour organiser sa défense et celle de ses proches, dont certains sont déjà dans le viseur de la justice sénégalaise, renseigne des sources d’Africa Intelligences.
Depuis Marrakech, où il s’est installé après son départ du pouvoir en avril 2024, Macky Sall suit de près la situation politique sénégalaise. En contact régulier avec les cadres de l’Alliance pour la République (APR), l’ancien chef d’État s’inquiète des vagues de poursuites judiciaires qui ciblent ses fidèles lieutenants. Parmi eux, Farba Ngom, député-maire des Agnams et grand argentier de l’APR, se retrouve au centre d’une procédure pour blanchiment d’argent impliquant plus de 190 millions d’euros. L’Assemblée nationale a d’ailleurs engagé un processus visant à lever son immunité parlementaire, une première sous la présidence de Bassirou Diomaye Faye.
Face à cette situation, Macky Sall a mobilisé un réseau d’experts juridiques pour anticiper d’éventuelles actions judiciaires le visant directement. Il est notamment en contact avec El Hadj Amadou Sall, ancien ministre de la Justice sous Abdoulaye Wade, qui s’était illustré dans la défense de Karim Wade lors de son procès pour enrichissement illicite. Dès septembre 2024, ce ténor du barreau a mis sur pied un collectif d’avocats chargé de défendre les personnalités de l’ancien régime.
Un collectif d’avocats en ordre de bataille
Baptisé ‘’Collectif des avocats républicains’’, cette structure a déjà dénoncé les restrictions de circulation imposées à plusieurs anciens ministres et dignitaires du régime Sall. Certains, comme l’ex-ministre des Sports Lat Diop, se sont vu interdire de quitter le territoire sénégalais.
Ce collectif, qui compte parmi ses membres des figures influentes du barreau comme Omar Youm, El Hadj Moustapha Diouf et Bassirou Ngom, s’emploie à décrédibiliser les procédures en cours, les qualifiant de ‘’justice des vainqueurs’’. En coulisse, Macky Sall s’active également sur le plan international, multipliant les consultations avec des avocats étrangers. Le médiatique avocat français Antoine Vey, connu pour ses dossiers sensibles, a été mandaté pour préparer une éventuelle contre-offensive judiciaire en Europe.
Si l’ex-président de la République lui-même ne fait pas encore l’objet de poursuites, la multiplication des affaires impliquant ses proches alimente les spéculations. Outre Farba Ngom, plusieurs anciens ministres et hauts fonctionnaires sont cités dans des enquêtes pour détournement de fonds publics et blanchiment d’argent. Le parquet financier sénégalais aurait déjà ouvert plusieurs dossiers dont les ramifications pourraient remonter jusqu’à l’ancien président.
En exil discret au Maroc, Macky Sall évite pour l’instant de rentrer au Sénégal, préférant suivre les évolutions judiciaires à distance. Il reste toutefois actif sur la scène internationale : il serait présent le 20 janvier aux États-Unis à la cérémonie d’investiture de Donald Trump, un déplacement qui devrait lui permettre de consolider des appuis politiques et diplomatiques.
Dans ce climat de tensions croissantes, l’issue des procédures en cours pourrait bien redéfinir l’avenir politique de Macky Sall et de son entourage. Une chose est certaine : l’ancien président n’a pas dit son dernier mot et prépare déjà sa riposte.
LE CHEF DE L’ARMÉE ISRAÉLIENNE ANNONCE SA DÉMISSION
Herzi Halevi a déclaré avoir reconnu sa responsabilité dans l’échec des militaires à empêcher, le 7 octobre 2023, l’attaque meurtrière menée en Israël par le mouvement islamique de résistance palestinienne Hamas.
Dakar, 21 jan (APS) – Le chef d’état-major de l’armée israélienne, le général Herzi Halevi, a annoncé, mardi, sa démission de ses fonctions, trois jours après le début d’un cessez-le-feu dans la bande de Gaza, ont rapporté plusieurs médias.
Le chef de l’armée israélienne a déclaré avoir reconnu sa responsabilité dans l’échec des militaires à empêcher, le 7 octobre 2023, l’attaque meurtrière menée en Israël par le mouvement islamique de résistance palestinienne Hamas.
Quelque 1200 militaires et civils avaient péri dans cette attaque tandis que des dizaines d’autres avaient été pris en otage par le mouvement palestinien
‘’Reconnaissant ma responsabilité dans l’échec de l’armée et au moment où l’armée enregistre des succès significatifs sur tous les fronts et qu’un nouvel accord de libération d’otages est en cours, je demande à mettre fin à mes fonctions le 6 mars 2025’’, souligne Herzi Halevi dans une lettre relayée par plusieurs médias.
‘’Ma responsabilité dans ce terrible échec m’accompagne au quotidien et m’accompagnera toute ma vie’’, a fait savoir le chef de l’armée israélienne dans un passage de la lettre reprise par le site d’information de Radio France internationale (RFI).
Le général Herzi Halevi, 57 ans, dirige l’armée israélienne depuis 2022.
Cette démission a été rendue publique alors l’armée israélienne et le mouvement de résistance palestinienne Hamas observent depuis dimanche, dans la matinée, un cessez-le-feu après 15 mois d’hostilités.
L’accord de trêve obtenu sous l’égide du Qatar a déjà débouché sur une première libération de 3 otages israéliens qui étaient détenus dans la bande de Gaza et de 90 Palestiniens des prisons israéliennes. Il devrait permettre la libération de 33 otages et environ 1 900 prisonniers palestiniens.
Le cessez-le-feu obtenu à la suite de dures négociations doit se traduire par un gel pendant 42 jours des combats et actions militaires et la remise en liberté dans un premier temps de 737 Palestiniens sur la même période.
Ce qui constituerait un soulagement pour les populations palestiniennes de Gaza soumises à un régime de privation, de destruction, et de meurtres parfois de masse qui leur a été imposé au lendemain d’un raid meurtrier mené en territoire israélien par le Hamas.
Cet épisode de ce conflit vieux de plus de 75 ans a donné lieu à une riposte meurtrière dans la bande de Gaza. D’après les données du ministère de la Santé de l’enclave palestinienne, près de 48 000 personnes, des femmes et des enfants en majorité, ont péri dans les bombardements et raids menés par l’armée israélienne depuis cette date.
Des observateurs et autres agences internationales tablent sur un bilan beaucoup plus important.
Les images en provenance du territoire de Gaza, particulièrement les vues aériennes, laissent peu de doute sur l’ampleur des destructions. Il se dit que la quasi-totalité des bâtiments ont été détruits, de même que les infrastructures hospitalières, scolaires et universitaires.
Le mouvement palestinien de résistance à l’occupation israélienne (Hamas) a perdu un nombre important de combattants ainsi que ses principales figures dans cette guerre.
Mardi, l’armée israélienne a déclaré avoir éliminé 20 000 membres du mouvement palestinien. Un chiffre non confirmé de sources indépendantes.
Du côté israélien, des dizaines de soldats et de réservistes ont péri alors que des centaines d’autres ont été blessés.
OUATTARA DISTINGUE DU PRIX 2025
Le président ivoirien a reçu le Prix africain pour promotion de la paix, une distinction pour son engagement en faveur de la stabilité régionale.
Le président ivoirien a reçu le Prix africain pour promotion de la paix, une distinction pour son engagement en faveur de la stabilité régionale.
En marge de la 5e Conférence africaine pour la paix qui réunit jusqu’au 23 janvier acteurs politiques et experts autour des enjeux sécuritaires du continent, le président ivoirien Alassane Ouattara a reçu, ce mardi 21 janvier le Prix africain pour la promotion de la paix 2025. La distinction a été remise à son représentant, Jeannot Ahoussou-Kouadio, Ministre d’État conseiller spécial, lors de l’ouverture de la conférence.
Ce prix, institué en 2022, honore le leadership du président Ouattara dans le renforcement de la stabilité régionale, particulièrement au sein de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao). Sheikh Al Mahfoudh Bin Bayyah, coordinateur de la Conférence, a salué « son engagement envers des valeurs humanistes communes et son soutien indéfectible à des solutions pacifiques » qui ont contribué à la consolidation de la paix en Afrique de l’Ouest.
La cérémonie s’est déroulée sous le haut patronage du président mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, dans le cadre d’une initiative conjointe entre le gouvernement mauritanien et le Forum d’Abu Dhabi pour la paix. Cette distinction a précédemment été décernée à Adama Barrow (2024), Muhammadu Buhari (2023) et Mohamed Bazoum (2022).
La conférence, qui se tient du 21 au 23 janvier sous le thème « Le continent africain : le devoir du dialogue et la pertinence de la réconciliation », rassemble des acteurs politiques et des experts pour débattre des enjeux de paix sur le continent.
Dans son discours d’ouverture, le président du Forum d’Abou Dhabi pour la paix a insisté sur l’importance du dialogue comme outil de prévention et de résolution des conflits, citant notamment les situations au Soudan, au Mali, en Libye et au Mozambique.
LA FRONDE S'ORGANISE CONTRE LE RETOUR DES VISAS
Le patronat et les opérateurs du tourisme, secteur clé du PIB, s'activent auprès des autorités contre cette initiative annoncée par Ousmane Sonko. L'échec coûteux de 2013-2015 reste gravé dans les mémoires
(SenePlus) - Une levée de boucliers s'organise contre le projet de rétablissement de la réciprocité des visas annoncé par le Premier ministre Ousmane Sonko le 27 décembre devant l'Assemblée nationale, révèle Jeune Afrique.
Les acteurs économiques, échaudés par l'expérience désastreuse de 2013-2015, se mobilisent activement pour faire avorter cette initiative. Selon le magazine panafricain, une coalition regroupant les opérateurs du tourisme et le patronat sénégalais mène actuellement un lobbying intense auprès des plus hautes autorités de l'État, ciblant aussi bien le Premier ministre que la ministre des Affaires étrangères Yassine Fall et le président Bassirou Diomaye Faye.
"Nous ne sommes pas dans le secret des dieux, et nous avons appris la mesure comme tous les Sénégalais", confie à JA un acteur économique de premier plan, qui exige des "véritables concertations" avant toute décision. Cette réaction traduit l'inquiétude d'un secteur touristique qui représente 7% du PIB national et qui garde en mémoire l'échec cuisant de la précédente tentative.
Le "mauvais souvenir" de 2013-2015 reste en effet vivace. À l'époque, rappelle le magazine, l'État avait dû verser 12 milliards de F CFA (18,29 millions d'euros) d'indemnités à la société Snedai pour abandonner le système après seulement deux ans, face à la chute drastique de la fréquentation touristique.
La résistance s'étend même au sein du parti au pouvoir, Pastef, et parmi ses alliés, selon un fonctionnaire du ministère de l'Intégration africaine et des Affaires étrangères cité par Jeune Afrique. Cette opposition interne s'explique notamment par l'impact négatif que la mesure avait eu sur la diaspora sénégalaise et les binationaux, contraints eux aussi de demander des visas pour rentrer au pays.
Le projet semble d'ailleurs loin d'être mûr. Le même fonctionnaire affirme qu'il n'est "même pas encore à l'état de projet", tandis que ni la primature ni le ministère des Affaires étrangères n'ont souhaité réagir aux sollicitations du journal.
Face à cette mobilisation, le Premier ministre tente de rassurer. "Il s'agit, tenant compte de l'expérience précédente, de bien cerner les faiblesses avant toute décision", a-t-il déclaré, évoquant notamment la possibilité d'exemptions pour préserver le tourisme et le secteur des affaires. Mais ces garanties ne semblent pas suffisantes pour apaiser les inquiétudes des acteurs économiques, déterminés à éviter une répétition de l'échec de 2013-2015.
Par Mohamed GUEYE
FAIRE ÉMERGER DES CAPITAINES NATIONAUX
Le recyclage des anciens programmes sous de nouvelles appellations ne suffira pas à relancer l'économie sénégalaise. De la Sonatel aux ressources pétrolières et gazières, le pays continue de voir ses richesses contrôlées par des intérêts étrangers
Même en faisant dans le déni incantatoire, les autorités de ce pays sont obligées de se rendre compte que le coût des produits de première nécessité ne baisse pas, et que le moral de la population de manière globale n’est pas à l’enthousiasme. Il ne s’agit pour autant pas de se contenter de remarquer que les choses ne bougent pas, ou que les promesses d’avant les élections n’ont pas encore vu un début d’exécution – sauf en ce qui concerne la fameuse «reddition des comptes», clone hideuse la Crei avec ses poursuites à l’emporte-pièce qui, on s’en est rendu compte après, n’ont visé qu’une seule personne.
Ce qui intéresse les Sénégalais actuellement, et nos autorités en tête, c’est de permettre aux jeunes Sénégalais de trouver un emploi, et de pouvoir se prendre en charge. Après avoir fait le constat d que le programme «Xeyu ndaw nyi» n’a pas rempli toutes ses missions, malgré les millions qui y ont été placés, le Président Diomaye Faye a décidé de le remplacer par «L’Emploi des jeunes». Un joli coup de sabot à la promotion des langues nationales. Mais passons. Qu’est-ce qui fera marcher l’Emploi des jeunes mieux que «Xeyu Ndaw nyi» ? Même les partisans de Pastef sont pressés de le savoir.
Jusqu’à présent, comme avec le Référentiel «Vision 2050», l’opinion a le sentiment que les idées et les projets de Macky Sall sont réchauffés et servis sous une autre appellation, alors que le fond reste le même. Or, si l’on se dit que ces fameux projets n’ont pas permis de croître le nombre d’emplois dans le secteur non étatique, il faudrait peut-être changer de méthode.
Il a pu être reproché beaucoup de choses à Abdoulaye Wade dans sa gouvernance. Et à juste titre. Néanmoins, personne ne peut effacer les efforts qu’il a accomplis pour garder les bijoux de la famille, au sein de la famille. Déjà, dès son arrivée au pouvoir, et contre l’avis des partenaires techniques et financiers, il n’a pas hésité à saboter le processus de privatisation de la Senelec. Le consortium Elyo-Hydro Quebec, qui prenait déjà ses quartiers dans l’entreprise, a été contraint de faire ses bagages. Le Sénégal y a laissé quelques plumes sans doute. Mais quand on regarde où nous en sommes, surtout par rapport à certains pays africains qui se sont confiés à ces entreprises étrangères, on ne peut quelque part, que se féliciter de la clairvoyance de notre ancien Président.
Les usagers du bateau Aline Sitoé Diatta qui se rendent en Casamance, ont pu se rendre compte avec le temps, que le consortium sénégalais qui gère le navire ne s’en tire pas trop mal. Il s’en tire d’ailleurs si bien qu’il a pu, avec l’appui de l’Etat, ajouter deux navires de transport de marchandises, à celui offert par la Coopération allemande pour uniquement transporter des passagers. La valeur de l’expertise nationale a pu se faire apprécier dans le secteur de l’hôtellerie également, avec la cession de l’hôtel King Fahd Palace au groupe dirigé par Mamadou Racine Sy. Comme avec le navire reliant Dakar à la Casamance, le président Abdoulaye Wade n’avait nullement jugé bon de consulter les anciens gestionnaires de l’hôtel pour décider de reprendre le patrimoine de l’Etat et le confier à des privés nationaux. Plus de 15 ans après ces décisions hardies du chef de l’Etat de l’époque, le Sénégal n’a toujours pas eu à se plaindre de cette gestion. Ces entrepreneurs montrent qu’avec l’appui de la puissance publique, ils sont en mesure de créer des emplois, de produire de la valeur ajoutée et de contribuer à la croissance du Pib. Il y a donc lieu d’étendre leurs expériences à d’autres pans de l’économie nationale.
Tout le monde se vante de la découverte au Sénégal, du pétrole et du gaz. Des rêveurs agitent parfois l’idée saugrenue de se débarrasser des étrangers qui exploitent ces gisements qu’ils ont pu extraire des profondeurs par leur savoir-faire et par leurs moyens financiers. Il y a pourtant des secteurs connexes où l’expertise nationale peut montrer ses pleines capacités et permettre au pays de tirer d’énormes profits de ses ressources gazières et pétrolières. Ce serait assez impardonnable que les autorités politiques regardent le capital étranger accaparer les retombées du «contenu local» dans ce secteur.
C’est d’ailleurs ce que disait il y a quelques années, un dirigeant de confédération patronale sénégalaise. Ce chef d’entreprise se plaignait que l’Etat n’associe que très rarement les investisseurs nationaux dans le capital des grandes entreprises sénégalaises, ou qu’il les écarte des appels d’offres concernant des marchés publics d’envergure. Depuis les années qu’ils crient maintenant pour réclamer le «Patriotisme économique», un régime qui met son patriotisme en bandoulière ne devrait pas ignorer leurs cris. Mieux, il devrait mettre en place un cadre dans lequel devraient pouvoir s’épanouir dans tout leur potentiel, les idées d’innovations sénégalaises.
Aujourd’hui, il n’est plus normal que les Français puissent encore contrôler le fleuron des Télécoms au Sénégal, au point d’entraver sa volonté d’expansion dans d’autres pays. Si l’essentiel du corps dirigeant est essentiel, le pouvoir de décision à la Sonatel, niche toujours à Paris. Il devrait être possible, pour ceux qui prônent le «patriotisme économique», de mettre gentiment à la porte une entreprise qui a pu très largement récupérer ses billes depuis 1997 quand elle est arrivée. Depuis ces années, malgré toutes ses performances, cette société n’a pu développer des emplois dans ce pays, ni permis un développement de start-ups dans son secteur, parce qu’elle les a toujours traitées en concurrentes.
On peut aussi éviter la critique facile qui voudrait que les nationaux ne cherchent qu’à s’engouffrer dans des secteurs mis en valeur par des étrangers. Il y a des secteurs où l’Etat gaspille chaque année des milliards de francs, avec de très faibles retombées pour l’économie nationale. Celui du mobilier national en fait partie. Si l’Etat organisait le secteur, il trouverait des entrepreneurs qui pourraient équiper tous les services de l’Etat avec des produits faits au Sénégal, et qui feraient la fierté du «Consommer local», en permettant d’aider à rééquilibrer la balance commerciale du pays. Tous les pays que nous appelons développés sont passés par ces phases
Aujourd’hui, le Sénégal a les moyens de tenir la dragée haute aux étrangers dans certains domaines. Il suffit d’une ferme volonté politique pour changer les choses. Dans tous les domaines de la production, le pays pourrait trouver des chefs d’entreprise qui soient en mesure de développer le secteur. Et l’Etat ne devrait pas avoir des scrupules à appuyer des entrepreneurs de ce genre. De nombreux pays, comme le Japon, la Corée, la France et même les Etats-Unis d’Amérique, ne se sont jamais gênés pour recourir à des pratiques ce genre. Des pays émergents comme la Turquie s’y adonnent.
Et il y a des mécanismes qui permettent d’éviter que les entrepreneurs ainsi soutenus pervertissent le système en se servant des facilités offertes par l’Etat pour leur seul bénéfice exclusif. Les dirigeants du géant Samsung en Corée, ont été sanctionnés dans leur pays pour des abus de biens sociaux, entre autres. Les dirigeants coréens n’ont jamais oublié que cette entreprise a pu naître grâce à la sollicitude des pouvoirs publics. Et ils le font comprendre à qui de droit en cas de besoin.
Le Nigeria a entamé, depuis quelques années, de faire la promotion de ses «champions économiques» nationaux. Ce qui lui a permis de créer des géants de la nature de Dangote, dans l’industrie et l’agriculture, de Tony Elumelu dans la banque, entre autres. Il a suffi aux dirigeants de mettre en place un cadre qui permette à ces petits entrepreneurs de devenir de grands capitaines. Le Nigéria fonctionne à son rythme et à sa manière. Le Sénégal pourrait s’inspirer de son modèle, et l’adapter à son savoir-faire.