Dakar, 13 déc (APS) – Le président français Emmanuel Macron a nommé, ce vendredi, François Bayrou Premier ministre, plus d’une semaine après la chute du gouvernement de Michel Barnier, renversé par une motion de censure.
"Le président de la République a nommé M. François Bayrou Premier ministre, et l’a chargé de former un gouvernement’’, indique un communiqué publié le même jour par l’Elysée.
Le nouveau locataire de Matignon, proche d’Emmanuel Macron, avait renoncé à se présenter à l’élection présidentielle de 2017 pour soutenir ce dernier.
Agé de 73 ans, François Bayrou est le fondateur et président du parti centriste, Mouvement démocratique (MoDem). Il fut ministre de l’Education, entre 1993 et 1997.
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YORO DIA DÉNONCE L'AGENDA VENGEUR DU PASTEF
L'ancien porte-parole de Macky Sall critique les dix premiers mois de gouvernance de Diomaye. Entre immobilisme économique et discours souverainiste jugé creux, le journaliste pointe ce qu'il considère comme une dérive préoccupante pour le pays
Dans un entretien accordé mercredi soir à la TFM, l'ancien porte-parole de la présidence sous Macky Sall, Yoro Dia, a livré une analyse critique de la gouvernance des premiers mois du nouveau régime.
Pour cet expert des relations internationales, le parti au pouvoir serait davantage préoccupé par les règlements de compte que par le développement économique du pays. "La seule urgence de Pastef, c'est de satisfaire leur désir profond de vengeance", a-t-il déclaré, pointant l'absence d'inauguration de nouveaux projets depuis dix mois et dénonçant ce qu'il qualifie "d'armes de distraction massive " visant à détourner l'attention des questions essentielles.
L'ancien journaliste s'est particulièrement attardé sur la rhétorique souverainiste du nouveau pouvoir, qu'il considère comme « un refoulement d'un complexe d'infériorité ». Il a notamment évoqué l'approche économique du gouvernement, estimant que l'immobilisme actuel nuit gravement à l'économie nationale. "Le baobab est un symbole lourd et immobile, comme Pastef depuis 10 mois", a-t-il ironisé, faisant référence au nouveau symbole choisi par le régime dans le cadre de son rférentiel économique.
Sur le plan international, Yoro Dia a défendu la position traditionnelle du Sénégal comme pôle de stabilité en Afrique de l'Ouest, rappelant que le pays "rayonne dans le monde à grâce à ses diplomates" depuis l'indépendance. Il a fermement condamné les coups d'État dans la région, considérant que leurs auteurs "cherchent à masquer leur forfaiture par un vernis idéologique".
Concernant la situation économique, Yoro Dia met en garde contre ce qu'il perçoit comme une dégradation du climat des affaires, critiquant notamment l'arrêt "arbitraire" de certains projets et les tensions avec la presse. "L'économie se fonde sur la consommation, la consommation se fonde sur la confiance", a-t-il souligné, exprimant son inquiétude face à l'atmosphère d'incertitude qui règne selon lui dans le pays.
L'entretien s'est conclu sur un appel à la stabilité institutionnelle, Yoro Dia plaidant pour que le Sénégal s'inspire des démocraties établies où les institutions fondamentales ne sont pas remises en cause à chaque changement de régime.
DAKAR, ABRI PROVISOIRE
Après le début de son retrait de Ndjamena, l’Armée française ne conservera que ses bases à Djibouti, Abidjan, Libreville et Dakar. Jusqu’à quand ?
Après le début de son retrait de Ndjamena, l’Armée française ne conservera que ses bases à Djibouti, Abidjan, Libreville et Dakar. Jusqu’à quand ? Si le Président Faye laisse entrouvert un probable départ des 350 éléments basés dans la capitale, la clause de retrait contenue dans le traité de Partenariat en matière de coopération militaire entre les deux pays est claire : «La partie sénégalaise se réserve le droit de demander à tout moment le retrait des forces françaises stationnées sur son territoire, par notification écrite envoyée six mois avant le retrait. La partie française se réserve le droit de retirer ses forces à tout moment par notification écrite envoyée au moins trois mois avant ce retrait
A Ndjamena, les choses n’ont pas traîné, avec le début du retrait de l’Armée française. C’est dans la journée d’hier que l’Etat-major de l’Armée tchadienne a publié un communiqué pour faire la révélation. Aussitôt après, la France a décidé d’entamer ce retrait après la rupture des accords de coopération, de défense et de sécurité annoncée par le gouvernement tchadien le 28 novembre dernier, avec le décollage de deux des trois mirages de la base aérienne d’Adji Kossei à 13h 15. Ils étaient accompagnés d’un Mrtt et d’un avion de ravitaillement pour rallier la France. C’est une page qui se tourne dans les relations entre la France et le Tchad, qui était «un point d’ancrage important de l’Armée de l’air française». Même si l’Armée française avait quitté le pays en 1976 à la suite d’une dénonciation de l’accord par le Président Félix Malloum, pour finalement revenir la même année et aider à empêcher la progression des rebelles du Front de libération nationale du Tchad (Frolinat) vers le Sud du pays.
Les autorités tchadiennes empruntent ainsi la route tracée par des pays de l’Aes qui ont demandé à l’Armée française de se retirer. Ses militaires ont fait leurs packages pour s’en aller de Bamako, Niamey et Ouagadougou, où la rhétorique anti-française était devenue un cri de résistance après l’installation de régimes militaires dans ces pays. Les derniers vestiges de la présence militaire française se trouvent à Abidjan, Djibouti, Libreville et aussi… Dakar.
Jusqu’à quand ?
Pour le Sénégal, le chef de l’Etat a entrouvert la porte de leur départ à la veille du 80ème anniversaire de la commémoration du massacre de Thiaroye 44. Dans un discours sans équivoque, il avait estimé que cette présence «ne correspond pas à notre conception de la souveraineté et de l’indépendance». Sans annoncer de délai «pour le moment».
Clause de retrait
Il faut savoir que le dernier accord de Partenariat en matière de coopération militaire entre la République française et la République du Sénégal a été signé le 18 avril 2012 par les présidents Sarkozy et Macky Sall. Selon les détails de l’accord, le traité est conclu pour une durée de cinq ans. «Il est renouvelable par tacite reconduction pour de nouvelles périodes de cinq ans, à moins que l’une des parties notifie à l’autre son intention de mettre fin au traité six mois avant son expiration. Les parties peuvent, à tout moment et d’un commun accord, amender par écrit le présent traité. Les modalités d’entrée en vigueur des amendements sont celles énoncées au premier alinéa du présent article», lit-on dans le document mis en ligne par le gouvernement français pour des raisons de transparence.
Evidemment, il est possible à chaque partie de revenir sur les modalités du traité : «Chaque partie peut dénoncer le présent traité par le biais d’une notification écrite. Cette dénonciation prend effet six mois après réception de la notification par l’autre partie. La dénonciation du présent traité n’affecte pas les droits ou obligations résultant de son exécution préalablement à cette dénonciation.»
Il faut savoir que d’autres annexes ont été rajoutées au texte le 7 octobre 2014 durant la Présidence de François Hollande. Il y a aussi dans l’accord, les facilités accordées aux forces françaises stationnées ou en transit du pôle opérationnel de coopération à vocation régionale, le régime des installations mises à disposition des forces françaises stationnées ou en transit, les facilités accordées aux membres des Forces armées sénégalaises par la partie française en matière de formation, d’entraînement, d’équipement, d’escales maritimes et aériennes. Sans oublier les facilités académiques accordées aux membres des Forces armées sénégalaises par la partie française dans le domaine de la formation en France, en matière d’instruction et de formation accordées aux membres des Forces armées sénégalaises par la partie française au Sénégal… Mais, le Sénégal avait entamé sous Macky une plus grande autonomisation des Forces armées avec des écoles de formation et de guerre, et l’acquisition de matériels de dernière génération comme les patrouilleurs de la Marine nationale. Constitués de 350 militaires, les Eléments français au Sénégal (Efs), qui ont vu le jour le 1er août 2011, en remplacement des Forces françaises du Cap-Vert (Ffcv), disposent d’une escale aérienne à l’aéroport militaire de Dakar-Senghor, d’une station d’émission haute fréquence de la Direction interarmées des réseaux d’infrastructures et des systèmes d’information (Dirisi) à Rufisque. Dans la foulée de cette restructuration, Me Wade avait décidé d’affecter leurs logements à Bel Air, Mermoz et à la Cité Claudel aux enseignants du Supérieur et aux officiers de l’Armée nationale
LA LOGIQUE TRANSACTIONNELLE DE LA FUTURE ADMINISTRATION AMERICAINE DEVRA AMENER LES AFRICAINS A NE RIEN ATTENDRE DE TRUMP
Reconvertie dans la recherche, l’ancien ministre français Rama Yade analyse, dans cet entretien, la place de l’Afrique dans la politique étrangère des Etats-Unis ainsi que les enjeux internationaux de la prochaine présidence de Donald Trump.
Propos recueillis par Oumar NDIAYE |
Publication 11/12/2024
Reconvertie dans la recherche, l’ancien ministre français Rama Yade vit actuellement aux Etats-Unis où elle dirige le département Afrique de l’influent Think tank américain Atlantic Council. Auteure de l’ouvrage « Les Leçons de l’Amérique : Nation et puissance », paru, cette année, aux éditions « L’Harmattan », elle analyse, dans cet entretien, la place de l’Afrique dans la politique étrangère des Etats-Unis ainsi que les enjeux internationaux de la prochaine présidence de Donald Trump.
Le président américain Joe Biden a effectué une visite en Angola du 2 au 4 décembre dernier. Son seul et dernier déplacement en Afrique. Ce voyage n’arrive-t-il pas trop tard pour un président en fin de mandat ?
Comme on dit aux Etats-Unis, des présidents en transition, c’est un « lame duck », un canard boiteux, qui a débarqué à Luanda. Sans doute la raison pour laquelle ce n’est pas le President angolais, João Lourenço, mais son Ministre des Affaires Etrangères, Tete Antonia, qui est venu l’accueillir à sa descente d’avion. Même si les circonstances internationales (les attaques terroristes du 7 octobre en Israël) et domestiques (la tempête Milton) ont par deux fois entrainé un report de cette promesse de voyage, beaucoup regrettent que ce voyage en Afrique subsaharienne d’un président américain, le premier en 15 ans, n’arrive qu’en fin de mandat. Le dernier président à avoir foulé le sol africain était Barack Obama. Biden a néanmoins organisé le seul Sommet USA-Afrique en 8 ans en décembre 2022, et reçu le président du Kenya en visite d’Etat, la première d’un dirigeant africain en mai 2024, une première depuis 2008 quand le président américain Georges Bush avait accueilli le ghanéen John Kufuor.
L’Afrique n’était pas une préoccupation de la politique étrangère américaine sous Trump et même sous Biden. Y aurait-il évolution, à votre avis, avec ce deuxième mandat de Donald Trump ?
Si vous leur demandiez chacun de ces présidents s’en défendrait ! Sous son premier mandat par exemple, Donald Trump, qui avait commencé par vouloir couper les budgets des programmes de développement, avait fini par créer une nouvelle agence de développement mieux financée que ses prédécesseurs (development finance corporation-DFC) et d’une nouvelle initiative, Prosper Africa. Il est vrai que les alertes sur la concurrence chinoise avaient été fortes. Quant à Biden, traduction de son volontarisme, il pourra légitimement indiquer que si son voyage en Afrique a été tardif, on a vu se succéder dans différents pays africains toute une série de dignitaires de son administration comme la Vice-présidente Kamala Harris, le secrétaire d’Etat Antony Blinken, le secrétaire à la Défense Lloyd Austin, la secrétaire au Commerce Gina Raimondo et de manière plus inhabituelle, la secrétaire au Trésor Janet Yellen. La plus grande réalisation de Biden aura sans doute été le Lobito Corridor, le programme phare de son Nouveau Partenariat pour les investissements et les infrastructures globales, censé concurrencer la Route de la Soie des Chinois. Il a aussi soutenu l’entrée de l’Union africaine comme membre permanent au sein du G20, réalisée lors du G20 de New Delhi en septembre 2023 et son Ambassadrice auprès des Nations-Unies, Linda Thomas-Greenfield, a défendu, au nom des Etats-Unis, l’idée de deux sièges permanents au Conseil de sécurité des Nations-Unies. Quant à la tournure du second mandat de Trump, elle dépendra de deux éléments : la compréhension par les Américains de l’intérêt stratégique de l’Afrique mais aussi de la capacité des Africains à eux-mêmes peser dans le jeu international.
La course à la compétition fait rage en Afrique avec les autres puissances globales ou régionales. Les Etats Unis n’ont-ils pas un retard à rattraper dans ce domaine par rapport à d’autres concurrents comme la Chine ?
Les Etats-Unis ont pris tellement de retard – je rappelle que la Chine est le premier partenaire commercial de l’Afrique depuis 2009 ! – que ces promesses ont semblé tardives à de nombreux observateurs. Ainsi, la réforme de la Banque mondiale et du Fmi est à l’arrêt alors que l’Afrique a des besoins de financement énormes. Rien qu’en matière de climat, la Banque africaine de développement a estimé que l’Afrique a besoin de 2.800 milliards de dollars de financement entre 2020 et 2030 pour faire face aux conséquences du réchauffement climatique.
Le domaine sécuritaire est un pilier de la coopération entre l’Afrique et les Etats-Unis. La demande de départ des troupes américaines au Niger ne va-t-elle pas conduire à une évolution de cette coopération ?
Les Etats-Unis ont souvent privilégié une approche sécuritaire en Afrique. Mais là, c’est la Russie qui semble prendre le dessus. Elle est le premier vendeur d’armes sur le continent. On a vu son influence grandir au Sahel grâce à la coopération entre Wagner et les nouveaux leaders sahéliens. La propagande pro-russe s’est également renforcée, accompagnant les coups d’Etat et un récit souverainiste. Au-delà de l’Aes, on a vu ce que j’appelle le récit afro souverainiste s’imposer au Tchad et au Sénégal. Les revers de Wagner puis Africa Corps contre les mouvements terroristes sont néanmoins susceptibles de les affaiblir dans la région. Pendant ce temps, en effet, les Occidentaux cherchent à renforcer leurs points d’appui alternatifs avec le Gabon et la Côte d’Ivoire et à l’Est, avec le Kenya, devenu un « allié majeur non membre de l’Otan ». C’est le premier Etat subsaharien à gagner ce statut.
Lors du Sommet des dirigeants États-Unis-Afrique de décembre 2022, un engagement d’investissement de 55 milliards de dollars en Afrique sur trois ans avait été pris. Sur le plan économique, la coopération entre l’Afrique et les Etats Unis a-t-elle atteint un certain niveau ?
Il y a eu une volonté de lancer des chantiers comme la transformation digitale avec l’Afrique ou, dans le cadre du G7, le PGII avec le Lobito Corridor que je citais plus haut. De l’espace avec les accords d’Artémis, à la santé en passant par la sécurité alimentaire, des initiatives avaient été annoncées dans la foulée du Sommet Usa-Afrique, mais rien qui ne permettra à court terme de concurrencer les 282 milliards de dollars atteints par les échanges entre la Chine et les économies africaines. Je ne parle pas des puissances moyennes qui accélèrent comme l’Inde, la Turquie, l’Arabie Saoudite, les Emirats arabes Unis…Néanmoins, les Etats-Unis ont des atouts que ses concurrents n’ont pas : le contrôle des institutions de Bretton Woods, la force du dollar, une influence forte sur les marchés financiers, alors que les Africains ont besoin d’investissements massifs. Un soft power américain qui continue de faire penser à tous les dreamers de la terre que lorsqu’on veut réussir, c’est aux Etats-Unis qu’il faut aller. De la conquête spatiale à Netflix, ce pays reste une attraction.
De manière générale, comment voyez-vous la politique extérieure américaine avec la présidence à venir ?
La transition en cours permet de se faire une idée de la direction que prendra Donald Trump. Alors qu’il n’est pas encore en fonction – ce qui arrivera le 20 janvier 2025-, il a déjà désigné son futur gouvernement avec Marco Rubio comme Secrétaire d’Etat, Hegseth à la Défense s’il passe le cap de la nomination, un envoyé spécial pour l’Ukraine, le General Keith Kellogg, son conseiller pour le Moyen Orient, Massad Boulos. Ces nominations laissent penser à une volonté de se concentrer d’abord sur le désengagement américain des crises internationales. Sur le plan économique, la logique du « America First » semble l’emporter avec la hausse des droits de douane annoncés pour se protéger de la concurrence chinoise et …européenne. On peut se demander ce que deviendra l’Agoa, ce système de tarifs préférentiels dont bénéficient les pays africains depuis 25 ans et qui doit être rediscuté en 2025. Je pense que la logique transactionnelle de la future administration devra amener les Africains à ne rien attendre de particulier de Trump mais les conduire à changer leur approche en valorisant leur atout et en privilégiant la négociation dans une relation plus équilibrée, gagnant-gagnant. Quant aux Etats-Unis, plutôt que de reprocher aux Africains de faire affaires avec tel ou tel, je pense que leur stratégie devrait plutôt consister à faire une meilleure offre que celle de leurs concurrents. Encore une fois, comme les Européens du reste, je suis convaincue qu’ils en ont la capacité. Reste à savoir s’ils en ont la volonté.
Avec le retour de Donald Trump, la rivalité sino-américaine va-t-elle aller crescendo. Ou est-il possible d’aller vers une détente ?
La guerre commerciale a déjà commencé sous Biden qui avait, en mai 2024, quadruplé les droits de douane sur les véhicules électriques chinois. De ce point de vue, il y a une continuité de la politique commerciale américaine vis-à-vis de la Chine. Je ne vois pas pourquoi ça s’arrêterait. Pour les Etats-Unis, c’est une question existentielle.
PARIS A ENTAMÉ LE RETRAIT DE SES MILITAIRES DU TCHAD
Cette opération intervient après l’annonce le 28 novembre dernier, par N’Djamena, de sa décision de mettre fin à son accord de coopération en matière de défense et de sécurité avec la France.
La France a entamé, mardi, le retrait de ses forces positionnées au Tchad, a annoncé l’état-major des armées françaises dans un communiqué.
Cette opération intervient après l’annonce le 28 novembre dernier, par N’Djamena, de sa décision de mettre fin à son accord de coopération en matière de défense et de sécurité avec Paris.
‘’Prenant acte de cette décision et dans la continuité de l’évolution de leur présence militaire en Afrique, les armées françaises retirent ce jour la capacité chasse présente à N’Djamena’’, a indiqué dans un communiqué l’état-major des armées.
Les premiers avions de combat Mirage ont ainsi regagné leur base dans l’est de la France, marquant ‘’le début du rapatriement du matériel français stationné sur N’Djamena’’, ont fait savoir des sources médiatiques citant le colonel Guillaume Vernet, porte-parole de l’armée française.
Près de 1 000 soldats français étaient jusque-là déployés sur plusieurs sites militaires au Tchad, pays considéré comme un maillon clé de la présence militaire française en Afrique.
Après avoir été contraint de retirer ses troupes au Mali, au Burkina Faso et au Niger, la France perd ainsi son point dernier ancrage au Sahel, alors que sa présence militaire au Sénégal est questionnée par les hautes autorités de Dakar.
MAHAMAT IDRISS DEBY ÉLEVÉ AU GRADE DE MARÉCHAL
Le chef de l’Etat tchadien a approuvé la résolution du Conseil national de transition (CNT) l’élevant à la dignité de Maréchal, une décision saluant son parcours militaire et son leadership.
Le chef de l’Etat tchadien a approuvé la résolution du Conseil national de transition (CNT) l’élevant à la dignité de Maréchal, une décision saluant son parcours militaire et son leadership.
Le président de la République tchadienne, le Général Mahamat Idriss Déby Itno, a accepté la Résolution adoptée le 9 décembre 2024 par le Conseil national de transition (CNT) l’élevant à la dignité de Maréchal du Tchad. Ce titre, attribué à une large majorité par les conseillers nationaux, marque une reconnaissance des faits d’armes et de l’engagement du chef de l’État au sein des forces armées tchadiennes et de son action politique.
Profitant de la cérémonie de remise du Prix Cremer-Passy, le chef de l’Etat tchadien, a indiqué, dans son discours, avoir pris cette décision « après mûre réflexion et en considération des avis divergents ».
Il devient ainsi la deuxième personnalité dans l’histoire du Tchad à porter le titre de Maréchal, après son défunt père, Idriss Déby Itno, qui avait été élevé à ce rang avant de mourir en avril 2021 lors d’un affrontement avec des rebelles dans le nord du pays.
Une reconnaissance militaire et politique
Dans son exposé des motifs, le CNT a mis en avant le parcours exceptionnel de Mahamat Idriss Déby Itno. Diplômé de l’École des officiers du Groupement des écoles militaires interarmées (GEMIA), il a gravi les échelons, passant de Sous-lieutenant à Général d’armée en 2021, après avoir été promu Général de brigade en 2009 puis Général de corps d’armée en 2018.
Élu Président de la République en mai 2024 après une transition qu’il a dirigée depuis 2021, Mahamat Idriss Déby Itno a consolidé son image de leader militaire en octobre 2024 en supervisant personnellement l’opération « Haskanite », visant à éradiquer les groupes terroristes dans la région du lac Tchad.
Le CNT, citant l’article 13 de l’Ordonnance n°002/PT/2023 portant Statut général des militaires des forces de défense et de sécurité, justifie cette distinction par « ses mérites militaires, son courage, son professionnalisme et son engagement », ainsi que par les valeurs de loyauté et de dévouement qu’il incarne.
Cette élévation conforte Mahamat Idriss Déby Itno dans sa position de figure centrale du Tchad, à la fois comme chef militaire et leader politique.
Par Mohamed GUEYE
ENDETTEMENT ET OPACITÉ
La vraie question est de savoir ce qui peut justifier cette boulimie de ressources extérieures, pour un régime qui n’a jamais lésiné sur les critiques envers ses prédécesseurs, qu’il accusait de manque d’ambitions et d’inféodation à l’argent de l’étranger
La semaine dernière, les services du ministère des Finances et du budget ont voulu nourrir une certaine polémique à propos d’une levée des fonds sur le marché de l’Uemoa. Ladite levée des fonds, d’un montant de 25 milliards, a été infructueuse. Le débat avec le personnel du ministère a failli sortir de la sémantique, pour savoir si l’appel du gouvernement a été rejeté, ou si les autorités ont jugé bon, pour des raisons qui leur étaient propres, de retirer la soumission. Si les services de M. Diba ont arrêté les frais, c’est qu’ils ont compris sans doute qu’ils ne pouvaient avoir raison face à l’évidence. Le Sénégal a l’habitude de recourir au marché financier sous-régional pour lever des montants plus ou moins importants, à des maturités assez courtes. D’ailleurs, le pays a déjà programmé avant la fin de l’année, un certain nombre de sollicitations des acteurs du marché de l’Uemoa, pour obtenir de l’argent remboursable à des échéances plus ou moins courtes. Le Quotidien avait d’ailleurs annoncé que les prochaines sollicitations pour des Bons assimilés au Trésor (Boa), de la part du Sénégal, sont prévus les 13 et 27 décembre prochains. C’est-à-dire quasiment demain et après-demain.
La vraie question est de savoir ce qui peut justifier cette boulimie de ressources extérieures, pour un régime qui n’a jamais lésiné sur les critiques envers ses prédécesseurs, qu’il accusait de manque d’ambitions et d’inféodation à l’argent de l’étranger. Cela, au point de faire du recours aux ressources intérieures l’un des piliers les plus importants du financement de l’ambitieuse «Vision 2050», qui a été initiée par le Président Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko, pour remplacer le Pse de Macky Sall. Même s’il a déclaré avoir trouvé le pays «au 3ème sous-sol de la déchéance» économique, le Premier ministre Sonko ne semble pas trop souffrir de manque de finances, contrairement à ses déclarations du mois de septembre dernier.
Il avait affirmé à l’époque s’être rendu compte que tous les comptes de l’Etat étaient falsifiés et le niveau d’endettement du pays largement sous-évalué, tandis que le taux du déficit serait du double de celui préalablement annoncé. Cela nous a valu la suspension de nos accords de coopération avec le Fonds monétaire international dans le cadre du Mécanisme élargi de crédit et de la Facilité élargie de crédit (Mec/Fec), ainsi que la suspension d’un financement de plus de 350 milliards de Cfa que le Conseil d’administration du Fonds devait nous avancer sur un montant total de 1150 milliards. Les autorités politiques avaient semblé dire que cette décision provenait plus de leur «volonté de transparence» que des déclarations jugées quelque peu intempestives des autorités, aux dires de certains observateurs.
Mais on s’est rendu compte que les choses n’allaient pas en s’améliorant, quand le 30 octobre dernier, le Sénégal est allé lever un Eurobond de 181 milliards de francs Cfa, à un taux de 6, 33%. Les services du ministre Cheikh Diba l’ont ainsi présenté : «Cette opération répond à une nécessité de consolidation du financement en raison du report des décaissements initialement prévus du Fonds monétaire international (Fmi) à la suite de l’audit. Le gouvernement envisage d’entamer des discussions avec le Fmi pour établir un nouveau programme aligné sur les objectifs d’assainissement du cadre macroéconomique et la mise en œuvre de la vision de développement des nouvelles autorités.
(…)Cette opération démontre une adhésion aux nouvelles orientations du gouvernement du Sénégal en matière de gestion transparente des finances publiques et à la vision «Sénégal 2050» du nouveau référentiel des politiques publiques.
La baisse de la liquidité dans le marché domestique en fin d’année et le volume des ressources recherchées ont justifié le choix de recourir au marché financier international».
Cette levée de fonds d’eurobonds est intervenue après une opération similaire de 450 milliards de francs Cfa, de 7,75% pour une maturité de 7 ans. Cette opération de juin 2024 avait servi, aux dires des spécialistes, à refinancer des dettes qui arrivaient à terme. Le second aussi, si l’on comprend le communiqué du ministère, semblait poursuivre les mêmes objectifs. Mais l’opération pourrait-elle être fructueuse, quand elle manque de transparence ?
L’Eurobond d’octobre dernier, prétendument réalisé à 6, 33%, serait revenu beaucoup plus cher. Ainsi, Redd Intelligence, un magazine anglo-saxon d’information économique à la réputation bien établie dans les milieux financiers, déclare que «le Sénégal s’est endetté à un taux de 9, 7%». Ce serait ainsi le taux le plus élevé auquel le pays se serait jamais endetté sur le marché international. La faute en serait aux conditions dans lesquelles le gestionnaire JP Morgan a négocié cette levée. Ces conditions seraient, à en croire des Sénégalais spécialistes des questions de finances internationales, aussi opaques que lors de l’Eurobond de juin dernier dont tout le monde a noté qu’il n’a pas été levé aux taux auxquels le Sénégal est soumis d’habitude. Du moins, était soumis durant les gouvernances passées. Il faudrait aux autorités beaucoup de travail pour retrouver un niveau de confiance qui leur permette de faire baisser les taux d’emprunts ultérieurs. Cela demanderait de clarifier les relations du Sénégal avec JP Morgan. Pourquoi avoir choisi de traiter exclusivement avec ce seul gestionnaire, au lieu de faire comme ce qui se fait habituellement, en recourant à un pool de sociétés de gestion, pour obtenir les meilleurs taux ? Qu’est-ce que JP Morgan pourrait apporter de plus au pays, que les autres n’auraient jamais fait ? Pour le moment en tout cas, son intervention ne rend pas les choses plus claires, et le Sénégal n’en devient pas moins pauvre et moins endetté. Et par conséquent, il n’obtient pas plus d’argent qu’il en avait l’habitude. Témoin, les malheureuses péripéties que nos levées de fonds commencent à connaître sur le marché de l’Uemoa. L’échec de la levée des 25 milliards a été un gros camouflet. Mais il a caché les petits revers enregistrés avec certaines autres opérations sur le même marché.
Si la signature du Sénégal n’emporte plus la même crédibilité qu’il y a quelque temps, il faudrait sans doute que nos autorités politiques interrogent leurs comportements. Est-il normal, depuis l’acquisition de ces différents crédits extérieurs, que l’opinion ne sache pas à quoi sont destinées ces finances, et comment elles seront réparties ? Si le dernier Conseil des ministres nous a enfin informés de l’adoption d’une Loi de finances rectificative (Lfr), un journal local a déclaré dans son édition d’hier, que ladite Lfr n’est pas encore arrivée sur la table des députés. Or, plus l’incertitude demeure, moins il y a des chances que les finances du Sénégal se stabilisent. Le Sénégal semble parti pendant un certain temps, pour contracter des dettes à court terme afin de régler ses problèmes immédiats d’argent. Et la mise en œuvre de la Vision 2050, qui est censée en finir avec le tâtonnement dans nos projets de développement, n’en sera que retardée. Même si les relations avec le Fmi sont suspendues à l’heure actuelle, le gouvernement pourrait s’inspirer de certaines lignes du dernier rapport de mission de cette institution lors de son passage en octobre dernier au Sénégal. Edward Gemayel et ses collaborateurs avaient écrit : «Le Sénégal continue de faire face à un environnement difficile, avec des signes de tensions accrues dans l’exécution du budget. Le manque à gagner en termes de recettes, identifié lors de la dernière visite des services, a été confirmé à fin septembre. Parallèlement, les dépenses sont restées élevées, principalement en raison d’une augmentation substantielle des dépenses d’investissement.»
Ils ont ajouté plus loin : «A l’avenir, il est essentiel que les autorités mettent en œuvre des mesures audacieuses et rapides pour assurer la viabilité des finances publiques et placer la dette publique sur une trajectoire décroissante. La Loi de finances 2025 représente une occasion cruciale pour le gouvernement de réaffirmer son engagement en faveur des réformes essentielles et de répondre aux défis structurels de longue date. Des actions stratégiques pour renforcer la mobilisation des recettes domestiques (…) seront déterminantes pour favoriser la discipline budgétaire et renforcer la confiance dans la gouvernance publique.»
UN PAS DE DEUX PRÉSIDENTIEL AU QATAR
La poignée de main entre Diomaye et Karim ressemble à "un tango, une danse synonyme d'étreinte et de violence contenue". Une métaphore qui illustre parfaitement l'ambiguïté de cette rencontre où se mêlent intérêts politiques, économiques et judiciaires
(SenePlus) - Dans une chronique satirique publiée dans Jeune Afrique, le dessinateur et éditorialiste Damien Glez décrypte avec ironie la récente rencontre entre le président Bassirou Diomaye Faye et Karim Wade à Doha, la qualifiant de "dernier tango en terre qatarie".
La photo de leur poignée de main, largement diffusée sur les réseaux sociaux le 8 décembre, ressemble selon le chroniqueur à "un tango, une danse synonyme d'étreinte et de violence contenue". Une métaphore qui illustre parfaitement l'ambiguïté de cette rencontre où se mêlent intérêts politiques, économiques et judiciaires.
Comme le souligne Damien Glez, le mystère reste entier sur l'initiateur de ce rendez-vous. "Aucune des parties prenantes n'ayant avoué être à l'initiative du rendez-vous", écrit-il, balayant au passage l'argument d'une simple volonté d'"ouverture" avancée par certains observateurs.
L'éditorialiste met en lumière les enjeux sous-jacents de cette rencontre. D'un côté, Bassirou Diomaye Faye, fort de sa récente victoire aux législatives, pourrait avoir besoin de l'influence de Wade dans "de nombreux dossiers économiques qui concernent la région du Golfe" et notamment dans "la gestion du Fonds stratégique d'investissement qatari pour l'Afrique". De l'autre, Karim Wade, bien que gracié en 2016, reste redevable d'une amende colossale de "138 milliards de F CFA".
La chronique compare également leur relation à un "cha cha cha", fait de "pas en avant et de pas en arrière", rappelant que Wade fils avait soutenu Faye à la présidentielle mais pas aux législatives du 17 novembre. Une valse-hésitation politique que l'entourage présidentiel tente de minimiser en insistant sur la dimension économique de la rencontre.
Selon Jeune Afrique, la présidence sénégalaise préfère d'ailleurs préciser que le chef de l'État n'a pas rencontré "le secrétaire général adjoint du Parti démocratique sénégalais (PDS), mais l'ancien ministre d'État, de la Coopération et des Transports", soulignant ainsi la primauté de l'aspect économique sur le politique.
La rencontre s'est déroulée en marge de la 22e édition du Forum de Doha, où le président sénégalais est venu défendre, selon les sources officielles citées par le chroniqueur, l'image d'un "Sénégal et d'une Afrique décomplexée, jeune, ambitieuse et résolument ouverte au monde". Une vision qui contraste avec le parcours de Karim Wade qui, comme le note avec ironie Damien Glez, "n'incarne plus vraiment la relève" et est "bien plus âgé que le nouveau chef de l'État".
LES DESSOUS D'UNE RENCONTRE AU SOMMET ENTRE DIOMAYE ET KARIM
Des sources de la présidence indiquent que l'exilé du Qatar a été reçu en sa qualité d'ancien ministre, et non comme figure du PDS. La question de l'amende de 138 milliards de francs CFA qu'il doit à l'État sénégalais n'aurait pas été abordée
(SenePlus) - Le président Bassirou Diomaye Faye et Karim Wade se sont entretenus au Qatar, en marge du Forum de Doha, dans des circonstances qui révèlent les subtilités de la politique sénégalaise.
Les contours de cette entrevue, dont les initiateurs restent mystérieusement dans l'ombre, comme le rapporte RFI, dévoilent une chorégraphie diplomatique soigneusement orchestrée. La présidence a d'ailleurs pris soin de cadrer l'événement, précisant que Karim Wade était reçu en sa qualité d'ancien ministre, et non comme figure du Parti démocratique sénégalais (PDS).
Selon les sources proches de l'exécutif citées par la radio française, les discussions se sont concentrées sur des dossiers économiques stratégiques. Et pour cause : installé dans le Golfe depuis huit ans, Karim Wade s'est forgé une réputation de personnage clé dans les cercles d'affaires de la région. Son nom résonne particulièrement autour du Fonds stratégique d'investissements qatari pour l'Afrique, bien qu'il n'y occupe officiellement aucune fonction.
Le timing de cette rencontre intrigue les observateurs. Elle intervient dans un contexte politique complexe : si Wade avait soutenu Faye lors de la présidentielle de mars, il s'en était ensuite démarqué lors des législatives de novembre. Un revirement que la présidence sénégalaise, selon RFI, considère avec philosophie, y voyant simplement l'expression normale du jeu démocratique.
L'épineuse question de l'amende de 138 milliards de francs CFA que doit toujours Wade, malgré sa grâce en 2015 pour enrichissement illicite, n'aurait pas été abordée.
Sur X, le président Faye a rapidement évoqué "des échanges constructifs sur la situation politique, économique et sociale" du pays. Une formulation diplomatique qui masque peut-être des enjeux plus profonds. L'entourage de Karim Wade, cité par RFI, insiste sur les "très bonnes relations" entre les deux hommes, au-delà de leurs divergences politiques.
LE NOBEL DE LA PAIX 2024 RECADRE VLADIMIR POUTINE SUR LA MENACE NUCLÉAIRE
Lors d’une conférence à Oslo, l’association japonaise Nihon Hidankyo, représentant les survivants des bombes atomiques, a appelé à l’abolition totale de ces armes pour préserver l’humanité.
A la veille de recevoir son prix Nobel de la paix 2024, Nihon Hidankyo a fait face à la presse à Oslo, en Norvège. L’occasion de mettre en garde Vladimir Poutine, le Président de la Russie, ainsi que les pays possédant l’arme nucléaire.
L’association japonaise des survivants de la bombe atomique, Nihon Hidankyo, a remporté le prix Nobel de la paix 2024. Forte de ce statut et de son combat contre le nucléaire, elle a envoyé un message clair à Vladimir Poutine. Ce dernier agite souvent la menace nucléaire pour gagner la guerre de la Russie contre l’Ukraine. « Je pense que le président (Vladimir) Poutine ne comprend pas vraiment ce que les armes nucléaires représentent pour les êtres humains, de quel type d’arme il s’agit », débute d’abord Terumi Tanaka, coprésident de l’association, lors d’une conférence de presse à Oslo à la veille de la cérémonie de remise du Nobel. « Je pense qu’il n’y a même pas réfléchi ». D’ailleurs, le Président russe a récemment modifié par décret les possibilités d’y recourir. Dans cet ordre d’idée, Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères, assure que la Russie allait utiliser « tous les moyens » à sa disposition pour l’emporter. Ainsi, le 21 novembre, Moscou avait fait la démonstration d’un lancement de missile balistique de portée intermédiaire, un appareil capable de porter l’arme nucléaire.
Terumi Tanaka poursuit son discours en mettant en garde Poutine. « M. Poutine, nous voulons vous dire que les armes nucléaires ne doivent jamais être utilisées. C’est un acte qui irait contre l’humanité ». Tanaka n’oublie toutefois pas d’égratigner les Etats-Unis, à l’origine du lancement de la première bombe atomique, à Hiroshima et Nagasaki. Deux bombes lancées le 6 et le 9 aout 1945 et qui ont fait 214 000 morts. Terumi Tanaka lui, avait 13 ans à l’époque, lui qui a vu sa ville d’origine, Nagazaki, être pulvérisé. « L’Amérique a créé et utilisé cette arme contre l’humanité. Ce que nous aimerions voir de la part des Etats-Unis, c’est qu’ils abolissent leurs armes nucléaires ». L’homme 92 ans de préciser toutefois qu’il ne recherchait absolument pas de « compensation monétaire » des autorités américaines.
12 121 ogives nucléaires dans le monde
Nihon Hidankyo recevra son prix Nobel ce mardi 10 décembre à l’Hôtel de ville d’Oslo. Il sera décerné aux trois coprésidents de l’association. Cette dernière veut que cette distinction serve à conscientiser les dirigeants des pays du monde. Jørgen Watne Frydnes, président du comité Nobel, a embouché la même trompette. « Notre message à Poutine, ainsi qu’aux autres Etats dotés de l’arme nucléaire, est le suivant: écoutez les témoignages des hibakusha. Il est crucial pour l’humanité de préserver le tabou nucléaire, de stigmatiser ces armes comme étant moralement inacceptables. Menacer de les utiliser est une manière de réduire le sens de ce tabou, et cela ne devrait pas être fait. Et bien sûr, leur utilisation ne devrait jamais, sous aucun prétexte, être répétée par aucune nation sur Terre ». Actuellement, les pays dotés de l’arme nucléaire sont officiellement : les Etats-Unis, la Russie, la France, la Grande-Bretagne, la Chine, l’Inde, le Pakistan et la Corée du Nord. Non-officiellement, il y a Israël. Et selon l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri), au mois de juin 2024, 12.121 ogives nucléaires existaient dans le monde, pour environ 9 585 qui étaient disponibles pour utilisation.
Pour rappel, 122 pays avaient signé le traité historique sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN) à l’ONU. Néanmoins, aucune puissance possédant l’arme nucléaire ne l’avait ratifié. « Bien sûr, les Etats possédant des armes nucléaires s’y opposeront (…) Nous voulons créer un monde débarrassé à la fois des armes nucléaires et des guerres », conclut Terumi Tanaka.